LES DUALITES DE MERCURE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 5.3.3 - MERCURE, 6.6.3 - LES MYTHES DES GEMEAUX ET DE MERCURE) par sylvietribut le 27-08-2013

Mercure, dont le diamètre représente moins de la moitié de celui de la Terre, est la plus petite des planètes inférieures. C’est aussi la plus proche du Soleil, elle en est séparée par 58 millions de kilomètres. Vu de la Terre, Mercure ne s’écarte jamais de plus de 28° du Soleil, et son mouvement orbital, qui dure 88 jours, semble aller vers l’arrière, puis vers l’avant, qui correspond au mouvement rétrograde ; comme si la planète escortait l’astre du jour et c’est ce qui a valu à Mercure d’être considéré comme un héraut ou un messager par la mythologie. Cette planète est si proche du Soleil qu’elle est difficilement observable à l’œil nu, sinon brièvement, au début de l’été ou de l’automne, au moment du lever ou du coucher du Soleil. 

LA PLANETE MERCURE

La planète Mercure

Ce mouvement de rétrogradation est l’un des aspects les plus étonnants du mouvement des planètes et cette boucle que beaucoup d’entre elles accomplissent quand elles viennent en situation de conjonction inférieure ou d’opposition. Ce phénomène est évidemment une illusion d’optique, due au mouvement propre de la Terre.

Entre 1924 et 1929, l’astronome Eugène Antoniadi a observé en détail Mercure. Avec un télescope géant, il a distingué des zones sombres sur la surface de la plante, auxquelles il a donné des noms empruntés aux mythologies grecque et égyptienne : Apollonia, Horarum, Aurora. Selon lui, il s’agissait de vastes régions obscures, aussi mystérieuses et séduisantes que les personnages dont il avait emprunté les noms. Malheureusement, des observations ultérieures, plus précises, ont montré que ces fameuses zones n’existaient pas.

Pour les prêtres-astrologues de l’ancienne Mésopotamie, Mercure était le dieu Nabou, et on célébrait un culte en son honneur, essentiellement dans la ville de Barsippa, située à quelques kilomètres au sud de Babylone. Peu d’éléments concernant Nabou nous sont parvenus, mais on sait tout de même que, vers 1000 avant Jésus-Christ, il a remplacé une ancienne déesse sumérienne, Nisaba ou Nidaba, la patronne des scribes. Il est le fils de Mardouk, l’équivalent de Jupiter, et on considérait que toute variation de l’aspect de la planète Mercure laissait présager quelque changement pour le fils du roi, le prince héritier. Le septième jour des fêtes du Printemps, marquant le nouvel an en Mésopotamie, Nabou délivrait Mardouk de sa captivité, ce qui symbolisait la restauration de l’autorité et de l’ordre pour l’année à venir. Le onzième jour, les dieux se réunissaient pour décider du destin du monde, tandis que Nabou enregistrait leur jugement.

Les Sumériens croyaient aussi que Nabou avait le pouvoir de faire tomber la pluie, sans doute parce qu’il était censé avoir une action bénéfique sur les récoltes. C’est peut-être à partir de ces croyances que les Grecs et les Romains de l’Antiquité ont associé Mercure aux activités commerciales. Plusieurs langues européennes ont conservé la racine latine de « Mercurius » dans des mots tels que « marchand » et « commerce ». Selon Jules César, c’était le dieu le plus célébré en Gaule et en Angleterre.

Mercure2 

Mercure, Maître des Gémeaux et de la Vierge, tenant dans sa main droite une bourse, symbole du commerce et dans sa main gauche le caducée, baguette magique faite de deux serpents entrelacés, symbole de paix et ayant un pouvoir de guérison – Dans la partie inférieure du tableau ceux que Mercure protège : les voyageurs, les moissonneurs et les marchands – Illustration extraite de De Sphaera – XVe siècle

Le dieu Mercure est l’équivalent romain du dieu grec Hermès. A l’origine, c’était le dieu de la Fécondité et celui des Voyageurs. Le nom « Hermès » signifie littéralement « celui du tas de pierres » : ce dieu était en effet honoré par des empilements de pierres placés sur le bord des routes, et chaque voyageur ajoutait la sienne, tradition qui se perpétue encore dans les randonnées et l’escalade. En outre, ce dieu guidait l’âme des morts vers le monde souterrain. Il portait un couvre-chef qui le rendait invisible et faisait de lui le messager des dieux.

MERCURE VOLANT LE TROUPEAU D'APOLLON - LORRAIN

Mercure volant le troupeau d’Apollon par C. Lorrain

La nature divine d’Hermès-Mercure a été établie dès sa naissance. Ce jour-là, avant midi, il inventa la lyre, et à la fin du jour, comme pour montrer son habileté à jouer des tours, il vola le bétail de son frère Apollon. Ayant séparé du troupeau cinquante génisses, il les conduisit, à la nuit tombée, en bas de la montagne. Pour modifier les traces de leur passage, il les fit marcher à reculons et chaussa d’énormes sandales pour déguiser ses propres traces de pas. Apollon en conçut de la colère, mais Zeus/Jupiter fut charmé par l’intelligence de l’enfant dont il fit son échanson. Dans certaines des représentations plus anciennes, Hermès a l’aspect d’un vieil homme portant une longue barbe, alors qu’à l’époque grecque classique c’était un beau jeune homme. En astrologie, il est souvent décrit comme l’incarnation des deux sexes, l’hermaphrodite.

MERCURE

Parfois Mercure porte un couvre-chef ailé, parfois les ailettes sont aux pieds

Un élément important de l’histoire de Mercure a son origine en Egypte. Dans le monde hellénique les derniers siècles qui ont précédé la naissance de Jésus-Christ, l’assimilation de Mercure au dieu égyptien Thot était très largement admise. Cependant, à l’époque des premières dynasties, environ 3 000 ans avant Jésus-Christ, Thot était un dieu lunaire, doté de beaucoup des attributs caractéristiques de Mercure. Il était l’inventeur des sciences, en particulier de l’écriture, et le dieu de la Médecine. Comme Hermès, il assurait en même temps les fonctions de messager et de scribe des dieux. Ce glissement des attributions, de la Lune à Mercure, illustre l’assimilation culturelle qui s’est effectuée, sous l’influence grecque, au cours du IVe siècle avant Jésus-Christ. A partir de cette époque, Mercure tend à être appelé Hermès Trismégiste, et ce nom, qui est en même temps un symbole, sera par la suite employé par les mages et les alchimistes. Les Grecs d’Egypte appelaient couramment leurs dieux « megistos » ce qui signifie « le plus grand ». Or, dans la langue égyptienne ancienne, on répétait plusieurs fois un adjectif pour lui donner plus de force ; suivant cet exemple, on exemple, on a répété trois fois le terme « megistos » après le nom du dieu Thot-Hermès, pour signifier « trois fois le plus grand », ensuite abrégé en « trimesgistos ». Rapidement, le nom d’Hermès Trimégiste est passé dans le langage courant. Ce dieu était considéré comme celui qui avait donné à l’homme la médecine, la magie, l’astrologie et l’alchimie. Dans l’alchimie européenne, nous la rencontrons sous son nom romain, Mercure, idéal de l’œuvre alchimiste et guide secret des adeptes de cette science, prenant parfois la figure du Christ, parfois celle d’un fourbe ou d’un dragon gardant le secret de la pierre philosophale.

MERCURE MAITRE DES GEMEAUX ET DE LA VIERGE

En astrologie, on dit que ceux qui sont nés sous l’influence de la planète Mercure ont l’esprit vif, qu’ils sont habiles et alertes, capables de penser rapidement et de parler avec facilité. Cependant, on considère qu’ils ont aussi une certaine tendance à l’inconstance.

Mercure était un dieu aux multiples fonctions, puisqu’il protégeait aussi bien les commerçants que les voleurs, ou même les artistes, en plus d’être le messager des dieux. Psychopompe, il était aussi transformateur des énergies. Dans l’interprétation astrologique classique Mercure conserve ces attributions. Il régit aussi les facultés intellectuelles, la compréhension, l’adaptation et le savoir-faire.

Le Mercurien type conserve les qualités propres et les défauts de l’adolescence. Doté d’un esprit vif et rapide ainsi que d’une très grande faculté d’assimilation, il parvient sans grande peine à posséder des connaissances sur un grand nombre de sujets. Toutefois, il ne s’agit souvent que d’un savoir de façade car il est incapable d’un effort soutenu dans la plupart des cas. Gai, subtil, jonglant avec les mots et les idées, avec une soif du dialogue, du contact humain, le Mercurien brille dans la société qu’il recherche. Mais tout n’est pas parfait chez lui, notamment quand des indications dissonantes s’imposent dans le thème, alors il peut même se révéler peu scrupuleux. 

CADUCEE SUR MONNAIE ROMAINE

Le caducée sur une pièce de monnaie romaine

Bibliographie

Le langage secret des étoiles et des planètes – Geoffrey Cornelius/Paul Devereux 

Dictionnaire de la Mythologie – Jean-Louis Brau – Larousse  

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UN MYTHE POISSONS. .. ŒDIPE AUX PIEDS GONFLES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.12 - LES MYTHES DES POISSONS ET DE NEPTUNE) par sylvietribut le 08-03-2013

Le Roi Laïos, inquiet de ne pas avoir d’héritier, alla consulter l’oracle de Delphes. Celui-ci prédit que le fils qui lui naîtrait tuerait son père et épouserait sa mère. Malgré ces fatales prédictions, un enfant naquit à la cour de Thèbes. Jocaste, sa mère, effrayée de la sentence de l’oracle, l’abandonna sur le Mont Cithéron, après lui avoir percé les chevilles avec une aiguille et les lui avoir liées avec une lanière. Des bergers recueillirent l’enfant. Ils l’appelèrent Œdipe, ce qui signifie « pied enflé » et le présentèrent au roi de Corinthe Polybos, époux de Périboéa qui, sans enfant, l’adopta avec joie et l’éleva comme son propre fils. Un jour, un jeune Corinthien apprit à Œdipe qu’il n’était qu’un enfant trouvé. Intrigué par cette révélation, Œdipe consulta l’oracle de Delphes, qui répéta l’horrible prédiction faite à Laïos : « Tu tueras ton père et épouseras ta mère ». Persuadé que Polybos et Périboéa étaient ses véritables parents, Œdipe les quitta en hâte. Dans un défilé, non loin de Delphes, il croisa Laïos sans savoir que celui-ci était son père et, s’étant pris de querelle avec lui, il le tua en coupant le timon de son char. Ainsi s’accomplissait la première prédiction.

OEDIPE RECUEILLI ET NOURRI PAR LE BERGER PHORBAS - DENIS-ANTOINE CHAUDET

Œdipe bébé recueilli et nourri par le berger Phorbas – Denis-Antoine Chaudet – Musée du Luxembourg

Poursuivant sa route et parvenu aux portes de Thèbes, Œdipe rencontra le Sphinx, monstre terrifiant, qui posait une énigme aux voyageurs et les dévorait s’il n’obtenait pas de réponse. Œdipe sut trouver la bonne réponse et le Sphinx, dépité, se jeta du haut d’un rocher et se tua, délivrant ainsi le pays de la terreur. Accueilli à Thèbes comme un bienfaiteur, Œdipe fut nommé roi et épousa Jocaste, ignorant qu’elle était sa mère. Ainsi s’accomplit la seconde prédiction. De cette union incestueuse naquirent quatre enfants : Etéocle, Polynice, Antigone et Ismène.

Quelques années plus tard, une peste s’abattit sur la ville et l’oracle consulté répondit : « Il faut expulser de la ville le meurtrier de Laïos ». Contre ce meurtrier, c’est-à-dire contre lui-même, Œdipe, toujours dans l’ignorance de son crime, prononça une malédiction implacable. Mais bientôt les révélations embarrassées du devin Tirésias permirent au héros de deviner la vérité. De honte, Jocaste se pendit ; Œdipe se creva les yeux et, chassé de Thèbes, erra en mendiant dans la contrée, accompagné de sa fille Antigone qui, seule, lui était restée fidèle.

A la fin de sa vie, l’infortuné Œdipe trouva asile en Attique, auprès de Thésée. A Colone, petit bourg non loin d’Athènes, les Erinyes l’entraînèrent dans la mort. Toutefois, Thésée accorda une sépulture au corps de cette victime de la plus terrible des fatalités, car il était dit que le tombeau d’Œdipe serait un gage de victoire pour le peuple athénien.

L'HOMME ZODIAQUE

Pieds et Poissons dans l’homme-zodiaque

Parmi les mythes liés au signe des Poissons, il en est un qui semble s’imposer et dont bien sûr une autre interprétation pourrait être proposée. Après Freud, cela semble bien présomptueux. Œdipe, en effet, semble toujours vivre sa vie à contretemps, prendre conscience de la réalité un instant trop tard, incapable de maîtriser un destin qui perpétuellement lui échappe. Le seul nom d’Œdipos nous met sur la voie. Œdipe aux pieds gonflés, celui dont, enfant on a transpercé les pieds en le livrant aux bêtes de la forêt, pour qu’il ne puisse plus marcher et se fasse ainsi plus rapidement dévorer. Aimables parents que ceux qui se débarrassent ainsi d’un enfant sous prétexte qu’un oracle a prédit le meurtre, par lui, de son père. Pas un instant nous n’entendons la mère élever la moindre protestation. Tiamat, la mère terrible des Mésopotamiens, est moins inflexible. A dire vrai, la fin tragique des parents d’Œdipe n’est-elle pas méritée ?

En astrologie, les pieds font partie de la zone du corps associée au signe des Poissons. Le pied est symboliquement lié à l’âme, au destin subi par cette âme ; il est, dans son mouvement, ambivalent, alternativement incrusté dans le sol ou séparé de lui, au cours de la marche. Il se pose et s’élève. Il permet de voir ce que les yeux ne perçoivent pas, en appréhendant le sol avec prudence. Certaines femmes Maya disent qu’avec des chaussures elles ne peuvent plus voir… L’empreinte du pied de Bouddha inscrit en quelque sorte dans le sol sa loi, sa sagesse.

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Thémis plongeant Achille, son fils, dans les eaux du Styx – Rubens

On pense aussi au talon d’Achille, ce point vulnérable d’un héros invincible. Pour le tremper dans l’eau qui devait le protéger de la mort, il fallait bien que sa mère le tienne, peut-être n’avait-il pas encore de cheveux… En le saisissant par un pied, par le talon, elle pouvait espérer le sauver de tous les périls. Et c’est au talon, bien sûr, qu’Achille sera blessé. Ne pas oublier non plus, une autre symbolique du pied, sexuelle celle-là. Quant à Œdipe, il est recueilli par des gens bienveillants qui le soignent et le sauvent, et qu’il prendra, bien sûr, pour ses véritables parents.

Lorsque dans l’Œdipe Roi de Sophocle, le roi Œdipe refuse de croire ce que lui dévoile le devin Tirésias, nous retrouvons l’homme terrifié par ce destin annoncé, cette malédiction écrasante… et nous percevons qu’il se défend de ce qu’il sait inconsciemment, de ce que lui-même a pressenti de ce destin. Il refuse la révélation et insiste en même temps pour savoir, au risque de tuer Jocaste qui a compris avant lui, la vérité dont sont chargés les propos de Tirésias.

OEDIPE ROI

Oedipe et Tirésias

Sa mère n’a pas d’autres recours que de mourir, elle qui n’a pas su affronter cette terrible réalité, découvrir qu’elle est à la fois la mère d’Œdipe, sa femme et la génitrice de leurs enfants, et devoir regarder en face Œdipe qui désormais connaît son histoire, découvre que c’est elle, sa mère, qui a projeté de le faire mourir. S’il n’avait été recueilli par un berger alors qu’il n’était encore qu’un nouveau-né, tout cela à cause d’une autre prédiction susceptible de faire d’Œdipe le meurtrier de Laïos, son père et l’époux de sa royale mère, il aurait été dévoré par les bêtes sauvages.

On dit parfois que, pour empêcher le retour du mort, de son fantôme, on lui transperce les pieds. On ne peut se tromper sur les intentions meurtrières de Laïos et de Jocaste. Dans d’autres traditions, on coupe les morts en morceaux pour les empêcher de revenir hanter les vivants. Le « diasparagmos », le morcellement d’Osiris et plus tard de bien d’autres, d’Orphée, de Dionysos, serait lié à cette tradition, originaire, sans doute de l’Egypte soudanaise.

jocaste 

Jocaste

Peut-être aussi les découpe-t-on pour que le sang attire les bêtes et qu’ils soient dévorés plus vite. En ce qui concerne Jocaste, il n’est dit nulle part qu’elle confie l’enfant à un berger pour qu’il le sauve. Si la vision de ce bébé émeut de compassion cet homme simple qui le remettra à un couple stérile, c’est qu’Œdipe était condamné par les dieux à accomplir son destin, inscrit de toute éternité dans les tables célestes… L’ami du berger est un roi, Polybe, qui aimera Œdipe comme son fils. Mais, apprenant la prophétie selon laquelle il est condamné à tuer son père aimant et à partager la couche de sa mère, Œdipe s’éloignera, il tentera de fuir pour les préserver. La tragédie se noue sur un malentendu. Incertitudes, non-dits, mystères, secrets, nous sommes bien ici dans le registre des Poissons, pieds inclus…

Ne dit-on pas que la Maison XII du thème astral, en analogie avec le douzième signe, celui des Poissons, qu’elle est un lieu d’épreuves ? Certes elle est également un lieu de sacrifice et de rédemption. Mais nous retrouvons ici cette notion de « rites de passage », eux aussi toujours porteurs de sacrifices. Œdipe, plus qu’aucun autre héros grec, cumule sa part d’épreuves… Dans son histoire il y a le poids de la culpabilité mais encore celui de l’irresponsabilité ; l’aveuglement qui se traduira concrètement par la cécité. Et le sacrifice, terme essentiellement lié à la nature oblative des Poissons.

oedipe - humoristique

Philippe Geluck – Le Chat

Œdipe n’est pas conscient des forces destructrices dont il est porteur. Son innocence ne saurait être contestée. S’il est violent parfois, comme la mer peut l’âtre, il n’est ni cruel ni méchant. Ses intentions ne sauraient apparaître comme mauvaises. C’est lui, dès l’origine, la victime. Œdipe est un homme de bonne volonté, qui s’éloigne de ses parents aimés pour ne pas leur nuire et sans doute lui en coûte-t-il…

Les Grecs invoquent volontiers le Fatum, le destin, les épreuves imposées par les dieux. Œdipe pourrait légitimement se dire qu’il n’y est pour rien, que tout cela ne le concerne pas. Ce serait la tentation de l’inconscience et de l’irresponsabilité. Mais, face au Fatum, à ce destin inscrit dans les dieux, il y a le sacrifice, ce sacrifice qui est fait pour « faire du sacré », remettre de l’ordre dans le monde, dans le jeu entre ciel et terre. Nous retrouvons ici des concepts neptuniens, Poissons…

L’histoire d’Œdipe met en scène une âme blessée, humaine, accablée par un destin d’une cruauté extrême menée jour après jour au sacrifice par ces dieux aux intentions indéchiffrables.

Dans l’Œdipe à Colone, Œdipe parvient là où il veut aller. Aidé par Thésée, il écartera ses filles Antigone et Ismène, pour aller mourir en un lieu mystérieux, où il disparaîtra, enfin pardonné par les dieux mais sans que le lecteur connaisse jamais exactement le secret de sa mort. La présence de Tirésias, dans cette aventure œdipienne, est constante, du début, à la naissance même d’Œdipe, jusqu’à sa mort. Comment les pouvoirs du devin seraient-ils absents d’un mythe Poissons ?

Le signe, en effet, est inséparable des oracles, de la voyance, du don de double vue, si fréquent en outre chez les aveugles dont Tirésias, et Œdipe, font partie…

Pisces2009 

Bibliographie 

Dieux et Héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont

Dictionnaire de la Mythologie Grecque et Romaine – Joël Schmidt – Larousse

 

frise feuille d'acanthe

 

 

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UN MYTHE VERSEAU… DEDALE UN INGENIEUR INGENIEUX

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.11 - LES MYTHES DU VERSEAU ET D'URANUS) par sylvietribut le 29-01-2013

Dédale est l’artisan athénien mythique. Son nom d’ailleurs signifie « ingénieux ». Il était célèbre pour ses nombreuses œuvres et inventions. Selon la légende, son père descendait du roi Erechthée et n’était autre que Eupalamos, c’est-à-dire « celui qui est agile de ses mains », ou Métion qui signifie « intelligent ». Socrate d’ailleurs prétendait descendre de Dédale. C’est ici qu’on rencontre l’aspect fondamental qui définit les dieux artisans et inventeurs comme héritiers d’Ouranos, Uranus le Maître du Verseau. Nous sommes ici invités à aborder le mythe de Dédale et d’Icare qui, ensemble, représentent bien la double fonction du signe du Verseau, incarnée par le père, Dédale, l’inventeur, et le fils, Icare, inconscient et grisé par l’invention du père. Invention qui peut le sauver, mais aussi le perdre.

DEDALE HEROS DE LA DEMESURE 

Dédale et Pasiphaé

En grandissant, Dédale, devint le meilleur peintre et sculpteur d’Athènes. Ses œuvres étaient si vivantes qu’elles paraissaient réelles. Sa sœur lui confia son fils Perdix, qu’on nommait également Talos ou Calos, comme élève. Mais le garçon se révéla meilleur artisan que Dédale lui-même, en inventant la scie. Il s’était inspiré de la mâchoire du serpent, ou de l’arête dorsale du poisson. Il inventa également le compas du géomètre et le tour du potier. Dédale alors tua son neveu dans un accès de jalousie, en le poussant du haut de l’Acropole, ou d’une falaise, dans la mer. Athéna, qui l’aimait pour son habileté, le vit tomber et le transforma en perdrix, laquelle prit son nom.

 PERDRIX ROUGE

Perdrix rouge

A travers ce nouvel épisode du mythe, s’esquisse la structure paranoïaque, ou seulement paranoïde, du Verseau. Et puis, avec ses automates sortis de ses mains, on pourrait considérer Dédale comme le précurseur de la robotique. Par ailleurs, on notera le lien entre l’oiseau et le Verseau, entre l’air et le signe, qu’on retrouvera plus tard avec Icare volant entre ciel et terre. L’oiseau est messager, intermédiaire entre les dieux et les hommes ; il abrite souvent l’âme d’un roi mort, il symbolise le sentiment, la spiritualité, la musique… Mais en ce qui concerne Dédale, l’intention criminelle était bien là. Seulement, pour les dieux, toute tentative de meurtre était inconcevable et Dédale pour ce crime dut payer le prix du sang.

Tout d’abord, Dédale dut comparaître devant l’Aréopage. On lui prête des remords et pour expier sa faute il aurait décidé, lui-même, de s’exiler. Voilà qui n’est pas impossible. Une fois la colère retombée, la pulsion paranoïaque, le geste lié au fol orgueil et le refus d’être un jour surpassé, le Verseau Dédale retrouve sa bonne nature.

Notons au passage l’extrême complexité du signe qui fait aussi bien les grands révolutionnaires, les libérateurs prêts au sacrifice de leur vie, les êtres non-conformistes, tolérants, acceptant la différence de l’autre, mus par le souci du bien commun, que les dictateurs prêts à imposer par la force leur seule volonté. Et d’ailleurs, on constate que bien des hommes de pouvoir portent dans leur thème un Uranus à l’Ascendant. Tout comme une certaine tradition voit dans les Uraniens des nains ou des géants. Géants qui toiseront le vulgum pecus ou nains complexés qui devront compenser leur petite taille par l’exercice de l’autorité.

Comme nous savons qu’en Grèce tout crime exige purification, voilà notre Dédale partit en exil en Crète. Là, il fut accueilli par le roi Minos qui ne laissera pas en friche les talents de son hôte, même si parfois Dédale construisit des objets que le roi ne pourra que réprouver. Mais à la demande du roi, Dédale accomplit des exploits de construction mécanique.

 PASIPHAE S'INTRODUISANT DANS LA VACHE EN BOIS DE DEDALE

Dédale aide Pasiphaé à s’introduire dans la vache en bois – Giulio Romano – Palazzo Tè – Mantoue

Cependant, son invention la plus étrange fut une demande de la reine Pasiphaé, l’épouse de Minos, qui lui commande le simulacre d’une séduisante vache en bois, leurre supposé tromper le magnifique taureau blanc dont Pasiphaé s’était éprise, et dans laquelle la reine Pasiphaé se cacha pour assouvir sa passion pour un taureau. Pour que la bête tombe dans le piège, il fallut que l’inventeur n’ait rien négligé et que la vache dans laquelle la reine prit place ait le regard irrésistible et le cil battant. Car en tant que femme, Pasiphaé n’a aucun attrait aux yeux de l’animal et celui-ci ne prête à la reine éperdue aucune attention. Le taureau fut trompé par l’imitation et féconda la reine. Et c’est ainsi que Pasiphaé conçut le Minotaure, qui était moitié homme, moitié taureau. Voilà qui embarrassa bien Minos, si honteux de l’existence de ce monstre, qu’il ne pouvait en revendiquer la paternité, tout en réprouvant les débordements bestiaux de son épouse. Minos, comme Ouranos, ne sait que faire de ce rejeton monstrueux. C’est alors qu’il charge Dédale de la construction d’un Labyrinthe, enchevêtrement souterrain de tunnels et de couloirs et qui n’avait qu’une seule entrée. L’ensemble avait été conçu de telle sorte que quiconque y pénétrait n’en pouvait plus ressortir. On n’a jamais retrouvé trace de cette fabuleuse construction : pourtant on a récolté quelques pièces de monnaie originaires de Cnossos et sur lesquelles est représenté ce « lieu de perdition ». Etait-il déjà, à l’époque, mythique, symbolique, ou a-t-il simplement disparu ? Nul ne le saura jamais.

 le labyrinthe

Le labyrinthe

Cependant, le magnifique taureau blanc n’était pas là par hasard. En effet, les dieux avaient aussi des comptes à régler avec Minos. En effet, quand celui-ci revendiqua ses droits au trône de Crète, comme preuve de ses droits de succession, il se vanta que les dieux exauceraient toute prière qu’il leur ferait. Après avoir dédié un autel à Poséidon/Neptune et fait tous les préparatifs pour le sacrifice, il demanda qu’un taureau sortît de la mer. Aussitôt un taureau d’un blanc éblouissant apparut et se mit à nager vers le rivage, mais Minos fut tellement impressionné par sa beauté qu’il l’envoya rejoindre ses propres troupeaux et il en tua un autre à la place.

Les droits de Minos au trône furent reconnus par les Crétois. Entre temps, Minos avait épousé Pasiphaé, fille d’Hélios et de la nymphe Crété, connue également sous le nom de Perséis. Cependant  Poséidon, pour se venger de l’affront que Minos lui avait fait, fit que Pasiphaé s’éprit du taureau blanc qui avait été détourné du sacrifice. On dit qu’elle confia sa passion contre nature à Dédale, l’hôte de Minos, qui enchantait la famille avec ses poupées de bois animées. Et c’est ainsi que Dédale promit de l’aider et construisit une vache creuse, en bois, qu’il revêtit de la peau d’une vraie vache, il la plaça sur des roues, dissimulées dans ses sabots, la poussa dans le pré où le taureau blanc de Poséidon broutait l’herbe sous les chênes parmi les vaches de Minos. Puis, après avoir montré à Pasiphaé comment ouvrir les portes repliées dans le dos de la vache et comment se glisser à l’intérieur en glissant ses jambes dans les pattes de derrière de la vache, il se retira discrètement. Et c’est ainsi que le taureau blanc curieux approcha et s’accoupla avec la vache. Pasiphaé, ainsi satisfaite, donna naissance, quelques temps après, au fameux Minotaure.

 THESEE TUANT LE MINAUTORE DANS LE LABYRINTHE

Thésée tuant le Minotaure au centre du labyrinthe

C’est donc ce Minotaure qui fut installé au centre du labyrinthe conçu par Dédale. On le nourrissait de chair humaine. Pour cela, les Athéniens que Minos avait battus à la guerre, devaient envoyer chaque année, ou tous les neuf ans, un tribut de sept jeunes hommes et sept jeunes filles, qui étaient jetés un à un dans le labyrinthe pour servir de pâture au monstre. Rien ne nous dit que le Minotaure les ait dévorés. Après tout peut-être ne sont-ils que des égarés à jamais ? Mais Minos veut faire croire à l’effrayant appétit de ce beau-fils encombrant pour décourager quiconque d’y venir voir…

Quelques années plus tard, Thésée entrera en scène en se rendant en Crète. Thésée est brave, sage, courageux. Il veut tenter de délivrer la Crète de ce fléau. Il y réussira avec l’aide d’Ariane. En effet, celle-ci est tombée amoureuse de Thésée dès le premier regard et, plus tard, comme tant d’autres fidèles alliées du héros grec, elle sera abandonnée. C’est là qu’intervient de nouveau Dédale à la demande d’Ariane cette fois. Il va fabriquer le fil qui permettra à Thésée de retrouver son chemin et de s’échapper du Labyrinthe une fois le Minotaure tué.

DEDALE ET ICARE - VILLA ALBANI - ROMA - BAS RELIEF ANTIQUE - 

Dédale fabriquant les ailes pour son fils Icare – Villa Albani – Roma – Bas-relief antique

Quand Minos découvrit la trahison de Dédale, il fut furieux car il eût le sentiment justifié que Dédale l’avait trahi. Là encore, on comprend que, s’il accepte que Thésée le débarrasse de l’encombrant rejeton, il n’a nulle envie que l’incartade de sa femme et ses tristes conséquences soient connues dans les îles grecques. Sans nul doute, Minos aurait préféré que Thésée, sa mission accomplie, s’évanouisse à jamais, discrètement, dans le labyrinthe. Et comme il en veut aussi à Dédale, non seulement de l’avoir trahi, mais d’avoir aussi été le constructeur mal inspiré de la vache fatale à son honneur de roi et d’époux, il décrète que Dédale, Icare et Pasiphaé seront enfermés dans le labyrinthe car Dédale n’est pas vraiment sûr d’en retrouver la sortie. Icare est le jeune fils de Dédale qu’il avait eu d’une esclave de Minos. On voit là que le héros Verseau n’a pas de préjugés de classe.

Enfin, se rendant compte que toutes les méthodes habituelles pour s’échapper demeuraient vaines, Dédale décida de s’envoler de l’endroit avec des ailes semblables à celles des oiseaux. « La fuite, dit Dédale, peut être entravée par la terre et par l’eau, mais l’air et le ciel sont libres ». La seule issue consiste donc à s’envoler.

Retenir un Verseau prisonnier, voilà une gageure que Minos va sous-estimer imprudemment…

Mais là est une autre histoire…

Alouette en plein vol 

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Collection Marabout

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur

Les Mythes Grecs – Robert Graves – Librairie Fayard

 

 

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LA MAISON X DU THEME ASTRAL… LA MAISON CAPRICORNE

(5.6 - LES MAISONS ASTROLOGIQUES) par sylvietribut le 17-01-2013

La Maison X, qu’on définit également par Milieu du Ciel, M.C., Méridien, est en analogie avec le dixième signe, le Capricorne. C’est une Maison de Terre, gouvernée par Saturne. C’est une Maison Cardinale qui indique l’importance de construire, de se bâtir une situation, de gravir les échelons d’une hiérarchie. D’ailleurs, en astrologie mondiale, cette Maison est celle du pouvoir. Dans un thème natal, il va s’agir du pouvoir potentiel du sujet, son action dans la société, sa montée sociale, son crédit, sa réputation, son degré de popularité ainsi que la voie qu’il choisit pour se développer dans la société.

ZODIAQUE ET MAISONS ASTROLOGIQUES 

La Maison X du thème astral et son analogie avec le Capricorne

Cependant, cette Maison X est indissociable de la Maison IV. En effet, comme on l’a déjà vu, à partir de la Maison VII, on n’appréhende plus les choses dans le seul sens de la Maison concernée, mais on prend en compte l’axe dans lequel elle s’inscrit. On parlera donc ici de l’Axe IV/X.

L’Axe du Méridien, colonne vertébrale du thème astral et comme un arbre qui plonge ses racines dans le « terroir natal », le pays de ses ancêtres, dans ce passé proche et lointain qui est la source même, le creuset où se sont lentement forgés « les outils de l’être », mais ce sont aussi les fruits de l’héritage de la lignée.

L'ARBRE ET SES RACINES 

Si dans l’axe horizontal de la Croix on va vers la Conscience, dans l’axe vertical du Méridien, il s’agit de la construction concrète de l’être. Le Méridien projette à la verticale la destinée car c’est en Maison X que se situe la rencontre avec le Fatum de chaque individu, c’est-à-dire son destin.

La Maison IV est en analogie avec le Cancer dont la planète-maîtresse est la Lune qui en fait la « Maison-matrice », la « Maison-mère » dans tous les sens du terme et souligne l’importance de la mère biologique, le foyer comme centre familial qui succède d’ailleurs au ventre maternel. Liée au passé, au Cancer et à la Lune, on trouve aussi en Maison IV la mémoire : mémoire des choses anciennes qui peut conduire à l’archéologie ; racines souterraines enfouies dans l’inconscient qui peuvent conduire à la psychanalyse, à la spéléologie ou à la géobiologie ; mémoire des ancêtres qui entraîne à la recherche généalogique, mémoire anténatale peut-être, à l’origine incertaine du rêve du Cancer. Imagination qui crée le rêve de l’être futur autant qu’elle cherche à retrouver le temps passé, le temps perdu.

 FOETUS... SON SIGNE... LE CANCER

Maison IV… Maison du Cancer… Maison-matrice celle du foetus

Avec la Maison IV, nous sommes au plus profond de l’être, au Nadir qui est aussi le « point minuit de la conscience » comme l’appelait Dane Rudhyar, où tout n’est encore que confusion et obscurité, chaos de sentiments et de vagues perceptions, à l’image du chaos originel. Et c’est de ce désordre et de ce chaos que va naître la création ordonnée, structurée de la Maison X, préfigurant la vieillesse et la fin d’un ordre qui, à peine établir, est déjà trop ancien pour se survivre à lui-même.

De la Maison IV on peut dire qu’elle est le lieu de tous les possibles hérités, le lieu de convergence où aboutit l’infinie variété des semences entrecroisées au fil du Temps, produit bariolé de la mixité du passé, sur lequel vont s’exercer toutes les pressions et influences du milieu parental, familial et socioculturel.

A la fois point d’arrivée du passé et point de départ vers le présent concret de la Maison X, cette Maison IV peut en effet être considérée comme le centre, centre de la Terre, centre du Moi, point d’aboutissement et point de départ ; centre non pas statique, mais dynamique, cyclique : d’où la signification traditionnelle attribuée à la Maison IV, de Maison de « la fin des choses », où l’on creuse la tombe dans la terre. Mais on la creuse aussi pour y planter ses racines, pour y construire sa maison. Terre que l’on cultive pour assurer la nourriture biologique, y faire son lit et son nid, aspect très « cancérien » des choses. C’est aussi une terre de culture spirituelle.

En Maison IV, on rassemble les pierres destinées à construire la Maison de la « persona » qui est aussi la Maison du Moi.

Maison-bercail, Maison des origines, de la petite enfance, mais aussi Maison de la fin de vie, car on retourne toujours au point de départ : on y revient toujours, à son pays natal ; on y est attaché par tout ce qu’il y a de plus profond en soi : on part vers la Maison X armé de ses outils pour s’affirmer, on revient vers la Maison IV pour y achever une vie.

 SATURNE EN DIGNITE EN CAPRICORNE

Saturne en domicile en Capricorne et en Maison X

La Maison X, Maison du Capricorne, Maison de Saturne, « le Grand Architecte » est d’une certaine manière le « toit » de l’être, le « toit du Moi ». Maison traditionnelle de la réussite sociale, du rang, du statut, de la carrière, de la situation de l’individu par rapport à la société, elle est également celle du « métier », le résultat du travail : travail sur le métier, sur l’environnement, travail sur soi, travail patient et acharné pour réaliser ce que l’on est.

En Maison X, on est ce que l’on fait, et la reconnaissance par les autres pour que la réalité du Moi soit objectivée sans doute ni réserve. On peut dire qu’en Maison VII on n’est rien sans l’autre, comme en Maison X on n’est rien sans combler le besoin de faire quelque chose de sa vie, sans laisser son empreinte sur le monde. L’ambition de la Maison X peut revêtir toutes les formes possibles, dans tous les domaines possibles, et ce sont le signe et les planètes présentes en Maison X qui orientent vers tel ou tel de ces domaines, qu’il soit politique, commercial, financier, psychologique, artistique ou tout autre.

Standing et réussite sociale, pouvoir et notoriété sont les instruments de la Maison X, les moyens nécessaires pour atteindre à une réalité du Moi, qui passe des potentialités de la Maison IV à leur actualisation en Maison X. Tous les outils de la Maison IV sont mis en action, au service de cette ambition, tout le labeur d’une vie, ne peuvent rien contre le Fatum inscrit tout là-haut en Maison X, et la chute est toujours proche et menaçante car à partir de la Maison X on ne peut plus que redescendre la pente si laborieusement gravie, si on ne dépasse pas les seules valeurs sociales de la réussite.

La Maison X est aussi le lieu où l’on amorce le passage au Si, le dépassement du Moi. On l’amorce seulement, car le chemin du dépouillement saturnien est difficile, et on reste solidement attaché en Maison X à sa propre construction. Il existe en effet une adéquation étroite entre la « personne » et la « fonction », entre les « outils de la Maison IV », point d’appui ou handicap, selon l’influence de la famille et du milieu de naissance, et le statut social atteint en Maison X.

Ce trajet vertical de l’Axe IV/X, qui va du Cancer au Capricorne, conduit de l’œuf initial à la réalisation de l’image de soi par le travail et le métier. En Maison IV convergent et s’assemblent les éléments constitutifs de l’être en puissance, hérité, patrimoine ancestral, monde du psychisme, de l’émotion, du rêve, et de la mémoire d’avoir été, mémoire sans laquelle rien ne saurait exister : monde aquatique de la Maison IV Cancer qui va irrésistiblement vers ce que l’on pourrait appeler « la Puissance de l’être » en Maison X.

 DECROCHER LA LUNE1

Mais inversement l’échelle sociale du Capricorne invite à décrocher la Lune

 

 

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DANS LE BESTIAIRE DU CAPRICORNE… LA DINDE ET L’OIE DU MENU DE NOEL

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 23-12-2012

La dinde farcie est le plat par excellence du réveillon de Noël, non seulement en France, mais dans de nombreux pays dans le monde. Cependant, en Allemagne, c’est l’oie qui est préférée pour cette occasion. D’ailleurs, avant que n’apparaissent en Europe la dinde, il a toujours été de tradition de festoyer à Noël avec un plat à base de volaille, essentiellement l’oie, car elle représente l’oiseau solaire en cette période de solstice. Elle garantissait ainsi la protection du soleil à celui qui en mangeait.

La dinde n’a pas toujours existé sous nos climats. Il faut se souvenir qu’elle fut ramenée d’Amérique par les colons espagnols et son intérêt gastronomique fut reconnu en Europe vers 1570 où elle s’y imposa. Le nom de « dinde » vient de « poules d’Inde » comme les colons les avaient baptisées croyant revenir d’Inde. La dinde remplaça l’oie au menu de Noël car elle représentait un volatile exotique qui, du fait de sa rareté, était dégusté en temps de grandes fêtes. En France, la première dinde aurait été servie lors du banquet de noces du roi Charles IX en 1570. La première dinde à être mangée au cours d’un repas de Noël l’aurait été à la table du souverain du Saint-Empire, l’Empereur Charles VII.

La dinde apparaît comme très moderne par rapport à l’oie puisque les premières tentatives de domestication pourraient dater de 5000 ans. L’oie était un mets de choix chez les Egyptiens, les Grecs et les Romains. Elle était préférée au poulet dans de nombreuses régions car elle exige de moindres quantités de nourriture et possède une chair savoureuse. Elle était également appréciée pour son duvet de très bonne qualité, ainsi que pour ses plumes que les scribes utilisaient.

La frugalité de cet animal qu’on est obligé de gaver puisqu’elle ne le fait elle-même nous fait bien sûr penser au Capricorne. Mais plus que le signe en lui-même, c’est à Mars en Capricorne qu’on pense lorsqu’on observe l’organisation d’aspect militaire de ce volatile. Se souvenir que Mars est exalté dans le signe. En effet, les oies sauvages volent toujours en formation de chevrons et les oies domestiques avancent en file unique. Les oies semblent obéir à une organisation invisible. C’est sans doute pourquoi les oies sont associées aux déesses de la destinée.

 

L’oie est l’animal dédié aux déesses Vénus/Aphrodite et Némésis. Celle-ci était la fille de Nyx, la Nuit. Elle personnifiait la vengeance divine. Elle châtiait les crimes et punissait aussi les amants cruels. Elle était la fille d’Océanos et avait quelque chose de la beauté de Vénus. Zeus/Jupiter tomba amoureux d’elle et la poursuivit sur la terre et dans la mer ; mais pour lui échapper, Némésis se transforma en une multitude d’animaux, et même en poisson. Finalement, elle prit la forme d’une oie, mais Jupiter devint cygne et s’unit à elle. Némésis pondit un œuf d’où sortit Hélène qui fut cause de la guerre de Troie.

 

Némésis – Alfred Rethel

Selon une variante différente, Vénus trompa Némésis en revêtant la forme d’un aigle et fit semblant de poursuivre Jupiter métamorphosé en cycge ; ce dernier se réfugia dans le sein de Némésis et lorsque celle-ci s’endormit, le dieu s’unit à elle. Puis, elle pondit un œuf.

D’après certaines traditions, les constellations du Cygne et de l’Aigle furent placées au firmament pour commémorer l’exploit de Jupiter. L’œuf de Némésis fut trouvé par un berger, qui n’était peut-être que Mercure en personne, quoi qu’il en soit il apporta l’œuf à Léda, la femme de Tyndare. Léda éleva Hélène une fois qu’elle fut sortie de l’œuf. On racontait aussi que Léda elle-même, et non Némésis, avait pondu l’œuf.

 

Les oies du Capitole – Musée Archéologique d’Ostia – Bas-relief

Dans l’Histoire, les oies connurent leur heure de gloire. En effet, elles se firent remarquer en avertissant les Romains lorsque les Gaulois de Brennus tentèrent d’escalader le Capitole. Tite-Live raconte l’épisode des oies sacrées du temple de Junon qui sauvèrent Rome par leurs cris. Cela se passait vers 390 avant Jésus-Christ. A partir de cet épisode des oies consacrées à Junon étaient entretenues par l’Etat au Capitole, sous la responsabilité des censeurs. Afin de commémorer l’événement, les Romains organisaient une procession annuelle et une oie sacrée était transportée sur une luxueuse litière pendant que des chiens étaient crucifiés vivants sur des poteaux de sureau le long du trajet. Les chiens payaient ainsi leur négligence pour n’avoir pas aboyé alors que le Capitole était menacé par les envahisseurs gaulois.

Chez les Romains, l’oie était associée au culte de Minerve, déesse guerrière, l’Athéna grecque sortie casquée et armée de la cuisse de son père Jupiter.

Aujourd’hui encore bien des éleveurs de canards et autres volailles mettent quelques oies dans leur basse-cour. Elles sont les seules à alerter en cas de visite d’un prédateur, voire même de le mettre en fuite.

Les oies de Meïdoum en Egypte, sont une des plus anciennes représentations d’oies. Quant à Aphrodite/Vénus, elle a plusieurs fois été représentée sur un char tiré par des oies blanches ou par des cygnes. Cependant, chez les anciens Grecs, l’oie ou le cygne sont porteurs de la même symbolique. Chez les Gaulois, c’est Belisama qui est représentée chevauchant une oie. L’oie est avec le cygne l’un des véhicules du dieu hindou Brahmâ, le dieu-Créateur, né dans un œuf d’or rayonnant de lui-même.

En Chine, l’oie est considérée comme un principe yang qui illumine la nature. Dans certaines régions de Chine, l’oie symbolise le mariage et le mari doit offrir une oie lors de la signature du contrat de fiançailles.

Le mot « oie » dérive du bas-latin « auca ». « Auca » serait une contraction de « avica » dérivé de « avis » qui signifie « oiseau ». La forme « oie » est régionale. La forme normale en ancien français était « oue ». Ainsi, à Paris, la rue aux Ours ne serait qu’une fausse étymologie de la rue aux Oues, c’est-à-dire la « rue des Oies ». Cette origine se retrouve également dans l’italien et le catalan « oca », ainsi que dans le gascon « auca ».

Une fable d’Esope raconte l’histoire d’un fermier qui possédait une oie qui pondait des œufs d’or. Il décida de la tuer afin de posséder tous les œufs d’or à la fois et c’est ainsi qu’il perdit la source de sa richesse. La Fontaine reprend la même histoire avec un autre volatile dans « La Poule aux œufs d’or ».

 

Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson

Le roman « Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède » est un roman qui décrit le voyage d’un enfant réduit magiquement en taille qui est emporté par le jars de la ferme. Il accompagne ainsi un troupeau d’oies sauvages à travers toute la Suède dans leur migration vers la Laponie.

Au Moyen Age, la patte d’oie était un symbole magique. Cependant, les lépreux devaient porter une patte d’oie jaune comme symbole d’impureté. Ainsi, on peut en conclure que la Reine Pédauque était une reine lépreuse, puisque « pé d’auca » se traduirait par « pied d’oie ». Le roman « La rôtisserie de la reine Pédauque » en est une illustration.

 

Jeu de l’Oie

Enfin, le jeu de l’oie était à l’origine un ancien jeu de divination. Le jeu du Monopoly en serait la version moderne.

La ville de Visé, en Belgique, dans la province de Liège, est surnommée la « Cité de l’Oie » et ses habitants, qu’ils appartiennent ou non à la « Confrérie de la Délicieuse Oie du Gay Savoir en Bien Manger » y préparent traditionnellement « l’oie à l’instar de Visé ». Ils font cuire cette volaille dans un bouillon de légumes qui sert ensuite de fond pour une sauce à l’ail. Ensuite, l’oie sera découpée et les morceaux de cuisse seront panés et poêlés, comme d’ailleurs les morceaux de poitrine, pour être ensuite dressés et servis avec la sauce.

Dans l’Europe du nord, c’était de tradition que de manger une oie à la Saint-Martin, à savoir le 11 novembre, dans cette période où les oies sont les plus grasses. Une légende raconte que Saint Martin-de-Tours pour éviter d’être nommé évêque s’était caché parmi les oies. Malheureusement, il fut trahi par leur caquètement.

 

Sarlat-la-Caneda – Place du Marché aux Oies

Il existe à Sarlat-la-Caneda une place du marché aux oies. Ce fut un lieu de foires jusqu’au XIXe siècle. De cette époque datent les trois oies de bronze du sculpteur animalier François-Xavier Lalanne qui ornent cette place. Elles sont devenues aujourd’hui les figures emblématiques de Sarlat. Impossible désormais de passer à côté de l’oie blanche, mascotte de la région qui fait partie de l’identité gastronomique de Sarlat-la-Caneda.

Tous les ans, depuis l’an 400, se déroule à Orvieto, charmante ville d’Ombrie, aux confins du Latium et de la Toscane, le Palio de l’Oie. Le blason de la ville d’Orvieto est un bouclier partagé en quatre, représentant les quatre symboles de la ville : la croix, l’aigle, le lion et l’oie. La croix symbolise la fidélité, l’aigle représente la domination romaine, le lion est celui de Florence, quant à l’oie elle rappelle les oies du Capitole qui sauvèrent Rome de l’invasion gauloise.

 

Le blason d’Orvieto

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant & John Hazel – Editions Seghers – Collection Marabout

Les Mythes Grecs – Robert Graves – Librairie Fayard 

 

 

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