DANS LE BESTIAIRE DE LA BALANCE… LA COLOMBE

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 15-10-2012

Dans la Bible, c’est une colombe que Noé envoie depuis son arche pour savoir si les eaux se sont retirées de la terre après le déluge. Celle-ci revient vers Noé dans le soir avec un rameau d’olivier dans son bec, indiquant ainsi à Noé que les eaux ont baissé, mais en signe de réconciliation avec Dieu. Elle est la messagère de Dieu et symbolise la paix, l’harmonie, l’espoir et le bonheur retrouvé. Dans le Christianisme, la colombe est le Saint-Esprit. Elle est présente tant à l’Annonciation qu’au baptême du Christ, le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme de cet oiseau.


La blanche colombe

Dans le Cantique des Cantiques, un recueil de chants d’amour qui font partie de l’Ancien Testament, les colombes occupent aussi une place de choix. En plus de son message de paix, la colombe est un symbole de pureté, cependant toutes les colombes ne sont pas blanches.

En Chine, la colombe, comme le pigeon sont emblèmes de longévité et de fidélité conjugale. D’ailleurs, comme la plupart des représentations d’animaux ailés dans la même aire culturelle, on a pu dire que la colombe représentait la sublimation de l’instinct et plus spécifiquement de l’éros.

Dans la culture amérindienne, offrir une plume de colombe à quelqu’un équivaut à une déclaration d’amour.

Dans une acception païenne qui valorise différemment la notion de pureté, non en l’opposant à l’amour charnel mais en l’associant à lui, la colombe, oiseau de Vénus/Aphrodite, représente l’accomplissement amoureux que l’amant offre à l’objet de son désir. Dans l’Antiquité, on offrait des colombes en sacrifice aux déesses de l’amour, comme Astarté et Vénus. On a retrouvé des colombes à Pompéi sur des mosaïques.

 

Les colombes de Pompéi – Mosaïque

Ces acceptions, qui ne diffèrent qu’en apparence, font que la colombe représente souvent ce que l’homme juge impérissable, c’est-à-dire le principe vital, l’âme. A ce titre, sur certains vases funéraires grecs, elle est représentée buvant à un vase qui symbolise la source de mémoire. L’image est reconduite dans l’iconographie chrétienne qui, par exemple, dans le récit du martyr de saint Polycarpe, un disciple de l’apôtre Saint Jean, figure une colombe sortant du corps du saint après sa mort.

Tout ce symbolisme est évidemment issu de la beauté et de la grâce de cet oiseau, de sa blancheur immaculée, de la douceur de son roucoulement. Ce qui explique que, dans la langue la plus triviale comme dans la plus élevée, de l’argot parisien au Cantique des Cantiques, le terme de colombe compte parmi les plus universelles métaphores célébrant la femme. « Dans la mesure où l’âme s’approche de la lumière, dit Jean Daniélou citant Grégoire de Nysse, elle devient belle et prend dans la lumière la forme d’une colombe. Mais l’amoureux n’appelle-t-il pas son aimée « mon âme » ?

Notons enfin que la colombe est un oiseau éminemment sociable, ce qui renforce la valorisation toujours positive de son symbolisme.

 

La colombe de la paix de Pablo Picasso

La colombe a inspiré bon nombre d’artistes : Pablo Picasso en a produit de nombreuses œuvres où les colombes sont très présentes, et notamment la Colombe de la Paix, en 1949. Cette année-là eut lieu, à Paris Salle Pleyel, un gigantesque Congrès de la Paix organisé par le Mouvement mondial des partisans de la paix. Picasso était alors membre du Parti communiste, comme de nombreux intellectuels. En janvier 1949, le Parti Communiste, très engagé dans l’action pour la paix aux côtés des Chrétiens et des Libres penseurs, demanda à Picasso de dessiner une affiche symbolisant le Mouvement de la Paix. Pour cette colombe, Picasso s’inspira des pigeons blancs qu’il avait en cage dans son atelier pour tracer le profil d’une colombe, ainsi que des arbres de son enfance à Malaga. Au printemps, naissait sa fille qu’il eut avec Françoise Gilot. Il la prénomma Palomba, « Colombe » en espagnol.

 

La colombe de René Magritte

 

La colombe de Georges Braque

René Magritte et Georges Braque ont également peint des tableaux célèbres représentant des colombes. Quant à Guillaume Apollinaire, il a écrit un calligramme, ou recueil de poèmes,  bien connu : « La colombe poignardée et le jet d’eau ».

Si vous vous promenez au jardin des Tuileries peut-être remarquerez-vous la Nymphe à la colombe. Elle forme un groupe consacré à la chasse avec le Chasseur au repos et la Nymphe au carquois. Initialement, elle se trouvait dans le parc de Marly. Elle fut commandée en 1707 à Nicolas Coustou et est datée de 1710. Le groupe quittera Marly et sera transporté aux Tuileries en 1716.

 

La Nymphe à la colombe – Nicolas Coustou – Jardins des Tuileries – Paris

Il existe une rue de la Colombe dans l’île de la Cité à Paris où se trouve au n° 4, La Colombe, le plus vieux bistrot de Paris qui devient un célèbre cabaret « rive gauche », qui de 1954 à 1964 fit débuter de nombreux chanteurs-poètes.

La colombe a même inspiré les pâtissiers. On raconte qu’en 1176, le chef de la Ligue des communes lombardes, pour célébrer la victoire du « Carrocio » contre Frédéric Barberousse durant la bataille de Legnano, fit préparer un pain en forme de colombe, qu’il considérait comme un signe de protection, en hommage aux trois colombes qui s’étaient posées providentiellement sur les enseignes lombardes durant Le conflit. Le « Carrocio » était au Moyen Age un char de guerre que les communes déplaçaient, avec le drapeau et l’autel, pour se réunir en prières avant le combat.

 

La colombe pascale d’Italie

Comment ne pas citer aussi le dessert pascal italien, la « colomba », une brioche garnie de fruits confits en forme de colombe qui symbolise Pâques et la bonne nouvelle qu’est la résurrection du Christ. Cependant, la tradition perpétuerait une légende qui circule toujours en Italie. Au VIe siècle, Alboïn, roi des Lombards, demanda lors du siège de Pavia un tribut de douze jeunes filles, les plus belles de la cité. Un vieil homme eut l’idée d’offrir au terrible  Alboïn en signe de paix, un jour de Pâques, ce pain sucré en forme de colombe. Séduit, le despote promit de toujours respecter les colombes. Ensuite, il demanda qu’on lui amène les captives. A la première à qui il demanda comment elle s’appelait, il s’entendit répondre : « Colombe », la seconde se prénommait aussi Colombe et les unes après les autres les douze jeunes filles annoncèrent toute le même nom, Colombe. Cet heureux stratagème plut à Alboïn qui renonça à détruire Pavia et au contraire choisit d’y installer son gouvernement.

 

La colombe de Bâle – Timbre

Enfin, la colombe figure sur un timbre postal, c’est la Colombe de Bâle. Ce nom fut donné au premier timbre émis par la poste du canton suisse de Bâle en 1845. Non dentelé, il représentait une colombe blanche sur un écu rouge, entouré de la mention « Stadt-Post-Basel », c’est-à-dire « Poste Urbaine de Bâle ». Ce fut le premier timbre-poste en relief et en couleur : blanc, rouge et un pourtour bleu clair.

 

La jeune fille à la colombe – Chaplin

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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DANS L’HERBIER DE LA BALANCE… LE JASMIN

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 11-10-2012

Cette plante gracieuse est originaire des Indes. Particulièrement appréciée pour sa senteur capiteuse, elle entre dans la composition de plusieurs parfums renommés. Le jasmin est, avec la rose, une des deux fleurs reines de la parfumerie. Ces deux fleurs ont fait le succès du parfum Joy qui fut créé en 1930 par Jean Patou qui disait qu’il fallait 10 600 fleurs de jasmin pour produire une once de parfum.

Quant à la blancheur du jasmin elle en fait la fleur-symbole de l’amabilité.

JASMIN 2 

Jasmin blanc symbole de l’amabilité

Les tiges ligneuses du jasmin s’enroulent sur tout support en formant des méandres, symboles d’élégance. Une tonnelle où le jasmin s’enlace est un délice pour l’odorat. Ce qui fit écrire à Jean de La Fontaine :

Jasmins dont un air doux s’exhale,

Fleurs que les vents n’ont pu ternir,

Aminte en blancheur vous égale,

Et vous m’en faites souvenir.

Les Tunisiens en font de petits bouquets en boutons que les enfants proposent à la terrasse des cafés et que les hommes portent sur l’oreille, en offrir est une preuve d’amour. En Arabe, le nom du jasmin odorant signifie « cadeau de Dieu », et tant en Orient qu’en Occident, la fleur est liée à la grâce féminine. Le jasmin est à l’origine du prénom arabe Yasmina, et de ses dérivés : Yasmine et Yassmine. Damas est la ville du jasmin par excellence tant cette fleur est cultivée dans chaque maison, au pied de chaque immeuble.

 

Petits bouquets de jasmin de Tunisie

En Inde, Kâma, le dieu de l’amour, atteignait ses victimes par des flèches auxquelles il attachait des fleurs de jasmin. Et si on se réfère à l’Antiquité, on apprend que Cléopâtre serait allée à la rencontre de Marc Antoine dans un bateau dont les voiles étaient enduites d’essence de jasmin. D’ailleurs, le jasmin serait originaire d’Indes et d’Egypte.

Dans la tradition chrétienne, elle est  associée à la Vierge Marie, alors qu’en Thaïlande, elle symbolise la maternité.

En France, au XVIIe siècle, la ville de Grasse s’était lancée dans la culture du jasmin. Sa récolte est aujourd’hui devenue rare. Elle se déroule au mois d’août. Les fleurs de jasmin doivent être cueillies juste avant l’aube et traitées le plus rapidement possible. Les fleurs de jasmin s’ouvrent la nuit et seulement à une température supérieure à 17° C.

Dans le folklore français, les noces de jasmin symbolisent 66 ans de mariage.

JASMIN JAUNE 2

Jasmin jaune

Il existe aussi un jasmin jaune très résistant au froid. Il fleurit à la fin de l’hiver lorsque la terre est nue. Ses étoiles jaunes sont un premier frémissement de la nature.

Par ailleurs, indépendamment du goût délicieux que la fleur de jasmin donne au thé, celle-ci est recommandé contre les maux de tête. Très calmantes, elles relaxent et apaisent la toux nerveuse. Posologie en infusion : 20 grammes par litre d’eau bouillante et deux tasses par jour, la seconde au coucher. De plus, dans l’huile d’olive, la macération des fleurs est excellente en friction contre les douleurs des paralysies nerveuses. Pour cet usage externe : recouvrir dans un bocal des fleurs de deux fois leur volume d’huile d’olive. Laisser macérer un mois avant usage.

Comme les fleurs de jasmin sont rares et leur prix élevé, si vous en avez dans votre jardin, cela vaut la peine de les récolter.

JASMIN

Bibliographie

Le Langage des Fleurs – Marthe Seguin-Fontes – Editions du Chêne – Hachette Livre

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LA MAISON VII DU THEME ASTRAL… LA MAISON DE LA BALANCE

(5.6 - LES MAISONS ASTROLOGIQUES) par sylvietribut le 10-10-2012

La Maison VII est en analogie avec le septième signe, la Balance. C’est une Maison d’Air, gouvernée par Vénus, qui suggère la recherche de la concorde, de l’harmonie ainsi qu’une grande diplomatie des propos tant pour convaincre que pour plaire. C’est une Maison Cardinale qui évoque l’importance de construire les relations, les unions et d’amener la vie de tout un chacun vers l’association et le mariage.

Ainsi à partir de la Maison VII on ne parle plus en son nom propre, mais on prend en compte forcément quelqu’un d’autre. Par exemple, si l’Ascendant dit « Je suis » ou « J’entre dans l’existence », la Maison VII dit « Nous sommes » ou « je m’associe ».

Cette Maison VII s’appelle aussi le Descendant car c’est le lieu où était le Soleil le jour de la naissance quand il se couchait.

 

Le zodiaque et les douze Maisons astrologiques

La Maison VII indique donc comment la personne rencontrera le monde extérieur en général et plus particulièrement les personnes avec lesquelles elle va s’associer de manière intime et étroite. C’est à la fois la Maison du mariage et souvent du divorce aussi. C’est donc la Maison des procès.

Cette Maison VII va donc également donner des renseignements sur le partenaire qui nous est dévolu, qu’il soit sentimental ou d’affaires. Le mécanisme psychologique de la projection est clairement annoncé par la signification traditionnelle de cette Maison : l’Autre. En fait, cet autre est celui à l’intérieur de soi.

Ce mécanisme de projection de l’inconscient, la partie contractuelle de la psyché, appelée par Jung « animus » pour la femme et « anima » pour l’homme est intimement liée aux qualités du partenaire telles qu’elles sont définies en Maison VII.

Dans cette Maison VII, on peut également percevoir la personnalité du deuxième enfant.

Enfin, la Maison VII représente la vie sociale du sujet. Elle recouvre toutes les associations contractuelles qui nous lient aux autres et donc, elle parle aussi des contrats. Elle régit nos rapports aux autres : collaborateurs, associés, ou bien adversaires et ennemis.

Comme on le voit la Maison VII est d’abord un lieu d’association, traditionnellement lié aux contrats, aux engagements, d’où sa réputation de lien, dont les liens du mariage, source d’aliénation bien souvent, devenant accessoirement lieu de conflits et de guerre en astrologie mondiale, de divorce et de procès dans les thèmes personnels.

Avec la Maison VII, on est en permanence dans cette dualité lien/aliénation. La Maison VII, dans son analogie avec la Balance, marque toutes les hésitations, et donc toutes les ambiguïtés : on ne sait dire ni tout à fait oui, ni tout à fait non, et en tout cas, si on dit « oui », on s’arrangera pour le faire « payer » à l’autre.

La Maison VII c’est aussi une projection du sujet Ascendant sur l’autre, avec cette tentation de le voir tel qu’on voudrait qui soit et non tel qu’il est réellement, d’où bien des déceptions et désillusions en perspective, dues non pas à celui qui s’incarne dans la Maison VII, mais à cause de ce que l’Ascendant projette sur son vis-à-vis.

Enfin, la Maison VII est aussi un lieu d’identification qui entraîne une sur-adaptation à l’autre. Ainsi, les phases de « soumission-dépression » alternent avec les phases de révolte et d’excitation qui constituent la toile de fond cyclothymique de la Maison VII/Balance.

 

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LA TRES VIRGINALE HESTIA

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 06-09-2012

Hestia était l’aînée des trois filles de Cronos/Saturne et de Rhéa et de ce fait elle était sœur de Zeus/ Jupiter, Poséidon/Neptune, Hadès/Pluton, Héra/Junon, Déméter/Cérès. Elle appartient à la génération des douze grandes divinités de l’Olympe, bien que sa présence dans le canon olympien soit variable. Elle fut assimilée par les Romains à Vesta. Ayant souhaité rester vierge, elle imposa à ses prêtresses de le rester aussi ; à Rome, celles-ci étaient appelées les Vestales.

 

Hestia

Hestia n’est pas mentionnée par Homère. C’est Hésiode qui fait d’elle la première-née de Cronos/Saturne. « L’hymne homérique à Aphrodite » indique que Cronos/Saturne l’engendre « la première et aussi la dernière », sans doute parce qu’elle est la dernière à être recrachée par son père. Aînée des dieux, elle jouit d’une considération particulière par les Olympiens. L’hymne delphique d’Aristonoos la nomme ainsi « la maîtresse du ciel et de la terre ». Et pourtant, presque aucun mythe ne se rattache à cette déesse. Pluton met en scène le cortège des Olympiens, dans Phèdre, précisant qu’Hestia n’en fait pas partie, car elle demeure en permanence sur l’Olympe. Ovide, lui, mentionne la tentative de Priape d’attenter à son honneur. Et on la voit, sur les vases, participer à la procession des dieux lors des noces de Pélée et Thétis. Un kylix la représente sur l’Olympe avec les autres dieux et un autre la montre assistant avec Aphrodite/Vénus à l’arrivée d’Héraclès/Hercule sur l’Olympe. Un kylix était un vase peu profond utilisé pour la dégustation du vin lors des banquets.

 

Kylix

Hestia, dans le monde cruel des dieux de l’Olympe, ne prit jamais part à une guerre ni a une querelle, ce qui fait dire que son cas est unique. Sans vanité et sans agressivité, elle cédait volontiers sa place aux banquets des dieux, trop heureuse d’échapper aux colères de ses bruyants parents. Humble, discrète et charitable, Hestia se montrait propice à ceux qui priaient avec dévotion et ferveur. Par essence, elle était l’image de l’attachement aux vertus domestiques, au devoir, à la pureté. Et puis, comme Artémis et Athéna, elle a toujours résisté aux propositions amoureuses que lui firent les dieux, les Titans et les autres. Ainsi, après que Cronos/Saturne eut été détrôné et que Poséidon/Neptune et Apollon/Soleil se présentèrent à elle comme deux prétendants rivaux, elle jura sur la tête de Zeus/Jupiter de demeurer vierge pour toujours. A la suite de cela, Zeus/Jupiter, reconnaissant, lui accorda la première victime de chaque sacrifice public parce qu’elle avait su préserver la paix de l’Olympe.

Pour comprendre ce « sacrifice public », il faut savoir que ce qui était au centre de la vie grecque, et même à Sparte où la famille était subordonnée à l’Etat, c’était l’âtre dans la maison, qui était aussi considéré comme un autel de sacrifice, et Hestia, qui en était la déesse, représentait la sécurité personnelle et le bonheur ainsi que le devoir sacré de l’hospitalité.

 

Priape, Hestia et l’âne

La légende des cadeaux de mariage qu’elle reçoit de Poséidon/Neptune et d’Apollon/Soleil a sans doute été inspirée par les cultes associés de ses trois divinités. Et voici pourquoi. Un jour, au cours d’une fête champêtre à laquelle assistaient les dieux, Priape, ivre, essaya de la violer après que tout le monde repu se fut endormi ; mais un âne se mit à braire bruyamment. Hestia s’éveilla, poussa un cri en voyant Priape à califourchon sur elle et le mit en fuite. Tout penaud, il était comique à voir dans sa retraite précipitée.

Priape essayant de la violer est une mise en garde anecdotique contre la conduite sacrilège à l’égard des invitées féminines qui se mettent sous la protection de l’âtre public ou privé, de même que l’âne, symbole de luxure, proclame la folie criminelle de Priape.

Si nous montions le thème natal d’Hestia nous lui trouverions bien sûr un Soleil en Vierge, mais on serait tenté de lui accorder un Ascendant Cancer qui justifierait son rapport au feu du foyer que les émigrants s’installant dans une ville étrangère emportaient, pour ne pas briser leur lien avec le lieu de leurs origines, avec leurs racines.

 

Hestia comme déesse du foyer, dans les maisons ou sur la place publique, protégeait les pieux dévots qui venaient chercher protection auprès d’elle. Hestia était universellement respectée, non seulement parce qu’elle était la plus douce, la plus vertueuse et la plus charitable de tous les habitants de l’Olympe mais aussi parce qu’elle avait inventé l’art de construire des maisons. Son feu était à tel point sacré que si un âtre s’éteignait soit par accident, soit en signe de deuil, on le rallumait à l’aide d’une roue à feu.

Hestia était vénérée dans toutes les cités grecques. Elle avait son autel dans chaque prytanée. A Delphes, Hestia était l’objet d’un culte particulier, parce que cette ville était considérée comme le centre du monde, et son foyer était donc le foyer commun de la Grèce. La caractéristique des temples d’Hestia était leur forme circulaire. Dans les maisons ou sur la place publique, elle protégeait ceux qui venaient chercher protection auprès d’elle. Hestia était universellement respectée.

La statue archaïque aniconique de la Grande Déesse, utilisée dans toute la Méditerranée orientale, semble avoir représenté un tas de charbon incandescent dont on conservait le feu en le recouvrant de cendres blanches ; c’était le moyen le plus économique et le plus agréable de se chauffer, dans ces temps anciens. Ce feu ne dégageait ni fumée, ni flamme, et constituait le centre naturel au cours des réunions de famille ou de clan. A Delphes, le tas de charbon est devenu la « pierre à feu » que l’on employait à l’extérieur et devint « l’omphalos » ou protubérance ombilicale que l’on voyait fréquemment sur les vases peints grecs ; il représentait ce que l’on croyait être le centre du monde. Cet objet sacré qui a survécu à la destruction du temple porte gravé le nom de la Terre Mère ; il était d’une hauteur de trente centimètres et d’une largeur de quarante centimètres environ : c’est là approximativement la hauteur et la forme d’un feu de charbon de bois suffisant pour chauffer une grande pièce.

 

Omphalos de Delphes

A la période classique, la Pythie était assistée d’un prêtre qui provoquait ses transes en faisant brûler des grains d’orge, du chanvre et des feuilles de laurier sur une lampe à huile dans un lieu couvert et qui ensuite interprétait ce qu’elle disait. Mais il est probable qu’on posait autrefois le chanvre, le laurier et l’orge sur les cendres brûlantes du petit tas de charbon de bois, ce qui est une façon plus simple et plus efficace d’obtenir la fumée déclenchant la prophétie. On a découvert dans les autels crétois et mycéniens de nombreuses cuillères triangulaires ou en forme de feuille, en pierre ou en argile, dont certaines portent les traces d’un grand feu et semblent avoir été utilisées pour entretenir le feu sacré. Le tas de charbon de bois était quelquefois placé sur une table à trois pieds, ronde, en argile, peinte en rouge, blanc et noir, couleurs qui sont celles de la lune. On en trouve des spécimens dans le Péloponnèse, en Crète et à Délos. L’une d’elles, découverte dans une tombe à Zafer Papoura près de Cnossos, avait encore son tas de charbon de bois.

 

Bibliographie :

Les Mythes Grecs de Robert Graves – Editions Fayard

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont                                                                                                                                                                    

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Chez Marabout

 

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LES LAURIERS D’APOLLON

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 16-08-2012

De l’origine de l’expression « Se reposer sur ses lauriers » ou même «  s’endormir sur ses lauriers »…

C’est-à-dire ne pas poursuivre une carrière glorieusement commencée, ou bien compter sur des succès passés pour s’éviter à l’avenir de tout effort.

Le laurier était l’arbre consacré à Apollon. On en faisait les couronnes dont on ornait le front des poètes, des généraux victorieux, des empereurs. La Gloire est d’ailleurs presque toujours représentée sous les traits d’une femme couronnée de lauriers. On parle des lauriers de la victoire. César, puis Napoléon, eurent des couronnes de laurier d’or.

 

Apollon et Daphné – Bernini

Il faut dire que le laurier est originaire des rivages de la Méditerranée où il serait né d’une métamorphose : celle de la nymphe Daphné que les dieux changèrent en un végétal parfumé pour la soustraire aux assauts amoureux d’Apollon, dieu des Arts et de la lumière puisqu’il conduisait le char du Soleil. Grecs et Romains l’avaient tout naturellement consacré au Soleil et ils étaient persuadés qu’il protégeait de la foudre ; d’ailleurs, Tiberius Cesar portait un chapeau de laurier quand il tonnait.

Tout comme l’olivier, le laurier était un symbole de paix. A Rome, on en agitait des rameaux en signe de liesse ; on en décorait le palais des empereurs et des grands pontifes, ainsi que les statues de Jupiter à l’annonce d’une victoire. On en couronnait les généraux vainqueurs, ainsi que les poètes ou les amants heureux. Au Moyen Age, on ceignait aussi le front des artistes, des poètes, des savants et des nouveaux promus à un titre universitaire, coutume qui perdure en Italie à cette occasion, d’où le nom de « bacca laurea » donné à l’examen qui connait tant d’avatars chez nous depuis des années.

 

Une nouvelle diplômée

Ce laurier d’Apollon symbolisait aussi l’immortalité acquise par la victoire. Cet arbre apollinien signifie aussi les conditions spirituelles de la victoire, la sagesse unie à l’héroïsme.

La couronne, comme l’auréole, sont des symboles solaires. La couronne surtout était l’insigne du pouvoir et de la lumière. Autrefois, elle était ornée de pointes qui figuraient des rayons de lumière. L’iconographie alchimiste montre les esprits des planètes recevant leur lumière, sous forme de couronne, des mains de leur roi, le soleil. Toute couronne participe à l’éclat du symbolisme de la couronne solaire. L’auréole quant à elle évoque aussi un rayonnement d’origine solaire, mais d’un caractère sacré, suggérant le divin ou la sainteté. La tonsure des prêtres et des moines s’apparente à l’auréole puisqu’elle forme couronne. Elle indique leur vocation exclusive au spirituel, l’ouverture de l’âme.

 

La couronne de laurier de Napoléon 1er

Bibliographie

Trésors des expressions françaises – Sylvie Weil et Louise Rameau – Belin – Le Français retrouvé

Nos grands-mères savaient – La Vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul 

 

 

 

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LA CONSTELLATION DU CRABE OU DU CANCER

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 11-07-2012

La constellation du Crabe ou du Cancer se trouve à l’Est des Gémeaux, et elle est peu visible. Pour la trouver, il faut partir de Castor, la plus septentrionale des étoiles des Gémeaux, et construire un triangle équilatéral ayant pour base Procyon. Le sommet du triangle est sur l’écliptique, au centre du Cancer, sur Asellus Sud ou Delta Cancri, de magnitude 4. Encore moins visible, Asellus Nord, ou Gamma Cancri, est à 4° au Nord. Entre les deux, légèrement à l’ouest, se trouve un amas d’étoiles célèbres, Praesepe dite aussi la Crèche ou la Ruche, qui apparaît à l’œil nu sous la forme d’un petit nuage. Cet amas ne contient pas plus de 500 étoiles, et on peut en distinguer environ 80 avec de bonnes jumelles. Au sud, deux étoiles marquent les pattes du crabe : Acubens, et à l’Ouest, Al Tarf, alpha et bêta Cancri.

 

Constellation du Crabe ou du Cancer

Praesepe signifie « Essaim d’abeilles », et c’est un nom plein d’à-propos pour un amas d’étoiles ; mais on l’a vu aussi sous la forme d’une mangeoire, flanquée de deux ânes : Asellus Nord et Asellus Sud.

Cette constellation était appelée « Tortue » par les Babyloniens et « Scarabée » par les Egyptiens, 4 000 ans avant Jésus-Christ. Cependant, dès 2 000 ans avant Jésus-Christ, la plupart des civilisations la dénommaient « Crabe » ou une semblable créature à pinces. Quelques Grecs en parlaient sous le nom de « Porte des Hommes », là d’où les âmes provenaient pour pénétrer les corps à la naissance. Elle était l’une des 48 constellations identifiées par Ptolémée.

Dans la mythologie grecque, les récits concernant le Cancer sont aussi flous que les étoiles qui composent cette constellation. Le Crabe aurait été écrasé d’un coup de talon par Héraclès/Hercule, dont il essayait de pincer l’orteil, alors que le héros combattait l’Hydre, monstre au corps de chien et aux huit ou neuf têtes de serpent.

En revanche, dans les civilisations mésopotamiennes primitives, le Cancer joue un rôle important. Il représente la porte par laquelle passent les âmes, après leur séjour dans les étoiles, pour aller naître sous la forme d’êtres humains. Il existe un rapport entre le signe zodiacal du Cancer et le caractère peu visible de la constellation qui porte le même nom.

En effet, le passage du Soleil dans le signe marque le solstice d’été dans l’hémisphère Nord ; le Soleil atteint sa hauteur maximale au-dessus de l’horizon et « se tient immobile » : c’est l’étymologie latine du mot « solstice ». Ce moment-clé du calendrier solaire est marqué par les alignements de pierres que l’on trouve dans de nombreux sites préhistoriques, par exemple à Stonehenge (*).

La latitude du Soleil, au moment du solstice d’été, définit la position du tropique du Cancer. Le mot « tropique » vient du grec « tropos » qui signifie « tourner », et les solstices sont par conséquent des époques importantes, tant dans le calendrier que pour les affaires humaines.

 

Carl Gustav Jung

Le symbolisme du tropique du Cancer fournit la base d’une histoire bien connue, que raconte le psychologue Carl Gustav Jung lorsqu’il explique que c’est le complexe de synchronicité : simultanéité non causale, plus mystérieuse que la cause et l’effet, qui sous-tend tous les arts divinatoires, dont l’astrologie. Une patiente lettrée, mais névrosée, racontait à Jung un rêve dans lequel elle voyait un scarabée doré. Alors qu’elle parlait, Jung entendit frapper à la fenêtre de son bureau. Il ouvrit et un scarabée entra. Jung le prit et le présenta à sa patiente en disant : « Voilà votre scarabée ». La patiente resta abasourdie de l’irruption de la réalité dans son rêve, et le choc que lui procura cette « coïncidence » fut le tournant de sa thérapie.

 

Le site de Stonehenge – Angleterre

(*) En 1740, William Stukeley, qui s’intéressait à l’archéologie, a noté que l’axe des grandes pierres grises de Stonehenge, dans la plaine de Salisbury en Angleterre, était dirigé vers le Nord-Est, « là où le Soleil se lève quand les jours sont le plus longs ». Cependant, la croyance populaire avait depuis longtemps établir un lien entre le solstice d’été et Stonehenge puisque, depuis des siècles, on y organisait des fêtes de la mi-été. C’est ainsi qu’en 1223 l’évêque de Salisbury vilipendait, sans résultat, ces festivités, ces « jeux vils et inconvenants ». Il y avait probablement là trop de paganisme à son goût. Aujourd’hui, on sait que, au solstice d’été, pour un observateur placé au centre de Stonehenge, le Soleil se lève au-dessus de la grosse pierre d’assise, située à l’intérieur du site. Cependant, du point de vue astronomique, Stonehenge est très complexe, et c’est ce qui explique que ce lieu étonnant ait, depuis le début du XXe siècle, été considéré comme un ancien observatoire, mais aussi qu’il ait joué un rôle essentiel dans le développement de la connaissance de l’astronomie ancienne, ou archéo-astronomie.

 

Le scarabée d’or dans le miroir

Bibliographie

Le langage secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius/Paul Devereux – Editions Solar – Paris

 

 

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SOLSTICE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 21-06-2012

Le symbolisme des solstices doit retenir l’attention en ce qu’il ne coïncide pas avec le caractère général des saisons correspondantes. En effet, c’est le solstice d’hiver qui ouvre la phase ascendante du cycle annuel et le solstice d’été qui ouvre la phase descendante, d’où le symbolisme gréco-latin des « portes solsticiales » représenté par les deux faces de Janus, puis ultérieurement par les deux Saint-Jean, d’hiver et d’été. On peut constater que c’est la porte hivernale qui introduit la phase lumineuse du cycle et la porte estivale représente la phase d’obscurcissement.

 

Janus – Rome – Musée du Vatican

Coïncidence ? On fait naître le Christ au solstice d’hiver et Jean-Baptiste au solstice d’été… et la remarquable formule évangélique : « Il faut que lui grandisse et que, moi, je décroisse… ».

Dans le symbolisme chinois, le solstice d’été correspond au trigramme « li », au Feu, au soleil, à la tête ; le solstice d’hiver au trigramme « k’an », à l’Eau, à l’abîme, aux pieds, mais le premier n’en est pas moins, comme ci-dessus, l’origine de la décadence du principe « yang », le second l’origine de sa croissance. Par ailleurs, le solstice d’hiver, s’il correspond au pays des morts, est le signe de leur renaissance ; il s’associe à la gestation, à l’enfantement : c’est le temps favorable à la conception.

Dans la tradition hindoue, le solstice hivernal ouvre « la voie des dieux », le solstice estival « la voie des ancêtres », correspondant aux portes des « dieux et des hommes » du symbolisme pythagoricien.

 

Solstices et équinoxes

Dans l’iconographie chrétienne, le solstice joue aussi un rôle. Le solstice d’été marque l’apogée de la course solaire ; le soleil est au zénith, au plus haut point du ciel. Ce jour a été choisi pour célébrer la fête du soleil. Dans la mesure où le Christ est comparé au soleil, il est figuré par le Cancer solsticial. De là tout un symbolisme du Christ chronocrator, qui gouverne le temps, dans l’art roman…

Sur le plan astronomique, le solstice est l’époque de l’année où le soleil est le plus éloigné de l’équateur, ce qui correspond à la durée maximal (solstice d’été) ou minimale (solstice d’hiver) du jour.

Comme 2012 est une année bissextile, cette journée du solstice, 20 juin 2012, sera la plus longue de toute l’année et la nuit la plus courte dans l’hémisphère nord.

 

Solstice solaire -Nebra

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins  

 

 

 

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