DANS LE MONDE DU SAGITTAIRE… LE THE

(7.01 - LES THES DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 28-11-2009

UNIVERSEL, MEDICINAL ET SPIRITUEL…

LE THE

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D’origine chinoise, où il est connu depuis l’Antiquité, le thé est aujourd’hui la boisson la plus bue au monde après l’eau. La boisson elle-même peut prendre des formes très diverses : additionnée de lait et de sucre au Royaume-Uni, longuement bouillie avec des épices en Mongolie, préparée dans de minuscules théières dans la technique chinoise du gongfu cha, la cérémonie du thé.

Cette boisson se répandit dans tout l’Orient, et parvint en Occident au cours du XVIIe siècle. Ce sont les Hollandais qui introduisirent le thé en Europe. Ils l’avaient acheté à Java et le nommèrent thee, d’où le français thé, l’allemand tee, l’anglais tea ou l’italien tè.

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Le théier, arbre à thé ou tout simplement thé, est un arbuste originaire d’Extrême-Orient, de la famille des Théacées. On distingue trois formes de cette espèce cultivées dans le monde entier : le Camellia sinensis assamica (Assam), le Camellia sinensis sinensis (Yunnan) et le Camellia sinensis cambodiensis. 

Les principaux pays producteurs sont la Chine, l’Inde, le Sri Lanka, le Vietnam, Taïwan, le Japon, le Népal, la Turquie, le Kenya et la Tanzanie. Dans le commerce du thé, le Sri Lanka et Taïwan sont désignés respectivement par leurs anciens noms de Ceylan et Formose.

Suivant l’espèce, le théier se cultive dans un milieu climat tropical humide pour l’Assam ou supporte des conditions plus rigoureuses pour le Yunnan : Japon, Chine, Géorgie, Iran, Turquie, Himalaya indien. En plantation, le théier est taillé pour ne pas dépasser un mètre de haut afin d’en faciliter la cueillette. Les premières récoltes commencent au bout de trois à quatre ans.

plantation-de-the-en-malaisie    Plantation de thé en Malaisie

La cueillette s’effectue encore à la main, le plus souvent par des femmes, sauf au Japon et en Géorgie où elle est mécanisée. Elle se pratique plusieurs fois par an, jusqu’à quatre fois ou plus suivant les régions. Les cueillettes se font par round de 4 à 14 jours, le temps que le théier se renouvelle.

Les feuilles les plus jeunes sont vert clair. Ce sont les plus riches en substance (caféine, tanin, etc.) et celles qui fournissent la boisson la plus goûteuse et la plus raffinée. A l’extrémité des branches se trouve un bourgeon recouvert d’un duvet blanchâtre, le « pekoe », qui signifie en chinois « duvet blanc » et qui n’est autre que la jeune pousse enroulée sur elle-même. Ce bourgeon est particulièrement recherché. Plus on redescend sur la branche, plus les feuilles sont larges et moins la boisson est savoureuse.

On effectue donc plusieurs sortes de cueillette suivant la qualité recherchée de la boisson. Dans la cueillette dite « impériale », on cueille uniquement le pekoe plus une feuille, dans la cueillette « fine », le pekoe plus deux feuilles et dans la cueillette normale, le pekoe et trois feuilles ou plus.

Les différentes sortes de thés (noirs, verts, oolong…) ne proviennent pas de différentes espèces de théier, comme on l’a longtemps cru en Occident, mais sont obtenues en traitant différemment les feuilles récoltées. Si les opérations élémentaires sont simples à décrire, les méthodes exactes sont des secrets industriels jalousement gardés. En plus des opérations classiques, les feuilles de thé sont parfois façonnées à la main, en boules, en fleurs, en dragons, en galettes….

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VERT OU NOIR… QU’IMPORTE… C’EST LA BOISSON SANTE PAR EXCELLENCE 

C’est la boisson la plus consommée au monde. Au point que l’on a oublié qu’il s’agit d’un véritable médicament. Le thé est une boisson dépurative, diurétique, digestive, anti cholestérol, antiviral, anti-âge… Il contient des vitamines (B2, K et PP), des oligoéléments, des flavonoïdes.

Selon le mode de préparation, on obtient du thé vert (non fermenté) ou du thé noir (fermenté). Si ce dernier est surtout protecteur du système cardio-vasculaire, le thé vert, très riche en tanins, est anti tumoral. Des études sur des souris ont montré que la consommation quotidienne de thé vert stopperait l’évolution des cancers de la peau dans plus de 80 % des cas, et des cancers des poumons ou de l’estomac dans plus de 50 % des cas. Cette action serait due à une très forte concentration en poly phénols, qui empêchent la dégénération cellulaire, et en gallate d’épigalocatéchine, qui freine la multiplication tumorale.

Une à trois tasses par jour suffisent pour en profiter pleinement sans insomnie. Un petit truc pour filtrer sa théine : jeter la première eau infusée puis s’en resservir une tasse. En effet, contrairement aux idées reçues, un thé léger est bien plus énervant qu’un thé longuement infusé : la théine se libère à 75 % dans les trois premières minutes. Mais c’est l’inverse pour le thé vert : plus il infuse, plus il se charge de caféine.

On n’innove donc pas en rangeant le thé parmi les plantes médicinales. C’est comme telle qu’il fut introduit en Occident au XVIIe siècle et maintenant qu’il a cessé d’être une denrée exceptionnelle, nous aurions tort d’oublier de faire appel à lui en cas de besoin sous prétexte qu’il est d’usage commun.

Les thés noirs communément commercialisés en Occident sont issus d’un processus de fabrication mis au point par les Britanniques, en Inde, au milieu du XIXe siècle. Les Britanniques se sont inspirés des méthodes chinoises qu’ils ont largement rationnalisées et simplifiées, introduisant notamment l’usage de machines (broyeuses, séchoirs, tamis…), là où les Chinois continuent à préparer les thés à la main. 

LE THE VERT : UN MANGEUR DE GRAISSES

La légende raconte que le thé fut découvert en 2737 avant Jésus-Christ par l’empereur chinois Chen Nong, qui s’apprêtait à boire une tasse d’eau chaude à l’ombre d’un théier lorsqu’une feuille se détacha de l’arbre et tomba dans le récipient. Des récipients datant de la dynastie Han (de – 206 à 220) ont été retrouvés, mais c’est sous la dynastie des Tang (618-907) que le thé a été clairement identifié comme la boisson populaire.

Le thé vert est un thé dont les feuilles, après la cueillette, sont le plus souvent flétries et chauffées à haute température, afin de neutraliser les enzymes responsables de l’oxydation. Elles sont ensuite roulées et séchées plusieurs fois afin d’obtenir une forme particulière. On peut distinguer deux méthodes principales pour obtenir du thé vert :  

-       La méthode chinoise, d’une part, par laquelle les feuilles sont chauffées dans de grandes bassines de cuivre placées sur le feu ;  

-       La méthode japonaise, d’autre part, par laquelle les feuilles sont chauffées à la vapeur, très brièvement, en moins d’une minute, avant d’être roulées et séchées. 

L’Orthosiphon est un thé qui pousse à foison dans les lieux humides de l’île de Java et dans les régions marécageuses de l’Inde ou de l’Australie. Les Malaisiens l’ont baptisé « moustache de chat » à cause des quatre étamines effilées qui garnissent le cœur de sa fleur. Là-bas, on fait sécher ses feuilles comme celles du thé, pour éviter la fermentation et lui conserver à la fois sa saveur et ses vertus thérapeutiques. La principale : il est diurétique. Il augmente le volume des urines et accélère en même temps l’évacuation des déchets : urée, acide urique, toxines métaboliques… C’est pourquoi l’orthosiphon est recommandé pour apaiser les troubles aussi divers que les rhumatismes, l’eczéma ou certaines migraines. Tous ces troubles et bien d’autres, sont en effet dus en partie à l’accumulation de toxines dans les tissus. Traditionnellement, on utilise l’orthosiphon pour lutter contre les maladies des reins et de la vessie. C’est en Indonésie qu’on l’appelle le « thé de Java ». Ses feuilles augmentent le volume et la fréquence des urines favorisant ainsi l’élimination des déchets. Elles ont aussi un effet sédatif léger, qui aide à lutter contre la nervosité provoquée par certains régimes.

On compte deux cuillerées à soupe pour un demi-litre d’eau bouillante, à laisser infuser dix minutes. On peut en boire trois à quatre fois par jour, entre les repas.

COMME LE SAGITTAIRE LE THE A BESOIN DE TOUT UN CEREMONIAL ET INVITE PAR LA MEME A LA SPIRITUALITE

L’admirable cérémonie du thé japonais ne relève pas seulement d’une esthétique, fût-elle la plus parfaite. La pureté du décor, des instruments et des gestes peuvent, certes, la faire apparaître comme une sorte de culte inégalé de la beauté. Mais la première cérémonie du thé, disent les Taoïstes, est l’offrande de la coupe par Yin-hi à Laotseu, qu’allait lui remettre le Tao-te king. Et le théier, disent les adeptes du Zen, est né des paupières de Bodhidharma, qu’il avait coupées et jetées au loin pour s’interdire la somnolence pendant la méditation. C’est pourquoi le thé est utilisé dans le même dessein par les moines : les tenir éveillés.

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Si la cérémonie du thé a toutes les apparences d’un rite communiel, qu’elle a probablement été, en vue, prétend-on d’atténuer la rudesse des mœurs, de discipliner les passions, de surmonter les antagonismes guerriers, et d’établir la paix, sa caractéristique principale est la sobriété, le dépouillement de l’acte, qui vise au dépouillement de l’individualité.

Comme dans tous les arts Zen, le but à atteindre est que rien dans l’acte ne soit accompli par l’ego, mais par la nature propre ou par la vacuité. Le thé est finalement le symbole de l’Essence à laquelle participe le Soi ; mais cette participation n’est pas vacuité sans le sommeil ; elle est veille intense et active dans le silence contemplatif.

COMME LE SAGITTAIRE LE THE PASSE LES FRONTIERES ET LES CONTINENTS… COMME LE SAGITTAIRE LE THE EST DE TOUTES COULEURS… 

On le trouve à Ceylan et rien ne prédestinait Ceylan à devenir « l’île de thé » qu’elle est aujourd’hui. C’est l’Ecossais James Taylor qui a permis cette grande révolution en y plantant vers 1860 les premiers théiers provenant de Chine et d’Assam. Aujourd’hui les plantations couvrent une grande partie de l’île et s’étendent jusqu’à 2500 mètres. Les liqueurs produites sont ambrées, onctueuses, astringentes et charpentées.  

Le thé de Darjeeling provient des plantations de cette région du Nord de l’Inde, situées sur les contreforts de l’Himalaya, entre Bhoutan, Népal et Sikkim. Ici toutes les conditions sont propices à la production de très grands jardins : haute altitude, ensoleillement et brumes accrochées aux montagnes. Les thés de cette région offrent des liqueurs avec un arôme et une finesse inégalée et des notes telles que : amande, muscat et fruits mûrs.

Connaissez-vous les thés du Népal ? Ce pays frontalier de l’Inde s’est inspiré des plantations de la région de Darjeeling, qu’il jouxte, pour installer depuis les années 20 ses quelque 16 000 hectares de plantations. Le Népal compte aujourd’hui 85 plantations et produits majoritairement des CTC, mais également une petite production orthodoxe de très belle qualité, réalisée de manière artisanale par de petits fermiers respectueux de l’environnement, et qui a fait la renommée de cette origine.

Les thés de Chine sont appelés « thés noirs ». Pourtant, en Chine, ils sont connus sous le nom de « Hong cha », signifiant « thés rouges », à cause de la teinte fauve que prennent les feuilles à l’infusion. Ils sont apparus en Chine bien plus tardivement que le thé vert, à la fin du XVIIe siècle, suite à l’essor économique résultant des premières exportations. Provenant essentiellement des provinces d’Anhui, Yunnan et Fujian, les thés noirs de Chine offrent une belle et vaste palette aromatique, à explorer absolument.

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Brique de thé de Chine

Quant au thé rouge vendu en Europe, c’est la dénomination donnée improprement à une plante, différente du thé, poussant en Afrique du Sud, le Rooibos (Aspalathus linearis) qui ne contient pas de caféine et peu de tanin.

Nommés « thés sombres » en Occident et « thés noirs » en Orient, en raison de leurs feuilles qui tournent à l’infusion au noir profond, ces thés sont avant tout connus grâce aux célèbres Pu-Erh, manufacturés exclusivement dans la province chinoise de Yunnan. L’appellation Pu-Erh provient du nom d’un village du sud du Yunnan, Pu er, situé sur la route de la soie, et qui était autrefois une plate-forme de commerce entre le Gouvernement chinois et les tribus aborigènes du Yunnan. Ces thés se distinguent par leur parfum surprenant de terre humide et leurs notes minérales, résultat d’une post-fermentation, et par le fait que ce sont des thés de garde. Affinés en cave, ils se bonifient avec le temps. La liqueur s’arrondit et les arômes se complexifient.

Et puis il existe les thés de Chine fumés. Ils ont la particularité d’évoquer aux Occidentaux « le thé de Chine » alors que pour les Chinois, ils représentent « le thé des étrangers ». L’arrivée de ce thé en Occident remonte à la fin de la dynastie Qing, époque où les ports chinois se sont ouverts à l’export. Originaires de la province du Fujian, ces thés sont cultivés sur les flancs des montagnes Wuyi. Leur goût fumé puissant provient d’un séchage des feuilles, après oxydation, dans un enfumoir empli de braises d’acacia, d’épicéa ou de cyprès. 

En Chine avant la dynastie Song, les fleurs de jasmin étaient exclusivement réservées aux jardins royaux. Depuis cette période, une tradition du thé au jasmin s’est développée. Après la cueillette, les fleurs sont étalées sur des tamis en bambou. Celles-ci s’épanouissent et libèrent une forte fragrance durant les heures nocturnes. Elles sont alors mêlées aux feuilles de thé jusqu’à ce que celui-ci s’imprègne de leur arôme. En résulte une liqueur douce et très parfumée.

natte-de-the Natte de thé  

Thé noir compressé du Yunnan enveloppé dans une feuille de palme, nouée de manière à former cinq boules, chacune servant à préparer un litre et demi de thé. Les nattes peuvent être plongées dans l’eau du bain pour un grand moment de détente.

C’est encore en Chine que l’on trouve le thé jaune. Cette famille de thés rares, produits uniquement en Chine, tirerait son nom de la couleur emblématique de l’empereur, qui se délectait de ces thés. Plus vraisemblablement, cette appellation proviendrait des reflets jaunes que prend le duvet des feuilles à la suite d’un procédé d’oxydation particulier : après une dessiccation rapide, les feuilles sont enroulées dans des « Niu Pi Zhi », vieux papiers jaunes, et laissées à sécher naturellement. Ce thé unique est produit dans la région du Meng Ding « Pic masqué » dans la province du Sichuan : une liqueur aux notes de noix et à la saveur légèrement sucrée.

Les thés blancs sont également la spécialité d’une province chinoise, le Fujian. Ils tiennent leur nom du duvet blanc qu’arborent les jeunes pousses des variétés de théiers sélectionnés pour leur manufacture, appelés Da Bai, « Grand blanc ». Considérés comme rafraîchissants par les Chinois, ces thés sont consommés pendant les fortes chaleurs. Ils se distinguent par leur grande subtilité et nécessiteront le plus grand soin pour leur préparation. Ils excelleront, préparés en Gaiwan, avec des infusions très courtes et répétées, ou bien en infusion plus longues en eau tiède ou froide. Une expérience également intéressante consiste à infuser les thés blancs, le temps d’une nuit, dans le l’eau froide, au réfrigérateur.

Les oolongs de Formose sont de grands thés qui tirent leur nom du chinois « Wu Long » qui signifie « Dragon Noir » et qui symbolise l’autorité et la noblesse. Les plus connus à travers le monde sont ceux produits sur l’île de Formose (Taïwan) mais ils trouvent leur origine dans le Fujian, en Chine. Appelés « semi-fermentés », « semi-oxydés », ou encore « thé bleu-vert », ils sont à mi-chemin entre thé vert et thé noir. Ils allient la saveur tonifiante du premier et la douceur du second. En résulte une immense palette aromatique. Un voyage qui ne cesse de surprendre. Toutefois, il existe aussi des oolongs de Chine en provenance des provinces de Fujian, de Guangdong, et des montagnes de Wuyi. Le Oolong est un type de thé très populaire en Asie, où il est communément servi dans les restaurants. Sa popularité est telle que Mac Donald en propose au Japon dans ses établissements. 

Au Japon on trouve des thés verts qui constituent la totalité de la production du pays, les thés verts japonais se distinguent par leur raffinement. Les élégantes pousses sculptées en aiguilles, les Sencha, offrent un univers organolesptique à part. Des notes végétales, fraîches et marines et une texture développées qui fait dire aux Japonais qu’ils privilégient, dans leur façon de manufacturer le thé, l’expression des saveurs alors que les Chinois eux, privilégient les arômes. De façon idéale, ces thés se prépareront à température modérée et tout particulièrement les grands crus (60-70°). Au centre de la cérémonie japonaise, le Matcha que l’on prépare dans un large bol avec une cuillérée à café de poudre, mélangé à 15 cl d’eau frémissante et fouettée au chasen, un fouet de bambou, jusqu’à obtention d’une mousse légère. C’est alors une liqueur amère aux notes végétales puissantes. 

Au Laos aussi on trouve du thé vert, récolté et fabriqué manuellement. Le séchage se fait au feu de bois puis au soleil. Après humidification à la vapeur, le thé est compacté dans des moules en bambou. Chaque bâtonnet est ensuite ligaturé à l’aide de liens de bambou. Ils sont subtilement fumé ces bâtonnets de thé vert du Komen. 

Les thés verts du Vietnam sont aussi à découvrir : le Shan Tran est un thé à la feuille épaisse et torsadée et aux reflets argentés. Les feuilles sont récoltées sur des théiers anciens le long de la frontière chinoise. Une liqueur au goût franc révélant des notes fraîches, fruitées et aromatiques ; le Lotus O.P. dont la mode fut lancée sous la dynastie Nguyen (1848-1883). On déposait alors du thé dans des fleurs de lotus pour qu’ils s’imprègnent de leur parfum. Une feuille légèrement roulée pour une infusion douce, aux notes entêtantes de fleur de lotus.

On change de continent pour l’Afrique qui nous offre le thé du Kenya il est le produit de la seule plantation de ce pays produisant encore du thé selon la méthode orthodoxe. Cela donne une tasse corsée et aromatique, mais sans amertume. Il est parfait pour le matin, avec ou sans lait.

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LES THES PARFUMES

Dans les années 1950, Jean Jumeau-Lafond redonne un second souffle aux thés aromatisés en enrichissant l’idée de l’indémodable Earl Grey. Un mélange Goût Russe Douchka naît de sa passion et de son génie. Une création intime, inspirée par sa femme qui ajoutait une tranche d’orange dans sa tasse d’Earl Grey, et apportait ainsi une touche de douceur sur une liqueur onctueuse et délicate. Depuis les experts de Dammann Frères conjuguent leur talent et inspiration pour allier les saveurs propres aux thés noirs de Chine, de Ceylan aux saveurs de fruits, de fleurs et d’épices puisées aux quatre coins du monde.

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L’Earl Grey est un mélange de thé noir aromatisé à la bergamote. On trouve également des versions thé vert, d’Oolong et même de thé blanc. Et voici son histoire : le comte Charles Grey (1764-1845), second comte Grey (en anglais : Earl Grey), aurait rapporté la recette d’un voyage diplomatique en Chine et l’aurait offerte à la Maison de thé Jacksons of Picadilly qui aurait donné le nom d’Earl Grey au nouveau mélange en guise de remerciement. En réalité, l’Earl Grey est fabriqué à base de thé noir indien et srilankais, les Chinois n’ayant jamais été de grands consommateurs de thé noir. Quant à Charles Grey, il n’a jamais mis les pieds en Chine. 

Twinings commercialisa le premier « Earl Gre’s tea » sur le marché britannique. Le blend de Twinings contient du thé de Chine, du Darjeeling, du thé de Ceylan ainsi qu’une petite quantité de Lapsang souchong, un thé noir fumé et corsé.  Jacksons of Piccadilly revendique également la paternité de l’Earl Grey et affirme avoir reçu la recette en 1830 de la part du comte. La rivalité entre les deux Maisons se poursuit malgré le fait qu’elles soient aujourd’hui liées à la même Maison mère.

Les thés parfumés les plus célèbres sont :

-       Le thé au jasmin : thé vert auquel sont ajoutés lors de l’oxydation des fleurs de jasmin.

-       Le thé à la menthe : thé vert en général du Gunpowdor auquel sont ajoutées lors de l’infusion des feuilles de menthe fraîche et du sucre.

-       L’Earl Grey : thé noir parfumé à l’essence de bergamote.

Quelques thés célèbres :

-       Darjeeling, Assam et Nilgiri : thés noirs originaires des régions du même nom en Inde où la culture du thé fut importée par les Britanniques au XIXe siècle.

-       Ceylan : thé noir originaire du Sri Lanka, pays dont l’ancien nom est Ceylan.  

-       Gunpowder : thé vert d’origine chinoise. Ce thé est fabriqué de telle manière qu’il forme de petites boulettes très dures. Cette forme et sa couleur vert foncé lui ont valu cette appellation qui signifie en anglais « poudre à canon ». Ce thé, de faible qualité, est célèbre car c’est lui qui est utilisé pour la préparation du thé à la menthe dans les pays du Maghreb où il est le thé de l’hospitalité. On pense que l’origine du thé à la menthe vient de la volonté qu’ont eue les Britanniques de trouver, au XIXe siècle, de nouveaux marchés pour le thé, dont ils avaient développé la culture dans leur empire des Indes. La fermeture des marchés slaves après la Guerre de Crimée avait en effet entraîné une grave crise de débouché. Cela les conduisit à chercher de nouveaux marchés pour leur produit, dont en particulier le Maghreb. Les habitants se sont rapidement emparés du thé, qu’ils ont ajouté aux infusions de menthe ou d’absinthe qu’ils buvaient alors. Ils ont ainsi inventé une nouvelle boisson : le thé à la menthe.

the-a-la-menthe1Un   Le célèbre proverbe décrit l’évolution du thé à la menthe : 

. Le premier verre est aussi amer que la vie,

. Le deuxième est aussi fort que l’amour,

. Le troisième est aussi doux que la mort. 

Par ailleurs, il faut savoir que de nombreuses études expérimentales et cliniques ont révélé que le thé exerçait un effet protecteur contre les maladies cardio- vasculaires. Toutefois, une étude allemande a prouvé récemment que, si la consommation de thé noir permet d’améliorer de manière significative la dilatation des artères par rapport à la consommation d’eau chaude, l’ajout de lait a totalement supprimé les effets du thé en raison de la présence de caséines et de la formation de complexes avec les catéchines du thé.

-         Lapsang Souchong : thé chinois de la province du Fujian. C’est un thé noir dont les feuilles sont placées dans la fumée d’un feu d’épicéa ou de cyprès, ce qui lui donne un goût fumé plus ou moins marqué.

Il existe même un thé au beurre, ou thé au beurre de yak rance, connu sous le nom de Po Cha. C’est une boisson typique du Tibet, également consommé au Bhoutan. Elle est faite à partir de thé, de sel, de beurre et de lait de yak. Le Suutei tsaï et un thé au lait salé traditionnellement bu en Mongoli.

Economie du thé

L’essentiel du thé est produit par de grandes exploitations en Inde, en Chine ou au Sri Lanka, à destination des grandes entreprises de l’agro-alimentaire. A l’opposé de cette production industrielle, de nombreux « jardins », plantations parfois minuscules, fabriquent des thés très recherchés par des amateurs. Ces derniers peuvent se comparés aux très grands crus de vins français à la fois par leur rareté et par leur prix. Leur économie échappe largement aux grands courants mondiaux. 

En 2006, la production mondiale de thé a atteint 3,64 millions de tonnes. Le principal pays producteur est la Chine, suivie de l’Inde, du Sri Lanka, du Kenya et de la Turquie. Ces cinq pays réalisent plus de 75 % de la production mondiale. La Chine reste aujourd’hui le seul pays à produire toutes les familles de thé : thé blanc, thé jaune, thé bleu-vert, thé rouge et thé noir. Les autres pays producteurs de thé sont : l’Indonésie, le Vietnam, le Japon, l’Argentine, l’Iran, le Bangladesh, le Malawi, l’Ouganda. Quant aux importateurs, c’est d’abord l’Union Européenne, avec le Royaume-Uni en tête. Ensuite, vient la Russie, le Pakistan, les Etats-Unis, le Kenya, le Japon, le Maroc qui est même le premier importateur de thé vert chinois.

tasse-de-the1Sans allez si loin, si vous habitez Rambouillet ou sa région, sachez que vous pouvez y trouver tous les thés du Monde. Une charmante petite boutique et une non moins charmante marchande de thés, Laurence, vous conseillera, prendra le temps de vous faire découvrir les merveilleux parfums de ses thés mystérieux. Et sa palette est vaste, elle en propose une centaine.

D’ailleurs, il n’est que de pousser la porte pour que vous arrive de délicieux effluves : Jardin de Mogador, Rêve de la Martinique, Les Riads, Mélange vénitien, Ile de Madagascar, Calabria, Douchka, Saint-Pétersbourg, Cerisier de Chine, L’oriental, Thé des Marquises… Et tant tant d’autres noms qui évoquent horizons mythiques ou horizons lointains… que vous verrez en rêve dans les volutes de fumée de votre thé bien chaud, confortablement assis dans votre fauteuil.            

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CAF’THE

15 bis rue Chasles

78120 RAMBOUILLET

Tél. 01.34.83.33.11

J’oubliais de vous dire que vous trouverez aussi chez Laurence petits gâteaux et autres douceurs pour accompagner votre thé, et puis des théières, des mugs, des tasses, des boîtes à thé, des boules à thé… Tout tout tout pour le thé… Autres merveilles de la boutique des cafés des quatre coins du monde, que Laurence torréfie elle-même… Et elle propose même une petite collection de riz… Chez elle, rien à voir avec les productions standardisées de l’agro-alimentaire et les prix sont tout doux et même plus doux que dans la grande distribution…

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Quel rapport entre le Sagittaire et le thé me direz-vous ?

Le Sagittaire est considéré comme le globe-trotter du zodiaque. Il parcourt le monde en tous sens. Il est à la fois l’explorateur, le colonisateur, le trappeur, le missionnaire. Il gouverne aussi bien les agences de voyages, que les entreprises de transport ou celles qui s’occupent d’import-export. Or, le thé a largement dépassé son pays d’origine, la Chine, non seulement pour être cultivé ailleurs, mais aussi en étant consommé sous toutes les latitudes, tous les continents, du Nord au Sud, d’Est en Ouest. Il est d’ailleurs devenu la boisson la plus bue dans le monde après l’eau, sans distinction de races et de religions. C’est la boisson consensus par excellence. 

Enfin on prête au Sagittaire un fort coefficient de spiritualité et de philosophie. Le thé a lui aussi besoin de tout un cérémonial pour être apprécié. Il est un trait d’union entre le bien-être gustatif qu’il procure et l’élévation de l’âme puisqu’il invite à la méditation. De plus, le cérémonial qu’il nécessite concourt à adopter une attitude zen.  

Dans le corps humain, le Sagittaire correspond au foie. Or, le thé est la boisson dépurative par excellence. Chiron, le dieu guérisseur, faisait partie de la famille des Centaures, montres impitoyables du monde du Sagittaire. Pour avoir apporté son aide à Jupiter, celui-ci lui conféra le pouvoir de soigner et de guérir les maux des dieux et des hommes, seulement estropié il ne pouvait se guérir lui-même. Le Sagittaire est considéré comme un des trois signes soignants du zodiaque avec la Vierge et les Poissons. On trouve d’ailleurs beaucoup de Sagittaire ou de Jupitériens parmi les grands patrons du monde hospitalier. 

Jupiter était le frère et le complice de Déméter, la déesse de la Terre et des moissons de toutes sortes. Il était d’ailleurs disent certains le père de Perséphone, la fille de Déméter. Quand celle-ci disparut à l’improviste et que Déméter submergée par la douleur ne s’occupe plus de nourrir les hommes, il lui promet son aide pour retrouver sa fille, ainsi moissons et cueillettes contribuèrent-elles de nouveau à la prospérité de la terre et des hommes.

Enfin, Jupiter avait un grand pouvoir de métamorphose. Le thé lui ressemble car il ne se présente pas seulement sous forme de feuilles, mais il se cache aussi bien sous forme de plaques, de galettes, de boulettes, de nattes tressées et même caché dans des fleurs… Il se parfume, se colore, se marie, se fume… Et puis, tout comme Jupiter, le thé contribue à la prospérité de ceux qui le servent et au bien-être de ceux qui le consomment.

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Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Les Plantes et leurs vertus – Les Carnets du Jardin – Marie Borrel – Editions du Chêne

Dammann Frères – Catalogue

Vivre au Naturel – Dominique Lesbros – Editions Parigramme

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul  - Robert Laffont 

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LEGUME OU FRUIT DU SOLEIL… LA POMME D’OR

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 08-08-2009

Chez les Aztèques, c’était un « fruit charnu ». On l’appelait la « tomalt ». Elle était plutôt petite et jaune, très répandue au Mexique et au Pérou. C’est de là-bas que les conquistadors espagnols l’ont rapportée en Europe sous forme de petites graines, « la tomata ». Adoptée pour sa consommation dès le XVIIe siècle dans le sud de la France, la tomate a longtemps été, au nord de la Loire, considérée comme une plante d’ornement. C’est en 1790, pendant les fêtes de la Révolution, que les Marseillais l’ont fait goûter et découvrir aux Parisiens.

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La première attestation de « tomate » en français date de 1598 dans la traduction de l’ouvrage de José de Acosta, « Historia natural y moral de las Indias », par Robert Regnault. Le mot « Tomate » n’est entré dans le dictionnaire de l’Académie française qu’en 1835, le fruit s’est longtemps appelé « pomme d’amour » ou  » pomme d’or ». Le nom de la tomate figure dans les « mots sans frontières » recensés par Sergio Corrêa da Costa. On le retrouve en effet dans de nombreuses langues avec de faibles variations phonétiques et orthographiques. On a ainsi dans les langues européennes : tomato en anglais, tomate en allemand, espagnol, français et portugais, tomat en danois, norvégien, suédois et estonien, tomaat en néerlandais, à l’exception notable de l’italien, pomodoro. Quoiqu’il en soit la tomate, dont l’appartenance à la famille des Solanacées avait été reconnue par les botanistes de la Renaissance, a été classée scientifiquement par Linné en 1753 dans le genre Solanum avec comme nom binomial Solanum lycopersicum.

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La tomate est donc bien un légume solaire, le légume du Soleil, le légume du plein été, lorsque le Soleil est le plus haut dans le ciel et où nous ressentons le mieux les bienfaits de ses rayons et de sa chaleur… Ne dit-on pas « rouge comme une tomate » quand on a pris un coup de soleil. On le dit aussi d’ailleurs quand on rougit de confusion.

Cependant, comme on vient de le voir, en Italie la tomate est appelée « pomodoro », la « pomme d’or » et cet or est une autre référence au soleil et au signe du Lion, qui correspond au milieu de l’été, signe dont on dit que le Soleil y est en domicile.  Cette pomme d’or invite à s’interroger : et si la tomate avait été connue des dieux grecs, bien avant que nous ne la découvrions chez les Aztèques. Et voilà ce mythe de la pomme de la discorde nous fait douter… Ce serait donc une tomate qui serait à l’origine de la guerre de Troie ?

Pâris était l’un des plus jeunes fils du roi Priam et de la reine Hécube, les souverains de Troie. Il avait pour frère Hector qui trouvera la mort durant la guerre de Troie et, pour sœur, Cassandre, la voyante que personne ne croyait. Un peu avant de le mettre au monde, sa mère, la reine Hécube, rêva qu’elle donnait naissance à une torche qui incendiait et détruisait toute la ville, ou bien qu’un monstre aux cent bras mettait la cité en ruine. Un devin, Aesacos, fils que Priam avait eu de la nymphe Alexirrhoé, ou bien une Sybille, avertit Priam que ce rêve était de mauvais augure et que l’enfant devait mourir ; Priam confia alors le nouveau-né à un berger, Agélaos, qui l’abandonna sur le Mont Ida. Mais cinq jours plus tard, le berger le retrouva toujours vivant, car une ourse l’avait nourri ; il eut pitié de l’enfant et l’éleva comme son propre fils. Pâris devint un jeune homme d’une beauté frappante et, le moment venu, il se réconcilia avec sa famille. En effet, Priam avait envoyé des serviteurs dans la montagne pour rapporter un taureau destiné à être le prix des jeux funèbres donnés par le roi. Le taureau choisi était l’animal favori de Pâris, et ce dernier suivit les serviteurs, bien décidé à prendre part aux jeux et à reconquérir l’animal. En effet, il remporta de si belles victoires qu’il excita la jalousie des fils de Priam et lorsque Deïphobe tira l’épée contre lui, il chercha refuge à l’autel de Zeus dans la cour du palais. Cassandre l’aperçut et reconnut en lui le fils que Priam avait perdu ; Pâris fut alors accueilli, et la vision de la reine Hécube oubliée. Auparavant, Pâris avait épousé une nymphe, Oenoné, fille du fleuve Cébren, et continua à vivre avec elle sur le Mont Ida, en gardant les troupeaux de son père avec ses camarades.

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Les Noces de Thétis et de Pelée par Cornelis Van Haarlem (1593)

C’est là qu’Hermès (Mercure), sur l’ordre de Zeus (Jupiter), conduisit Pâris auprès d’Héra (Junon), Athéna (Minerve) et Aphrodite (Vénus) qui se disputaient la pomme d’or lancée par Eris (la Discorde) lors des noces de Thétis et de Pélée : le fruit portait l’inscription « à la plus belle ». Chacune des trois déesses essaya d’acheter le beau juge : Héra lui offrit l’empire de la terre toute entière ; Athéna, la victoire dans tous les combats et Aphrodite lui offrit la plus belle femme du monde. Ce fut cette dernière proposition qui convainquit Pâris et il accorda le prix à Aphrodite. Dès lors la déesse le protégea et fit en sorte qu’il rencontre Hélène, épouse de Ménélas le roi de Sparte en Grèce.

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Le jugement de Pâris – Miniature

Priam, sans doute sous l’influence d’Aphrodite, envoya Pâris le représenter auprès du roi de Sparte. <peut-être Pâris déclara-t-il qu’il avait l’intention de ramener Hélène avec lui, car la jeune femme était célèbre pour sa beauté et avait été demandée en mariage par tous les jeunes princes de Grèce. On racontait aussi qu’Hélénos et Cassandre avaient prédit à ce moment-là que le départ de Pâris apporterait la ruine de Troie. Oenoné, la compagne de Pâris, sentant qu’il allait l’abandonner, lui demanda de revenir près d’elle sur le Mont Ida s’il était blessé, qu’elle le soignerait grâce à ses connaissances en médecine.

Lorsque Pâris arriva à Sparte, Ménélas l’accueillit avec hospitalité tandis que sa femme Hélène tombait éperdument amoureuse de lui. Neuf jours plus tard, Ménélas dut se rendre aux funérailles de son grand-père Catrée, en Crète, et Pâris s’enfuit avec Hélène, emportant avec lui les trésors magnifiques des coffres de Ménélas.

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Hélène et Pâris – Musée du Louvre – DAVID (1788)

Les traditions diffèrent sur le temps que les deux amants mirent pour atteindre Troie. Quoi qu’il en soit,  quand il se fut révélé impossible de régler le différend par la voie diplomatique, une immense armée recrutée dans la plupart des royaumes et principautés de Grèce attaqua Troie sous le commandement suprême d’Agamemnon, le frère de Ménélas. Notez au passage l’enchaînement des événements qui président à un destin et toujours à partir d’un fait qui semble bien anodin. Cette pomme d’or allait en effet être à l’origine d’une guerre longue et impitoyable et la chute de Troie.

Cette pomme d’or provenait du jardin des Hespérides, qui n’étaient pas encore ces résidences médicalisées pour personnes âgées dont on voit les publicités dans les journaux. Les Hespérides étaient les filles d’Atlas et d’Hespéris. Elles vivaient dans un jardin plein de pommes d’or mais dont l’entrée était gardée par un dragon. Héraclès (Hercule) triompha du dragon et s’empara du jardin avec toutes ces richesses. Le mythe évoque l’existence d’une sorte de Paradis, objet des désirs humains, et d’une possibilité d’immortalité, que symbolise les pommes d’or ; le dragon désigne les terribles difficultés d’accès à ce Paradis et Héraclès, le héros qui triomphe de tous les obstacles. L’ensemble est un des symboles de la lutte de l’homme pour parvenir à la spiritualisation qui lui assurera l’immortalité. Atlas, dit la légende, enseigna l’astronomie à Héraclès, le dragon donna son nom à une constellation et Héraclès fut identifié au Soleil. Maintenant, en ce qui concerne ces pommes d’or si le « pomodoro » italien évoque une tomate, il y en a qui affirme que la pomme d’or de la discorde provenant du jardin des Hespérides étaient une orange… Qui le saura jamais ?

Toutefois, on peut affirmer que le bonheur est dans la tomate… Savoureuse et pleine de qualités, très revitalisante, c’est une alliée de la minceur. Avec elle, on se sent bien. En effet, ce fruit-légume a des vertus thérapeutiques reconnues, comme nous l’ont confié nos grands-mères. Une compresse imbibée du jus d’une tomate fraîche soulage les piqûres d’insectes. Coupée en rondelles, une tomate peut aussi soigner un coup de soleil. Il semblerait que ceux qui en mangent beaucoup y soient moins sujets. Essayez-la aussi en masque sur les paupières pour calmer des yeux irrités.

De même la tomate est très bonne pour la peau, grâce à ses antioxydants : elle assainit et éclaircit le teint. Pour un bon nettoyage de peau, appliquez tous les trois ou quatre jours du jus de tomate ou de la pulpe de tomates fraîches sur le visage et les mains et rincez à l’eau. Tout comme la carotte, la tomate est très riche en lycopène, elle stimule le bronzage et l’effet bonne mine.

En Crète, la tomate est l’une des composantes de la fameuse diète méditerranéenne qui permet de vivre longtemps et en bonne santé. Dégustée crue, c’est en début de repas, ou comme coupe-faim, qu’elle est idéale. Très pauvre en calories, la tomate est très riche en eau, donc rafraîchissante et hydratante. Riche en vitamines C et en magnésium, on en mange à volonté pour chasser les toxines et la fatigue. Ses anti-oxydants contenus dans le lycopène font baisser les mauvaises graisses et l’hypertension.

Enfin, au jardin, le purin de tomate, obtenu par macération de feuilles et tiges dans l’eau, serait efficace pour prévenir ou éloigner certains insectes parasites, notamment les pucerons.

Avec son arôme, son odeur, sa fraîcheur en bouche, la tomate justifie le vieux dicton provençal : « C’est la sauce tomate qui fait la bonne viande ». Avec la tomate, le rouge est multiple. Dans la famille des tomates rouges classiques, les consommateurs préfèrent d’abord les biens rondes et les charnues très goûteuses, puis celle en grappes si proches de celles du jardin. Parmi les variétés les plus prisées, la grosse cœur de bœuf, charnue et ferme, plutôt acide et très parfumée. Elle est délicieuse, tout simplement revenue à la poêle ou crue, marinée à l’huile d’olive et au jus de citron.

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Ludiques et raffinées, les grappes de petites tomates cerise avec leur léger goût sucré sont exquises à l’heure de l’apéritif ou en pique-nique. On peut aussi les confire ou les plonger dans un caramel croquant en mini pommes d’amour. Dès le mois de juin, la Marmande ronde, fruitée et généreuse, est idéalement équilibrée entre sucré et acide, chair et jus. Résultat : c’est la reine des tartares de tomates et des tomates farcies. Quant à la Roma, à la forme allongée, très ferme mais sucrée et peu juteuse, est encore meilleure à la cuisson, favorite de toutes les sauces italiennes, des soupes et des ratatouilles.

Comme officiellement il existe 14 000 variétés de tomates, il ne faut pas hésiter à goûter des raretés souvent hautes en couleurs, découvertes au hasard de petits maraîchers passionnés. Et revoilà les pommes d’or du jardin des Hespérides avec ces tomates jaunes, moelleuses et douces, les oranges juteuses et très fruitées, idéales pour les salades inventives . Pour les sauces et les potages, les tomates foncées, presque noires, ont une saveur riche avec un goût généreux et prononcé. Pour les vrais amateurs, les roses, délicates, subtilement aromatiques, s’expriment naturellement avec quelques cristaux de fleur de sel. Les zébrées se dégustent tout simplement crues, avec un filet d’huile d’olive. En fin de saison, on trouve les tomates vertes, charnues et sucrées, cuites en confitures, relevées d’une gousse de vanille et de citron.

Histoire de la tomate à travers les siècles

Elle fut introduite en Europe, au début du XVIe siècle par les Espagnols, d’abord en Espagne, puis en Italie, par Naples, alors possession de la couronne espagnole. Initialement considérée comme plante ornementale, elle est cultivée depuis le XVIIIe siècle pour son fruit, consommé comme légume. La première mention de la tomate dans la littérature européenne apparaît dans un ouvrage publié pour la première fois en 1544, les « Comentari » de Pietro Andrea Mattioli, botaniste et médecin italien, qui en donne une description sommaire au chapitre consacré aux mandragores et l’appelle « pomi d’oro » « mala aureo » : pomme d’or. La plante étant de la même famille que la belladone, ses fruits n’étaient pas considérés comme comestibles, mais utiles en médecine.

En Grande-Bretagne, John Gerard, botaniste et chirurgien anglais, fut le premier à cultiver la tomate dans les années 1590. Il représenta la plante qu’il considérait comme vénéneuse, y compris le fruit, dans son herbier « The Her all or General Historie of Plantes ». Son avis négatif prévalut en Grand-Bretagne et dans les colonies britanniques d’Amérique du Nord pendant encore deux siècles.

L’introduction en France fut lente. Elle commença par la Provence. En 1600, Olivier de Serres, un des premiers agronomes français, qui cultivait son domaine du Pradel dans l’Ardèche, classe la tomate parmi les plantes d’ornement. Voici ce qu’il écrivait dans « Le théâtre d’agriculture et mesnage des champs » : « Les pommes d’amour, de merveille, et dorées, demandent commun terroir et traictement, comme aussi communément, servent-elles à couvrir cabinets et tonnelles, grimpans gaiement par dessus, s’agrafans fermement aux appuis. La diversité de leur feuillage, rend le lieu auquel l’on les assemble, fort plaisant : et de bonne grâce, les gentils fruicts que ces plantes produisent, pendans parmi leur rameure… Leurs fruicts ne sont bons à manger : seulement sont-ils utiles en la médecine, et plaisans à manier et flairer ».

En France, à la fin du XVIIIe siècle, les qualités culinaires du fruit de la tomate sont mises en avant dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert : « Le fruit de tomate étant mûr et d’un beau rouge, et il contient une pulpe fine, légère et très succulente, d’un goût aigrelet relevé et fort agréable, lorsque ce fruit est cuit dans le bouillon ou ans divers ragoûts. C’est ainsi qu’on le mange fort communément en Espagne et dans nos provinces méridionales, où on n’a jamais observé qu’il produisît de mauvais effets ». En 1760, le catalogue de la maison Andrieux-Vilmorin classe encore la tomate comme plante ornementale, les premières variétés potagères apparaissent dans l’édition de 1778 et dans « le Bon jardinier » en 1785. La diffusion de la tomate s’accéléra en France pendant la Révolution avec la montée des Provençaux à Paris pour la fête de la Fédération en 1790. Deux restaurants tenus par des Marseillais, les « Trois frères provençaux » et le « Bœuf à la mode » participèrent à la popularisation de la tomate dans la capitale.

Aux Etats-Unis, le président Jefferson qui avait séjourné en France de 1784 à 1789, fut au début du XIXe siècle un propagandiste de la tomate qu’il fit cultiver dans son domaine de Monticello en Virginie et entrer à la table présidentielle en 1806.

Les fêtes de la tomate

De nombreuses fêtes de la tomate sont organisées dans le monde, notamment aux États-Unis, en Europe et dans divers pays comme Israël, l’Argentine ou l’Australie. Ce sont souvent des « fêtes des plantes » axées sur la tomate et souvent d’autres légumes dans lesquelles sont présentées des fruits de nombreuses variétés, des concours des plus belles tomates, et qui sont l’occasion pour les passionnés d’échanger des semences ou de découvrir de nouvelles recettes.

En France, une « fête de la tomate et des légumes anciens » se tient depuis quelques années à la mi-septembre à Haverskerque (Nord). A Gunnedah (Nouvelles-Galles-du-Sud) en Australie, la « National Tomato Competition » organisée en janvier est un concours de la plus grosse tomate.

Celle qui est organisée chaque année en août à Buñol, commune espagnole de la province de Valence, la « Tomatina », se distingue par son caractère de bataille festive dans laquelle les seules munitions utilisées sont des tomates bien mûres. Une fête similaire, la « Gran Tomatina Colombiana », se déroule en Colombie dans la commune de Sutamarchán chaque année en juin depuis 2005.

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La Tomitina en Espagne

La Tomate dans l’art

Pablo Picasso peignit en août 1944 une série de neuf tableaux représentant un plant de tomate sur le rebord d’une fenêtre. Réalisées dans l’appartement de son ancienne compagne, Marie-Thérèse Walter et de sa fille Maya à Paris, où le peintre s’était réfugié pendant les combats pour la Libération de la capitale, ces peintures sont, selon Jean Sutherland Boggs, « une métaphore pittoresque et décorative de la nécessité pour l’être humain de survivre et prospérer même sous les contraintes de la guerre ».

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Picasso – Pied de tomate

En 1962, Andy Warhol produisit une œuvre intitulée « Campbell’s Soup Cans », constituée d’une série de 32 tableaux représentant une série de boîtes de soupes rouge et blanche de la société Campbell, au premier desquelles la soupe de tomate.

Les formes arrondies de la tomate ont inspiré en 1971 au designer finlandais Eero Aarnio le dessin du « fauteuil tomate » (tomato chair).

Dans un registre humoristique, Alphonse Allais intitula en 1882 un tableau abstrait uniformément rouge « Récolte de la tomate par des cardinaux apoplectiques au bord de la Mer Rouge ».

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Andy Warhol – Robe sauce tomate

Symbolisme et tomates

Chez les Bambaras, peuple d’Afrique de l’Ouest (Mali, Sénégal, Guinée), la tomate est un symbole de fécondité, et les couples doivent en manger avant de s’unir. La tomate est l’emblème, fruit ou légume officiel, de plusieurs États américains :

  • Arkansas (fruit et légume officiel), il s’agit d’une variété à fruits roses, la « South Arkansas Vine Ripe Pink Tomato »,
  • Louisiane (légume officiel), variété Creole tomato,
  • New-Jersey (légume officiel),
  • Ohio (fruit officiel),
  • Tenessee (fruit officiel).

        ·      En outre, le jus de tomate est la boisson officielle de l’Ohio.

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Le parti socialiste néerlandais a adopté comme symbole une tomate rouge qui figure dans son logo.

 

Fruit ou Légume

D’un point de vue botanique, la tomate est indiscutablement un fruit, puisqu’elle dérive, y compris ses graines, de la transformation de l’ovaire d’une plante à fleurs. Cependant, d’un point de vue culinaire, elle n’a pas le même goût sucré que les fruits consommés comme tels, le plus souvent à la fin du repas, et est généralement servie, comme légume, dans des préparations salées, en entrée ou en salade, ou en accompagnement du plat principal. L’origine de la controverse vient du fait que les tomates sont traitées comme des fruits dans les pratiques de conserve domestique. Les tomates ont en effet une acidité suffisante pour être préparées à l’eau plutôt que dans un stérilisateur à vapeur comme c’est le cas pour les « légumes ».

Cette controverse a eu des implications légales aux États-Unis. En 1887, des droits de douane appliqués aux légumes mais pas aux fruits ont fait du statut de la tomate un sujet d’importance au regard de la loi. La Cour suprême des États-Unis mit fin à la controverse le 10 mai 1893 en déclarant que la tomate était un légume, selon la définition populaire qui classe les légumes, généralement servis au cours du repas et non au dessert, en fonction de leur utilisation. La décision s’applique seulement à l’interprétation du tarif douanier du 3 mars 1883 et la Cour ne prétend pas reclasser la tomate pour d’autres considérations que celles relatives au paiement de taxes douanières.

La tomate a été choisie comme légume-emblème officiel par l’État du New Jersey. L’Arkansas en revanche n’a pas tranché entre fruit et légume en faisant de la variété « South Arkansas Vine Ripe Pink Tomato » à la fois le fruit-emblème et le légume-emblème de l’État, dans une décision unique citant ses usages culinaires et la classification botanique. En 2006, la chambre des représentants de l’Ohio adopta une loi qui devait déclarer la tomate comme le fruit-emblème de l’État, mais elle ne fut pas ratifiée par le Sénat et il fallu attendre avril 2009 pour qu’une nouvelle loi fasse de la tomate le fruit officiel de l’Ohio. Le jus de tomate est depuis 1965 la boisson officielle de l’Ohio. A.W. Livingston, originaire de Reynoldsburg (Ohio), a joué un grand rôle dans la popularisation de la tomate vers la fin des années 1800.

Du fait de la définition scientifique du fruit, la tomate reste considérée comme un fruit aux États-Unis dès lors qu’il ne s’agit pas de questions douanières. Ce n’est d’ailleurs pas le seul fruit botanique consommé comme légume : l’aubergine, le concombre et les courges de toutes sortes partagent la même ambiguïté.

Tomates et records

L’immense pied de tomate qui pousse dans les serres expérimentales du parc Disney d’Orlando en Floride est probablement le plus grand du monde. La plante a été reconnue par le Livre Guinness des records pour sa production de 32 000 tomates d’un poids total de 522 kg. Elle produit des milliers de tomates en même temps sur un seul pied. Yong Huang, directeur de science agricole à Epcot, a découvert ce plant unique à Pékin (Chine). Huang en rapporta des graines à Epcot et fit construire une serre spécialisée. Les tomates, qui ont la taille d’une balle de golf, sont servies dans les restaurants du parc Disney. Les visiteurs peuvent voir ce pied de tomate record en empruntant le parcours en bateau Living with the Land du parc d’Epcot.

La plus grosse tomate jamais récoltée pesait 3,51 kg. Cette tomate de la variété ‘Delicious’ fut cueillie aux États-Unis en 1986 dans sa serre à Edmond (Oklahoma) par un certain Gordon Graham.

On qualifie plutôt la tomate de légume car c’est une plante potagère qu’on utilise en quantité généreuse dans des plats plutôt salés. Pourtant, du point de vue botanique, c’est un fruit. Sur la planète, elle tient une place de choix dans notre alimentation. C’‘est d’ailleurs l’un des légumes parmi les plus consommés en France. Avec près de 15 kg par personne et par an, elle arrive en seconde position derrière la pomme de terre. Si les consommateurs la dégustent crue, en salade ou à la croque au sel, et beaucoup en jus, ils l’apprécient tout autant quand elle est farcie, confite, en sauce ou simplement sautée à la poêle. Certains en font même des confitures.

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Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant  - Collection Bouquin –  Editions Robert Laffont/Jupiter

Dictionnaire de la Mythologie - Michael Grant et John Hazel – Editions Marabout

 

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