FEVRIER ET LES ANNEES BISSEXTILES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 08-02-2012

Le plus souvent une année bissextile est considérée comme aussi néfaste et redoutable que l’année des treize lunes, dont la survenue est causée par un effet de contrepoint entre cycle des lunaisons et définition solaire de l’année. 

 

FEVRIER entre Verseau et Poissons – CALENDRIER DES BERGERS XVe siècle 

Déjà le mois de février à 28 jours, appelé « février le boiteux » dans les Balkans, constitue une anomalie calendaire et plusieurs versions de contes populaires expliquent comment février a perdu deux jours par rapport aux autres mois de l’année. Le plus souvent, c’est mars, le mois belliqueux, qui les lui a volés pour ainsi s’en augmenter ; la tradition ancienne voulait que les deux mois aient 29 jours chacun, mais mars a décidé de « s’agrandir » pour punir les humains qui le sous-estimaient sous prétexte qu’à partir de son vingt-neuvième jour ils croyaient avoir franchi l’étape difficile de l’année et se trouver déjà en période estivale.

En fait, février est un mois néfaste dès sa création : Fevruarius, du latin « februus », signifie « purification ». Ce mois de l’année romaine primitive, avec ses 28 jours, alors que les autres en comptaient 29 ou 31, car seuls les nombres impairs étaient fastes, jalonné de fêtes de purification, de rites de bénédiction, de célébrations publiques et privées d’expiation en l’honneur des morts et en faveur de la fécondité, révèle le désir des citoyens et de l’Etat d’en finir avec le temps écoulé et de marquer un nouveau départ. 

Les mois, indépendants des lunaisons, avaient alternativement 30 et 31 jours, et seul février se composait des 29 jours restants. Toutefois les Romains n’étaient pas mécontents de voir ainsi raccourci un mois dont le programme rituel était singulièrement chargé ; on obtenait ainsi une année de 365 jours pour une durée réelle de 365,25 jours. Le décalage était comblé en ajoutant un jour tous les quatre ans, inséré entre le vingt-quatrième et le vingt-cinquième jour du mois le plus court. Ce jour, le sixième avant les Calendes (°) de mars, dédoublait, d’une certaine façon, le sixième jour réel, d’où son nom : « bis sextus », à l’origine du mois et de l’année bissextile.

En 44 avant Jésus-Christ, le cinquième mois de l’année, Quintilis, fut dédié à Jules César pour honorer sa réforme calendaire et il est nommé depuis « Julius », d’où « juillet ». En l’an VIII avant J. C., le sénat romain remercia Auguste en lui attribuant l’ancien sixième mois : ainsi Sextilis devient Augustus, « août », et comme Auguste n’était en rien inférieur à César, il fallut ajouter à août un jour pour que les deux mois consécutifs aient 31 jours chacun. On retira ce jour à février qui se retrouva avec 28 jours, comme dans le calendrier primitif. Les festivités romaines de février éclairent certains aspects des fêtes chrétiennes de ce mois. 

Lorsque Jules César décida de réformer le calendrier, peut-être d’origine étrusque et fondé sur un calcul lunaire des mois, il convoqua un astronome grec d’Alexandrie, Sosigène, qui imposa l’année solaire : ce nouveau calendrier, dit « Julien » et qui prit effet en 45 avant J. C. est toujours le nôtre, légèrement modifié en 1582 par le Pape Grégoire XIII. 

 

Rome – Colonne de Trajan – La lustration

Début février, on célébrait avec grand faste la lustration des villes, « amburbium ». La lustration, rite de purification, consiste en une procession autour de la ville avec prières, sacrifices sanglants et libations. Avant les « suovetaurilia », sacrifice d’une truie, « sus », d’une brebis, « ovis », et d’un taureau, « taurus », les animaux étaient conduits en grande cérémonie autour de la ville, traçant ainsi eux-mêmes un cercle magique avant de transmettre, par leur immolation, dans l’espace ainsi délimité, les forces qui leur sont inhérentes.

L’ambivalence qui caractérise l’attitude des Romains envers les morts, jugés à la fois puissants et terrifiants mais aussi chétifs et faibles, s’exprime dans leurs rites funéraires qui visent aussi bien à les honorer qu’à les empêcher de persécuter les vivants et de nuire à la vie civile. Si le culte des morts est un souci constant des familles, l’Etat y veille aussi, et le calendrier religieux officiel comporte plusieurs fêtes en l’honneur des défunts. La plus importante, celle des « Parentalia » a lieu entre le 13 et le 21 février ; cette période entièrement consacrée aux morts était néfaste à la conclusion ou à la célébration de mariages. Les « Parentalia » débutaient avec un sacrifice offert par la grande vestale, incarnation de la vie de la cité et de l’ordre public. Pendant les neuf jours suivants, toutes les activités publiques et privées étaient interrompues. Le dernier jour, pour les « feralia », les familles apportaient sur les tombeaux de leurs parents des offrandes florales, généralement des violettes, plante de floraison précoce, et des épis de blé conservés à cet effet depuis les dernières moissons. 

Les Lupercales Romaines

Aux Ides (°) de février, le 15 du mois, avait lieu, en l’honneur du dieu-loup Faunus Lupercus, la fête des Lupercalia, organisée par la plus importante confrérie sacerdotale romaine, celle de Luperques. Ils couraient nus autour du Mont Palatin, chargés de symboles magiques, frappant au passage les femmes qu’ils rencontraient avec des lanières taillées dans la peau d’un bouc immolé dans la grotte du Lupercal, au sud-ouest du Palatin. Le but de ce rite était d’assurer la fécondité des Romaines, préoccupation constante de l’Etat, particulièrement depuis l’éclatement des frontières traditionnelles. 

 

Faunus – Petit-fils de Saturne

Faunus, « qui favet », était une divinité favorable, comme son nom l’indique, protectrice des bergers et des troupeaux, vite identifiée à Pan, mais son épithète « lupercus » et l’activité des luperques laissent supposer un fonds religieux beaucoup plus important. Après le sacrifice du bouc, on tachait de sang le front de deux jeunes gens en y posant le couteau sacrificiel, puis on effaçait ces traces avec un flocon de laine trempé dans du lait, à ce moment précis, des jeunes « ressuscités » devaient faire entendre un éclat de rire rituel. C’est seulement à la suite de cette cérémonie, qui comportait aussi le sacrifice d’un chien, que l’on chassait les femmes. La signification eschatologique des « Lupercalia » ne laisse pas de doute : les luperques figurent les morts, « êtres » sacrés de l’autre monde, aussi bien que ceux des esprits qui protègent les vivants contre la mort et contre les actions néfastes des trépassés. Dans cette cérémonie sont présents les trois éléments fondamentaux et indissociables de tous les rites : la mort, la purification et la fécondité. 

 

DAVID – Enlèvement des Sabines

La fécondité des mères était honorée par une autre fête qui suivait les « Lupercalia », fin février-début mars, très vraisemblablement le 1er mars : il s’agit des « Matronalia », célébrées par les matrones, c’est-à-dire les femmes mariées. Il semblerait que, pendant cette fête, les matrones avaient toute autorité sur la vie publique et privée. Suivant les traditions, cette célébration commémorait l’enlèvement des Sabines, quand ces nouvelles épouses romaines s’étaient interposées dans le combat entre Romains et Sabins. Ainsi, au moment où la végétation italienne s’éveille, on célèbre le renouveau avec des rites et des actes magiques qui ont trait à la victoire de la vie.

 

(°) Le terme « calendes » désignait en fait le premier jour du mois et devait correspondre à une Nouvelle Lune, le jour des annonces officielles. Le 15e jour des quatre mois longs de 31 jours, ou le 13e jour des autres mois étaient nommés « ides » et correspondaient à la Pleine Lune. En fait, l’expression « Renvoyer aux calendes grecques » signifie : remettre à une époque qui n’arrivera pas. En effet, les mois grecs n’avaient pas de calendes, c’était une spécificité des mois romains.

Bibliographie  

Fêtes et croyances populaires en Europe, Yvonne de Silke – Editions Bordas

 

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DANS LE BESTIAIRE DU CAPRICORNE… LA CHEVRE

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 15-01-2012

De la chèvre vorace au bouc émissaire

Le couple chèvre/bouc, hautement symbolique dans les traditions anciennes, semble s’être appauvri, ou c’est chargé de connotations neutres ou négatives avec le temps, surtout sous l’impact du christianisme.  

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On ne la connaît maintenant guère que par son agilité, son goût de la liberté, d’une liberté primesautière, qui fait que le nom de chèvre « capris » a été donné au « caprice », et on a occulté son ancien symbolisme qui persiste encore dans les traditions populaires. Dans une grande partie de l’Europe centrale et orientale en effet, la Chèvre est le déguisement zoomorphe le plus significatif dans le cycle des fêtes d’hiver. Maigres, lugubres, munies d’une longue tête en bois, les Schnabelgeissen « les chèvres au long bec », envahissent les rues des villages de Suisse centrale, à Ottenbach, dans les nuits qui précèdent Noël. Avec les claquements sinistres de leur gueule, et les hurlements qu’elles produisent, elles sont la terreur des âmes sensibles ou protectrices des hommes pendant ces nuits propres à la magie et aux mystères du solstice.

Cette tradition, qui a repris vie à partir des années cinquante, donne lieu actuellement à un événement qui dure tout le mois de décembre. Les chèvres sont embellies, et les cortèges se produisent désormais devant les auberges ou dans les maisons privées, avec des mimiques et des farces qui expriment peut-être une adaptation moderne, conforme aux besoins et aux mœurs de la société actuelle, d’une célébration ancienne.

La « Koza », la Chèvre, des différentes traditions slaves, est le personnage principal des déguisements rituels des sviatki, les douze « jours bénis ». C’est la chèvre qui mène les cortèges des chanteurs annonçant la bonne nouvelle de Noël, ou l’arrivée du Nouvel an. C’est toujours le plus agile, le plus futé, qui fait la Chèvre, revêtu de peaux de moutons retournées, de housses en drap blanc, le visage dissimulé par un masque découpé dans une peau de chèvre, ou sculpté en bois et muni d’une mâchoire intérieure mobile.

Loin d’être un pur amusement de la jeunesse, la Chèvre et son cortège manifestent la continuité, peut-être inconsciente, de conceptions archaïques. Dans la tradition lointaine de l’Inde, la chèvre, dont le nom signifie également « non-née », est le symbole de la substance primordiale non manifestée. Elle est la Mère du monde.

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Amalthée – Musée du Louvre

Dans la mythologie grecque ancienne, Zeus/Jupiter, le futur Père des hommes, tétait le lait de la chèvre Amalthée, qui fut par la suite transformée en déesse nourricière, en fille du Soleil, étoile de la constellation du Cocher, annonçant l’orage et la pluie. L’idée d’associer la chèvre à la manifestation du dieu est très ancienne. D’après Diodore de Sicile, des chèvres auraient guidé l’attention des hommes de Delphes vers le lieu où des fumées sortaient des entrailles de la terre. Prises de vertiges, elles dansaient. Intrigués par ces danses, des hommes comprirent le sens des vapeurs émanant de la terre : il leur fallait interpréter cette théophanie ; ils instituèrent un oracle.

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Constellation du Cocher

Enfin, chez les Grecs, la chèvre symbolise l’éclair et l’étoile de la Chèvre, dans la constellation du Cocher, annonce l’orage et la pluie. Alors que certaines peuplades de Chine mettent la chèvre en rapport avec le dieu de la foudre : la tête de la chèvre sacrifiée lui sert d’enclume. La même relation entre la foudre et la chèvre est attestée au Tibet. Elle figure en somme un instrument de l’activité céleste au bénéfice de la terre, et même plus précisément de l’agriculture et de l’élevage. Nous sommes bien dans le monde de Saturne. Notez aussi l’importance de Jupiter dans la symbolique du Capricorne. Voilà qui est tout à fait logique puisque le Capricorne est le lieu de chute de Jupiter.

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Jupiter en chute en Capricorne – Miniature in Liber Astrologiae XIIIe siècle – Palazzo di Sichelgaïta

Dans la Bible, Yahvé s’était manifesté à Moïse au mont Sinaï au milieu des éclairs et du tonnerre. En souvenir de cette manifestation, la couverture couvrant le tabernacle était composée de poils de chèvre : la foudre, c’est Jupiter, mais la chèvre c’est le Capricorne…

Un vêtement, nommé « cilicium », tissé de poils de chèvre, était porté par certains Romains, et par des Syriens, au moment de la prière, pour symboliser leur union avec la divinité. Chez les Chrétiens, le port ascétique du cilice prend le même sens, avec une intention de mortifier la chair par pénitence et de libérer ainsi l’âme vivifiée qui veut se donner pleinement à son Dieu. Ce qui n’est pas sans évoquer la robe de bure des moines.

Notons à ce propos que le mot « soufi » viendrait, selon la tradition la plus admise en Orient, de « souf », terme sous lequel on désigne le feutre de poil de chèvre dont était rituellement faite la robe des derviches de certaines confréries mystiques musulmanes particulièrement sévères dans leurs règlements intérieurs.

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Dionysos

Les Orphiques comparent l’âme initiée à un chevreau tombé dans le lait, c’est-à-dire vivant de la nourriture des néophytes, pour accéder à l’immortalité d’une vie divine. Dans les orgies dionysiaques, la peau des chevreaux égorgés revêtait les Bacchantes. Le chevreau désigne parfois Dionysos en transe mystique.

Dans la mythologie germanique, la chèvre Heidrun paît dans le feuillage du frêne sacré et son lait sert de nourriture providentielle aux guerriers du dieu Odin.

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La chèvre Heidrun – Manuscrit islandais du XVIIIe siècle

Dans le climat aride de la Méditerranée orientale, la chèvre, grande consommatrice de jeunes pousses, friande de verdure fraîche, est considérée comme la personnification même de la voracité, tandis que, dans le climat plus humide et tempéré des plaines russes et ukrainiennes, elle est un signe qui annonce, accélère et multiplie la production céréalière comme en témoigne un couplet chanté par la suite de la Chèvre :

Là où passe la Chèvre, pousse le blé.

A chaque coup de sa queue, voilà une gerbe toute prête,

A chaque coup de son pied, se dresse une fière moyette,

Chaque coup de ses cornes, c’est déjà une meule de faite,

Tantôt de ce côté-ci, tantôt de ce côté-là.

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Bouc

Le bouc, symbole de la puissance génésique, de la fécondité et de la force vitale, est l’animal indissociable des pulsions sexuelles, à la libido insatiable, en langage psy. Pourtant, le bouc est à l’origine de la tragédie et du théâtre, si l’on songe au mot « « tragos » qui signifie « bouc » en grec. C’est dans le contexte dionysiaque que les divinités mineures de la nature et de la fertilité : Silène, Pan, les Satyres, mi-boucs, mi-humains, sont passés des mimes, des gesticulations et des libertinages sexuels, propres aux cérémonies hivernales de la fécondité, aux compétitions et aux présentations théâtres d’une société en plein éveil culturel et spirituel : il s’agit de la société athénienne du Ve siècle avant Jésus-Christ qui a transformé le bouc fécondateur de terres en acteur de la fécondité de l’esprit.

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Pan et sa flûte

En frappant la sexualité de toute sorte d’interdits, on a attribué au bouc l’image même de la luxure : le bouc lascif, libidineux, de la tradition romaine, comme si la libido s’identifiait à la violence de la puissance sexuelle, aux débordements moraux. Dans cette perspective, achevée dans les traditions des sociétés médiévales, le bouc est l’animal puant, symbole d’abomination, signe de malédiction, personnification des démons dangereux, du Diable lui-même. C’est l’image qui déshonore son grand âge par des copulations effrénées. Le bouc, comme le balai, sert de monture aux sorcières dans leurs errances et il est présent lors des sabbats.

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La Befana italienne, sorcière à cheval sur son balai – Girouette

C’est le Satan à la tête de bouc des traditions chrétiennes qui remplace l’image positive de l’animal fécondateur des traditions anciennes. Pourtant, l’ampleur des tabous sexuels prévalant en Europe à la suite du Moyen Age n’a pas pu éliminer complètement les qualités positives du bouc, conservées dans plusieurs traditions populaires. Dans plusieurs villages du Sud-est européen, un bouc en pleine force est considéré comme protecteur se chargeant de tous les malheurs qui menacent la société. C’est un animal que l’on soigne, que l’on salue avec beaucoup de circonspection. Il n’est pas seulement le bouc fécondateur des chèvres mais aussi l’animal qui intercepte et canalise le mal hors des frontières de la commune. Dans cette perspective, l’utilisation largement répandue de peau et de cornes de caprins, pour la fabrication de masques et de costumes pendant les déguisements d’hivers et plus tard pour le carnaval, prend une toute autre perspective. Elle se rapproche de l‘usage du poil de chèvre, commun dans les traditions anciennes, pour la fabrication de vêtements rituels, qui protégeaient l’officiant contre le pouvoir surnaturel des théophanies, les « apparitions du dieu ».

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Masque satyrique de Silène

Dans les pratiques religieuses de plusieurs cultures, le bouc est, avec le Taureau, un animal par excellence sacrificiel. Mais la particularité du bouc est de servir aussi d’animal expiatoire des fautes, des impuretés, des péchés humains selon la loi de Moïse. Le bouc émissaire devient ainsi l’animal par excellence bénéfique à l’homme. Suivant le récit de la Bible, lors de la fête de l’Expiation, le grand prêtre recevait, en plus d’un bœuf, deux boucs. L’un, selon un tirage au sort, était immolé en l’honneur de Dieu ; les aspersions faites avec le sang des animaux assuraient la purification. L’autre, chargé symboliquement du poids des fautes du peuple, conduit dans le désert, retrouvait sa liberté. Ainsi se referme la bouche symbolique qui fait du couple chèvre/bouc des animaux bienfaiteurs de l’homme, et qui « chassent au loin les ténèbres », selon la tradition védique.

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Bibliographie :

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas                            

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

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