DANS LE BESTIAIRE DU CAPRICORNE… LA CHEVRE

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 15-01-2012

De la chèvre vorace au bouc émissaire

Le couple chèvre/bouc, hautement symbolique dans les traditions anciennes, semble s’être appauvri, ou c’est chargé de connotations neutres ou négatives avec le temps, surtout sous l’impact du christianisme.  

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On ne la connaît maintenant guère que par son agilité, son goût de la liberté, d’une liberté primesautière, qui fait que le nom de chèvre « capris » a été donné au « caprice », et on a occulté son ancien symbolisme qui persiste encore dans les traditions populaires. Dans une grande partie de l’Europe centrale et orientale en effet, la Chèvre est le déguisement zoomorphe le plus significatif dans le cycle des fêtes d’hiver. Maigres, lugubres, munies d’une longue tête en bois, les Schnabelgeissen « les chèvres au long bec », envahissent les rues des villages de Suisse centrale, à Ottenbach, dans les nuits qui précèdent Noël. Avec les claquements sinistres de leur gueule, et les hurlements qu’elles produisent, elles sont la terreur des âmes sensibles ou protectrices des hommes pendant ces nuits propres à la magie et aux mystères du solstice.

Cette tradition, qui a repris vie à partir des années cinquante, donne lieu actuellement à un événement qui dure tout le mois de décembre. Les chèvres sont embellies, et les cortèges se produisent désormais devant les auberges ou dans les maisons privées, avec des mimiques et des farces qui expriment peut-être une adaptation moderne, conforme aux besoins et aux mœurs de la société actuelle, d’une célébration ancienne.

La « Koza », la Chèvre, des différentes traditions slaves, est le personnage principal des déguisements rituels des sviatki, les douze « jours bénis ». C’est la chèvre qui mène les cortèges des chanteurs annonçant la bonne nouvelle de Noël, ou l’arrivée du Nouvel an. C’est toujours le plus agile, le plus futé, qui fait la Chèvre, revêtu de peaux de moutons retournées, de housses en drap blanc, le visage dissimulé par un masque découpé dans une peau de chèvre, ou sculpté en bois et muni d’une mâchoire intérieure mobile.

Loin d’être un pur amusement de la jeunesse, la Chèvre et son cortège manifestent la continuité, peut-être inconsciente, de conceptions archaïques. Dans la tradition lointaine de l’Inde, la chèvre, dont le nom signifie également « non-née », est le symbole de la substance primordiale non manifestée. Elle est la Mère du monde.

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Amalthée – Musée du Louvre

Dans la mythologie grecque ancienne, Zeus/Jupiter, le futur Père des hommes, tétait le lait de la chèvre Amalthée, qui fut par la suite transformée en déesse nourricière, en fille du Soleil, étoile de la constellation du Cocher, annonçant l’orage et la pluie. L’idée d’associer la chèvre à la manifestation du dieu est très ancienne. D’après Diodore de Sicile, des chèvres auraient guidé l’attention des hommes de Delphes vers le lieu où des fumées sortaient des entrailles de la terre. Prises de vertiges, elles dansaient. Intrigués par ces danses, des hommes comprirent le sens des vapeurs émanant de la terre : il leur fallait interpréter cette théophanie ; ils instituèrent un oracle.

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Constellation du Cocher

Enfin, chez les Grecs, la chèvre symbolise l’éclair et l’étoile de la Chèvre, dans la constellation du Cocher, annonce l’orage et la pluie. Alors que certaines peuplades de Chine mettent la chèvre en rapport avec le dieu de la foudre : la tête de la chèvre sacrifiée lui sert d’enclume. La même relation entre la foudre et la chèvre est attestée au Tibet. Elle figure en somme un instrument de l’activité céleste au bénéfice de la terre, et même plus précisément de l’agriculture et de l’élevage. Nous sommes bien dans le monde de Saturne. Notez aussi l’importance de Jupiter dans la symbolique du Capricorne. Voilà qui est tout à fait logique puisque le Capricorne est le lieu de chute de Jupiter.

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Jupiter en chute en Capricorne – Miniature in Liber Astrologiae XIIIe siècle – Palazzo di Sichelgaïta

Dans la Bible, Yahvé s’était manifesté à Moïse au mont Sinaï au milieu des éclairs et du tonnerre. En souvenir de cette manifestation, la couverture couvrant le tabernacle était composée de poils de chèvre : la foudre, c’est Jupiter, mais la chèvre c’est le Capricorne…

Un vêtement, nommé « cilicium », tissé de poils de chèvre, était porté par certains Romains, et par des Syriens, au moment de la prière, pour symboliser leur union avec la divinité. Chez les Chrétiens, le port ascétique du cilice prend le même sens, avec une intention de mortifier la chair par pénitence et de libérer ainsi l’âme vivifiée qui veut se donner pleinement à son Dieu. Ce qui n’est pas sans évoquer la robe de bure des moines.

Notons à ce propos que le mot « soufi » viendrait, selon la tradition la plus admise en Orient, de « souf », terme sous lequel on désigne le feutre de poil de chèvre dont était rituellement faite la robe des derviches de certaines confréries mystiques musulmanes particulièrement sévères dans leurs règlements intérieurs.

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Dionysos

Les Orphiques comparent l’âme initiée à un chevreau tombé dans le lait, c’est-à-dire vivant de la nourriture des néophytes, pour accéder à l’immortalité d’une vie divine. Dans les orgies dionysiaques, la peau des chevreaux égorgés revêtait les Bacchantes. Le chevreau désigne parfois Dionysos en transe mystique.

Dans la mythologie germanique, la chèvre Heidrun paît dans le feuillage du frêne sacré et son lait sert de nourriture providentielle aux guerriers du dieu Odin.

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La chèvre Heidrun – Manuscrit islandais du XVIIIe siècle

Dans le climat aride de la Méditerranée orientale, la chèvre, grande consommatrice de jeunes pousses, friande de verdure fraîche, est considérée comme la personnification même de la voracité, tandis que, dans le climat plus humide et tempéré des plaines russes et ukrainiennes, elle est un signe qui annonce, accélère et multiplie la production céréalière comme en témoigne un couplet chanté par la suite de la Chèvre :

Là où passe la Chèvre, pousse le blé.

A chaque coup de sa queue, voilà une gerbe toute prête,

A chaque coup de son pied, se dresse une fière moyette,

Chaque coup de ses cornes, c’est déjà une meule de faite,

Tantôt de ce côté-ci, tantôt de ce côté-là.

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Bouc

Le bouc, symbole de la puissance génésique, de la fécondité et de la force vitale, est l’animal indissociable des pulsions sexuelles, à la libido insatiable, en langage psy. Pourtant, le bouc est à l’origine de la tragédie et du théâtre, si l’on songe au mot « « tragos » qui signifie « bouc » en grec. C’est dans le contexte dionysiaque que les divinités mineures de la nature et de la fertilité : Silène, Pan, les Satyres, mi-boucs, mi-humains, sont passés des mimes, des gesticulations et des libertinages sexuels, propres aux cérémonies hivernales de la fécondité, aux compétitions et aux présentations théâtres d’une société en plein éveil culturel et spirituel : il s’agit de la société athénienne du Ve siècle avant Jésus-Christ qui a transformé le bouc fécondateur de terres en acteur de la fécondité de l’esprit.

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Pan et sa flûte

En frappant la sexualité de toute sorte d’interdits, on a attribué au bouc l’image même de la luxure : le bouc lascif, libidineux, de la tradition romaine, comme si la libido s’identifiait à la violence de la puissance sexuelle, aux débordements moraux. Dans cette perspective, achevée dans les traditions des sociétés médiévales, le bouc est l’animal puant, symbole d’abomination, signe de malédiction, personnification des démons dangereux, du Diable lui-même. C’est l’image qui déshonore son grand âge par des copulations effrénées. Le bouc, comme le balai, sert de monture aux sorcières dans leurs errances et il est présent lors des sabbats.

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La Befana italienne, sorcière à cheval sur son balai – Girouette

C’est le Satan à la tête de bouc des traditions chrétiennes qui remplace l’image positive de l’animal fécondateur des traditions anciennes. Pourtant, l’ampleur des tabous sexuels prévalant en Europe à la suite du Moyen Age n’a pas pu éliminer complètement les qualités positives du bouc, conservées dans plusieurs traditions populaires. Dans plusieurs villages du Sud-est européen, un bouc en pleine force est considéré comme protecteur se chargeant de tous les malheurs qui menacent la société. C’est un animal que l’on soigne, que l’on salue avec beaucoup de circonspection. Il n’est pas seulement le bouc fécondateur des chèvres mais aussi l’animal qui intercepte et canalise le mal hors des frontières de la commune. Dans cette perspective, l’utilisation largement répandue de peau et de cornes de caprins, pour la fabrication de masques et de costumes pendant les déguisements d’hivers et plus tard pour le carnaval, prend une toute autre perspective. Elle se rapproche de l‘usage du poil de chèvre, commun dans les traditions anciennes, pour la fabrication de vêtements rituels, qui protégeaient l’officiant contre le pouvoir surnaturel des théophanies, les « apparitions du dieu ».

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Masque satyrique de Silène

Dans les pratiques religieuses de plusieurs cultures, le bouc est, avec le Taureau, un animal par excellence sacrificiel. Mais la particularité du bouc est de servir aussi d’animal expiatoire des fautes, des impuretés, des péchés humains selon la loi de Moïse. Le bouc émissaire devient ainsi l’animal par excellence bénéfique à l’homme. Suivant le récit de la Bible, lors de la fête de l’Expiation, le grand prêtre recevait, en plus d’un bœuf, deux boucs. L’un, selon un tirage au sort, était immolé en l’honneur de Dieu ; les aspersions faites avec le sang des animaux assuraient la purification. L’autre, chargé symboliquement du poids des fautes du peuple, conduit dans le désert, retrouvait sa liberté. Ainsi se referme la bouche symbolique qui fait du couple chèvre/bouc des animaux bienfaiteurs de l’homme, et qui « chassent au loin les ténèbres », selon la tradition védique.

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Bibliographie :

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas                            

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

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UNE FLEUR DE MAI… UNE FLEUR TAUREAU… L’AUBEPINE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 09-05-2011

Que l’on nomme aussi « poire d’oiseaux », « épine blanche », ou encore « bois de mai », « sennellier », et en Camargue « perrette ».

« Aubépine » est un mot féminin : on dit « une aubépine », qui vient du nom du latin « alba spina », « épine blanche », en raison de sa fleur blanche, du type de la rose, et des épines à la base. Son origine est européenne. Cependant, cette espèce est menacée de disparition en Europe, du fait d’une maladie appelée « feu bactérien » qui jaunit les feuilles. Une des plus vieilles aubépines de France est estimée millénaire. Elle se situe à Saint-Mars-sur-la-Futaie, dans le département de la Mayenne (53). Elle a une hauteur de 9 mètres. 

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Dans la mythologie romaine, l’aubépine était dédiée à Maïa, mère de Mercure (Hermès), fêtée en Mai. Mai était le mois de Maïa. Et en général, c’est en mai que fleurissent les aubépines. Mai est devenu le mois de Marie, la Vierge, par identification. Mai est le mois du renouveau.

Poètes et romanciers ont célébré l’aubépine qui forme des haies « comme une suite de chapelles qui disparaissent sous la jonchée de leurs fleurs amoncelées en reposoirs » (Marcel Proust). En fait, d’un bout de l’Europe à l’autre, l’aubépine, « Crataegus oxyacantha », au bois dur et aux aiguillons courts mais piquants, est la plante protectrice des jeunes filles et des jeunes mariés.

A Athènes, dans l’Antiquité, chaque convive portait pour le repas de noces une branche d’aubépine, gage du bonheur et de la prospérité du jeune couple. A Rome, le marié conduisait la jeune femme dans la chambre nuptiale en agitant un rameau d’aubépine. L’importance de la plante dans les rites fut une tradition conservée très longtemps sous forme de flambeaux éclairant la chambre nuptiale tandis que l’on attachait ses branches au berceau des nouveau-nés pour les mettre à l’abri des maladies et des influences maléfiques.

L’aubépine est présente sous un aspect différent dans les traditions religieuses du Proche-Orient : le célèbre buisson ardent, « Crataegus pyracantha », près duquel Moïse eut son premier entretien avec Dieu sur le Mont Horeb, est de la même famille ; et, suivant les croyances chrétiennes, la couronne de la Passion était faite de branches d’aubépine. 

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Le buisson ardent de Moïse sur le Mont Horeb

Pendant le Moyen Age, l’aubépine a la réputation d’accroître la fidélité dans tous les domaines, de conserver la chasteté et de prolonger le célibat, vertus mises à l’épreuve par les longues absences des chevaliers partant pour de lointaines expéditions, puis pour les croisades. Avant leur départ, ils offraient à leurs dames des rameaux d’aubépine fleurie liés d’un ruban incarnat pour signifier l’espoir des retrouvailles et la pérennité de leur amour dans la chasteté. Même de nos jours, on croit ferme dans les campagnes que si l’on glisse un fagot d’aubépine sous le lit d’une femme, elle refusera les propositions de l’amant le plus habile.

Dans plusieurs régions d’Europe, on tresse des couronnes d’aubépine à l’intention des fées et des anges qui, au mois de mai, par les nuits de pleine lune, viennent danser autour de cet arbuste. On espère ainsi s’attirer leurs faveurs en échange de couronnes parfumées. De ses vertus magiques il n’en reste des traces qu’en Kabylie seulement, où les femmes croient que cette aubépine apaise les crises d’autorité du mari et lui adressent l’invocation suivante : « Les hommes t’ont appelée ‘‘aubépine ’’, moi je l’appelle ‘’le caïd qui commande’’ ; fais que mon mari ne me batte plus et change-le en âne à qui je ferai porter la paille… ».

Toutefois, en Normandie, aujourd’hui encore, on affirme que la foudre épargne l’aubépine, ou la maison qui en est ornée, car la foudre est l’œuvre du Diable et qu’elle ne peut frapper une plante qui a touché le front du fils de Dieu, croyance partagée par la Bretagne pour qui elle est l’arbre des sorcières et qui la complète par une vénération particulière pour le rouge-gorge, car dit-on, c’est en cassant avec son bec une épine de la couronne de Jésus qu’un peu de sang a taché sa poitrine.

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L’aubépine fait partie de la famille des rosacées. C’est un arbrisseau épineux  poussant dans les buissons, les bois, les haies. On la trouve dans toute l’Europe, ainsi qu’en Afrique du Nord. En France, elle est très répandue.

planche-de-laubepine1Si l’on passe maintenant aux propriétés thérapeutiques de l’aubépine, on constate qu’elles rivalisent avec ses pouvoirs magiques. Les Anciens l’utilisaient contre la goutte, la pleurésie. La science moderne a confirmé que ses composants chimiques sont effectivement antispasmodiques, calmants, diurétiques et surtout constituent un remarquable régulateur de la tension artérielle en même temps qu’un précieux tonicardiaque ayant d’excellents effets sédatifs sur le système cardio-vasculaire, dont les palpitations, l’angine de poitrine, les troubles circulatoires consécutifs, ou non, à la ménopause. D’ailleurs, bien avant qu’elle n’entre dans la pharmacopée classique, bien qu’elle existait déjà en homéopathie sous le nom de « crataegus oxyacantha », on avait qualifié l’aubépine de « valériane du cœur ». Sur le plan médical, l’aubépine est souveraine contre les palpitations, l’hypertension, les vertiges, les insomnies, les angoisses. Antispasmodique et calmante, la plante, utilisée comme panacée des troubles de la cinquantaine, est bénéfique aux hommes comme aux femmes. On peut aussi l’utiliser en gargarisme en cas d’angine, ou encore pour les soins du visage en cas de rougeurs et de couperose, en lotion ou en compresse : pour ½ litre d’eau, 20 grammes de fleurs et de fruits, laisser bouillir trois minutes.

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Bibliographie

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

Nos grand-mères savaient – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont.

« Petit Rouge-Gorge de Bretagne » – Photo du Macaron – http://lesecritsdumacaron.hautetfort.com

 

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L’OR – SYMBOLE DU LION

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 02-08-2010

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L’or est considéré dans la tradition comme le plus précieux des métaux. C’est le métal parfait parce qu’il est inaltérable. En chinois, le même caractère « Kin » désigne à la fois « or » et « métal ». Il a l’éclat de la lumière. L’or, dit-on en Inde, est la lumière minérale. Il a le caractère igné, solaire et royal, voire divin. Dans certains pays, la chair des Dieux est faite d’or ; celle des Pharaons égyptiens l’était également. Les icônes du Bouddha sont dorées, signe de l’illumination et de l’absolue perfection. Le fond des icônes byzantines est doré : reflet de la lumière céleste.

En diverses régions, et notamment en Extrême-Orient, l’or est censé naître de la terre. Le caractère Kin primitif évoque des pépites souterraines. Il serait le produit de la gestation d’un embryon, ou de la transformation du perfectionnement de métaux vulgaires. C’est l’enfant des désirs de la nature. L’alchimie se contente d’achever, d’accélérer la transmutation naturelle : elle ne crée pas la matière originelle. La transmutation est une rédemption ; celle du plomb en or, dirait Silesius, c’est la transformation de l’homme par Dieu en Dieu. Tel est le but mystique de l’alchimie spirituelle.

L’or-lumière est très généralement le symbole de la connaissance, c’est le yang essentiel. L’or, disent les Brahmana, c’est l’immortalité. Il faut se rappeler, en outre, à propos de la perfection, la primordialité de l’Age d’or traditionnel, les âges suivants : d’argent, d’airain et de fer, marquant les étapes descendantes du cycle.

Dans la tradition grecque, l’or évoque le Soleil et toute sa symbolique : fécondité, richesse, domination… La toison d’or ajoute un coefficient de ce symbolisme solaire à l’animal qui la porte ; au bélier, par exemple, qui représente par lui-même la puissance génératrice d’ordre corporel et par transposition symbolique, d’ordre spirituel. La toison d’or devient l’insigne du maître et de l’initiateur.

L’or est une arme de lumière. On n’usait que de couteaux en or pour les sacrifices aux divinités ouraniennes. De même, les druides ne coupaient le gui qu’avec une faucille d’or. Apollon, dieu-soleil, était revêtu et armé d’or : tunique, agrafes, lyre, arc, carquois, brodequins.

Hermès, l’initié, le psychopompe, le messager divin et le dieu du commerce, est aussi le dieu des voleurs, signifiant ainsi l’ambivalence de l’or. Mais des Anciens voyaient dans ce dernier titre du dieu « un symbole des mystères soustraits à la connaissance du vulgaire : les prêtres dérobaient l’or, symbole de la lumière, au regard des profanes ».

Toujours en raison de cette identification à la lumière solaire, l’or a été un des symboles de Jésus, Lumière, Soleil, Orient : « On comprend pourquoi des artistes chrétiens donnèrent à Jésus-Christ des cheveux blonds dorés comme à Apollon et placèrent une auréole sur sa tête ».

Mais l’or est un trésor ambivalent. Si l’or-couleur et l’or-pur métal sont des symboles solaires, l’or-monnaie est un symbole de pervertissement et d’exaltation impure des désirs, une matérialisation du spirituel et de l’esthétique, une dégradation de l’immortel en mortel.

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Les Anges de Tommaso del Mazza – Avignon – Petit Palais

Le nom de l’or vient du latin « aus » et « aurum », qui a donné l’adjectif « aurifère », ainsi que le mot « auréole » ; dans les anciens textes français, on le trouve parfois sous l’acception « Aur ». Aussi, on peut penser que les Aurèle, Aurélien, Aurélie, Aurélia, Aurore sont des êtres en or, ainsi que les Laurent, Laurie, Laure, Laureline, Laurentine, Laurence, Lauriane ou Loriane, Lauranne, Laura, Anne-Laure et Marie-Laure le sont tout autant. On remarque d’ailleurs que les porteurs de ces prénoms sont souvent nés sous le signe du Lion, ou bien ont un Ascendant Lion, ou encore le Soleil très valorisé dans leur thème.

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Chryséléphantine – La danseuse au cerceau

En grec ancien, « or » se dit « chrysos » : une statue d’or et d’ivoire est dite « chryséléphantine » ; de même « chrysanthème » se traduit par « fleur d’or ».

Un peu d’Histoire…

L’Homme utilise l’or depuis le Chalcolithique, à la fin de la Préhistoire. C’était le second métal connu après le cuivre. Le plus vieil objet en or a été mis au jour dans la nécropole de Varna. Il est daté du milieu du Ve millénaire av. J.C.

C’est durant l’Antiquité, au VIe siècle av. J.-C., en Perse, que Cyrus II aurait frappé une monnaie en or pour la première fois. L’usage se répandit ensuite en Grèce, puis dans l’ensemble du monde antique durant la période hellénistique à côté des monnaies d’argent, de moindre valeur.

Au début du IIe siècle, vainqueur des Daces, Trajan rapporte à Rome un butin faramineux : 165 tonnes d’or et 300 tonnes d’argent. On parle alors de « l’or des Daces ».

Les Romains instaurèrent le monométallisme or avec Constantin Ier (début du IVe siècle). Ce sont les conquêtes sassanides, puis arabes qui mirent fin à l’importance de l’or en Occident, en provoquant sa pénurie durant tout le haut Moyen Âge. La diffusion de l’or dans le monde occidental connut un renouveau d’abord en Méditerranée au XIe siècle, puis au XIIIe siècle.

Les taxes de compensation dans les codes germaniques étaient appelées « wergeld ». Les Vikings soumirent les États attaqués à un tribut appelé « danegeld » : « or des Danois ». Si en allemand, l’or se dit « geld », en anglais, il est « gold ».

Au Moyen Âge, les alchimistes tentèrent de fabriquer de l’or à partir d’autres substances comme le plomb. Ils pensaient obtenir ce résultat en utilisant la mythique pierre philosophale. Aujourd’hui on a réussi à fabriquer de l’or à partir d’autres métaux dans des accélérateurs de particule, mais le coût de production est plus élevé que le prix de l’or, cette méthode a donc été abandonnée.

En alchimie, le symbole de l’or est un point entouré d’un cercle, symbole utilisé en astrologie pour représenter le Soleil.                    

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La recherche d’or constitua l’une des raisons de la conquête du continent américain. Ainsi, Hernán Cortés entreprit la conquête de l’empire aztèque, situé au Mexique notamment pour accaparer l’or que possédait l’empereur aztèque. Hernán Cortés envoya une grande quantité de ce précieux métal à Charles Quint, roi d’Espagne, dont une partie sous forme de bijoux, mais la plupart furent fondus pour financer les guerres menées par l’Espagne. Les conquistadors devaient prélever le quinto real (c’est-à-dire un cinquième de l’or récupéré) et l’envoyer à Charles Quint. L’or affluant depuis les mines du Nouveau Monde provoqua la richesse de l’Espagne et du Portugal au début de la période moderne, avant de profiter aux autres États européens qui surent mieux le capter, tels la France et la Grande-Bretagne. A la même époque se diffusa la légende de l’Eldorado.

Au XIXe siècle, une ruée vers l’or se déclare en Californie et contribue pour une part à la conquête de l’Ouest américain et à la croissance démographique et économique de nombreuses villes californiennes, dont San Francisco. Les cités minières construites en des endroits trop reculés furent abandonnées dès que le filon à l’origine de leur richesse vint à se tarir. Ces cités sont aujourd’hui ce qu’on appelle des cités fantômes, vides de population, mais dont les murs tiennent parfois encore debout, préservés par l’aridité du climat local. Les États-Unis restent le deuxième pays producteur d’or dans le monde en 2004.

Aujourd’hui, la plus grande réserve d’or mondiale se trouve aux États-Unis, il s’agit de la réserve fédérale de New York, pourtant moins célèbre que celle de Fort Knox, dans le Kentucky. En 1995, les réserves d’or dans les banques du monde entier se montaient à environ 910 millions d’onces ce qui représente un cube proche de 12 m d’arête.

Enfin, les sports modernes utilisent l’or comme récompense suprême lors des différentes compétitions : médailles d’or aux jeux Olympiques, Ballons d’or pour le football.

Propriétés et usages

La couleur de base de l’or est jaune à reflets complexes que l’on connaît naturellement comme doré dans la langue française. Par transparence au travers d’une feuille très fine, l’or apparaît vert.

L’or pur a été utilisé dans certains bijoux asiatiques, qui ont donc la particularité d’être déformables, ce qui oblige à se limiter à des formes simples : type bracelets en torsades. Il reste cependant peu utilisé en bijouterie ; afin d’obtenir une meilleure tenue mécanique ainsi que des couleurs originales, il est allié :

– à l’argent, c’est l’or vert,

– au cuivre et au nickel, c’est l’or jaune ou l’or rosé,

– au cuivre, l’or rouge,

– au nickel, l’or blanc,

– au fer, c’est l’or gris

– à l’aluminium, c’est l’or violet.

En orfèvrerie, l’argent recouvert d’or s’appelle le vermeil.

feuille-dorL’or est ainsi utilisé pour créer des bijoux, des médailles, des objets de luxe (montres, stylos). Il peut également être utilisé sous forme de feuilles pour dorer les boiseries, les livres, les ferronneries par un procédé de dorure ; ainsi que les bonbons en chocolat en occident et les gâteaux en Inde.

Le pourcentage d’or dans le métal s’appelle le titre. Depuis très longtemps, il peut faire l’objet d’une garantie, actuellement de l’État, grâce à un poinçon qui indique le titre de l’alliage utilisé. Les orfèvres l’évaluent grossièrement grâce à la pierre de touche. En France, le marquage des bijoux en or est obligatoire depuis le 9.11.1797 par l’apposition de poinçons (sauf si l’objet est trop petit pour recevoir le poinçon). Deux poinçons sont utilisés : le premier, appelé « poinçon d’État », indique le titre ; le second est celui du fabriquant, il est appelé « poinçon de Maître ». Le poinçon actuel est une tête d’aigle pour l’or massif. Les carats correspondent au pourcentage massique d’or compris dans le métal. On peut aussi parler de millièmes.

De nos jours, dans l’industrie, l’or est fréquemment utilisé dans les hautes technologies, à cause de son inaltérabilité et de sa bonne conductivité électrique. Il est utilisé par exemple en électronique, afin de réaliser des contacts électriques inoxydables. Il est également utilisé pour opacifier des organes optiques dans le cadre de technologies spatiales, et comme catalyseur dans des piles à combustible.

En médecine, l’or a été, et reste, pour qui accepte de faire face à la dépense, un substitut nettement supérieur aux amalgames pour les collusions dentaires, mais demande l’emploi d’une technique différente des classiques «plombages » : ce sont les inlays. Enfin, certains dérivés organiques de l’or, dits « sels d’or » sont parfois utilisés dans le traitement de certaines affections en rhumatologie.

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Une bonne adresse si vous avez une glace ancienne, un cadre, une console, ou tout autre objet, à restaurer et à dorer à la feuille d’or :

Reflets d’Or – Nellie Convers (Orne) – Tél. 02.33.83.68.03

La symbolique de l’or

– Les noces d’or symbolisent les 50 ans de mariage dans le folklore français.

– L’or est le 10e niveau dans la progression de la Sarbacane Sportive.

– L’or représente la lumière solaire en tant que symbole de la lumière manifestée, mais aussi symbole d’énergie (YIN).

– L’or est le matériau symbolique des médailles sportives correspondant à la première place avant l’argent et le bronze.

– L’or exprime la connaissance. On parle aussi de l’Age d’or qui constitue la perfection.

– L’or est le métal des rois et des empereurs, non seulement en Occident mais dans tout le reste du monde. Il évoque le Soleil et toute sa symbolique : fécondité, richesse, domination rayonnement ; centre de chaleur, amour, don, foyer de lumière et de connaissance.

L’or et la religion

L’or pur est inaltérable. C’est vraisemblablement cela qui en fait un métal si prisé, plus que sa rareté. Cela lui a aussi donné une grande charge symbolique, dès sa découverte par l’homme. Inaltérable, comme les dieux sont éternels, éclatant comme le soleil, d’ailleurs son nom latin « aurum » signifie aussi « aurore ». L’or symbolise ainsi le pouvoir et le divin. Dans de nombreuses civilisations, pourtant sans connexion, l’or fut le symbole du divin par excellence. Cela peut s’expliquer notamment par deux propriétés qu’il possède :

– sa quasi-inaltérabilité au temps, qui en fait un matériel d’immortalité,

– sa couleur jaune éclatante qui reflète la puissance du soleil jaune.  

masque-dor-de-toutankamon2Les Égyptiens de l’Antiquité, qui avaient un intérêt quasi obsessionnel de l’éternité, donnaient à l’or des propriétés divines en le définissant comme la chair des dieux. C’est en or que l’on confectionnait les masques funéraires qui avaient pour but de fixer à jamais le visage idéalisé du pharaon et de l’identifier aux étoiles. Le masque d’or du pharaon Toutankhamon est fait de 11 kilogrammes d’or massif et on estime avoir retrouvé dans son tombeau, l’un des plus petits de la vallée des Rois, plus d’une tonne d’or pur.

Le Bouddha d’or de Bangkok mesure plus de 3 m de haut pour 5,5 tonnes. C’est la plus grande statue d’or massif du monde. 

– Dans la Livre de l’Exode, le veau d’or symbolise l’idolâtrie. Néanmoins, l’or est aussi utilisé pour de nombreux objets culturels du Temple de Jérusalem : menorah, coupes, arche d’alliance…  

– Dans le Nouveau Testament, les mages venus d’Orient apportent de l’or à Jésus. Dans le livre de l’Apocalypse, le Christ apparait à Jean entouré de sept chandeliers d’or et un ange verse de l’encens avec une pelle en or.

L’or est donc, dans les cultures juives et chrétiennes, le métal qui souligne la dignité de la divinité. Dans l’art religieux, les saints et les anges ont souvent leurs têtes entourées d’or sous la forme du nimbe. L’or symbolise aussi la lumière de Dieu, et donc sa présence, dans l’art de l’icône et dans beaucoup d’œuvres d’art chrétiennes occidentales où il occupe les fonds : mosaïques de Ravenne, de Palerme.

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Ravenna – San Vitale

Histoires d’or

– L’ancienne mine d’or de Skidoo, dans la vallée de la Mort en Californie. 

– Durant l’Antiquité, Midas et Crésus, ces deux rois de Lydie, tiraient leur or en particulier du fleuve Pactole. Avec le roi Salomon, ils étaient connus pour leur légendaire richesse et pour leur goût de l’or.

– Le consul romain Crassus, connu pour sa soif d’or et pour son immense richesse, fut fait prisonnier par le général parthe Suréna. Ce dernier, pour exécuter son captif, aurait coulé de l’or dans la gorge du Romain.  

– Le « bon saint Éloi » de la chanson « Le bon roi Dagobert » était orfèvre. Les orfèvres de l’époque mérovingienne, en raison d’une pénurie d’or en Occident, étaient connus pour récupérer les chutes d’or, quitte à « rogner » un peu plus les objets lors de leur fabrication, en les raclant. Avec la quantité habituellement nécessaire pour faire un trône, saint Éloi fabriqua deux trônes, prouvant par là même son honnêteté.

– Au Moyen Âge, les alchimistes cherchaient le moyen de transmuter le plomb en or.  

– La recherche de l’Eldorado, le pays de l’or, fut l’une des motivations de la colonisation de l’Amérique latine. 

– Un livre de Blaise Cendrars « L’Or » raconte la ruée vers l’or aux États-Unis, mais surtout la malheureuse histoire de John Sutter, à qui appartenait légalement l’or extrait, et dont les droits ne furent jamais reconnus par la justice.  

– Un livre, « Le Trésor de la Sierra Madre » de B. Traven, raconte comment trois Américains succombent à la fièvre de l’or au retour de leur expédition dans la  jungle mexicaine. Ce livre a été adapté au cinéma par John Huston en 1948.

– « L’Or du Rhin », premier des quatre opéras constituant le prélude de L’Anneau du Nibelung de Richard Wagner, relate comment Alberich s’empare de l’or du Rhin, forge l’anneau dont la malédiction traversera toute la Tétralogie.

– Lors des tout premiers tests de la base de données documentaire de la Bourse de Paris, aucune information relative à l’or ne pouvait être retrouvée, jusqu’à ce qu’un ingénieur eût l’idée de consulter la liste de mots vides (« à ne pas indexer ») fournie en standard avec le logiciel, et d’en retirer une certaine conjonction de coordination !

– La pyrite FeS2 est aussi appelée « or des fous » à cause de sa couleur jaune ressemblant à celle de l’or.

Des expressions qui parlent d’or 

– « Tout ce qui brille n’est pas d’or » : invite à être prudent.

– « La parole est d’argent et le silence est d’or » : le silence vaut mieux que la parole ;

– « Se faire des couilles en or » : bien que vulgaire l’expression qualifie une activité lucrative ;

– « As good as gold » utilisé après 1945 pour désigner le dollar ;

– « Une personne en or» représente une personne pleine de qualités : gentille, douce, agréable… 

– « Avoir un cœur d’or » : c’est se montrer généreux ;

– « Rouler sur l’or » : être riche ;

– « Se dorer la pilule » : se faire bronzer ou ne pas faire grand chose. Autrefois, certaines pilules au goût particulièrement désagréable étaient roulées dans une feuille d’or qui ne se rompait qu’une fois dans l’estomac ;

– « C’est une vraie mine d’or » : définit une situation ou une personne ou un objet très lucratifs ;

– « Valoir de l’or » : valoir cher, être précieux.

– « Valoir son pesant d’or » : valoir cher

– « Poule aux œufs d’or » : affaire très lucrative dont la pérennité est souvent remise en cause.

faberge-oeuf-pascal-et-pouleL’oeuf et la poule de Fabergé 

L’histoire du Roi Midas

Midas (VIIIe siècle av. J.C.), est le héros de plusieurs légendes mythologiques. Il était le fils de Gordias et de Cybèle, déesse phrygienne, ou bien d’une prophétesse de Telmessos. On ne sait pas très bien. Il était roi de Phrygie au moment où celle-ci atteint son apogée, avant la conquête cimmérienne. Un jour, le vieux Silène, qui avait été le tuteur de Dionysos, fut capturé, ivre, par des paysans de Lydie et amené, enchaîné de guirlandes de fleurs à Midas ; celui-ci reconnut le compagnon de Dionysos, le traita avec bienveillance et l’hébergea avec prodigalité pendant dix jours et dix nuits. Puis il ramena Silène en Lydie et le rendit au dieu. Dionysos, pour remercier l’hôte de celui qui l’avait élevé, lui accorda un vœu. Midas demanda alors la faculté de transformer en or tout ce qu’il touchait. Midas fut tout d’abord ravi des résultats, mais sa joie se transforma en horreur lorsqu’il se rendit compte que la nourriture et les boissons étaient aussi transformées en or. Incapable de manger et de boire, il supplie le dieu de reprendre son présent. Dionysos lui ordonne alors de se laver les mains dans les eaux du Pactole, dont le sable resta chargé de paillettes d’or. Cette légende explique le caractère aurifère du Pactole, auquel la Phrygie doit une bonne partie de son empire. Midas se serait suicidé, en buvant le sang d’un bœuf ou d’un taureau. 

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 Cette « légende dorée » serait à méditer longuement à notre époque où les champs de céréales vont devenir des champs de biocarburants. Nous pourrons donc toujours rouler, mais quand sera-t-il des aliments de base de l’humanité… Les mythes ne sont pas de vieilles légendes pour enfants sages, se sont des archétypes qui ne prennent pas une ride.

perle-dor-et-dambre Perle d’or et d’ambre

 

Bibliographie :

Dictionnaire des symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Collection Bouquins chez Robert Laffont

Dictionnaire de la Mythologie – Michel Grant et John Hazel – Chez Marabout

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LA SYMBOLIQUE ASTROLOGIQUE A L’ORIGINE DE CERTAINES EXPRESSIONS

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 19-12-2009

SOUS L’EGIDE DE…

L’égide était le merveilleux bouclier que Vulcain avait fabriqué pour Jupiter et qui était recouvert de la peau de la chèvre Amalthée, celle qui avait nourrit Jupiter bébé. La plupart des boucliers étaient faits avec des peaux de chèvres (en grec « aigis ») et protégeaient la poitrine, les épaules et le bras gauche. Celui de Jupiter, cependant, avait ceci de particulier que sa fille Athéna, à qui il le prêtait souvent, y avait fixé la tête de la Gorgone Méduse qui semait l’épouvante dans les rangs ennemis et dont il nous reste aujourd’hui de quoi « être médusé »…

athena-et-legide-orne-de-la-tete-de-meduse-musee-de-lacropole-athenesAthéna et l’égide à tête de Méduse – Musée de l’Acropole – Athènes

L’égide était restée dans l’Antiquité le symbole de l’invulnérabilité garantie par la protection de Jupiter et d’Athéna. Les empereurs romains sont souvent représentés avec, sur la poitrine, une amulette qui est une miniature du bouclier orné de la tête de Méduse.                                                                

L’égide devrait donc rendre invulnérable. Se placer sous l’égide de quelqu’un c’est donc comme ça l’était pour Jupiter une protection, un bouclier, un soutien officiel. On se place ainsi sous l’égide des lois, de l’Eglise, d’un haut personnage…                                                                                                       

Dans l’US Navy, les croiseurs de la classe Ticonderoga et les destroyers de la classe Arleigh Burke sont équipés d’un radar appelé « Aegis » qui signifie « Egide » en anglais.  

Pour l’astrologue Jupiter est « le grand bénéfique ». Son influence protège ou atténue les effets des autres planètes pour peu qu’il ait une petite importance dans notre thème. Si Jupiter superpose le secteur financier de notre thème, c’est notre avoir, nos ressources, nos finances qui seront protégées par Jupiter… Si Jupiter se trouve dans l’Axe de la Destinée de votre thème, votre carrière se placera tout naturellement sous l’égide de Jupiter… etc… etc…

meduse-le-caravage-galerie-des-offices-florence1

Méduse par Le Caravage – Musée des Offices – Florence

Quant à Méduse, c’était le nom de la Gorgone, dont le regard changeait en pierre celui qui s’y exposait de face. Pour la tuer, Persée s’approcha d’elle à reculons en s’aidant de son bouclier, poli comme un miroir. Il trancha la tête de la Gorgone dont la chevelure était formée d’une masse de serpents, et la fourra dans un sac. Du sang de Méduse naquit Pégase, le cheval ailé. Quant à la tête au regarde pétrifiant de Méduse, il la donna à Athéna : elle la fixa sur le bouclier de son père Jupiter, l’égide, qui eut dès lors le pouvoir de… méduser l’ennemi.       

Nous sommes « médusés » quand quelque chose nous surprend et nous fascine à tel point que, sans être tout à fait transformés en statues de pierre, nous perdons un moment l’usage de nos facultés.

                                                                                                                               buste-de-meduse-par-bernini-musee-du-capitole-rome Buste de Méduse par Bernini – Musée du Capitole – Rome

Bibliographie :                                                                                                                                                                                                 Trésors des expressions françaises – Sylvie Weil et Louise Rameau – Editions Belin « Le Français retrouvé ».

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DANS LE MONDE DU SAGITTAIRE… LE THE

(7.01 - LES THES DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 28-11-2009

UNIVERSEL, MEDICINAL ET SPIRITUEL…

LE THE

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D’origine chinoise, où il est connu depuis l’Antiquité, le thé est aujourd’hui la boisson la plus bue au monde après l’eau. La boisson elle-même peut prendre des formes très diverses : additionnée de lait et de sucre au Royaume-Uni, longuement bouillie avec des épices en Mongolie, préparée dans de minuscules théières dans la technique chinoise du gongfu cha, la cérémonie du thé.

Cette boisson se répandit dans tout l’Orient, et parvint en Occident au cours du XVIIe siècle. Ce sont les Hollandais qui introduisirent le thé en Europe. Ils l’avaient acheté à Java et le nommèrent thee, d’où le français thé, l’allemand tee, l’anglais tea ou l’italien tè.

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Le théier, arbre à thé ou tout simplement thé, est un arbuste originaire d’Extrême-Orient, de la famille des Théacées. On distingue trois formes de cette espèce cultivées dans le monde entier : le Camellia sinensis assamica (Assam), le Camellia sinensis sinensis (Yunnan) et le Camellia sinensis cambodiensis. 

Les principaux pays producteurs sont la Chine, l’Inde, le Sri Lanka, le Vietnam, Taïwan, le Japon, le Népal, la Turquie, le Kenya et la Tanzanie. Dans le commerce du thé, le Sri Lanka et Taïwan sont désignés respectivement par leurs anciens noms de Ceylan et Formose.

Suivant l’espèce, le théier se cultive dans un milieu climat tropical humide pour l’Assam ou supporte des conditions plus rigoureuses pour le Yunnan : Japon, Chine, Géorgie, Iran, Turquie, Himalaya indien. En plantation, le théier est taillé pour ne pas dépasser un mètre de haut afin d’en faciliter la cueillette. Les premières récoltes commencent au bout de trois à quatre ans.

plantation-de-the-en-malaisie    Plantation de thé en Malaisie

La cueillette s’effectue encore à la main, le plus souvent par des femmes, sauf au Japon et en Géorgie où elle est mécanisée. Elle se pratique plusieurs fois par an, jusqu’à quatre fois ou plus suivant les régions. Les cueillettes se font par round de 4 à 14 jours, le temps que le théier se renouvelle.

Les feuilles les plus jeunes sont vert clair. Ce sont les plus riches en substance (caféine, tanin, etc.) et celles qui fournissent la boisson la plus goûteuse et la plus raffinée. A l’extrémité des branches se trouve un bourgeon recouvert d’un duvet blanchâtre, le « pekoe », qui signifie en chinois « duvet blanc » et qui n’est autre que la jeune pousse enroulée sur elle-même. Ce bourgeon est particulièrement recherché. Plus on redescend sur la branche, plus les feuilles sont larges et moins la boisson est savoureuse.

On effectue donc plusieurs sortes de cueillette suivant la qualité recherchée de la boisson. Dans la cueillette dite « impériale », on cueille uniquement le pekoe plus une feuille, dans la cueillette « fine », le pekoe plus deux feuilles et dans la cueillette normale, le pekoe et trois feuilles ou plus.

Les différentes sortes de thés (noirs, verts, oolong…) ne proviennent pas de différentes espèces de théier, comme on l’a longtemps cru en Occident, mais sont obtenues en traitant différemment les feuilles récoltées. Si les opérations élémentaires sont simples à décrire, les méthodes exactes sont des secrets industriels jalousement gardés. En plus des opérations classiques, les feuilles de thé sont parfois façonnées à la main, en boules, en fleurs, en dragons, en galettes….

fleur-de-the 

VERT OU NOIR… QU’IMPORTE… C’EST LA BOISSON SANTE PAR EXCELLENCE 

C’est la boisson la plus consommée au monde. Au point que l’on a oublié qu’il s’agit d’un véritable médicament. Le thé est une boisson dépurative, diurétique, digestive, anti cholestérol, antiviral, anti-âge… Il contient des vitamines (B2, K et PP), des oligoéléments, des flavonoïdes.

Selon le mode de préparation, on obtient du thé vert (non fermenté) ou du thé noir (fermenté). Si ce dernier est surtout protecteur du système cardio-vasculaire, le thé vert, très riche en tanins, est anti tumoral. Des études sur des souris ont montré que la consommation quotidienne de thé vert stopperait l’évolution des cancers de la peau dans plus de 80 % des cas, et des cancers des poumons ou de l’estomac dans plus de 50 % des cas. Cette action serait due à une très forte concentration en poly phénols, qui empêchent la dégénération cellulaire, et en gallate d’épigalocatéchine, qui freine la multiplication tumorale.

Une à trois tasses par jour suffisent pour en profiter pleinement sans insomnie. Un petit truc pour filtrer sa théine : jeter la première eau infusée puis s’en resservir une tasse. En effet, contrairement aux idées reçues, un thé léger est bien plus énervant qu’un thé longuement infusé : la théine se libère à 75 % dans les trois premières minutes. Mais c’est l’inverse pour le thé vert : plus il infuse, plus il se charge de caféine.

On n’innove donc pas en rangeant le thé parmi les plantes médicinales. C’est comme telle qu’il fut introduit en Occident au XVIIe siècle et maintenant qu’il a cessé d’être une denrée exceptionnelle, nous aurions tort d’oublier de faire appel à lui en cas de besoin sous prétexte qu’il est d’usage commun.

Les thés noirs communément commercialisés en Occident sont issus d’un processus de fabrication mis au point par les Britanniques, en Inde, au milieu du XIXe siècle. Les Britanniques se sont inspirés des méthodes chinoises qu’ils ont largement rationnalisées et simplifiées, introduisant notamment l’usage de machines (broyeuses, séchoirs, tamis…), là où les Chinois continuent à préparer les thés à la main. 

LE THE VERT : UN MANGEUR DE GRAISSES

La légende raconte que le thé fut découvert en 2737 avant Jésus-Christ par l’empereur chinois Chen Nong, qui s’apprêtait à boire une tasse d’eau chaude à l’ombre d’un théier lorsqu’une feuille se détacha de l’arbre et tomba dans le récipient. Des récipients datant de la dynastie Han (de – 206 à 220) ont été retrouvés, mais c’est sous la dynastie des Tang (618-907) que le thé a été clairement identifié comme la boisson populaire.

Le thé vert est un thé dont les feuilles, après la cueillette, sont le plus souvent flétries et chauffées à haute température, afin de neutraliser les enzymes responsables de l’oxydation. Elles sont ensuite roulées et séchées plusieurs fois afin d’obtenir une forme particulière. On peut distinguer deux méthodes principales pour obtenir du thé vert :  

       La méthode chinoise, d’une part, par laquelle les feuilles sont chauffées dans de grandes bassines de cuivre placées sur le feu ;  

       La méthode japonaise, d’autre part, par laquelle les feuilles sont chauffées à la vapeur, très brièvement, en moins d’une minute, avant d’être roulées et séchées. 

L’Orthosiphon est un thé qui pousse à foison dans les lieux humides de l’île de Java et dans les régions marécageuses de l’Inde ou de l’Australie. Les Malaisiens l’ont baptisé « moustache de chat » à cause des quatre étamines effilées qui garnissent le cœur de sa fleur. Là-bas, on fait sécher ses feuilles comme celles du thé, pour éviter la fermentation et lui conserver à la fois sa saveur et ses vertus thérapeutiques. La principale : il est diurétique. Il augmente le volume des urines et accélère en même temps l’évacuation des déchets : urée, acide urique, toxines métaboliques… C’est pourquoi l’orthosiphon est recommandé pour apaiser les troubles aussi divers que les rhumatismes, l’eczéma ou certaines migraines. Tous ces troubles et bien d’autres, sont en effet dus en partie à l’accumulation de toxines dans les tissus. Traditionnellement, on utilise l’orthosiphon pour lutter contre les maladies des reins et de la vessie. C’est en Indonésie qu’on l’appelle le « thé de Java ». Ses feuilles augmentent le volume et la fréquence des urines favorisant ainsi l’élimination des déchets. Elles ont aussi un effet sédatif léger, qui aide à lutter contre la nervosité provoquée par certains régimes.

On compte deux cuillerées à soupe pour un demi-litre d’eau bouillante, à laisser infuser dix minutes. On peut en boire trois à quatre fois par jour, entre les repas.

COMME LE SAGITTAIRE LE THE A BESOIN DE TOUT UN CEREMONIAL ET INVITE PAR LA MEME A LA SPIRITUALITE

L’admirable cérémonie du thé japonais ne relève pas seulement d’une esthétique, fût-elle la plus parfaite. La pureté du décor, des instruments et des gestes peuvent, certes, la faire apparaître comme une sorte de culte inégalé de la beauté. Mais la première cérémonie du thé, disent les Taoïstes, est l’offrande de la coupe par Yin-hi à Laotseu, qu’allait lui remettre le Tao-te king. Et le théier, disent les adeptes du Zen, est né des paupières de Bodhidharma, qu’il avait coupées et jetées au loin pour s’interdire la somnolence pendant la méditation. C’est pourquoi le thé est utilisé dans le même dessein par les moines : les tenir éveillés.

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Si la cérémonie du thé a toutes les apparences d’un rite communiel, qu’elle a probablement été, en vue, prétend-on d’atténuer la rudesse des mœurs, de discipliner les passions, de surmonter les antagonismes guerriers, et d’établir la paix, sa caractéristique principale est la sobriété, le dépouillement de l’acte, qui vise au dépouillement de l’individualité.

Comme dans tous les arts Zen, le but à atteindre est que rien dans l’acte ne soit accompli par l’ego, mais par la nature propre ou par la vacuité. Le thé est finalement le symbole de l’Essence à laquelle participe le Soi ; mais cette participation n’est pas vacuité sans le sommeil ; elle est veille intense et active dans le silence contemplatif.

COMME LE SAGITTAIRE LE THE PASSE LES FRONTIERES ET LES CONTINENTS… COMME LE SAGITTAIRE LE THE EST DE TOUTES COULEURS… 

On le trouve à Ceylan et rien ne prédestinait Ceylan à devenir « l’île de thé » qu’elle est aujourd’hui. C’est l’Ecossais James Taylor qui a permis cette grande révolution en y plantant vers 1860 les premiers théiers provenant de Chine et d’Assam. Aujourd’hui les plantations couvrent une grande partie de l’île et s’étendent jusqu’à 2500 mètres. Les liqueurs produites sont ambrées, onctueuses, astringentes et charpentées.  

Le thé de Darjeeling provient des plantations de cette région du Nord de l’Inde, situées sur les contreforts de l’Himalaya, entre Bhoutan, Népal et Sikkim. Ici toutes les conditions sont propices à la production de très grands jardins : haute altitude, ensoleillement et brumes accrochées aux montagnes. Les thés de cette région offrent des liqueurs avec un arôme et une finesse inégalée et des notes telles que : amande, muscat et fruits mûrs.

Connaissez-vous les thés du Népal ? Ce pays frontalier de l’Inde s’est inspiré des plantations de la région de Darjeeling, qu’il jouxte, pour installer depuis les années 20 ses quelque 16 000 hectares de plantations. Le Népal compte aujourd’hui 85 plantations et produits majoritairement des CTC, mais également une petite production orthodoxe de très belle qualité, réalisée de manière artisanale par de petits fermiers respectueux de l’environnement, et qui a fait la renommée de cette origine.

Les thés de Chine sont appelés « thés noirs ». Pourtant, en Chine, ils sont connus sous le nom de « Hong cha », signifiant « thés rouges », à cause de la teinte fauve que prennent les feuilles à l’infusion. Ils sont apparus en Chine bien plus tardivement que le thé vert, à la fin du XVIIe siècle, suite à l’essor économique résultant des premières exportations. Provenant essentiellement des provinces d’Anhui, Yunnan et Fujian, les thés noirs de Chine offrent une belle et vaste palette aromatique, à explorer absolument.

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Brique de thé de Chine

Quant au thé rouge vendu en Europe, c’est la dénomination donnée improprement à une plante, différente du thé, poussant en Afrique du Sud, le Rooibos (Aspalathus linearis) qui ne contient pas de caféine et peu de tanin.

Nommés « thés sombres » en Occident et « thés noirs » en Orient, en raison de leurs feuilles qui tournent à l’infusion au noir profond, ces thés sont avant tout connus grâce aux célèbres Pu-Erh, manufacturés exclusivement dans la province chinoise de Yunnan. L’appellation Pu-Erh provient du nom d’un village du sud du Yunnan, Pu er, situé sur la route de la soie, et qui était autrefois une plate-forme de commerce entre le Gouvernement chinois et les tribus aborigènes du Yunnan. Ces thés se distinguent par leur parfum surprenant de terre humide et leurs notes minérales, résultat d’une post-fermentation, et par le fait que ce sont des thés de garde. Affinés en cave, ils se bonifient avec le temps. La liqueur s’arrondit et les arômes se complexifient.

Et puis il existe les thés de Chine fumés. Ils ont la particularité d’évoquer aux Occidentaux « le thé de Chine » alors que pour les Chinois, ils représentent « le thé des étrangers ». L’arrivée de ce thé en Occident remonte à la fin de la dynastie Qing, époque où les ports chinois se sont ouverts à l’export. Originaires de la province du Fujian, ces thés sont cultivés sur les flancs des montagnes Wuyi. Leur goût fumé puissant provient d’un séchage des feuilles, après oxydation, dans un enfumoir empli de braises d’acacia, d’épicéa ou de cyprès. 

En Chine avant la dynastie Song, les fleurs de jasmin étaient exclusivement réservées aux jardins royaux. Depuis cette période, une tradition du thé au jasmin s’est développée. Après la cueillette, les fleurs sont étalées sur des tamis en bambou. Celles-ci s’épanouissent et libèrent une forte fragrance durant les heures nocturnes. Elles sont alors mêlées aux feuilles de thé jusqu’à ce que celui-ci s’imprègne de leur arôme. En résulte une liqueur douce et très parfumée.

natte-de-the Natte de thé  

Thé noir compressé du Yunnan enveloppé dans une feuille de palme, nouée de manière à former cinq boules, chacune servant à préparer un litre et demi de thé. Les nattes peuvent être plongées dans l’eau du bain pour un grand moment de détente.

C’est encore en Chine que l’on trouve le thé jaune. Cette famille de thés rares, produits uniquement en Chine, tirerait son nom de la couleur emblématique de l’empereur, qui se délectait de ces thés. Plus vraisemblablement, cette appellation proviendrait des reflets jaunes que prend le duvet des feuilles à la suite d’un procédé d’oxydation particulier : après une dessiccation rapide, les feuilles sont enroulées dans des « Niu Pi Zhi », vieux papiers jaunes, et laissées à sécher naturellement. Ce thé unique est produit dans la région du Meng Ding « Pic masqué » dans la province du Sichuan : une liqueur aux notes de noix et à la saveur légèrement sucrée.

Les thés blancs sont également la spécialité d’une province chinoise, le Fujian. Ils tiennent leur nom du duvet blanc qu’arborent les jeunes pousses des variétés de théiers sélectionnés pour leur manufacture, appelés Da Bai, « Grand blanc ». Considérés comme rafraîchissants par les Chinois, ces thés sont consommés pendant les fortes chaleurs. Ils se distinguent par leur grande subtilité et nécessiteront le plus grand soin pour leur préparation. Ils excelleront, préparés en Gaiwan, avec des infusions très courtes et répétées, ou bien en infusion plus longues en eau tiède ou froide. Une expérience également intéressante consiste à infuser les thés blancs, le temps d’une nuit, dans le l’eau froide, au réfrigérateur.

Les oolongs de Formose sont de grands thés qui tirent leur nom du chinois « Wu Long » qui signifie « Dragon Noir » et qui symbolise l’autorité et la noblesse. Les plus connus à travers le monde sont ceux produits sur l’île de Formose (Taïwan) mais ils trouvent leur origine dans le Fujian, en Chine. Appelés « semi-fermentés », « semi-oxydés », ou encore « thé bleu-vert », ils sont à mi-chemin entre thé vert et thé noir. Ils allient la saveur tonifiante du premier et la douceur du second. En résulte une immense palette aromatique. Un voyage qui ne cesse de surprendre. Toutefois, il existe aussi des oolongs de Chine en provenance des provinces de Fujian, de Guangdong, et des montagnes de Wuyi. Le Oolong est un type de thé très populaire en Asie, où il est communément servi dans les restaurants. Sa popularité est telle que Mac Donald en propose au Japon dans ses établissements. 

Au Japon on trouve des thés verts qui constituent la totalité de la production du pays, les thés verts japonais se distinguent par leur raffinement. Les élégantes pousses sculptées en aiguilles, les Sencha, offrent un univers organolesptique à part. Des notes végétales, fraîches et marines et une texture développées qui fait dire aux Japonais qu’ils privilégient, dans leur façon de manufacturer le thé, l’expression des saveurs alors que les Chinois eux, privilégient les arômes. De façon idéale, ces thés se prépareront à température modérée et tout particulièrement les grands crus (60-70°). Au centre de la cérémonie japonaise, le Matcha que l’on prépare dans un large bol avec une cuillérée à café de poudre, mélangé à 15 cl d’eau frémissante et fouettée au chasen, un fouet de bambou, jusqu’à obtention d’une mousse légère. C’est alors une liqueur amère aux notes végétales puissantes. 

Au Laos aussi on trouve du thé vert, récolté et fabriqué manuellement. Le séchage se fait au feu de bois puis au soleil. Après humidification à la vapeur, le thé est compacté dans des moules en bambou. Chaque bâtonnet est ensuite ligaturé à l’aide de liens de bambou. Ils sont subtilement fumé ces bâtonnets de thé vert du Komen. 

Les thés verts du Vietnam sont aussi à découvrir : le Shan Tran est un thé à la feuille épaisse et torsadée et aux reflets argentés. Les feuilles sont récoltées sur des théiers anciens le long de la frontière chinoise. Une liqueur au goût franc révélant des notes fraîches, fruitées et aromatiques ; le Lotus O.P. dont la mode fut lancée sous la dynastie Nguyen (1848-1883). On déposait alors du thé dans des fleurs de lotus pour qu’ils s’imprègnent de leur parfum. Une feuille légèrement roulée pour une infusion douce, aux notes entêtantes de fleur de lotus.

On change de continent pour l’Afrique qui nous offre le thé du Kenya il est le produit de la seule plantation de ce pays produisant encore du thé selon la méthode orthodoxe. Cela donne une tasse corsée et aromatique, mais sans amertume. Il est parfait pour le matin, avec ou sans lait.

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LES THES PARFUMES

Dans les années 1950, Jean Jumeau-Lafond redonne un second souffle aux thés aromatisés en enrichissant l’idée de l’indémodable Earl Grey. Un mélange Goût Russe Douchka naît de sa passion et de son génie. Une création intime, inspirée par sa femme qui ajoutait une tranche d’orange dans sa tasse d’Earl Grey, et apportait ainsi une touche de douceur sur une liqueur onctueuse et délicate. Depuis les experts de Dammann Frères conjuguent leur talent et inspiration pour allier les saveurs propres aux thés noirs de Chine, de Ceylan aux saveurs de fruits, de fleurs et d’épices puisées aux quatre coins du monde.

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L’Earl Grey est un mélange de thé noir aromatisé à la bergamote. On trouve également des versions thé vert, d’Oolong et même de thé blanc. Et voici son histoire : le comte Charles Grey (1764-1845), second comte Grey (en anglais : Earl Grey), aurait rapporté la recette d’un voyage diplomatique en Chine et l’aurait offerte à la Maison de thé Jacksons of Picadilly qui aurait donné le nom d’Earl Grey au nouveau mélange en guise de remerciement. En réalité, l’Earl Grey est fabriqué à base de thé noir indien et srilankais, les Chinois n’ayant jamais été de grands consommateurs de thé noir. Quant à Charles Grey, il n’a jamais mis les pieds en Chine. 

Twinings commercialisa le premier « Earl Gre’s tea » sur le marché britannique. Le blend de Twinings contient du thé de Chine, du Darjeeling, du thé de Ceylan ainsi qu’une petite quantité de Lapsang souchong, un thé noir fumé et corsé.  Jacksons of Piccadilly revendique également la paternité de l’Earl Grey et affirme avoir reçu la recette en 1830 de la part du comte. La rivalité entre les deux Maisons se poursuit malgré le fait qu’elles soient aujourd’hui liées à la même Maison mère.

Les thés parfumés les plus célèbres sont :

       Le thé au jasmin : thé vert auquel sont ajoutés lors de l’oxydation des fleurs de jasmin.

       Le thé à la menthe : thé vert en général du Gunpowdor auquel sont ajoutées lors de l’infusion des feuilles de menthe fraîche et du sucre.

       L’Earl Grey : thé noir parfumé à l’essence de bergamote.

Quelques thés célèbres :

       Darjeeling, Assam et Nilgiri : thés noirs originaires des régions du même nom en Inde où la culture du thé fut importée par les Britanniques au XIXe siècle.

       Ceylan : thé noir originaire du Sri Lanka, pays dont l’ancien nom est Ceylan.  

       Gunpowder : thé vert d’origine chinoise. Ce thé est fabriqué de telle manière qu’il forme de petites boulettes très dures. Cette forme et sa couleur vert foncé lui ont valu cette appellation qui signifie en anglais « poudre à canon ». Ce thé, de faible qualité, est célèbre car c’est lui qui est utilisé pour la préparation du thé à la menthe dans les pays du Maghreb où il est le thé de l’hospitalité. On pense que l’origine du thé à la menthe vient de la volonté qu’ont eue les Britanniques de trouver, au XIXe siècle, de nouveaux marchés pour le thé, dont ils avaient développé la culture dans leur empire des Indes. La fermeture des marchés slaves après la Guerre de Crimée avait en effet entraîné une grave crise de débouché. Cela les conduisit à chercher de nouveaux marchés pour leur produit, dont en particulier le Maghreb. Les habitants se sont rapidement emparés du thé, qu’ils ont ajouté aux infusions de menthe ou d’absinthe qu’ils buvaient alors. Ils ont ainsi inventé une nouvelle boisson : le thé à la menthe.

the-a-la-menthe1Un   Le célèbre proverbe décrit l’évolution du thé à la menthe : 

. Le premier verre est aussi amer que la vie,

. Le deuxième est aussi fort que l’amour,

. Le troisième est aussi doux que la mort. 

Par ailleurs, il faut savoir que de nombreuses études expérimentales et cliniques ont révélé que le thé exerçait un effet protecteur contre les maladies cardio- vasculaires. Toutefois, une étude allemande a prouvé récemment que, si la consommation de thé noir permet d’améliorer de manière significative la dilatation des artères par rapport à la consommation d’eau chaude, l’ajout de lait a totalement supprimé les effets du thé en raison de la présence de caséines et de la formation de complexes avec les catéchines du thé.

         Lapsang Souchong : thé chinois de la province du Fujian. C’est un thé noir dont les feuilles sont placées dans la fumée d’un feu d’épicéa ou de cyprès, ce qui lui donne un goût fumé plus ou moins marqué.

Il existe même un thé au beurre, ou thé au beurre de yak rance, connu sous le nom de Po Cha. C’est une boisson typique du Tibet, également consommé au Bhoutan. Elle est faite à partir de thé, de sel, de beurre et de lait de yak. Le Suutei tsaï et un thé au lait salé traditionnellement bu en Mongoli.

Economie du thé

L’essentiel du thé est produit par de grandes exploitations en Inde, en Chine ou au Sri Lanka, à destination des grandes entreprises de l’agro-alimentaire. A l’opposé de cette production industrielle, de nombreux « jardins », plantations parfois minuscules, fabriquent des thés très recherchés par des amateurs. Ces derniers peuvent se comparés aux très grands crus de vins français à la fois par leur rareté et par leur prix. Leur économie échappe largement aux grands courants mondiaux. 

En 2006, la production mondiale de thé a atteint 3,64 millions de tonnes. Le principal pays producteur est la Chine, suivie de l’Inde, du Sri Lanka, du Kenya et de la Turquie. Ces cinq pays réalisent plus de 75 % de la production mondiale. La Chine reste aujourd’hui le seul pays à produire toutes les familles de thé : thé blanc, thé jaune, thé bleu-vert, thé rouge et thé noir. Les autres pays producteurs de thé sont : l’Indonésie, le Vietnam, le Japon, l’Argentine, l’Iran, le Bangladesh, le Malawi, l’Ouganda. Quant aux importateurs, c’est d’abord l’Union Européenne, avec le Royaume-Uni en tête. Ensuite, vient la Russie, le Pakistan, les Etats-Unis, le Kenya, le Japon, le Maroc qui est même le premier importateur de thé vert chinois.

tasse-de-the1Sans allez si loin, si vous habitez Rambouillet ou sa région, sachez que vous pouvez y trouver tous les thés du Monde. Une charmante petite boutique et une non moins charmante marchande de thés, Laurence, vous conseillera, prendra le temps de vous faire découvrir les merveilleux parfums de ses thés mystérieux. Et sa palette est vaste, elle en propose une centaine.

D’ailleurs, il n’est que de pousser la porte pour que vous arrive de délicieux effluves : Jardin de Mogador, Rêve de la Martinique, Les Riads, Mélange vénitien, Ile de Madagascar, Calabria, Douchka, Saint-Pétersbourg, Cerisier de Chine, L’oriental, Thé des Marquises… Et tant tant d’autres noms qui évoquent horizons mythiques ou horizons lointains… que vous verrez en rêve dans les volutes de fumée de votre thé bien chaud, confortablement assis dans votre fauteuil.            

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CAF’THE

15 bis rue Chasles

78120 RAMBOUILLET

Tél. 01.34.83.33.11

J’oubliais de vous dire que vous trouverez aussi chez Laurence petits gâteaux et autres douceurs pour accompagner votre thé, et puis des théières, des mugs, des tasses, des boîtes à thé, des boules à thé… Tout tout tout pour le thé… Autres merveilles de la boutique des cafés des quatre coins du monde, que Laurence torréfie elle-même… Et elle propose même une petite collection de riz… Chez elle, rien à voir avec les productions standardisées de l’agro-alimentaire et les prix sont tout doux et même plus doux que dans la grande distribution…

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Quel rapport entre le Sagittaire et le thé me direz-vous ?

Le Sagittaire est considéré comme le globe-trotter du zodiaque. Il parcourt le monde en tous sens. Il est à la fois l’explorateur, le colonisateur, le trappeur, le missionnaire. Il gouverne aussi bien les agences de voyages, que les entreprises de transport ou celles qui s’occupent d’import-export. Or, le thé a largement dépassé son pays d’origine, la Chine, non seulement pour être cultivé ailleurs, mais aussi en étant consommé sous toutes les latitudes, tous les continents, du Nord au Sud, d’Est en Ouest. Il est d’ailleurs devenu la boisson la plus bue dans le monde après l’eau, sans distinction de races et de religions. C’est la boisson consensus par excellence. 

Enfin on prête au Sagittaire un fort coefficient de spiritualité et de philosophie. Le thé a lui aussi besoin de tout un cérémonial pour être apprécié. Il est un trait d’union entre le bien-être gustatif qu’il procure et l’élévation de l’âme puisqu’il invite à la méditation. De plus, le cérémonial qu’il nécessite concourt à adopter une attitude zen.  

Dans le corps humain, le Sagittaire correspond au foie. Or, le thé est la boisson dépurative par excellence. Chiron, le dieu guérisseur, faisait partie de la famille des Centaures, montres impitoyables du monde du Sagittaire. Pour avoir apporté son aide à Jupiter, celui-ci lui conféra le pouvoir de soigner et de guérir les maux des dieux et des hommes, seulement estropié il ne pouvait se guérir lui-même. Le Sagittaire est considéré comme un des trois signes soignants du zodiaque avec la Vierge et les Poissons. On trouve d’ailleurs beaucoup de Sagittaire ou de Jupitériens parmi les grands patrons du monde hospitalier. 

Jupiter était le frère et le complice de Déméter, la déesse de la Terre et des moissons de toutes sortes. Il était d’ailleurs disent certains le père de Perséphone, la fille de Déméter. Quand celle-ci disparut à l’improviste et que Déméter submergée par la douleur ne s’occupe plus de nourrir les hommes, il lui promet son aide pour retrouver sa fille, ainsi moissons et cueillettes contribuèrent-elles de nouveau à la prospérité de la terre et des hommes.

Enfin, Jupiter avait un grand pouvoir de métamorphose. Le thé lui ressemble car il ne se présente pas seulement sous forme de feuilles, mais il se cache aussi bien sous forme de plaques, de galettes, de boulettes, de nattes tressées et même caché dans des fleurs… Il se parfume, se colore, se marie, se fume… Et puis, tout comme Jupiter, le thé contribue à la prospérité de ceux qui le servent et au bien-être de ceux qui le consomment.

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Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Les Plantes et leurs vertus – Les Carnets du Jardin – Marie Borrel – Editions du Chêne

Dammann Frères – Catalogue

Vivre au Naturel – Dominique Lesbros – Editions Parigramme

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul  – Robert Laffont 

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LA SCORPIONESQUE ET MORTIFERE BELLADONE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 05-11-2009

Avec la Belladone, on est toujours dans la symbolique Scorpion de la vie et de la mort. Et, si l’on en croit les témoignages de chercheurs allemands du début du XXe siècle ayant expérimenté une pommade contenant des extraits de trois plantes mortifères, on peut, même de nos jours « vivre » les expériences des nuits de sabbats aux courses effrénées, aux plaisirs intenses, que les sorcières avouaient sous la torture. Ces scientifiques se sont livrés à leurs expériences insolites pour tester une recette d’onguent du XVIIe siècle, découverte fortuitement au cours d’une recherche sur la sorcellerie. Même si la recette est imaginaire, il n’en reste pas moins vrai que la combinaison des trois plantes dans une composition quelconque ne peut être que dangereuse.

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Plante curieuse et capricieuse que la Belladone aux fleurs livides, au contact visqueux, à l’odeur fétide : elle apparaît mystérieusement dans un endroit en massif de plusieurs pieds une année pour disparaître ensuite de façon radicale sans aucune raison apparente. Son nom, Atropa belladonna, évoque l’inflexible belle femme – mais aussi, Atropos, la Parque chargée de couper le fil de la vie, tant cette plante inquiétante est fatale par la toxicité de toutes ses parties. Parmi les divers alcaloïdes qu’elle contient, l’atropine, la scopolamine et la nicotine sont des poisons dangereux. Une vingtaine de ses fruits luisants, de la taille d’une cerise, d’un noir violacé, à la chair sucrée, suffisent pour tuer un homme. L’intoxication se manifeste par un sentiment d’étouffement progressif, et la mort, due à la paralysie des muscles respiratoires, survient rapidement.

atropos

 Atropos

 Quant à l’appellation séduisante de « bella donna » (belle femme), elle provient de l’usage que faisaient, à la Renaissance, les belles Italiennes d’un collyre à l’extrait d’atropine, pour dilater la pupille et rendre les yeux brillants. En effet, la dilatation des pupilles est une des manifestations de l’excitation sexuelle et de l’admiration désirante, manifestation inconsciemment perçue par les hommes et qui les stimule ; de plus, cela faisait légèrement loucher, c’était à cette époque caractéristique de la beauté, d’où l’expression « avoir une coquetterie dans l’œil ». Cette préparation est d’ailleurs toujours utilisée en ophtalmologie.

jusquiame-noireLa Jusquiame que l’on trouve dans les décombres et les terrains vagues est aussi une plante capricieuse qui apparaît et disparaît au gré des années. Les feuilles, grandes et molles, répandent une odeur repoussante. Les fleurs à l’aspect inquiétant, d’un jaune sale veiné de violet, réunies en bouquets au sommet des tiges, donnent naissance à des capsules contenant des graines en forme de rein ; toutes ces caractéristiques avaient excité l’imagination populaire et, si  les animaux ne la touchaient jamais à cause de son odeur, les hommes en tiraient un baume utilisé en frictions contre les rhumatismes.

Si par malchance les journaliers qui coupaient de l’herbe pour le fourrage n’étaient pas très attentifs, quelques feuilles de jusquiame mêlées aux plantes sèches suffisaient pour provoquer chez les animaux une agonie atroce : après de violentes convulsions et des ballonnements, ils mouraient paralysés. De tels effets ne pouvaient être dus qu’à des sorciers : accusés d’avoir infesté la nourriture des bêtes, ils devenaient des personnages haïs dans les sociétés rurales. En fait, l’hyosciannine, un des alcaloïdes de la Jusquiame, connue sous le nom classificatoire Hyoscyamus niger, est un poison puissant utilisé en pharmacologie, à petites doses, comme antinévralgique et narcotique.

 Le nom de Jusquiame vient du grec ancien « hyoskyamos » littéralement « fève de porc » : il s’agit d’une allusion à l’épisode de l’Odyssée lorsque la magicienne Circé transforme en pourceaux les compagnons d’Ulysse en leur faisant pour cela boire un philtre contenant de la jusquiame.

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Mais Ulysse était immunisé grâce à un antidote végétal dont Hermès lui avait fait présent. Certains interprètent cet épisode comme une métaphore opposant la bestialité, c’est-à-dire le pourceau, à la raison. Toutefois, les Solanacées vireuses, dont fait partie la jusquiame, sont fréquemment évoquées dans les histoires de métamorphoses d’homme en animal. Elles peuvent en effet générer des hallucinations particulièrement puissantes, y compris celle d’avoir pris la forme d’un animal, au point d’en adopter le comportement.

Enfin la Stramoine, aux larges feuilles velues et aux fleurs en forme d’entonnoir, était jadis cultivée dans les jardins et réputée éloigner les taupes. Elle contient elle aussi divers alcaloïdes extrêmement toxiques.  En réalité toute la famille des solanacées, dont fait partie aussi la pomme de terre, sont dangereuses. Heureusement pour nous ce sont les feuilles et non les tubercules qui se révèlent vénéneuses.

stramoine

 

Dans le domaine des belles empoisonneuses, ces trois-là ne sont pas seules au monde. Comme les littératures grecque et romaine, l’histoire moderne est riche en empoisonnements. Elle recèle une multitude de pratiques criminelles où les stratégies familiales, les questions d’honneur et la politique s’entremêlent et où la macération et la concoction de quelques herbes « choisies » s’offrent aux convenances, aux compromis et à la ruse. Nous sommes toujours dans le monde et la symbolique du Scorpion.

Enfin, deux auteurs du Ier siècle avant Jésus-Christ, Diodore de Sicile et Strabon, rapportent que les Celtes empoisonnaient leurs pointes de flèches avec le suc de la stramoine datura, la description du fruit ne laissant aucun doute quant à l’identité de la plante. Beaucoup plus tard… Condorcet est mort en avalant du stramonium et de l’opium.

cigue1L’empoisonnement le plus fameux est certainement celui de Socrate, raconté par Platon dans le Phédon. A base de ciguë, ce poison provoquait l’arrêt progressif de la circulation et du cœur, qui se manifestait par un refroidissement des extrémités avant la mort. La sérénité de Socrate durant son agonie et l’absence des spasmes violents qui caractérisent l’intoxication par la ciguë semble indiquer la présence dans cette tisane léthale, de narcotiques tels que la jusquiame. Toutefois la formule, secret d’Etat athénien, fut perdue avec la fin de l’Antiquité.

La Rome antique et l’Italie de la Renaissance, ainsi que les cours européennes, gèrent les affaires politiques à coups d’empoisonnements. Chatons de bagues et médaillons creux, cachettes raffinées de poudres ou de philtres mortels, en sont la preuve. On les administre à ses ennemis ou à soi-même, en cas d’ultime nécessité. Jusqu’au XVIIIe siècle où commence la « carrière » de l’arsenic, les plantes maudites sont à l’origine de milliers de morts et de scandales dues au « mauvais café » ou au « vin de la trahison ».

La mort ne frappait pas seulement les victimes mais aussi les empoisonneuses présumées que l’on faisait brûler vives comme des personnes encombrantes. Car si les hommes sont impliqués dans les meurtres violents, les femmes, elles, ont toujours préféré les armes silencieuses et discrètes qui tuent sans effusion de sang.

Sorcières et empoisonneuses, les femmes le furent autant que guérisseuses. La connaissance des herbes sacrées, des herbes d’amour et d’autres sortilèges allait de pair avec celle des plantes de la mort. Mais surtout les femmes connaissaient les plantes « bonnes » pour les avortements, qui s’avéraient souvent dangereuses. Et ce ne sont pas seulement les sorcières qui jouaient avec la mort, car les empoisonnements dans les campagnes étaient beaucoup plus fréquents qu’on veut bien le laisser croire ; combien de témoignages de morts subites dans d’atroces douleurs, combien de personnes paralysées évoquées dans les seules Mémoires de Saint-Simon, par exemple.

On préparait encore le « bouillon d’onze heures » destiné aux parents encombrants, arrière-grand-tantes et oncles célibataires dont on convoitait l’héritage. Mais de jeunes enfants et des nourrissons s’inscrivaient eux aussi dans la clientèle potentielle des empoisonneuses comme le prouvent les procès-verbaux de la justice jusqu’au siècle dernier.

aconit1L’aconit, appelée aussi « casque de Jupiter », la digitale, les ciguës figurent traditionnellement au nombre des plantes les plus dangereuses. Mais on oublie souvent que le tubercule de notre charmant cyclamen est d’une efficacité sans égal. Utilisé pour les avortements, sa toxicité n’avait pas échappé aux braconniers qui broyaient quelques petites boulettes et jetaient la pâte dans les rivières : quelques minutes plus tard des poissons endormis venaient à la surface le ventre en l’air.

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Autre famille de plantes traîtresses : les liliacées. Ce sont des plantes à oignons : les bulbes des colchiques d’automne, les muguets ou les amaryllis peuvent être fatals. De même plusieurs variétés de renoncules ont des racines toxiques : les pivoines, les anémones, les boutons d’or pour ne mentionner que les plus communs.

Curieusement deux plantes connues depuis la plus haute Antiquité comme plantes de l’immortalité sont, elles aussi, dangereuses. Il s’agit de l’if, que l’on trouve souvent taillé dans les haies et dans les cimetières. La plante femelle est extrêmement toxique. Quelques grammes de son feuillage peuvent faire périr le cheval, particulièrement sensible à son poison, la taxine, qui attaque le système nerveux. Jadis l’if faisait partie des plantes que l’on cultivait dans les abords des châteaux féodaux car on utilisait ses branches extrêmement flexibles et solides pour la fabrication des arcs. Une autre plante, toujours verte elle aussi, mais extrêmement dangereuse est la sabine, originaire des Alpes de Provence et du Dauphiné. Consommés par les animaux, ses jeunes rameaux provoquent une mort rapide par occlusion du circuit intestinal. Jadis la sabine était une « arme » aux mains des sorcières pour provoquer des avortements.  

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Toutes ces plantes toxiques dont le catalogue n’est pas exhaustif ne trahissent cependant pas une forme de vengeance de la nature. Prudemment utilisées, elles étaient et restent des médicaments dont la pharmacopée tire des remèdes irremplaçables. Certes la nature n’est pas aussi paisible qu’elle peut paraître aux yeux des citadins ou des romantiques. Les plantes ne se répartissent pas en utiles ou nuisibles. C’est l’ignorance des lois qui régissent la vie du troisième règne qui engendre seule le danger. Dès lors qu’on en prend conscience, la nature devient intelligible et les poisons qui hantent tellement l’inconscient deviennent eux aussi des végétaux sinon domestiqués, du moins nécessaires et utiles. 

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Bibliographie : Fêtes et Croyances Populaires en Europe d’Yvonne de Sike

 

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FEE… FATA… FATUM… FATALITE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 17-09-2009

De la Fée Bleue à la Fée Carabosse 

 

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Maîtresse de la magie, la fée symbolise les pouvoirs paranormaux de l’esprit ou les capacités prestigieuses de l’imagination. Elle opère les extraordinaires transformations et en un instant comble ou déçoit les désirs les plus ambitieux. Peut-être représente-t-elle les pouvoirs de l’homme de construire en imagination les projets qu’il n’a pas pu réaliser. 

La fée irlandaise est par essence la « banshee », dont les fées des autres pays celtiques ne sont que des équivalents plus ou moins altérés ou compris. Au départ, la fée, qui se confond avec la femme, est une messagère de l’Autre Monde. Elle voyage souvent sous la forme d’un oiseau, d’un cygne de préférence. Mais cette qualité n’a plus été comprise lors de la christianisation et les transcripteurs en ont fait une amoureuse venant chercher l’élu de son cœur. La « banshee » est par définition un être doué de magie. Elle n’est pas soumise aux contingences des trois dimensions et la pomme ou la branche qu’elle remet ont des qualités merveilleuses. Le plus puissant des druides ne peut retenir celui qu’elle appelle et, quand elle s’éloigne provisoirement, l’élu tombe en langueur.

la-bansheeLa Banshee 

Shakespeare a merveilleusement montré avec la Reine Mab, l’ambivalence de la fée, qui est capable de se transformer en sorcière : 

« Alors je vois que la Reine Mab vous a visité

C’est l’accoucheuse des fées et elle vient

Pas plus grosse qu’une pierre d’agate

A l’index d’un échevin

Traînée par un attelage de petits atomes…

… C’est toujours cette Mab

Qui tresse la crinière des chevaux la nuit

Et dans leurs poils gluants

Fabrique des nœuds magiques

Qui débrouillés font arriver de grands malheurs.

C’est la sorcière… »

 En effet, les palais que les fées évoquent et font scintiller dans la nuit s’évanouissent en un instant et ne laissent plus que le souvenir d’une illusion. Ils se situent dans l’évolution psychique parmi les processus de l’adaptation au réel et de l’acceptation de soi, avec ses limites personnelles. Ou on recourt aux fées et à leurs ambitions démesurées. Ou bien elles compensent les aspirations frustrées. Leur baguette et leur anneau sont les insignes de leur pouvoir. Elles resserrent ou défont les nœuds du psychisme. Que les fées de notre folklore ne soient autres, à l’origine, que les Parques romaines, elles-mêmes transposition latine des Moires grecques, ne paraît guère discutable. Leur nom même « Fata », les Destinées, le prouve. D’après P. Grimal :

 « Les trois Parques étaient représentées sur le forum par trois statues.  Que l’on appelait couramment les trois fées, les tria fata ».

Elles portent encore aujourd’hui ce nom dans la plupart des langues latines, et on en retrouve la racine dans leur postérité et les innombrables petits génies que l’imagination populaire a créés à leur suite : tels les fadas provençaux, les fades de Gascogne, les fadettes et fayettes, les fadets et farfadets.  

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Assemblées généralement par trois, les fées tirent du fuseau le fil de la destinée humaine, l’enroulent sur le rouet et le coupent, l’heure venue, de leurs ciseaux. Peut-être furent-elles, à l’origine, des déesses protectrices des champs. Le rythme ternaire, qui caractérise leurs activités, et celui de la vie même : jeunesse, maturité, vieillesse, ou bien naissance, vie et mort, dont l’astrologie fera : évolution, culmination, involution.

Selon de vieilles traditions bretonnes, à la naissance d’un enfant, on dresse trois couverts, sur une table bien garnie, mais dans une pièce écartée de la maison, afin que les fées soient rendues propices. Ce sont elles, aussi, qui conduisent au ciel les âmes des enfants mort-nés et qui aideront à rompre les maléfices de Satan.

Pour mieux comprendre le symbolisme des fées, il faut, au-delà des Parques et des Moires, remonter aux Kéres, divinités infernales de la mythologie grecque, sortes de Walkyries qui s’emparent des agonisants sur le champ de bataille, mais qui, selon l’Iliade, paraissent aussi déterminer le sort, le destin du héros, auquel elles apparaissent en lui offrant un choix, dont dépendra l’issue bénéfique ou maléfique de son voyage.

La filiation des fées telles que nous venons de l’indiquer montre qu’elles sont originellement des expressions de la Terre-Mère. Mais le courant de l’histoire, selon un mécanisme ascensionnel, les a fait peu à peu monter du fond de la terre à sa surface où, dans la clarté de la Lune, elles deviennent esprits des eaux et de la végétation. Les lieux de leurs épiphanies montrent cependant clairement leur origine ; elles apparaissent en effet le plus souvent sur des montagnes près des crevasses et des torrents, sur les innombrables tables de fées ou dans le plus profond des forêts, au bord d’une grotte, d’un abîme, d’une cheminée des fées, ou encore près d’un fleuve mugissant ou au bord d’une source ou d’une fontaine. Elles sont associées au rythme ternaire mais, en y regardant de plus près, elles relèvent aussi du quaternaire : en musique, on dirait que leur mesure est à trois-quatre : trois temps marqués et un temps de silence. Ce qui représente en effet et le rythme lunaire et celui des saisons. La lune est visible pendant trois phases sur quatre ; à sa quatrième phase, elle devient invisible, on dit qu’elle est morte. De même, la vie représentée par la végétation naît sur la terre au printemps, s’épanouit en été, décroît en automne, et disparaît pendant l’hiver, temps de silence, de mort.

 

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Si l’on examine de très près légendes et contes relatifs aux fées, il apparaît que ce quatrième temps des fées n’a pas été oublié par les auteurs anonymes de ces récits. C’est le temps de rupture, où l’épiphanie anthropomorphe de la fée se dissipe. La fée participe du surnaturel, parce que sa vie est continue, et non discontinue comme la nôtre, et comme celle de toute chose vivante en ce monde. Il est donc normal qu’en la saison de la mort on ne puisse la voir, donc qu’elle n’apparaisse pas. Pourtant elle existe toujours, mais sous une autre forme, relevant comme elle, en son essence, de la vie continue, de la vie éternelle. 

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Les Parques ou les Moires : C’étaient trois fileuses qui travaillaient jour et nuit. On les a représentées, parfois, comme d’affreuses vieilles, ailleurs elles sont belles et implacables. Leur nom venait du verbe latin « parcere », qui signifie « épargner ». Ce nom était ironique car elles n’épargnaient jamais personne ; ce qu’elles filaient ainsi sans trêve, c’était le fil de la vie humaine… Clotho tenait la quenouille, Lachésis le fuseau et la dernière, Atropos, donnait le coup de ciseau final… Par une extension facile à comprendre, la Parque signifie : la Destinée.

La symbolique du fuseau est d’ailleurs intéressante. Pour Platon, « le fuseau de la nécessité » représente la nécessité qui règne au cœur de l’univers. Le fuseau tourne d’un mouvement uniforme et entraîne la rotation de l’ensemble cosmique. Il indique une sorte d’automatisme dans le système planétaire : la loi de l’éternel retour. On peut à ce titre le rapprocher du symbolisme lunaire. Les filles de la Nécessité, les Moires, chantent avec les Sirènes, en faisant tourner les fuseaux : Lachésis pour le passé, Clotho est le présent, Atropos représente l’avenir. Elles règlent la vie de chaque être vivant à l’aide d’un fil que l’une file, que l’autre enroule, que la troisième coupe.

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Ce symbolisme indique le caractère irréductible du destin : sans pitié, les Parques filent et défilent le temps de la vie. Le double aspect de la vie se manifeste : la nécessité du mouvement, de la naissance à la mort, révèle la contingence des êtres. La nécessité de la mort réside dans la non-nécessité de la vie. Le fuseau, instrument et attribut des Parques, symbolisera la mort.

melusina1La fée Mélusine est alternativement femme et serpent, de la même façon que le serpent change de peau pour se renouveler indéfiniment. C’est le moment qui, chez les humains, correspond au temps de silence, à la mort. Aussi les fées ne se montrent-elles jamais que de façon intermittente, comme par éclipses, bien qu’elles subsistent en elles-mêmes de façon permanente. On pourrait d’ailleurs en dire autant des manifestations de l’inconscient. 

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Mélusine est une fée bâtisseuse qui a laissé son empreinte dans maints et maints édifices religieux et civils du Poitou. Ayant infligé une punition à son père Mélusine est condamnée par sa mère à devenir serpent dès le nombril tous les samedis. Alors qu’elle erre dans la forêt non loin de Coulombiers, elle rencontre Raymondin. Elle consent à l’épouser, à la seule condition qu’il la laisse seule chaque samedi, sans chercher à connaître son occupation. Dix garçons, dont certains portent la marque de leur origine féérique, naissent de cette union. Mais, un samedi, rongé par la curiosité, Raymondin trahit son serment et découvre le secret de sa femme. C’est ainsi que Mélusine disparaît après avoir tournoyé dans le ciel de Lusignan. A l’image de leur mère légendaire, les seigneurs de Lusignan, rois de Jérusalem, de Chypre et d’Arménie, originaires du Poitou, se sont avérés être au Moyen Age des constructeurs notables de châteaux : une vingtaine de sites aurait été édifiée, fortifiée ou embellie par cette famille.

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Selon la légende, le château de Lusignan fut construit par Mélusine. La Fée bâtisseuse, transportant les pierres dans sa dorne et les assemblant de trois goulées d’air en trois nuits, aurait été aidée par des ouvriers tirés du néant pour la circonstance. Aujourd’hui, les vestiges de cette forteresse : la Tour de Mélusine et la Poterne, s’inscrivent au cœur d’un jardin à la française aménagé au XVIIIe siècle par l’Intendant du Poitou, Blossac. A l’intérieur d’une des anciennes parties du château, une exposition présente l’épopée tumultueuse du château et de ses seigneurs, au travers de leur mère légendaire.

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Les étranges métamorphoses de cette fée ne sont pas sans évoquer le Scorpion, alors que le secret qu’elle garde jalousement ainsi que cette vie double, comme son corps de sirène, font penser à la symbolique du signe des Poissons.

Avec Roussalka la sirène on reste dans l’univers aquatique. Dans le monde païen, la Roussalka avait le statut de déesse de la rivière, propriétaire de trésors et magicienne. Depuis la christianisation de la Russie, elle passe pour être plutôt mélancolique ainsi que  peu favorable aux humains. Suivant une croyance populaire, les Roussalki sont des nouveau-nés de sexe féminin, morts sans baptême ou encore des femmes noyées. Elles possèdent jeunesse et beauté éternelles. Le samedi précédant la Trinité, elles courent en tous sens dans les champs de seigle. A partir du jeudi suivant, la fête du Semik, elles résident dans les bois où leurs appels répétés égarent les voyageurs en chemin. Pendant la Roussalnaïa, huitième semaine après Pâques, et également la veille de la Saint-Jean, elles se montrent dangereuses et il est alors fort imprudent de se baigner.  

la-roussalkaDans une variante populaire du conte, la Roussalka est la nymphe des eaux, la fille favorite des esprits du lac. Toute sa vie, elle se désole de sa condition et, éprise d’un jeune prince, elle souhaite devenir femme pour pouvoir communiquer chaleur et amour humain. Elle confesse ce désir à son père qui se désespère, convaincu que cette métamorphose lui portera malheur. Mais, constatant son impuissance à la persuader de renoncer à ce désir, il lui conseille d’aller consulter la Jézi-Baba. Cette sorcière promet à la Roussalka de l’aider à prendre forme humaine, mais à deux conditions : ne jamais pouvoir parler à son prince, et, au cas où il la tromperait, être damnée. A son retour, son prince, qu’une mystérieuse force a fait venir à sa rencontre, la prend dans ses bras et la conduit au palais où sont réunis pour la noce un grand nombre d’invités. Bouleversé par la beauté silencieuse de la Roussalka, le jeune prince porte son regard sur une autre belle femme venue assister au mariage. Depuis, la Roussalka gémit sur son sort, et guette les hommes qui voyagent dans la forêt.

Cette belle légende fait penser à l’histoire de Lorelei ainsi qu’à celle de la petite sirène, mais ni l’une ni l’autre n’étaient des fées. La petite sirène a toutefois recourt à une sorcière car comme la Roussalka elle veut devenir une vraie femme pour conquérir le jeune prince qu’elle a sauvé de la noyade. Elle y perdra sa voix en perdant sa queue de sirène pour des jambes et une silhouette de rêve. La Roussalka inspira Antonin Dvorak qui l’immortalisa dans un opéra.

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La fée Viviane appartient à la célèbre légende du Roi Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde, un ensemble de récits datant du Moyen Age. C’était la fille d’un seigneur de Bretagne, du château de Comper, au nord de la forêt de Brocéliande qui n’est autre que le nom mythique de l’actuelle forêt de Paimpont, au sud-ouest de Rennes, dans le Morbihan. C’est dans cette forêt que le roi Arthur somma aux chevaliers de trouver le Graal. Merlin l’Enchanteur, ami et conseiller du jeune roi, fût l’hôte privilégié de Brocéliande. Et c’est à la fontaine de Barenton qu’il rencontra Viviane pour la première fois… Qui de la fée ou du magicien enchanta l’autre ? A découvrir ou à redécouvrir… Mais avec Viviane apparaît là une autre fée des Eaux, on l’appelait d’ailleurs la Dame du Lac. Son histoire évoque assez le signe des Poissons.

La fée Morgane est une magicienne faisant elle aussi partie de la Légende du Roi Arthur. Elle est souvent représentée comme une adversaire du Roi, de sa femme Guenièvre, ainsi que des Chevaliers de la Table Ronde. C’est une disciple de la fée Viviane et Merlin est son maître.

la-fee-morgane1La fée Morgane peintre par John William Waterhouse

Elle est présentée comme une séductrice maléfique, mais aussi parfois comme un personnage positif incarnant un pouvoir féminin désapprouvé par la société médiévale. Le personnage de Morgane pourrait avoir une de ses sources dans la déesse Modron, inspirée de la Dea Matrona gauloise, telle qu’elle apparait dans la littérature galloise médiévale. Le nom de Morgane la lie peut-être aux morgan/morgen, fées des eaux, séductrices et dangereuses, du folklore britannique. La transcription de son nom en « morgue » la lie parfois à la Mort. Son histoire évoque le Scorpion et surtout Vénus en Scorpion, à moins que ce ne soit Lilith, la Lune Noire.

la-fee-clochette1La fée clochette est un personnage créé par J.M. Barrie dans son roman Peter Pan. Clochette est amoureuse de Peter Pan. Elle ne supporte pas que celui-ci porte son regard sur un sujet féminin, et encore moins qu’il s’y intéresse. Or Peter Pan, qui est un séducteur, passe son temps à essayer d’épater Wendy, ce qui énerve très profondément Clochette. James Barrie indique que comme toutes les fées, Clochette est parfois gentille, parfois méchante et elle est tellement petite qu’elle n’a de place que pour un seul sentiment à la fois. Cependant, Clochette est apte à jouer des tours. Elle est fragile et sensible, se déplace très rapidement et, grâce à sa poudre, elle permet à Peter, aux enfants Darling et aux Garçons Perdus de voler. Par son côté espiègle et sa manière de voler, elle n’est pas sans rappeler Mercure aux pieds ailés. C’est certainement une fée Gémeaux.

La fée bleue est un être magique. Ravissante jeune femme blonde capable d’apparaître par enchantement depuis une étoile, c’est elle qui donne vie au pantin de bois Pinocchio, après le souhait de Geppetto le menuisier qui a construit la marionnette d’avoir un vrai petit garçon. Elle confie au grillon Jiminy Cricket  le soin d’être la conscience de Pinocchio et de le guider vers le droit chemin. Pinocchio doit en échange prouver qu’il est toujours brave, loyal, franc et obéissant. Cette belle et bonne fée n’est pas sans évoquer la douce et belle Vénus. Alors que Jiminy Cricket s’apparenterait à Saturne.

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Toutefois, avant d’être le célèbre film de Disney, Pinocchio est un personnage de fiction, héros d’un conte de fées moderne, chef-d’œuvre universel de la littérature enfantine :  » Le aventure di Pinocchio ». Storia di un burattino » (Les aventures de Pinocchio, Histoire d’un pantin), d’un certain Carlo Collodi. En fait, Collodi est un village de Toscane, entre Pistoia et Lucca, qui servit de pseudonyme à un journaliste et écrivain italien qui s’appelait en fait Carlo Lorenzini. Ce bourg tout en longueur se termine par la grande villa Garzoni, reconstruite en 1600 sur les ruines d’un château médiéval. Dans le parc, tout en terrasse, on peut voir un monument représentant Pinocchio et la Fée Bleue. La villa Garzoni et son jardin dominent toute la vallée. La mère de Carlo Lorenzini travaillait là. C’était la fille du fermier de la villa et l’on dit que c’est dans la cuisine que Carlo Lorenzini, dit Collodi, commença le récit des aventures du fameux pantin. Carlo Collodi vécut entre 1826 et 1890.

villa-garzoniVilla Garzoni – Collodi – Italie

C’est le conte de fées par excellence, immortel et universel, duquel ont été tirées une multitude de versions : littéraires, théâtrales, chorégraphiques, télévisées, cinématographiques et bandes dessinées, sans compter les centaines de traductions, de versions illustrées ainsi que les mises en musique et en chanson. Il faut revoir le très vieux film en noir et blanc « Les aventures de Pinocchio » de Luigi Comencini, avec le génial Nino Manfredi dans le rôle de Geppetto et la belle Gina Lollobrigida dans celui de la Fée Bleue.

On reconnait aux « Aventures de Pinocchio » une prérogative qui n’appartient qu’aux grands chefs-d’œuvre, celle d’être hors du temps. Pour les 100 ans de Pinocchio, en 1981, Italo Calvino écrivait ainsi : « Il nous est naturel de penser que Pinocchio a toujours existé, on ne s’imagine pas en effet un monde sans Pinocchio ». Les « Aventures de Pinocchio » a été le deuxième livre le plus vendu en Italie au XXe siècle avec le tirage de 9 à 10 millions d’exemplaires, juste derrière la Divine Comédie de Dante Alighieri  (11 à 12 millions d’exemplaires).

cendrillon-et-sa-marraine La fée marraine de Cendrillon est un personnage récurrent des contes : il s’agit d’une fée qui met ses pouvoirs surnaturels au profit exclusif de son ou de sa filleule, auprès de qui elle joue un rôle protecteur ou de mentor, comme on peut l’attendre d’une marraine dans de nombreuses sociétés. Elle se penche sur le berceau du héros nouveau-né pour lui prodiguer des dons : de l’esprit pour Riquet à la houppe, on pense tout de suite à Mercure ; grâce et beauté pour la Belle au Bois dormant… voici Vénus ; ou encore elle assiste et protège à l’adolescence d’un père abusif dans Peau d’Ane, ou d’une marâtre tyrannique et de demi-sœurs cruelles dans Cendrillon, ou d’un sort lancé par une méchante fée dans la Belle au bois dormant. On songe alors à quelques fées jupitériennes, bienveillantes et protectrices à l’image de Jupiter, d’autant qu’elles ont déjà un certain âge et représentent la maturité et la sagesse.

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La Belle au Bois Dormant dans ce conte, elles sont sept fées à être conviées à un repas rituel, celui du baptême. Les six premières offrent un don à la princesse, la septième amoindrit la malédiction lancé par la vieille fée, fâchée de n’avoir pas été conviée : « On donna pour marraines à la petite Princesse toutes les Fées qu’on pût trouver dans le Pays. Il s’en trouva sept. Ainsi chacune d’elle lui faisant un don, comme c’était la coutume des Fées en ce temps-là, la Princesse eût par ce moyen toutes les perfections imaginables. Cependant les Fées commencèrent à faire leurs dons à la Princesse. La plus jeune lui donna pour don qu’elle serait la plus belle du monde, celle d’après qu’elle aurait de l’esprit comme un Ange, la troisième qu’elle aurait une grâce admirable à tout ce qu’elle ferait, la quatrième qu’elle danserait parfaitement bien, la cinquième qu’elle chanterait comme un rossignol, et la sixième qu’elle jouerait de toutes sortes d’instruments à la perfection ».

Les Frères Grimm dans leur adaptation du conte porteront à treize le nombre de fées. Walt Disney, dans son adaptation, ramènera ce chiffre à trois. Dans chacun des cas, les auteurs ont pris soin de choisir un chiffre porteur d’une valeur symbolique forte dans les contes et la superstition populaire.

L’astrologue a tendance à penser que ces chiffres sont en rapport avec le zodiaque : les trois fées représentant les trois phases visibles de la Lune et les trois déesses lunaires : Artémis ou Diane, la jeune fille qui représente la Lune croissante, Séléné est la femme mûre ainsi que la Pleine Lune. Enfin, Hécate est la vieille femme, la Lune décroissante.

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Le chiffre 7 représente les sept astres visibles et que tout le monde connaissait jusqu’à au XVIIe siècle : le Soleil, la Lune, Mercure, Vénus, Mars, Saturne et Jupiter. Seulement ensuite apparaîtront Uranus, Neptune et Pluton. 

Quant au nombre 13, plusieurs hypothèses se profilent :

. La phobie du 13 qui pourrait provenir de l’Antiquité. Au IVe siècle avant Jésus-Christ, Philippe II de Macédoine eût l’idée d’ajouter sa statue à celle des douze dieux. Malheureusement pour lui, il fut assassiné peu de temps après.

. Le 13 suit le nombre 12, nombre symbolisant accomplissement et cycle achevé et très symbolique dans la mythologie chrétienne où c’est un nombre « saint » et dans la tradition astrologique puisqu’il y a douze mois dans l’année, 12 heures le jour et 12 heures la nuit, douze signes du zodiaque, douze dieux dans l’Olympe, douze travaux d’Hercule, douze tribus d’Israël et douze apôtres accompagnant Jésus. Et puis, 12 ans c’est le cycle de Jupiter, le temps qu’il lui faut pour parcourir le zodiaque. Le nombre est divisible par 2, 3, 4 ou 6 alors que 13 n’est divisible que par 1 ou par lui-même seulement. Treize est plutôt source de déséquilibre et tombe dans une portion opposée du divin, et marque une évolution fatale vers la mort, vers l’achèvement d’une puissance et d’un accomplissement.

. L’origine de la superstition du Vendredi 13 aurait pour origine une légende nordique. Vendredi était le nom de Frigga, la déesse de l’amour et de la fertilité. Lorsque les tribus nordiques et germaniques se convertirent au Christianisme, Frigga fut bannie et envoyée au sommet d’une montagne et considérée comme une sorcière. Depuis, chaque vendredi, la déesse pleine de rancune convoquerait onze sorcières et le diable, ce qui fait 13 en la comptant, pour comploter de mauvais tours à jouer au cours de la semaine suivante. Reste que, dans l’Antiquité, le vendredi était un jour consacré à la déesse de l’amour, qu’elle s’appelle Aphrodite, Vénus ou Frigga. Ce  jour était donc considéré comme le plus gai de la semaine.

frigga-filant-les-nuagesFrigga filant les nuages

Aujourd’hui encore le vendredi semble être un jour de chance pour certains peuples ou communautés religieuses. Enfin, selon certains biblistes, ce serait aussi un vendredi qu’Eve et Adam auraient croqué dans la pomme interdite, célébrant ainsi Vénus.

la-fee-dragee2Tchaïkovski nous offre, avec Casse-noisette, une très belle et très gentille Fée Dragée, dans un merveilleux ballet « la danse de la Fée Dragée ». La petite Clara, son frère Fritz, la Fée Dragée, les petites souris et les soldats de plomb continuent de nous émerveiller de génération en génération, initiant petits et grands au monde de la danse, bercés par la musique de Tchaïkovski. Le conte nous le devons à l’écrivain et compositeur allemand Ernst Theodor Wilhelm Hoffman (1776-1822). A voir ou à revoir, ne serait-ce que pour retomber en enfance l’espace d’une soirée.

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La fée Carabosse est l’opposé des belles et bonnes fées, marraines des princesses de contes pour enfants sages. La fée Carabosse est très vieille, très laide et très méchante. Son nom vient du fait qu’elle est bossue. Si son apparition dans les contes est rare, elle n’en demeure pas moins célèbre pour être à l’origine de la malédiction qui frappe la princesse dans la Belle au Bois dormant.

La princesse Aurore naît sous de bons auspices. Ses parents sont roi et reine et ses marraines sont des fées. Elles sont au nombre de sept ou de douze, selon les versions, qui la comblent de dons. La fée Carabosse, fâchée de n’avoir pas été invitée, se présente à la surprise de tous et gâche la fête en lui lançant un mauvais sort. Celui-ci ne peut malheureusement être entièrement annulé par l’une des marraines mais il sera néanmoins atténué : la princesse se piquera bien le doigt à un fuseau à l’âge de 15 ans comme l’avait prédit Carabosse, mais la mort consécutive promise aussi par la méchante fée se commuera en un sommeil de 100 ans qui prendra fin le jour où le Prince arrivera jusqu’à elle et lui donnera un baiser. Malgré ses efforts, le roi reste impuissant à empêcher la réalisation de la malédiction. Il tente de faire interdire l’usage des fuseaux mais une vieille sourde, n’ayant pas entendu l’édit, garde le sien, responsable de l’accomplissement de la malédiction. Dans des versions plus anciennes, la vieille sourde est de bonne foi et agit par pure ignorance. Dans le ballet de Tchaïkovski, il s’agit de Carabosse elle-même, s’assurant ainsi que s’accompliront malédiction et vengeance.

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La Belle au Bois Dormant représentée par John William Waterhouse                                                                       

« On vit entrer une vieille Fée qu’on n’avait point priée parce qu’il y avait plus de cinquante ans qu’elle n’était sortie d’une tour et qu’on la croyait morte ou enchantée. Le Roi lui fit donner un couvert, mais il n’y eut pas moyen de lui donner un étui d’or massif, comme aux autres, parce que l’on n’en avait fait faire que sept pour les sept Fées. La vieille crut qu’on la méprisait, et grommela quelques menaces entre ses dents… Le rang de la vieille Fée étant venu, elle dit en branlant la tête, encore plus de dépit que de vieillesse, que la princesse se percerait la main d’un fuseau et qu’elle mourrait ». Charles Perrault

Toutefois, en faisant peser sa malédiction sur la petite fille au berceau, la Fée symbolisait par là la transmission continue et ancestrale des changements physiologiques qui interviennent à l’adolescence.

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 Quant au portrait de Carabosse, il évoque Saturne tant dans la description physique que de par le comportement. Toutefois, on peut aussi rapprocher Carabosse d’Eris qui, dans la mythologie grecque, est la déesse de la Discorde. Cette dernière non plus n’a pas été invitée aux noces de Thétis et Pélée. Pour s’en venger, elle jette une pomme d’or sur la table, au milieu des déesses, portant l’inscription « pour la plus belle ».

eris-deesse-de-la-discordeEris, déesse de la Discorde

Ce geste est à l’origine du déclenchement de la Guerre de Troie et de la mort d’Achille survenue malgré la précaution de sa mère, Thétis, pour le rendre invincible en le plongeant dans les eaux du Styx. Malheureusement, elle le tenait par le talon et cette partie du corps, restée vulnérable, fut touchée par une flèche de Pâris dont la main était guidée par Apollon.

Circé dans la mythologie grecque, c’est une magicienne très puissante, particulièrement versée dans les empoisonnements et les métamorphoses. Elle est la fille d’Hélios, le Soleil et de Perseis, une Océanide. Les grands poètes Homère, Hésiode et Cicéron la considèrent, de par sa naissance, comme une déesse à part entière.

                                                                                           circe-offrant-la-coupe-a-ulysse1 

John William Waterhouse – Circé offrant le cycéon à Ulysse

Elle apparaît dans l’Odyssée. Elle habite dans une île, dans un palais situé au milieu d’une clairière, entourée de loups et de lions qu’elle a apprivoisés. C’est là qu’elle a recueilli et purifié Jason et Médée après le meurtre du père de Médée. Quand Ulysse et ses compagnons abordent l’île, vingt-deux d’entre eux, conduit par Euryloque, se laissent attirer jusqu’au palais par une voix harmonieuse. La magicienne les accueille et leur offre un breuvage composé de gruau d’orge, de miel et de lait caillé. Dès qu’ils ont bu, elle les transforme d’un coup de baguette en pourceaux. Euryloque, resté dehors, court avertir Ulysse, qui part à la recherche de Circé. Hermès lui apparaît alors sous la forme d’un beau jeune homme tenant un roseau d’or. Le dieu Hermès à la baguette d’or lui remet l’herbe « moly » et lui donne des conseils pour triompher de Circé. Quand il arrive chez la magicienne, celle-ci lui offre le cycéon, ce breuvage qu’ont absorbé ses compagnons, mais elle échoue à le transformer d’un coup de baguette. Ulysse tire son épée ; apeurée, Circé lui offre de partager son lit. Là encore, Ulysse, suivant les recommandations d’Hermès, demande à la magicienne de jurer par « le grand serment des bienheureux » qu’elle ne cherchera plus à lui faire de mal. Ceci fait, Ulysse et Circé s’unissent, puis elle rend aux compagnons leur apparence humaine. Elle aide enfin le héros et son équipage à préparer leur départ.

Le poète romain Denys de Milet fait de Circé plutôt la fille d’Eétès et d’Hécate, la déesse lunaire de la sorcellerie. Toujours selon lui, elle épouse le roi des Sarmates qu’elle empoisonne. Chassée une première fois par ses sujets, elle fuit dans une île déserte, ou selon d’autres, vers l’Italie où elle fonde Circeii, dans le Latium, entre Rome et Naples, ou l’on peut voir encore la grotte qu’elle habitait sur une plage, au pied du Monte Circeo. Elle s’y est d’ailleurs distinguée par de nombreuses actions malfaisantes, transformant Scylla en monstre, par pure jalousie, ou encore le roi Picus en pivert parce qu’il l’avait repoussée. 

monte-circeoMonte Circeo

Au Moyen Age, on la retrouve dans les légendes populaires d’Italie, mêlée à la figure d’Hérodiade, sous le nom d’Aradia, fille de Diane (la Lune) et de Lucifer (le diable). Pour l’astrologue, cette femme fatale évoque le Scorpion.

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La Fée Electricité est une peinture de Raoul Dufy. Commencée en avril 1936 et terminée en 1937, cette peinture fut réalisée pour le Pavillon de l’Electricité de l’Exposition Internationale, la plus grande peinture existant au monde sur un support indépendant : la Fée Electricité est d’une superficie de 624 m². La peinture est formée de 250 panneaux de contreplaqué de 2 mètres de haut sur 1,20 de largeur sur lesquels il peint avec une peinture à l’huile très légère, conçue par le chimiste Jacques Maroger, donnant une illusion de gouache et séchant très rapidement. Les personnages dessinés à l’encre de chine puis les couleurs sont replacées par-dessus.  Ce tableau a été longtemps le plus grand tableau du monde mais il a été détrôné depuis.

 « Mettre en valeur le rôle de l’électricité dans la vie nationale et dégager notamment le rôle social de premier plan joué par la lumière électrique », tel était l’objectif de la commande passée à Dufy par la Compagnie parisienne de distribution d’électricité.

la-fee-electricite-raoul-dufy1La fée électricité – Raoul Dufy – Musée d’Art Moderne – Paris

En 1954, EDF en fait don à la ville de Paris. Cette peinture est aujourd’hui visible dans une salle du Musée d’Art moderne de la ville de Paris.

Soit dit en passant, l’électricité est vraiment une belle et bonne fée, l’interrupteur ayant remplacé la baguette. Pourtant, elle peut aussi passer pour une sorcière, trop présente la nuit dans le ciel des villes, elle nous empêche de voir les étoiles filantes… Quant à sa planète fétiche, c’est bien sûr du côté d’Uranus et du Verseau qu’il faut aller regarder.

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Bibliographie :

Dictionnaire des symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

Trésors des expressions françaises – Sylvie Weil et Louise Rameau – Le Français retrouvé – Editions Belin

 Comité Régional du Tourisme Poitou-Charentes – Vienne – Guide du Pays des Six Vallées

 Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

 

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LA PIERRE DU SIGNE DE LA VIERGE : LA SARDOINE

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 06-09-2009

La Sardoine est une variété brune ou rouge orange de calcédoine translucide, présentant une alternance de bandes claires et sombres. Et voici ce qu’en disait Buffon dans son Traité de Minéralogie : « Quartz-agate d’une couleur brune dans une nuance orangée. La Sardoine ne diffère de la cornaline que par sa couleur, qui n’est pas d’un rouge pur, mais d’un rouge orange et plus ou moins mêlé de jaune ».

 

 

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Elle doit son nom à une ville d’Asie Mineure, Sardes. Pourtant on dit aussi que « sardoine » dérive du latin « sardonyx » ou « onyx de Sardaigne », dont l’île est très riche. Mais c’est surtout en Amérique du Sud, au Brésil et en Uruguay, que sont situés les principaux gisements. Enfin, le latin « sardonis » signifie « brillant ».

La sardoine fut recherchée pour la gravure d’intailles ou de sceaux. En fait, depuis l’Antiquité, la sardoine servait à la fabrication de coupes et de vaisselle. Aujourd’hui, on en fait essentiellement des bagues. Elle fait partie des pierres de la Jérusalem Céleste, citées dans la Bible.

 

calcedoine1En Grèce, Démosthène gardait une calcédoine sous la langue pour préparer ses discours. On attribuait à cette pierre un pouvoir magique permettant de gagner les procès. On l’appelle d’ailleurs « la pierre des avocats ». On dit également que François Mitterrand adorait les calcédoines, lui qui avait été avocat et qui, comme Démosthène, faisait des discours. Et puis, bien qu’il fût Scorpion Ascendant Balance, Vénus qui gouvernait son signe Ascendant venait, dans son thème, superposer la Vierge, signe qui a influé également sur sa personnalité, et puis elle habitait la Maison XII de son thème, une Maison très secrète où les secrets sont bien gardés et l’on sait maintenant ce qu’il en a été de sa vie amoureuse, le premier symbole de Vénus.

La Sardoine était également utilisée par Sainte Hildegarde. C’était une religieuse bénédictine et une mystique allemande. Elle n’a pratiquement rien appris des hommes, mais reçu du Ciel un enseignement magistral sur tous les règnes de la nature et en particulier sur l’être humain, joyau de toute création. Non seulement elle le situe dans l’ensemble du cosmos, microcosme dans le macrocosme de l’univers, mais nous livre les secrets de sa texture intime, trinitaire à l’image et ressemblance de la Trinité sainte.

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Parmi les fresques éblouissantes de ses visions célestes, cette Sainte nous dépeint avec une rare finesse les circonstances glorieuses de notre création, l’infortune de la Chute, la grâce de l’Incarnation et de la Rédemption. En se faisant homme, Dieu attire à lui tous les hommes dans le Christ total, l’alpha et l’oméga qui résument en lui toute la création afin de la ramener dans le sein du Père. Outre cette œuvre théologique magistrale, elle nous décrit avec un rare réalisme tous les règnes de la nature : les éléments, les pierres précieuses, les végétaux, les animaux, des plus minuscules aux plus gigantesques, sans oublier l’être humain, centre même du cosmos. Hildegarde est née le 16 septembre 1098 à Bermersheim (Hesse) et décédée le 17 septembre 1179 à Rupertsberg (près de Bingen). Elle était donc du signe de la Vierge.

Cette Sardoine est une pierre de maturation liée à l’énergie de la terre, d’intégration de ses racines terrestres. Les qualités qui lui sont associées sont le bon sens et la tempérance.

 

Influence sur le corps  

La sardoine est excellente pour l’affermissement des vertèbres, notamment des vertèbres cervicales et du système nerveux parasympathique. Elle fortifie les glandes, la thyroïde et le foie. De bonnes expériences ont été faites pour le traitement des aphtes et de la stomatite ulcéreuse. Son action est encore plus efficace si on l’associe au jade. La sardoine renforce les poumons et le larynx. Elle est très utile pour toutes les sortes de piqûres et de morsures, les infections, et pour neutraliser les poisons, qu’ils proviennent des animaux ou des plantes.
Influence sur la psychologie

La sardoine accroît la résistance contre les dépressions, les angoisses et les sentiments de tristesse. En outre, le chakra du larynx est stimulé, le corps émotionnel devient plus fort, la compréhension et l’intuition plus profondes.  

En cas de problèmes juridiques, elle met en lumière la vérité. Elle apporte l’harmonie et le bonheur dans un partenariat ou dans un mariage. Elle donne de la confiance en soi et de la maîtrise. Elle transforme celui qui la porte en un être sociable et sympathique. La sardoine attire de manière magique les bons et les véritables amis.

 

vierge-6Influence sur le signe de la Vierge

La Sardoine apporte une aide aux natifs de la  Vierge, les aidant à se détacher de leurs tendances pointilleuses et critiques. Elle peut aussi les aider dans les prises de décision. Elle les stimulera par un ressenti plus profond et moins analytique, ce qui leur évitera sans aucun doute l’enfermement dans leur logique. Par sa couleur brun-orangé, la Sardoine incite l’être dans l’engagement envers lui-même et les autres. Elle l’invite également à sentir les sensations de son corps qu’elle vitalise. Cette pierre, excellent stimulant pour les reins, permet un développement de la force morale et une atténuation des passions. En cadeau, elle apporte le discernement, l’amour du vrai, la recherche d’harmonie, le dévouement, la confrontation avec soi-même.

 

 

 

 

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L’AMETHYSTE : LA PIERRE DE JUPITER, C’EST-A-DIRE DU SAGITTAIRE ET DES POISSONS

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 17-03-2009

Longtemps considérée comme une pierre précieuse de par sa couleur variant du violet rose au mauve, en allant jusqu’au pourpre, l’améthyste est une des plus précieuse de la famille des quartz. Son nom provient du grec « amethustos » qui signifie «qui n’est pas ivre », pour d’autres « qui préserve de l’ivresse ». Et en raison de sa couleur, on la disait souveraine contre les vapeurs de vin. Dans l’Antiquité, on taillait des coupes d’améthyste pour y voire le vin, ce qui évitait aux convives de s’énivrer. Noter au passage que les signes du Sagittaire et des Poissons sont légendaires pour les excès, et notamment l’addiction à l’alcool pour les Poissons.Selon la légende Bacchus s’éprit un jour de l’une des nymphes de la déesse Diane. Celle-ci pour la préserver des ardeurs de Bacchus, la transforma en pur cristal de roche. Le dieu en eut un tel dépit qu’il déversa sur la pierre sa coupe de vin, créant ainsi l’Améthyste.

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L’améthyste serait donc une pierre de tempérance qui garde de toute ivresse. Ce serait pour cette raison, selon les croyances chrétiennes orthodoxes, qu’elle serait portée par les évêques. Dans l’Apocalypse de Saint-Jean, elle représente la douzième marche de la Jérusalem céleste et symbolise la fusion avec le divin. L’évêque en tant que pasteur des âmes, chargé d’une responsabilité spirituelle et temporelle, doit, à la différence du reclus contemplatif, ayant abandonné le siècle, se garder de toute ivresse, fût-elle spirituelle. C’est aussi parce que l’améthyste était censée encourager le célibat et être un symbole de piété, qu’elle joua un rôle important dans l’ornementation des Eglises catholique et orthodoxe. L’améthyste était également utilisée pour les rituels et les exorcismes. Enfin, une tradition chrétienne moralisante en fait le symbole de l’humilité, parce qu’elle est de la couleur de la violette.

Selon Pline, elle protège contre la sorcellerie, si elle est gravée de figures de la lune et du soleil « et attachée au cou avec des duvets de paon et les plumes d’une hirondelle… ». Elle guérit de la goutte et, placée sous l’oreiller, donne des rêves bénéfiques, renforce la mémoire et immuniser contre les poisons.

L’améthyste est une variété de quartz qui contient du fer d’où sa couleur violette. C’est la forme cristallisée du bioxyde de silicium. L’améthyste a tendance à se décolorer à la lumière. Elle raye le verre et l’acier. Ce quartz représente à lui seul 12% de l’écorce terrestre. Sa densité est de 2,6, de ce fait elle entre dans la catégorie des minéraux légers.

Autres caractéristiques  

L’améthyste est non clivable. Chauffée à 500 °C elle devient jaune devient jaune, c’est la citrine. Elle fond à la flamme d’un chalumeau oxhydrique et en refroidissant elle se solidifie en verre de silice. Elle n’est attaquable que par l’acide fluorhydrique. Deux morceaux de quartz entrechoqués produisent une étincelle et dégagent l’odeur d’une allumette. Soumis à un courant électrique les cristaux de quartz vibrent à un rythme régulier. Pendant des siècles le cristal de roche, la forme la plus pure du quartz, était une énigme. On pensait qu’il s’agissait d’une glace qui ne fondait pas même au feu, d’où son nom de cristal issu du grec Kryos : froid glacial.

L’améthyste est formée de cristaux en prismes à six côtés surmontés d’une pyramide. Parfois, on trouve des cristaux de très grande taille et de plusieurs tonnes, ou bien sous forme miscroscopique, comme le sable des déserts…

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Où la trouve-t-on et qu’en fait-on ?

Dans des cavités produites par la déformation mécanique des roches, dans des failles qui peuvent receler de magnifiques ensembles de cristaux. Elle est présente dans les roches métamorphiques de contact, dans les roches sédimentaires et magmatiques. C’est un minéral très commun. On la trouve aussi dans le granit et le silex est une forme de quartz. Quelquefois de véritables caves de cristal de roche se développent dans des fissures de schiste argileux. L’améthyste se rencontre souvent dans les géodes : cavités nées de bulles de gaz enfermées dans la lave refroidie. On la trouve aussi dans les Druses : petites géodes, moins d’un mètre de diamètre.

Le quartz est le minéral le plus abondant dans la nature. On le rencontre dans les Alpes où les cavités sont appelées four à cristaux, mais aussi au Brésil, au Japon, aux États-Unis ou à Madagascar. En 1795, enSuisse, les cristalliers avaient extrait d’une fissure 50 tonnes de minéral.

A Annecy on fabrique du quartz de synthèse car les gisements dans la nature s’épuisent. Le quartz pousse en autoclave à raison de 2mm par jour, bien plus rapidement que dans la nature. Les cristaux sont plus purs et mieux formés. Cette production représente plusieurs milliers de tonnes par an, mais son prix est encore élevé. On peut obtenir de cette façon d’autres variétés de quartz par exemple l’améthyste.

On dit que l’améthyste a des vertus thérapeutiques. Elle activerait la production d’hormones, harmonisant ainsi le système endocrinien et le métabolisme. Elle fortifierait les organes de purification et d’élimination, ainsi que le système immunitaire. Enfin, elle soulagerait du stress physique et de la douleur. Traitant l’insomnie, elle confèrerait un sommeil reposant.

Par ailleurs, on utilise le quartz :

– pour fabriquer des lentilles et des prismes de certains instruments d’optique ;

– en électricité aussi avec la consommation croissante de lame de quartz ;

– en électronique et équipement radio, télévision et appareils radar ;
– en horlogerie ou en informatique : les vibrations qu’il produit lorsqu’il est soumis à un courant électrique cadencent de façons très précises les opérations. 

– en joaillerie, depuis l’antiquité ; c’est une pierre semi-précieuse, en fonction de ses couleurs.
– en radiesthésie on utilise le pendule en cristal de roche pour détecter les sources.

Autrefois les pierres étaient utilisées pour leurs propriétés magiques par les sorciers et les guérisseurs. Les plus utilisées étaient les silicates comme l’améthyste, la citrine ou le cristal de roche. Les baguettes des guérisseurs étaient faites à partir d’un cristal en prisme allongé qu’ils déplaçaient sur le corps du malade. L’améthyste est sensée apporter la paix de l’esprit. Dans l’antiquité, les prêtres Grecs exposaient un cristal aux rayons du soleil pour allumé un « feu sacré ». L’améthyste était rare dans l’Antiquité. Ce n’est qu’au début du XXe siècle que la découverte d’importants gisements au Brésil et en Uruguay la rendit commune.

Symbolique et croyances

– Les noces d’améthyste symbolisent les 48 ans de mariage dans le folklore français.

– L’améthyste est la pierre fine ornant la bague des évêques.

– Jadis, elle était réputée pour combattre l’intoxication alcoolique, stimuler la créativité, la méditation et les rêves prophétiques.

– Dans le tarot, l’améthyste correspond à l’arcane XIV, la Tempérance, qui relie le monde matériel au monde immatériel. De plus la Tempérance signifie la maîtrise du désir, la modération, la mesure : cette modération, qui, chromatiquement, donne la couleur violette. Faite de l’addition du rouge et du bleu, qui dominent dans la lame du tarot, elle est aussi le mariage de l’actif et du passif, symbolisant le mystère de la création, invisible, secret. Elle symbolise le rayon violet de l’alchimie. 

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– Elle permettrait d’annihiler les envoûtements d’un amoureux jaloux, d’éloigner les mauvaises femmes et… les vipères.

– Placée la nuit sous un oreiller elle permettrait de lutter contre l’insomnie. En poudre, elle calmerait les douleurs gastriques consécutives à l’énervement, elle apaiserait donc les angoisses et les colères, chassant les pensées obsessionnelles, nettoyant et rééquilibrant le mental. Elle calmerait aussi l’hystérie. Léonard de Vinci écrivit d’ailleurs que « l’améthyste était à même de dissiper les pensées mauvaises et d’activer l’intellect ».

– On affirme encore qu’elle améliore le fonctionnement du foie et, placée à proximité d’une plaie, elle aiderait à  la résorption  des brûlures.

– L’améthyste est aussi le nom d’un champignon, ainsi dénommé à cause de sa couleur.

Purification et rechargement

Passé votre Améthyste dans de l’eau distillée salée, rincez-la, essuyez et mettez-là un peu au soleil. Rechargement pendant la Nouvelle Lune.

Signes Astrologiques de prédilection

Si votre thème est fortement marqué Sagittaire ou Poissons bien sûr, mais également Verseau ou Capricorne ou même encore si c’est la Vierge prédomine, vous pouvez faire de l’améthyste votre pierre. 

 

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