AOUT… LE MOIS BENI… SOUS L’INFLUENCE DU DIEU LUG… DIEU SOLAIRE

(6.6.5 - LES MYTHES DU LION ET DU SOLEIL) par sylvietribut le 11-08-2015

Août, qui décante ce que les canicules de la fin juillet ont suffisamment cuit pour les biens des hommes et des bêtes, est toujours fêté. En Angleterre, le 1er août est fêté sous le nom de « Lammas Day », le jour des fruits.

L’importance du 1er août, qui marque un changement de « saison » remonte aux traditions anciennes des fêtes celtes de « Lugnasad » ou « assemblée du Lug », qui ne sont que partiellement connues. Le but des festivités, marquées par des jeux athlétiques et des joutes, à l’instar des jeux Olympiques, était d’honorer Lug, dieu solaire, réputé pour ses vertus, sa beauté et ses talents dans les arts et l’artisanat ; mais la fête honorait surtout Tailtui, sa mère nourricière et déesse-mère de l’Irlande.

LE DIEU LUG

Le dieu Lug dieu solaire – Sa fleur… le Tournesol

Les fêtes en l’honneur de Lug, en polarité avec celles d’Imbole, complètent le cycle naturel ; le 1er février, avec ses lustrations, montrer le chemin, la voie d’évolution qui n’atteint son point culminant que le 1er août où se parachève ce qui mûrissait le reste de l’année.

Les fêtes qui célébraient l’abondance et la prospérité étaient offertes par les rois aux trois classes qui constituaient la société celte : les druides, les guerriers et les agriculteurs ; une lourde punition, représenter l’archétype du mauvais souverain, « laid au physique et au moral », responsable des disettes et des catastrophes naturelles à venir, pesait sur le roi qui aurait manqué d’accomplir avec générosité les fêtes du 1er août. Délaissées, ces fêtes d’abondance se sont déplacées au milieu du mois où la fête de l’Assomption absorbe la majorité des prémices des récoltes et des réjouissances. Il n’y a qu’en Berry que reste vivace la fête de Saint-Pierre-aux-Liens qui reprend d’une certaine façon l’esprit des fêtes de Lug.

Dans les traditions populaires du Sud-est européen, le jour du 1er août marque au point de départ. Tôt le matin, le prêtre prononce des vœux en l’honneur de Saint Tryphon, patron de la vigne, dont la fête au début de février est celle des vignerons. Les paysans accourent se procurer de l’eau bénite, spécialement mise à leur disposition ce jour-là, pour asperger les bêtes, les champs, les granges et plus particulièrement le maïs qui arrive alors à maturité, le coton dont les fruits sont prêts à éclater et les ruches que les abeilles achèvent de remplir de miel en prévision de l’hiver. C’est ensuite que l’on coupe les premières grappes, lourdes de jus, parfumées à souhait, et qu’on les consomme en commun sur le parvis de l’église. A partir de cette date commence le « petit carême de la Vierge », soigneusement respecté jadis.

Pour toute l’Europe de l’Est commence, le 1er août, une période néfaste de six ou douze jours. On y évite tout contact avec l’eau, infestée de créatures féminines hostiles à l’homme, et on ne touche pas à la hache, de crainte de la rendre vengeresse. On conseille encore aux enfants d’éviter les carrefours parce que ce sont des lieux privilégiés de rencontre des « drimes », ces esprits errants, qui peuvent leur faire le plus grand mal. Mais, en apprivoisant le pouvoir néfaste de ces créatures, on fait d’elles de puissances de divination.

Ainsi, les douze premiers jours d’août servent de moyens de prédiction pour le temps de l’année à venir : le temps qu’il fait le 1er août correspond à celui du mois entier, le temps du 2 août à celui de septembre et ainsi de suite. A Chypre, on prononce de semblables oracles à l’aide de douze feuilles de figuier que l’on expose sur le toit des maisons, garnies d’un peu de seul : l’humidité rassemblée sur les feuilles sert de prédiction sur le temps de l’année suivante. Les bergers, eux, se fondaient sur le comportement de leurs chiens.

En Méditerranée orientale, le début d’août est le temps des vents annuels du nord dont la vigueur rend toujours la navigation périlleuse, ce que confirme un dicton : « Les drimes d’août sont sur les voiles comme celles de mars sur la coque du bateau ». Au cours de ces nuits venteuses, le ciel s’ouvre et Dieu se montre particulièrement attentif aux souhaits des hommes. Ainsi on jette du sable dans les maisons dans l’espoir que Dieu y répandra autant de biens que de grains de sable.

Mais août décide aussi de la santé : « Si tu veux connaître ta force, interroge l’août », explique la sagesse populaire qui établit le parallèle avec mars : « A partir d’août : l’hiver, et de mars : l’été », avec tous les troubles que provoquent les changements de saison.

Saint Jean-Baptiste, dont on commémore la Décollation le 29 du mois, a le pouvoir d’enrayer les fièvres paludéennes qui pendant des siècles accablèrent les populations, comme de les envoyer à ceux qui ne l’honoraient pas suffisamment. Les feux allumés en l’honneur de Saint Jean-Baptiste, de plus en plus importants au cours des deux jours suivant sa fête, représentaient la « fermeture » d’une année et le commencement, au 1er septembre, d’une nouvelle période agraire.

LAMMAS DAY

Bibliographie

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Bordas

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