DANS LA SYMBOLIQUE DU CAPRICORNE ET DE SATURNE/CHRONOS : LE TEMPS

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 07-01-2011

La notion de temps s’enracine dans le mouvement soli-lunaire. En effet, les événements périodiques, en premier chef les mouvements du Soleil et de la Lune, deviennent des signaux… d’organisation.

Le Soleil et la Lune sont les clefs de voûtes du système social. Ils n’en sont pas seulement les horloges externes, ils règlent le métabolisme interne de la société : le calendrier, fixé sur la Lune ou le Soleil, ne sert pas seulement de repère au cours des événements, il fixe et déclenche le cycle discursif de la vie sociale. 

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Le temps est souvent symbolisé par la Rosace, par la Roue, avec leur mouvement tournant, par les douze signes du Zodiaque, qui décrivent le cycle de la vie et, en général, par toutes les figures circulaires. Le centre du cercle est alors considéré comme l’aspect immobile de l’être, le pivot qui rend possible le mouvement des êtres, tout en s’opposant à celui-ci comme l’éternité du temps. Ce qui explique la définition augustinienne du temps : « image mobile de l’immobile éternité ». Tout mouvement prend figure de cercle, dès lors qu’il s’inscrit dans une courbe évolutive entre un commencement et une fin et tombe sous la possibilité d’une mesure, qui n’est autre que celle du temps. Pour tenter d’exorciser l’angoisse et l’éphémère, l’horlogerie contemporaine n’a pas trouvé mieux, inconsciemment, que de donner aux montres et aux réveils une forme carrée, plutôt que ronde, symbolisant ainsi l’illusion humaine d’échapper à la roue inexorable et de maîtriser la terre, en lui imposant sa mesure. Le carré symbolise l’espace, la terre, la matière. Ce passage symbolique du temporel au spatial n’arrive cependant pas à supprimer toute rotation dans l’un ou l’autre sens, mais occulte l’éphémère, pour n’indiquer que l’instant présent dans l’espace.

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L’architecture et la sculpture d’inspiration chrétienne ont souvent représenté le Christ, surtout dans l’art roman, comme par exemple au tympan de l’église d’Autun, sous la forme du Maître du Temps, chronocrator, qui rejoignait celle du Maître de l’univers et de ses rythmes, cosmocrator. L’art est conçu comme une lutte contre la mort, ainsi d’ailleurs que la mystique. L’un et l’autre symbolisent un combat pour l’éternité : le temps est pour Baudelaire « l’ennemi vigilant et funeste, l’obscure ennemi qui nous ronge le cœur » (Spleen et Idéal).

Dans le langage comme dans la perception, le temps symbolise une limite dans la durée et la distinction la plus sentie d’avec le monde de l’Au-delà, qui est celui de l’éternel. Par définition, le temps humais est finie et le temps divin infini, ou plutôt, il est la négation du temps, l’illimité. L’un est le siècle et l’autre l’éternité. Il n’existe donc entre eux aucune commune mesure possible. Cette différence de nature, que l’intelligence ne peut normalement pas concevoir, est marquée en Irlande par une discontinuité ou une rupture symbolique du temps humain à chaque fois que les humains pénètrent dans le « Sid » (Autre Monde) ou sont en relation avec des gens du « Sid ». Ils croient avoir été absents quelques jours ou quelques mois et l’ont été en fait pendant plusieurs siècles : la conséquence en est que, s’ils reviennent en Irlande et mettent pied à terre, ils ont brusquement l’âge qu’ils auraient s’ils avaient mené une existence terrestre, et meurent brusquement. Inversement, des personnages héroïques peuvent avoir passé plusieurs jours dans le « Sid » et n’avoir été absents que pendant quelques heures. L’Irlande s’est tirée d’affaire en limitant les contacts entre les humains et le « Sid » à la courte période de la fête du  1er novembre (Samain), début de l’année celtique : cette fête, qui jouxte donc deux années, clôt l’une et ouvre l’autre, en fait en réalité partie ni de l’une ni de l’autre. Elle est symboliquement en dehors du temps.

D’une façon générale les fêtes, les orgies rituelles, les extases sont comme des échappées hors du temps. Mais cette échappées ne peut se réaliser que dans l’intensité d’une vie intérieure et non dans le prolongement indéfini de la durée : sortir du temps, c’est sortir totalement de l’ordre cosmique, pour entre dans un autre ordre, un autre univers. Le temps est indissolublement lié à l’espace. 

– Etymologie 

Le mot « temps » provient du latin « tempus », lui-même dérivé du grec « temnein » qui signifie « couper » et qui fait référence à une division du flot du temps en éléments finis. Il est à noter que « temples » (templum) dérive également de cette racine et en est la correspondance spatiale : le templum initial et la division de l’espace du ciel ou du sol en secteurs par les augures. Enfin « atome » (insécable) dérive également de « temnein ». 

Eléments généraux

Le temps historique est découpé en trois périodes : 

·         Le passé qui désigne l’espace du réel qui n’est plus, avant le présent.

·         Le présent qui désigne l’espace du réel, entre le passé qui n’est plus, et le futur qui n’est pas encore.

·         Le futur qui désigne l’espace du réel qui n’est pas encore, après le présent.

Le Chronos est un concept qui permet de définir le temps. Ces concepts sont apparus chez les Grecs.

Le Chronos est le tout du temps, relatif au présent : « Hier était le jour précédent et demain sera le jour suivant parce que je suis aujourd’hui. »

Il est un point mouvant sur la flèche du temps qui définit les infinis à ses deux bornes. La notion de temps est un corollaire de la notion de mouvement : le mouvement se fait dans la durée et si le temps venait à s’arrêter plus rien ne bougerait.

Ainsi, selon Aristote, le temps est le nombre du mouvement selon l’antérieur et le postérieur. A contrario le temps semble ne plus faire sens quand l’idée de mouvement disparaît, car le temps suppose la variation.

Changement, permanence, espace, simultanéité, succession, antériorité, postériorité… ces notions font notamment appel à la mémoire. Le classement des événements dans un ordre quelconque ne peut se faire que si l’on se souvient. De façon opposée, la mémoire se construit grâce au fait que certains événements se répètent, autorisant ainsi l’apprentissage.

De façon plus générale, il semble que le temps puisse être considéré (et considérer n’est pas connaître) sous deux aspects : 

·         l’aspect cyclique : cycle des jours, des saisons, de la vie…

·         l’aspect linéaire : évolution, transformation irréversible, passage de la naissance à la mort

La régularité de certains événements a permis d’établir très tôt une référence de durée (calendrier, horloge…) et donc de quantifier le temps : « quantifier le temps », c’est lui associer un nombre et une unité, en effectuer une mesure. Toutefois, cette connaissance est au mieux celle d’une substance du temps : elle n’apprend rien sur sa nature intime, car la mesure n’est pas le temps – il faut du temps pour établir une mesure. Et bien que l’intuition du cours du temps soit universelle, définir le temps en lui-même semble au-delà de nos capacités.

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Cadran Solaire de Saint-Véran

L’Horloge

C’est un système de mesure du temps et spécialement pour marquer et indiquer l’heure.

Il existe des horloges à toutes les échelles de l’univers, de la plus petite à la plus grande, par exemple :

horloge-astronomique-de-prague Horloge Astronomique et astrologique de Prague 

·         horloges mécaniques qui peuvent être portatives :  

·         pendule,

·         horloges de plancher,

·         horloge de clocher,

·         montres

·         horloges cristallographiques à quartz; l’horloge d’un processeur en est un exemple,

·         horloges atomiques

·         horloges pneumatiques

·         horloges à eau ou clepsydre

·         horloges cosmiques :

·         horloges terrestres : rotation diurne et révolution annuelle autour du Soleil

·         horloge lunaire : lunaison  

·         horloges météorologiques comme le retour de la mousson

·         horloges biologiques : pulsation cardiaque, battement de cils, respiration, sommeil, menstruations, etc.  

Pourquoi et comment ? 

Les horloges utilisent en général les oscillations d’un système à sa fréquence propre : balancier, ressort, cristal de quartz, fréquence d’une raie atomique. La stabilité de cette fréquence propre et l’entretien de ses oscillations sont fondamentales. 

Une fois fabriquée et démarrée, l’horloge doit être mise à l’heure, c’est-à-dire synchronisée avec l’horloge de référence : il faut tourner les aiguilles ou régler un affichage numérique pour la caler sur la référence choisie.

horloge-mondiale-a-berlin Horloge Mondiale de Berlin

Son travail est ensuite de garder cette heure, du mieux qu’elle peut (elle a généralement été conçue pour cela : une horloge est un garde-temps), mais il est prudent de régulièrement vérifier et si nécessaire restaurer sa synchronisation. 

La rotation diurne de la Terre est la plus commune des horloges. Les horloges mécaniques ont été conçue pour suivre cette horloge naturelle, et la découper en intervalles conventionnels (variables selon les lieux et les époques), comme les heures ; l’origine de la journée dépend également de la civilisation (lever du soleil, coucher, milieu de la nuit…).  

Les horloges mécaniques ont également repris (sauf exceptions originales et notables) le sens de rotation de l’ombre du style d’un cadran solaire. 

La révolution de la Terre autour du Soleil, ou de la Lune autour de la Terre, ont servis à définir les années et les mois (importants pour le repérage des saisons, des périodes de chasse ou de travaux agricoles).

horloge-republicaine  Horloge Républicaine 

L’absence d’absolu légitime l’usage d’horloges différentes selon le domaine. Cette absence rend également nécessaire le choix purement arbitraire d’une horloge de référence. La référence de temps actuelle, l’UTC , est basée sur la rotation terrestre traduite, grosso modo, par le retour du soleil au méridien d’un lieu : c’est l’heure de tous les jours donnée par des horloges atomiques, à un décalage horaire près. Mais cela peut changer : il est envisagé de supprimer le lien entre la rotation terrestre et les horloges atomiques et de baser le temps de tous les jours uniquement sur les indications de ces dernières.

horloge-a-balancier 

Mais les horloges de référence ne sont pas toujours accessibles directement ou facilement utilisables en pratique : il est alors possible de considérer qu’une horloge plus simple et plus facile à construire et à manipuler est représentative de l’horloge de référence pendant un certain intervalle de temps : c’est le cas de nos montres de tous les jours. Par exemple il est possible de se servir d’une montre bien calée sur le temps de l’horloge atomique de référence pour repérer le moment du lever du soleil, autre expression de l’horloge terrestre. 

La montre

Une montre est une horloge portative. Au XXIe siècle, la montre se porte généralement au poignet, mais les premières montres étaient portées dans une poche de gilet, de veste (ou veston), ou bien encore attachées à l’extrémité d’un court ruban fixé en haut de la culotte ou du pantalon.

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Salvador DALI – Montre Molle 

Une horloge ne peut fonctionner que dans une seule position, au contraire de la montre qui fonctionne dans toutes les positions. De ce fait, deux éléments techniques lui sont indispensables : 

– le ressort moteur, alors qu’une horloge peut fonctionner avec des poids dont la descente actionne le rouage ; 

– le coq, qui est le point de pivotement supérieur du balancier, alors que l’horloge peut fonctionner avec un pendule.

Le réveil

Un réveille-matin (également abrégé en réveil) est une horloge qui émet un son à une heure prédéterminée. On l’utilise généralement pour se réveiller en début de journée, d’où son nom. Il a été inventé par Antoine Redier.

cocorico-reveille-matin-vivantCOCORICO – Réveille-matin vivant

Il en existe plusieurs types :

·         mécanique, à ressort ;

·         électrique.  

penduleLa pendule

Le terme pendule en horlogerie désigne : 

·         . une petite horloge d’appartement

·         . une horloge dont le balancier est un pendule.

Le chronographe ou chronomètre

Un chronographe, ou chronoscope, est un instrument horaire permettant de mesurer la durée d’un événement. Dans le langage commun, on utilise souvent le terme chronomètre pour désigner un chronographe. Le nom est dérivé du grec « chronos », signifiant le temps.

Le plus souvent, le chronographe est actionné par des poussoirs permettant d’enclencher le comptage (Départ ou Start), de l’arrêter (Arrêt ou Stop) et de faire la Remise à zéro (Reset).

Dans les mouvements mécaniques, un mécanisme réalisant cette fonction constitue une complication.

Le temps et la musique

Le temps est le paramètre principal de la musique, un des rares arts à s’inscrire dans une évolution temporelle et à créer un temps. La différenciation entre temps subjectif et temps objectif y joue un rôle primordial, puisque l’émotion procurée se mesure à l’aune de ce temps subjectif de l’écoute active, temps non quantifiable, et qui fait l’objet de plusieurs recherches en psychologie. Plusieurs compositeurs contemporains, comme Arvo Pärt, Pierre Boulez, José Manuel Lopez Lopez et bien d’autres, ont recherché des formes d’écriture, des procédés musicaux pour suspendre ce temps subjectif, pour inscrire le temps vécu dans une dimension contrôlée.

·         Dans le solfège, le temps est une subdivision de la mesure et suggère la dynamique à apporter à l’interprétation (temps fort – temps faible).  

L’observation des conduites musicales enfantines permet une approche un peu différente. La musique, dans sa pratique « de concert » implique en effet un temps commun. Il s’agit d’un temps à la fois pratique et formel. Un des penseurs de l’Ars Nova, au XIIIe siècle, Francon de Cologne exprime brillamment cette idée : le Tempus est la mesure de la musique émise et de la musique omise. L’observation met en évidence la construction de ce temps formalisé par les enfants, qui passent de l’activité égocentrique (dans le sens piagétien !) à un temps pratique, basé sur le concret, perceptif et actif qui le produit, puis à ce temps formalisé qui permet les activités interactives, complémentaires. Ce niveau n’est guère atteint avant la sixième année.

metronomeUn métronome est un instrument donnant un signal audible ou visuel permettant d’indiquer un tempo, vitesse à laquelle doit être jouée une musique. Il est surtout utilisé dans l’étude d’une partition, la mise en place d’une interprétation ou la recherche du minutage (timing) d’une œuvre musicale. 

Mesurer le temps dans sa cuisine 

Un sablier est un instrument qui permet de mesurer un intervalle de temps par écoulement de sable ou quelconque matière solide fractionnée. Le mécanisme similaire pour les liquides est la clepsydre. Bien que l’on ne sache pas exactement quand le sablier a été inventé, son utilisation est avérée à partir du Xe siècle. A l’origine il était constitué de deux bulbes de verre placés l’un sur l’autre et reliés par un tuyau fin.

Les progrès du soufflage du verre ont permis par la suite de les réaliser d’une seule pièce. Le bulbe rempli de sable fin, ou d’un corps similaire, est placé en haut et par l’effet de la gravité, le sable s’écoule lentement et régulièrement dans l’autre. Une fois que tout le sable est dans le bulbe du bas, on peut retourner le sablier pour mesurer une autre période de temps.

En général, les sabliers communs écoulent leur sable en 1 à 5 minutes. Une utilisation courante et familière est le contrôle de la cuisson des œufs à la coque avec des sabliers de 3 minutes. Le sablier est aussi utilisé dans les jeux de société pour limiter les tours de jeu. Autrefois il était utilisé sur les bateaux pour mesurer le temps par demi-heure. Les marins qui pour abréger leur quart retournaient l’ampoule avant qu’elle ne soit complètement vide « mangeaient du sable » selon une expression proverbiale du temps.

logoSablier du XVIIIe siècle

Le sablier n’est pas un outil fiable pour mesurer précisément l’écoulement du temps : des facteurs peuvent affecter la durée d’écoulement du sable : la finesse du sable, la forme des bulbes, la taille du tube qui les relie, son usure par l’écoulement du sable, la position plus ou moins horizontale, l’effet des mouvements accentuant ou ralentissant l’écoulement du sable.

Le sablier représente le temps qui passe. Il est parfois représenté avec des ailes d’oiseau ou de chauve-souris pour symboliser la fugacité du temps qui passe. Les allégories du Temps ou de la Mort portent souvent un sablier et par extension celles de la mélancolie.

Une minuterie ou minuteur (timer en anglais) est un dispositif, souvent programmable, permettant de mesurer le temps. D’abord mû par un mécanisme d’horlogerie pour remplacer le sablier, il est souvent aujourd’hui complètement électronique. Celui-ci permet d’alimenter une alarme (comme un beeper), ou une fonction, quand le temps défini choisi est écoulé.

Une minuterie peut être un ustensile de cuisine permettant de contrôler les temps de cuisson. Elle est souvent intégrée aux fours (traditionnels ou micro-ondes). De nombreuses autres appareils électroménagers sont munis de minuteries, tels que la machine à laver ou le sèche-linge.

Aujourd’hui, la plupart des appareils électroniques, tels les téléphones portables ou ordinateurs personnels, sont dotés d’une fonction « minuterie ».

La minuterie est un élément important de l’équipement de laboratoire de biologie moléculaire, qui permet de contrôler avec précision les temps d’expériences en cours, telles que les digestions enzymatiques.

À la maison, un système muni d’une minuterie peut être utilisé afin de simuler une présence lors d’une absence afin de diminuer les risques de vols.

Utilisée avec des explosifs, une minuterie permet de programmer le déclenchement de l’explosion, afin d’avoir le temps de dégager un périmètre par exemple.

chronosLe temps dans la mythologie 

Dans la mythologie grecque, Chronos est un dieu primordial (Titan) personnifiant le temps. Il apparaît essentiellement dans les traditions orphiques, et est confondu avec Cronos, le roi des Titans dans les traditions tardives.

C’est un être immatériel, apparu à la création du monde. Il est représenté sous les traits d’un serpent à trois têtes (une d’homme, une de lion et une de taureau) enlacé avec son épouse Anankè (déesse de la Nécessité, de la Fatalité) autour du monde-œuf. Ils sont censés entraîner le monde céleste dans sa rotation éternelle. Selon la cosmogonie orphique, ils seraient les géniteurs de Chaos et Éther. Dans la culture contemporaine, il est surtout connu pour être représenté sous les traits d’un vieil homme à longue barbe, vêtu d’une toge et tenant une faux, souvent aussi un sablier. En anglais, il est souvent surnommé sous cette forme Father Time (« Père Temps »).

lhermite-tarot-des-visconti-sforza L’HERMITE et son sablier – Tarot des Visconti-Sforza XVe siècle 

Bibliographie : Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

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LES ELEMENTS DANS LA SYMBOLIQUE ET L’ASTROLOGIE

(5.1 - Généralités) par sylvietribut le 20-09-2009

La théorie chinoise de cinq éléments dateraient du deuxième millénaire avant notre ère et serait apparue dans un petit traité, qui passe pour être le plus ancien de la philosophie chinoise : le Hong-Fan.

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Ces Cinq Eléments sont : l’eau, le feu, le bois, le métal et la terre, que les Chinois font correspondre aux cinq premiers nombres : 1, 2, 3, 4, 5.

Ces éléments ont des correspondances dans le temps et dans l’espace :

. L’eau avec le bas, l’hiver, le Nord (situé au bas de la carte) ;

. Le feu avec le haut, l’été, le Sud ;

. Le bois avec le printemps et l’Est ;

. Le métal avec l’automne et l’Ouest ;

. La terre est au centre, prêtant son assistance à tous les autres points et éléments.

A chaque élément, les Chinois ont fait correspondre également un animal, un viscère, une couleur, une saveur, une plante, un mode de l’échelle musicale pentatonique, une planète, ce qui les amenait à dire que tout ce qui se trouvait sur la Terre pouvait être sous la dépendance d’un élément.

Naturellement, il est impensable de vouloir faire agir les éléments, sans se reporter à l’action du Yin et du Yang.

Les Cinq éléments réagissent les uns sur les autres, tour à tour se produisant l’un de l’autre, ou se détruisant l’un par l’autre. Ce principe de classement et d’équivalence répond au besoin d’harmoniser la vie humaine et l’ordre cosmique, le Yin et Yang ayant eux pour fonction d’animer les aspects antithétiques de l’ordre cosmique, c’est-à-dire des éléments le composant ; il est clair que la théorie des Cinq Eléments ne peut se concevoir sans eux.

Pour les Grecs, comme pour la plupart des traditions, les éléments sont au nombre de quatre : le Feu, la Terre, l’Air et l’Eau. Mais ils ne sont point irréductibles entre eux ; au contraire, ils se transforment les uns dans les autres (Platon, Timée). Ils procèdent même les uns des autres avec une rigueur qui atteint celle des raisonnements mathématiques. Aussi, leur théorie est-elle liée, dans le Timée, à celle des Idées et des Nombres, et à celle de la Participation qui est au cœur de la dialectique platonicienne. Chacun de ces éléments se subdivise en variétés, selon les mesures de la participation et des mélanges. Ainsi distingue-t-on trois sortes de feu, la flamme brûlante, la lumière, les résidus incandescents de la flamme. Un cinquième élément était rattaché tantôt à l’Air, tantôt au Feu, l’Ether.

Ces éléments ont leur correspondance dans la symbolique fondée sur l’analyse de l’imaginaire. Chacun d’eux est conducteur vers une autre réalité que lui-même. Les travaux de Gaston Bachelard sont à cet égard d’une extraordinaire richesse. Ils montrent comment l’image de l’Air est à la base de toute une psychologie ascensionnelle, qui a elle-même ses contraires dans l’envol et dans la chute, comme les quatre éléments correspondent aux quatre tempéraments :

. L’Eau au lymphatique,

. La Terre au bilieux,

. L’Air au sanguin,

. Le Feu au nerveux. 

Les quatre éléments sont à la base de ce que Bachelard a appelé « l’imagination matérielle » :

« Cet étonnant besoin de pénétration qui, par-delà les séductions de l’imagination des formes, va penser la matière, rêver la matière, vivre dans la matière ou bien – ce qui revient au même – matérialiser l’imaginaire… La physiologie, de l’imagination, plus encore que son anatomie, obéit à la loi des quatre éléments ».

les-quatre-elements 

Il considère les quatre éléments : 

« Comme les hormones de l’imagination. Ils mettent en action des groupes d’images. Ils aident à l’assimilation intime du réel dispersé dans ses formes. Par eux s’effectuent les grandes synthèses qui donnent des caractères un peu réguliers à l’imaginaire. En particulier, l’air imaginaire est l’hormone qui nous fait grandir psychiquement ». 

L’analyse de Jung reprend la distinction traditionnelle entre les principes actifs et masculins, Air et Feu, et les principes passifs et féminins, Eau et Terre. Les diverses combinaisons de ces éléments et de leurs rapports symbolisent la complexité et la diversité infinie des êtres ou de la manifestation, ainsi que leur perpétuelle évolution d’une combinaison à une autre, suivant la prédominance de tel ou tel élément. Sur le plan intérieur et spirituel, c’est également l’évolution psychique qui se trouve évoquée par la valence de conducteur propre à chaque élément. Le Feu est souvent considéré comme l’élément moteur, qui anime, transforme, fait évoluer de l’un à l’autre les trois états de la matière, solide (Terre), liquide (Eau), gazeux (Air). L’être de Feu symbolise l’agent de toute évolution. 

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La prise en considération des éléments comme symboles relie l’astrologie à la doctrine antique des grands philosophes : Pythagore, Empédocle, Platon, Aristote… selon laquelle les divers phénomènes de la vie se ramènent aux manifestations des éléments qui déterminent l’essence des forces de la nature, celle-ci réalisant son œuvre de génération et de destruction au moyen des éléments : l’Eau, l’Air, le Feu et la Terre. Chacun d’eux est issu de la combinaison de deux principes primordiaux : 

. L’Eau procède du Froid et de l’Humide,

. L’Air de l’Humide et du Chaud,

. Le Feu du Chaud et du Sec,

. La Terre du Sec et du Froid.

Chacun d’eux est représentatif d’un état : liquide, gazeux, igné et solide. Et à chacun d’eux est assimilé un ensemble de conditions données de la vie, et cela dans une conception évolutive où le déroulement du cycle commence avec le premier élément (Eau) pour finir avec le dernier (Terre) en passant par les termes intermédiaires (Air et Feu). Nous avons ainsi un ordre quaternaire de la nature, des tempéraments et des étapes de la vie humaine :

. Hiver, printemps et automne ;

. Minuit au lever, lever au midi, midi au coucher, coucher au minuit ;

. Lymphatique, sanguin, bilieux, nerveux ;

. Enfance, jeunesse, maturité, vieillesse ;

. Formation, épanouissement, culmination, déclin…

C’est sur la base de ces valeurs universelles que reposent les opérations de l’alchimie, de l’astrologie et des disciplines ésotériques.  

La symbolique maçonnique a établi un tableau de correspondance entre les éléments et les principaux degrés de l’ascension initiatique. Dans cette initiation maçonnique, notes Jules Boucher, le Récipiendaire sort d’abord de la Terre. Il est ensuite, successivement, purifié par l’Air, par l’Eau et par le Feu. Il s’affranchit par paliers de la Vie matérielle, de la Philosophie et de la Religion et parvient enfin à l’Initiation pure.

 

              

ELEMENTS

 

 

FEU

EAU

AIR

TERRE

 

PARTIES DE L’ETRE HUMAIN

 

 

Esprit

Ame

Mental

Corps

              

DEGRES

 

 

Initiation

Religion

Philosophie

Vie matérielle

 

 

                      

Le même auteur rapproche ce tableau des données de l’astrologie traditionnelle :

. A l’élément Feu correspond l’ardeur et l’enthousiasme,

. A l’élément Eau, la sensibilité et l’émotivité,

. A l’élément Air, l’intellectualité,

. A l’élément Terre, la matérialité. 

Les correspondances zodiacales avec les éléments sont les suivantes :

                                . Feu : Bélier, Lion, Sagittaire,

. Eau : Cancer, Scorpion, Poissons,

. Air : Gémeaux, Balance, Verseau,

. Terre : Taureau, Vierge, Capricorne. 

Il est intéressant de remarquer ici que la tradition mystique musulmane, soufi, établit entre les quatre degrés d’évolution initiatique et les quatre éléments des rapports strictement contraires : Air, Feu, Eau, Terre, ce qui s’explique comme suit :

. La réalité apparente étant purement illusoire n’a aucune matérialité, c’est l’élément Air, 

. Celui qui s’engage sur un chemin de perfection (Tarik) commence donc par brûler en lui les images de cette réalité illusoire, c’est l’élément Feu, 

. Grâce à quoi il commence à appréhender la divine et unique réalité, d’abord en ce qu’elle a de plus fluide et imprécis, c’est l’élément Eau, 

. Et il parvient enfin à se fondre dans la totale et unique réalité, le Hak, la divinité, seul véritable solide, c’est l’élément Terre.   

Les figures traditionnelles des quatre éléments sont les lignes suivantes, avec des variations ornementales diverses autour du thème central :

                        . Eau : les vagues

                        . Air : les volutes

                        . Feu : les éclairs

                        . Terre : les carrés.

Les triangles et les carrés, associés aux éléments Feu et Terre, renvoient à la symbolique des nombres trois et quatre, et aident notamment à comprendre la valeur mâle liée au nombre trois et la valeur femelle, liée au nombre quatre.

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Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins 

 

 

 

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L’AMBRE… PIERRE DU SOLEIL… PIERRE DU LION

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 15-08-2009

Le nom d’ambre, appelé parfois « succin », dériverait du mot arabe « anbar » qui signifie « doré ». 

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C’est Thalès qui découvrit, vers 600 ans avant Jésus-Christ, les propriétés magnétiques de l’ambre. L’ambre jaune se dit en grec « electron » d’où le nom « électricité ». Les chapelets, les amulettes d’ambre, sont comme des condensateurs de courant. En se chargeant eux-mêmes, ils déchargent de leurs propres excès ceux qui les portent ou les égrènent.

L’ambre représente le fil psychique reliant l’énergie individuelle à l’énergie cosmique, l’âme individuelle à l’âme universelle. Il symbolise l’attraction solaire, spirituelle et divine.  

La Légende de l’Ambre

Les Anciens expliquaient la naissance de l’ambre par l’histoire de Phaéton, le fils d’Hélios. Phaéton obtint un jour la permission de conduire le char du Soleil, mais dans sa maladresse, il mena son équipage trop près de la Terre, qu’il condamnait ainsi à une terrible sécheresse. Pour arrêter ces désordres, Zeus-Jupiter lança sa foudre sur le char et Phaéton tomba dans un fleuve où il trouva la mort. Les dieux eurent pitié du chagrin inconsolable de ses sœurs et les changèrent en arbre. Les larmes des jeunes filles furent autant de gouttes de résine qui devinrent de l’ambre.

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 Rubens : La chute de Phaéton (1636) – Musées royaux des Beaux Arts  de Bruxelles

Cette légende, et bien d’autres croyances attribuaient à l’ambre des pouvoirs magiques et curatifs, développèrent un artisanat actif, encore vivace aujourd’hui dans la bijouterie. Ainsi, les chevaliers teutoniques détenaient le monopole de l’ambre et diffusèrent des chapelets dans toute la chrétienté.

Chez les Celtes, Ogmios se présente dans la légende sous la forme d’un vieillard. Il attire une multitude d’hommes et les tient attachés par les oreilles à l’aide d’une chaîne d’ambre. Les captifs pourraient fuir en raison de la fragilité de leur chaîne. Ils préfèrent suivre leur guide. Le lien par l’ambre est d’ordre spirituel. Un visage d’ambre est volontiers attribué aux héros et aux saints. Il signifie un reflet du ciel en leur personne et leur force d’attraction.

Apollon versait des larmes d’ambre quand, banni par l’Olympe, il se rendait chez les Hyperboréens. Elles exprimaient la nostalgie du Paradis et le lien subtil qui l’unissait encore à l’Elysée.

Le Pseudo-Denys l’Aréopagite explique que l’ambre est attribué aux essences célestes parce que, « réunissant en lui les formes de l’or et de l’argent, il symbolise à la fois la pureté incorruptible, inépuisable, indéfectible et intangible qui appartient à l’or, et l’éclat lumineux, brillant et céleste qui appartient à l’argent ».

Selon une croyance populaire, l’homme qui conserve sur lui, en toute circonstance, un objet d’ambre ne peut être trahi par sa virilité.

Par ailleurs, l’ambre aurait de grands pouvoirs curatifs en agissant sur le système nerveux central, sur les inflammations virales. Elle aurait également des effets positifs sur les allergies ainsi que sur la gorge et la thyroïde. Enfin, chez les Gaulois, l’ambre entrait dans la composition de certains collyres.

L’ambre (succinite) n’est pas un cristal. D’origine organique, elle n’a pas de système de cristallisation, ses couleurs vont souvent du brun au jaune doré. Il existe aussi l’ambre gris, concrétions biliaires des cachalots. L’ambre gris qui réside dans le foie de l’animal (en relation avec le corps émotionnel), capte la peur et l’angoisse au moment de sa mort. Tout comme l’ivoire, il est fortement recommandé de ne pas financer les massacres inutiles des animaux pour un plaisir personnel et souvent éphémère.

Résine végétale fossile, d’un jaune plus ou moins foncé, diaphane, d’une odeur agréable. Cette résine fossile est incomparablement plus dure que n’importe quelle réside actuelle. Par ailleurs, l’ambre est souvent porteur d’inclusions de plantes ou d’insectes. Sa vibration végétale douce et solaire, c’est du « miel » solidifié.

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Selon une autre légende qui a perduré longtemps, l’ambre serait dû à une sécrétion glandulaire ou à l’urine des grands mammifères marins comme la baleine ou le cachalot. L’ambre gris est d’ailleurs bien une substance issue des sécrétions biliaires des cachalots.

Les poètes anciens supposaient que les grains d’ambre n’étaient autre chose que les larmes des sœurs de Phaéton ; mais la science, qui n’est pas du tout sentimentale, nous apprend qu’il est le produit d’une espèce de conifère le « Pinus succinifera », dont on ne rencontre plus que les graines et cônes ; ce produit a subi une transformation dans le sein de la terre et est devenu l’ambre.

L’ambre dans l’Histoire

Au IVe siècle avant Jésus-Christ, Aristote, philosophe et naturaliste, classait l’ambre avec les substances végétales et en parallèle avec ces autres résines que sont la myrrhe et l’encens. Dans son œuvre, « Histoire naturelle », encyclopédie des connaissances des Anciens, Pline en a fait un classement identique. A la fin du VIIe siècle avant Jésus-Christ, Thalès découvrit que l’ambre attire les corps légers lorsqu’on le frotte fortement, l’ambre étant donc doté de propriétés électrostatiques. Quant au savant russe Lomonosov, il considérait que l’ambre était une résine fossile provenant d’un arbre, opinion confirmée en 1811 par le savant Wrede. 

Il y a quarante millions d’années, les régions du centre et du nord de l’Europe étaient couvertes de forêts au sein desquelles se trouvaient de nombreux ancêtres de nos pins et épicéas ; dix millions d’années plus tard, ces forêts furent en partie englouties par les eaux. Ceci explique que le littoral de la Baltique soit riche en ambre, une résine fossilisée dans laquelle divers insectes, arachnides, etc.… attirés par son odeur en sont restés prisonniers, comme ont pu être inclus par dépôt, des feuilles, bois, pollens, plumes, etc.…

La résine, qui est un excellent agent de fossilisation a conservé ces différentes inclusions animales et végétales. Puis, suivant un processus long, pas très bien élucidé et faisant intervenir de nombreux éléments, la résine au bout de plusieurs millions d’années se transforme en ambre. 

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L’ambre de la Baltique serait chargé de légendes et de mystères car il contient la « lumière du monde », cet ambre que les riverains de la mer Baltique surnomment encore aujourd’hui « les larmes des oiseaux de mer ». Les hommes ont toujours été fascinés par l’ambre auquel ils ont très tôt, attribué des pouvoirs magiques et quasi divins.

Dès l’âge de pierre, l’ambre fut utilisé dans un but décoratif et curatif et fit l’objet, durant l’Antiquité d’un commerce important. En Europe, on la trouve dès le Néolithique, mais il est surtout abondant à l’âge du Bronze, les sites Mycéniens de la Grèce, particulièrement les tombes à Tholos ont livré de l’ambre en abondance : notamment des perles de colliers… On en a retrouvé à Mycènes, en Grèce, en Crête, en Italie, en Irlande, dans la Péninsule Ibérique, en Allemagne… Mais aussi en Inde et en Perse. L’analyse chimique a montré que la majorité de l’ambre du monde méditerranéen provenait de la Baltique.

On a retrouvé en grande partie les Routes de l’Ambre de la Baltique qui traversaient la Pologne, l’Allemagne et la Yougoslavie. A l’autre bout du monde antique, l’ambre est mentionné dans les textes chinois à l’époque des Han deux siècles avant notre ère. Il provenait de la Baltique et passait par la Russie et le Cachemire avant d’arriver en Chine.

Que fait-on avec l’ambre ?

A l’état naturel, les modules d’ambre sont translucides, transparents même troubles avec des colorations diverses entre le brun rougeâtre et la teinte miel résultant de la quantité et du contenu des bulles qui y sont emprisonnées. Ce qui donne une infinie variété de tons et de nuances qui changent en fonction de la lumière qui les frappe. La résine fossilisée devient un minéral facile à tailler et il séduit par sa couleur et son éclat. Devant tant de beauté, l’homme se servit de l’ambre pour en faire des parures, des bijoux, des talismans divers.

Les Gaulois portaient des talismans d’ambre, les Romains en mettaient dans leurs cheveux ou portaient l’ambre autour du cou pour éloigner les mauvais esprits. Au Moyen-âge, les artisans de Bruges se rendirent célèbres par la fabrication de chapelets d’ambre diffusés par les chevaliers teutoniques. Au Maroc, les petites mains porte-bonheur d’ambre (Khansas) annihilent les actions malfaisantes des Djinns. On se servit de l’ambre pour confectionner les embouts des narguilés…

Brûlé, l’ambre dégage un parfum aimé des dieux. Les Romains, et Néron en particulier, faisaient brûler de l’ambre comme de l’encens, ce qui se fait encore de nos jours.

L’ambre avait aussi pour les Anciens des vertus thérapeutiques nombreuses et c’est en raison des bienfaits qu’elle procurait à ceux qui en portaient qu’elle fut longtemps appelée « pierre magique des temps anciens ». On l’utilisait pour activer la circulation du sang, calmer la fièvre et les infections, pour l’asthme et les voies respiratoires, donner des forces et combattre la fatigue, contre le stress et la dépression, pour agir sur les glandes endocrines, soigner la vue, contre les irritations de la peau…

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Dans les campagnes, on offrait un collier d’ambre aux nouveau-nés pour les fortifier et les aider à dormir. Cette pratique a encore cours dans certains pays méridionaux pour facilité la pousse des dents de l’enfant ou lui épargner les irritations de la peau.

L’ambre passe pour soulager les douleurs des articulations dues aux rhumatismes. L’ambre jeune produit des ions négatifs par frottements, ce qui favorise la circulation des énergies dans tout l’organisme. Cela enlève la fatigue due à la pollution électromagnétique.

Les études ont montré que les ions négatifs : améliorent la circulation sanguine et son Ph, le rendant plus alcalin, régulent le système nerveux, améliorent les réflexes, activent le métabolisme et combattent les inflammations. Ils freinent également l’oxydation des cellules et favorisent leur régénération… Ils sont également utilisés dans le traitement des eczémas. Des tests scientifiques effectués sur des tissus constitués à base d’apprêt d’ambre ont permis de constater la supériorité de ses propriétés électriques et électrostatiques. De plus ses propriétés augmentent après plusieurs lavages. Des tests cliniques ont aussi été réalisés sur des patients souffrant de douleurs ou tensions musculaires.

Ambre gris et Ambre blanc

Il ne faut pas confondre l’ambre jaune fossile avec l’ambre gris et l’ambre blanc.

L’ambre gris est une substance rejetée par les cachalots : concrétions intestinales constituées de morceaux de calmars. Cet ambre gris appelé « or flottant » est très recherché, est apprécié en parfumerie. L’ambre blanc, spermaceti, substance huileuse, appelée « blanc de baleine » est retiré d’une poche cérébrale du cachalot. Il est utilisé pour faire des pommades et en cosmétique.

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John Singer Sargent – Fumée d’ambre gris

Quant à l’ambre doré, avec ses couleurs changeantes, du jaune citron au brun sombre, souvent de couleur miel, est une oléorésine fossile secrétée par des conifères, entre autres utilisée dans l’industrie et pour la fabrication d’objets ornementaux. Bien que non minéralisé, il est parfois vu et utilisé comme une gemme. Il existe quatre autres gemmes organiques : les perles (la nacre), le jais, l’ivoire et le corail, en particulier le rouge et le noir). C’est la gemme la plus légère des cinq et aussi la plus tendre, par opposition au diamant qui est le plus dur. L’ambre se porte en bijou depuis l’Antiquité, tantôt sommairement serti d’un fil de fer, tantôt savamment travaillé comme pendentif.

Entre autres peuples, les Celtes l’ont beaucoup utilisé sous forme de perles, de façon plus marquée à partir du VIe siècle avant Jésus-Christ. Cette vogue disparaît à peu près deux siècles plus tard. Des pièces d’art celtique en marbre ont été léguées par les Anglo-Saxons.

Parce que l’ambre semble préserver des végétaux et des animaux, il a été associé à la jeunesse éternelle. Ainsi les anciennes Romaines en gardaient des morceaux en main, à la cour. De l’ambre a aussi été découvert dans des tombes égyptiennes.

Selon certains anciens comme Pline, Aristote ou Ovide, l’ambre serait le résultat d’une résine végétale s’écoulant de peupliers ou d’aulnes. Selon le poète Ovide, lorsque les Héliades, filles d’Hélios furent métamorphosées en aulnes et en peupliers, elles continuèrent à pleurer la mort de leur frère, Phaéton.

Leur mère tenta de les sauver et commença à arracher les écorces qui recourait leurs corps, alors qu’elles la supplièrent : « Pitié ma mère, je t’en supplie ! C’est notre corps qui, avec l’arbre est déchiré. Et maintenant adieu ! L’écorce vient étouffer leurs dernières paroles. Il en coule des pleurs, et goutte à goutte se solidifie l’ambre, né des rameaux nouveaux. Le fleuve transparent le recueille et l’emporte aux femmes latines qui s’en pareront ».

Les Slaves l’ont associé aux larmes pétrifiées des dieux. L’ambre servait de talisman de protection en général et aussi en particulier contre les enlèvements d’enfants. Il symbolisait aussi le lien éternel du mariage. 

Symbolique et croyances

Les noces d’ambre symbolisent les 34 ans de mariage dans la tradition française. Il est parfois dit que l’ambre porte en lui la mémoire.

L’ambre, dédié à Apollon, passe pour réchauffer le cœur et transmettre l’énergie solaire. Un collier d’ambre possèderait ainsi le pouvoir de réchauffer et l’on en mettait au cou des jeunes enfants. Un collier d’ambre soulagerait également les douleurs dentaires des bébés lors de la poussée dentaire.

Un anneau d’ambre, porté en permanence par un homme, permettrait de garder confiance en sa virilité. Les Chinois sculptaient dans l’ambre de petits animaux qui étaient censés favoriser la fécondité. Un anneau de poignet porté par une femme et provoquant des rougeurs, indiquerait que cette dernière est adultère.

L’ambre en poudre, aiderait à lutter contre la dépression et l’angoisse, aurait une action bénéfique sur les voies respiratoires, arrêterait les saignements de nez, permettrait d’éviter les fausses couches et limiterait les souffrances dues à la pousse des dents de laits chez les jeunes enfants. En France, au Moyen-âge, l’ambre en poudre était l’ingrédient de certains philtres d’amour, peut-être en analogie avec son pouvoir « magnétique » ou plus exactement électrique.

Attention aux contrefaçons

Du fait de la rareté de certains ambres, de nombreuses pièces contrefaites sont commercialisées. Les principaux matériaux utilisés par les faussaires sont le plastique et le copal. Le terme générique « plastique » regroupe ici : ambre naturel, ambre pressé, ambre fondu, ambroïde, polybern, bakélite, celluloïd, galalithe, plastique vrai, érinoïd, catalin, et cellon…

Les faussaires savent fabriquer à la perfection des pièces contenant une inclusion contrefaite, avec de l’ambre véritable. Cependant, leur fabrication, certes peu coûteuses, ne concernent généralement que les inclusions « spéciales » dites rares (scorpions, vertébrés, fleurs, etc.) assez rentables. Ce sont les inclusions végétales qui sont surtout difficiles à expertiser.

Ces méthodes, utilisant de l’ambre véritable, contournent presque tous les tests des vérifications (excepté la combustion). Il n’est cependant pas nécessaire d’avoir des connaissances pointues en biologie animale pour distinguer une inclusion animale moderne d’un fossile authentique. Le bon sens est suffisant. Et évidemment une observation attentive.

Il existe une myriade de tests assez simples permettant « d’authentifier » une pièce d’ambre véritable. Cependant, une réponse positive à un seul, ou même plusieurs, de ces tests ne suffit surtout pas à valider la qualité d’ambre véritable. On pensera alors éventuellement à la combustion, seul test fiable unique, qui peut suffire pour valider le faux du vrai :

       Par la chaleur : on place une aiguille chauffée à blanc sur l’ambre, une pièce véritable dégage une odeur de pin, l’aiguille laisse une marque blanche qui effrite l’ambre et le copal. A l’inverse, une pièce en plastique dégage une odeur âcre. De plus, l’aiguille laisse une marque noire et colle au point de chauffe. 

       Avec de l’acétone : on frotte l’ambre avec un coton imbibé d’acétone, ou tout simplement de dissolvant à vernir à ongles. L’ambre véritable ne se dissout pas, à l’inverse de certains plastiques utilisés pour les contrefaçons. Quant au copal, il devient collant.

       A l’eau chaude : on plonge la pièce d’ambre dans l’eau chaude. L’ambre véritable dégage une odeur de pin brûlé. Quant à certains plastiques, utilisés pour les contrefaçons, il y a une odeur camphrée ou phénolée.

       Avec de l’alcool : plongée dans l’alcool, l’ambre est attaquée lentement, alors qu’une pièce contrefaite est rapidement attaquée.

       Par grattage : avec un couteau ou une aiguille, l’ambre s’effrite. Avec une pièce en plastique, l’aiguille tend à rester coincée dans la pièce.

       Par flottaison : on plonge l’ambre dans un mélange de 25 cl d’eau et 4 cm3 de sel. L’ambre et le copal flottent alors que certains plastiques coulent.

      Par frottement : on frotte l’ambre avec un chiffon de laine pour avoir une réaction électrostatique. L’ambre est très électrostatique ; la réaction est vérifiable sur les cheveux, de la paille ou de petits bouts de papier. Certains plastiques de contrefaçons ne provoquent qu’une faible réaction électrostatique ce qui permet de garantir qu’il ne s’agit pas d’ambre. Cependant, d’autres plastiques peuvent provoquer une forte réaction et sans laisser une odeur camphrée après le frottement.

       Par fluorescence : on place sous une « lumière noire », c’est-à-dire une lumière composée de violet et proche de l’ultraviolet, de 360 à 250 nm environ, une pièce d’ambre authentique montre une brillance fluorescente caractéristique, qui peut varier selon les pièces en fonction de la chimie des roches encaissantes.

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Perle d’or et d’ambre – Deux symboles solaires par excellence

Bibliographie 

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Les Pierres Précieuses et les Différents Ornements de J. Rambosson

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