DANS LE BESTIAIRE DU CAPRICORNE… LA CHEVRE

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 15-01-2012

De la chèvre vorace au bouc émissaire

Le couple chèvre/bouc, hautement symbolique dans les traditions anciennes, semble s’être appauvri, ou c’est chargé de connotations neutres ou négatives avec le temps, surtout sous l’impact du christianisme.  

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On ne la connaît maintenant guère que par son agilité, son goût de la liberté, d’une liberté primesautière, qui fait que le nom de chèvre « capris » a été donné au « caprice », et on a occulté son ancien symbolisme qui persiste encore dans les traditions populaires. Dans une grande partie de l’Europe centrale et orientale en effet, la Chèvre est le déguisement zoomorphe le plus significatif dans le cycle des fêtes d’hiver. Maigres, lugubres, munies d’une longue tête en bois, les Schnabelgeissen « les chèvres au long bec », envahissent les rues des villages de Suisse centrale, à Ottenbach, dans les nuits qui précèdent Noël. Avec les claquements sinistres de leur gueule, et les hurlements qu’elles produisent, elles sont la terreur des âmes sensibles ou protectrices des hommes pendant ces nuits propres à la magie et aux mystères du solstice.

Cette tradition, qui a repris vie à partir des années cinquante, donne lieu actuellement à un événement qui dure tout le mois de décembre. Les chèvres sont embellies, et les cortèges se produisent désormais devant les auberges ou dans les maisons privées, avec des mimiques et des farces qui expriment peut-être une adaptation moderne, conforme aux besoins et aux mœurs de la société actuelle, d’une célébration ancienne.

La « Koza », la Chèvre, des différentes traditions slaves, est le personnage principal des déguisements rituels des sviatki, les douze « jours bénis ». C’est la chèvre qui mène les cortèges des chanteurs annonçant la bonne nouvelle de Noël, ou l’arrivée du Nouvel an. C’est toujours le plus agile, le plus futé, qui fait la Chèvre, revêtu de peaux de moutons retournées, de housses en drap blanc, le visage dissimulé par un masque découpé dans une peau de chèvre, ou sculpté en bois et muni d’une mâchoire intérieure mobile.

Loin d’être un pur amusement de la jeunesse, la Chèvre et son cortège manifestent la continuité, peut-être inconsciente, de conceptions archaïques. Dans la tradition lointaine de l’Inde, la chèvre, dont le nom signifie également « non-née », est le symbole de la substance primordiale non manifestée. Elle est la Mère du monde.

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Amalthée – Musée du Louvre

Dans la mythologie grecque ancienne, Zeus/Jupiter, le futur Père des hommes, tétait le lait de la chèvre Amalthée, qui fut par la suite transformée en déesse nourricière, en fille du Soleil, étoile de la constellation du Cocher, annonçant l’orage et la pluie. L’idée d’associer la chèvre à la manifestation du dieu est très ancienne. D’après Diodore de Sicile, des chèvres auraient guidé l’attention des hommes de Delphes vers le lieu où des fumées sortaient des entrailles de la terre. Prises de vertiges, elles dansaient. Intrigués par ces danses, des hommes comprirent le sens des vapeurs émanant de la terre : il leur fallait interpréter cette théophanie ; ils instituèrent un oracle.

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Constellation du Cocher

Enfin, chez les Grecs, la chèvre symbolise l’éclair et l’étoile de la Chèvre, dans la constellation du Cocher, annonce l’orage et la pluie. Alors que certaines peuplades de Chine mettent la chèvre en rapport avec le dieu de la foudre : la tête de la chèvre sacrifiée lui sert d’enclume. La même relation entre la foudre et la chèvre est attestée au Tibet. Elle figure en somme un instrument de l’activité céleste au bénéfice de la terre, et même plus précisément de l’agriculture et de l’élevage. Nous sommes bien dans le monde de Saturne. Notez aussi l’importance de Jupiter dans la symbolique du Capricorne. Voilà qui est tout à fait logique puisque le Capricorne est le lieu de chute de Jupiter.

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Jupiter en chute en Capricorne – Miniature in Liber Astrologiae XIIIe siècle – Palazzo di Sichelgaïta

Dans la Bible, Yahvé s’était manifesté à Moïse au mont Sinaï au milieu des éclairs et du tonnerre. En souvenir de cette manifestation, la couverture couvrant le tabernacle était composée de poils de chèvre : la foudre, c’est Jupiter, mais la chèvre c’est le Capricorne…

Un vêtement, nommé « cilicium », tissé de poils de chèvre, était porté par certains Romains, et par des Syriens, au moment de la prière, pour symboliser leur union avec la divinité. Chez les Chrétiens, le port ascétique du cilice prend le même sens, avec une intention de mortifier la chair par pénitence et de libérer ainsi l’âme vivifiée qui veut se donner pleinement à son Dieu. Ce qui n’est pas sans évoquer la robe de bure des moines.

Notons à ce propos que le mot « soufi » viendrait, selon la tradition la plus admise en Orient, de « souf », terme sous lequel on désigne le feutre de poil de chèvre dont était rituellement faite la robe des derviches de certaines confréries mystiques musulmanes particulièrement sévères dans leurs règlements intérieurs.

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Dionysos

Les Orphiques comparent l’âme initiée à un chevreau tombé dans le lait, c’est-à-dire vivant de la nourriture des néophytes, pour accéder à l’immortalité d’une vie divine. Dans les orgies dionysiaques, la peau des chevreaux égorgés revêtait les Bacchantes. Le chevreau désigne parfois Dionysos en transe mystique.

Dans la mythologie germanique, la chèvre Heidrun paît dans le feuillage du frêne sacré et son lait sert de nourriture providentielle aux guerriers du dieu Odin.

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La chèvre Heidrun – Manuscrit islandais du XVIIIe siècle

Dans le climat aride de la Méditerranée orientale, la chèvre, grande consommatrice de jeunes pousses, friande de verdure fraîche, est considérée comme la personnification même de la voracité, tandis que, dans le climat plus humide et tempéré des plaines russes et ukrainiennes, elle est un signe qui annonce, accélère et multiplie la production céréalière comme en témoigne un couplet chanté par la suite de la Chèvre :

Là où passe la Chèvre, pousse le blé.

A chaque coup de sa queue, voilà une gerbe toute prête,

A chaque coup de son pied, se dresse une fière moyette,

Chaque coup de ses cornes, c’est déjà une meule de faite,

Tantôt de ce côté-ci, tantôt de ce côté-là.

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Bouc

Le bouc, symbole de la puissance génésique, de la fécondité et de la force vitale, est l’animal indissociable des pulsions sexuelles, à la libido insatiable, en langage psy. Pourtant, le bouc est à l’origine de la tragédie et du théâtre, si l’on songe au mot « « tragos » qui signifie « bouc » en grec. C’est dans le contexte dionysiaque que les divinités mineures de la nature et de la fertilité : Silène, Pan, les Satyres, mi-boucs, mi-humains, sont passés des mimes, des gesticulations et des libertinages sexuels, propres aux cérémonies hivernales de la fécondité, aux compétitions et aux présentations théâtres d’une société en plein éveil culturel et spirituel : il s’agit de la société athénienne du Ve siècle avant Jésus-Christ qui a transformé le bouc fécondateur de terres en acteur de la fécondité de l’esprit.

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Pan et sa flûte

En frappant la sexualité de toute sorte d’interdits, on a attribué au bouc l’image même de la luxure : le bouc lascif, libidineux, de la tradition romaine, comme si la libido s’identifiait à la violence de la puissance sexuelle, aux débordements moraux. Dans cette perspective, achevée dans les traditions des sociétés médiévales, le bouc est l’animal puant, symbole d’abomination, signe de malédiction, personnification des démons dangereux, du Diable lui-même. C’est l’image qui déshonore son grand âge par des copulations effrénées. Le bouc, comme le balai, sert de monture aux sorcières dans leurs errances et il est présent lors des sabbats.

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La Befana italienne, sorcière à cheval sur son balai – Girouette

C’est le Satan à la tête de bouc des traditions chrétiennes qui remplace l’image positive de l’animal fécondateur des traditions anciennes. Pourtant, l’ampleur des tabous sexuels prévalant en Europe à la suite du Moyen Age n’a pas pu éliminer complètement les qualités positives du bouc, conservées dans plusieurs traditions populaires. Dans plusieurs villages du Sud-est européen, un bouc en pleine force est considéré comme protecteur se chargeant de tous les malheurs qui menacent la société. C’est un animal que l’on soigne, que l’on salue avec beaucoup de circonspection. Il n’est pas seulement le bouc fécondateur des chèvres mais aussi l’animal qui intercepte et canalise le mal hors des frontières de la commune. Dans cette perspective, l’utilisation largement répandue de peau et de cornes de caprins, pour la fabrication de masques et de costumes pendant les déguisements d’hivers et plus tard pour le carnaval, prend une toute autre perspective. Elle se rapproche de l‘usage du poil de chèvre, commun dans les traditions anciennes, pour la fabrication de vêtements rituels, qui protégeaient l’officiant contre le pouvoir surnaturel des théophanies, les « apparitions du dieu ».

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Masque satyrique de Silène

Dans les pratiques religieuses de plusieurs cultures, le bouc est, avec le Taureau, un animal par excellence sacrificiel. Mais la particularité du bouc est de servir aussi d’animal expiatoire des fautes, des impuretés, des péchés humains selon la loi de Moïse. Le bouc émissaire devient ainsi l’animal par excellence bénéfique à l’homme. Suivant le récit de la Bible, lors de la fête de l’Expiation, le grand prêtre recevait, en plus d’un bœuf, deux boucs. L’un, selon un tirage au sort, était immolé en l’honneur de Dieu ; les aspersions faites avec le sang des animaux assuraient la purification. L’autre, chargé symboliquement du poids des fautes du peuple, conduit dans le désert, retrouvait sa liberté. Ainsi se referme la bouche symbolique qui fait du couple chèvre/bouc des animaux bienfaiteurs de l’homme, et qui « chassent au loin les ténèbres », selon la tradition védique.

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Bibliographie :

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas                            

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

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LE SAGITTAIRE ET JUPITER ENTRE ASTRONOMIE, ASTROLOGIE ET MYTHOLOGIE

(5.3.6 - JUPITER) par sylvietribut le 29-11-2011

A propos de Jupiter

Jupiter est la plus grosse des planètes du système solaire ; son diamètre représente 11 fois celui de la Terre, et sa masse plus de 300 fois cette de notre planète ; les maelströms d’hydrogène, d’hélium et de méthane qui parcourent l’atmosphère jovienne sont gouvernés par le rayonnement issu de la planète elle-même. Le demi-grand axe de son orbite est de 778 millions de kilomètres, et elle est donc à peine touchée par la lumière et la chaleur du Soleil, ce qui signifie que la vie telle que nous la connaissons y est impossible.

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Jupiter et ses petites lunes

En raison de sa taille, Jupiter a été assimilée au roi des dieux, et cette identification peut se trouver renforcée par le fait qu’elle possède 16 satellites, dont quatre furent découverts par Galilée en 1610, et peuvent être observés avec de simples jumelles.

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Galilée

La révolution sidérale de Jupiter dure sensiblement 11 ans et 315 jours. Du fait de son cycle qui dure presque 12 ans, Jupiter met un an pour traverser chaque signe du zodiaque, alors que le Soleil met un mois pour faire le même parcours. Ce phénomène a conduit les premiers astrologues chinois à dénommer Jupiter « l’étoile annuelle ». En Chine, on considérait que la planète apportait la puissance et le pouvoir à chacun des groupes d’étoiles par lesquels elle passait et, dans l’astrologie occidentale, on a pensé qu’elle élaborait les lois divines et qu’elle les adaptait au monde des hommes. Dans l’iconographie chinoise traditionnelle, Jupiter est représentée sous les traits de l’autorité locale, c’est-à-dire du représentant du pouvoir impérial dans chaque ville. Ce cycle de 12 ans est en étroite relation avec les 12 branches du système sexagésimal (établi sur une base de 60) de l’ancien calendrier chinois ; dans un texte datant du IVe siècle avant Jésus-Christ, le Chi Ni Tzu, on trouve déjà des observations relatives à ce système : « Si nous nous conformons à la sagesse et à la raison, et aidés par le Tao, nous mettrons de côté des provisions quand elles seront abondantes, pour les périodes de disette… Nous construirons des chariots pendant les inondations, et des bateaux pendant les moments de sécheresse. Une récolte exceptionnelle survient tous les six ans, et une famine tous les douze ans. C’est pourquoi le sage, averti des cycles de la nature, se prépare pour les adversités futures ».

En Mésopotamie, Jupiter était la planète de Mardouk, divinité tutélaire de Babylone. Il semble que celui-ci ait d’abord été un dieu agricole associé au pouvoir fertilisant de l’eau. On retrouvera plus tard cette idée chez les Romains qui honoraient le dieu Jupiter sous le nom de Jupiter Pluvius, dont les bienfaits étaient évidemment très importants pour un peuple d’agriculteurs.  

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Mardouk

Le mythe mésopotamien de la création du monde, qui date sans doute du IIe millénaire avant Jésus-Christ, donne une image précise de Mardouk et de son statut. Les quatre premières générations de dieux naquirent du couple primitif, le dieu Apsou et la déesse Tiamat ; cependant, cette progéniture se révéla tellement bruyante et exaspérante qu’Apsou voulut la tuer pour retourner à son sommeil. Ea, qui faisait partie de la nichée, eut connaissance de cette tentative et tua Apsou. Du coup, Tiamat voulant se venger, leva une armée de monstres hideux. Les dieux étaient en passe d’être battus, mais Mardouk, fils d’Ea, appelé à la rescousse par son père, accepta de combattre ces terribles adversaires. Il y mit toutefois une condition, les dieux devaient reconnaître son autorité suprême : « Ce sont mes paroles et non les vôtres qui fixeront le destin. Ce que je créerai ne devra jamais être altéré. Les décrets qui sortent de ma bouche ne seront jamais abrogés, jamais modifiés ! ». Les dieux, avant d’accepter, demandèrent à Mardouk de leur donner une preuve de sa puissance. Ils désignèrent une constellation et demandèrent à Mardouk de la détruire, puis de la recréer : « Il prononça quelques mots, et la constellation disparut. Il parla encore, et la constellation réapparut ». Convaincus, les dieux se réjouirent et le désignèrent comme roi. Depuis ce jour, Mardouk est aussi appelé le « Berger des étoiles ». Il captura les monstres de Tiamat, puis assassina la déesse mère elle-même. Il coupa son cadavre en deux moitiés, « comme on le fait d’un poisson qu’on veut faire sécher » ; il en fit le ciel et la Terre, et avec son crachat il créa les nuages, le vent et la pluie.  

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Tiamat sous la forme d’un serpent gigantesque

Une des premières décisions de Mardouk, devenu l’architecte de l’Univers, fut d’attribuer trois régions aux dieux An, Enlil, et à Ea, son père, qui constituent la Grande Trinité. Les planisphères et les textes sacrés qui nous sont parvenus montrent que les Babyloniens divisaient les cieux en trois routes : celle d’An correspondait à la ceinture équatoriale, celle d’Ea à la route extérieure passant au sud de l’équateur, et celle d’Enlil à la route intérieur des étoiles circumpolaires boréales. Placées le long de chaque route, douze étoiles représentaient les mois de l’année, et chaque mois correspondait au lever héliaque d’une étoile. A Sumer, Enlil était à l’origine une divinité du Ciel, mais il faut ensuite souvent confondu avec Mardouk lui-même. Ensemble, ces trois dieux forment un modèle cosmologique complet.

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Zeus grec/Jupiter romain

Comme nous appelons toutes les planètes du système solaire par leurs noms latins, nous donnons à la plus grosse d’entre elles le nom de Jupiter, qui correspond au dieu grec Zeus, le maître des douze dieux de l’Olympe. Les mythes les plus anciens relatifs à Zeus ont beaucoup de traits communs avec les récits mésopotamiens qui concernent Mardouk ; plus tard, dans la philosophie grecque, Zeus deviendra le symbole de la loi divine. Cette promotion découle logiquement du fait que Zeus, dans la mythologie, imposa sa loi aux autres dieux, et qu’il est le père non contesté des habitants de l’Olympe. Les dieux ont à peu près le même statut que les différentes personnalités qui composent une famille royale ; ils ne forment une famille que grâce à la présence de Zeus, qui règne sur le Panthéon et détient le pouvoir suprême ; mais il deviendra aussi la divinité tutélaire du genre humain, celui à qui s’adressent, en fin de compte, toutes les prières.

Dieu suprême des Romains, il apparaît comme la divinité du ciel, de la lumière diurne, du temps qu’il fait et aussi de la foudre et du tonnerre, ainsi que le pouvoir souverain, le président du conseil des dieux, celui de qui émane toute autorité. Jupiter symbolise aussi l’ordre autoritaire, qui est imposé de l’extérieur. Sûr de son bon droit et de son pouvoir de décision, il ne recherche ni le dialogue, ni la persuasion : il tonne.

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Taranis le Jupiter celtique

Le Jupiter celtique porte en Gaule le nom de Taranis « le Tonnant » et la divinité est le plus souvent représentée dans l’iconographie avec la roue comme principal attribut. Mais cette roue n’est pas le symbole de la foudre comme la plupart des érudits modernes l’ont cru : elle est la roue cosmique que l’on trouve en Irlande dans la roue du druide irlandais Mog Ruith « serviteur de la roue ». Le principal aspect irlandais du Jupiter celtique est cependant le Dagda « dieu bon », possesseur de deux talismans royaux, le chaudron d’abondance et la résurrection, archétype préchrétien du Graal, et la massue, qui tue par un bout et ressuscite par l’autre. C’est elle qui correspond au fulmen de Jupiter et au vajra d’Indra. D’autres aspects de Jupiter sont : en Gaule Sucellus « le bon frappeur », le dieu au maillet ; et en Irlande : Manannan, maître de l’Autre Monde. Le Dagda est le père de Brigite (Minerve), elle-même mère de tous les dieux. Il est aussi le père d’Oengus, Apollon dans son aspect de jeunesse, par adultère avec sa seour qui est la femme de son frère Elcmar « sombre mauvais », dieu de la nuit. Il est encore l’un des principaux combattants de la bataille cosmique de Mag Tured contre les Fomoire. Avec son frère Ogme, dont Elcmar est sans doute un autre nom, il est un des deux aspects de la dualité souveraine représentée en Inde par Mitra-Varuna. Le Dagda est Mitra, dieu de l’amitié, du contrat, et aussi de la ruse juridique. La conception celtique insiste cependant plus sur son aspect de maître de manifestation que sur son aspect souverain de dieu du ciel. C’est le dieu-druide par excellence, celui dont se réclame la classe sacerdotale. Les filid dépendent cependant d’Ogmios).

L’astrologie s’est toujours largement inspirée de la symbolique mythologique des dieux planétaires pour l’appliquer aux planètes elles-mêmes, mais en l’adaptant à ses propres besoins. Cela apparaît clairement dans l’interprétation de Jupiter. Dans l’astrologie occidentale traditionnelle, Jupiter est une des planètes d’un groupe d’astres équivalents, bien qu’elle n’ait jamais perdu son caractère dominant ; elle représente la « suprême » bénéfique, un principe d’épanouissement et de progrès. Cette planète est généralement considérée comme favorable, exubérante et tolérante, fière et autoritaire, des caractéristiques qui rappellent celles du dieu de la mythologie romaine. Jupiter nous rapproche de la religion et de la philosophie ; c’est un bon conseiller et un bon professeur, et son nom indien, Guru, souligne ce rôle.  

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Jupiter la plus grosse des planètes

Par sa taille et sa position, la planète qui porte le nom de Jupiter occupe la place centrale parmi les astres qui tourbillonnent autour du Soleil. Elle est précédée par Mercure, Vénus, la Terre, Mars et les astéroïdes, et est suivie par le même nombre de corps célestes : Saturne, Uranus, Neptune et Pluton et les planètes trans-plutoniennes, dont la première est déjà nommée, par certains, Minos. En analogie avec cette place de choix, Jupiter incarne en astrologie le principe d’équilibre, d’autorité, d’ordre, de stabilité dans le progrès, d’abondance, de préservation de la hiérarchie établie. C’est la planète de la légalité sociale, de la richesse, de l’optimisme et de la confiance. Les Anciens l’ont gratifiée du nom de « grand bénéfique ». Elle gouverne dans le Zodiaque le Sagittaire, signe de justice, et les Poissons, signe de la philanthropie. La médecine et la jurisprudence sont ses professions privilégiées. Dans l’organisme humain, elle veille au fonctionnement de la circulation du sang et du foie.

La plus volumineuse de nos planètes, qui tourne sur son axe vertical avec majesté, emportant dans sa course le cortège de ses nombreux satellites, est à elle seule un spectacle pour le contemplateur de la voûte étoilée. Elle impose tout comme Zeus, le maître de l’Olympe, et n’a pas eu de mal à emporter l’adhésion des astrologues. Si Zeus eut les faveurs nourricières de la chèvre Amalthée et a comme attribut la corne d’abondance, s’il est le souverain ordonnateur et régulateur des biens pour chacun des humains. Jupiter s’incarne à l’heure crépusculaire, où le bébé s’abreuve du lait maternel et fait l’apprentissage de l’épanouissement de ses instincts. Aussi la condition jupitérienne de l’être humain s’inscrit-elle le long d’une série continue qui accumule les acquisitions, avantages, profits, bénéfices et bienfaits divers destinés à satisfaire son appétit de consommateur, son instinct de propriétaire, son installation terrestre, qu’il s’agisse d’avoir ou d’être quelqu’un. Ce sketch à répétition de l’enrichissement vital, inséparable de l’état de gourmandise, de confiance, de générosité, d’optimisme, d’altruisme, de paix et de bonheur, contribue à nourrir la santé et à mûrir l’évolution des êtres, faits pour une société plus heureuse sous le régime et les lois des principes moraux, et où chacun peut plus librement accéder à la plénitude de ses moyens ainsi qu’à la maîtrise de sa puissance.

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A propos du Sagittaire

S’étendant largement au sud de l’équateur, le Sagittaire n’est pas une constellation très importante pour un observateur situé dans l’hémisphère boréal ; à une latitude moyenne, elle apparaît tout juste au-dessus de l’horizon, dans le ciel d’été, de juin à août, et on ne la voit jamais complètement. Cependant, dans l’hémisphère austral, à la même époque, elle est très visible, haut dans le ciel.

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Constellation du Sagittaire

Neuvième constellation du zodiaque, elle est représentée sous la forme d’un centaure, mi-homme, mi-cheval. Celui-ci est armé d’un arc et d’une flèche, qui constituent la partie occidentale de la silhouette, et qui se trouve sur la Voie lactée qui, dans cette zone, a l’aspect d’une large bande. La courbe de l’arc est figurée par trois étoiles : Kaus Borealis, Kaus Medius et Kaus Australis, la plus brillante, qui correspondent respectivement aux parties nord, central et sud de l’arc : lambda, delta et epsilon Sagittarii. La main de l’archer, qui tire la flèche, est l’étoile Nunki, de magnitude 2 (sigma Sagitarii). La flèche part de Kaus Medius et arrive à Al Nasl (gamma Sagitarii), qui en est la pointe : elle nous donne une orientation utile puisque l’archer semble viser Antarès du Scorpion, située à environ 20° à l’ouest de la limite de la Voie lactée, et légèrement au-dessus de la ligne de tir. Mais l’archer cherche peut-être une cible encore plus grande, un autre nuage d’étoiles formé dans la Voie lactée, le centre de notre galaxie. 

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La Voie lactée

La représentation du Sagittaire sous la forme d’un centaure a évidemment donné lieu à quelques confusions avec la constellation australe du Centaure. Cependant, il s’agit de deux personnages mythologiques bien distincts. Contrairement au Centaure austral, fort pacifique, le Sagittaire est farouche et guerrier. Dans la mythologie mésopotamienne, il est apparu sous la forme de l’archer Nergal, qui dominait Mars, la planète guerrière.

En revanche, la mythologie grecque a assimilé le Sagittaire au centaure Chiron, sage et savant. Cette identification vient d’un mythe qui concerne Artémis, déesse de la Chasse. On dit qu’Artémis fut à l’origine de la mort d’Orion, parce qu’elle envoya un scorpion le piquer au talon. Pour le venger, Chiron tua le scorpion d’une flèche, et dans le ciel le Centaure vise toujours le cœur du Scorpion, Antarès. Cette histoire tend à se confondre avec celle d’Asclépios, la constellation d’Ophiucus qui écrasa le scorpion ; il faut se rappeler que, comme Asclépios, Chiron avaient le pouvoir de guérir.

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Chiron le Centaure blessé

Dans la tradition des Upanishad, le Sagittaire, qui est l’homme tendant à s’identifier à la flèche, se voue à l’exaltation du brahman, dont la connaissance assure la libération du cycle des renaissances. Il est curieux de noter que cette libération du cycle coïncide effectivement avec la fin des moissons et des vendanges, à l’entrée de l’hiver, où toute vie semble s’anéantir. « Ce qui est brillant et plus subtil que subtil, ce sur quoi reposent les mondes et les habitants des mondes : voilà le brahman impérissable. Il est le souffle, il est la parole, l’esprit ; il est le réel, l’immortel. Sache, mon cher, que c’est là la cible à atteindre ».

La syllabe Om est l’arc, l’atman est la flèche, le brahman est la cible, enseigne-t-on. « Il faut l’atteindre sans se laisser distraire. Il faut se rendre semblable à la flèche ».

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La flèche du Sagittaire

La flèche, à quoi s’assimile le Sagittaire, fait la synthèse dynamique de l’homme volant vers sa transformation, par la connaissance, d’être animal en être spirituel.

Neuvième signe du Zodiaque, il se situe avant le solstice d’hiver quand, les travaux des champs terminés, les hommes se consacrent davantage à la chasse. Symbole du mouvement, des instincts nomades, de l’indépendance et des réflexes vifs. Cette partie du ciel est placée généralement sous la domination de Jupiter.

Nous sommes au terme de la trinité du Feu. Si, au Bélier, la puissance ignée était viscérale et si, au Lion volontaire, elle était consacrée à sa magnificence du Moi, ici, cette force devient celle des décantations spirituelles, des illuminations de l’esprit, des montées intérieures, par lesquelles l’instinct et l’ego se dépassent dans une transcendance, vers un surhumain. C’est une figure de sublimation qui représente ce signe : un centaure aux quatre sabots plantés au sol et qui se dresse devant le ciel, un arc bandé en main et orientant sa flèche en direction des étoiles. Tableau d’une créature pleine et qui campe sa vie dans la plus large ouverture à l’univers. On le dit toutefois correspondre au signe Jupiter, principe de cohésion et d’unification, fondant dans l’unité globale d’une large synthèse le terrestre et le céleste, l’humain et le divin, la matière et l’esprit, l’inconscient et le supra-conscient… La séquence qui est propre au Sagittaire s’apparente donc à une épopée, à une symphonie, à une cathédrale, à l’itinéraire d’un élan panthéiste d’intégration à la vie universelle. Et à la souche du type sagittairien, on discerne un Moi en expansion ou en intensité, qui cherche ses propres limites et aspire à les dépasser, et cela sous la poussée d’une sorte d’instinct de l’envergure ou de la grandeur. D’où une aspiration à une certaine élévation ou dimension qu’il recherche dans un transport, lequel peut être élan de participation, d’assimilation idéale à la vie collective, ou au contraire révolte stimulante contre une puissance à dominer, sinon simple inflation du moi qui se perd en ivresse de grandeur….

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Bibliographie

Le langage secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius et Paul Devereux – Editions Solar Paris                                                                                    

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

 

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