DANS LE BESTIAIRE DE LA LUNE… L’ESCARGOT

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 18-07-2013

Universellement symbole lunaire, il indique la régénération périodique : l’escargot montre et cache ses cornes comme la lune apparaît et disparaît ; mort et renaissance, thème de l’éternel retour.

LA SPIRALE DE LA LUNE

La spirale des phases de la Lune

Il signifie aussi la fertilité : la spirale, liée aux phases de la Lune, et le développement de la corne. « Comme tel, l’escargot devient le lieu de la théophanie lunaire, comme dans l’ancienne religion mexicaine où le dieu de la lune, Tecçiztecatl, est représenté enfermé dans une coquille d’escargot.

Comme le coquillage, l’escargot présente un symbolisme sexuel : analogie avec la vulve, matière, mouvement, bave. Chez les Aztèques l’escargot symbolisait couramment la conception, la grossesse, l’accouchement. Au Dahomey, il est considéré comme un réceptacle du sperme.

ESCARGOT DANS SA JOLIE COQUILLE

Escargot dans sa belle spirale de coquille

Dans la culture judéo-chrétienne, l’escargot a souvent été considéré comme une manifestation du péché mortel de paresse. Dans le psaume 58, il est fait allusion à la viscosité de l’escargot.

En raison de sa lenteur, l’escargot est traditionnellement considéré comme un symbole de patience. Par contre, en français, l’expression « avancer comme un escargot » est utilisée pour décrire la lenteur et l’inefficacité de quelqu’un. De là « l’opération escargot » est une action consistant à provoquer un ralentissement de la circulation à des fins revendicatives.

Il symbolise encore le mouvement dans la permanence. « La forme hélicoïdale de la coquille de l’escargot terrestre ou marin constitue un glyphe universel de la temporalité, de la permanence de l’être à travers les fluctuations du changement ».

Dans les hiéroglyphes égyptiens, la spirale était représentée par un escargot. Il pourrait symboliser, comme cette figure géométrique très répandue dans la nature, l’évolution de la vie.

 DES ESCARGOTS AMOUREUX

Escargots amoureux

En Afrique du Nord, on confectionne des chapelets avec des coquilles d’escargots… « L’escargot rappelle la corne des béliers… De plus, il participe de l’humide et ne sort de terre, comme disent les paysans, qu’après la pluie. Il se trouve lié au cycle des champs, devenu le symbole de la fécondité donnée par les morts, la parure presque nécessaire de l’ancêtre revenu sur la terre des hommes pour la féconder, porteur de tous les symboles de la face du ciel et des orages bienfaisants.

Il faut se souvenir aussi que les escargots ont été largement utilisés dans la divination. Le poète grec Hésiode affirmait qu’on pouvait prévoir le temps de la récolte par leur escalade des tiges. Plus près de nous, Carl Gustav Jung indiqué que l’escargot de nos rêves était la représentation de soi. D’ailleurs, en psychologie, l’intérieur doux de l’escargot est analogue à l’inconscient, alors que la coquille est la conscience.

L'ANNONCIATION DE FRANCESCO DEL COSSA

L’escargot dans l’Annonciation de Francesco Del Cossa

Peut-être parce que l’escargot a un aspect un peu répugnant, ou alors en raison de sa modestie, il est peut présent dans le tableau des peintres. Il est semble même assez incongru dans une œuvre de Francesco Del Cossa, un peintre de l’Ecole de Ferrara, il s’agit d’une Annonciation où l’escargot figure au premier plan, bien en vue, qui chemine on se demande où, comme s’il cherchait à précéder l’ange dans la nouvelle qu’il apporte. Peut-être est-ce en raison de l’image du sexe féminin qu’il suggère, ou bien par le symbole de fertilité qu’il véhicule, et donc de fertilité aussi, une fertilité toute virginale puisque l’escargot est hermaphrodite. Enfin, il peut également symboliser une période de progression et d’attente.

L'ESCARGOT DANS L'ANNONCIATION DE FRANCESCO DEL COSSA

L’Annonciation de Francesco Del Cossa – Détail

A noter que Francesco Del Cossa réalisa les peintures allégoriques du Palais Schifanoia à Ferrara, et notamment trois des douze mois sur les dessins de Cosmé Tura, mais mal payé, il quitta Ferrara définitivement pour vivre et travailler à Bologna :

–       Le mois de mars avec le Triomphe de Minerve et le signe du Bélier. On y voit aussi Borso d’Este rendant justice et partant à la chasse, pendant que les paysans taillent la vigne.

–       Le mois d’avril représenté par Vénus et les Trois Grâces, le signe du Taureau, et ses amants. On y voit aussi Borso d’Este rentrant de la chasse.

–       Le mois de mai et des scènes de moisson, le signe des Gémeaux. On y voit aussi Apollon entouré des Muses et de Pégase et Borso d’Este qui reçoit un panier de cerises.

UNE FAMILLE D'ESCARGOT 

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins. 

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DANS L’HERBIER DE LA LUNE… LA LUNAIRE OU MONNAIE DU PAPE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 11-07-2013

On la nomme communément « monnaie du pape », sans que d’ailleurs personne ne sache pourquoi, si ce n’est qu’il aurait été coutume de lancer ces petits fruits circulaires de la plante sur le Pape. Cependant, son vrai nom est en latin « lunaria annua » ou « lunaire annuelle ». C’est une plante assez commune qu’on trouve aussi bien dans des endroits frais, des taillis, que dans les décombres. Elle provient du sud-est de l’Europe, mais elle est également très répandue en Grande-Bretagne et dans l’Europe méridionale.

LA LUNAIRE OU MONNAIE DU PAPE 

La Lunaire ou Monnaie du Pape

Le mot « lunaire » est bien sûr lié à la Lune. Il est lié à la forme des fruits de cette monnaie du pape. Toutefois, la plante se reconnaît par ses petites fleurs violettes, à quatre pétales, et ce sont ses fruits, silicules très plates, ovales, circulaires et semblables à des pièces d’argent, qui lui ont valu cette référence à la monnaie. On l’appelle d’ailleurs également « herbe aux écus », « médaille de Judas » et même « satin blanc ».

Tout compte fait cette monnaie du pape est surtout appréciée dans les compositions de bouquets de fleurs sèches. Elle est le fruit de la plante. Ce sont des fruits ronds, ultraplats, qui ne gardent que leur cloison centrale, et qui deviennent autant de lamelles brillantes au soleil, tout en étant couleur de lune. D’ailleurs, leur motif a été souvent repris dans le mouvement Art nouveau de l’Ecole de Nancy.

LA LUNAIRIA ANNUA 

La Lunaria Annua – Planche botanique 

L’Ecole de Nancy est le fer de lance de l’Art nouveau en France dont l’inspiration essentielle est à rechercher dans les formes végétales : nénuphar, chardon, monnaie du pape, ombelle, berce du Caucase, et animales et notamment les libellules. Cette alliance s’appuie sur une recherche d’utilisation poussée dans la verrerie, la ferronnerie, l’acier, le bois, pour mettre l’art dans les mains de tous et le faire entrer dans la vie de tous les jours.

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La Lunaire dans une réalisation de l’Ecole de Nancy

Enfin, c’est le peintre Marc Chagall qui nous a laissé un somptueux tableau où la lunaire ou monnaie du pape aère le bouquet. Il était lui-même né sous le signe du Cancer, un 7 juillet 1887, ceci explique peut-être son intérêt pour la lunaire, bien difficile à représenter, il faut bien en convenir.

LUNAIRE - MONNAIE DU PAPE - MARC CHAGALL - 1967 

La Lunaire ou Monnaie du Pape – Marc Chagall – 1967

 

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LA MAISON XII DU THEME ASTRAL… LA MAISON POISSONS

(5.6 - LES MAISONS ASTROLOGIQUES) par sylvietribut le 10-03-2013

La Maison XII est en analogie avec le Douzième signe, les Poissons. C’est une Maison d’Eau, gouvernée par Neptune et par Jupiter. C’est une Maison Mutable, Double et aussi Succédante. En effet, comme nous le dit la tradition les signes Mutables se situent à la limite de deux saisons… Pour les Poissons, l’hiver n’est pas tout à fait fini et le printemps n’est pas encore là. Et puis avec les Poissons se termine le cycle du Soleil dans les signes, déjà prêt pour entamer le suivant… Les Poissons sont donc la croisée des chemins du zodiaque. Les Maisons Mutables évoquent également qu’une porte s’est refermée retenant prisonnier mais l’espérance est qu’une autre porte est pour s’ouvrir, rien n’est figé à tout jamais.

LES MAISONS ASTROLOGIQUES

Les Maisons astrologiques et sa XIIe Maison

Cependant, la Maison XII a une très mauvaise réputation. On l’appelle d’ailleurs la Maison de l’épreuve et des secrets. On dit qu’elle est la Maison des ennemis cachés, de la tromperie, des afflictions, des échecs, de l’exil, de la captivité, des mauvaises résolutions, des peines et de la tristesse, des embûches, des biens et des maux provenant des femmes, des bêtes féroces, des bêtes à monter, les grands animaux en général. Et puis, c’est le monde des maladies chroniques, et tout ce qui touche, en bien ou en mal, à l’enfantement. Elle régit aussi les prisons, les hôpitaux, les asiles, les lieux de retraite, les couvents et tous les lieux où l’on est tenu au secret professionnel, comme les laboratoires de recherche, la police, les détectives et où s’échangent les secrets.

Si l’on considère la Maison XII dans l’optique de l’axe qu’elle forme avec la Maison VI, nous sentons que nous sommes de plein pied dans un axe à la mauvaise réputation… servitude et santé d’un côté… épreuves et maladies graves et chroniques de l’autre… d’un côté l’hôpital du zodiaque et de l’autre la poubelle… On pourrait s’attendre au pire devant les difficultés dans lesquelles ces Maisons nous plongent, ce serait oublié que ces deux Maisons sont les plus « mutables » comme le sont les signes auxquelles elles se rapportent, d’un côté la Vierge et de l’autre les Poissons. Ce sont les Maisons les plus transformables, les plus ouvertes à la sublimation, à l’exploitation positive.

medecin

Si l’expérience nous permet d’affirmer que cet axe peut aussi bien fabriquer des médecins que des malades, on comprendra facilement ce qu’il faut entendre par jeux de sublimation, et cela pour une raison simple : l’axe VI/XII met en rapport, à chaque pôle, le limité et l’illimité.

La limite est du côté de la Vierge/Maison VI. En effet, ce secteur symbolise aussi bien le sentiment d’infériorité de celui dont la position sociale n’est pas gratifiante, par exemple un Soleil en Maison VI peut aussi bien indiquer un père dont le statut social est jugé humiliant par le fils, que le besoin d’auto-justification de celui qui se met au service des autres, se dévoue corps et âme pour eux ; ne pas perdre de vue que pour la Tradition astrologique les serviteurs ainsi que les petits animaux domestiques sont supposés nous être dévoués. Les grandes ambitions ne se liront pas dans la Maison VI mais bien plutôt les petits métiers, le quotidien, le labeur routinier, les bilans comptables, le chômage aussi. Comme on le voit les frontières sont immédiatement posées.

CLOITRE DE SAN DAMIANO AD ASSISI

Cloître du Couvent de San Damiano à Assisi où vécut Sainte Claire

En face, dans la Maison XII, on ignore précisément toutes les limites. On passe à travers ; on est, d’emblée, dans l’univers sans contours et sans formes. On évolue dans le Grand Ailleurs océanique. Facile, bien sûr, d’y perdre ses repères ; de s’y noyer ou de s’évader dans la folie ou le mysticisme, dans la perversion ou les états de conscience limites, de se réfugier au couvent ou à l’asile. Par exemple, un psychotique peut délibérément demander à se mettre à l’abri dans un hôpital psychiatrique, voire même en prison, pour retrouver, a contrario, des limites rassurantes ; tout comme dans la Maison VI on s’efforcera à sortir de son univers clos, balisé, raisonnable, bien rangé et répétitif à mourir, pour dépasser son besoin de sécurité ou son conformisme et respirer un peu.

Avec la Maison VI, on parlera d’économie, mais de prodigalité avec la Maison XII. Economie vitale, au moment où il importe de gérer de façon optimale le quotidien et les énergies dont on dispose. D’où également la réputation pathologique du secteur. Les maladies aiguës dont parle la Tradition astrologique, surgissant brusquement, prenant en défaut la gestion énergétique du sujet. Mais en revanche, c’est là aussi qu’on peut soigner le mieux, être le plus efficace et conscient des meilleurs moyens possibles de protéger la santé, de préserver ou réparer les forces, les siennes et celles des autres. On se met à leur service, avec le dévouement illimité que l’on puise en même temps dans la Maison XII.

Avec la Maison XII, la Tradition astrologique parle des maladies chroniques, celles qui s’étendent, se diffusent, avec prodigalité encore, sur le mode anarchique, difficiles à contrôler ou à maîtriser. Mais c’est aussi un secteur où l’on soigne, notamment l’hôpital.

A cause de la nature mutable des axes III/IX et VI/XII, les « aller et retour » d’un pôle à l’autre y sont plus évidents encore que dans les autres axes. D’où des maladies aiguës en Maison XII aussi bien que les troubles « chroniques » en Maison VI.

Dans la Maison XII, on va souvent au-delà du simple service, d’un dévouement concret, pratique, pour passer à l’oblativité totale, au sens du sacrifice, oubli de soi qui donne accès à la transcendance ou permet l’accès à un au-delà de soi-même.

Cet amour oblatif qui s’offre à satisfaire tous les besoins de l’autre au détriment de ses propres besoins, nécessités et aspirations, est aussi celui qu’on rencontrera chez les saints, les « fous de Dieu », âmes généreuses, ivres de son propre sacrifice. Le Moi s’efface et fait place au Soi. Mais on sait aussi que pour ne pas se perdre, se perdre en Dieu peut-être mais pas pour autant perdre son âme, il ne faut pas s’éloigner de l’humilité vraie de la Maison VI.

PRISONNIER DANS SA PRISON

La prison de la Maison XII

Il y a parfois fusion-confusion entre les deux secteurs, étroitement imbriqués ou se répondant l’u à l’autre de façon subtile. Il faut à la Maison XII le sens de la mesure de la Maison VI pour éviter la noyade la perte totale d’identité, la dissolution schizophrénique ou la plongée dans les enfers de la drogue, la perte de conscience. Comme il faut, du côté de la Maison VI, le courage de passer à la Maison XII pour faire éclater l’armure, casser la prudence frileuse de la Maison VI, échapper à la servitude, à l’esclavage qui empêche de prendre son envol. Il faut à la Maison VI accepter les délires de la Maison XII et à la Maison XII accepter d’être contrôlée par le raisonnable de la Maison VI.

Si l’on se voulait très terre à terre, on pourrait dire qu’on fait de la cuisine en Maison VI et de l’alchimie en Maison XII. Ce serait divertissant et pas tout à fait faux, mais injuste pour la Maison VIQ dont on ne percevrait plus que le côté « popote », face aux sublimes extases de la Maison XII. Cependant, il ne faut pas oublier que la Maison VI demeure le garde-fou de la Maison XII et que cette dernière ne donne accès au sublime qu’à condition de dépasser son humaine condition.

La Tradition astrologique relie essentiellement la Maison VI aux maladies et pourtant certains auteurs n’hésitent pas à assurer que la Maison VI est également celle de l’alimentation et, si Mercure habite cette Maison, la personne sera dotée d’un appétit incroyable, par contre si on y rencontre Saturne, ce sera l’ascétisme qui l’emportera ; la Lune y ferait les grands buveurs, quant à Mars et Jupiter, présents en Maison VI, ils favoriseraient les excès de table.

Pansement des malades par les religieuses de Port-Royal-des-Champs (78)

                                                                                                                   

Quand Maison VI et Maison XII se rejoignent :

Soins aux malades par les religieuses de Port-Royal-des-Champs dans les Yvelines

Et puis, il y a l’amas planétaire venant se cacher en Maison XII et qui interroge toujours beaucoup. Il va s’en dire que cet amas va faire ressortir l’extrême complexité du secteur, traditionnellement lié aux épreuves, mais aussi à tout ce qui permet de les dépasser. On s’y enferrera tel le fou, le criminel, « celui qui n’avouera jamais » et gardera jusqu’à la mort son secret : Landru par exemple. Mais il y a également les grands mystiques qui ne s’évaderont jamais, ou même l’artiste pour lequel l’art représente une évasion hors d’une réalité décevante, réalité qui sera magnifiée ou transformée, comme Gustave Moreau, le peintre symboliste, qui ne peint jamais la réalité.

La Maison XII, c’est la Maison « de la grande Evasion » tous azimuts, où le Moi s’échappe et où l’on échappe au Moi.

Petite précision intéressante, lorsque l’Axe VI/XII intercepte un signe, on notera des destins pouvant être tragiques, ou bien écourtés. Ce fut d’Henri II, de l’Aiglon, de Louis II de Bavière, de Landru, de Charles Manson, de Coluche… Cependant, la justification de ces destinées hors série se trouvent aussi dans les aspects, les signes et autres paramètres de leur thème. 

SALOME TATOUEE - GUSTAVE MOREAU

Gustave Moreau – Salomé tatouée

 

 

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DANS L’HERBIER DU VERSEAU… LA FOUGERE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 06-02-2013

Difficile d’imaginer aujourd’hui le Président de la République, ou même le ministre de la Santé, achetant à prix d’or à un guérisseur un de ses secrets afin de le publier pour que tout le monde en profite… Quel tollé ce serait auprès de l’industrie pharmaceutique ! C’est pourtant ce que fit Louis XVI qui paya 1 800 francs pour « un remède contre le ténia ou ver solitaire, que la Dame Nouffer, après la mort de son mari, a pratiqué depuis vingt ans, à Morat, en Suisse, sur un grand nombre de malades, et toujours avec succès très heureux et très prompt ». Après que plusieurs médecins eurent été chargés de vérifier l’efficacité de ce remède, le roi confia à son premier ministre Turgot le soin de le divulguer ; mais, comme le note non sans humour le docteur Cazin, son « importance diminua dès qu’il fut connu »…

FOUGERE

Fougère de nos forêts

En réalité, ce « secret » n’en était un que dans la mesure où chaque époque méprise au nom du progrès ce qui a été fait avant elle. En effet, on avait oublié que la fougère mâle était un vermifuge très employé depuis l’Antiquité, entre autres par Dioscoride, Galien et Avicenne, qui l’utilisaient contre « les vers larges ou grêles », c’est-à-dire le ténia et les lombrics. Or, le remède de la Dame Nouffer consistait à administrer au patient 12 grammes de poudre de racine, ou plutôt de rhizome, de fougère mâle dans 190 grammes d’eau de tilleul, puis à lui donner deux heures plus tard un « bol purgatif » à base de plantes. Il faut cependant préciser que ce traitement est fortement déconseillé aux enfants, aux cardiaques, aux hépatiques, aux femmes enceintes et aux sujets délicats. Mais il existe d’autres formules plus légères qui réduisent les risques tout en conservant les effets.

Cependant le rhizome de fougère mâle en décoction peut s’utiliser en compresses chaudes. Voilà un excellent moyen de faire disparaître des douleurs rhumatismales. En bains de pieds, elle est également indiquée contre les crampes et les crises de goutte, de même ajoutée à l’eau du bain, elle agit sur l’arthrite et les rhumatismes.

Pourquoi la fougère entre-t-elle dans la symbolique du Verseau ?

Sans doute parce que la fougère ne produit pas de graines contrairement aux autres plantes, mais se reproduit grâce à des spores qui sont produites par des organes spécialisés. Il s’agit des sores, sorte d’amas de sporanges situés sous le limbe des frondes ou regroupés en épi ou panicule sur des frondes fertiles. De plus, la fougère dispose d’un mécanisme original d’éjection des spores qui sont projetés par une sorte de fronde microscopique. Avec le monde du Verseau on est toujours dans une forme ou une autre de mécanique ou de technologie. Parce que la fougère se reproduit « anormalement », elle a toujours suscité une grande curiosité. Jusqu’à la moitié du XIXe siècle, toutes sortes de théories avaient cours sur cette plante primitive et mythique à la fois qui pouvait se reproduire sans fleurs et sans former de graines. Ce n’est que la technologie moderne qui a permis de lever le secret qu’elle gardait jalousement depuis plus de 350 millions d’années.

FOUGERE - PLANTE BOTANIQUE

Fougère – Planche botanique

De plus, les ancêtres des fougères étaient des végétaux de la taille d’arbres véritables formant de vastes forêts qui fournirent avec d’autres plantes la base de nos mines de charbons. Les innombrables variétés de fougères qui existent de par le monde, environ 12 000 dont 200 en Europe centrale, ne sont qu’un petit vestige des nombreuses variétés qui existaient dans des temps plus reculés.  Peut-être doit-on y voir l’infinie créativité d’Ouranos et qui insupportait tant Saturne. De même, ce mélange entre le masculin et le féminin que présente la fougère n’est pas sans rappeler l’ambivalence sexuelle que l’on prête au signe du Verseau, souvent dans un besoin d’expérimenter toute situation.

Des croyances, qui subsistent encore dans les régions où la magie n’a pas perdu ses droits, voulaient qu’on ne coupe les feuilles de fougère que pendant la nuit de la Saint-Jean en récitant des formules spéciales destinées à chasser les esprits qui en avaient la garde. Au Moyen Age, les fougères étaient présentes dans tous les jardins d’herbes car elles avaient la réputation de chasser les mauvais esprits. On disait d’ailleurs que si une femme enceinte marchait sur une fougère, elle risquait d’avorter… Un comble pour une plante qui a une espérance de vie de plus de 350 ans vit et se reproduit à tout va et à l’infini.

LA FOUGERE

Bibliographie

Nos Grands-mères savaient – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

 

 

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UN MYTHE CAPRICORNE… JANUS COMME JANVIER

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 09-01-2013

Vers la fin du IIIe millénaire avant Jésus-Christ, des peuplades venues du Nord ou de l’Est ont envahi une grande partie du continent européen. Ce sont eux les fameux peuples « indo-européens ». Ils partageaient une vision tripartite du monde, comme on le trouve en Inde avec les gunas : Satvas, Rajas et Tamas,  recouvrant à peu près les mêmes fonctions. Les premiers sont les brahmanes, les seconds sont les guerriers et les troisièmes, les marchands. Tout est lu à travers une classification liée à Mars, Jupiter et… Quirinus.

La première fonction renvoie, dans la hiérarchie, à la loi, à la souveraineté magique et juridique qui fait évidemment penser à Jupiter ; la seconde parle de force physique, d’activité guerrière, sous la protection de Mars ; et la troisième est la « richesse tranquille et féconde », celle de Quirinus. On est tenté d’associer la fonction de Quirinus, superposé à Janus, à l’arrivée de Saturne dans le Latium. N’est-ce pas lui qui apporte l’abondance, la richesse, l’agriculture, l’Age d’or, ou les trouve-t-il là où il est accueilli ? Ou bien encore, y a-t-il superposition des deux personnages, Saturne et Janus au double visage ?

JANUS - MUSEE DU VATICAN

Janus au double visage – Musée du Vatican

Janus est associé à la paix, à la tranquillité, à l’abondance. Mais Saturne est également considéré comme le dieu de la paix. L’agriculture est également liée à Saturne sous sa forme d’Ops. Janus est, quant à lui, le dieu des grains, alors que Saturne était celui des semences. Voilà une analogie de plus. Si on songe que janvier vient directement de Janus et que janvier est aussi le mois du Capricorne, gouverné par Saturne, la tentation est forte de les rapprocher.

Par ailleurs, selon l’exigence de la reine Medb des Celtes, « tout candidat à la royauté suprême d’Irlande devait être un homme « sans jalousie, sans peur, sans avarice », magnanime dans son pouvoir, brave au combat, généreux de son bien… Nous tenons la preuve que les druides eux aussi avait reconnu dans les âmes la même architecture que dans les royaumes ». Ainsi, nous retrouvons bien les vertus exigées des trois dieux : magnanimité de Jupiter dans son pouvoir, bravoure de Mars au combat, générosité de Janus, ou de Saturne, lui qu’on taxe si facilement d’avarice.

Mais qui est donc Janus-Quirinus ? Il pourrait s’agir soit d’un « Romulus divinisé », soit d’un dieu sabin introduit par Titus Tatius avec d’autres divinités de troisième fonction, liée à la masse, à la plèbe, éloignée de la guerre, associée à l’abondance et à la richesse. Cette abondance, ne nous en parle-t-on pas déjà à propos de Saturne exilé et reçu par Janus-Quirinus dans ses terres ?

 JANUS - LE DIEU DES PORTES ET DES CLES

Janus le gardien des portes détenteur des clefs

Janus était l’un des plus anciens dieux romains, fêté le premier jour du premier mois. Janus était le dieu des commencements. C’était le gardien des portes. Son nom vient en effet de « janua » qui signifie « porte ». Ses temples avaient d’ailleurs deux entrées, parfois quatre, fermées en temps de paix, mais ouvertes en temps de guerre, c’est-à-dire très souvent. Sous l’appellation de Quirinus, il était le détenteur des clefs, de la baguette du porteur, ouvrant et fermant les portes de l’année. Peut-être donc était-il lui aussi associé à l’écoulement du temps, un temps réglé avec rigueur… des Saturnales ne passe-t-on pas au jour de l’an…

De même Janus gouvernait les calendes de tous les mois de l’année, « douze autels correspondant aux douze mois lui étaient consacrés ». Dans cette activité, il était associé à Junon. Les deux divinités participaient conjointement à la transmission d’un mois à l’autre. En d’autres termes, à l’heureuse naissance de la Nouvelle Lune.

Janus était représenté tenant de la main gauche une clef et, de la main droite, une verge, pour mieux marquer qu’il était le gardien des portes et qu’il présidait aux chemins. Sur ses statues souvent on remarque sur la main droite le nombre 300 et sur la gauche, celui de 65, pour exprimer la mesure de l’année. C’est lui qu’on invoqué le premier lorsqu’on faisait un sacrifice à quelque autre dieu.

C’est Ovide qui nous parle de Janus au double visage, peut-être parce qu’il exerçait son pouvoir sur le ciel, sur la mer, comme sur la terre. Il était aussi ancien que le monde. Tout s’ouvrait ou se fermait selon sa volonté. Lui seul gouvernait la vaste étendue de l’univers. Il présidait aux portes du ciel et les gardait de concert avec les heures. Il observait en même temps l’Orient et l’Occident. Macrobe quant à lui soutient que Janus était supérieur à tous les autres dieux et l’appelait : « deus deorum » qu’on peut traduire par « dieu des dieux ». Sur le revers de ses médailles figurait d’ailleurs un navire, ou parfois, plus simplement, une proue, en mémoire de l’arrivée de Saturne en Italie sur un vaisseau.

Il existait plusieurs temples de Janus à Rome : les uns dédiés à Janus Bifrons et les autres à Janus Quadrifrons. Au-delà de la porte du Janicule, en dehors des murs de Rome, on avait élevé douze autels à Janus, un pour chaque mois de l’année. On affirme d’ailleurs que Janus bâtit une ville qu’il appela de son nom, à savoir Janicule.

GIANICOLO - LE BALCON DE ROME 

                       Gianicolo le balcon de  Rome                         

Le Janicule, « Ianiculum » en latin et « Gianicolo » en italien, est situé sur la rive droite du Tibre, au sud de la cité du Vatican. Il est considéré comme la huitième colline de Rome. On appelle Rome la ville des sept collines. Il faut dire que sa hauteur maximale est de 146 mètres. Le nom de la colline proviendrait, selon la tradition du dieu Janus, qui aurait fondé en ce lieu un centre habité. Le culte de ce dieu romain était bien présent sur cette colline. Dans la réalité, la relation entre cette divinité et le lieu semble seulement marquée par l’existence d’un « sacellum » dédié au fils Fons ou Fontus. Par contre, était bien présente un petit centre habité « Pagus Ianiculensis » situé aux pieds de la colline dans les zones de Trastevere, aujourd’hui correspondant à la place Mastai.

AUTUN - TEMPLE DE JANUS 

Temple de Janus à Autun – Saône-et-Loire

En France, c’est à Autun, en Saône-et-Loire que l’on trouve un temple de Janus d’époque gallo-romaine dans le meilleur état de conservation possible. Cependant, on doute que ce temple ait vraiment été dédié à ce dieu précisément.

Quant aux « Janides », c’étaient des devins romains, descendants du dieu au double visage et qui prédisaient à travers les peaux des victimes sacrifiées… Une histoire de peau bien en rapport avec le monde de Saturne… mais aussi de divination…

 janus

Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur

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DANS LE BESTIAIRE DU SAGITTAIRE… LE CERF

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 14-12-2012

Dans la mythologie gréco-romaine, le cerf est associé à Artémis, qui dirige avec des rênes d’or des cerfs attelés à son char. Cependant, c’est dans l’univers celte que le cerf prend toute son importance ; Cernunnos, la divinité gauloise qui porte sur le crâne des bois de cerf, est souvent représenté comme maître des fauves, accompagné d’un serpent. Et pourtant, dans les traditions populaires le cerf est considéré comme un exterminateur des serpents. Les Gaulois employaient des talismans en bois de cerf tandis que les cerfs sont découverts ensevelis avec des chevaux en l’honneur des défunts illustres dans des fouilles faites en Suisse alémanique. Signalons aussi qu’en Bretagne, Saint Edern est représenté chevauchant un cerf.

 

Cernunnos – Divinité gauloise – Pilier des Nautes –  

Musée National du Moyen Age – Thermes de Cluny – Paris

En Irlande, le héros du cycle ossianique primitif s’appelle « faon », « petit cerf » (Oïssin), tandis que la chasse aux cerfs était l’occupation principale des Fenians, ces héros légendaires qui, du 1er mai au 1er novembre, accomplissaient des prouesses dans les forêts. L’autre semestre, de novembre à mai, ils s’établissaient dans les villes et défendaient l’île de ses ennemis.

La cérémonie de la Horn Dance, dans le Staffordshire, où paraissent dans une procession et une danse rituelle des hommes couronnés de bois de cerfs, est peut-être un ultime souvenir de cette importance symbolique de l’animal qui se lance avec agilité à la poursuite des âmes s’il ne représente l’âme fugitive lui-même.

Saint Patrick, évangélisateur de l’Irlande, et ses compagnons se métamorphosent en cerfs pour échapper à leurs persécuteurs païens.

Royal… le cerf

Par ses bois qui chaque année repoussent entièrement et s’accroissent d’un andouiller, le cerf, qui ainsi semble porter sur sa tête un arbre de vie, en est venu à symboliser les facultés de renaître et de croître. Il symbolise ainsi la fécondité, les rythmes de croissance et les renaissances. On retrouve ces valeurs aussi bien dans les ornements des baptistères chrétiens que dans les traditions musulmanes, altaïques, Maya, Pueblo…

Les Indiens d’Amérique manifestent dans des danses et dans leurs cosmogonies ce lien du cerf et l’arbre de vie. L’effigie sacrée du Dieu Soleil des Hopis, Pueblos de l’Arizona, est taillée dans une peau de daim. Au XVIe siècle, les Indiens de Floride, lors de la célébration de la fête du Soleil, au printemps, un poteau était érigé au sommet duquel on élevait la peau d’un cerf arrachée à un animal capturé en cérémonie ; auparavant, on l’emplissait de végétaux pour lui donner forme et on la décorait de fruits et de plantes suspendus. Cette image était orientée vers le Soleil levant et la danse se tenait autour d’elle accompagnée de prières pour une saison d’abondance. Une coutume analogue pour la fête du printemps existe chez les Timucua.

Le cerf est aussi l’annonciateur de la lumière, il guide vers la clarté du jour. Il existe un chant des Indiens Pawnees en l’honneur de la lumière du jour : « Nous appelons les enfants. Nous leur disons de s’éveiller… Nous disons aux enfants que tous les animaux sont éveillés. Ils sortent des gîtes où ils ont dormi. Le Cerf les conduit. Il vient du sous-bois où il demeure, menant ses petits vers la Lumière du Jour. Nos cœurs sont joyeux ».

En Europe, au Moyen Age, il était de coutume de coudre les corps des grands seigneurs morts dans la peau d’un cerf, ce qui fait de lui un animal psychopompe. Dans d’autres cultures, l’animal, investi d’une valeur cosmique devient médiateur entre la terre et le ciel, image du soleil nouveau. Messager divin, il évoque aussi le don mystique du Christ, représenté avec une croix entre ses bois.

Souvent associé à la licorne, le cerf est le symbole du Mercure philosophale tandis que le cerf ailé représente dans les traditions ésotériques un niveau élevé de spiritualité. Enfin, dans le Cantique des Cantiques biblique, le cerf et la gazelle représente les époux divins.

 

Dagobert 1er chassant le cerf – Miniature du Moyen Age

Toujours au Moyen Age, le cerf était un animal à la charge symbolique particulièrement forte. A l’égal de l’ours ou du lion, il faisait partie des royautés animales. Des auteurs tels Bède le Vénérable ou même Raban Maur en font l’image du chrétien, de l’homme innocent, pur et saint. La légende de l’invention des reliques de Saint Denis, trouvées par Dagobert sur les indications d’un cerf envoyé par la Providence renforce cette idée. Les hagiographes de Saint Hubert ou de Saint Eustache l’associent plus particulièrement au Christ, apparu en croix à ces deux saints entre les bois d’un cerf. Divers parallèles sont établis en ce sens par les lettrés du Moyen Age. Les livres de vénerie insistent ainsi sur le fait que le cerf est un animal destiné à être sacrifié au terme d’un rituel précis, comme le Christ a été rituellement sacrifié. De même, les bois du cerf, repoussant chaque année après être tombés, apparaissent comme des images de la résurrection. Le cerf à la robe d’un blanc immaculé devient un véritable symbole christique.

Cette association explique le succès de cet animal auprès des rois souhaitant démontrer leur piété. Richard II d’Angleterre choisit ainsi le cerf blanc couché sur une prairie que l’on voit au dos du diptyque Wilton comme emblème personnel. C’est néanmoins auprès des rois de France du XVe siècle que le cerf trouve les plus fidèles dévots. Si le cerf fait discrètement partie de vocabulaire traditionnel de la monarchie, c’est Charles VI qui, le premier, donne à cet animal une réelle importance dans le bestiaire royal, sous la forme d’un cerf ailé, parfois appelé « cerf volant » ou « cerf de justice ». Philippe de Mézières introduit ainsi ce thème dans « le Songe du Viel Pèlerin », décrivant le roi comme un « noble cerf ailé », image du Christ sur Terre. Cette comparaison aura un immense succès pendant tous le XVe siècle. Son fils, le contesté Charles VII, reprend cette symbolique pour affirmer sa légitimité et sa filiation, faisant souvent représenter ses armoiries tenues par deux cerfs blancs ailés portant une couronne autour du cou.

 

Le cerf blanc ailé

Louis XI, peu enclin à la pompe symbolique et à la célébration allégorique de son pouvoir, délaisse quelque peu les cerfs qui seront de nouveau à l’honneur sous Charles VIII et Louis XII. Celui-ci est le dernier à être chanté comme le cerf de France, François 1er et successeurs abandonnant totalement ce symbole. Pendant toute cette période, les cerfs ailés font partie du répertoire iconographique de la monarchie, abondant dans les tapisseries, les manuscrits et les décors monumentaux. Certains princes, comme Pierre II de Bourbon suivent la mode et adoptent également cet animal.

Enfin, certaines œuvres d’art, inspirées par le tempérament mélancolique attribué au cerf, présentent l’animal d’une façon émouvante au terme de la chasse : atteint d’une flèche, il tient encore dans sa bouche une herbe de laquelle il espérait en vain la guérison ; mais son mal est sans remède, ce que confirme souvent l’inscription « Malum immedicabile ». Est-ce de la compassion pour l’animal mourant ou le pressentiment de sa propre mort ?

Des écrivains et des artistes ont fait du cerf un symbole de prudence, parce qu’il fuit dans le sens du vent qui emporte son odeur et aussi parce qu’il reconnaît d’instinct les plantes médicinales. Symbole aussi d’ardeur sexuelle, il est présent près du couple d’Aphrodite/Vénus et d’Adonis, près de Suzanne au bain, épiée par les vieillards.

 

La lyre d’Erato – Filippino Lippi

Le cerf représente aussi, parmi les cinq sens, l’ouïe parce que, les oreilles dressées, il ne peut être approché sans qu’il entende le bruit. Il symbolise également la poésie lyrique parce qu’il se trouve auprès de la muse Erato qu’il aime, et puis encore de la musique au point de se coucher pour l’écouter et parce que ses bois sont en forme de lyre.

Dans l’art bouddhique, le cerf renvoie au Parc aux cerfs où Bouddha exposa son premier sermon, et symbolise l’humilité et la vivacité de l’élève idéal.

Le cerf ailé peut signifier la promptitude dans l’action. Mais si l’on interprète l’image en fonction de la symbolique de l’aile, c’est toute la symbolique du cerf qui se trouve alors élevée au niveau de la spiritualité : la prudence du saint, l’ardeur à s’unir à Dieu, l’attention à la parole et au souffle de l’Esprit, la sensibilité à la présence de Dieu.

 

Bibliographie

Fêtes et Croyances Populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

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LES GORGES DU SAGITTAIRE EN ITALIE

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 10-12-2012

Est-ce la profondeur spectaculaire de ces gorges, est-ce la majesté des montagnes environnantes qui évoquent le royaume des Titans dont Jupiter était l’un des frères, qui ont valu à une rivière de l’Italie centrale, dans la province des Abruzzes, ce nom de Sagittaire. Ou bien, est-ce parce que cette rivière voyage de petites villes en petites villes à l’image du globe-trotter qu’est le Sagittaire ?

Cette rivière Sagittaire prend sa source au Lac de Scanno dont il fait partie intégrante, à une altitude de 1 930 mètres ; en amont du lac elle ne s’appelle d’ailleurs que « Torrente Tasso ». Des eaux turquoises ruisselant des Apennins voisins forment de petits lacs au fond des gorges du Sagittaire. Ensuite, le débit du Sagittario alimente une centrale électrique, construite en 1920, d’une puissance de 20 MW.

 

Le Gole del Sagittario – Les Gorges du Sagittaire – Abruzzo – Italia

La réserve naturelle des gorges du Sagittaire se trouve entre le parc de la Maiella dont le sommet atteint 2 793 mètres, celui du Gran Sasso encore plus haut avec ses 2 912 mètres d’altitude et le parc du Sirente-Velino. Cette réserve s’étend sur 450 hectares ; elle est parcourue par des sentiers pédestres aménagés pour une découverte de la faune et de la flore. On se trouve au cœur d’épaisses forêts de hêtres, arbres fabuleux qui font partie de l’univers jupitérien. Le tronc lisse du hêtre, à l’écorce gris acier, n’est pas sans rappeler une patte ou une trompe d’éléphant, le grand animal du bestiaire de Jupiter. La taille et la puissance du hêtre le place avec le chêne parmi les grands arbres des forêts, dans le monde imposant et majestueux de Jupiter. Le hêtre mesure jusqu’à 35 m de haut.

 

Le parcours du Sagittaire 

La région des Abruzzes s’étend du cœur des Apennins jusqu’à la mer Adriatique, une grande partie du territoire est donc montagneuse et sauvage et il n’est pas rare d’y rencontrer des ours et des loups. En haute montagne, parmi les sommets préservés et les parois rocheuses, on trouve de petites localités touristiques et des territoires équipés pour le ski et les sports d’hiver.

Mais, revenons à la rivière et voilà notre Sagittaire traversant de petites villes charmantes aux noms évocateurs : Anversa degli Abruzzi, Bugnara, Corfinio, Pratola, Peligna, Prezza, Roccacasale, Scanno, Sulmona, Villalago et Popoli… et puis qui court se jeter dans une autre rivière l’Aterno, près de Cocullo, un autre village surprenant, davantage dans la symbolique Scorpion puisqu’ici on voue un véritable culte aux serpents.

 

Anversa degli Abruzzi – Italie

Le village d’Anversa degli Abruzzi ne compte que quelques 390 habitants, mais son histoire et son charme lui ont valu de recevoir le label des « Borghi più belli d’Italia », les bourgs les plus beaux d’Italie. Cette commune fait également partie du « Parc littéraire Gabriele d’Annunzio », célèbre auteur du XXe siècle, natif de la région et symbole de l’héritage culturel du village qui a ainsi pu rayonner malgré sa très petite taille. Et c’est ainsi qu’Anversa degli Abruzzi s’est jumelée avec Illiers-Combray, petite bourgade d’Eure-et-Loir, en France cette fois, devenue célèbre grâce à Marcel Proust. C’est en effet à Illiers-Combray qu’habitait sa tante Léonie et c’est auprès d’elle que l’écrivain prit le goût des madeleines.

C’est ainsi que les deux communes ont eu la volonté de rapprocher leur histoire : Marcel Proust, côté français, et Gabriele d’Annunzio, côté italien, sont tous les deux des écrivains célèbres.

 

  

 

 

 

 

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LA MAISON IX DU THEME ASTRAL… LA MAISON SAGITTAIRE

(5.6 - LES MAISONS ASTROLOGIQUES) par sylvietribut le 08-12-2012

La Maison IX est en analogie avec le neuvième signe, le Sagittaire. C’est une Maison de Feu, gouvernée par Jupiter. C’est une Maison Mutable suggérant que rien n’est fixé pour toujours, que des alternatives existent.

Cette Maison IX est indissociable de la Maison III. En effet, comme on l’a déjà vu, à partir de la Maison VII, on n’appréhende plus les choses dans le seul sens de la Maison concernée, mais on prend en compte l’axe dans lequel elle s’inscrit. On parlera donc ici de l’Axe III/IX.

 

Le Zodiaque et les douze Maisons Astrologiques – L’Axe Maison III/Maison IX

La Maison III est liée à la communication et à l’échange, la Maison IX représenterait donc une sorte d’octave supérieure des symbolismes de la Maison III. Les jeux intellectuels de la Maison III deviennent quête, joutes ou aventure spirituelle avec la Maison IX.

Avec la Maison III, on parlait de petits déplacements. Avec la Maison IX, l’image qui vient à l’esprit est qu’on « décolle » et la distance est décuplée. On y devient comme « frère de ses flèches », sans espoir de retour au port.

Amusement, passe-temps, récréation, plaisir, plaisanterie, calembours et jonglerie, on était alors dans le domaine de la Maison III qui implique aussi bien l’adresse que l’habileté et le jeu de mots. En face, avec la Maison IX, il s’agit d’autres jeux, plus dangereux, dans lequel on trouve les jeux d’argent ou le hasard défi l’absurde : jeux de cartes ou jeux d’échecs, loteries et casinos avec roulette et chemin de fer… Tous ce qui invite à connaître le frisson du risque.

 

Les Joueurs d’échecs – Daumier

En quelque sorte la Maison IX est la Maison de la démesure. Là où en Maison III on s’amuse, en Maison IX, on fait la fête. Avec la Maison III, on évolue dans monde de copains avec qui on a plaisir à discuter et échanger des idées. Avec la Maison IX, c’est cent personnes qu’on invite et on met les petits plats dans les grands, quand on ne rêve pas de jongleurs et de ménestrels dans un château féodal.

En Maison IX, on se met en condition de ne plus contrôler la situation. On s’expose peut-être « parce qu’à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Une sorte de roulette russe qui donne à l’existence du relief et du piment. En effet, pour donner du prix à la vie, il faut à chaque instant savoir qu’on peut la perdre. C’est dans ce sens que la Maison IX peut faire les vrais joueurs. Le joueur de la Maison IX s’affronte à un vertige qui n’a rien à voir avec la nature ludique de la Maison III.

Certains vont d’ailleurs jusqu’à risquer leur vie. C’est le cas de l’explorateur qui part en terre inconnue, insouciants des dangers ou des mauvaises rencontres car c’est précisément le surgissement de l’inconnu qui le fascine. Cependant, le risque ici peut tout aussi bien être intellectuel que spirituel.

Mieux vaut éviter de dire « chiche » à un Sagittaire ou à qui possède dans son thème une Maison IX importante. On se trouve alors en face de quelqu’un qui va se croire obligé de relever le défi, même s’il le sait absurde ou fou, même s’il sait qu’il devra vendre les bijoux de sa femme. Il lui faut retrouver cette drogue, cette excitation d’un danger né de l’absence de limite, de l’absence de frontière. Avec des planètes en Maison IX dans le thème natal, c’est encore et toujours, jusqu’à l’absurde, aller au-delà… « Les jeux sont faits… Rien ne va plus »… Voilà ce qui fait vibrer tout être Maison IX.

Toutefois, il est des êtres Maisons IX qui accepte cette dimension prométhéenne du destin, car si derrière les apparences, derrière le silence et le vide des espaces infinis, il y avait Dieu ? On peut alors s’entretenir avec la divinité, épouser la pensée supérieure et rencontrer son Guide spirituel, gravir la montagne, commencer l’ascension de l’homme à la conquête de Soi. Avec la Maison IX on peut partir à la conquête du Graal.

 

On peut porter également un autre regard sur l’axe Maison III/Maison IX et comprendre qu’on joue ici avec la dialectique « proximité-distance ». Ainsi, avec la Maison III nous jouons avec les proches, nous échangeons avec eux. Avec la Maison IX nous affrontons tous les problèmes de la distance, de l’éloignement, du départ, de l’étranger. Qui est cet étranger puisqu’il n’appartient pas au groupe familial comme le frère de la Maison III, mais c’est avec ceux de « là-bas » que nous allons devoir composer.

Ainsi, la présence d’une planète dans la Maison IX du thème natal se traduira par cette présence de l’étranger : le Soleil ou la Lune dans cette Maison pourront tout aussi bien évoquer son origine étrangère que son accessibilité, physique ou symbolique… un père ou une mère inaccessible, perdu, lointain, comme parti. Une Vénus en Maison IX évoque bien sûr des amours lointaines ou étrangères, mais également cette même notion d’inaccessibilité… L’autre est marié, prêtre, homosexuel, qu’importe… l’important est qu’on ne puisse l’approcher longtemps. Bien sûr cette notion de mobilité se traduit par le voyage lui-même avec la possibilité de résider à l’étranger, autrement que pour des vacances, comme c’est souvent le cas avec la Lune en Maison IX.

En fait, avec des planètes dans l’Axe Maison III/Maison IX, on part à la découverte, concrètement et intellectuellement, sans jamais admettre les frontières.

 

Le Centaure du Sagittaire

Enfin, la Maison IX est un secteur de Foi et en même temps de Désir et là réside toute sa dualité. C’est sans doute son analogie avec le Centaure, cheval de désir, archer de foi. D’où sans doute à une plus grande naïveté, une confiance plus innocente avec des planètes en Maison IX que dans la Maison III où l’intelligence se fait jeu brillant, éblouissant parfois. L’intelligence en tant que jeu avec les mots et les idées autorise tout… puisque le plaisir naît du talent à mettre les concepts en rapport les uns avec les autres, à échafauder une construction, quitte ensuite à la détruire d’un rire ou d’un geste, par provocation, pour en élaborer une autre aussitôt. Alors que l’être Maison IX joue son âme et ne sera jamais pris pour un provocateur et on le verra plutôt comme un missionnaire.

 

Thème Astral de Jean Mermoz – Né le 9 décembre 1901 – 2 heures – AUBENTON (02)

Le thème de Jean Mermoz qui illustre parfaitement cette double nature. On constate en effet l’importance de ces deux Maisons, Maison III et Maison IX et qui lui faisait dire « au lieu d’être aviateur, j’aurais pu être méhariste ou missionnaire ».

En résumé, avec des planètes en Maison III on fait de l’esprit. Avec des planètes en Maison IX, on accède au spirituel. Toutefois, il faut également constater que les Axes jouent aussi à échanger leur place et dans cet Axe III/IX plus encore qu’ailleurs, précisément parce que nous sommes dans un Axe Mutable.

 

L’Homme-Zodiaque – Enluminure – 1434

Ainsi dans l’Homme-zodiaque, les Gémeaux et la Maison III sont en rapport avec les poumons, les membres supérieurs et la main, et avec le Sagittaire et la Maison IX, l’accent est mis sur le foie, la vésicule biliaire, les hanches et les cuisses. Cependant, il peut y avoir échange de ces symboliques, passage d’un secteur à l’autre.

Par exemple, les poumons des Gémeaux/Maison III nous rappelle la symbolique de l’échange inspirer-expirer, comme les bras évoquent « l’abrazo » ou l’art de serrer l’autre sur son cœur, comme la main évoque à son tour l’Homo Faber et ses outils et donc le bricolage.

 

En face, avec le Sagittaire/Maison IX nous avons le foie, organe-usine, siège du pouvoir, de la colère mais aussi de la gourmandise. Nous sommes en analogie avec Jupiter, ses excès, sa foudre, sa volonté de puissance et de jouissance ; comme la cuisse de Jupiter en laquelle siège la force du Centaure. Ce Centaure qui court librement, qui trouve dans le sport l’occasion de se dépasser. Courir plus loin, plus longtemps que les autres… voilà un autre défi de la Maison IX.

 

Jupiter et la Corne d’Abondance – Parc du Château de Versailles enneigé

 

 

 

 

 

 

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DANS L’HERBIER DU SAGITTAIRE… LA PETITE CENTAUREE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 28-11-2012

C’est une kyrielle de noms que l’on donne à cette plante et qui nous ramène au mythe du Sagittaire. La Centaurée est aussi appelée Gentiana centaurium ou Erythosa centaurium, mais également Herbe au Centaure, gentiane centaurée, herbe de Chiron, herbe de la fièvre, quinquina d’Europe, fiel de terre, chironde, chironée, gentianelle et centaurelle.

 

La petite Centaurée

La Centaurée est « un purifiant universel »… telle est la définition, juste un peu exagérée, qu’on donne dans un vieil ouvrage qui voit en cette plante un fébrifuge par excellence, un spécifique des maladies contagieuses, un détersif, un apéritif… et la liste est longue.

La légende raconte que le centaure Chiron, lequel enseigna la chirurgie au dieu de la médecine Esculape, fut le premier à l’utiliser pour guérir les blessures qu’Hercule lui avait faite avec une flèche empoisonnée, ce qui valut à la plante d’être tenue pour magique : chez les Romains, on la brûlait pour chasser les serpents et les Gaulois l’employaient comme antidote.

Chiron enseignant Achille – Eugène Delacroix

Dans la mythologie grecque, Chiron était un centaure. Il était fils de Cronos/Saturne et de l’Océanide Philyra. Il vivait dans une grotte sur le Mont Pélion, en Thessalie. Réputé pour sa grande sagesse et ses nombreuses connaissances contrairement aux autres représentants de son espèce, il se vit offrir l’immortalité par les dieux et se fit confier par les hommes l’éducation de nombreux héros qui devinrent ses disciples, notamment Achille et Asclepios/Esculape. Héraclès/Hercule tua Chiron par erreur, lors d’une bataille contre de nombreux centaures, il reçut une flèche empoisonnée par le sang de l’hydre de Lerne dans le genou. La blessure était inguérissable et Chiron était immortel. Il demanda aux dieux le retrait de son immortalité pour cesser de souffrir. Zeus/Jupiter le transforma en constellation.

On rencontre cette centaurée aussi bien en plaine qu’en montagne, dans les clairières des forêts que dans les prairies ensoleillées, le long des chemins que sur les terres sablonneuses. Elle a des tiges carrées de 25 à 50 cm de haut, ramifiées seulement à la partie supérieure, portant de petites feuilles ovales et opposées. Ses petites fleurs rouge pâle, dont la base est tubulaire et le haut déployé en étoile à cinq branches, forment de jolis bouquets au sommet des tiges.

 

La Petite Centaurée – Planche Botanique

Ce sont les sommités fleuries qu’on récolte et qu’on fait sécher à l’ombre au moment de leur plus grande vigueur florale, c’est-à-dire entre juillet et septembre, pour préparer une tisane particulièrement indiquée contre la fièvre. Elle remplaçait d’ailleurs le quinquina aux époques où celui-ci venait à manquer. La Centaurée est tout aussi indiquée en cas de manque d’appétit et les digestions pénibles. Cependant, pour être apéritive, elle se prend avant les repas et pour être digestive, après. Elle est recommandée en cas d’insuffisance hépatique avec constipation, infection des voies biliaires, anémie, hydropisie, les dermatoses et même les oxyures et les ascaris qu’elle n’est pas suffisante à détruire, mais elle renforce l’action des véritables vermifuges.

La dose habituelle pour l’infusion est de 30 grammes de sommités fleuries pour un litre d’eau. On laisse infuser entre cinq à dix minutes. Trois tasses par jour de préférence avant le repas. Voilà une tisane assez amère à laquelle on peut ajouter quelques feuilles de menthe ou de l’angélique.

La petite Centaurée s’utilise comme tonique en cas d’anémie ou en convalescence. On peut en faire un vin de centaurée avec 60 grammes de plante dans un litre de bon vin blanc, quelques baies de genièvre. On laisse macérer huit jours. Puis, on filtre et on sucre avec du miel de préférence : un verre à bordeaux avant les repas.

On peut également utiliser la petite Centaurée en usage externe, en lotions et compresses sur les ulcères variqueux et les plaies atones. En lotion, elle passe pour arrêter la chute des cheveux. Faire une décoction avec 60 grammes de plante pour un litre et on laisse bouillir quelques minutes.

On utilise la petite Centaurée comme plante médicinale depuis le Ve siècle avant Jésus-Christ. Dans la Grèce antique, on lui attribuait des vertus purgatives, emménagogues. On la disait bénéfique aussi bien pour les yeux que pour la cicatrisation des plaies.

La petite Centaurée fait partie de la famille de la gentiane et ses propriétés sont similaires.

Bibliographie

Nos Grand-mères savaient – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

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JUPITER… LE BRILLANT

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 27-11-2012

Sur le signe du Sagittaire, plane la grande ombre de Zeus-Jupiter, maître du signe.

Zeus est un dieu composite, hybride, porteur d’une double origine, véhiculant des attributs et des vertus, ou des défauts, le plus souvent contradictoires, voire inconciliables.

Zeus-Jupiter le Brillant, son aigle et Ganymède qui lui tend la coupe de l’ambroisie

Si on se réfère à l‘étymologie, Zeus, et les autres noms qui le désignent, est associé au Ciel Brillant ou Lumineux. Il est l’éclat même du jour. Euripide le désigne comme « éther brillant ». Zeus, c’est Dieu en grec, Zin en vieux haut allemand, Tyr en vieux norrois, Dyauspiter en sanscrit, très proche de Jupiter, c’est-à-dire encore « Père du jour ».

Associée à lui, on retrouvera Dioné, l’une de ses épouses, proche de Diane. Il est « jovial », du latin « jovis » : Jupiter, tant qu’il ne se met pas en colère, ne fait pas de l’autoritarisme gratuit, ne manifeste pas son extrême susceptibilité et son absolu manque d’humour, qu’il ne joue pas, enfin, des tours pendables aux mortelles et aux déesses qu’il convoite, viole ou trompe par des ruses indignes, ou bien encore lorsqu’il ne fait pas peser sur les humains ses terribles menaces et ses vengeances écrasantes.

Admettons toutefois qu’il n’est pas toujours facile de démêler ce qui lui vient de ses origines indo-européennes et de son caractère grec.

Selon les textes les plus anciens, Zeus serait né en Crète, c’est-à-dire en terre non hellène. Là où sa mère doit le cacher pour qu’il échappe à la dévoration paternelle.

 

Ganymède et l’aigle de Jupiter – Pierre Julien – Musée du Louvre

La Crète est liée aux religions archaïques, celles de la Déesse Mère. Au point qu’il existe des représentations d’un Zeus androgyne, en Carie, barbu mais avec six mamelles disposées en triangle, comme il existe une « Vénus barbata » ou une Cybèle mi-mâle, mi-femelle. Peut-être cela nous aidera-t-il à comprendre la diversité des expériences sexuelles de Zeus, son coup de foudre pour le beau Ganymède, dont le nom viendrait de « catamite », objet sexuel masculin, et dont Minos aurait tenté de faire son giton après que Zeus lui eut donné le mauvais exemple. Est-ce là pure homosexualité ? Est-ce un vieux vestige de bisexualité ? Et cela expliquerait-il aussi ses gestations nombreuses dans sa « cuisse »… par exemple ?

 

                     La Nymphe et la chèvre Amalthée – Pierre Julien – Laiterie de la Reine – Parc du Château de Rambouillet                  

Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur       

 

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