UN DEVIN CELEBRE… LE COMTE DE CAGLIOSTRO

(6.4 - L'Astrologie dans l'Histoire) par sylvietribut le 21-05-2012

Que de mystère derrière ce célèbre personnage qui loua, en 1785, un hôtel particulier, l’hôtel de Bouthillier, au 1 rue Saint-Claude, Paris 3e, qui se faisait appeler Comte de Cagliostro. En effet, il existe deux versions quant à ses origines. La première, celle que son avocat, Maître Thilorier, fit connaître au parlement lors du procès de l’Affaire du collier de la Reine, et l’autre bien différente de la réalité.

D’après la première version, Cagliostro serait né en 1748, à Médine ou à Malte, où il aurait passé son enfance, logé dans le palais du Muphti et élevé par un gouverneur qui lui enseigna la botanique et la physique médicinales, la plus grande partie des langues de l’Orient, et avec qui, à douze ans, il partit en voyage à la Mecque, en Egypte, en Afrique, en Asie, à Rhodes, à Malte, où il perdit son gouverneur, en Sicile, dans les îles de l’Archipel, à Naples et enfin, en 1770, à Rome où « Sa Sainteté qui désirait le connaître lui accorda des conférences particulières ». Au cours de ces voyages il aurait pris différents noms dont, finalement, celui de Comte de Cagliostro.

Le Comte de Cagliostro

La version officielle le retrouve effectivement en 1770 à Rome, mais il y était venu dans des conditions bien différentes. L’illustre thaumaturge était né à Palerme en 1743, il se nommais Joseph Balsamo et était d’origine juive. A Naples, à 15 ans, il servit comme infirmier chez les Frères de la Miséricorde, religieux voués au soulagement des malades, qui lui apprirent quelques rudiments de pharmacie et de médecine. Chassé de Naples pour escroqueries, il dut quitter Naples pour Rome où il vécut de son habileté à imiter les écritures, à faire des faux, surtout des faux testaments.

Il épousa, en 1770, Lorenza Seraphina Feliciani, âgée de 16 ans, belle, assez riche, intrigante, mais ne sachant ni lire, ni écrire. Cagliostro dira : «  Il arrive souvent que les dames romaines les mieux élevées ne savent pas écrire ; c’est une précaution que l’on prend pour éviter les intrigues d’amour ».

 

Lorenza Seraphina Feliciani

Pourvu de la dot de Lorenza, le ménage voyage en Italie, en Espagne, au Portugal, d’où il gagne Londres. On est alors en 1772. En cours de route, il avait vendu des remèdes « pour guérir toutes sortes de maux sans exception et beaucoup d’autres encore ». A Londres, Balsamo utilisa les charmes de Lorenza ; c’est ainsi qu’elle reçut chez elle un honorable quaker qui dut verser 200 livres sterling lorsque le mari fit une apparition subite au moment même où il allait être outragé. En 1772 toujours, le couple vint à Paris où, la beauté de l’adroite Lorenza aidant, il vécut aux frais d’un avocat, connu sur le bateau qui l’amenait en France. Il retourna en Angleterre où il vécut de la vente d’indications infaillibles pour gagner à la loterie. Il repartit pour Bruxelles, puis les Etats Baltes, en Russie, en Pologne et en 1780 il arriva à Strasbourg.

Cagliostro était donné d’une imagination fertile dont il se servit pour duper ceux qui l’approchaient tout en se donnant comme bienfaiteur de l’humanité. Il se disait un de ces êtres que l’Eternel envoie parfois sur la terre pour la consoler. Le climat était favorable à tout ce qui rattachait au mysticisme et à l’illuminisme. Déjà, le comte de Saint-Germain, mort en 1784, faisait croire à la Cour de Louis XV qu’il possédait un élixir perpétuant la vie. Un autre illuminé, Mesmer, prétendait guérir nombre de névrosés par son « magnétisme animal » provenant de l’application de ses mains sur les êtres malades. Un de ces disciples, le marquis de Puységur, en 1784, devait trouver « le somnambulisme artificiel ».

Aussi Cagliostro n’eut pas de peine à mettre les têtes à l’envers en laissant croire qu’il pouvait changer le chanvre en soie, les métaux en or, faire des diamants. Il affirmait même qu’il avait assisté aux Noces de Cana, secondé François 1er à la bataille de Marignan et surtout qu’il guérissait les malades. On écrira même en 1783 que « sur 15 000 malades qu’il avait traités, ses ennemis les plus forcenés ne lui reprochaient que trois morts ».

L’emblème de Cagliostro

A Strasbourg, le crédule cardinal de Rohan voulut le voir ; aussitôt Cagliostro le guérit de l’asthme qui l’affligeait. Mais surtout il fabriqua devant lui un diamant dont il lui fit cadeau. L’année suivante, le cardinal conduisit le comte de Cagliostro pour quelques jours à Paris afin qu’il guérisse le maréchal de Soubise d’un commencement de gangrène. Cette arrivée avait été précédée par une grande publicité ; des colporteurs distribuaient gratuitement le portrait de Cagliostro sous lequel on lisait :

« De l’ami des humains reconnaissez les traits. 

Tous ses jours sont marqués par de nouveaux bienfaits…  

Il prolonge la vie, il secourt l’indigence, 

le plaisir d’être utile est sa seule récompense ».

Et c’est ainsi qu’une foule considérable vint le consulter ; son salon ne désemplissait pas de cinq heures du matin jusqu’à minuit. Ses remèdes infaillibles étaient de trois sortes : des bains avec de l’extrait de Saturne, une tisane dont, lui seul, connaissait la recette, des gouttes de sa composition. Par ailleurs, il évoquait les morts, prédisait l’avenir, procurait l’élixir de longue vie.

 

1 rue Saint-Claude Paris 3e

En janvier 1785, Cagliostro se fixa définitivement à Paris, à l’hôtel de la rue Saint-Claude, alors que toutes les négociations pour l’achat du collier « de la reine » étaient terminées ; Cagliostro fut donc tout à fait étranger à l’affaire.

Les visiteurs abondèrent et les carrosses prirent la file à la porte de l’hôtel de Cagliostro. Son grand succès d’alors était de faire connaître un événement qui se passait au même moment, soit à Pékin, soit à Rome, soit à Londres… Sur une table était un tapis noir, brodé en rouge de signes cabalistiques ; sur le tapis était une carafe, emplie d’une eau très pure, entourée de bougies allumées, d’épées nues croisées, de figurines égyptiennes, et même d’un crucifix. A genoux devant la carafe se tenait une jeune fille, appelée « la Colombe » ; elle devait posséder plusieurs particularités : être plus pure que l’eau de la carafe, avoir les yeux bleus et être née sous un certain signe du zodiaque. Le comte de Cagliostro tirait son épée, la posait sur la tête de la Colombe, et évoquait des génies ; alors l’eau de la carafe se troublait, la Colombe tombait en extase, entrait en transes ; c’était le moment de dire ce qu’elle voyait… Si elle se roulait à terre, Cagliostro la remettait en place, lui ordonnait de parler ; finalement, il lui arrachait des syllabes qu’il interprétait en disant quels personnages elle voyait, comment ils étaient vêtus, ce qu’ils disaient…

Chez le Comte de Cagliostro

L’hôtel de la rue Saint-Claude reçut des personnes le plus haut placées dans le monde de l’épée, de la finance, de la robe, tels le comte de Vergennes, ministre des Affaires étrangères, le marquis de Miromesnil, garde des Sceaux, le marquis de Ségur… et le cardinal Louis de Rohan. Celui-ci y venait trois à quatre fois par semaine car, écrivit-il à la comtesse de La Motte, Cagliostro et « le plus grand des hommes et Dieu même ».

Parallèlement à son existence de prophète, Cagliostro exploita l’idée de la franc-maçonnerie. Il installa à Paris la Loge Egyptienne dont il fut le Vénérable avec le titre de Grand Cophte, le duc de Luxembourg en étant le Grand Maître. Il en fonda une autre pour les dames, la Loge d’Isis, où s’inscrivirent Charlotte de Polignac, la comtesse de Genlis, la comtesse de Brienne…

Sa gloire se ternit le jour où on l’embastilla pour complicité dans la fameuse affaire du collier de la Reine. Après son acquittement par le parlement, quinze jours plus tard le 31 mai 1786, le retour de Cagliostro rue Saint-Claude, fut un véritable triomphe. 8 000 à 10 000 personnes l’attendaient. La cour, les escaliers, les appartements étaient pleins ; sérénades, vers, acclamations populaires, députation et bouquets des dames de la Halle, etc. Cependant, le lendemain, un exempt lui signifia de la part du roi, de quitter Paris dans les huit jours et la France dans les trois semaines. De Londres, où il arriva le 16 juin, il envoya une « lettre au peuple français » où il prophétisait la prise de la Bastille et sa transformation en place publique.

Forteresse de San Leo dans les Marches italiennes

En 1787, il se trouve à Bâle, puis à Turin, mais ayant eu l’imprudence de se rendre dans les Etats pontificaux, il y fut arrêté, avec Lorenza, en décembre 1789, comme « pratiquant la franc-maçonnerie ». En avril 1791 il fut condamné à mort, peine commuée par le pape en prison perpétuelle dans le château de San Leo, près d’Urbino dans les Marches italiennes, où l’illustre aventurier mourut le 26 août 1795, à 52 ans. Quant à Lorenza, elle avait été elle aussi condamnée à une réclusion perpétuelle, mais dans un couvent.

Beaucoup ne voient en Cagliostro qu’un adroit charlatan. Mais quelques-uns ne le reconnaissent pas en Balsamo et le considèrent comme un véritable thaumaturge, doué du don de prédire. Sa capacité à produire des effets surprenants est certaine, tout comme l’aisance dans laquelle il vivait.

Compte rendu d’une transmutation effectuée par Cagliostro. C’est un rapport détaillé relatant relatant façon dont, le 7 juin 1780, Cagliostro « fit » de l’argent dans une loge maçonnique de Varsovie, tel qu’un de ses membres le consigna dans une description de cette expérience : « Cagliostro me fit peser un livre de mercure que je possédais, déjà purifié. Avant cela il m’avait ordonné de distiller de l’eau de pluie jusqu’à ce que tout le liquide s’évapore, laissant un dépôt qu’il appelait « Terre Vierge » ou « secunda materia ». Il en resta environ 16 grains. Sur ses instructions, j’avais également préparé un extrait de plomb. Après que tous ces préparatifs furent achevés, il vint à la loge et me confia la tâche d’exécuter l’ensemble de l’opération de mes propres mains. Je fis ceci selon ses instructions dans l’ordre suivant : la Terre Vierge fut placée dans un ballon et la moitié du mercure y fut ajoutée. J’additionnai alors 30 gouttes d’extrait de plomb. Lorsque j’agitai un peu la fiole, le mercure apparut comme mort ou fortement congelé. Je versai alors le supplément d’extrait de plomb sur le mercure restant qui demeura non altéré. J’eux alors à placer ensemble les deux portions de mercure dans un ballon plus grand. Après l’avoir agité, tout le contenu prit en quelque sorte la même consistance solide. La couleur tourna au gris sale. L’ensemble fut alors agité dans un vase à moitié rempli. Cagliostro me donna ensuite un petit morceau de papier se révélant n’être que l’emballage de deux autres boulettes. Elles contenaient une poudre brillante de couleur carmin pesant sans doute en dixième de grain. La poudre fut mélangée dans un récipient et Cagliostro avala alors les trois papiers d’emballage. Pendant ce temps, je recouvrais le contenu du vase de plâtre de Paris, préalablement préparé avec de l’eau chaude. Comme le récipient était rempli, Cagliostro le prit de mes mains, y ajoutant encore plus de plâtre de Paris et pressant le tout de ses propres mains. Il me le rendit afin de sécher l’ensemble sur un feu de charbon de bois. Le vase fut placé dans un lit de cendres sur la fournaise à soufflerie. Le feu fut allumé et le récipient laissé ainsi pendant une demi-heure. Puis on retira du feu, grâce à une paire de pinces, et on le transporta dans la loge. Le vase y fut brisé et dans le fond reposait une masse d’argent pesant onces et demi… prit en quelque sorte la même consistance solide.

Bibliographie

Connaissance du Vieux Paris – Jacques Hillairet 

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UN MYTHE TAUREAU… LE RAPT D’EUROPE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 18-05-2012

Europe était la fille du roi phénicien Agénor et de sa femme Téléphassa. Zeus/Jupiter aperçut la jeune fille jouant avec ses compagnes au bord de la mer et tomba amoureux d’elle. Prenant la forme d’un beau taureau blanc, il se mêla aux jeunes filles et se coucha, se laissant caresser. Cependant, certains auteurs affirment que le taureau n’était pas Zeus/Jupiter lui-même, mais simplement un appât pour attirer la jeune fille vers lui.

 

Le rapt d’Europe par Antonio Carracci

Europe le trouva si doux et si lisse qu’elle finit par s’asseoir sur son dos. Aussitôt, le taureau se leva et s’élança vers la mer, s’éloignant à la nage dans les eaux profondes. Bientôt, les compagnes d’Europe les perdirent de vue ; elles ne la revirent jamais plus. Celle-ci fut transportée en Crète, où le Taureau la déposa sur le rivage. Zeus/Jupiter lui révéla alors son identité. Puis il s’unit à elle sous un platane qui, depuis lors, reste toujours vert, ou bien dans la grotte du Mont Dicté où il avait été élevé.

Europe lui donna trois fils : Minos, Rhadamanthe et Sarpédon. Zeus/Jupiter lui fit trois présents : une lance qui ne manquait jamais son but, le Laelaps, le chien qui ne laissait jamais échapper sa proie, et Talos, l’homme de bronze qui faisait chaque jour le tour de la Crète et tuait les étrangers.

Par la suite, Astérios, roi de Crète, épousa Europe. Ils eurent ensemble une fille, Crété. Astérios adopta les fils d’Europe et fit de Minos son héritier.

Le père d’Europe, Agénor, tenait absolument au retour de sa fille, et il envoya à sa recherche Cadmos, Phoenix et Cilix, ses fils, auxquels il interdit de revenir sans leur sœur. Sa femme, Téléphassa, partit avec eux et Agénor ne revit aucun d’eux.

La pièce grecque de 2 euros

Europe donna son nom au continent européen. Le Taureau fut immortalisé parmi les étoiles et devint la constellation du Taureau.

Le Taureau est un puissant symbole de force masculine et de virilité, mais aussi des plus bas instincts humains. Le dieu perse Mithra a souvent été représenté tuant un grand taureau, symbole de victoire sur notre nature animale ; dans ce culte masculin, on était baptisé dans du sang de taureau.

Constellation du Taureau – Johannes Hevelius

Le taureau était la bête royale totémique de la Crète ancienne, toile de fond de plusieurs mythes taurins grecs à forte connotation de transgression sexuelle, tel l’enlèvement de la vierge Europe par Zeus/Jupiter sous la forme d’un taureau. C’est encore la très célèbre naissance du Minotaure, né des amours d’un taureau et de la reine Pasiphaée de Crête. Ce Minotaure est un être monstrueux, mi-homme, mi taureau. Thésée, le héros,  partira à la recherche du Minotaure et finira par tuer le monstre. La capture du taureau qui avait engendré le Minotaure fut un des douze travaux d’Hercule.

Bibliographie : Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant & John Hazel – Marabout                                  

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JOLI MOIS DE MAI… LUXURIANTE NATURE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 30-04-2012

Le nom de ce mois viendrait du latin « maius », donné par les Romains en l’honneur de la déesse Maïa, qui aurait régné sur l’Arcadie et qui personnifiait « l’éveil de la nature au printemps ». Selon certains, ce serait le premier roi de Rome, Romulus, qui aurait donné ce nom en l’honneur des sénateurs appelés « maiores ».

 

La nymphe Maïa

En fait Maïa était une nymphe qui abritait ses amours avec Zeus/Jupiter dans une caverne. Elle serait la mère d’Hermès/Mercure. On célébrait sa fête en mai. Maïa représentait la déesse de la fécondité, la projection de l’énergie vitale. Par extension, les analystes en ont fait le symbole de l’extériorisation du Moi.

Par ailleurs, lors de la cérémonie romaine des Argées, qui au mois de mai concluaient les Lemuria (fête des morts), les vestales, sur le pont Sublicius, précipitaient dans le Tibre trente mannequins d’osier représentant les vieillards.

Le sanscrit Maya désigne, dans la pensée védantique, l’illusion à quoi réduit ce monde des apparences, car il ne serait que le fruit d’une opération magique des dieux.

 

Bien avant que le 1er mai fut devenue la Fête internationale du Travail, ce jour était fêté. Sous l’Ancien Régime, en ce jour de 1er mai, les hommes plaçaient au seuil des maisons des jeunes femmes célibataires un bouquet de fleurs. Les plus laides aussi recevaient un bouquet, mais il est composé de ronces et d’orties.

Une coutume qui marquait aussi fréquemment l’arrivée du mois de Mai. C’était l’élection du roi et de la reine de la fête, couple vigoureux qui stimulait, par magie analogique, les énergies de la nature. L’élection se faisait par concours et à la suite de luttes rituelles. Sous différentes appellations, Maître et Maîtresse, Fiancés, Amoureux, ces jeunes se substituaient au couple primordial des fêtes anciennes et des hiérogamies.

En Angleterre, l’arbre de mai était l’occasion d’une initiation sexuelle. Dans son livre « Anatomie et Abuses (1583) fulmine contre ces survivances païennes : les jeunes gens des deux sexes passaient une nuit dans la forêt, avec Satan pour Dieu ; et, après avoir amené au village le mât de mai, cette « idole puante », ils dansent autour avec frénésie, et un tiers seulement des jeunes filles qui ont partagé la fête sont encore vierge en rentrant chez elles.

Mai – Riches Heures du Duc de Berry

Dans les pays du Nord, on retrouvait un peu plus tard le même rituel du couple royal : le roi et la reine de la Pentecôte animaient les fêtes du jour. Ce roi se comportait comme un bouffon. On faisait alors la quête pour « acheter du savon et laver la barbe du fou », répétant ainsi une  coutume carnavalesque de rasage et d’humanisation de l’homme sauvage. Le roi, de même que l’arbre de mai, était aussi condamné à mort, comme à l’issue du Carnaval.

Même si mai se présente comme le mois des rencontres et des approches amoureuses, il ne semble pas propice aux mariages durables. « Que les vierges et les veuves se gardent bien d’allumer dans ce mois les flambeaux de l’hyménée. Ces flambeaux se changeraient bientôt en torches funèbres », écrivait Ovide. L’explication la plus courante était astronomique : l’observation du ciel mettait en évidence une opposition des deux principales planètes régissant le psychisme humain, Vénus et Mars. On en concluait alors que les enfants conçus pendant cette période ne pourraient être efficaces ni en amour ni à la guerre.

Les superstitions concernant le mariage en mai sont encore vivaces. On dit d’ailleurs qu’il ne faut pas se marier en mai, car la femme serait stérile. Comme on l’a vu, les Romains évitaient de se marier en mai car c’était pour eux le mois des esprits malins.

Dans les pays balkaniques, où on considère que mai est propice aux magies et aux sortilèges, on invoque l’aspect proprement sexuel de l’interdit : « Mai est le mois des amours des ânes », autrement dit, les amours humaines auraient été entachées de bestialité, ou inhibées par le « nouement » du mari. Le risque était plus grand pendant ce mois où « la sève monte sur la tête », où l’érotisme ambiant favorise les débordements et où les esprits mauvais guettent les hommes. Dans ce sens, seul l’âne, au sexe particulièrement long, saurait déjouer une magie capable de « nouer ».

De nos jours, on offre à ceux qu’on aime un brin de muguet censé leur porter bonheur et joie. La légende rapporte qu’Apollon serait à l’origine de cette plante odoriférante destinée aux muses.

 

Le muguet d’Apollon

Bibliographie 

Fêtes et Croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

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DANS LE MONDE DE MARS… DES SOLDATS ET DE LA GUERRE… L’HOTEL DES INVALIDES A PARIS

(6.2 - Paris Insolite - Paris Mystérieux - Paris Esotérique) par sylvietribut le 17-04-2012

L’Hôtel Royal des Invalides fut la première maison destinée à recueillir et à abriter les soldats estropiés, vieux et caducs, devenus invalides à la suite des guerres, fut fondée par Henri IV en 1604, c’était alors la « Maison Royale de la Charité-Chrétienne » établie rue de L’Oursine, aujourd’hui rue Broca. Marie de Médicis n’ayant pas soutenu cet établissement après la mort d’Henri IV, les soldats invalides redevinrent, comme par le passé, des gueux que les abbayes recueillaient comme oblats, à charge pour eux de sonner les cloches et de balayer l’église. Richelieu repris la question et affecta au logement des invalides le château de Bicêtre qu’il érigea en « Commanderie de Saint-Louis », mais celle-ci périclita à son tour.

 

La question fut reprise par Louis XIV qui, secondé par Louvois, prescrivit, en 1670, la construction d’un hôtel où tous les soldats sont devenus invalides à son service seraient entretenus, les fonds étant prélevés sur les revenues des abbayes et des prieurés. Ce fut une institution royale, administrée par un gouverneur représentant le secrétaire d’Etat à la Guerre, où les médecins, chirurgiens, apothicaires étaient nommés par le roi et jouissaient des mêmes privilèges que ceux attachés à la cour du monarque.

On fixa comme emplacement du futur Hôtel Royal des Invalides le large espace de terrain situé hors de Paris, dans la partie de la plaine de Grenelle comprise entre le faubourg Saint-Germain et le bourg du Gros-Caillou. La première pierre fut posée le 30 novembre 1671. Près de 6 000 invalides purent prendre, en 1676, possession de leur hôtel dont la construction fut achevée en 1706, à la condition qu’ils ne soient pas protestants. Les architectes en furent, de 1671 à 1676, Libéral Bruant pour l’Hôtel, puis à partir de 1677,  Jules-Hardouin Mansart qui acheva l’église et construisit le dôme.

Canon – Invalides

La grille d’entrée, flaquée de deux pavillons en pierre, ouvre sur un parterre qui remplace les petits jardins particuliers que cultivaient jadis les invalides, reprenant l’idée des Romains que le soldat est aussi cultivateur, à l’image de Mars dieu de la Guerre mais aussi de l’Agriculture… Ce parterre est bordé par un fossé de 6 mètres de large et profond de 3 mètres, soutenu par un mur d’escarpe à balustrade, terminé à chacune de ses extrémités par une demi-lune bastionnée. On aperçoit, alignés à l’intérieur le long de cette clôture, de vieux canons français ou étrangers, dont les huit pièces prussiennes de la « Batterie triomphale » fondues, en 1708, pour Frédéric 1er, roi de Prusse, et capturées à Vienne par Napoléon en 1805.

Une patte-d’oie conduit aux trois portes, en bois sculpté, de la longue façade que terminent deux pavillons en avant-corps ; ceux-ci ont porté à leurs angles jusqu’en 1939 les quatre statues d’esclaves de bronze qui, jadis, décoraient le socle de la statue érigée à la gloire de Louis XIV sur la place des Victoires. Cette façade, de plus de 210 mètres de long, décorée de mascarons, de casques, cuirasses et pots à feu, comporte un rez-de-chaussée, deux étages et un attique surmonté d’un comble avec les lucarnes, toutes différentes, sont en forme de trophées. Sa partie centrale forme un avant-corps qu’une élégante partie incurvation relie aux ailes ; des pilastres ioniques accouplés soutiennent un arc sculpté s’élevant jusqu’à la hauteur du toit et portant en son centre un bas-relief représentant, au-dessus d’un piédestal encadré par la « Justice » et la « Prudence », Louis XIV à cheval en costume romain. Et pour rester dans la symbolique astrologique, il faut se souvenir que la Justice et la Prudence sont deux valeurs cardinales, et correspondent à deux signes cardinaux : la Balance pour la Justice et le Capricorne pour la Prudence.

 

Louis XIV sur son cheval entre la Prudence et la Justice – Œuvre de Coustou

La statue initiale de Louis XIV à cheval était l’œuvre de Cartellier mais fut remplacée depuis août 1816 par celle de Coustou car la première avait été fortement endommagée pendant la Révolution. Coustou a également sculpté les statues colossales de Mars et de Minerve, placées de chaque côté de la porte d’entrée. Minerve est une grande déesse guerrière, appelée Pallas-Athénée en Grèce, qui sortit habillée et casquée de la cuisse de son père, Jupiter.

La cour d’honneur, ou cour royale, de forme rectangulaire est fermée par quatre bâtiments identiques, composés d’un rez-de-chaussée et d’un étage dont les arcades, en plein cintre, sont superposées. Ils forment quatre portiques coupés chacun par un avant-corps central à fronton triangulaire sculpté ; celui du nord porte un cadran solaire où sont bien présents les signes du zodiaque.

Tout l’hôtel a conservé son aspect du XVIIe siècle : façades, corridors et couloirs à poutres et à solives apparentes, escaliers à balustres ou à rampe de fer forgé, couvrent une longueur de 16 kilomètres.

La cour où se trouvent, depuis 1676, les bâtiments de l’infirmerie de l’Hôtel des Invalides, jadis composée de grandes salles, aux lits nombreux, desservies par les Filles de Charité. En plus des invalides on y soigna, à partir de 1702, tous les soldats atteints de maladies vénériennes, bien en rapport avec le Scorpion, signe de Mars.

 

Napoléon visitant les invalides à l’hôpital des Invalides – Œuvre de Verron-Bellecourt

Quant à l’église, elle constitue l’un des plus beaux monuments de Paris, surtout par son dôme qui se dresse, d’un seul jet, jusqu’à 105 mètres de hauteur. A noter sur la première corniche la représentation des quatre vertus cardinales : la Prudence, la Justice, la Tempérance et la Force, cette dernière bien en rapport avec Mars et le Bélier.

 

Méridienne et zodiaque – Cours d’honneur de l’Hôtel des Invalides

Très présent également le nombre 12 comme pour symboliser les douze signes du zodiaque : au-dessus de la terrasse se termine l’avant-corps et ses deux ailes s’élève le dôme. Celui-ci est constitué par un tambour, percé de douze fenêtre qui, placées entre quarante colonnes corinthiennes engagées, fournissent un grand jour à l’église ; ces colonnes soutiennent un attique percé aussi de douze fenêtres cintrées ; au-dessus, la corniche de l’attique porte douze vases ardents derrière lesquels s’amorce la coupole. Celle-ci est plus allongée que ne le sont les coupoles des églises Saint-Pierre de Rome, Saint-Paul de Londres et du Val-de-Grâce. Sa couverture est revêtue de douze grandes côtes de plomb doré, séparées par des espaces remplis de guirlandes, de casques et de trophées aussi dorés, chacun de ces casques dissimule une lucarne qui éclaire l’intérieur du dôme. Dans l’église, on retrouve tous les drapeaux et étendards pris aux ennemis de la France.

Louis XIV se rendit souvent à l’Hôtel des Invalides, tantôt incognito, tantôt en grande pompe. Par la suite, Pierre le Grand, en 1717, Gustave III de Suède en 1770 et Joseph II d’Autriche en 1779, ne manquèrent pas de visiter cet hôtel que Montesquieu appelait « le lieu le plus respectable de la terre ».

 

Statue de Mars – Hôtel des Invalides

A partir de 1777, l’Hôtel des Invalides commença à devenir un musée. Il ne connut guère de grands changements pendant la Révolution et les invalides furent seulement appelés les « Pensionnaires de la République » et l’église royale devint le « temple de Mars ». Le premier Consul y vint, le 14 juillet 1800, célébrer l’anniversaire de la prise de la Bastille. La même année, le corps de Turenne, qui avait échappé aux profanations de la Révolution car le botaniste Desfontaines ayant pu le transporter au Muséum du Jardin des Plantes en le faisant passer pour une pièce curieuse, fut transféré, en grande pompe, au « temple de Mars » ; de ce jour l’hôtel commença à devenir une nécropole de héros. Et c’est Napoléon qui avait souvent passé en revu ses vétérans dans la cour d’honneur qui y repose depuis le 15 décembre 1840.

 

Saint-Louis-des-Invalides – Les drapeaux pris à l’ennemi

L’Hôtel des Invalides allait bientôt s’enrichir des nombreux trophées arrachés à l’ennemi par les conquêtes impériales et des restes d’illustres généraux, dont le cœur de Vauban. Cependant le premier trophée fut l’épée de Frédéric II, objet de Mars par excellence. Quant à Vauban, il était avant tout un architecte militaire qui entoura la France de fortifications et autres ouvrages militaires.

C’est la Troisième République qui allait détourner une grande partie de l’Hôtel des Invalides de sa destination première, celle que Louis XIV avait édictée, car on y transféra, en 1898, les bureaux du Gouvernement militaire de Paris. Depuis lors, ces bureaux n’ont cessé de proliférer. D’autre part, des musées, toujours bien en rapport avec le monde de Mars et de la guerre, s’y installèrent : Musée de l’Artillerie en 1872, Musée historique de l’Armée en 1896. Aussi, l’Hôtel ne peut-il plus abriter maintenant, faute de locaux, que 180 invalides.

Pas très loin de l’Hôtel des Invalides, rue Saint-Dominique, se trouve la Fontaine de Mars, œuvre de Beauvallet, édifiée entre 1806 et 1809. Le bas-relief d’une de ses faces représente Hygie, la déesse de la Santé, donnant à boire à Mars, le dieu de la Guerre. On voit entre ses pilastres des vases entourés par le serpent, symbole d’Esculape. Elle recevait l’eau de la pompe à feu du Gros-Caillou. Près de cette fontaine se trouvait, de 1765 à 1892, l’hôpital militaire du Gros-Caillou, fondé par le Maréchal de Biron pour ses gardes-françaises.

 

Fontaine de Mars – Rue Saint-Dominique – Paris

Bibliographie

Connaissance du Vieux Paris – Jacques Hillairet 

 

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UN MYTHE BELIER… JASON ET LA CONQUETE DE LA TOISON D’OR

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 14-04-2012

Il n’est pas de mythe plus représentatif de la nature du Bélier que celui de Jason, mettant en scène le héros partant en quête de la Toison d’or, embarquant avec lui sur l’Argo, superbe navire brillant comme le soleil, une cinquantaine de valeureux compagnons.

L’histoire des Argonautes se déroule sur plusieurs épisodes, comme une bande dessinée racontant ce long voyage plein de bruit et de fureur, de morts, de passions et de larmes, aboutissant à la fois au succès de l’entreprise, la conquête de la Toison d’Or, et au drame personnel de Jason, pour crime de légèreté face à Médée la redoutable.

Jason, Médée, le serpent et la Toison d’or

Mais Jason ne se conduit-il pas comme un Bélier impulsif, ne maîtrisant pas ses emballements passagers ? Ne prend-il pas un risque extrême en abandonnant sans autre forme de procès la femme qu’il a séduite et épousée ? Médée, entière, possessive, ayant tout perdu, ayant trahi les siens, contribué par amour au sacrifice de son frère, n’a pas qu’un recours : la mort ou la vengeance.

Pour les Grecs, le soleil était représenté par un bélier et c’est aussi le soleil qui désigne l’étincelant vaisseau. L’astre du jour n’est-il pas valorisé dans le premier signe du zodiaque ? Ne dit-on pas que le Bélier est le lieu d’exaltation du Soleil.

Il existe plusieurs versions de ce récit, comme il existe toujours plusieurs versions de tous les mythes. Celle d’Apollonios de Rhodes, celle de Pindare, sans oublier Euripide, Sénèque, Flaccus et quelques autres encore. On trouve aussi de brèves allusions de l’aventure au chant XII de l’Odyssée.

Jason sur l’Argo

L’histoire se passe avant la guerre de Troie et précède le voyage d’Ulysse. L’architecte qui dessine la nef, Argos, donnera son nom au bateau. Mais pour le faire avancer, il faudra cinquante-quatre rameurs, robustes et courageux. Jason, chef de l’expédition, saura convaincre les plus valeureux de son temps de le rejoindre et le nom de certains d’entre eux sont passés à la postérité. Font même partis du voyage le devin Amphiaraos et l’architecte Argos en personne. Pas surprenant non plus qu’on trouve sur le bateau Ascalaphos qui n’est autre que le fils d’Arès/Mars, dieu de la guerre, et puis une seule femme à bord, Atalante, l’une des plus glorieuses Amazones. On reconnaît encore Castor et son jumeau Pollus, l’un dresseur de chevaux et l’autre lutteur émérite, les fameux Dioscures et futurs Gémeaux dans le ciel, et puis Laërte, le père d’Ulysse, et même Lyncée dont la vue était si perçante qu’il pouvait découvrir de très loin des trésors cachés et dont le talent sera fatal à Castor, plus tard. Une jolie brochette d’hommes, dont certains étaient fils de dieux, ce qui devait sans doute permettre à Jason d’être protégé. En fait, il semblerait que ce soit Athéna qui les sauva tous de plus d’un péril.

 

Les Argonautes sous la protection d’Athéna

Certains prétendent que Jason avait Ulysse pour cousin. Assurément, c’était un prince grec, fils d’Aéron, roi d’Iolcos en Thessalie, détrôné par Pélias son demi-frère. Comme tout Bélier, Jason a le sens de la justice et décide de rendre son trône à son père. Il a lui-même été éduqué par Chiron, le grand Centaure pédagogue et savant, instructeur de bien des héros.

Pélias avait appris par un oracle qu’il serait menacé par un homme n’ayant qu’une sandale au pied : or, Jason en aidant Héra déguisée en vieille femme à traverser une rivière, aurait perdu une chaussure dans l’eau. Mais on dit aussi que les Eoliens combattaient toujours avec une seule sandale au pied, signalant ainsi leur nature de guerrier.

Averti du danger, Pélias prit peur et promit de restituer le trône… mais à une condition : Jason devrait lui rapporter la Toison d’Or cachée en Colchide et gardée par un serpent toujours éveillé. La plupart des rois hypocrites agissent ainsi, promettant monts et merveilles mais bien déterminés à faire courir des risques mortels à leurs ennemis. Le destin du héros, précisément, consiste à franchir l’infranchissable, à défier le destin, à surmonter l’insurmontable, comme ce fut le cas pour Héraclès/Hercule et ses douze travaux.

On situait la Colchide près des monts du Caucase, du côté de la Géorgie d’aujourd’hui, bien loin de la Thessalie natale de Jason. Il convenait donc de préparer avec soin l’expédition et la présence de tous ces princes, représentants des villes grecques les plus diverses ou fils de divinités remarquables s’avérait indispensable.

William Waterhouse – Jason et Médée

D’après Jung, le mythe de la Toison d’Or symboliserait la conquête de ce que la raison juge impossible. Il réunit deux symboles, celui de l’innocence, figuré par la toison du bélier, et celui de la gloire, représenté de l’or. Il s’apparente ainsi à tous les mythes de la « queste » d’un trésor, matériel ou spirituel, comme la « quête du Saint Graal ». Le héros de la Toison d’Or, Jason, est de ceux qu’on classe parmi les adversaires de la banalisation. La gloire qu’il recherche est celle qui procède de la conquête de la vérité, que l’or symbolise, et de la pureté spirituelle, dont la toison est le symbole. Comme tous les trésors, la toison est gardée par des monstres ; en l’espèce, un Dragon qu’il importe de vaincre. Ce dragon, c’est le pervertissement du désir de gloire, c’est l’exaltation impure des désirs. Il symbolise la propre perversité de Jason. Le Dragon héroïquement tué deviendra symbole d’affranchissement réel. Mais Jason ne fait qu’endormir le Dragon à l’aide d’un filtre préparé par Médée la magicienne. Et il est vaincu par son dragon intérieur. Il reste soumis à Médée l’enchanteresse, qui ensanglante la cour de ses crimes. Jason pactise avec ce qui représente le contraire de sa mission propre : le mépris de l’esprit et de la pureté de l’âme ; ainsi, il vide de sens son héroïque entreprise et anéantit à la fois son exploit et son idéal.

Jason est le symbole de l’idéaliste qui n’a pas compris que certaines fins ne peuvent pas s’obtenir par n’importe quels moyens ; il s’est laissé pervertir par l’ordre des moyens. Son navire, l’Argo, « est le symbole des promesses juvéniles de sa vie, des exploits en apparence héroïques qui lui ont valu la gloire. Il a voulu se reposer à l’ombre de sa gloire, croyant qu’il suffisait à justifier sa vie entière. Tombant en ruine, l’Argo, symbole de l’espoir héroïque de la jeunesse, devient le symbole de la ruine finale de sa vie…

 

Bibliographie

Dieux et Héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

 

 

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L’OEUF PASCAL ET SES SYMBOLES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 06-04-2012

L’œuf, considéré comme contenant le germe à partir duquel se développera la manifestation, est un symbole universel qui s’explique de lui-même. La naissance du monde à partir d’un œuf est une idée commune aux Celtes, aux Grecs, aux Egyptiens, aux Phéniciens, aux Cananéens, aux Tibétains, aux Hindous, aux Vietnamiens, aux Chinois, aux Japonais, aux populations sibériennes et indonésiennes, et à bien d’autres encore.

L’œuf

L’œuf apparaît également comme un des symboles de la rénovation périodique de la nature : tradition de l’œuf de Pâques, des œufs colorés et cela dans de nombreux pays. Mais l’œuf participe aussi du symbolisme du repos, comme la maison, le nid, la coquille, le sein de la mère. De cette douce sécurité, le vivant aspire à sortir le poussin brise sa coque douillette et tiède. L’œuf, comme la mère, deviendra le symbole des conflits intérieurs entre le bourgeois avide de confort et l’aventurier épris de défi, qui sommeillent en l’homme, ainsi qu’entre les tendances à l’extraversion et celles de l’introversion. Comme dans les cosmogonies, l’œuf psychique renferme le ciel et la terre, tous les germes du bien et du mal, ainsi que la loi des renaissances et de l’éclosion des personnalités.

Œuf au nid

L’œuf, c’est encore l’idée de germe, mais de germe d’une vie spirituelle, qui se réfère à la tradition alchimiste de l’œuf philosophique. Ensuite, le symbolisme de l’œuf s’exprime aussi par des images moins directes comme les pierres ovoïdes, comme celle de Cybèle dans la mythologie, ou la boule du scarabée bousier.

La ponte et la couvaison de l’œuf comportent elles-mêmes divers aspects symboliques. La poule qui couve est considérée, dans les sectes de méditation bouddhiques, comme le symbole de la concentration de l’esprit et de son pouvoir spirituellement fécondant. Les scolastiques se sont interrogés sur l’antériorité relative de la poule et de l’œuf : « l’œuf est dans la poule, la poule dans l’œuf », répond Silésius. La dualité est contenue potentiellement dans l’unité ; la dualité se résout en l’unité.

Plus prosaïquement, mais sans nous éloigner des notions précédentes, notons que l’œuf est parfois pris comme symbole de prospérité. En effet, si un habitant du Nord-Laos rêve qu’une poule pond plusieurs œufs, on interprète le songe comme une promesse de richesse prochaine.

Œuf de Pâques

De nos jours, l’œuf de Pâques est l’emblème de cette fête. Cadeau printanier offert aux enfants sages, il est, selon les traditions et les pays, distribué par les cloches, les cigognes, les coucous ou les lièvres.

Considéré dans les traditions sacrées de l’Antiquité comme une enveloppe matérielle à partir de laquelle se développe la « manifestation » au sens plein du terme, symbole de vie et de perfection, c’est assez naturellement que l’œuf s’imposa comme symbole chrétien du message pascal. Du monde celtique aux îles du Sud Est asiatique, en passant par la Grèce, l’Egypte, le Tibet, la Chine ou le Japon, il existe une tradition commune, simplement déclinée en variantes, de la naissance du monde dans un œuf.

Dans la mythologie indienne, le cosmos se retire entre deux périodes d’activité pour se reposer et se régénérer dans l’œuf d’or qui contient l’univers. Dans les livres sacrés persans, l’œuf apparaît au milieu de la nuit universelle, s’ouvre en deux et donne naissance au monde. Le livre sacré des anciens Finnois, le Kalevala, enseigne que le monde s’est formé à partir d’un œuf primordial tombé du ciel sur les genoux de la déesse Ithamara, la mère des eaux.

Parfois le serpent des traditions celtiques ou le dragon chinois préexiste à l’œuf. Ailleurs, l’œuf est fécondé par le soleil, ou flotte, selon la conception égyptienne, sur les eaux de la mer primordiale représentant le Verbe créateur.

 

Lapin de Pâques

En fait, bien des coutumes païennes destinées à célébrer le retour du printemps se rattachent à la Fête de Pâques. L’œuf est donc le symbole de la germination qui se produit en ce début de printemps. Alors que le lapin, autre grand présent des fêtes pascales, est un symbole païen représentant la fécondité.

En pays chrétiens, l’œuf de Pâques reste le cadeau favori le jour de Pâques. En Belgique et en France, ce sont les cloches qui apportent les œufs de Pâques. On dit qu’elles partent les chercher à Rome. En effet, depuis le jeudi saint, les cloches ne sonnent plus, elles sont en deuil. Elles ne reviendront que le jour de Pâques ramenant des œufs qu’elles sèment sur leur passage.

En France encore, mais surtout au Québec, certaines légendes parlent de la cueillette de l’Eau de Pâques. Cette eau de Pâques n’est autre qu’un petit flacon d’eau bénite que l’on rapporte chez soi après les célébrations de la Vigile pascale ou la messe du matin de Pâques. En fait, dans la légende, il fallait recueillir l’eau de pluie tombée le matin de Pâques, eau qui était ensuite bénite lors de la messe pascale. On disait que cette eau de pluie bénite avait le pouvoir de guérir les maladies.

Pour les Catholiques, la lumière de Pâques a un sens cosmique, en référence avec l’équinoxe et la Pleine Lune et n’est donc pas quelque chose de fortuit, elle serait voulue par Dieu lui-même. En fait, ce n’est qu’à l’équinoxe que le Soleil éclaire toute la Terre tandis que, au même moment, la Pleine Lune continue à réfléchir ses rayons pendant la nuit. Certains symboles de la fête de Pâques se retrouvent dans la Fête juive de Pessa’h et prennent une autre signification pour les Chrétiens par rapport au Christ et aux différents épisodes relatés dans les Evangiles.

Quant à la détermination de la date de Pâques, elle a quelque chose d’historique. En effet, après le 1er Concile de Nicée, en 325, on décida que le calcul de la date de Pâques se ferait selon une règle fixe. Et c’est comme ça que Pâques est célébré le dimanche après le 14e jour du premier mois lunaire du printemps, c’est-à-dire le dimanche après la première Pleine Lune advenant pendant ou après l’équinoxe de printemps. Pour faire simple et pour rester fidèle aux origines, Pâques correspond au premier dimanche qui suit la première Pleine Lune de Printemps. Comme la date peut varier suivant la longitude de la ville où l’on effectue l’observation, les Catholiques choisirent Rome. Pour finir, toutes les églises acceptèrent la méthode d’Alexandrie qui place l’équinoxe de printemps, dans l’hémisphère Nord, le 21 mars, alors que l’équinoxe astronomique se décale du 21 au 22 mars, selon la périodicité des années bissextiles.

La colombe pascale en Italie

Pour en revenir aux us et aux coutumes, il en est une en Italie qui met l’œuf à l’honneur. Comme en France, le lundi de Pâques est férié. Mais si en France, on en fait rien de particulier, en Italie ont fait « Pasquetta », ce qu’on peut traduire par « petite Pâque ». Et, si le soleil est au rendez-vous, les Italiens font de cette journée une grande partie de campagne, la nature ce jour-là est le théâtre de pique-nique familiaux ou amicaux. Chaque ménagère italienne met un point d’honneur à préparer quelques plats typiques à base d’œufs qu’on mangera sur l’herbe : l’omelette aux fèves, aux asperges ou aux petits artichauts, les œufs durs bien sûr, et ceux cachés sous une bonne couche d’épinards ou « d’erbette » nouvelles, au cœur d’une tourte bien dorée. On appelle aussi ce lundi de Pâques « il lunedi dell’Angelo » ou « le lundi de l’Ange », une allusion à l’Ange qui aurait libéré le Christ de son tombeau. On partage aussi la célèbre « colomba », sorte de brioche en forme de colombe.

Pourquoi les Italiens passent-ils la journée dehors en ce lundi de Pâques ? Plus attachés que les Français à la religion et à l’Histoire Sainte, ils commémorent ainsi les disciples du Christ partis sur les chemins, en route vers Emmaüs.

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Fêtes et Croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas 

Photos – Crédit photo D’lys couleurs

 

 

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POISSON D’AVRIL

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 31-03-2012

La tradition des blagues du 1er avril est peut-être liée à l’adoption, en 1564, du calendrier grégorien. Avant cette date, le nouvel an était fêté le 25 mars et l’on s’échangeait des cadeaux pendant une semaine. Plus tard est née la mode des cadeaux fantaisie, sous forme de plaisanterie.

 

Une explication totalement légendaire avance que cette tradition trouve son origine en France, lorsque le roi de France Charles IX décida, par l’Edit de Roussillon, que l’année débuterait désormais le 1er janvier, qui marque le rallongement du jour, au lieu de fin mars, arrivée du printemps. Mais en fait, l’année civile n’a jamais débuté un 1er avril.  

Le Christ devant Pilate

Cependant, il existe une autre hypothèse sur l’origine du Poisson d’avril, comme le mentionne le Journal de Verdun paru en 1749 : « Plusieurs ouvrages attribuent à l’expression poisson d’avril une origine liée à la corruption de la passion du Christ qui arriva le 3 avril : Jésus étant renvoyé d’un tribunal à l’autre, sous les insultes et la dérision. De là, on aurait pris la coutume de faire courir et de renvoyer d’un endroit à l’autre, ceux dont on voulait se moquer ».

 

On donne également une autre origine, beaucoup plus récente, de cette expression : un prince de Lorraine que Louis XIII faisait garder à vue dans le château de Nancy, aurait trompé ses gardes et se serait sauvé en traversant la rivière de Meurthe, le premier jour d’avril. Certes, le duc Nicolas François, frère de Charles III, duc de Lorraine, quitta son évêché de Toul et le chapeau de cardinal par politique d’Etat, avant d’épouser à Lunéville, au mois de mars 1635, la princesse Claude, fille de Henri II. Puis, s’étant retiré à Nancy et ayant eu vent qu’on voulait le conduire à la cour de France, trompa ses gardes. Cependant, en réalité, le prince ne passa point la rivière de Meurthe à la nage, et sortit par une des portes de la ville, déguisé en paysan, portant une hotte pleine de fumier, de même que la princesse. Il aurait simplement délibérément choisi la date du 1er avril pour s’échapper et tromper les Français. Une jeune paysanne des environs de Nancy, qui fournissait journellement du laitage à la cour, reconnut la princesse malgré son déguisement et, l’ayant dit à quelques soldats de la garde, ceux-ci se figurèrent que cette fille voulait leur donner à tous le poisson d’avril, en les faisant courir mal à propos ; ce qui donna au prince et à la princesse le temps de gagner leurs chevaux pour se réfugier à Bruxelles, auprès du Cardinal Infant. Cette évasion fit dire au peuple que le roi avait donné à garder un poisson d’avril, mais l’usage était connu au XIVe siècle, à en juger par les manuscrits du pasteur Paul Ferry relatifs à l’histoire de Metz et dans lesquels il cite déjà l’expression.

  

La petite ville de Poissons jumelée avec celle d’Avril en Meurthe-et-Moselle

Pourquoi le choix du « poisson » ?

Si l’origine exacte de l’utilisation des poissons reste obscure, peut-être l’ichtus chrétien (symbole graphique représentant un poisson), la légende veut certains sujets se rebiffèrent à l’idée qu’on leur chamboulât le calendrier, et ils continuèrent à célébrer les environs du 1er avril. Pour se payer gentiment leur tête, des congénères profitèrent de l’occasion pour leur remettre de faux cadeaux et leur jouer des tours pendables. De plus, les cadeaux que l’on s’offrait en avril étaient souvent alimentaires. Ainsi naquit le poisson, le poisson d’avril, le jour des fous, le jour de ceux qui n’acceptent pas la réalité ou la voient autrement. Cette coutume de faire des plaisanteries s’est répandue dans de nombreux pays, bien que le poisson ne soit pas toujours exporté en même temps.

Autre explication : comme à cette période de l’année, au début du mois d’avril, en France la pêche est interdite, car c’est la période de frai des poissons, la période de reproduction, certains avaient eu comme idée de faire des farces aux pêcheurs en jetant des harengs dans la rivière. En faisant cela ils devaient peut-être s’écrier: « Poisson d’avril ! » et la coutume du « poisson d’avril » est restée. Aujourd’hui on ne met plus de harengs dans l’eau douce, mais on accroche, le plus discrètement possible, de petits poissons en papier dans le dos des personnes qui se promènent parfois toute la journée avec ce « poisson d’avril » qui fait bien rire les autres.

Cependant, les conjectures demeurent : ou bien on voulait marquer la sortie du signe zodiacal des Poissons, ou bien on voulait prolonger la période du carême, où il n’était permis de manger que du poisson, ou bien on voulait confondre le benêt en lui offrant un poisson à une époque de l’année, celle du frai, où la pêche était interdite.

En France, au début du XXe siècle, on s’envoyait de jolies cartes postales toutes ornées d’un poisson d’avril et richement décorées. On s’écrivait, pour cette occasion, des messages chaleureux et on s’envoyait des vœux.

En attendant, et ce n’est pas un poisson d’avril, le 6 avril est jour de pleine lune. Voilà qui est idéal pour se faire couper les cheveux : ils repousseront plus lentement et surtout, plus beaux et plus denses. Certains salons de coiffure restent d’ailleurs ouverts tard les soirs de pleine lune. Il est peut-être encore temps de prendre rendez-vous !

Quoiqu’il en soit, dans la symbolique astrologique le poisson fait partie du bestiaire lunaire à plus d’un titre et tout d’abord en tant que créature de l’élément liquide, dans lequel il vit.

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LE ZODIAQUE AMOUREUX… MADAME POISSON AMOUREUSE

(14 - LE ZODIAQUE AMOUREUX) par sylvietribut le 14-03-2012

Il n’y a pas plus romanesque de Madame Poisson. Il n’y a pas davantage plus amoureuse qu’elle car il n’y a rien de plus naturel pour elle que d’aimer. Mieux vaut ne pas trop lui parler du Mouvement de Libération de la Femme, ni de revendications par trop féministes. A ses yeux, rien de tout cela n’a de sens… Elle ne revendique qu’un droit, celui d’aimer et d’être aimée. Elle n’a qu’un seul désir, rencontrer un homme qui acceptera sa tendresse, se laissera aimer plus encore peut-être qu’il ne l’aimera. On ne peut pas parler de passion ; sa conception de l’amour ne peut être masochiste, elle n’est pas en quête d’une souffrance accueillie avec gratitude… loin d’elle cette perversion-là. Elle ne veut qu’être partie de l’être aimé, fondue en lui, baignée par le sentiment qui l’envahit. Elle ne conçoit l’amour que comme une communion, une sorte d’extase qui n’exige nulle pensée et lui apporte le bien-être… le Nirvana…

La sirène de John William Waterhouse

Sans un être à chérir, Madame Poisson se retrouve exactement comme le drogué en état de manque. On lui prête parfois, à cause de cela, une nature hyper-sensuelle et nympho-maniaque… rien de plus injuste. Sa sexualité est chez elle un moyen, un véhicule de l’âme et du corps… Son érotisme évoque plus le mysticisme que la pornographie…

Madame Poisson inspire souvent à son amoureux le désir de la protéger bien que, sous une innocente face de femme fragile, elle cache un caractère assez fort pour voler de ses propres ailes. Et pourtant, celui qui tombe dans ses filets, une fois devenu amoureux d’elle, trouvera bien difficile de l’oublier quand elle aura cessé d’aimer… Avis à tout homme qui tient à sa liberté, tout au moins libre de penser à s’intéresser à une autre femme.

Toutefois, Madame Poisson risque d’être plus souvent déçue que comblée ; peu d’hommes sont capables d’assumer un pareil amour et cette avalanche affective leur fait peur, tout en les attirant, car ils pressentent chez cette femme une qualité d’amour exceptionnelle en même temps qu’une très grande exigence. Il suffit d’un rien, d’un regard, d’un geste brusque, d’un mot dit au mauvais moment pour que Madame Poissons sorte de cet univers merveilleux où elle était si heureuse. Mais lorsqu’elle a cessé d’aimer, elle ne souffre pas et celui qu’elle adorait la veille n’a plus sur elle l’ombre d’une emprise. Elle retrouve, d’un amour à l’autre, une disponibilité intacte, une capacité d’émerveillement jamais entamée. C’est un état de grâce.

Cependant, lorsque Madame Poisson, la femme du douzième signe du zodiaque, ne rencontre pas l’homme capable de répondre à son amour, elle se construira un amour idéal et aimera en silence celui qui ne devine pas et qui ne comprendra jamais, qu’elle le pare de vertus chimériques.

Sensible, secrète pour ne pas dire insondable, indécise souvent, elle préfère être conquise que conquérir. Et puis, il lui arrive que ce n’est pas tant l’être aimé qui compte que l’amour lui-même, c’est pourquoi les amours de Madame Poisson aboutissent souvent à des situations embrouillées, qu’elle ne peut rompre ou trancher tant qu’elle éprouvera encore un lien affectif, aussi tenu soit-il.

Dans un quotidien tranquille, Madame Poissons se montrera aimante, dévouée, agréable. Elle soignera son partenaire avec un grand dévouement le cas échéant. Pourtant, il sera souvent surpris qu’elle ait oublié l’heure du repas : une émission, un livre, une occupation qui l’accapare toute entière et la passionne en seront la cause.

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