LES DUALITES DE MERCURE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 5.3.3 - MERCURE, 6.6.3 - LES MYTHES DES GEMEAUX ET DE MERCURE) par sylvietribut le 27-08-2013

Mercure, dont le diamètre représente moins de la moitié de celui de la Terre, est la plus petite des planètes inférieures. C’est aussi la plus proche du Soleil, elle en est séparée par 58 millions de kilomètres. Vu de la Terre, Mercure ne s’écarte jamais de plus de 28° du Soleil, et son mouvement orbital, qui dure 88 jours, semble aller vers l’arrière, puis vers l’avant, qui correspond au mouvement rétrograde ; comme si la planète escortait l’astre du jour et c’est ce qui a valu à Mercure d’être considéré comme un héraut ou un messager par la mythologie. Cette planète est si proche du Soleil qu’elle est difficilement observable à l’œil nu, sinon brièvement, au début de l’été ou de l’automne, au moment du lever ou du coucher du Soleil. 

LA PLANETE MERCURE

La planète Mercure

Ce mouvement de rétrogradation est l’un des aspects les plus étonnants du mouvement des planètes et cette boucle que beaucoup d’entre elles accomplissent quand elles viennent en situation de conjonction inférieure ou d’opposition. Ce phénomène est évidemment une illusion d’optique, due au mouvement propre de la Terre.

Entre 1924 et 1929, l’astronome Eugène Antoniadi a observé en détail Mercure. Avec un télescope géant, il a distingué des zones sombres sur la surface de la plante, auxquelles il a donné des noms empruntés aux mythologies grecque et égyptienne : Apollonia, Horarum, Aurora. Selon lui, il s’agissait de vastes régions obscures, aussi mystérieuses et séduisantes que les personnages dont il avait emprunté les noms. Malheureusement, des observations ultérieures, plus précises, ont montré que ces fameuses zones n’existaient pas.

Pour les prêtres-astrologues de l’ancienne Mésopotamie, Mercure était le dieu Nabou, et on célébrait un culte en son honneur, essentiellement dans la ville de Barsippa, située à quelques kilomètres au sud de Babylone. Peu d’éléments concernant Nabou nous sont parvenus, mais on sait tout de même que, vers 1000 avant Jésus-Christ, il a remplacé une ancienne déesse sumérienne, Nisaba ou Nidaba, la patronne des scribes. Il est le fils de Mardouk, l’équivalent de Jupiter, et on considérait que toute variation de l’aspect de la planète Mercure laissait présager quelque changement pour le fils du roi, le prince héritier. Le septième jour des fêtes du Printemps, marquant le nouvel an en Mésopotamie, Nabou délivrait Mardouk de sa captivité, ce qui symbolisait la restauration de l’autorité et de l’ordre pour l’année à venir. Le onzième jour, les dieux se réunissaient pour décider du destin du monde, tandis que Nabou enregistrait leur jugement.

Les Sumériens croyaient aussi que Nabou avait le pouvoir de faire tomber la pluie, sans doute parce qu’il était censé avoir une action bénéfique sur les récoltes. C’est peut-être à partir de ces croyances que les Grecs et les Romains de l’Antiquité ont associé Mercure aux activités commerciales. Plusieurs langues européennes ont conservé la racine latine de « Mercurius » dans des mots tels que « marchand » et « commerce ». Selon Jules César, c’était le dieu le plus célébré en Gaule et en Angleterre.

Mercure2 

Mercure, Maître des Gémeaux et de la Vierge, tenant dans sa main droite une bourse, symbole du commerce et dans sa main gauche le caducée, baguette magique faite de deux serpents entrelacés, symbole de paix et ayant un pouvoir de guérison – Dans la partie inférieure du tableau ceux que Mercure protège : les voyageurs, les moissonneurs et les marchands – Illustration extraite de De Sphaera – XVe siècle

Le dieu Mercure est l’équivalent romain du dieu grec Hermès. A l’origine, c’était le dieu de la Fécondité et celui des Voyageurs. Le nom « Hermès » signifie littéralement « celui du tas de pierres » : ce dieu était en effet honoré par des empilements de pierres placés sur le bord des routes, et chaque voyageur ajoutait la sienne, tradition qui se perpétue encore dans les randonnées et l’escalade. En outre, ce dieu guidait l’âme des morts vers le monde souterrain. Il portait un couvre-chef qui le rendait invisible et faisait de lui le messager des dieux.

MERCURE VOLANT LE TROUPEAU D'APOLLON - LORRAIN

Mercure volant le troupeau d’Apollon par C. Lorrain

La nature divine d’Hermès-Mercure a été établie dès sa naissance. Ce jour-là, avant midi, il inventa la lyre, et à la fin du jour, comme pour montrer son habileté à jouer des tours, il vola le bétail de son frère Apollon. Ayant séparé du troupeau cinquante génisses, il les conduisit, à la nuit tombée, en bas de la montagne. Pour modifier les traces de leur passage, il les fit marcher à reculons et chaussa d’énormes sandales pour déguiser ses propres traces de pas. Apollon en conçut de la colère, mais Zeus/Jupiter fut charmé par l’intelligence de l’enfant dont il fit son échanson. Dans certaines des représentations plus anciennes, Hermès a l’aspect d’un vieil homme portant une longue barbe, alors qu’à l’époque grecque classique c’était un beau jeune homme. En astrologie, il est souvent décrit comme l’incarnation des deux sexes, l’hermaphrodite.

MERCURE

Parfois Mercure porte un couvre-chef ailé, parfois les ailettes sont aux pieds

Un élément important de l’histoire de Mercure a son origine en Egypte. Dans le monde hellénique les derniers siècles qui ont précédé la naissance de Jésus-Christ, l’assimilation de Mercure au dieu égyptien Thot était très largement admise. Cependant, à l’époque des premières dynasties, environ 3 000 ans avant Jésus-Christ, Thot était un dieu lunaire, doté de beaucoup des attributs caractéristiques de Mercure. Il était l’inventeur des sciences, en particulier de l’écriture, et le dieu de la Médecine. Comme Hermès, il assurait en même temps les fonctions de messager et de scribe des dieux. Ce glissement des attributions, de la Lune à Mercure, illustre l’assimilation culturelle qui s’est effectuée, sous l’influence grecque, au cours du IVe siècle avant Jésus-Christ. A partir de cette époque, Mercure tend à être appelé Hermès Trismégiste, et ce nom, qui est en même temps un symbole, sera par la suite employé par les mages et les alchimistes. Les Grecs d’Egypte appelaient couramment leurs dieux « megistos » ce qui signifie « le plus grand ». Or, dans la langue égyptienne ancienne, on répétait plusieurs fois un adjectif pour lui donner plus de force ; suivant cet exemple, on exemple, on a répété trois fois le terme « megistos » après le nom du dieu Thot-Hermès, pour signifier « trois fois le plus grand », ensuite abrégé en « trimesgistos ». Rapidement, le nom d’Hermès Trimégiste est passé dans le langage courant. Ce dieu était considéré comme celui qui avait donné à l’homme la médecine, la magie, l’astrologie et l’alchimie. Dans l’alchimie européenne, nous la rencontrons sous son nom romain, Mercure, idéal de l’œuvre alchimiste et guide secret des adeptes de cette science, prenant parfois la figure du Christ, parfois celle d’un fourbe ou d’un dragon gardant le secret de la pierre philosophale.

MERCURE MAITRE DES GEMEAUX ET DE LA VIERGE

En astrologie, on dit que ceux qui sont nés sous l’influence de la planète Mercure ont l’esprit vif, qu’ils sont habiles et alertes, capables de penser rapidement et de parler avec facilité. Cependant, on considère qu’ils ont aussi une certaine tendance à l’inconstance.

Mercure était un dieu aux multiples fonctions, puisqu’il protégeait aussi bien les commerçants que les voleurs, ou même les artistes, en plus d’être le messager des dieux. Psychopompe, il était aussi transformateur des énergies. Dans l’interprétation astrologique classique Mercure conserve ces attributions. Il régit aussi les facultés intellectuelles, la compréhension, l’adaptation et le savoir-faire.

Le Mercurien type conserve les qualités propres et les défauts de l’adolescence. Doté d’un esprit vif et rapide ainsi que d’une très grande faculté d’assimilation, il parvient sans grande peine à posséder des connaissances sur un grand nombre de sujets. Toutefois, il ne s’agit souvent que d’un savoir de façade car il est incapable d’un effort soutenu dans la plupart des cas. Gai, subtil, jonglant avec les mots et les idées, avec une soif du dialogue, du contact humain, le Mercurien brille dans la société qu’il recherche. Mais tout n’est pas parfait chez lui, notamment quand des indications dissonantes s’imposent dans le thème, alors il peut même se révéler peu scrupuleux. 

CADUCEE SUR MONNAIE ROMAINE

Le caducée sur une pièce de monnaie romaine

Bibliographie

Le langage secret des étoiles et des planètes – Geoffrey Cornelius/Paul Devereux 

Dictionnaire de la Mythologie – Jean-Louis Brau – Larousse  

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LA MAISON X DU THEME ASTRAL… LA MAISON CAPRICORNE

(5.6 - LES MAISONS ASTROLOGIQUES) par sylvietribut le 17-01-2013

La Maison X, qu’on définit également par Milieu du Ciel, M.C., Méridien, est en analogie avec le dixième signe, le Capricorne. C’est une Maison de Terre, gouvernée par Saturne. C’est une Maison Cardinale qui indique l’importance de construire, de se bâtir une situation, de gravir les échelons d’une hiérarchie. D’ailleurs, en astrologie mondiale, cette Maison est celle du pouvoir. Dans un thème natal, il va s’agir du pouvoir potentiel du sujet, son action dans la société, sa montée sociale, son crédit, sa réputation, son degré de popularité ainsi que la voie qu’il choisit pour se développer dans la société.

ZODIAQUE ET MAISONS ASTROLOGIQUES 

La Maison X du thème astral et son analogie avec le Capricorne

Cependant, cette Maison X est indissociable de la Maison IV. En effet, comme on l’a déjà vu, à partir de la Maison VII, on n’appréhende plus les choses dans le seul sens de la Maison concernée, mais on prend en compte l’axe dans lequel elle s’inscrit. On parlera donc ici de l’Axe IV/X.

L’Axe du Méridien, colonne vertébrale du thème astral et comme un arbre qui plonge ses racines dans le « terroir natal », le pays de ses ancêtres, dans ce passé proche et lointain qui est la source même, le creuset où se sont lentement forgés « les outils de l’être », mais ce sont aussi les fruits de l’héritage de la lignée.

L'ARBRE ET SES RACINES 

Si dans l’axe horizontal de la Croix on va vers la Conscience, dans l’axe vertical du Méridien, il s’agit de la construction concrète de l’être. Le Méridien projette à la verticale la destinée car c’est en Maison X que se situe la rencontre avec le Fatum de chaque individu, c’est-à-dire son destin.

La Maison IV est en analogie avec le Cancer dont la planète-maîtresse est la Lune qui en fait la « Maison-matrice », la « Maison-mère » dans tous les sens du terme et souligne l’importance de la mère biologique, le foyer comme centre familial qui succède d’ailleurs au ventre maternel. Liée au passé, au Cancer et à la Lune, on trouve aussi en Maison IV la mémoire : mémoire des choses anciennes qui peut conduire à l’archéologie ; racines souterraines enfouies dans l’inconscient qui peuvent conduire à la psychanalyse, à la spéléologie ou à la géobiologie ; mémoire des ancêtres qui entraîne à la recherche généalogique, mémoire anténatale peut-être, à l’origine incertaine du rêve du Cancer. Imagination qui crée le rêve de l’être futur autant qu’elle cherche à retrouver le temps passé, le temps perdu.

 FOETUS... SON SIGNE... LE CANCER

Maison IV… Maison du Cancer… Maison-matrice celle du foetus

Avec la Maison IV, nous sommes au plus profond de l’être, au Nadir qui est aussi le « point minuit de la conscience » comme l’appelait Dane Rudhyar, où tout n’est encore que confusion et obscurité, chaos de sentiments et de vagues perceptions, à l’image du chaos originel. Et c’est de ce désordre et de ce chaos que va naître la création ordonnée, structurée de la Maison X, préfigurant la vieillesse et la fin d’un ordre qui, à peine établir, est déjà trop ancien pour se survivre à lui-même.

De la Maison IV on peut dire qu’elle est le lieu de tous les possibles hérités, le lieu de convergence où aboutit l’infinie variété des semences entrecroisées au fil du Temps, produit bariolé de la mixité du passé, sur lequel vont s’exercer toutes les pressions et influences du milieu parental, familial et socioculturel.

A la fois point d’arrivée du passé et point de départ vers le présent concret de la Maison X, cette Maison IV peut en effet être considérée comme le centre, centre de la Terre, centre du Moi, point d’aboutissement et point de départ ; centre non pas statique, mais dynamique, cyclique : d’où la signification traditionnelle attribuée à la Maison IV, de Maison de « la fin des choses », où l’on creuse la tombe dans la terre. Mais on la creuse aussi pour y planter ses racines, pour y construire sa maison. Terre que l’on cultive pour assurer la nourriture biologique, y faire son lit et son nid, aspect très « cancérien » des choses. C’est aussi une terre de culture spirituelle.

En Maison IV, on rassemble les pierres destinées à construire la Maison de la « persona » qui est aussi la Maison du Moi.

Maison-bercail, Maison des origines, de la petite enfance, mais aussi Maison de la fin de vie, car on retourne toujours au point de départ : on y revient toujours, à son pays natal ; on y est attaché par tout ce qu’il y a de plus profond en soi : on part vers la Maison X armé de ses outils pour s’affirmer, on revient vers la Maison IV pour y achever une vie.

 SATURNE EN DIGNITE EN CAPRICORNE

Saturne en domicile en Capricorne et en Maison X

La Maison X, Maison du Capricorne, Maison de Saturne, « le Grand Architecte » est d’une certaine manière le « toit » de l’être, le « toit du Moi ». Maison traditionnelle de la réussite sociale, du rang, du statut, de la carrière, de la situation de l’individu par rapport à la société, elle est également celle du « métier », le résultat du travail : travail sur le métier, sur l’environnement, travail sur soi, travail patient et acharné pour réaliser ce que l’on est.

En Maison X, on est ce que l’on fait, et la reconnaissance par les autres pour que la réalité du Moi soit objectivée sans doute ni réserve. On peut dire qu’en Maison VII on n’est rien sans l’autre, comme en Maison X on n’est rien sans combler le besoin de faire quelque chose de sa vie, sans laisser son empreinte sur le monde. L’ambition de la Maison X peut revêtir toutes les formes possibles, dans tous les domaines possibles, et ce sont le signe et les planètes présentes en Maison X qui orientent vers tel ou tel de ces domaines, qu’il soit politique, commercial, financier, psychologique, artistique ou tout autre.

Standing et réussite sociale, pouvoir et notoriété sont les instruments de la Maison X, les moyens nécessaires pour atteindre à une réalité du Moi, qui passe des potentialités de la Maison IV à leur actualisation en Maison X. Tous les outils de la Maison IV sont mis en action, au service de cette ambition, tout le labeur d’une vie, ne peuvent rien contre le Fatum inscrit tout là-haut en Maison X, et la chute est toujours proche et menaçante car à partir de la Maison X on ne peut plus que redescendre la pente si laborieusement gravie, si on ne dépasse pas les seules valeurs sociales de la réussite.

La Maison X est aussi le lieu où l’on amorce le passage au Si, le dépassement du Moi. On l’amorce seulement, car le chemin du dépouillement saturnien est difficile, et on reste solidement attaché en Maison X à sa propre construction. Il existe en effet une adéquation étroite entre la « personne » et la « fonction », entre les « outils de la Maison IV », point d’appui ou handicap, selon l’influence de la famille et du milieu de naissance, et le statut social atteint en Maison X.

Ce trajet vertical de l’Axe IV/X, qui va du Cancer au Capricorne, conduit de l’œuf initial à la réalisation de l’image de soi par le travail et le métier. En Maison IV convergent et s’assemblent les éléments constitutifs de l’être en puissance, hérité, patrimoine ancestral, monde du psychisme, de l’émotion, du rêve, et de la mémoire d’avoir été, mémoire sans laquelle rien ne saurait exister : monde aquatique de la Maison IV Cancer qui va irrésistiblement vers ce que l’on pourrait appeler « la Puissance de l’être » en Maison X.

 DECROCHER LA LUNE1

Mais inversement l’échelle sociale du Capricorne invite à décrocher la Lune

 

 

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