LES GEMEAUX ET LA CONSTELLATION DU COCHER

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 03-06-2012

Castor et Pollux (alpha et bêta Germinorum), étoiles de magnitudes respectives 1,6 et 1,2, culminent haut dans le ciel à minuit en janvier, dans l’hémisphère Nord ; ces étoiles jumelles semblent proches l’une de l’autre. Il s’agit de la constellation zodiacale des Gémeaux. Castor, la plus septentrionale de ces deux étoiles, est blanche, alors que Pollux est orange. Cette constellation se trouve au nord de Procyon (alpha Canis Minoris) et au nord-est d’Orion. Les pieds des jumeaux sont représentés par Alhena (gamma Geminorum), qui est située à peu près à mi-chemin entre Al Nath (bêta Tauri) et Procyon.

 

Castor et Pollux dans la constellation des Gémeaux

Dans la mythologie grecque, ces jumeaux sont les Dioscures, les « Fils de Dieu ». Certains récits les décrivent comme demi-frères, enfants de Léda ; Castor serait né de ses amours avec un mortel, et Pollux de son union avec Zeus/Jupiter. Castor excellait en équitation, et Pollux à la lutte. Ils s’aimaient tellement que Pollux refusa l’immortalité qu’on lui offrait, en tant que fils de dieu, si son frère ne pouvait la partager. Zeus leur permit de rester ensemble, mais ils durent alternativement passer un jour dans le royaume des dieux et un jour dans le monde souterrain, l’Hadès. Pour les récompenser de leur amour fraternel, Zeus/Jupiter en fit des étoiles. Lorsque Castor se couche à l’occident, descendant vers les Enfers, Pollux le suit. Et quand Castor se lève, son frère apparaît bientôt à ses côtés.

Les Dioscures – Campidoglio – Rome

Le dieu des Mers, Poséidon/Neptune, donna aux Gémeaux le pouvoir de sauver ceux qui voyagent en mer. Dans l’hémisphère Sud, ils étaient visibles au-dessus du mât de l’Argo, le navire qui emmenait Jason vers la Colchide, alors qu’il allait chercher la Toison d’Or. Lorsque les deux frères montèrent à bord, deux flammes jaillirent du mât. Ce phénomène électrique est connu des marins sous le nom de feu Saint-Elme ; il est provoqué par l’électricité atmosphérique.

Les Gémeaux n’ont pas la même forme dans toutes les civilisations. Les Romains ont associé cette constellation à Remus et Romulus, en 753 avant Jésus-Christ. Dans la mythologie maya, les Gémeaux sont des pécaris copulant. Les Arabes les ont représentés en paons, et, en Europe, cette image a survécu jusqu’à la fin du Moyen Age. Dans la tradition phénicienne et chaldéenne, les Gémeaux sont deux chevreaux qui suivent un berger représenté par la constellation du Cocher, qui se trouve à l’ouest des Gémeaux au nord d’Orion.

 

Constellation du Cocher

Le Cocher (Auriga) tient de la main gauche deux chevreaux, et en même temps il porte sur le bras gauche une chèvre, un animal qui correspond à la magnifique étoile jaune-blanc Capella, la « Petite Chèvre » (Alpha Aurigac, de magnitude 0,1). Le pied droit du Cocher touche la constellation du Taureau, en l’occurrence la pointe de l’une de ses cornes, au point marqué par l’étoile Al Nath (bêta Tauri), qui se trouve juste au-dessus de l’écliptique. Les étoiles de la constellation décrivent une sorte de spire qui passe par thêta Aurigae, puis par l’étoile Menkalinam (bêta Aurigae, de magnitude 2), près de l’épaule droite, et par Capella. Tout près de cette dernière, la spire revient vers epsilon Aurigae, qui correspond aux chevreaux, deux petites étoiles, nu et dzêta Aurigae. Le personnage du Cocher avait cette forme dans les premières civilisations de l’Euphrate.

Dans la mythologie grecque, la chèvre Capella était assimilée à Amalthée, qui signifie « Douce ». Lorsque la déesse Rhéa put soustraire Zeus/Jupiter, son fils, à la colère de son père, Cronos/Saturne, qui voulait le dévorer, Amalthée nourrit l’enfant. Pour la récompenser, Zeus/Jupiter transforma l’une de ses cornes en corne d’abondance, qui déverse en permanence de la nourriture et de la boisson.

 

Enlèvement d’Hippodamie – Lagrenais – Musée du Louvre

Curieusement, le Cocher n’a pas de coche. La mythologie grecque explique cela en assimilant le Cocher à Myrtilos, fils d’Hermès/Mercure, qui était le cocher d’Oenomaos. Ce dernier voulait empêcher sa fille Hippodamie de se marier. Il défiait tous les prétendants dans des courses de chars, qu’il remportait facilement en attelant au sien les juments d’Arès/Mars, nées du vent. Quand vint le tour de Pélops, fils de Tantale, qui était aimé d’Hippodamie, Myrtilos remplaça l’essieu du char de son maître par de la cire ; lors de la course, l’équipage perdit ses roues et Oenomaos la vie. Mais, en toute justice, Myrtilos fut puni par le destin. En effet, il était lui-même amoureux d’Hippodamie et, un soir, alors qu’il servait de cocher à la jeune fille et à Pélops, il tenta d’enlever sa belle. Son coup rata et Pélops, fort en colère, réussit peu après, traitreusement, à précipiter Myrtilos dans la mer, où il se noya.

Il n’y a sans doute pas de rapport historique direct, malgré la similitude de nom, entre la constellation grecque du Chariot et le groupe d’étoiles des « Cinq Chariots » de l’astronomie chinoise, qui se trouve essentiellement dans cette constellation du Chariot, avec Capella pour étoile principale.

Bibliographie

Le Langage Secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius et Paul Devereux – Editions Solar 

 

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UN MYTHE TAUREAU… LE RAPT D’EUROPE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 18-05-2012

Europe était la fille du roi phénicien Agénor et de sa femme Téléphassa. Zeus/Jupiter aperçut la jeune fille jouant avec ses compagnes au bord de la mer et tomba amoureux d’elle. Prenant la forme d’un beau taureau blanc, il se mêla aux jeunes filles et se coucha, se laissant caresser. Cependant, certains auteurs affirment que le taureau n’était pas Zeus/Jupiter lui-même, mais simplement un appât pour attirer la jeune fille vers lui.

 

Le rapt d’Europe par Antonio Carracci

Europe le trouva si doux et si lisse qu’elle finit par s’asseoir sur son dos. Aussitôt, le taureau se leva et s’élança vers la mer, s’éloignant à la nage dans les eaux profondes. Bientôt, les compagnes d’Europe les perdirent de vue ; elles ne la revirent jamais plus. Celle-ci fut transportée en Crète, où le Taureau la déposa sur le rivage. Zeus/Jupiter lui révéla alors son identité. Puis il s’unit à elle sous un platane qui, depuis lors, reste toujours vert, ou bien dans la grotte du Mont Dicté où il avait été élevé.

Europe lui donna trois fils : Minos, Rhadamanthe et Sarpédon. Zeus/Jupiter lui fit trois présents : une lance qui ne manquait jamais son but, le Laelaps, le chien qui ne laissait jamais échapper sa proie, et Talos, l’homme de bronze qui faisait chaque jour le tour de la Crète et tuait les étrangers.

Par la suite, Astérios, roi de Crète, épousa Europe. Ils eurent ensemble une fille, Crété. Astérios adopta les fils d’Europe et fit de Minos son héritier.

Le père d’Europe, Agénor, tenait absolument au retour de sa fille, et il envoya à sa recherche Cadmos, Phoenix et Cilix, ses fils, auxquels il interdit de revenir sans leur sœur. Sa femme, Téléphassa, partit avec eux et Agénor ne revit aucun d’eux.

La pièce grecque de 2 euros

Europe donna son nom au continent européen. Le Taureau fut immortalisé parmi les étoiles et devint la constellation du Taureau.

Le Taureau est un puissant symbole de force masculine et de virilité, mais aussi des plus bas instincts humains. Le dieu perse Mithra a souvent été représenté tuant un grand taureau, symbole de victoire sur notre nature animale ; dans ce culte masculin, on était baptisé dans du sang de taureau.

Constellation du Taureau – Johannes Hevelius

Le taureau était la bête royale totémique de la Crète ancienne, toile de fond de plusieurs mythes taurins grecs à forte connotation de transgression sexuelle, tel l’enlèvement de la vierge Europe par Zeus/Jupiter sous la forme d’un taureau. C’est encore la très célèbre naissance du Minotaure, né des amours d’un taureau et de la reine Pasiphaée de Crête. Ce Minotaure est un être monstrueux, mi-homme, mi taureau. Thésée, le héros,  partira à la recherche du Minotaure et finira par tuer le monstre. La capture du taureau qui avait engendré le Minotaure fut un des douze travaux d’Hercule.

Bibliographie : Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant & John Hazel – Marabout                                  

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LA CONSTELLATION D’ORION

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 26-04-2012

Orion, le chasseur, était considéré comme la plus importante de toutes les constellations ; il dominait le ciel d’hiver dans l’hémisphère Nord et le ciel d’été dans l’hémisphère Sud. Orion est un parfait exemple qui montre à quel point l’humanité s’est projetée sur les corps céleste.

La constellation d’Orion dans le ciel de la Côte del Cilento – Italie – Décembre 2011

Cette constellation d’Orion est une des plus belles constellations du ciel. Parmi les étoiles les plus brillantes qui la composent se trouve Bételgeuse, supergéante rouge qui se situe sur l’épaule droite d’Orion. Cette étoile est 630 fois plus grande que notre Soleil. Sous le genou gauche d’Orion, on trouve l’étoile Rigel, supergéante bleue, 80 fois plus grande que le Soleil. Et puis, l’étoile Bellatrix, plus modeste, qui se situe à l’épaule gauche d’Orion. Enfin, au centre de la constellation, se trouvent trois autres étoiles : Alnitak, Mintaka et Alnilam qui forment la ceinture d’Orion et qu’on appelle également « les trois rois » ou encore « les trois mages ».

Orion piqué par le Scorpion

Dans la mythologie grecque la constellation d’Orion représentait le chasseur Orion qui avouait pouvoir tuer n’importe quel animal. Selon la légende, il fut tué par un scorpion. Par contre, les Sumériens voyaient dans la constellation d’Orion un mouton et les Egyptiens la considéraient comme une offrande à Osiris, dieu de la mort et de l’outre-monde. Pour les Chinois, elle est l’une des 28 constellations du zodiaque chinois. Quant aux Mayas, ils voyaient en elle un dieu.

 

La constellation d’Orion

Pour de nombreux peuples, Orion a été un personnage fabuleux : c’est le Samson de la Bible pour les Juifs. Pour les Arabes, il est le géant Al Jabbar. Et pour bien d’autres mythologies, à travers des lignes imaginaires, c’était un colosse foulant l’espace à grandes enjambées, loin au-dessus de l’humanité.

Orion se trouve au sud-est du Taureau, et sa Ceinture, formée des trois étoiles déjà évoquées, est inclinée sur l’équateur céleste. La seconde en magnitude, Mintaka (delta Orionis) qui signifie « ceinture », se trouve placée exactement sur cette ligne. A cette ceinture pend une dague, ou une épée, à l’extrémité de laquelle se trouve Na’ir al Saïf (iota Orionis), « Celle qui brille sur l’Epée ». Dans sa main droite, à l’est de la constellation, Orion brandit une massue.

En prolongeant on arrive à Sirius, dans la constellation du Grand Chien, et vers le nord-est, elle conduit à Aldébaran dans le Taureau.

Constellation d’Orion – Gravure d’Helvelius

Lorsqu’Orion se couche, le Scorpion se lève. Ce qui vient illustrer le mythe grec selon lequel le chasseur a pour destin d’être blessé par un Scorpion. Orion, fils de Poséidon, était un géant remarquable par sa beauté et ses prouesses. Il fut l’amant d’Eos, l’Aurora des Romains, déesse de l’Aurore, et depuis lors, en mémoire de leur union, le jour se teinte de rose quand il se lève. Les deux amants répugnent à se quitter : vers l’occident, lorsque la lumière gagne, les brillantes étoiles de la constellation d’Orion pâlissent doucement.

 

Aurora déesse de l’Aurore

Pour l’Astrologue, les Etoiles Fixes ont une signification :

  • Aldebaran est une étoile fixe considérée comme très bénéfique, de nature Soleil/Mars. Elle se classe parmi les étoiles dites « royales ». Elle se situe sur 9° Gémeaux. Dans un thème, si elle influence une planète, ou l’Ascendant, ou même le Milieu du Ciel, elle apporte honneurs, richesse, mise en vedette, ou même donne une possibilité d’élévation. Bien sûr, ceci n’est valable que dans les limites de ce que le thème promet et ses différents significateurs, notamment les luminaires, Jupiter et le ou les Maîtres de l’Ascendant. Elle met en rapport avec le monde militaire. Elle peut être synonyme de courage, mais aussi de violence, voire même de férocité. Honneurs et succès par la violence bien souvent et malheureusement.
  • Rigel est également considérée comme bénéfique, mais serait moins puissante qu’Aldébaran ou même Bételgeuse. Elle se trouve sur 16° Gémeaux et est de même nature que Jupiter. Elle confère une certaine inventivité et apporte certaines dignités, qu’elles soient militaire, civiles ou religieuses. Elle promet réputation et honneurs. Elle donne de l’habileté et apporte des succès matériels.
  • Bellatrix est une étoile fixe dont l’influence est plus neutre. Elle est de nature Mercure/Mars, se situant sur 20° Gémeaux. Elle semble apporter les honneurs civils ou militaires. Elle favorise les carrières militaires. Elle permet d’avoir des amis éminents et même de connaître une certaine richesse. Souvent, elle correspond à un riche mariage. Malheureusement, elle fait aussi connaître des revers et déceptions, parfois des accidents affectant la vue et pouvant conduire à la cécité. Elle évoque une femme querelleuse pour un homme.
  • Mintaka est une étoile fixe d’influence neutre, tout en étant de la nature Mercure-Saturne. Elle se situe sur 22° Gémeaux. On n’a pas vraiment d’information sur son influence.
  • Al Nilam est une étoile fixe assez neutre, de la nature Jupiter/Saturne et se situant sur 23° Gémeaux. Elle parle d’honneurs publics, mais également d’une réussite éphémère.
  • Bételgeuse est une étoile fixe considérée comme bénéfique, de nature Mercure/Mars. C’est aussi une étoile dite « royale ». Elle se situe sur 28° Gémeaux. Dans un thème, si elle influence une planète, elle promet les honneurs militaires. Elle est facteur de progrès et de richesses. Quand elle est en rapport avec Jupiter, elle semble accroître les opportunités et les dons intellectuels. Avec le Soleil, elle promet des gains inattendus, mais est aussi synonyme de protection, d’honneurs et d’avancement.

CE QU’Il FAUT SAVOIR DES ETOILES FIXES

Tout d’abord, les Etoiles Fixes se déplacent de 1° tous les 72 ans.

Ensuite, l’effet de l’étoile dépend en grande partie de la puissance de la planète avec laquelle elle est conjointe. Dans tous les cas, les étoiles ne contredisent pas les indications planétaires du thème car la principale fonction des étoiles est de grandir les qualités des planètes natales plutôt que de les conférer et la nature exacte de l’effet doit être recherchée d’après les règles de l’astrologie.

Les étoiles agissent par conjonction. Cependant, l’opposition semble aussi puissante que la conjonction, et le carré n’est pas à négliger. Ne retenir que 1° d’orbe dans la superposition Etoile Fixe/Planète, ou Ascendant ou même Milieu du Ciel.

Quant aux étoiles dites « Royales », elles paraissent avoir une très grande force, mais à la seule condition que la conjonction soit exacte et avec seulement les éléments les plus saillants du thème : Luminaires, Maître de l’Ascendant et planètes dominantes.  

 

Bibliographie

Le langage secret des étoiles et des planètes – Geoffrey Cornelius/Paul Devereux – Editions Solar

Pour les Etoiles Fixes : cf. Arcivaux, Gouchon, Hadès, Morlet

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QUELQUES DEVINS CELEBRES (suite)

(6.4 - L'Astrologie dans l'Histoire) par sylvietribut le 19-03-2012

Contrairement à Cazotte, Mademoiselle Lenormand traversa sans trop d’encombre la Révolution, puis l’Empire et la Restauration. Elle sera incontestablement la voyante la plus célèbre de cette époque troublée de l’Histoire de France.

Tout ce que l’époque comptait de célébrités se pressa dans le cabinet garni de meubles d’érable et de vases de porcelaine. Dans ses Mémoires, Mademoiselle Lenormand se souvient de Robespierre : « J’ai vu de près le farouche Maximilien et j’ai pu le juger, livré à lui-même. C’était un homme sans caractère. Superstitieux à l’excès, il se croyait envoyé par le ciel pour coopérer à une entière régénération. Je l’ai vu, en me consultant, fermer les yeux pour toucher les cartes, frissonner à la vue d’un Neuf de Pique… J’ai fait trembler ce monstre mais peu s’en fallut que je ne devinse sa victime ».

Mademoiselle Lenormand

Pendant le Directoire, le prestige de Mademoiselle Lenormand s’accroît. Vingt équipages superbes stationnent en permanence devant l’immeuble de la rue de Tournon et les clients, parmi lesquels Barras, Tallien, Talma, Fouché et Madame Récamier, sont obligés de venir deux fois pour avoir la chance d’être reçus.

Un jour, la voyante accueille une jolie veuve créole venue la consulter à propos d’un projet de mariage que désapprouve sa famille. La jeune veuve s’appelle Joséphine de Beauharnais et est amoureuse d’un petit officier corse sans argent et probablement sans avenir. Après avoir tiré les cartes, Mademoiselle Lenormand lui dit : « Votre petite officier est promis au plus grand avenir. Il surpassera tous les hommes de son temps. Il vous associera à sa gloire, mais attention… cette gloire sera passagère et votre amour vous coûtera bien des larmes ».

 

Mademoiselle Lenormand et Joséphine de Beauharnais

Napoléon Bonaparte, car c’était lui, s’intéresse de très près aux arts divinatoires et pratique lui-même la chiromancie et l’astrologie. A la veille d’une bataille, il tente d’en prévoir l’issue en scrutant les étoiles… Regardant un jour la paume de la main de Talleyrand, il s’écrit : « Mon génie étonné tremble devant le sien »…

Malgré la confiance qu’on lui accorde, Napoléon se méfie de Mademoiselle Lenormand et de la trop grande influence qu’elle semble avoir sur Joséphine, devenue sa femme. Sous un prétexte fallacieux, il demande au préfet de police de l’arrêter et de perquisitionner à son domicile. Dûment escortée par le commissaire et quatre agents de police, la voyante est conduite chez le préfet qui lui dit d’un ton goguenard : « Mademoiselle, vous qui prétendez prédire l’avenir, vous auriez bien pu prévoir ce qui vous arrive aujourd’hui ! ». « Je le savais, répondit-elle, mon horoscope se trouve dans l’un des cartons que vous avez saisis chez moi. Vous pouvez vous en assurer. Le préfet fait quérir le carton, brise les scellés et lit l’horoscope. L’arrestation est effectivement mentionnée noir sur blanc. Fouché, en personne ; vérifiera les dires de la Sibylle qui, sur ordre de l’Empereur, retrouvera sa liberté.

 

Arrestation de Mademoiselle Lenormand

Mademoiselle Lenormand se sent désormais une dette envers Napoléon et ne compte pas en rester redevable longtemps. Dans les jours qui suivirent la grâce impériale, elle s’empressa de le prévenir de se « garder du vent du Nord ». Nous sommes alors au mois de juin 1812 et Napoléon lance la Grande Armée vers Moscou. Six mois plus tard, les troupes françaises battent en retraite. 600 000 hommes périront lors de cette campagne, une majorité ne pourra résister à l’hiver russe marqué par un vent glacial, le vent du Nord.

Après la chute de l’Empire et la paix revenue, l’heure de la retraite n’est pas pour autant sonnée pour Mademoiselle Lenormand. Elle renoue avec l’écriture et signe ses mémoires ainsi que de nombreux essais. Elle mourra à Paris, le 25 juin 1843, à l’âge de 74 ans… alors qu’elle prévoyait de vivre jusqu’à 101 ans !

Mademoiselle Lenormand fut la plus célèbre voyante du XIXe siècle. Elle exerça une influence décisive sur la tradition de la cartomancie et le type de cartes qu’elle utilisait vint à porter son nom. Inutile de préciser qu’elle laissa à ses héritiers une fortune considérable.

 

Le Grand Jeu de Mademoiselle Lenormand

A suivre 

 

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IL ETAIT UNE FOIS L’AQUILA

(2.2 - HOMMAGE) par sylvietribut le 10-04-2009

Comme je l’ai connue avant… Une de ces villes charmantes dont l’Italie a le secret, une capitale de province pourtant, où l’on avait l’impression que la vie y était paisible et harmonieuse… Loin de la vie chaotique des métropoles ou des cités pour tour-operators… D’ailleurs certains guides ne mentionnent même pas l’Abruzzo… Peut-être parce que s’y perdre c’est risquer d’y rencontrer des ours, des loups, des aigles…

L’Aquila, la ville de l’Aigle, voulue en 1240 par Frédéric II de Hohenstaufen dont l’oiseau était son emblème… On voit encore les remparts dont, par la suite, Charles 1er d’Anjou fit entourer la ville pour la protéger.

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L’Aquila… comme posée là dans un écrin de montagnes enneigées très longtemps encore au printemps, avec en arrière-plan les presque 3 000 mètres du Gran Sasso d’Italie… Un dicton laisse entendre qu’elle est la ville la plus froide d’Italie : « L’Aquila connaît onze mois froids et un mois frais »… Pourtant quel plaisir dans la touffeur de l’été italien de venir y flâner et d’y découvrir des monuments tout aussi remarquables que ceux des villes qu’on conseille de voir à tout prix… Ne dit-on pas que L’Aquila est la « petite Florence »… Mais combien plus facile à vivre… Elle aussi possède ses églises, ses places, grandes ou petites, ses fontaines… Peut-être abrite-t-elle beaucoup moins d’œuvres majeures, mais comme il était délicieux le camaïeu de rose et de blanc de ses monuments, de ses palais et édifices…      

laquila-une-rue1On marchait beaucoup à L’Aquila… ça montait toujours… Mais quel spectacle que ce gigantesque escalier que la cathédrale San Bernardino couronnait et puis, quelle idée magnifique que cette autre collégiale, rose et blanc, de Santa Maria di Collemaggio, comme posée sur un pré tout vert… On n’avait qu’à entrer, contourner… pousser une porte, et le cloître nous accueillait, riche de sa simplicité…

L’Aquila et ses symboles… disparus peut-être ses blasons qui ornaient bon nombre de demeures anciennes et on ne manquait pas de s’interroger quant à la signification de ce monogramme IHS qui les décorait presque toutes. Après on apprenait que cela signifiait Iesus Hominum Salvator… soit en bon français … Jésus Sauveur des Hommes. Ces blasons avaient été frappés après la prédication de Saint Bernardin, dont c’était l’emblème. On peut espérer qu’au moins ces édifices ont survécu et leurs habitants protégés.

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Basilica San Bernardino

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           Basilica Santa Maria di Collemaggio              

L’Aquila et son nombre cabalistique… 99… La légende raconte que L’Aquila surgit miraculeusement avec ses 99 rioni, c’est-à-dire ses 99 quartiers, entourant 99 châteaux, avec ses 99 places, ses 99 fontaines et ses 99 églises. Subsiste-t-elle encore la « Fontana delle 99 cannelle », la « Fontaine des 99 tuyaux »… Ces tuyaux sortent de la bouche de 99 masques qui semblent cracher l’eau dans les vasques. Les parois de cette fontaine sont revêtues elles aussi d’un damier de pierres blanches et roses… A telle survécue une nouvelle fois à cet ultime chaos ?

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Et tous les soirs, la cloche de la vieille tour du Palais de Justice tinte-t-elle encore 99 fois ?

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Dans un passé lointain, L’Aquila avait déjà connu de nombreux terremoti (tremblements de terre). Le premier remonte au 3 décembre 1315. Il y en eu un autre le 2 février 1703 qui fit 3 000 morts. Celui du 31 juillet 1786 fut plus terrible encore : 6 000 morts. La ville fut de nouveau bouleversée le 13 janvier 1915, ainsique que le 24 juin 1958. Pour finir, après cette série de désastres, en 1798, les Français envahirent la ville. Ensuite, ce fut le tour des Autrichiens, en 1819.

Mais L’Aquila c’est aussi une ville universitaire très dynamique et les étudiants paient un lourd tribut dans cette catastrophe puisque l’un de leurs foyers du centre ville s’est effondré. Et puis, L’Aquila c’est aussi une ville moderne, elle abrite l’un des plus grands laboratoires de recherche de physique des particules. C’est donc une ville qui ne vit pas seulement de son passé.

ganymedeL’Aquila… l’Aigle… Pour l’astrologue c’est une référence à Jupiter que l’oiseau symbolise. Jupiter ne se métamorphose-t-il pas à en Aigle pour enlever Ganymède et en faire son giton… Jupiter comme on le sait gouverne le Sagittaire. L’Aquila se trouverait donc être une ville Sagittaire et si on peut en douter, une petite connaissance de l’Abruzzo nous rappelle qu’un peu au sud de L’Aquila on trouve le « Gole del Sagittario ». Cette rivière sur une longueur d’environ 10 km a creusé dans la roche grise des gorges d’une profondeur impressionnante. Dans la symbolique, avec Jupiter et le Sagittaire, ce sont toujours les excès qui prédominent en toute chose. Par ailleurs, le Sagittaire, comme Jupiter, représentent entre autre la bourgeoisie et le monde de l’enseignement. Or, L’Aquila est bourgeoise et universitaire.

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Actuellement, c’est la seconde partie du second décan ainsi le troisième décan des signes Mutables, dont le Sagittaire fait partie, qui sont sous les influences très conflictuelles de Saturne d’un côté, et de Mars et Uranus de l’autre, ces trois astres s’opposant entre eux pour accentuer encore les dissonances (les autres Mutables, sont les Poissons, les Gémeaux et la Vierge). On peut donc penser que le thème de cette région de l’Abruzzo est en partie sous cette triple influence destructrice. Par ailleurs, la Nouvelle Lune du 25 mars 2009 dans le signe du Bélier, très conflictuelle, très marquée par Pluton, évoque tout autant des conflits, des émeutes, de la violence que malheureusement des catastrophes naturelles (cf. une précédente chronique ayant trait à l’entrée de Pluton dans le Capricorne parue en décembre 2008). Or, la lunaison ne fait que commencer puisque la prochaine Nouvelle Lune aura lieu seulement le 24 avril 2009, heureusement dans le signe plus placide du Taureau et en bon aspect de Pluton.

Enfin, L’Aquila se singularise sur une mode plus doux, encore qu’on lui attribuerait le malheur qui frappa Arachné. En voici la légende. Mais tout d’abord connaissez-vous la dentelle « a tombolo » ? C’est la spécialité, depuis toujours de L’Aquila.

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Est appelé « tombolo » la dentelle travaillée avec des fuseaux qui tire son nom du coussin cylindrique sur lequel on la travaille. Il y a peu de témoignages sur l’origine historique de cette production artisanale. On dit que ce serait des religieuses bénédictines de l’Abbaye de Cluny en France qui l’enseignèrent à des fillettes fréquentant le couvent au XVIe siècle car c’est de cette époque que remonte la diffusion de cette façon de faire de la dentelle, en particulier à L’Aquila. Outre le travail, les femmes de L’Aquila fournissaient le délicat fil de lin ou de soie qui, à l’époque, était utilisé. Le « tombolo » de l’Aquila est unique en Italie dans ce type de travail qui s’exécute entièrement avec les fuseaux, ce qui l’apparente à la dentelle de Bruges. La préciosité de l’ouvrage est due à la fois au travail lui-même et au fil utilisé. Il y a deux types d’ouvrage : le point antique et le nouveau point ou point commercial. Le point antique se travaille comme une toile, il a l’effet de tulle. Il permet de réaliser des figures : fleurs, volutes, papillons. Le nombre de fuseaux utilisés n’est pas prévisible au début de l’ouvrage. On continue d’en ajouter au fur et à mesure de l’avancement du travail. La symétrie et la géométrie des dessins caractérisent le nouveau point. Le nombre de fuseaux varie selon la complexité du travail, mais est défini au début de l’ouvrage.

« Quand la Reine Isabella vint à L’Aquila en 1493 pour visiter les reliques de San Bernardino, Les chroniqueurs de l’époque se souviennent que les chevaliers de la suite royale furent émerveillés par les fêtes somptueuses préparées par la ville, l’exubérante beauté des femmes de L’Aquila et l’exquise richesse des dentelles qu’elles portaient ». Orazio d’Angelo, aquilano (1904).

eventail-en-dentelle-de-laquila1On peut toujours commander un article à l’Atelier « Le Mani d’Oro » (Les Mains d’Or) à L’Aquila.

Des chercheurs passionnés ont voulu trouver les origines de la dentelle dans les antiques légendes de Rome comme celle d’Arachné (*) chantée par Ovide, ou dans les vestiges pré-chrétiens de Chine et du Japon. Quant aux guipures grecques, on voit remonter leurs origines aux temps du mythique Homère qui, dans l’Odyssée, décrit une ceinture de fils entrelacés.

Ce ne fut qu’au Moyen-âge que la dentelle fut différenciée en deux catégories bien distinctes : celle à l’aiguille et celle aux fuseaux, mais il existe aussi la dentelle « a tombolo ». Les Flandres et l’Italie s’en accordent la priorité, tout comme Venise, Milan, Gênes et L’Aquila.

Il est certain, en effet, qu’à la fin de 1371, le Royaume de Naples consentit à la commune de L’Aquila de discipliner tous les arts et métiers, dont l’artisanat de la dentelle, pour une meilleure aisance à s’affirmer et à se diffuser. Et on se souvient qu’en 1793, la Reine Isabella, épouse du Roi de Naples, en visite à L’Aquila, fut très admirative « de la beauté raffinée des dentelles dont étaient parées les femmes de L’Aquila ».

La caractéristique typiquement locale du tombolo réside dans le fil très fin, mais résistant et rigide, comme introuvable. Le fil, défini impalpable, fut considéré comme si précieux pour les Aquilini, qu’en 1557, ils en firent don au Vice-roi en visite dans l’Abruzzo. De la préciosité du fil dérive aussi celle de l’antique « tombolo aquilino » qui se distingue d’ailleurs de ceux des autres centres de la province comme Pecocostanzo, Gessoplane, Scanno et même des autres villes d’Italie ou même encore des cités étrangères. Il est sûr que le « tombolo aquilano » devait rejoindre un niveau de véritable oeuvre d’art puisque Marie-Antoinette, Reine de France, commanda à L’Aquila une pièce de dentelle, haute de 8 paumes, pour en faire don au Pape Pie VI le jour où il fut intronisé.

Mais qu’est-ce que le « tombolo aquilino » ? C’est une sorte de coussin cylindrique rempli de sciure qui supporte comme une toile d’araignée, fils de lin et épingles. Assises sur les marches des maisons dans des ruelles ombragées, quelques femmes semblent faire des tours de prestidigitateurs avec des dizaines de fuseaux légers sur ce tombolo. Tout doucement, de leurs mains sortent dentelles et trames d’une stupéfiante beauté : ce sont les dentelles et guipures réalisées au tombolo, destinées aux trousseaux des mariées, authentiques chefs-d’œuvre qui souvent demandent des mois de passion et de travail de « certisino »,  c’est-à-dire de « Chartreux » pour les Italiens, mais de « Bénédictin » pour nous. Cet art très ancien a longtemps souffert d’une certaine désaffection provoquée par l’agitation inutile de notre monde moderne ; cependant il est en train de soulever de nouveaux enthousiasmes. Réunies en coopérative, les dentelières travaillent beaucoup mais trouvent quand même le temps d’enseigner, généreusement, leurs patients secrets aux jeunes filles, mais aussi à quelques rares jeunes hommes.

arachne-et-athena(*) Quant à Arachné, c’était une jeune fille de Lydie, fille d’Idmon de Calaphon, ville réputée pour ses teintures pourpre. Elle excellait dans l’art du tissage. Elle en vint même à se vanter de l’emporter sur Athéna, fileuse accréditée de l’Olympe. La déesse releva le défi. Mais Arachné tissa une pièce d’étoffe où étaient figurées les amours des dieux olympiens avec une telle adresse qu’Athéna ne put rien y trouver à reprendre. Sa colère n’en fut pas moins vive. Elle déchira l’ouvrage de sa rivale, frappa cette dernière, tant et si bien que la malheureuse, remplie de terreur et mortifiée, se pendit à l’aide d’une corde. Athena la métamorphasa alors en araignée. Certains mythographes modernes ont émis l’hypothèse que cette légende se rapporterait à quelque rivalité entre le commerce des tissus athéniens et celui des articles textiles qui provenaient de Lydie… Concurrence commerciale qui nous occupe encore et nous occupera toujours…

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Une prochaine fois j’approfondirai ce mythe d’Arachné et tout ce qu’il symbolise.  En attendant, si votre route vous mène un jour à Rome, comme vous le savez tous les chemins y mènent, prenez le temps de quitter la ville éternelle par la via Tiburtina, qu’aujourd’hui l’autoroute A.24 longe, et allez vous perdre quelques jours dans l’Abruzzo, aller découvrir L’Aquila qu’on reconstruira, je l’espère, à l’identique… Vous en reviendrez conquis par la beauté de cette nature encore sauvage qui l’entoure, le charme des villes et villages nichés dans la montagne, la gentillesse de ses habitants, ainsi que sa rustique et savoureuse gastronomie, dont le risotto au safran ; sa fleur est une des grandes cultures de l’Abruzzo.   

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Et puis, à l’aller ou au retour, arrêtez-vous à Tivoli, pour la Villa d’Este et la Villa Adriana, ainsi qu’à Subiaco pour ses merveilleux monastères bénédictins. Enchantement garanti… Une très bonne adresse, charmante et romantique : Ristorante et B and B – BELVEDERE, via dei Monasteri, 33 – SUBIACO – www.belvederesubiaco.com – mais là on est de retour dans le Latium, aux portes de Rome.

Bibliographie :

Traité de la « Dentelle a Tombolo », artisanat noble », d’Angello Tozzi

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Collection Bouquins – Editions Robert Laffont/Jupiter.

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MARS : LA GUERRE ET LA PAIX

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 5.3 - Il était une fois les planètes, 5.3.5 - MARS) par sylvietribut le 10-03-2009

A l’origine, les mois de l’ancien calendrier romain portaient un nom qui indiquait leur rang au sein de l’année primitive. Le « premier », Primus, fut vite consacré à Mars, père supposé de Romulus et initialement dieu de l’Agriculture. Ce mois était très important dans la vie romaine car, sous le climat méditerranéen, il confirmait le renouveau de la végétation et ouvrait en même temps une nouvelle période de campagnes militaires.

C’est ainsi que Mars, le dieu protecteur de la « tribu » romaine, deviendra par la suite, avec l’évolution des moeurs et de l’histoire romaine, le dieu de la Guerre pour s’identifier finalement à Arès, le dieu « détestable » du Panthéon grec. Mais Mars, même à l’apogée de sa puissance militaire, est resté attaché à la terre par sa fusion avec Quirinus, dieu archaïque de la Nature. Par ailleurs, la coutume romaine interdisait les mariages pendant les premiers jours de mars.

 

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Silvanus le dieu pastoral de la mythologie romaine

 

A l’origine, Mars romain était étroitement lié au dieu pastoral Silvanus et, tout en occupant une place presque égale à celle de Jupiter, il était, d’une certaine façon, son concurrent. D’après les traditions, conçu par Junon, sans que celle-ci ait eu besoin de s’accoupler, Mars est le produit d’une parthénogénèse.

Après que Jupiter-Zeus eut conçu Athéna-Minerve dans sa tête sans avoir recours à Junon-Héra, celle-ci furieuse, sollicita l’aide de Flore, déesse de la Floraison qui, la touchant avec une herbe magique, la rendit enceinte de Mars : la nature agraire et florale du dieu est ainsi manifeste.

Le don le plus précieux que Mars ait fait aux Romains est certainement Romulus, le héros mythique fondateur de la tribu et de la ville de Rome. Suivant la légende, violemment épris de la chaste vestale Rhea Silvia, Mars la viola pendant qu’elle puisait de l’eau à une source, rencontre dont elle eut deux fils, Romulus et Remus. Enlevés à leur mère accusée de trahison et déchue de ses fonctions, les deux enfants furent élevés par une louve… et l’histoire recommence avec l’aide et l’appui d’un animal ambigu, représentant le mal ou le bien, le dynamisme, la violence et la sexualité. Si le mois de mars est bénéfique aux humains, le jour de Mars, mardi, est néfaste, comme l’astre maléfique qui le gouverne. D’ailleurs, le Moyen Age a fait du loup ou de la louve l’animal favori des sorciers et des sorcières.

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Romulus et Remus nourris par la louve – Musée du Capitole à Rome

Dans les traditions gréco-romaines, la planète Mars, symbole de l’énergie, de la volonté, de l’ardeur, de la tension et de l’agressivité, gouverne la vie et la mort. Cette planète préside à la renaissance printanière de la nature, en passant par le signe zodiacal du Bélier et, à sa mort en automne dans son second domicile, le signe du Scorpion.

Pour les paysans français les « mars » étaient les semailles de printemps ; le mois de mars était nommé, dans le Sud-Est européen, « phyteftis », « celui qui sème », « qui favorise les semailles », et les agriculteurs se le figuraient comme un jeune homme vigoureux et joyeux, particulièrement respecté. A cette date considérée comme un nouveau départ, en souvenir du calendrier ancien, les femmes avaient recours à la divination à l’aide de l’eau « silencieuse » qu’elles cherchaient à la fontaine tôt dans la matinée, sans adresser la parole à personne. Ensuite, elles entreprenaient un nettoyage à fond de la maison, qu’elles aspergeaient avec cette eau vive en prononçant des formules magiques afin d’assurer santé et bonheur à tous les membres de la famille.

Les mères fabriquaient la veille du 1er mars, à l’attention des enfants, des sortes d’anneaux et de bracelets en fils rouges et blancs entrelacés pour éviter qu’ils soient « brûlés par le soleil ». Les garçons les portaient jusqu’au jour de Pâques et les brûlaient avec leurs cierges pascals ; les filles les laissaient à la fin du mois de mars sur un rosier pour avoir pendant toute la bonne saison le teint rose comme les fleurs.

Comme à toutes les périodes critiques de l’année, les premiers jours de mars voyaient se répandre dans le monde les « drimes », êtres démoniaques, semblables à ceux des « douze jours » (°) d’hiver et pouvant nuire aux biens des gens, avec toutefois une prédilection pour les objets en bois et les tissages. 

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(°) cf. la chronique évoquant « Les Douze Jours » dans la chronique de décembre 2010 (Mythes, légendes et traditions).

Vous ne connaissez pas la position de Mars dans votre thème ? Consultez une astrologue. Elle vous expliquera où la planète se trouve, dans quel signe, dans quelle maison, les aspects qu’elle forme avec les autres planètes et ce que vous pouvez en attendre en positif comme en plus perturbant.

Bibliographie : Fêtes et croyances populaires en Europe d’Yvonne de Sike

 

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