LA MAISON XII DU THEME ASTRAL… LA MAISON POISSONS

(5.6 - LES MAISONS ASTROLOGIQUES) par sylvietribut le 10-03-2013

La Maison XII est en analogie avec le Douzième signe, les Poissons. C’est une Maison d’Eau, gouvernée par Neptune et par Jupiter. C’est une Maison Mutable, Double et aussi Succédante. En effet, comme nous le dit la tradition les signes Mutables se situent à la limite de deux saisons… Pour les Poissons, l’hiver n’est pas tout à fait fini et le printemps n’est pas encore là. Et puis avec les Poissons se termine le cycle du Soleil dans les signes, déjà prêt pour entamer le suivant… Les Poissons sont donc la croisée des chemins du zodiaque. Les Maisons Mutables évoquent également qu’une porte s’est refermée retenant prisonnier mais l’espérance est qu’une autre porte est pour s’ouvrir, rien n’est figé à tout jamais.

LES MAISONS ASTROLOGIQUES

Les Maisons astrologiques et sa XIIe Maison

Cependant, la Maison XII a une très mauvaise réputation. On l’appelle d’ailleurs la Maison de l’épreuve et des secrets. On dit qu’elle est la Maison des ennemis cachés, de la tromperie, des afflictions, des échecs, de l’exil, de la captivité, des mauvaises résolutions, des peines et de la tristesse, des embûches, des biens et des maux provenant des femmes, des bêtes féroces, des bêtes à monter, les grands animaux en général. Et puis, c’est le monde des maladies chroniques, et tout ce qui touche, en bien ou en mal, à l’enfantement. Elle régit aussi les prisons, les hôpitaux, les asiles, les lieux de retraite, les couvents et tous les lieux où l’on est tenu au secret professionnel, comme les laboratoires de recherche, la police, les détectives et où s’échangent les secrets.

Si l’on considère la Maison XII dans l’optique de l’axe qu’elle forme avec la Maison VI, nous sentons que nous sommes de plein pied dans un axe à la mauvaise réputation… servitude et santé d’un côté… épreuves et maladies graves et chroniques de l’autre… d’un côté l’hôpital du zodiaque et de l’autre la poubelle… On pourrait s’attendre au pire devant les difficultés dans lesquelles ces Maisons nous plongent, ce serait oublié que ces deux Maisons sont les plus « mutables » comme le sont les signes auxquelles elles se rapportent, d’un côté la Vierge et de l’autre les Poissons. Ce sont les Maisons les plus transformables, les plus ouvertes à la sublimation, à l’exploitation positive.

medecin

Si l’expérience nous permet d’affirmer que cet axe peut aussi bien fabriquer des médecins que des malades, on comprendra facilement ce qu’il faut entendre par jeux de sublimation, et cela pour une raison simple : l’axe VI/XII met en rapport, à chaque pôle, le limité et l’illimité.

La limite est du côté de la Vierge/Maison VI. En effet, ce secteur symbolise aussi bien le sentiment d’infériorité de celui dont la position sociale n’est pas gratifiante, par exemple un Soleil en Maison VI peut aussi bien indiquer un père dont le statut social est jugé humiliant par le fils, que le besoin d’auto-justification de celui qui se met au service des autres, se dévoue corps et âme pour eux ; ne pas perdre de vue que pour la Tradition astrologique les serviteurs ainsi que les petits animaux domestiques sont supposés nous être dévoués. Les grandes ambitions ne se liront pas dans la Maison VI mais bien plutôt les petits métiers, le quotidien, le labeur routinier, les bilans comptables, le chômage aussi. Comme on le voit les frontières sont immédiatement posées.

CLOITRE DE SAN DAMIANO AD ASSISI

Cloître du Couvent de San Damiano à Assisi où vécut Sainte Claire

En face, dans la Maison XII, on ignore précisément toutes les limites. On passe à travers ; on est, d’emblée, dans l’univers sans contours et sans formes. On évolue dans le Grand Ailleurs océanique. Facile, bien sûr, d’y perdre ses repères ; de s’y noyer ou de s’évader dans la folie ou le mysticisme, dans la perversion ou les états de conscience limites, de se réfugier au couvent ou à l’asile. Par exemple, un psychotique peut délibérément demander à se mettre à l’abri dans un hôpital psychiatrique, voire même en prison, pour retrouver, a contrario, des limites rassurantes ; tout comme dans la Maison VI on s’efforcera à sortir de son univers clos, balisé, raisonnable, bien rangé et répétitif à mourir, pour dépasser son besoin de sécurité ou son conformisme et respirer un peu.

Avec la Maison VI, on parlera d’économie, mais de prodigalité avec la Maison XII. Economie vitale, au moment où il importe de gérer de façon optimale le quotidien et les énergies dont on dispose. D’où également la réputation pathologique du secteur. Les maladies aiguës dont parle la Tradition astrologique, surgissant brusquement, prenant en défaut la gestion énergétique du sujet. Mais en revanche, c’est là aussi qu’on peut soigner le mieux, être le plus efficace et conscient des meilleurs moyens possibles de protéger la santé, de préserver ou réparer les forces, les siennes et celles des autres. On se met à leur service, avec le dévouement illimité que l’on puise en même temps dans la Maison XII.

Avec la Maison XII, la Tradition astrologique parle des maladies chroniques, celles qui s’étendent, se diffusent, avec prodigalité encore, sur le mode anarchique, difficiles à contrôler ou à maîtriser. Mais c’est aussi un secteur où l’on soigne, notamment l’hôpital.

A cause de la nature mutable des axes III/IX et VI/XII, les « aller et retour » d’un pôle à l’autre y sont plus évidents encore que dans les autres axes. D’où des maladies aiguës en Maison XII aussi bien que les troubles « chroniques » en Maison VI.

Dans la Maison XII, on va souvent au-delà du simple service, d’un dévouement concret, pratique, pour passer à l’oblativité totale, au sens du sacrifice, oubli de soi qui donne accès à la transcendance ou permet l’accès à un au-delà de soi-même.

Cet amour oblatif qui s’offre à satisfaire tous les besoins de l’autre au détriment de ses propres besoins, nécessités et aspirations, est aussi celui qu’on rencontrera chez les saints, les « fous de Dieu », âmes généreuses, ivres de son propre sacrifice. Le Moi s’efface et fait place au Soi. Mais on sait aussi que pour ne pas se perdre, se perdre en Dieu peut-être mais pas pour autant perdre son âme, il ne faut pas s’éloigner de l’humilité vraie de la Maison VI.

PRISONNIER DANS SA PRISON

La prison de la Maison XII

Il y a parfois fusion-confusion entre les deux secteurs, étroitement imbriqués ou se répondant l’u à l’autre de façon subtile. Il faut à la Maison XII le sens de la mesure de la Maison VI pour éviter la noyade la perte totale d’identité, la dissolution schizophrénique ou la plongée dans les enfers de la drogue, la perte de conscience. Comme il faut, du côté de la Maison VI, le courage de passer à la Maison XII pour faire éclater l’armure, casser la prudence frileuse de la Maison VI, échapper à la servitude, à l’esclavage qui empêche de prendre son envol. Il faut à la Maison VI accepter les délires de la Maison XII et à la Maison XII accepter d’être contrôlée par le raisonnable de la Maison VI.

Si l’on se voulait très terre à terre, on pourrait dire qu’on fait de la cuisine en Maison VI et de l’alchimie en Maison XII. Ce serait divertissant et pas tout à fait faux, mais injuste pour la Maison VIQ dont on ne percevrait plus que le côté « popote », face aux sublimes extases de la Maison XII. Cependant, il ne faut pas oublier que la Maison VI demeure le garde-fou de la Maison XII et que cette dernière ne donne accès au sublime qu’à condition de dépasser son humaine condition.

La Tradition astrologique relie essentiellement la Maison VI aux maladies et pourtant certains auteurs n’hésitent pas à assurer que la Maison VI est également celle de l’alimentation et, si Mercure habite cette Maison, la personne sera dotée d’un appétit incroyable, par contre si on y rencontre Saturne, ce sera l’ascétisme qui l’emportera ; la Lune y ferait les grands buveurs, quant à Mars et Jupiter, présents en Maison VI, ils favoriseraient les excès de table.

Pansement des malades par les religieuses de Port-Royal-des-Champs (78)

                                                                                                                   

Quand Maison VI et Maison XII se rejoignent :

Soins aux malades par les religieuses de Port-Royal-des-Champs dans les Yvelines

Et puis, il y a l’amas planétaire venant se cacher en Maison XII et qui interroge toujours beaucoup. Il va s’en dire que cet amas va faire ressortir l’extrême complexité du secteur, traditionnellement lié aux épreuves, mais aussi à tout ce qui permet de les dépasser. On s’y enferrera tel le fou, le criminel, « celui qui n’avouera jamais » et gardera jusqu’à la mort son secret : Landru par exemple. Mais il y a également les grands mystiques qui ne s’évaderont jamais, ou même l’artiste pour lequel l’art représente une évasion hors d’une réalité décevante, réalité qui sera magnifiée ou transformée, comme Gustave Moreau, le peintre symboliste, qui ne peint jamais la réalité.

La Maison XII, c’est la Maison « de la grande Evasion » tous azimuts, où le Moi s’échappe et où l’on échappe au Moi.

Petite précision intéressante, lorsque l’Axe VI/XII intercepte un signe, on notera des destins pouvant être tragiques, ou bien écourtés. Ce fut d’Henri II, de l’Aiglon, de Louis II de Bavière, de Landru, de Charles Manson, de Coluche… Cependant, la justification de ces destinées hors série se trouvent aussi dans les aspects, les signes et autres paramètres de leur thème. 

SALOME TATOUEE - GUSTAVE MOREAU

Gustave Moreau – Salomé tatouée

 

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,