AOUT… LE MOIS BENI… SOUS L’INFLUENCE DU DIEU LUG… DIEU SOLAIRE

(6.6.5 - LES MYTHES DU LION ET DU SOLEIL) par sylvietribut le 11-08-2015

Août, qui décante ce que les canicules de la fin juillet ont suffisamment cuit pour les biens des hommes et des bêtes, est toujours fêté. En Angleterre, le 1er août est fêté sous le nom de « Lammas Day », le jour des fruits.

L’importance du 1er août, qui marque un changement de « saison » remonte aux traditions anciennes des fêtes celtes de « Lugnasad » ou « assemblée du Lug », qui ne sont que partiellement connues. Le but des festivités, marquées par des jeux athlétiques et des joutes, à l’instar des jeux Olympiques, était d’honorer Lug, dieu solaire, réputé pour ses vertus, sa beauté et ses talents dans les arts et l’artisanat ; mais la fête honorait surtout Tailtui, sa mère nourricière et déesse-mère de l’Irlande.

LE DIEU LUG

Le dieu Lug dieu solaire – Sa fleur… le Tournesol

Les fêtes en l’honneur de Lug, en polarité avec celles d’Imbole, complètent le cycle naturel ; le 1er février, avec ses lustrations, montrer le chemin, la voie d’évolution qui n’atteint son point culminant que le 1er août où se parachève ce qui mûrissait le reste de l’année.

Les fêtes qui célébraient l’abondance et la prospérité étaient offertes par les rois aux trois classes qui constituaient la société celte : les druides, les guerriers et les agriculteurs ; une lourde punition, représenter l’archétype du mauvais souverain, « laid au physique et au moral », responsable des disettes et des catastrophes naturelles à venir, pesait sur le roi qui aurait manqué d’accomplir avec générosité les fêtes du 1er août. Délaissées, ces fêtes d’abondance se sont déplacées au milieu du mois où la fête de l’Assomption absorbe la majorité des prémices des récoltes et des réjouissances. Il n’y a qu’en Berry que reste vivace la fête de Saint-Pierre-aux-Liens qui reprend d’une certaine façon l’esprit des fêtes de Lug.

Dans les traditions populaires du Sud-est européen, le jour du 1er août marque au point de départ. Tôt le matin, le prêtre prononce des vœux en l’honneur de Saint Tryphon, patron de la vigne, dont la fête au début de février est celle des vignerons. Les paysans accourent se procurer de l’eau bénite, spécialement mise à leur disposition ce jour-là, pour asperger les bêtes, les champs, les granges et plus particulièrement le maïs qui arrive alors à maturité, le coton dont les fruits sont prêts à éclater et les ruches que les abeilles achèvent de remplir de miel en prévision de l’hiver. C’est ensuite que l’on coupe les premières grappes, lourdes de jus, parfumées à souhait, et qu’on les consomme en commun sur le parvis de l’église. A partir de cette date commence le « petit carême de la Vierge », soigneusement respecté jadis.

Pour toute l’Europe de l’Est commence, le 1er août, une période néfaste de six ou douze jours. On y évite tout contact avec l’eau, infestée de créatures féminines hostiles à l’homme, et on ne touche pas à la hache, de crainte de la rendre vengeresse. On conseille encore aux enfants d’éviter les carrefours parce que ce sont des lieux privilégiés de rencontre des « drimes », ces esprits errants, qui peuvent leur faire le plus grand mal. Mais, en apprivoisant le pouvoir néfaste de ces créatures, on fait d’elles de puissances de divination.

Ainsi, les douze premiers jours d’août servent de moyens de prédiction pour le temps de l’année à venir : le temps qu’il fait le 1er août correspond à celui du mois entier, le temps du 2 août à celui de septembre et ainsi de suite. A Chypre, on prononce de semblables oracles à l’aide de douze feuilles de figuier que l’on expose sur le toit des maisons, garnies d’un peu de seul : l’humidité rassemblée sur les feuilles sert de prédiction sur le temps de l’année suivante. Les bergers, eux, se fondaient sur le comportement de leurs chiens.

En Méditerranée orientale, le début d’août est le temps des vents annuels du nord dont la vigueur rend toujours la navigation périlleuse, ce que confirme un dicton : « Les drimes d’août sont sur les voiles comme celles de mars sur la coque du bateau ». Au cours de ces nuits venteuses, le ciel s’ouvre et Dieu se montre particulièrement attentif aux souhaits des hommes. Ainsi on jette du sable dans les maisons dans l’espoir que Dieu y répandra autant de biens que de grains de sable.

Mais août décide aussi de la santé : « Si tu veux connaître ta force, interroge l’août », explique la sagesse populaire qui établit le parallèle avec mars : « A partir d’août : l’hiver, et de mars : l’été », avec tous les troubles que provoquent les changements de saison.

Saint Jean-Baptiste, dont on commémore la Décollation le 29 du mois, a le pouvoir d’enrayer les fièvres paludéennes qui pendant des siècles accablèrent les populations, comme de les envoyer à ceux qui ne l’honoraient pas suffisamment. Les feux allumés en l’honneur de Saint Jean-Baptiste, de plus en plus importants au cours des deux jours suivant sa fête, représentaient la « fermeture » d’une année et le commencement, au 1er septembre, d’une nouvelle période agraire.

LAMMAS DAY

Bibliographie

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Bordas

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

DANS L’HERBIER DU BELIER… LA CANNELLE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 06-04-2015

La cannelle est un petit arbre à feuilles opposées, le cannelier de Ceylan aujourd’hui Sri Lanka, dont on utilise seulement l’écorce. Celle-ci est de couleur fauve pâle. Elle se présente sous la forme de petits tuyaux résultant de l’enroulement de l’écorce sur elle-même. On la coupe en petits fragments afin qu’elle soit plus perméable à l’au et qu’elle rende le maximum de substances.

Cette écorce contient des sucres, du mucilage, du tanin, et une essence renfermant de l’aldéhyde cinnamique, de l’eugénol et du phellandrène. Son goût est dû à une huile essentielle aromatique. La cannelle est une épice principalement produite sur l’île de Ceylan.

LA CANNELLE

La cannelle

La cannelle est utilisée depuis des temps immémoriaux puisqu’elle était déjà mentionnée en Chine 2 700 ans avant Jésus-Christ. Elle était tellement à l’honneur dans ce pays qu’aucun médecin n’aurait délivré une ordonnance qui ne comportait pas de la cannelle.

Dans l’Antiquité, on connaissait aussi la cannelle. Les anciens Egyptiens l’utilisaient dans le processus de l’embaumement. Dans un temple construit sous Thoutmosis se trouvent des hiéroglyphes racontant que la cannelle arrivait par bateau de la Somalie avec l’encens et la myrrhe.

La Bible, Hérodote et les médecins arabo-musulmans et d’autres auteurs classiques y font référence. Et, dans le Nouveau Testament, il est dit que la cannelle est plus précieuse que l’or. Ensuite, les Grecs et les Romains découvrirent et utilisèrent la cannelle. Dioscoride en vantait les vertus : « Tout cinamome échauffe, remollit, fait digestion, provoque l’urine, il est bon contre le poison les bestes qui guettent venim ».

On raconte aussi que Néron, empereur romain, ayant tué sa femme dans un accès de colère, pris de remords, fit brûler les réserves de cannelle de Rome, à chaque anniversaire de sa mort et cela malgré son avarice notoire.

A Ceylan, seuls les Salagam avaient le droit de toucher à la cannelle et tous ceux qui contrevenaient à l’interdit et oser la toucher, autre que les Salagama, étaient punis de mort. L’île fut souvent attaquée par les Hollandais, les Portugais et les Britanniques, mais le peuple de Ceylan réussit toujours à se défendre et à protéger la cannelle. A partir du XVIe siècle, les Portugais occupent l’île et la cannelle devient le fer de lance du commerce portugais durant le siècle suivant. Ils sont supplantés par les Hollandais qui en prennent le monopole de 1636 à 1796 en brûlant les excédents pour maintenir les cours. Ce furent ensuite les Anglais qui prirent en main le marché de la cannelle. A la fin du XVIIIe siècle, elle fut introduite à Java et aux Seychelles.

HYPOCRAS - VIN MEDIEVAL AUX TREIZE EPICES

L’hypocras le vin médiéval aux treize épices

On trouve la cannelle dans de nombreuses préparations allant du Moyen Age à nos jours. Cependant, elle n’arriva en France qu’en 1220. On peut retrouver cette épice dans le fameux hypocras, une boisson médiévale à base de vin dans laquelle on faisait macérer diverses épices  cannelle, cardamone, clous de girofle, gingembre et même des pétales de roses. Cette composition est attribuée à Hippocrate, d’où son nom, cité pour la première fois au milieu du XIVe siècle. Cette boisson tonique et apéritive était également réputée aphrodisiaque. Elle connut son heure de gloire au Moyen Age, mais elle eût, les siècles suivants, des adeptes célèbres, tels François Villon et François Rabelais.

C’est au XIIIe siècle que la cannelle commence à se démocratiser en Europe, tout en restant hors de prix. C’est également à cette époque que l’écrivain arabe Kazwini, écrivit sur le commerce de cette épice. Toutefois, l’usage de la cannelle en France remonterait à l’époque des croisades lorsque les chevaliers chrétiens la rapportèrent avec l’hypocras.

La première synthèse d’arôme artificiel de cannelle fut réalisée en 1856 par Luigi Chiozza.

De nos jours, on admet les propriétés stimulantes certaines de la cannelle sur les systèmes respiratoire et circulatoire. De plus, elle augmente aussi les sécrétions du suc gastrique et stimule l’ensemble des fonctions digestives.

Tonifiante, elle est utile aux convalescents, pour les personnes fatiguées et manquant d’appétit. On la recommande spécialement dans les cas d’asthénie post-grippale. D’ailleurs la cannelle est aussi un excellent préservatif de la grippe et des refroidissements.

VIN CHAUD A LA CANNELLE

Vin chaud à la cannelle

Pendant la guerre 1939-1945, on préparait un vin chaud à la cannelle car il fallait résister au mal, les médicaments n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui, et les gens mal nourris par toutes les privations subies étaient plus réceptifs aux microbes. Dans les campagnes, l’usage était de faire rougir le tisonnier et de le tremper d’un coup dans le liquide, faisant surgir comme un mini-volcan dans la casserole.

Ce vin chaud possède des propriétés toniques et stimulantes incontestables et procure une accélération du cœur et de la respiration. Ces qualités sont d’ailleurs utilisées en pharmacie dans la potion de Todd : teinture de cannelle diluée dans du sirop et de l’eau-de-vie. Cette dernière peut être remplacée par du rhum. Cette potion peut encore être employée comme antigrippe car elle entre dans la catégorie des sirops pectoraux. A l’époque aussi, le vin de cannelle était généreusement distribué dans les hôpitaux contre une contagion possible entre malades.

Bien sûr, on utilise également la cannelle en cuisine comme condiment et substance aromatique, en association avec la prune, dans la préparation de chocolats et de liqueurs, ainsi que dans la cuisine indienne et orientale. Elle est couramment utilisée aux Etats-Unis et au Canada dans la préparation des tartes aux pommes et autres plats sucrés, notamment aux pommes. Par exemple, « pomme et cannelle » est une saveur courante parmi les marques de céréales sucrées.

Enfin, la cannelle est utilisée par l’industrie pharmaceutique.

La cannelle, comme tous les épices, et le goût épicé font partie de l’univers du Bélier.

POMMES AU FOUR ET A LA CANNELLE

Pomme au four et à la cannelle

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

DANS LA MYTHOLOGIE DE LA VIERGE… LE DIEU BACCHUS

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.6 - LES MYTHES DE LA VIERGE ET DE MERCURE) par sylvietribut le 18-09-2013

Le culte de Dionysos ne s’implanta pas facilement en Grèce, sans doute parce qu’il venait de chez ces Barbares d’Anatolie, ces Phrygiens et ces Thraces, lieu de naissance des plus anciennes Déesses-Mères, androgynes comme Cybèle. Dionysos, lui-même, était parfois interpellé de la façon suivante : « Où vas-tu… toi, l’homme-femme ? », souvent attaqué comme on agresse encore parfois aujourd’hui les homosexuels. Il faut préciser qu’il portait des vêtements de femme, mais sans doute avait-il hérité de la bisexualité de ces déesses crétoises ou anatoliennes, de la Déesse-Mère ou du Serpent ? N’était-il pas, par excellence, le dieu qui prit toutes les formes, connut toutes les métamorphoses : il se changea en lion, en panthère, en fait en ce qu’il voulait, lui le dieu de la démesure et de l’ivresse, maître des Ménades comme son homologue romain Bacchus, dieu du vin et des vendanges de septembre, qui était lui aussi le maître des Bacchantes.

BASSIN DE BACCHUS - PARC DU CHATEAU DE VERSAILLES - Balthazar et Gaspard Marsy

Dionysos – Bassin Parc du Château de Versailles

On a chargé les Ménades, Corybantes et Bacchantes, pour faire d’elles de dangereuses hystériques dévorant leurs propres enfants, des animaux vivants qu’elles déchiraient à belles dents, des taureaux sauvages en particulier, et cela au cours d’une transe sacrée. Certes, il existe une tradition prétendant qu’au cours de transes rituelles des sacrifices d’animaux, voire d’enfants, avaient lieu. On peut suggérer autre chose, une relation beaucoup plus directe au chamanisme. Comment ne pas évoquer l’histoire de Penthée qui lui-même prenait progressivement la forme d’un animal. Il sera d’ailleurs lapidé par les Ménades dont il avait surpris les secrets ; elles lui trancheront la tête et la porteront à sa mère, Agavé, qui la prend pour une tête de lion… Tirésias avait pourtant averti Penthée : « Si tu mets la main sur ce dieu, tu vas t’en repentir, toi et les tiens ! ». Mais Penthée ne l’écoute pas. Il insulte Dionysos, veut l’enfermer : « Tu as tort, l’avertit ce dernier, de méconnaître mon pouvoir » ; et aussitôt il fit en sorte que toutes les femmes de la ville soient entraînées par les Ménades et leurs chants sauvages. Même la mère de Penthée les suivra, en transe comme les autres. Dionysos interrompra brutalement la transe mais lorsqu’Agavé émergera, il sera trop tard, elle aura déchiqueté son fils et elle mesurera l’horreur de son geste. Dieu terrible, Dionysos finira par forcer le respect des Grecs mais jamais sans arrière-pensée, même après qu’il eut inventé le théâtre. Il fut en effet le premier metteur en scène. Il inspirait aussi bien les poètes que les acteurs. Ce qui est probable, c’est que les cultes venus de ces pays « barbares » ne pouvaient que choquer les Grecs « sages ».

Les Grecs reprochaient aux Barbares l’immodestie des femmes à laquelle Dionysos conviait ses Ménades mais on peut aussi voir dans le conflit entre Dionysos et les dieux olympiens une opposition entre deux modes d’approche du monde, de la vie, de la connaissance. Les adeptes de Dionysos prônaient une connaissance directe de la divinité par fusion avec lui ; la divination, la transe, l’expérience mystique immédiate, tout cela ne saurait s’aborder par les voies de la rationalité. Comme cela a été écrit : « Le fidèle de Dionysos, au summum de son extase, ne fait qu’un avec son dieu ; la divinité pénètre en lui, il est ‘Enthéos’ et le nom de Bacchus désigne aussi bien le dieu que son adorateur ». Il s’agissait d’acquérir par cette fusion l’immortalité. Devenir Dionysos, c’était en même temps absorber son immortalité, concept tout à fait étranger à la mentalité grecque.

Cependant cette opposition fondamentale, nous la retrouvons aujourd’hui, entre ceux qui croient à une certaine qualité d’expérience mystique, s’intéressent au retour du chamanisme, de certaines pratiques irrationnelles, et ceux qui ne croient qu’une science fondée sur la raison pure, la répétitivité de l’expérience et l’élaboration rigoureuse de règles et de lois. Ainsi s’opposent la Vierge folle et la Vierge sage. 

SEMELE TERRASSEE PAR JUPITER

Sémélé terrassée par Jupiter

Il fallait bien que les Grecs changent quelque peu la nature de Dionysos pour le rendre acceptable. Ils changèrent même son lieu de naissance, élisant Thèbes.  Sa mère aurait été une célèbre princesse dont Zeus serait tombé éperdument amoureux. Au point de dire à Sémélé, fort imprudemment, qu’elle pouvait tout exiger de lui. Mal inspirée par Héra, l’éternelle jalouse, Sémélé demande à voir Zeus dans toute sa splendeur. Exigence fatale, car Zeus est contraint de tenir sa promesse : « Non, je t’en prie, ne me demande pas cela ! » supplie Zeus, « si tu me vois dans toute ma puissance, cela te perdra ! ». Mais Héra a été persuasive et Sémélé insiste, obstinée. Alors Zeus lui apparut dans sa gloire et la pauvre princesse fut aussitôt foudroyée car Zeus/Jupiter est foudre, orage, tonnerre, feu à l’état pur. Il eut tout juste le temps de retirer du corps de la mère l’enfant qu’elle attendait et de le placer dans sa cuisse. Autrefois la cuisse désignait l’utérus, ce qui nous ramène à l’androgynat de Zeus lui-même. Ainsi Dionysos achèvera sa gestation dans « la cuisse de Jupiter ».

Plus tard, grâce à Hermès/Mercure, Dionysos retrouvera sa mère aux Enfers et elle prendra alors place dans l’Olympe, acquérant là son statut d’immortelle.

Ce dieu du vin né du feu et élevé par la pluie prend parfois aussi la forme symbolique d’un « grain de raisin », comme d’autres dieux parèdres de la Déesse Mère seront des « grains de blé ». Et Dionysos « homme-femme », voyageur, allant de-ci, de-là, par monts et par vaux, enseignera à cultiver la vigne, tout comme il enseignera les Mystères à l’instar de Déméter.

Comme Héphaïstos, Dionysos se situe évidemment sur le versant de la Vierge folle. Dans l’imaginaire collectif cette « démence » est due en effet à l’ébriété, à l’ivresse qui délivre et dénoue, libère les instincts les plus fous, lève tous les interdits.

Quant à la vie amoureuse de Dionysos, elle commence par un premier amour avec un adolescent nommé Ampélos qui mourra accidentellement et sera ensuite changé par le dieu en constellation ou, dans une autre version, en pied de vigne.

DIONYSOS ET ARIANE - MARBRE DE CARLO ALBACINI - 

Dionysos et Ariane – Marbre de Carlo Albacini

Par la suite, alors que Thésée eut abandonné Ariane sur l’île de Naxos, Dionysos qui passait par là serait tombé amoureux d’elle : il apparut à Ariane, l’emmène sur l’Olympe et en fait sa femme. Ariane est parfois vue comme la mère des Ménades. A la mort de sa compagne, Dionysos aurait jeté sa couronne dans le ciel pour lui rendre hommage. Ariane serait donc devenue la constellation de la couronne boréale.

D’Althée, la reine de Calydon, il eut une fille, Déjanire, qui sera adoptée par l’époux d’Althée, Oenée. Enfin, ce sera Aphrodite/Vénus qui lui donnera plusieurs fils, dont Priape, divinité phallique des Vergers et des Jardins, Hyménée, dieu du chant nuptial et, selon le cinquante-septième Hymne orphique, l’Hermès souterrain, chtonien ou infernal.

D’autres mythes viennent informer sur la personnalité de Dionysos. Ainsi, les femmes d’Argos devenues folles et qui dévorèrent leurs nourrissons car elles n’exaltaient pas convenablement Dionysos. Il y a aussi les trois filles de Proétos : Lysippé, Iphinoé, Iphianassa, frappées de démence par Dionysos, ou Héra, et guéries par Mélampous.

Quant aux sœurs Agavé, Ino et Autonoé, elles tuèrent Penthée, le fils d’Agavé, lors d’un délire dû à Dionysos. Et puis, les Minyades, filles du roi d’Orchomène en Béotie, Minyas, au nombre de trois : Leucippé, Arsinoé et Alcathoé, qui refusèrent de s’adonner au culte de Dionysos. Pour se venger, il les punit en les frappant de folie.

Dionysos_mosaic_from_Pella 

Dionysos chevauchant la panthère – Mosaïque de Pella

Cependant, Dionysos c’est le dieu du vin, de la végétation arborescente et de tous les sucs vitaux : sève, urine, sperme, lait, sang. Il se spécialisera par la suite dans la vigne qu’il était censé avoir donnée aux hommes, ainsi que l’ivresse et la transe mystique. Ses attributs incluent tout ce qui touche à la fermentation, aux cycles de régénération. N’est-il pas d’ailleurs le fils de Sémélé avatar de la déesse phrygienne de la terre, et puis aussi amant d’Ariane, déesse minoenne de la végétation, et enfin compagnon des nymphes et des satyres. Il est fréquemment associé au bouc et au taureau, animaux jugés particulièrement prolifiques.

Plusieurs portraits sont accolés à la personnalité de Dionysos : celui qui sert le vin pur et qui aime la chair crue, ou encore le protecteur des arbres et l’esprit de l’écorce, le protecteur des figuiers ou bien le garant de la fécondité.

On l’appelait aussi bien Zagreus, fils de Zeus et de Perséphone, que Bromios ce qui signifie « au bruyant cortège ». On le disait Digonos, c’est-à-dire « deux fois né » ou encore Bakkhos « qui retentit ».

L’attribut majeur et personnel de Dionysos est le thyrse qu’il tient à la main, qu’on trouve à ses pieds ou dans son cortège. Il régit le pin et le lierre, ainsi que leurs fruits, la pomme de pin et les baies de lierre dont il est souvent couronné. Ces plantes sont une apparente exception dans la nature car elles sont toujours vertes au cours de l’année et ne semblent pas perdre leurs feuilles, ce qui renvoie aux résurrections du dieu. On notera aussi que les vrais fruits du pin sont cachés dans la pomme et que les baies du lierre, toxiques, entraient dans la fabrication d’une bière que consommaient les Ménades et qui contribuaient à la transe.

dionysos

Dionysos

On trouve encore le grenadier et la grenade, le figuier et les figues. Le grenadier est issu du sang du dieu, ses fruits mûrissent en hiver et Perséphone reste liée aux enfers pour en avoir mangé. Le figuier est associé à la vie cachée dans le monde méditerranéen, car il pousse spontanément là où il y a de l’eau souterraine et révèle les sources.

Comme il a apporté la vigne et le vin aux hommes, on trouve également la vigne et le raisin, la coupe à boire. Mais il s’agit plutôt d’un amalgame avec Bacchus, son équivalent romain.

Quant à son bonnet phrygien, il rappelle l’origine asiatique de Dionysos. On trouve aussi la flûte, les cymbales et les tambourins.

Les animaux associés à Dionysos sont le bouc, le taureau, l’âne et la panthère. Ses temples majeurs se trouvaient à Athènes avec le Théâtre de Dionysos, Eleusis, Smyrne et Ephèse.

DIONYSOS - CARAVAGGIO

Dionysos par Caravaggio

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant & John Hazel – Collection Marabout  

Dieux et Héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur               

 

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

UNE DEESSE VIERGE… ATHENA

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.6 - LES MYTHES DE LA VIERGE ET DE MERCURE) par sylvietribut le 30-08-2013

Athéna fait partie des douze grands Olympiens. Elle est la fille de Zeus/Jupiter. C’était la déesse de la guerre, ainsi que de diverses disciplines et arts. Elle était la patronne des villes et avait des temples dans la plupart des grandes cités grecques. Athéna resta vierge, mais contrairement à Artémis, elle ne fuyait pas les hommes. Elle aimait les actions viriles et se joignait aux guerriers sur le champ de bataille. Son animal favori était la chouette, symbole de sagesse. Elle fut identifiée par les Romains à Minerve, la déesse de la Famille et des Artisans.

ATHENA-MINERVE par Charles Lebrun XVIIe

Athéna – Charles Le Brun – XVIIe siècle

Dans l’art et la littérature, Athéna apparaît revêtue de son armure, d’un casque, d’un bouclier rond et d’une lance ; sur sa poitrine, elle porte l’égide, cuirasse en peau de chèvre, ornée de glands. Sur son bouclier est peinte la tête de la Gorgone, et sa chouette est souvent perchée sur son épaule.

Lorsqu’à la demande de Mercure, Héphaïstos fendit le crâne de Zeus, Athéna en jaillit déjà adulte, toute armée et prête pour la bataille. Il existe plusieurs explications de sa « naissance ». D’après la plus connue, Zeus avait convaincu la Titanide Métis, la Prudence, de l’épouser. C’était Métis qui avait fait vomis Cronos/ Saturne, le père de Zeus, délivrant ainsi ses frères et sœurs, et notamment Poséidon/Neptune et Hadès/ Pluton. Quand Métis fut enceinte, Gaia et Ouranos, ou bien Prométhée, avertirent Zeus que si Métis avait un second enfant, celui-ci serait plus puissant que son père et qu’il règnerait sur le ciel et la terre. Pour éviter cela, Zeus avala Métis enceinte.

METIS - MUSEE DU LOUVRE

Métis – Musée du Louvre

Selon une autre version, Zeus désirait bénéficier de la sagesse de Métis sans encourir le risque d’avoir un fils qui le supplanterait. Il la poursuivit amoureusement, sachant que pour lui échapper, elle changerait de forme, car elle voulait rester vierge. Lorsqu’elle prit la forme d’une mouche, Zeus l’avala. En fin de compte, Métis fut délivrée dans la tête de Zeus, d’où Athéna émergea par la suite.

L’épithète « Tritogeneia », de sens inconnu, est à l’origine de la croyance selon laquelle Athéna vit le jour au bord d’un lac ou d’un fleuve nommé Trito, ou Tritonis, comme il en existait en Béotie, en Arcadie et en Libye. D’autres disent qu’Athéna fut élevée par leur fondateur, Alalcoménée, car leur ville était voisine d’un fleuve nommé Tritonis.

Athéna accorda son aide à de nombreux héros, comme Persée, Bellérophon, Héraclès, Jason, Diomède et Ulysse. Elle fut la protectrice la plus convaincue des Grecs à Troie. Elle aida Persée parce qu’elle voulait la mort de la belle Gorgone Méduse qui l’avait offensée. Et c’est ainsi qu’elle donna à cette dernière une apparence si repoussante qu’elle transformait en pierre tous ceux qu’elle regardait. Lorsque Persée offrit au roi Polydectès de lui rapporter la tête de la Gorgone, Athéna lui fit présent des sandales ailées, de la besace et du casque qui rendait invisible, objets dont il avait besoin pour la vaincre. Une fois que Persée eut accompli cette tâche, il donna la tête coupée à la déesse qui la fixa sur son bouclier.

Le plus célèbre sanctuaire d’Athéna était le Parthénon à Athènes. Elle n’obtient pas Athènes sans mal car Poséidon/Neptune en revendiquait aussi la souveraineté. On les fit concourir et Poséidon fit jaillir une source d’eau salée sur l’Acropole. Athéna fit alors pousser un olivier. Les Athéniens décidèrent que le dernier don était le plus utile et préférèrent la déesse au dieu. Poséidon/Neptune, dans sa colère, inonda l’Attique, mais comme les Athéniens l’honoraient tout de suite après Athéna, il s’adoucit et accorda sa protection à la ville.

Ancient Treasures Of Afghanistan

Athéna et l’égide

Avant la guerre, Athéna était honorée à Troie sous la forme d’une statue de bois appelée le Palladion, qui était tombée du ciel. La citadelle était réputée invincible tant qu’elle possédait l’idole. C’est pourquoi les Grecs, sur les conseils, d’Hélénos, un devin troyen qu’ils avaient capturé, décidèrent de voler la statue ; Diomède et Ulysse s’introduisirent la nuit dans Troie et, avec l’aide d’Hélène, l’enlevèrent.

Athéna avait un autre sanctuaire à Troie ; c’est là qu’Ajax, le fils d’Oïlée, viola Cassandre qui s’agrippait à la statue de la déesse. Ajax, par sa violence, fit tomber la statue qui, à ce moment, détourna les yeux de l’acte outrageux. Après cela, Athéna retira sa protection aux Grecs, à l’exception d’Ulysse qu’il aimait profondément et qu’elle aida à revenir chez lui à Ithaque, dix ans plus tard, il est vrai, mais ce retard avait été causé par l’hostilité de Poséidon/Neptune.

Cassandre

Cassandre violée par Ajax dans le temple d’Athéna

L’épithète d’Athéna Pallas a une origine obscure. Il se peut que la déesse ait pris le nom du géant Pallas, qu’elle avait tué lors de la guerre entre les dieux et les Géants. Selon une légende, aussi, la déesse, encore jeune, avait tué accidentellement l’une de ses compagnes de jeux, nommée Pallas, et elle aurait pris son nom en souvenir d’elle. Mais on explique souvent cette épithète comme l’appellation originale de la vieille déesse guerrière qui était honorée à Mycènes avant Athéna. De plus, les parentés entre Athéna et Athènes sont confimées par les légendes d’Erichtonios et du jugement d’Oreste. La première, assez cru, raconte comment Héphaïstos poursuivit Athéna et tenta de la violer. La déesse-guerrière le repoussa avec succès, et la semence du dieu féconda la terre, d’où naquit plus tard Erichtonios, qui se traduit par « né de la terre ». La déesse le confia aux filles du roi Cécrops, après l’avoir enfermé dans un coffre qu’elle interdit d’ouvrir. Cependant, deux des filles furent incapables de résister à leur curiosité et regardèrent à la dérobée dans le coffre ; elles virent un serpent, ou un enfant avec une queue de serpent, ou encore un serpent lové autour de l’enfant. Devant ce spectacle, elles se jetèrent du haut de l’Acropole. La déesse reprit le petit être, et l’éleva dans son sanctuaire. Plus tard, il devint roi d’Athènes.

ORESTE POURSUIVI PAR LES ERINYES - William-Adolphe_Bouguereau

Oreste poursuivi par les Erinyes

Oreste, poursuivi sur toute la surface de la terre par les Erinyes, après le meurtre de sa mère Clytemnestre, arriva à Athènes. Là, Athéna le prit sous sa protection, établissant ainsi les traditions athéniennes du jugement par jury, et de l’hospitalité envers les étrangers. Elle réunit le tribunal de l’Aréopage pour qu’il soit jugé et, les suffrages étant égaux, elle fit pencher la balance en sa faveur. De ce fait, les Erinyes furent honorées à Athènes sous le nom d’Euménides, les Bienveillantes. Alors qu’Oreste et Iphigénie étaient sur le point de périr, dans la péninsule de Tauride, la Crimée d’aujourd’hui, Athéna les sauva une fois de plus.

Athéna et Arès/Mars sont tous deux des divinités guerrières, mais ils diffèrent sur un point ; les Grecs, et tout particulièrement Homère, ont une préférence pour la déesse qui symbolise la force intelligente et la stratégie, et s’oppose à la force brutale d’Arès/Mars. Dans l’Iliade, elle s’opposait constamment à lui et, un jour, elle combattit aux côtés de Diomède, contre lui. Elle guida la lance qui alla frapper le ventre d’Arès, faisant fuir piteusement le dieu du champ de bataille. Zeus aimait aussi profondément Athéna qu’il haïssait Arès/Mars.

Pallas/Athéna c’est aussi la Minerve romaine et bien avant encore la « Menerva » étrusque qui, à l’instar d’Athéna, portait le hibou, oiseau de sagesse, sur son épaule et le rameau d’olivier à la main. Minerve apparaît comme moins guerrière, moins masculine qu’Athéna, déesse civilisatrice par excellence. Par ailleurs, comme Héphaïstos, Athéna deviendra patronne de la forge et de tous les arts mécaniques. Elle n’aimait pas les hommes, comment auraient-ils pu rivaliser avec le père qu’elle avait ? Athéna éconduisait donc brutalement ceux qui osaient la courtiser ou même la regarder dévêtue. Tirésias qui l’avait aperçue par accident en perdit la vue, mais non le don de double vue…

Athéna personnifie la sagesse, ce qui ne serait pas pensable si elle était fille de sa mère, dont on sait d’ailleurs peu de chose. Aux yeux des Grecs, il n’y a de sagesse que masculine. Athéna conseille les dieux, intervient dans les conflits, apporte son aide, toujours efficace, aux héros qu’elle estime ou qui lui sont exceptionnellement dévoués. De sa facette féminine subsistent quelques fonctions : quelques inventions qui serviront aux progrès de l’agriculture, comme celle de la charrue, du râteau, du joug, en imaginait-elle l’usage conjugal, elle, protectrice de la famille, du mariage, et très attachée à la fidélité des époux, ce qui peut surprendre vu le comportement de son père.

LE TRIOMPHE DE MINERVA - FRANCESCO DEL COSSA - PALAZZO SCHIFANOIA - FERRARA

Le triomphe d’Athéna – Francesco del Cossa – Palazzo Schifanoia – Ferrara

Athéna enseignera aux femmes le tissage et ne supportera pas la concurrence dans ce domaine. Celle qu’elle transforma en araignée, son animal exécré, en sut quelque chose. Elle leur apporta encore la poterie et leur enseigna l’art des travaux domestiques, voilà qui la renvoie dans le camp de la Vierge sage, ainsi que ses talents particuliers en matière de santé et de guérison, qui plus encore évoquent ici les dons thérapeutiques de la Vierge/Maison VI. Athéna n’a-t-elle pas, d’ailleurs, enseigné à Asclépios, dieu de la médecine, peut-être aussi à Erichtonios, à ressusciter les morts grâce au sang de Méduse.

L’image habituellement donné à la sage déesse était de nature à l’entourer de fidèles : « Protectrice des hauts lieux, acropoles, palais, villes » et « inspiratrice des arts civils, agricoles, domestiques, militaires »… Que reste-t-il aux autres ?

Industrieuse, active, intelligente, ingénieuse, Athéna possède toutes les vertus et illustre la dimension la plus élaborée du signe de la Vierge. Certains l’ont assimilée à la déesse égyptienne Neith, notamment Platon. Mais sans doute a-t-elle réuni sur sa seule personne des mythes très archaïques, à la fois guerriers et civilisateurs, qui font d’elle aussi, à l’origine, une Déesse Mère, porteuse, comme Ishtar, d’une double nature : tantôt Walkyrie, tantôt démétérienne. Mais elle semble aussi incarner l’idéal grec de raison, de mesure et de sagesse auquel la plupart des déesses « nées d’une mère » ne pouvaient prétendre.

LA CHOUETTE DE PALLAS ATHENA

La petite chouette d’Athéna

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant & John Hazel – Marabout

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,