SATURNE EN SAGITTAIRE – 18 SEPTEMBRE 2015/20 DECEMBRE 2017

(4.3.4 - SATURNE) par sylvietribut le 20-09-2015

C’est le 18 septembre à 3 h 30 (1 H 30 TU) que Saturne a fait son entrée dans le Sagittaire, voilà près de trente ans que cela n’était pas arrivé. Saturne quitte donc le Scorpion sous l’influence très sombre de Pluton et sous celle très destructrice de Mars. Avec le Sagittaire Saturne passe sous l’influence plus expansive, plus chaleureuse, plus philosophe aussi, de Jupiter. Tous les espoirs sont permis de voir notre quotidien un peu plus facilité.

  • Dans un premier temps Saturne direct traverse les 16 premiers degrés du Sagittaire et du 3 mars au 16 avril 2016, Saturne stationnera sur 16° Sagittaire, devenant rétrograde le 26 mars 2016 sur 16°24 Sagittaire. Seront donc particulièrement concernés par ce transit saturnien :  
  • – Sur un mode difficile le second décan du Sagittaire, et particulièrement si vous avez le Soleil, l’Ascendant, le Maître d’Ascendant, la Lune, ou toute autre planète, sur les 15e et 16e degrés du signe et en particulier entre le 13 février et le 6 avril 2016, puis de nouveau en novembre 2016, Les situations quelles qu’elles soient sembleront comme bloquées ou mettront dans l’obligation d’un travail très important, tant sur le plan physique qu’au niveau de la concentration, ou toute autre forme d’obligation. Concernés aussi sur un mode difficile ces mêmes degrés Poissons et Vierge qui recevront le carré de Saturne, aspect difficile s’il en est qui oblige de chercher au plus vite des solutions pour dépasser l’obstacle que Saturne représente. Et puis, les Gémeaux qui recevront l’opposition de Saturne, celle-ci évoque encore plus une situation de blocage. Entre la conjonction, le carré et l’opposition, c’est cette dernière qui est la plus difficile à vivre, car comme le mot « opposition » l’indique, tout semble contre nous.

JUPITER ET SATURNE 2

Jupiter et Saturne

– Ce milieu du second décan du Sagittaire, des Gémeaux, de la Vierge et des Poissons devront également supporter Jupiter stationnant sur 15°/16° Vierge et donc au carré exact de Saturne, dans la seconde moitié de mars et début avril 2016. C’est une configuration difficile et contradictoire puisque ce conflit planétaire met en rapport un Jupiter, symbole d’expansion, mal placé dans la Vierge, signe qui ne convient pas à la planète puisqu’elle y est en exil, et Saturne dans le signe de Jupiter, au carré l’une de l’autre, c’est-à-dire en conflit. On pourrait dire également que cette configuration sera peu propice aux relations avec l’administration et les organismes officiels : erreurs de calcul, d’appréciation, de perspectives. Parfois, il existe une tendance à négliger ses devoirs, à faire preuve de désinvolture en regard des règlements et de l’ordre établi : faiblesse des scrupules, indépendance poussant à l’irrespect de l’autorité et de la légalité, mais également relâchement de la prudence et de la prévoyance. Souvent il existe une crise de conscience entre le désir de liberté et d’expansion d’une part, propre à Jupiter, et les habitudes, la routine et la tradition, domaine de Saturne. La tendance s’inversera totalement lorsqu’à partir de septembre 2016 Jupiter entrera dans la Balance, alors les deux planètes s’épauleront par un sextil prometteur, et notamment en novembre 2016 quand on trouvera sur les 15e et 16e degrés Balance Jupiter, et sur les 15e et 16e degrés Sagittaire Saturne, configuration qu’on retrouvera fin décembre 2016 et janvier 2017, sur 21°, 22°et 23°, de nouveau entre Jupiter en Balance et Saturne en Sagittaire.

CHRONOS

Saturne portant le monde qui symbolise bien, dans son genre, le Sagittaire

  • Le 16 avril 2016, Saturne retrouve le 15e degré rétrogradant jusqu’au 9°47 Sagittaire, degré sur lequel Saturne repartira en direct. C’est donc toujours le premier décan du Sagittaire qui est concerné par la conjonction de Saturne au Soleil, à l’Ascendant, au Maître de l’Ascendant, à la Lune, ou bien à toute autre planète. Il en ira de même pour la Vierge et les Poissons du premier décan qui recevra le carré de Saturne, et malheureusement, ce même premier décan des Gémeaux qui sera concerné par l’opposition de Saturne. Dans cette rétrogradation, on note une rencontre difficile entre Saturne en Sagittaire, sur 11° à 9°, au carré de Neptune en Poissons, rétrogradant également sur 11°/10°, entre fin juin et fin septembre 2016. C’est un aspect on ne peut plus douteux. Saturne représente la structure, la rigueur et Neptune le laisser-aller, le laisser-prise, l’avachissement. Voilà une influence très déprimante pour le psychisme. On peut vivre dans l’angoisse, dans l’appréhension d’un malheur et on a tendance à dramatiser la moindre difficulté ou le moindre malaise. On en arrive très vite à se croire condamné à un sombre destin, à être victime d’une malchance inexorable contre laquelle il est inutile de lutter. Qui est touché par ce transit perd momentanément la foi et toute forme d’idéalisme. La tendance est de se replier sur soi-même, en proie à un « cafard » que rien ne peut dissiper. Les accès de désespoir découlent surtout de la peur, de craintes insensées. Il s’agit bien souvent d’une maladie du moral. Et c’est durant ce type de transit qu’on s’attire inconsciemment la malchance et toutes sortes de complications et d’ennuis.
  • Du 29 juillet au 29 août 2016, Saturne stationne sur ce 9° Sagittaire, et les effets seront les mêmes que lors de son stationnement sur les 15e et 16e degrés Sagittaire, et pour les quatre signes de la croix Mutable sur un mode difficile : Sagittaire, Vierge, Poissons et Gémeaux. Par contre, ce Saturne sera positif pour le Verseau, le Bélier, le Lion, la Balance.
  • A partir du 29 août 2016 Saturne repart en direct sur ce 9e degré Sagittaire et ainsi qu’au 27e degré Sagittaire. Seront concernés les seconds et pratiquement les troisièmes décans du Sagittaire, Vierge, Poissons et Gémeaux sur un mode difficile, mais ce transit de Saturne en Sagittaire sera plus favorable pour le Verseau, le Bélier, le Lion et la Balance. A noter, entre fin décembre 2016 et janvier 2017, le trigone de Saturne à Uranus sur 21° Sagittaire, ainsi que le sextil à Jupiter sur 21°Balance, mais s’opposant quand même à Uranus.

SATURNE ET URANUS

Saturne et Uranus

On retrouve le trigone de Saturne à Uranus en mai 2017, sur 25/26° Sagittaire pour Saturne et 25°/26° Bélier pour Uranus, notamment en novembre 2017. C’est une très bonne influence qui donne le sens de l’exactitude, de la précision, de la prudence et de la circonspection dans bien des activités et notamment les travaux scientifiques. L’esprit se fait inventif tout en restant objectif car Uranus s’appuie sur l’expérience de Saturne. De même l’intuition ne risque pas d‘être faussée par l’imagination. L’influence de Saturne tempère aussi l’esprit d’aventure et d’indépendance propre à Uranus. Tout en restant partisan du progrès et d’aller de l’avant, on ne désire pas courir de risques inules. On prend les opportunités qui se présentent avec mesure et on prend toute la sécurité qui s’impose pour éviter tout imprévu désagréable. Et c’est ainsi que l’évolution matérielle se fait lentement (Saturne), mais sûrement, donnant des résultats concrets, solides et durables. Pour beaucoup, cette harmonie entre Saturne et Uranus renforcera la solidité des amitiés, à moins qu’on retrouve des amis perdus de vue. Les relations formées pendant cette période seront sincères, profondes et constantes. On pourra compter les uns sur les autres.

  • Du 5 mars au 8 mai 2017, Saturne stationnera sur 27° Sagittaire.
  • Du 8 mai ai 26 août 2017, Saturne rétrograde, passant de 27° à 21° Sagittaire.
  • Du 24 juillet au 27 septembre 2017, Saturne stationne sur 21° Sagittaire redevenant direct le 26 août sur 21°33 Sagittaire.
  • Le 26 août 2017, Saturne en direct passe de 21°33 Sagittaire à 0° Capricorne, le 20 décembre 2017, la planète entrant dans le Sagittaire.

Ce sont bien sûr les mêmes signes déjà cités qui seront concernés par le transit de Saturne sur ces différents degrés, en positif ou en négatif, comme déjà évoqués précédemment. Par contre, vous avez sans doute noté que c’est la croix Mutable qui sera perturbée et limitée par Saturne : Sagittaire, Poissons, Gémeaux et Vierge, quel que soit le degré occupé par Saturne.

Par contre, comme vous avez dû le constater le Capricorne, le Taureau, le Cancer et le Scorpion ne seront pas concernés par le transit de Saturne en Sagittaire.

SATURNE ET LE SAGITTAIRE

Rambouillet, le 19 septembre 2015

 

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UNE DEESSE VIRGINIENNE… DEMETER

(6.6.6 - LES MYTHES DE LA VIERGE ET DE MERCURE) par sylvietribut le 09-09-2015

Déméter est la Grande Déesse Maternelle de la Terre, la divinité de la fertilité et la déesse des Mystères d’Eleusis. Elle figure parmi les douze grands dieux olympiens et parmi les six enfants de Cronos/Saturne et de Rhéa. Elle eut de Zeus/Jupiter, son frère, Perséphone, avec qui elle était étroitement unie, dans le culte grec. Son nom signifie « Terre-Mère ». Les Romains l’identifiaient avec la déesse italique du blé, Cérès. Et dans les temps les plus reculés, elle fut aussi identifiée à la déesse égyptienne, Isis, ainsi qu’à la déesse phrygienne Cybèle, ainsi qu’à sa propre mère Rhéa.

DEMETER

Déméter

Déméter passait pour ne vivre que rarement sur l’Olympe, préférant plutôt vivre sur la terre, en particulier à Eleusis, en Attique ; là, elle avait fondé, les Mystères initiatiques d’Eleusis qui célébraient les éternels recommencements, le cycle des morts et des renaissances, dans le sens probable d’une spiritualisation progressive de la matière.

Sa fille unique Perséphone, fut enlevée par Hadès/Pluton et devint Reine des Enfers. L’Antiquité a décrit en d’émouvants poèmes la course angoissée de Déméter jusque dans les Enfers, à la recherche de sa fille perdue. La mère et la fille sont représentées dans l’art comme unies d’une égale tendresse. Elles sont invoquées ensemble dans les cultes, pour assurer la survivance des âmes dans le monde des Morts.

Déméter confia à Triptolème, fils du roi d’Eleusis, un épi de blé. Triptolème parcourut le monde pour enseigner aux hommes l’agriculture. Mais la végétation est soumise elle aussi à la loi des morts et des renaissances.  Avant de germer et de lever, le grain passe des mois sous terre, comme Perséphone passe six mois d’hiver dans le monde souterrain, auprès d’Hadès/Pluton, avant de revenir pour six autres mois de printemps et d’été auprès de sa mère dans la lumière de l’Olympe.

DEMETER ET PERSEPHONE

Perséphone et Déméter

Par ses relations avec sa fille, déesse des Enfers, et avec Triptolème, le propagateur de la culture du blé, Déméter se révèle la déesse des alternances de vie et de mort, qui rythment le cycle de la végétation et de toute existence. Elle participe ainsi au symbolisme de la terre-mère. Mais elle se distingue de la terre, élément cosmogonique comme Gaia et Rhéa, en ce qu’elle symbolise la terre cultivée, celle qui produit le blé et toutes les riches moissons.

Déméter symbolise en effet une phase capitale dans l’organisation de la terre : le passage de la nature à la culture, du sauvage au civilisé. Si des symboles sexuels interviennent, au cours de l’initiation aux grands mystères d’Eleusis, c’est moins pour évoquer, semble-t-il, la fécondité de l’union sexuelle que pour garantir une régénération dans un au-delà de lumière et de bonheur. D’ailleurs l’hymne homérique à Déméter ne dit pas autre chose « Heureux qui possède, parmi les hommes de la terre, la vision de ces mystères ».

Selon l’interprétation analytique de Paul Diel, Perséphone, la fille de Déméter, serait « le symbole suprême du refoulement » et donc le sens caché des mystères d’Eleusis consisterait dans « la descente dans le subconscient en vue de libérer le désir refoulé, en vue de chercher la vérité à l’égard de soi-même, ce qui peut être l’accomplissement le plus sublime. Ainsi Déméter qui a donné aux hommes le pain, symbole de la nourriture spirituelle, leur donne aussi le sens véridique de la vie : « la sublimation-spiritualisation du désir terrestre ; c’est-à-dire la libération à l’égard de toute exaltation », comme de tout refoulement. Déméter s’affirme ainsi comme le « symbole des désirs terrestres justifiés, trouvant satisfaction grâce à l‘effort ingénieux de l’intellect-serviteur, lequel, tout en cultivant la terre, demeure accessible à l’appel de l’esprit ». Cependant, Déméter, la fécondité matérielle et spirituelle ne s’égale pas à l’esprit comme Héra, l’épouse de Zeus/Jupiter. Elle n’est pas la lumière, mais la voie vers la lumière ou le flambeau qui éclaire le chemin.

Déméter

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Marabout

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

 

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GEMEAUX… JUMEAUX… ET DANS L’HISTOIRE UN MYSTERIEUX JUMEAU… LE PRINCE DE PIGNEROL

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 20-06-2015

Au XVIIIe siècle, le rédacteur de la notice « jumeau » de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert jugea ainsi qu’à propos du sujet traité, la question de primogéniture méritait les plus longs développements et lui consacra la quasi-totalité de son texte : « La naissance de deux frères jumeaux a fait naître dans la société civile une question insoluble en elle-même, j’entends celle du droit d’aînesse. On peut bien décider par la loi, parce qu’il faut une décision, vraie ou fausse, que le premier qui vient au monde sera regardé comme l’aîné ; mais ce qui se passe dans les entrailles de la mère lors de la conception et du terme de l’accouchement est un secret tellement impénétrable aux yeux des hommes qu’il leur est impossible de dissiper le doute par les lumières de la Physiologie ».

On n’imaginait évidemment pas que les jumeaux pussent échapper à la règle commune ou que le système, coupable d’omission, si pliât aux données nouvelles qu’ils lui présentaient. Il fallait que leurs âges identiques n’empêchassent point l’un de se prévaloir des prérogatives de l’aîné et l’autre d’accepter son sort secondaire.

L’ancienne jurisprudence française, suivant en cela l’exemple de la pratique espagnole, avait d’abord estimé que le jumeau conçu en premier devait selon toutes probabilités se trouver au fond du ventre de la mère et donc n’en sortir qu’en second : à lui, premier occupant des locaux, revenaient les avantages de l’aînesse.

A la même époque, l’Ecosse proposait un modèle différent qui ne s’embarrassait pas de subtilités embryologiques et considérait simplement comme aîné, le premier né ; l’affrontement sans merci de deux jumeaux qui se disputaient férocement le titre de duc d’Albany en faisant valoir des théories différentes quant à l’antériorité gémellaire, montra la part d’arbitraire de tout système en ce domaine, et rappela l’exemple plus lointain d’Egine, reine de Sparte, qui avait mis au monde des jumeaux sans autre assistance que celle de deux servantes dévouées et avait refusé de désigner le premier-né aux fins de succession ; on avait dû considérer comme tel, par convention, celui qu’elle avait allaité en premier.

Un peu plus tard, la coutume française change, sans qu’apparaissent clairement à cette transformation d’autres causes qu’un besoin de simplification de la logique invoquée par la description de la chronologie gémellaire : le premier-né, ci-devant puîné, devint aîné. Si Balzac, dans son roman « Une ténébreuse affaire », ne commet aucune erreur dans la qualification de ses personnages, le premier-né, l’aîné, s’appelait Paul-Marie, Littré, dans son dictionnaire de 1873, ne juge pas inutile de prévenir les esprits contre la persistance abusive de l’ancien usage : On dit à tort dans le peuple que, de deux jumeaux, celui qui vient au monde le dernier est l’aîné ».

LES DIOSCURES

Les inséparables Dioscures – Rome

Cependant, si la définition même de l’aînesse gémellaire n’avait été aussi fluctuante, aussi sujette à caution, peut-être l’éclatement de la paire des Dioscures mythologiques en jumeaux individualisés eût-il moins marqués les esprits… Il advint même parfois à cet égard que les données du problème se compliquent d’éléments imprévus propres à transformer une succession banale en épopée. Eugène Sue raconte l’histoire suivante. En 1759, mourut P. Wagner, négociant londonien. Il laissait à une femme enceinte, un héritage de 20 000 livres et un testament. Celui-ci semblait prévoir toutes les éventualités. Si un garçon naissait, l’héritage se diviserait ainsi : la moitié pour le fils, un tiers pour la femme et un sixième pour un neveu. Si c’était une fille : la moitié pour la femme, un tiers pour la fille et un sixième pour le neveu. Or, l’épouse du négociant accoucha de faux jumeaux : une fille et un garçon. Que fallait-il faire ? La sagesse des particuliers se révéla insuffisante et les juges furent appelés à la rescousse. Ils durent délibérer pendant des semaines avant de constater que le défunt avait voulu que le garçon obtienne un tiers de plus que sa mère, la fille un tiers de moins qu’elle et que le neveu garde le reste de l’héritage. Et c’est ainsi que sur les 20 000 livres, le jumeau reçut 9 000 lires, la femme 6 000, la jumelle 4 000 et le neveu 1 000 livres. Des mois de débats avaient été nécessaires pour parvenir à ce compte et l’anecdote ne précise pas si les magistrats britanniques eussent gardé leur flegme pour des triplés ou des quintuplés.

LE MASQUE DE FER

Le Prince de Pignerol

De telles affaires de succession faisaient en somme découvrir que les mystères de l’identité gémellaire étaient aussi riches d’ambiguïtés fondamentales que le paradoxe des naissances multiples et que le partage des droits qui s’attachaient à la personnalité jusqu’à se confondre parfois avec elle, pouvait entre jumeaux révéler des abîmes d’interrogations jusqu’alors insoupçonnées. En 1770, ces interrogations quittèrent le niveau limité des cas particuliers pour se place à celui, collectif, de l’Histoire.

1770, c’est la date où Voltaire commence à publier, dans ses « Questions sur l’Encyclopédie », ses réflexions et les résultats de ses enquêtes sur le personnage fameux qu’on a improprement nommé « le Masque de Fer ». Le dit masque était de velours, seulement pourvu d’articulations métalliques au menton. Sur l’identité de ce prisonnier masqué, sans doute mort à la Bastille en 1703 après avoir vécu la plus grande partie de sa vie entre les prisons de l’île Sainte-Marguerite, la forteresse piémontaise de Pignerol et la Bastille, toujours gardé par le même geôlier, Monsieur de Saint-Mars, différentes hypothèses avaient déjà été formulées.

Les textes de Voltaire, comportant de nombreux témoignages et une argumentation très développée, laissaient supposer que le Masque de Fer était, d’une manière ou d’une autre, détenteur d’un secret d’Etat de première importance. Cependant, l’écrivain n’affirmait rien, ne livrait aucune conclusion définitive, notant simplement : « Il est clair que si on le laissait passer dans la cour de la Bastille, si on ne lui permettait de parler à son médecin que couvert d’un masque, c’était de peur qu’on ne reconnût dans ses traits quelque ressemblance trop frappante ». L’éditeur de Voltaire se jugea bientôt autorisé par cette dernière notation à estimer que le personnage mystérieux n’était autre qu’un fils adultérin d’Anne d’Autriche. Mais celui qui signait « l’éditeur » était-il bien l’éditeur ? Le temps passa, alimentant l’affaire en document nouveaux, affirmations inédites et contradictions.

Puis, en 1790, parurent à Londres plusieurs volumes des « Mémoires du Maréchal de Richelieu pour servir à l’Histoire des Cours de Louis XIV », qui contenaient bien moins la pensée authentique du maréchal que celle de son secrétaire particulier, l’abbé de Soulavie. Celui-ci proposait au mystère du Masque de Fer la solution audacieuse que voici : Louis XIII avait attendu vingt-trois ans que la reine lui donnât un successeur. Un mécanisme compensatoire à cette attente voulu qu’il fît coup double, ce qui n’était par prévu. Le premier enfant naquit à midi, c’était le futur Louis XIV, proclamé aussitôt, conformément à l’étiquette, héritier du trône de France ; mais à huit heures et demie du soir, dans le secret, la reine accoucha du second jumeau. Il fut décidé, pour épargner au royaume les conséquences fâcheuses des déchirements que la succession royale ne manquerait pas de provoquer entre les deux princes, que le second, ou l’aîné selon la conception de l’époque, disparaîtrait de l’Histoire. La raison d’Etat n’exigeait pas que l’enfant excédentaire fût tué, et l’on convint de l’envoyer à la campagne passer anonymement le temps de son enfance ; plus tard, quand la similitude de ses traits avec ceux du nouveau roi ferait courir le risque qu’il soit reconnu du peuple, Louis XIV lui-même ne manquerait pas d’assurer la stabilité de la monarchie en maintenant son jumeau en prison tout en lui assurant les égards dus à son rang : cachot individuel, linge fin, nourriture raffinée, traitements particuliers, etc…

THEME ASTRAL DE LOUIS XIV

Thème Astral de Louis XIV – 5 septembre 1638, 11 h 11, SAINT-GERMAIN-EN-LAYE (*)

Richelieu, ou plutôt son secrétaire, affirmait tenir ces révélations de sa maîtresse Mademoiselle de Valois qui les aurait elle-même soutirées à son père le Régent. Possesseur du secret, Richelieu l’aurait ensuite confié à Louis XV, puis à Voltaire. Il fallait bien mettre un nom sur le Masque de Fer et l’hypothèse du jumeau de Louis XIV était, pour les historiens et les écrivains, plus séduisante que celle d’un fils adultérin d’Anne d’Autriche ou de l’ancien surintendant Fouquet. Elle était plus théâtrale que celle du comte de Vermondois, fils naturel de Louis XIV et de Mademoiselle de Lavallière, ou de celle des Anglais Berwick ; fils naturel de Jacques II, et Monmouth, fils naturel de Charles II ; elle était enfin bien plus excitante que celle de Mathioli, diplomate-espion de la cour de Mantoue, ou que celle de Beaufort, ancien frondeur, de Lauzun, ou de Dauger, mystérieux valet emprisonné pour des raisons inconnues. Alors de nombreux auteurs s’emparèrent de la théorie du jumeau, dont Alexandre Dumas et Victor Hugo et même plus proche de nous, Marcel Pagnol qui, dans « Le Masque de Fer » s’interrogeait : « Qui était donc cet homme de haute naissance, quelle était la nature de son secret ? », et répondait « Je crois que son secret, c’était lui-même, c’était son visage caché sous le masque et les mensonges de Louvois ; né huit heures après Louis XIV, il était l’aîné des jumeaux, et l’héritier du trône de Louis XIII ».

Que penser, aujourd’hui, du Masque de Fer, jumeau du roi ? D’abord que, physiologiquement, un écart de huit heures et demie entre chaque naissance est assez peu crédible, pour ne pas dire invraisemblable. Ensuite, que les reines accouchaient en public, selon une étiquette don la précision et la rigidité excluaient que nul ne s’aperçoive de quelque chose de particulier dans le déroulement des opérations. Mais surtout, si cette hypothèse a résisté au temps et aux critiques mieux que d’autres, pourtant plus logiques, si elle a moins séduit les historiens professionnels que les écrivains, c’est simplement parce que sa signification symbolique universelle dépasse largement sa portée historique.

L’exemple de l’intérêt que lui porta Victor Hugo est hautement significatif. Le drame inachevé « Les Jumeaux », écrit en 1839, porte à la fois la marque d’une préoccupation personnelle et d’une obsession universelle. Quelques années avant de s’intéresser au prisonnier de Pignerol, Hugo, qui avait souffert de la perte d’un frère, vit se détériorer ses relations avec Sainte-Beuve, à qui il écrivit : « Vous êtes un des deux êtres que j’aime le plus au monde… Ce serait un profond malheur que de pouvoir vivre après la mort d’un si grand morceau de nous-mêmes. N’est-ce pas là un langage gémellaire ?

Le Masque de Fer permit à Victor Hugo, au-delà de son cas personnel, de découvrir le sens universel de ce langage. L’écrivain, en effet, décela immédiatement dans l’histoire du masque, une double négation : celle de la liberté et celle de l’identité. Le prisonnier masqué est, en même temps, suivant le point de vue, un homme que son identité prive de liberté, et un homme que son absence de liberté prive d’identité. Ce schéma, gémellaire par essence, incarné par un jumeau présumé, donne toute sa force à la méditation romantique sur les rapports de l’individualité, définie par l’identité, avec la liberté. Nul, mieux qu’un jumeau provoquant conformément à la tradition dioscurique l’irruption du hasard et de l’imprévu dans l’Histoire, n’était qualifié pour introduire, « médiatiser » ce débat.

Car le conflit intellectuel nécessaire pour que « jumeau » s’écrive au singulier individuel malgré le destin et l’affrontement occulte du jumeau-prisonnier et du jumeau-libéré se généralise à l’infini si l’on veut bien y voir la figuration dans l’espace d’un conflit propre à chaque homme, l’occasion d’une interrogation sur l’individu et la solitude, la personne et le couple, sur l’éternelle dualité qui fait de l’homme une hydre bicéphale écartelé par ses contrastes intérieurs. C’est pourquoi les jumeaux occupent une place toute particulière sur l’échelle des ambiguïtés qui sont la raison d’être des innombrables personnages doubles enfantés par les arts et la littérature.

(*) Que dit le thème de Louis XVI à ce sujet ?

Deux éléments retiennent mon attention, sans pour autant satisfaire pleinement :

  • Tout d’abord Neptune à l’Ascendant. Ascendant… qui se rattache à notre lignée, d’autant que dans le thème du Roi, Neptune est Maître de la Maison IV, Maison qui parle de notre famille, de nos origines. Elle est donc en Poissons, signe qui sait si bien garder les secrets… Ce Maître de Maison IV en Poissons dans l’Ascendant Scorpion du thème, Scorpion qui enfouit tant de choses, n’est pas sans évoquer un secret de famille.
  • La Maison III est la Maison de la fratrie. Elle commence en Capricorne et intercepte le Verseau. On dit que toute Maison interceptant un signe posera problème à son propriétaire. Avec la Maison III, pour le Roi, c’est de la fratrie que vient le problème. Saturne et Uranus sont les gouverneurs de cette IIIe Maison. Saturne vient habiter cette Maison III dans sa partie Verseau, certes signe d’Uranus, mais Saturne est quand même en domicile aussi en Verseau. Si Saturne en Maison III suggère un esprit de réflexion, il n’en demeure pas moins qu’il voue à la solitude, au manque, au pessimisme. On dit aussi que ce sont des difficultés avec les frères puînés, ou bien qu’il existe une possibilité de mort prématurée d’un frère. Saturne en Maison III, c’est encore l’indication de l’éloignement, d’une séparation, volontaire ou non, d’un proche, d’un frère. On se souvient que Louis XIV lui-même racontait son enfance triste, solitaire et pauvre au château de Saint-Germain-en-Laye où sa seule distraction était de percevoir au loin la basilique de Saint-Denis où l’attendait sa dernière demeure. Et c’est pourquoi il choisira la plaine où son père allait chasser et qu’il y fit construire Versailles et s’entoura d’une foule de courtisans, sorte de compensation à sa solitude et à la pauvreté de Saint-Germain, mais n’est-il pas rester seul au milieu de tous.

Enfin ce sinistre Saturne en Maison III s’oppose à la conjonction Vénus-Lune en Lion… Là encore compensation entre l’austérité saturnienne et la magnificence léonine. En attendant au niveau des échanges, on reste dans le registre de la frustration et de la solitude.

Du côté d’Uranus, le co-maître de la Maison III, la planète occupe la Balance et la Maison XI du thème, ce qui évoque l’importance des relations, des amis, mais Uranus apporte bien des surprises bonnes ou mauvaises venant des amis et relations et lui-même n’a pas manqué de se comporter en Uranien avec ses amis.
MASQUE DE FER

Bibliographie

Les Jumeaux – Frédéric Lepage – Editions Robert Laffont – Collection « Réponses »

 

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DANS LE POTAGER DES GEMEAUX… LE FENOUIL

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 20-06-2015

Pétrone, dans « Le Festin de Trimalcion », décrit un banquet offert par l’affranchi, où chaque invité se voit offrir des mets en accord avec son signe zodiacal. Depuis fort longtemps, en effet, on a établi des correspondances entres les astres et les produits de la nature, en particulier les végétaux, qi sont, plus que les autres, soumis à un rythme annuel.

Dès l’invention de l’imprimerie, une profusion d’almanachs, d’herbiers et de codex propagea cette idée qui fut profondément ancrée jusqu’à la fin du XVIIe siècle. Dans son traité « Semiotica uranica », les « Significations astrologiques », Nicholas Culpepper (1616-1684) résumait ainsi ce qui était tenu pour une loi naturelle : « L’admirable harmonie de la Création peut être constatée en regardant l’influence des étoiles sur les plantes et le corps de l’homme ».

FENOUIL 2

Le fenouil ou Foeniculum vulgare ou Anethum foeniculum

Le fenouil, que l’on apparente aux Gémeaux, est le symbole de rajeunissement spirituel. On sait combien les Gémeaux sont attachés à la jeunesse. Ce signe est d’ailleurs celui de l’adolescence.

Dans l’Antiquité, les adeptes du culte de Sabazios, ancien Dionysos de Phrygie, se paraient de fenouil. Le fenouil, au dire de Pline avait la propriété d’éclaircir la vue et, de plus, c’est en y goûtant que les serpents acquéraient précisément le pouvoir merveilleux de se rajeunir périodiquement.

« Foeniculum vulgare » ou « Anethum foeniculum », fenouil commun, fenouil doux, aneth doux, anis doux… L’essentiel de ce que vous pouvez attende de cette ombellifère à l’odeur anisée est résumée en six vers par l’Ecole de Salerne :

Le fenouil fait en nous quatre effets différents ;                                                                                                                                                                           Il purge l’estomac, il augmente la vue,                                                                                                                                                                                         De l’urine aisément il procure l’issue,                                                                                                                                                                                           Du fond des intestins il fait sortir les vents ;                                                                                                                                                                             Mais sa graine a surtout la vertu singulière                                                                                                                                                                                   De les pousser par le derrière.

FENOUIL PLANTE OMBELLIFERE

Le fenouil – Plante ombellifère

Le fenouil est originaire d’Europe méridionale. Il pousse spontanément sur les talus, les terrains pierreux et les décombres dans le midi de la France et en Italie ; mais on le cultive un peu partout, même en Angleterre et en Allemagne, comme plante potagère, pour manger ses côtes charnues en gratin, en jus, ou les servir en garniture avec le poisson. Les tiges séchées sont, bien sûr, l’élément majeur du fameux loup grillé de la Côte d’Azur.

Ses usages culinaires et médicaux remontent à l’Antiquité : Egyptiens, Grecs et Romains l’incorporaient à leurs mets. Hippocrate et Dioscoride le recommandaient aux nourrices pour activer la sécrétion du lait ainsi qu’aux personnes menacées de cécité ; Chinois et Hindous l’estimaient propre à neutraliser les morsures de serpents et de scorpions. Enfin, la magie et la sorcellerie le tenaient pour une herbe bénéfique dont les rameaux, accrochés en bouquet aux poutres d’une maison, chassaient les mauvais esprits alors que les graines,  glissées dans le trou des serrures, barraient la route aux revenants.

En dehors de la cuisine où vous utiliserez ses feuilles, soit fraîches et hachées menu comme le cerfeuil, soit sèches et réduites en poudre, ou ses graines séchées et moulues comme du poivre pour saupoudrer ragoûts, poissons et légumes farineux qui deviennent ainsi plus digestes, le fenouil vous rendra de nombreux services.

Les semences séchées sont indiquées contre les lourdeurs d’estomac, l’aérophagie, les digestions difficiles, la paresse intestinale, le manque d’appétit, les inflammations des muqueuses internes : bronchite, gastrite, entérite, cystite… en infusion : 25 à 40 gr pour un litre d’eau ; laisser infuser dix à quinze minutes ; une tasse après les deux principaux repas.

LE FENOUIL - PLANCHE BOTANIQUE

Le fenouil – Planche botanique

« Les graines de fenouil, écrit l’abbé Kneipp, ne doivent faire défaut dans aucune pharmacie de famille, parce que le mal qu’elles soulagent survient très fréquemment, comme dans le cas des coliques venteuses et des spasmes. Sans retard, faire cuire, pendant cinq à dix minutes, une cuillerée de fenouil dans une tasse de lait et donner au malade la potion aussi chaude que possible. La réaction est habituellement rapide et excellente, la chaleur s’étend vite par tout le corps, calmant les spasmes et faisant passer les coliques ».

En usage externe, la décoction de semences, 30 à 50 gr pour un litre d’eau que l’on fait bouillir cinq minutes environ, s’emploie en bains de vapeur : se mettre la tête sous une serviette avec le récipient de liquide sortant du feu, pour les affections des paupières et des yeux ; en lotions, tièdes ou froides, trois fois par jour sur le front et les temps, pour « fortifier les nerfs », c’est-à-dire combattre les maux de tête et migraines chroniques.

Toujours avec les semences, on peut préparer un excellent apéritif et reconstituant conseillé en cas d’anémie, de fatigue générale : 60 à 80 gr de semences macérées pendant huit à dix jours dans un litre de bon vin, rouge ou blanc. Filtrer et à déguster un verre à bordeaux après le repas, midi et soir.

Quant à la racine de fenouil, en décoction : on fait bouillir cinq minutes, on laisse infuser autant. Cette décoction est également apéritive : un verre à bordeaux avant chaque repos. Elle est aussi un excellent diurétique que Dioscoride prescrivait à « ceux qui ne peuvent pisser que goutte à goutte » et de nombreux spécialistes recommandent contre les troubles de la vésicule (calculs et insuffisance biliaire) et les affections des reins et de la vessie : un verre à bordeaux après chaque repas.

LE FENOUIL - LEGUME

Bibliographie

Dictionnaire de l’Astrologie – Jean-Louis Brau – Chez Larousse                                                                                                                                                 Nos Grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul                                                                                             Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

 

 

 

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LES MYTHES ET LE CIEL

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 08-06-2015

Les constellations forment tout un monde d’êtres mythiques chargé d’une grande signification symbolique. La malheureuse Andromède est enchaînée à son rocher, tourmentée par la Baleine, le monstre marin, alors que le héros Persée est prêt à voler à son secours.

Les Gémeaux, jumeaux célestes, sont assis côte à côte. Ils ont la même mère, mais le père de l’un est un mortel et celui de l’autre, un dieu.

Les images que nous voyons dans les constellations, bien connues, depuis des siècles, du marin, de l’astronome et du paysan, ont pris forme dans les premières civilisations du Moyen-Orient, et ont subi des influences indiennes et égyptiennes. Plus tard, les Grecs ont remanié la distribution de ce vaste « théâtre », mais l’influence des personnages célestes mésopotamiens est souvent manifeste chez les héros, les héroïnes et les monstres helléniques.

LE SOLEIL VERT DEVORANT LE SOLEIL

Le Lion vert dévorant le Soleil (symbole alchimique) 

Le psychologue Carl Jung voyait dans les symboles alchimiques et astrologiques des éléments d’une quête symbolique de soi

La science moderne s’est largement interrogée sur les raisons qui ont présidé à ce peuplement du ciel par les figures mythologiques, qui va au-delà d’une nécessité pratique, pour les chasseurs et les cultivateurs, de connaître le cycle des saisons et celui de la Lune. En effet, l’homme semble bien avoir accroché aux étoiles ses désirs les plus profonds, en mêlant intimement la religion, la poésie et les mythes. Si l’on comprend sans peine la structure du calendrier des anciens Egyptiens, on s’interroge longuement sur la signification de l’image du Soleil, de Rè, assis dans son bateau sur le dos de Nout, la déesse du Ciel.

La philosophie des Lumières, qui influence encore une pensée moderne hostile à toute espèce de symbolisme, ne pouvait trouver dans ces mythes égyptiens qu’un intérêt purement archéologique.

Du même coup, elle tournait le dos à l’ancienne croyance qui y voyait des allégories de la nature ou de l’âme. Ainsi dépouillés, ces mythes n’étaient plus que des élucubrations bizarres, issues d’observations erronées ou insuffisantes. Toute une école a vu dans les mythes des extrapolations d’événements historiques : elles correspondent à l’évhémérisme, fondé par Evhémère (vers 340 – 260 avant Jésus-Christ, qui voyait dans les dieux des êtres humains divinisés.

Quand elle a quitté cette voie sans issue, l’interprétation des mythes a pris plusieurs directions. Pour l’Ecossais James Frazer (1854-1941), les mythes, en particulier ceux qui concernent la fertilité, sont des survivances d’une phase antérieure de l’évolution des civilisations, reflétant la lutte engagée pour maîtriser la nature, d’abord au moyen de la magie, puis grâce à l’aide de la religion et des dieux. La conception « historiciste », en revanche, met en relation l’évolution de la mythologie et le processus historique, c’est-à-dire, par exemple, le remplacement d’une théologie par une autre, à la faveur d’une invasion ou d’une assimilation culturelle.

On donne un exemple précis dans un épisode de la mythologie grecque, la défaite du monstre femelle, du serpent Python, protecteur de l’oracle de Delphes, vaincu par le dieu-Soleil Apollon, à qui le site a été ensuite dédié ; il s’agirait là du remplacement d’un système matriarcal par un système patriarcal. L’interprétation astronomique des mythes table aussi sur une réaction de l’humanité à des modifications d’un ordre ancien, en l’occurrence la remise en cause d’une cosmologie ou d’un calendrier, nécessitée par certains mouvements célestes, et notamment par la précession des équinoxes.

Au XIXe siècle, la vision romantique s’écarte des conceptions naturalistes ou historicistes, et voit dans les mythes un ensemble d’images donnant une expression symbolique aux idéaux spirituels. Cette création de mythes ne se manifeste pas seulement dans les anciennes civilisations les plus brillantes, comme celles de l’Egypte et de la Grèce.

DETAIL MANUSCRIT IXe SIECLE

Détail d’un manuscrit du IXe siècle : le Soleil prend l’aspect du Christ, entouré des signes du zodiaque. Le Soleil était aussi perçu comme un archétype du soi. Les représentations anciennes des choses célestes abondent en archétypes au sens jungien.

Pour Lucien Lévy-Bruhl (1857-1939), la « mentalité primitive » est inséparable de la production de mythes ; elle est « prélogique », c’est-à-dire qu’elle est certes apte à saisir une causalité logique, mais qu’elle voit en même temps, en toute chose, le surnaturel. Les augures, les dieux et les esprits sont pour elle éminemment réels, et leur monde est celui qui est décrit dans les mythes. Ces théories ont été largement mises à mal par la pensée structuraliste de Claude Lévi-Strauss, né en 1908) qui montre que les mythes reflètent les structures sociales et culturelles. Toutefois, les théories de Lévy-Bruhl concernant la création des mythes, en même temps que l’idée romantique selon laquelle ceux-ci correspondent aux idéaux spirituels, ont constitué la toile de fond d’une conception psychologique, en particulier celle de Carl Jung (1875-1961).

Ce dernier a complété l’interprétation astronomique des mythes en l’étoffant d’une dimension subjective, en rapport avec les mécanismes de l’inconscient, comme le montre son étude sur la précession. Pour lui, le symbolisme lié aux étoiles et aux planètes est un élément résiduel de l’inconscient collectif, qui représente l’expérience millénaire de l’humanité, et qui trouve son expression dans certains symboles universels, ou archétypes.

Un système symbolique tel que l’astrologie, ou l’alchimie, est un « langage » qui nous permet d’exprimer le voyage de l’âme vers son accomplissement mystique et vers « l’individuation », processus d’accession au soi. La fonction essentielle de ce cheminement est la création, par l’esprit, d’un archétype du soi, qui prend le plus souvent la forme du Soleil, mais aussi celle du mandala, symbole de méditation en Inde, qui est, pour Jung, le symbole de l’équilibre et de la totalité.

Le cercle des douze divisions du zodiaque constitue un tel mandala, et Jung pensait que les douze types de caractères dépeints par les signes, ainsi les attributs dynamiques des sept planètes traditionnelles, générateurs de mouvement et de changement, faisaient de l’astrologie la « psychologie de l’Antiquité ».

ANDROMEDE DELIVREE PAR PERSEE

Andromède délivrée par Persée

Bibliographie

Le langage secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius/Paul Devereux

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LA THEORIE DES ELEMENTS

(5.1 - Généralités) par sylvietribut le 28-05-2015

Les premiers philosophes grecs, en particulier ceux de l’école Ionienne, avaient tour à tour proposé comme éléments fondamentaux, à la source de toutes choses : l’Eau, l’Air, la Terre, le Feu. Empédocle (*) soutint que ces quatre éléments n’étaient pas hiérarchisés, mais qu’ils se combinaient grâce à l’amour qui les unissait, et à la discorde qui les séparait. Cette conviction fut unanimement admise par les penseurs de la Grèce antique, et Platon l’exposa dans le « Timée ».

ZODIAQUE ET LES QUATRE ELEMENTS

Le zodiaque et les quatre éléments

C’est Claude Ptolémée qui appliqua cette théorie des quatre éléments à l’astrologie dont il fut le codificateur au début de l’ère chrétienne. Il attribua chaque élément à trois signes, ce que l’on nomme la « triplicité ».

  • L’Eau, combinaison du froid et de l’humide : est l’élément du Cancer, du Scorpion et des Poissons. Elle symbolise la discipline, le conformisme, l’avidité, la sensibilité et la rêverie.
  • L’Air, combinaison de l’humide et du chaud, est l’élément des Gémeaux, de la Balance et du Verseau. Il dénote la souplesse, l’imagination, l’intelligence, mais aussi la dispersion due à un côté vif-argent.
  • La Terre, combinaison du sec et du froid, conditionne le Taureau, la Vierge et le Capricorne. Ses qualités sont le sens pratique, une grande aptitude à la concentration, la stabilité, le rationalisme, compensés par le fanatisme et le pessimisme, qui risquent de prendre le dessus.
  • Le Feu, combinaison du chaud et du sec, caractérise le Bélier, le Lion et le Sagittaire. On l’interprète comme une indication de force, de volonté, de lutte, d’audace et de confiance en soi, qui sont la source, quand elles sont excessives, de despotisme et d’agressivité.

La nature élémentaire d’une personne se détermine, à l’examen de sa carte du ciel, par la nature du signe occupé par le plus grand nombre de planètes ou de points remarquables. Plus ce nombre est élevé, plus la dominante élémentaire est forte.

La théorie des éléments est loin d’être absurde et arbitraire. Elle est née de l’observation du mouvement apparent au cours de l’année, quand la cosmologie était rudimentaire, et n’est que l’expression du bon sens :

  • L’Eau correspond au mouvement déclinant du Soleil qui s’achève au solstice d’hiver ;
  • La Terre, est en rapport avec le point vernal, ou équinoxe de printemps ;
  • Le Feu, c’est le mouvement ascendant du Soleil, trouvant son terme au solstice d’été ;
  • L’Air correspond à l’équinoxe d’automne.

Ce rythme solaire entretenait la succession des saisons, les travaux de la terre, l’aspect des cultures et modifiait le comportement des peuples tirant principalement leurs ressources de l’agriculture.

LES QUATRE TEMPERAMENTS

Les quatre tempéraments

Quant à la théorie des Humeurs c’est l’application à la médecine de la théorie des quatre éléments, ou « humeurs peccantes », connue également sous le nom « d’humorisme », formulée par Galien : les quatre humeurs, bile, pituite ou atrabile, sang et lymphe, sont à l’origine de toutes les maladies quand elles sont altérées ou en surabondance dans l’organisme humain.

A la fin du XVIIe siècle, Pinel et Broussais combattirent cette conception, jusque-là admise par la majorité des physiologistes. Au XXe siècle, sous l’influence des travaux de Richet, on y est revenu sous une forme quelque peu différente.

En astrologie, la théorie des humeurs sert, depuis Ptolémée, à esquisser le profil psychologique.

  • La bile correspond au Feu : Bélier, Lion, Sagittaire ;
  • La pituite est en rapport avec la Terre : Taureau, Vierge, Capricorne ;
  • Le sang s’apparente à l’Air : Gémeaux, Balance, Verseau ;
  • La lymphe correspond à, l’Eau : Cancer, Scorpion, Poissons. 

EMPEDOCLE - SIGNORELLI - ORVIETO 

 

 

(*) Empédocle était un philosophe, ingénieur et médecin grec, vivant en Sicile au Ve siècle avant Jésus-Christ.

LES QUATRE ELEMENTS2

Bibliographie

Dictionnaire de l’Astrologie – Jean-Louis Brau – Chez Larousse 

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DANS L’HERBIER DU TAUREAU… L’ACHILLEE MILLEFEUILLE… LE SOURCIL DE VENUS

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 15-05-2015

Chiron, le centaure du Mont Pélion, aurait enseigné les vertus de la plante à Achille, le bouillant héros de la guerre de Troie, qui en fit usage le premier pour guérir les blessures de ses compagnons. D’après une tradition chrétienne, Joseph le charpentier se blessa un jour gravement et son fils, Jésus, pansa avec des feuilles d’Achillea la blessure qui cicatrisa rapidement, d’où également son nom d’herbe aux charpentiers. Bénie depuis, la plante guérit les plaies soit en cataplasmes de feuilles fraîches, soit en lavage et compresses sous forme de décoction des fleurs.

ADONIS ET VENUS

Adonis et Vénus – Canova

Quant à Vénus, elle est associée à la plante parce qu’elle s’intéresse aussi aux femmes, comme Diane, en leur fournissant de quoi provoquer leurs règles et les apaiser quand elles sont douloureuses. Selon d’autres versions du mythe, Aphrodite aurait utilisé la plante pour traiter les plaies d’Adonis, son amant.

Achillea millefollium, Achillée, herbe aux militaires, herbe du soldat, herbe aux charpentiers, herbes aux coupures, herbe des cochers, herbe des voituriers, saigne nez, sourcil de Vénus, grassette : ses surnom autant que son nom commun ou scientifique fixent d’emblée sur son emploi, son signalement et sa légende ; la millefeuille guérit les plaies. Ses feuilles sont très découpées : « elles sont faites, dit joliment Matthiole, à ma mode e plumes folles de petits oiseaux » disait joliment Matthiole. Pietro Andrea Matthioli était un médecin botaniste italien, né à Sienne le 23 mars 1501 et mort de la peste à Trento en 1550.

ACHILLEE MILLE FEUILLE

L’achillée Millefeuille

L’Achillée Mille Feuille abonde aussi bien en plaine qu’en montagne. On la découvre au bord des chemins, sur les talus et les décombres, dans les prairies ensoleillées et c’est un excellent fourrage. Ses tiges cannelées et velues, de 30 à 50 cm de haut, portent des feuilles alternes plus ou moins duveteuses à segments divisés ressemblant à de la dentelle et des ombelles de petites fleurs blanches ou rosées à cœur jaune. On utilise ses feuilles, qui ont une légère odeur aromatique, et les sommités fleuries, récoltées pendant la floraison entre juin et septembre, et séchées à l’ombre.

ACHILLEE MILLE FEUILLE - PLANCHE BOTANIQUE

Achillée Millefeuille – Planche botanique

L’Achillée Mille Feuille est considérée comme efficace sur des troubles de la circulation sanguine et des muqueuses. Bien entendu, elle agit sur les plaies : coupures, blessures, ulcères variqueux, pour les nettoyer et hâter leur cicatrisation, soit en cataplasmes de feuilles fraîches pilées, soit en lavages et compresses sous forme de décoction : 40 à 60 grammes de plante pour un litre d’eau, faire bouillir deux ou trois minutes et laisser infuser dix minutes. Mais c’est sur le plan interne, pour ses propriétés antihémorragiques, antispasmodiques, fortifiantes et décongestives, qu’elle rend les plus grands services. L’homéopathie la prescrit en cas d’hémosptisie, d’hémorragies après extraction dentaire ou accouchement.

Une décoction plus légère est recommandée contre les crampes d’estomac, les spasmes douloureux de l’utérus, la métrorragie, la mauvaise circulation sanguine, les varices, les troubles de la ménopause, le mauvais fonctionnement du foie d’origine nerveuse, l’entérite, la diarrhée : 30 à 50 grammes de plante pour un litre d’eau froide ; faire chauffer jusqu’à ébullition, laisser infuser dix minutes, deux ou trois tasses par jour.

Enfin, cette décoction, en lotions répétées, améliore la peau et fait disparaître les boutons ou dartres du visage.

ACHILLEE MILLE FEUILLE - SOURCIL DE VENUS

Bibliographie

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

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LA NAISSANCE DE VENUS… LA DEESSE QUI VEILLE SUR LE TAUREAU

(6.6.2 - LES MYTHES DU TAUREAU ET DE VENUS) par sylvietribut le 29-04-2015

Homère et Hésiode donnent des versions concordantes à quelques détails près de la naissance d’Aphrodite/ Vénus. Saturne après avoir émasculé Ouranos, son père, en jeta au large les organes génitaux sanglants. Portés par les vagues, ceux-ci furent enveloppés d’écume, Aphros, d’où jaillit Aphrodite. On comprend mieux pourquoi le lieu d’exaltation de Vénus dans le zodiaque se trouve dans les Poissons.

BOTTICELLI - LA NAISSANCE DE VENUS

La Naissance de Vénus – Sandro Botticelli – Musée des Offices – Florence – Italie

Nue dans toute sa splendeur, Vénus s’installa sur une coquille emperlée que la brise odorante poussa jusqu’aux côtes méridionales de Chypre, à Paphos, où elle fonda son immortel royaume et attisa le désir de tous les dieux qui voulurent l’épouser. Et elle épousa Héphaïstos/Vulcain pour le tromper aussitôt avec Arès/Mars. De leur tumultueuse union naquit Eros, l’Amour.

Ensuite la déesse quitta l’Olympe et s’installa définitivement à Chypre, en symbole éternel du désir toujours renaissant du Ciel, son père, de s’unir à la Terre. C’est de ce désir inassouvi et de cette union annuelle que surgit le renouveau de la nature. En souvenir de cette cosmogonie, les pèlerins, avec les premiers jours de mai, affluaient à Chypre de toute partie du monde, de Grèce, d’Asie Mineure et de Perse pour rendre hommage à la déesse dans son sanctuaire de Paphos. L’eau, sous forme d’aspersions, d’immersions ou de libations, se trouvait de toute évidence, au cœur du culte de la déesse surgit de l’écume marine.

Avec le temps, au culte d’Aphrodite/Vénus se joignit, à la suite d’apports orientaux, celui d’Adonis, l’amant divin, dont les allers et retours entre la Terre et les Enfers symbolisent, à chaque renaissance de la nature, la continuité triomphante de la vie après la mort.

Les fêtes d’Aphrodite et d’Adonis duraient trois jours et elles se concluaient par des pratiques auxquelles seules les femmes avaient accès : une nuit de lamentations et de chants funèbres s’achevait par une course effrénée vers la côte, dans le but de se purifier par des ablutions dans les eaux vives, à la suite d’une procession des idoles sacrées à travers la ville. Le lendemain avait lieu la « découverte » et la résurrection du jeune amant trop tôt emporté par la mort. Alors le temple resplendissait de joie et les pèlerins repartaient après avoir accompli symboliquement l’union de deux puissances primordiales de la fécondité et de la fertilité, l’une potentiellement, l’autre manifestement.

ADONIS ET VENUS

Adonis et Vénus – Canova

Adonis est un dieu d’origine asiatique. Son nom vient du mot sémitique « adon » qui signifie « Seigneur ». Il fut vénéré en plusieurs endroits, mais toujours en même temps qu’Aphrodite/Vénus, Selon la légende, il était né d’une union incestueuse entre Myrrha ou Smyrna et son propre père, Cinyras, roi de Paphos à Chypre, ou bien Bélos, roi d’Egypte, ou encore Théias, roi d’Assyrie.

Myrrha ayant négligé le culte d’Aphrodite, la déesse lui avait fait éperdument désirer son père. Avec l’aide de sa nourrice, elle amena par la ruse son père à passer la nuit avec elle et c’est ainsi qu’elle conçut Adonis. Quand son père s’en aperçut, il chercha à la tuer, mais les dieux la transformèrent en arbre à myrrhe. Plus tard, l’arbre fut fendu sous la charge d’un sanglier, et Adonis sortit de la fissure. Selon une autre version, Ilithye, la déesse qui préside aux accouchements, délivra le bébé de l’arbre quand le moment fut venu.

Aphrodite, impressionnée par la beauté de l’enfant, le coucha dans un coffre et le confia à Perséphone. Celle-ci aimait aussi l’enfant et elle refusa de le rendre à Aphrodite, si bien que Zeus/Jupiter du trancher entre les deux déesses. On connaît deux versions du jugement : selon la première, Zeus décida qu’Adonis passerait un tiers de l’année avec chaque déesse et le reste comme il l’entendait. Mais Adonis consacra ce dernier tiers à Aphrodite.

La seconde version fait de la muse Calliope l’arbitre du conflit, Zeus ne désirant pas trancher, et précise qu’elle attribua la moitié de l’année à chaque déesse. Ces légendes rappellent la fonction d’Adonis, dieu de la végétation et de la nature. Aphrodite punit Calliope en provoquant la mort de son fils Orphée.

Alors qu’il était avec Aphrodite, Adonis perdit la vie comme il l’avait reçue : sous la charge d’un sanglier qui l’attaqua alors qu’il chassait dans la forêt. D’autres disent que l’agresseur était le jaloux Arès, déguisé, ou bien le mari d’Aphrodite, Héphaïstos. La déesse lui avait très souvent déconseillé e chasser de dangereuses bêtes sauvages. Le poète Ovide précise qu’elle lui avait raconté l’histoire d’Atalante, pour le mettre en garde.

L’affliction d’Aphrodite fut très grande. Il fit naître l’anémone rouge du sang qu’il avait perdu à sa mort. Selon une variante du mythe, elle convainquit Perséphone de le rendre au jour pour quatre mois, chaque année, au début du printemps.

L'ANEMONE ROUGE LA FLEUR D'ADONIS

Bibliographie

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Marabout

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EUROPE… EST NEE D’UN MYTHE… UN MYTHE TAUREAU

(6.6.2 - LES MYTHES DU TAUREAU ET DE VENUS) par sylvietribut le 26-04-2015

Dans la mythologie grecque, plusieurs Europe ont cherché à en écrire l’Histoire.

Il y eût d’abord Europe, fille du Géant Tityos et mère d’Euphémos. On connaît également Europe la mère de la pauvre Niobé. Il existe Europe, fille du Nil, une épouse de Danaé. Selon Hésiode, il existait une Océanide nommait Europe, l’une des trois mille nymphes filles d’Océan et de Téthys. Dans l’Iliade, Europe est la fille de Phoenix, père du peuple phénicien. Dans les œuvres d’Homère, Europe n’est pas un terme géographique, mais une reine mythologique de Crète.

Une tradition répandue considère que le nom du continent est celui d’Europe, fille d’Agénor, personnage mineur de la mythologie grecque, roi de Tyr et de Téléphassa, sa femme, et sœur de Cadmos, Phénix et Cilix. Une autre tradition ferait d’Europe la sœur de Libye.

LE RAPT D'EUROPE - ANTONIO CARRACCI

Le rapt d’Europe par le taureau blanc – Antonio Carracci

Selon un mythe d’origine crétoise, cette princesse phénicienne jouait sur le bord de la mer avec ses compagnes. Zeus/Jupiter en tomba amoureux. Prenant la forme d’un beau taureau blanc, il se mêla aux jeunes filles et se coucha, se laissant caresser. Certains auteurs affirment que le taureau n’était pas Zeus lui-même, mais simplement un appât pour attirer la jeune fille vers lui. Europe le trouva si doux et si lisse qu’elle finit par s’asseoir sur son dos ; aussitôt, le taureau se leva et s’élança vers la mer, s’éloignant à la nage dans les eaux profondes. Bientôt, les compagnes d’Europe les perdirent de vue ; elles ne la revirent jamais plus.

Europe fut transportée en Crète, où le taureau la déposa sur le rivage. Zeus lui révéla alors son identité. Puis il s’unit à elle sous un platane qui, depuis lors, resta toujours vert, ou bien dans la grotte du Mont Dicté où il avait été élevé.

Europe lui donna trois fils : Minos, Rhadamanthe et Sarpédon. Zeus lui fit trois présents : une lance qui ne manquait jamais son but ; Laelaps, le chien qui ne laissait jamais échapper sa proie, et Talos, l’homme de bronze qui faisait chaque jour le tour de la Crète et tuait les étrangers.

Ensuite, Zeus maria Europe à Astérion, futur roi de Crète. Ensemble ils eurent une fille, Crété et Astérion adopta les fils d’Europe et de Zeus. Il fit de Minos son héritier.

Le père d’Europe, Agénor, tenait absolument au retour de sa fille et il envoya à sa recherche Cadmos, Phoenix et Cilix ses fils, auxquels il interdit de revenir sans elle. Sa femme partit avec eux et il ne revit aucun d’eux.

TAUREAU - BIBLIOTECA ESTENSE

Constellation du Taureau – Bibliothèque Estense – Ferrara – Italie

Hérodote mentionne l’existence d’une tradition qui voit en Europe l’origine de la dénomination d’un continent que, pourtant, elle n’aborda pas. En effet, Europe passa d’Asie Mineure en Crète, et de Crète en Lycie. L’historien met vigoureusement en doute l’assignation au continent européen du nom d’une phénicienne. Il refuse le vieux mythe crétois et considère l’Europe, qu’il assimile de préférence à la Grèce, comme un prolongement continental en opposition avec la Libye qui représente l’Afrique et l’Asie.

Quant au Taureau, il fut immortalisé parmi les étoiles et devint la constellation du Taureau.

EUROPE ENLEVEE PAR LE TAUREAU - PIECE GRECQUE DE 2 EUROS

Europe et le Taureau sur la pièce grecque de 2 euros

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DANS L’HERBIER DU BELIER… LA CANNELLE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 06-04-2015

La cannelle est un petit arbre à feuilles opposées, le cannelier de Ceylan aujourd’hui Sri Lanka, dont on utilise seulement l’écorce. Celle-ci est de couleur fauve pâle. Elle se présente sous la forme de petits tuyaux résultant de l’enroulement de l’écorce sur elle-même. On la coupe en petits fragments afin qu’elle soit plus perméable à l’au et qu’elle rende le maximum de substances.

Cette écorce contient des sucres, du mucilage, du tanin, et une essence renfermant de l’aldéhyde cinnamique, de l’eugénol et du phellandrène. Son goût est dû à une huile essentielle aromatique. La cannelle est une épice principalement produite sur l’île de Ceylan.

LA CANNELLE

La cannelle

La cannelle est utilisée depuis des temps immémoriaux puisqu’elle était déjà mentionnée en Chine 2 700 ans avant Jésus-Christ. Elle était tellement à l’honneur dans ce pays qu’aucun médecin n’aurait délivré une ordonnance qui ne comportait pas de la cannelle.

Dans l’Antiquité, on connaissait aussi la cannelle. Les anciens Egyptiens l’utilisaient dans le processus de l’embaumement. Dans un temple construit sous Thoutmosis se trouvent des hiéroglyphes racontant que la cannelle arrivait par bateau de la Somalie avec l’encens et la myrrhe.

La Bible, Hérodote et les médecins arabo-musulmans et d’autres auteurs classiques y font référence. Et, dans le Nouveau Testament, il est dit que la cannelle est plus précieuse que l’or. Ensuite, les Grecs et les Romains découvrirent et utilisèrent la cannelle. Dioscoride en vantait les vertus : « Tout cinamome échauffe, remollit, fait digestion, provoque l’urine, il est bon contre le poison les bestes qui guettent venim ».

On raconte aussi que Néron, empereur romain, ayant tué sa femme dans un accès de colère, pris de remords, fit brûler les réserves de cannelle de Rome, à chaque anniversaire de sa mort et cela malgré son avarice notoire.

A Ceylan, seuls les Salagam avaient le droit de toucher à la cannelle et tous ceux qui contrevenaient à l’interdit et oser la toucher, autre que les Salagama, étaient punis de mort. L’île fut souvent attaquée par les Hollandais, les Portugais et les Britanniques, mais le peuple de Ceylan réussit toujours à se défendre et à protéger la cannelle. A partir du XVIe siècle, les Portugais occupent l’île et la cannelle devient le fer de lance du commerce portugais durant le siècle suivant. Ils sont supplantés par les Hollandais qui en prennent le monopole de 1636 à 1796 en brûlant les excédents pour maintenir les cours. Ce furent ensuite les Anglais qui prirent en main le marché de la cannelle. A la fin du XVIIIe siècle, elle fut introduite à Java et aux Seychelles.

HYPOCRAS - VIN MEDIEVAL AUX TREIZE EPICES

L’hypocras le vin médiéval aux treize épices

On trouve la cannelle dans de nombreuses préparations allant du Moyen Age à nos jours. Cependant, elle n’arriva en France qu’en 1220. On peut retrouver cette épice dans le fameux hypocras, une boisson médiévale à base de vin dans laquelle on faisait macérer diverses épices  cannelle, cardamone, clous de girofle, gingembre et même des pétales de roses. Cette composition est attribuée à Hippocrate, d’où son nom, cité pour la première fois au milieu du XIVe siècle. Cette boisson tonique et apéritive était également réputée aphrodisiaque. Elle connut son heure de gloire au Moyen Age, mais elle eût, les siècles suivants, des adeptes célèbres, tels François Villon et François Rabelais.

C’est au XIIIe siècle que la cannelle commence à se démocratiser en Europe, tout en restant hors de prix. C’est également à cette époque que l’écrivain arabe Kazwini, écrivit sur le commerce de cette épice. Toutefois, l’usage de la cannelle en France remonterait à l’époque des croisades lorsque les chevaliers chrétiens la rapportèrent avec l’hypocras.

La première synthèse d’arôme artificiel de cannelle fut réalisée en 1856 par Luigi Chiozza.

De nos jours, on admet les propriétés stimulantes certaines de la cannelle sur les systèmes respiratoire et circulatoire. De plus, elle augmente aussi les sécrétions du suc gastrique et stimule l’ensemble des fonctions digestives.

Tonifiante, elle est utile aux convalescents, pour les personnes fatiguées et manquant d’appétit. On la recommande spécialement dans les cas d’asthénie post-grippale. D’ailleurs la cannelle est aussi un excellent préservatif de la grippe et des refroidissements.

VIN CHAUD A LA CANNELLE

Vin chaud à la cannelle

Pendant la guerre 1939-1945, on préparait un vin chaud à la cannelle car il fallait résister au mal, les médicaments n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui, et les gens mal nourris par toutes les privations subies étaient plus réceptifs aux microbes. Dans les campagnes, l’usage était de faire rougir le tisonnier et de le tremper d’un coup dans le liquide, faisant surgir comme un mini-volcan dans la casserole.

Ce vin chaud possède des propriétés toniques et stimulantes incontestables et procure une accélération du cœur et de la respiration. Ces qualités sont d’ailleurs utilisées en pharmacie dans la potion de Todd : teinture de cannelle diluée dans du sirop et de l’eau-de-vie. Cette dernière peut être remplacée par du rhum. Cette potion peut encore être employée comme antigrippe car elle entre dans la catégorie des sirops pectoraux. A l’époque aussi, le vin de cannelle était généreusement distribué dans les hôpitaux contre une contagion possible entre malades.

Bien sûr, on utilise également la cannelle en cuisine comme condiment et substance aromatique, en association avec la prune, dans la préparation de chocolats et de liqueurs, ainsi que dans la cuisine indienne et orientale. Elle est couramment utilisée aux Etats-Unis et au Canada dans la préparation des tartes aux pommes et autres plats sucrés, notamment aux pommes. Par exemple, « pomme et cannelle » est une saveur courante parmi les marques de céréales sucrées.

Enfin, la cannelle est utilisée par l’industrie pharmaceutique.

La cannelle, comme tous les épices, et le goût épicé font partie de l’univers du Bélier.

POMMES AU FOUR ET A LA CANNELLE

Pomme au four et à la cannelle

 

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