LA LUNE DANS TOUS SES ETATS

(5.3.2 - LUNE) par sylvietribut le 06-07-2013

Avec un diamètre de 3 476 kilomètres contre 12 714 kilomètres pour celui de la Terre, la Lune est l’unique satellite naturel de notre planète. A certains égards, c’est une planète jumelle de la Terre. Les deux corps sont liés par la gravitation : la période de rotation de la Lune autour de son axe correspond exactement à sa période de révolution (27 jours 7 heures 43 minutes) ; cela explique pourquoi nous voyons toujours la même face de la Lune, l’autre face restant cachée. Il y a toutefois une différence essentielle entre la Terre et notre satellite : la Lune est un astre mort, pratiquement sans atmosphère, sans eau de surface et où il n’y a pas de vie possible, pour autant que nous le sachions.

LA LUNE AU BOUT DE LA ROUTE

Comme toutes les planètes, elle n’est visible que parce qu’elle réfléchit la lumière. Le premier et le dernier croissant de la Lune, comme le disque complet de la pleine Lune, sont directement illuminés par le Soleil, selon un cycle de 29 ½ jours. Au cours de ce cycle, la part visible de la Lune croit depuis la nouvelle Lune, en passant par le premier quartier, jusqu’à la pleine Lune, puis elle décroît, à partir du dernier quartier, devient un croissant qui s’amincit peu à peu et finit par disparaître jusqu’à la nouvelle Lune. Parfois, dans le ciel, le soir, on découvre un beau phénomène connu sous le nom de « clair de Terre » : la lumière du Soleil réfléchie par la Terre atteint la partie obscure du disque lunaire et l’éclaire faiblement.

Satellite d’une planète moyenne, la Lune n’a évidemment pas le même rang que le Soleil dans la hiérarchie des astres. Cependant, pour nous, le Soleil et la Lune forment un duo. Ce sont les deux plus grands objets lumineux de notre ciel, et ils sont presque universellement considérés comme des jumeaux qui se partagent le jour et la nuit. En outre, du fait d’une coïncidence extraordinaire, qui émeut sans doute plus les poètes et les amateurs de mythologie que les astronomes, bien qu’ils soient séparés de nos par des distances très différentes, ils nous semblent tous les deux à peu près de la même grosseur.

Le symbolisme lié à la Lune, dans les différentes civilisations et à toutes les époques, paraît tout d’abord extrêmement diversifié, très complexe et plein de contradictions, surtout quand on le compare à la relative unité des représentations mythiques du Soleil. Cependant, on peut voir dans cette disparité une expression du caractère changeant et inconstant de l’astre de la nuit. Au cours de la Préhistoire, il semble que la Lune ait eu une importance plus grande que le Soleil et, selon toute apparence, dans la majorité des civilisations, on a commencé à établir un calendrier en comptant les « mois lunaires » plutôt que les saisons solaires ; il apparaît que le plan de nombreux sites mégalithiques a été établi en fonction de certaines données astronomiques et notamment celles de l’orbite de la Lune. Le nom du dieu lunaire japonais, Tsuki-Yomi, dérive des termes signifiant : « Lune » et « compter ».

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Thot à tête de babouin et son croissant de lune

La représentation du dieu lunaire de l’ancienne Egypte, Thot, parfois doté d’une tête d’ibis ou de chien, en prenant la forme d’un babouin portant un croissant de Lune sur la tête, témoigne d’une ancienne conception religieuse : la Lune et le Soleil, en se levant et en se couchant, se remplacent mutuellement dans le ciel. Lorsque le dieu solaire Ré effectue son voyage dans le monde souterrain, au cours des heures d’obscurité, on fait appel à Thot pour prendre sa place dans le monde supérieur. Dans certains récits, c’est Rê qui a créé la Lune pour éclairer le ciel durant la nuit, et qui a chargé Thot de la garder. Ce dernier tient également le calendrier du monde, et il a enseigné à l’humanité les arts et les sciences. Plus tard, il a été identifié à Hermès par les Grecs. A une époque plus récente, Thot est devenu une source d’inspiration pour la doctrine hermétique des Grecs, des Arabes et des Européens.

Le rôle régulateur de la Lune sur le cycle menstruel, ce dernier mot vient du grec « menses » qui signifie « Lune », était lié directement, dans l’Antiquité, à la fécondité. Lorsqu’on est passé du matriarcat au patriarcat, la Lune s’est vu attribuer un rôle de plus en plus féminin, alors que le Soleil était associé à la partie masculine de la société. On trouve une représentation caractéristique de la Lune et de la féminité en la personne de la déesse lunaire Ch’ang-o, ou Hang-o, l’une des divinités les plus vénérées des Chinois.

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Un lapin sur la Lune

La fête de la Lune, qui se tient le jour de la pleine Lune, qui suit l’équinoxe d’automne, est l’une des trois grandes fêtes annuelles. Elle est décidée uniquement aux femmes et aux enfants, et les hommes n’ont pas le droit d’y prendre part. On façonne de petites statuettes en forme de lapin, ou des soldats à tête de lièvre, deux animaux lunaires, et les enfants font des offrandes à la Lune qui se lève. Dans la mythologie chinoise, Ch’ang-o est la femme de l’archer I, qui reçut l’élixir d’immortalité pour avoir sauvé l’humanité en abattant neuf des dix Soleils, alors qu’ils se levaient ensemble et conspiraient pour brûler le monde. Un jour, I rentra chez lui et constata que son épouse avait bu l’élixir ; elle s’était enfuie vers la Lune et I se lança à sa poursuite. Le lièvre lunaire offrit une protection à la femme et força I à abandonner sa poursuite. Depuis ce jour, on considère que Ch’ang-o vit dans la Lune et qu’elle est un modèle de beauté et de modestie.

Aujourd’hui, on considère souvent comme allant de soir le caractère féminin de la Lune ; pourtant il n’en a pas toujours été ainsi, comme on peut le voir en Egypte, où elle prend la forme du dieu masculin Thot.

Au Japon, Tsuki-Yomi est un dieu lunaire et, dans la mythologie mésopotamienne, le dieu lunaire Sin est représenté sous les traits d’un vieil homme portant une barbe ; c’est même la divinité la plus importante d’un trio qui comprend aussi Shamash, le dieu du Soleil, et Ashtart, l’équivalent de Vénus.

Dans la mythologie brahmanique, on dit que les âmes des défunts vont dans la Lune. Cette identification de notre satellite au royaume des morts soulève un problème qui concerne sa signification symbolique. Ses phases, en effet, présentent une certaine analogie avec les cycles organiques et la vie de la nature ; la mythologie de certaines contrées d’Amérique du Sud fait de la Lune la mère des végétaux. Dans l’ancienne Mésopotamie, certaines considéraient que c’était la chaleur de la Lune, et non pas celle du Soleil, qui apportait aux plantes l’énergie nécessaire à leur croissance. Et en même temps, à l’inverse, pour beaucoup de peuples, ces phases ont été synonymes de décrépitude et de mort.

LES TROIS GRACES PETITS APPARTEMENTS DU ROI - DETAIL DU BUREAU DE LOUIS XV - VERSAILLES

Les Trois Grâces – Détail du bureau de Louis XV – Petits Appartements du Roi – Versailles

Cette ambivalence, cette coexistence de la vie et de la mort, on la retrouve dans l’identification de la Lune à une divinité triple qui se manifeste sous de très nombreux aspects, en particulier sous celui d’une trinité féminine, par exemple les trois Grâces, ou encore les trois sorcières. Les poètes de la Grèce antique voyaient dans Artémis, la Diane des Romains, chasseresse et vierge, la « déesse aux trois formes », ses deux autres personnalités étant Séléné, c’est-à-dire la Lune qui parcourt le ciel, et Hécate, la déesse mystérieuse du monde souterrain. Cette divinité triple peut être apparentée aux trois phases du cycle lunaire : l’arc d’argent porté par Artémis représente le croissant de la nouvelle Lune, alors que Séléné est la pleine Lune, et Hécate l’aspect obscur de l’astre.

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Les Trois Parques ou les Moires

Cette dernière possède elle-même une personnalité triple, et elle est souvent décrite comme une femme Ayant trois corps ou trois têtes. Elle erre parmi les âmes des morts, et des aboiements de chiens annoncent son approche. Elle se tient sur les tombeaux, dans les lieux solitaires et à la croisée des chemins, et enseigne la sorcellerie et la magie. On la dépeignait parfois sous les traits d’une vieille femme, allusion à la dernière phase du cycle lunaire, et son culte donnait lieu à des libations à la fin de chaque mois.

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Les trois phases de la Lune

Dans la mythologie, l’influence que la Lune exerce sur les marées se reflète dans le symbolisme relatif à l’eau. En Inde, par exemple, dans les mythes brahmaniques, le dieu Soma, du mot « soma » désignant une boisson hallucinogène qui était, dit-on, la nourriture des dieux et qui contenait le fameux élixir d’immortalité, était identifié à Candra, la déesse de la Lune, et représentait les eaux de la vie.

Dans les anciens contes germaniques, la Lune correspond souvent à l’eau et aux ruses. Dans l’un des plus connus, le renard persuade le loup que le reflet de la Lune apparaissant sur une mare est une jeune fille qui se baigne. Le loup plonge dans l’eau pour tenter de s’en saisir, et se noie.

On retrouve les phases de la Lune dans de nombreux mythes de toutes les régions du monde. Chez les Maoris, la Lune, un personnage masculin, enlève la fille du dieu Rona. Ce dernier furieux de ce rapt, décide d’affronter la Lune, et leur combat dans le ciel date de cette époque. Lorsque la Lune décline, on dit qu’elle est fatiguée de combattre et qu’elle a besoin de repos ; elle le prend durant la période où elle est en phase de croissance ; à la pleine Lune, le combat reprend de plus belle.

LE CHAR DE LA LUNE - CATHEDRALE DE CHARTRES

Le char de la Lune – Vitrail de la Cathédrale de Chartres

De même que le Soleil, la Lune est souvent représentée sous la forme d’un personnage parcourant le ciel dans un char, comme on peut le voir sur les vitraux en verre coloré des cathédrales.

En astrologie et en psychologie, la Lune symbolise souvent le monde subliminal, la lumière faible du non-conscient, opposée à la brillante clarté de la conscience, et elle représente souvent l’âme, face à la claire conscience de soi personnifiée par le Soleil.

LA LUNE ET LE CANCER

La Lune et le Cancer

Bibliographie

Le Langage Secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius et Paul Devereux

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LES ETOILES FIXES DU CANCER

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 02-07-2013

 

Cancro3

TEJAT sur 2°28 Cancer – De la nature de Mercure-Vénus – Invite à faire de nombreux voyages – Semble en rapport avec l’exil, l’expatriation – Dons d’expression – Tendance à la violence souvent par excès d’orgueil et sous-estimation des risques.

DIRAH sur 4°19 Cancer – De la nature de Mercure-Vénus – Bénéfique* – Synonyme de pouvoir, accorde de l’énergie, de la force, de la puissance ou bien des protections importantes des puissants.

ALTHENAT sur 7°59 Cancer – De la nature Mercure-Vénus – Bénéfique* – Réussite et succès dans l’Art – Amour du confort, du luxe, du plaisir – Parfois sensualité excessive et égoïsme – On peut connaître les honneurs militaires mais on risque aussi de les perdre.

CONSTELLATION DU GRAND CHIEN 

Constellation du Grand Chien

SIRIUS*** sur 13°09 Cancer – Dans la constellation du Grand Chien – De la nature Soleil-Mars et Jupiter, accessoirement Mercure-Vénus – C’est l’étoile la plus brillante du ciel. Se trouve souvent en forte position, conjointe au Soleil, au Maître de l’Ascendant ou du Milieu du Ciel, dans les thèmes de bien de très hauts fonctionnaires de l’Etat – Fougue, orgueil, renom, richesses, passion, hautes charges au gouvernement ou dans la fonction publique. Cependant caractère violent – Passions – Risque de blessures – Danger de morsures – Possibilité de mort publique. Sirius marque les sujets d’un caractère violent et impulsif – Voués à la gloire, mais aussi au déshonneur public, ils sont colériques – Fait les « têtes brûlées », parfois portés sur la boisson – Orgueilleux, ils n’écoutent personne, la violence est vraiment le fond de leur caractère – Cependant, c’est un indice de sincérité, de passion, d’ardeur – Parfois, Sirius rend riche et célèbre – Sirius conjoint à l’Ascendant donne un risque de blessure et même de mort, au cours d’une fête publique – Sirius conjoint au Milieu du Ciel accorde généralement de hautes responsabilités soit dans les affaires, soit en politique – Sirius en conjonction d’une autre planète suggère qu’une mort brusque ou violente est à craindre.

CONSTELLATION DU NAVIRE ARGO

Constellation du Navire Argo

CANOPUS sur 14° Cancer – Dans la constellation du Navire Argo – De la nature Jupiter-Saturne – Bénéfique* – Evoque des tendances conservatrices – Erudition et dons pour l’enseignement – Mysticisme et piété – Goût des voyages – Accorde parfois de hautes dignités et de grandes responsabilités – Canopus conjoint à l’Ascendant évoque la célébrité, des procès retentissants et des voyages. Canopus conjoint au Milieu du Ciel promet de grands honneurs – Canopus en Maison IV évoque un risque de naufrage ou de malheurs liés à l’eau.

WASAT sur 17°32 Cancer – De la nature de Saturne – Méchanceté – Tendances destructives – Violence – Risque par la chimie, les gaz, les poisons.

PROPUS sur 17°59 Cancer – De la nature de Mercure-Saturne – Bénéfique* – Apporte force, élévation, succès, courage et réussite.

CASTOR* sur 19°16 Cancer – De la nature de Mercure-Jupiter, Mars et Saturne – Bénéfique* – Confère de l’intelligence, de l’astuce et de la finesse, un certain raffinement – Accorde des succès juridiques ou littéraires : journalisme ou édition – Aptitude pour l’équitation et Amour des chevaux – Voyages nombreux – Réussite et célébrité suivies de revers : ruine, malheurs, maladie, chagrins sévères – Tendance à la ruse, à la méchanceté – Tendances violentes.

ADARA sur 19°35 Cancer – De la nature de Vénus – Bénéfique* – Effets positifs.

WESEN sur 20°52 Cancer – De la nature de Vénus – Bénéfique* – Effets positifs.

POLLUX** sur 22°16 Cancer – De la nature de Mars – Personnalité subtile – Confère de la bravoure, du courage, de l’audace, de l’intrépidité, de l’astuce, mais impulsivité et témérité. Semble être en rapport avec une mort violente par le feu, le poison ou les voleurs – Présomption et cruauté – Il existe parfois une certaine malveillance doublée d’hypocrisie. Pollux en Ascendant fait aimer la guerre et confère aucune tendresse – Pollux conjoint à Saturne à l’Ascendant évoque un risque de mort par le feu – Pollux conjoint à Mars suggère un risque d’être assassiné par des voleurs – Pollux conjoint aux luminaires ou au Maître de l’Ascendant ou au Maître de la Maison VIII ou même à l’Ascendant suggère une mort violente – Pollux conjoint aux autres planètes accorde honneurs et célébrité, habileté et même bonté.

CONSTELLATION DU PETIT CHIEN 

Constellation du Petit Chien

PROCYON sur 24°51 Cancer – Dans la constellation du Petit Chien – De la nature Mercure-Mars – Evoque la maladie, la cécité, une tendance à l’insolence, la luxure – Promet de lourdes pertes – Tend à donner des goûts cynégétiques (chasse) mais danger par les grands animaux ou en voyage (voiture, avion) – Confère le sens des responsabilités des leaders – Risque de pauvreté par négligence – Tendances à la violence – Risque de morsures de chien – Hydrophobie – Intérêt pour l’écologie – Fidélité en amitié mais gaffeur et trop curieux – Besoin d’activité et ambition – Danger de violence – Parfois succès tournant à la catastrophe – Naturel complexé et angoissé, étourdi et insolent – Procyon conjoint à l’Ascendant rend colérique – Procyon conjoint au Soleil promet l’obtention de postes importants, mais de façon générale il existe un danger de mort par violence.

A suivre…

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DANS L’HERBIER DES GEMEAUX… LE BLEUET

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 17-06-2013

Le mot « bleuet » apparaît dans la langue française en 1380, tout simplement dérivé de « bleu ». En France, il désigne une centaurée à fleur bleue alors qu’au Québec, c’est le fruit d’une espèce proche de la myrtille. Le mot « myrtille » est apparu en 1565. Il vient du latin « myrtillus », dérivé de « myrtus » ou « myrte » qui désigne un petit arbre à fruits.

Dans la Grèce antique, un enfant poète du nom de Cyanos, chantre de la terre et de ses richesses, fut métamorphosé à sa mort, par la déesse Flore, en bleuet, afin que jusqu’à la fin des temps, l’humanité se souvienne de celui qui avait si bien célébré la nature. En grec « Cyanus » signifie « bleu ».

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Bleuets

Le bleuet fait partie de la famille des Centaurées qui n’est pas sans évoquer les Centaures dont le plus célèbre fut Chiron, le bon centaure, à qui Jupiter avait donné le pouvoir de soigner et de guérir, mais qui ne pouvait se guérir lui-même. En effet, il avait été blessé accidentellement par une flèche empoisonnée d’Hercule. Il fait d’ailleurs partie de la constellation zodiacale du Sagittaire. Le bleuet s’appelle d’ailleurs du nom savant et latin de « Centaurea cyanus ».

Le bleuet a donc hérité d’un parrainage doublement prestigieux : un centaure, Chiron via le Sagittaire, et un jeune poète que les Gémeaux évoquent.

 BLEUET DANS LES BLES

Vassili, basilek, métamorphosé par la nymphe amoureuse

A ce propos, pour les Russes, le bleuet perpétue le souvenir d’un beau jeune homme qu’une nymphe séduisit et entraîna avec elle dans la houle blonde des moissons mûrissantes avant de le transformer sur place en une plante, cela pour empêcher qu’il fasse jamais battre un autre cœur que le sien. La malheureuse victime de ce drame de la jalousie se nommait Vassili, ou Basile, et c’est la raison pour laquelle les Russes appellent le bleuet « basilek ».

Cependant si, d’un bout à l’autre de l’Europe, les légendes varient sur l’origine du bleuet, l’usage qu’on en fait est le même partout : plaisir des yeux, il en est aussi le protecteur attitré. En effet, ce bleuet qui porte également le nom de casse-lunettes et la tradition veut que le bleuet soit spécialement indiqué pour les yeux bleus alors que le plantain, dont les semences sont brunes, le serait pour les yeux noirs. Quoi qu’il en soit, en décoction légère, on l’emploie tiède en lavages, en compresses ou en bains avec une œillère contre la conjonctivite, l’irritation des paupières et la faiblesse de la vue.

Une décoction de fleurs de bleuet est également indiquée en bains de bouche contre les inflammations de la muqueuse buccale : gingivite, stomatie ulcéreuse, aphtes. Elle constitue une excellente lotion pour le visage dont elle raffermit, rafraîchit et tonifie l’épiderme… Elle se révèle être bien supérieure aux crèmes fort chères qui inondent le marché.

Le bleuet s’emploie aussi en usage interne : ses fleurs séchées en infusion, à raison de 20 à 30 grammes par litre d’eau et une tasse trois fois par jour avant ou entre les repas, pour enrayer les inflammations des reins, la goutte, les rhumatismes et dans le Nord, on prépare même une bière antirhumatismale en faisant macérer pendant quelques jours 25 gr de fleurs séchées ou de plante entière réduite en poudre pour un litre de bière : un verre avant les repas constituera un apéritif utile et efficace. 

CHAMP DE BLEUETS

Bibliographie

Nos grands-mères savaient – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

 

 

 

 

 

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DANS LA MYTHOLOGIE GEMEAUX… UN DIEU MALIN… MERCURE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.3 - LES MYTHES DES GEMEAUX ET DE MERCURE) par sylvietribut le 29-05-2013

Il faut se souvenir de la naissance étonnante de ce jeune dieu irrespectueux. Sa mère, Maïa, l’a couché. Il vit depuis quelques heures à peine lorsqu’il sort de son berceau et va voler les bœufs qui appartiennent à Apollon, les cache dans une grotte en prenant soin d’effacer la trace de leurs sabots, ramasse une carapace de tortue pour en faire une lyre et regagne son berceau où il jouera les angelots endormis.

Apollon, lui, se rend compte de la disparition de son bétail. Il vient se plaindre à Maïa qui n’en croit pas ses oreilles lorsqu’il lui dit : « Ton fils m’a volé mes bœufs ». En toute bonne foi, elle affirme l’innocence de son fils.

Mercure-Hermès, et ce n’est pas un hasard, apparaît comme un dieu au double visage, à la double nature. Ailé, léger, ses « talaria » aux pieds, rapide comme le vent, il ne pèse pas sur ce sol qu’il parcourt pour porter les nouvelles, jouer les messagers et les intermédiaires. Il représente le « Trickster » des Jungiens, le joker du jeu de cartes, ludique par excellence, ingénieux et irrévérencieux. Malin, débrouillard et aérien.

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Hermès/Mercure – Giambologna – Musée du Louvre

Certes Hermès le Grec et Mercure le Romain sont une seule et même figure, mais on « entend » leur nom d’une manière un peu différente.

Hermès, cette autre face de Mercure, a qualité d’initié, accompagnateur des âmes, mercure alchimique, médiateur de l’essentiel.

Mais les ambiguïtés ne manquent pas qui nous font passer le Mercure à Hermès et d’Hermès à Mercure. Hermès est un dieu aimable, serviable, plein d’une bonne volonté que rien ne décourage, venant en aide aux dieux comme aux mortels. Il mettra souvent Ulysse en garde contre divers dangers et notamment contre les pouvoirs de Circé la magicienne.

Apollon lui enseigne bien des choses. Il n’a point de rancune pour le jeune dieu qui lui a joué bien des tours dès le berceau et il a pardonné du vol du bétail qu’il lui a restitué contre la lyre fabriquée avec la tortue. Hermès amuse Apollon comme il amuse d’autres dieux, et parfois les irrite. Apollon lui enseigne les arts divinatoires. Les fées lui devront sans doute leur « baguette magique ».

MERCURE ET VENUS - VAN LOO - MUSEE DU PRADO - MADRID

Hermès/Mercure et Aphrodite/Vénus – Van Loo – Musée du Prado – Madrid

Dieu libre, impertinent, jamais servile, il agace les dieux parce qu’il leur vole des objets ou les leur cache. Il dérobera son épée à Arès/Mars, son trident à Poséidon/Neptune… Il vole ainsi à Aphrodite/Vénus une sandale et la lui rend que contre un odieux chantage : elle devra se donner à lui ! Mais on sait que les femmes pardonnent facilement aux hommes d’esprit et les déesses, sans doute, n’échappent pas à la règle. Hermès possède ce pouvoir et il en profite sans scrupule. De son union avec Aphrodite/Vénus naîtra Hermaphrodite, créature étrange à la fois mâle et femelle. Hermès ne peut rien faire comme les autres… pas même les enfants !

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Hermaphrodite – Collection Borghèse – Musée du Louvre – Paris

Par ailleurs, il possède un exceptionnel sens de l’orientation et il montre le chemin à qui le lui demande. Ce qu’il enseigne n’est pas toujours très moral comme duper, truquer ses comptes. Il devrait être le patron des contribuables ! Ce n’est pas le plus scrupuleux des dieux mais, par-dessus tout, il a le goût du jeu.

L’autre visage du dieu nous montre l’émissaire auprès d’Hadès, l’habile négociateur, le diplomate. Psychopompe, c’est lui qui accompagne Orphée jusqu’aux Enfers lorsque celui-ci vient chercher, éperdu, sa jeune fiancée trop tôt ravie à son amour. De tous côtés, on le remercie, on le prie, on le fête. Et il fait songer à ces saints devant la statue desquels on accumule les ex-voto, pour un objet retrouvé, une guérison. Rien n’a changé.

Il court, comme le « furet du bois joli ». Et il va vite. On perçoit bien là sa maîtrise sur le signe des Gémeaux et ces Dioscures vainqueurs des Jeux olympiques. Mais il est aussi celui qu’on retrouve en Egypte sous les traits de Thot ou d’Anubis, guide des âmes. Comme le Grand Hermès, il assumera aussi le rôle d’inventeur des sciences et des arts, de la magie et de la philosophie qui portera son nom : l’hermétisme. Pour interpréter les rêves, c’est à lui qu’il convient de s’adresser.

LA NYMPHE MAIA

La nymphe Maïa

De qui est-il le fils ? De Maïa, violée par Zeus/Jupiter. Mais, selon Robert Graves, son nom évoquerait la pierre phallique ou la pierre de borne, sur les routes, au carrefour, pour guider le voyageur. Il accorderait l’éloquence, l’art du bien-parler… et même le succès aux concours ou aux examens. D’ailleurs, les beaux aspects de Mercure à Jupiter en portent souvent témoignage. Il aurait même inventé la géomancie et un jeu divinatoire avec des osselets. Peut-être ceux-là mêmes qu’on aperçoit aujourd’hui encore dans les musées étrusques de Toscane.

Robert Graves lui prête même l’invention d’un alphabet cunéiforme « qui aurait été introduit de Grèce en Egypte », puis en Béotie et en Italie. Hypothèse évidemment contestée par les spécialistes qui estiment que le premier alphabet aurait vu le jour en Egypte. Peut-être, dit-on encore, a-t-il existé un alphabet sacré et secret, conservé par les trois Parques. Hermès Trismégiste serait à la fois roi, prêtre et législateur, ou magistrat. Et la Table d’Emeraude contiendrait les trois parties de la philosophie du monde. « Il monte de la terre au Ciel et derechef il descend en terre et il reçoit la force des choses inférieures et supérieures ».

A Hermès encore, on prête bon nombre d’inventions ou de pratiques : les échelles musicales, l’astronomie, les poids et mesures, la culture de l’olivier, la gymnastique et la boxe. On retrouve, au moins dans ces deux dernières spécialités, la trace de nos Dioscures.

Une autre version, d’ailleurs, voudrait que les Dioscures soient nés non de Léda mais de Némésis « Vengeance divine », avec toujours Zeus/Jupiter pour père, qui aurait confié les œufs à Léda et d’où seraient nés Hélène, Castor et Pollux. On aurait alors perdu Clytemnestre en route.

LA LYRE D'ORPHEE

Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur

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LA MAISON XI DU THEME ASTRAL… LA MAISON VERSEAU

(5.6 - LES MAISONS ASTROLOGIQUES) par sylvietribut le 18-02-2013

La Maison XI est en analogie avec le onzième signe, le Verseau. C’est une Maison d’Air, gouvernée par Uranus et par Saturne. C’est une Maison Fixe qui indique un enracinement dans les idées et les habitudes, bonnes ou mauvaises, qu’il sera difficile de modifier, mais également la capacité à résister pour que les idées progressent. Il y existe sous l’influence de la Maison XI une patiente endurance, comme une farouche obstination.

Un astrologue du milieu du siècle dernier, Jean Carteret, parlait à propos des signes Fixes, d’une dialectique de la main. Au Taureau, il plaçait la main de l’ouvrier, du paysan, de l’artisan ; au Lion, c’était la main du monarque qui tenait le spectre, le bâton du commandement ; au Scorpion, il parlait de la main de Fatma, main qui maudit ou qui exorcise ; au Verseau il voyait une chaîne des mains, cette union qui fait la force, la ronde des mains dont parlait Paul Fort : « Si tous les gars du monde voulaient se donner la main »…

Les idées sont le monde de l’Air, tout comme tout ce qui est mental, cérébral. L’Air invite également à échanger, communiquer, informer, disserter. D’ailleurs, la tradition nous informe que Maison XI renvoie aux amis et relations, et que c’est également la Maison des Projets… C’est en effet, via le Verseau, une Maison résolument tournée vers le futur, l’avenir.

Quant aux deux Maîtres du onzième signe, le Verseau, et de la onzième Maison, Saturne et Uranus, on pourrait résumer en signalant que l’un est résolument tourné vers le passé, Saturne, alors que le second, Uranus, est totalement tourné vers l’avenir. Le premier est conservateur, paraissant insécurisé et avide à la fois, mais pourtant doté d’une grande force morale, de ténacité et de prudence, tout en cultivant un esprit philosophique ; alors que le second se présente comme progressiste, mais est-il véritablement l’altruiste, qualité dont on le pare, ou ne l’est-il que sur le plan des principes et beaucoup moins dans la réalité quotidienne.

LE ZODIAQUE ET LES DOUZE MAISONS ASTROLOGIQUES

Les Maisons astrologiques et la Maison XI en analogie avec le Verseau

Cependant, cette Maison XI est indissociable de la Maison V. En effet, comme on l’a déjà vu, à partir de la Maison VII, on n’appréhende plus les choses dans le seul sens de la Maison concernée, mais on prend en compte l’axe dans lequel elle s’inscrit. On parlera donc ici de l’Axe V/XI.

Avec l’Axe I/VII nous étions dans une relation entre le Moi et l’Autre. Avec l’Axe V/XI quelque chose s’oppose, allant de la singularité, de l’unicité du Moi, à une image plus collective, voire même d’essence universelle.

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Le Verseau déversant la connaissance

Du Lion au Verseau ou de la Maison V à la Maison XI, secteurs analogiques, on se trouve en présence d’une dialectique de la toute puissance du Moi, en Maison V, face à la toute puissance des autres, acquise par les autres ou exercée sur les autres, en Maison XI.

La Maison V évoque une image narcissique : les enfants, les œuvres, les amours… tout se qui s’intègre dans la quête de gratifications ou des louanges. C’est aussi le monde du paraître, que ce soit à travers la tenue vestimentaire ou les ornements, bien en rapport avec le Lion. Sur un plan social, Lion et Maison V symbolisent les théâtres, les ambassades, les endroits dévolus à l’art et à la culture. La Tradition mentionne surtout les créations et la procréation, tout ce qui est gratifiant ou dévalorisant de l’image du Moi. En effet, l’enfant nous fait honneur ou nous fait honte. A travers lui, la tentation est de faire se réaliser ou non nos ambitions les plus secrètes. C’est le fils qui fera une grande école, là où le père avait échoué, comme s’il lui appartenait de gratifier son père ou de venger son honneur. De même l’œuvre nous vaut la gloire ou nous rend ridicule. Quant à l’amour, autre aspect de la Maison V, qui n’a rien à voir avec la Maison VII, Maison où l’on s’engage, où l’on se marie, où l’on passe des contrats. Avec la Maison V, nous espérons que l’Autre nous tende un miroir dans lequel nous pourrons non seulement nous reconnaître, mais encore nous accepter, nous aimer nous-mêmes en quelque sorte. Plus l’autre nous parera de quelques vertus, mieux nous aurons la certitude d’exister. Si par contre, il nous récuse, plus il nous renverra un portrait sans séduction, sans charme, blessé à jamais, difficilement capable de nous réconcilier avec nous-mêmes, de croire en notre aptitude à susciter l’amour. Selon la ou les planètes occupant cette Maison, nous verrons si cette réconciliation avec nous-mêmes sera aisée ou difficile, offerte ou non dès la naissance par des parents aimants et positifs.

Avec la Maison XI, ce n’est plus ici avec sa propre production (œuvre, amour, enfant) qu’on existe, mais par le rapport qu’on établit avec les autres, l’universel ou le collectif, le bien commun en quelque sorte. Et il n’est pas exclu que la symbolique puisse s’inverser, se pervertir totalement. Se souvenir du rôle d’Ouranos, Dieu du ciel, le Ciel étoilé et les Titans. La tâche titanesque tient de la Maison XI.

Le sens social de la Maison XI est associé à la législation, aux ministres, au conseil des ministres et aux communes ainsi qu’à leurs conseillers municipaux. On est bien en présence d’un rôle du jeu collectif. Tout va dépendre du rapport que l’on a avec le pouvoir. Celui-ci s’exerce sur les autres ou pour les autres. Les amis et relations ont un caractère collectif. Ils évoquent une image de groupe. Quant aux projets, ce sont des projets d’équipe, faits ou élaborés avec des amis ou des relations.

Le pouvoir peut également s’exercer sur les autres et on arrive alors dans la tyrannie. L’amour même du pouvoir qui fait changer de main le bâton du commandement du Lion et le fait passer au Verseau au profit de la communauté ou à ses dépens. D’où la nature quelque peu paranoïaque de cet axe, lorsqu’il est mal vécu, mal exploité, perverti… Car c’est bien de pouvoir qu’il s’agit.

Celui qui avec la Maison XI se met entièrement au service des autres, œuvre pour l’humanité tout entière, se dévoue pour un grand projet utopique, s’oublie, effaçant son égo au profit de ses frères humains, celui-là réalise l’essence même de cette Maison XI. Malheureusement, il en est qui exploite les autres pour en tirer des satisfactions égotistes, la gloire, l’admiration des foules, qui croit accomplir son Grand Destin et met tout en œuvre pour l’accomplir, même s’il croit se justifier en assurant qu’il veut le bonheur des peuples, celui-là fera un usage dangereux ou pernicieux de sa Maison XI.

De même les amis de la Maison XI peuvent nous soutenir ou nous trahir, nous poignarder dans le dos ou nous apporter les plus sereines joies du cœur. Les créations de la Maison V peuvent nous exalter, nous aider à nous accepter comme elles peuvent dévaster toute sécurité intérieure, toute identité narcissique.

Enfin, il y a du désir dans la Maison V et des désirs dans la Maison XI. Pour la Maison V, la Tradition y voit un « lieu de plaisir ». Le désir est faim, convoitise, besoin, appel ardent. Désirer, c’est étymologiquement « regretter l’absence de », vouloir remplir un manque, mettre en mouvement des énergies qui permettront l’accès à la satisfaction espérée. Nous sommes confrontés au « je suis, j’ai besoin de, j’existe », de cette Maison Lion.

En face, ce sont les désirs : la multiplicité des désirs, associés aux projets dispersés de la tradition, désirs qui parent dans toutes les directions, faims et aspirations multiples, entreprises tentaculaires, soif d’action ou d’emprise sur le monde. Avec la Maison XI nous pressentons la volonté de puissance derrière l’importance des désirs et avec elle, apparaissent les grands projets Verseau qui veulent embrasser la totalité de l’univers.

PROMETHEE DEROBE LE FEU

Prométhée dérobant le feu aux dieux au profit des hommes

Le désir de la Maison V est centré sur soi. Les désirs de la Maison XI sont valorisés par le groupe, influencés par lui, nés de lui, indissociables en tout cas du projet collectif. S’il y a un lieu dans le thème où découvrir le héros prométhéen, il est bien là dans la Maison XI. Ce héros n’est pas celui de la Maison IX dont le désir le pousse à se dépasser lui-même. Le héros de la Maison XI sera reconnu par la collectivité comme générateur de progrès pour l’humanité tout entière, ou alors il sera banni par l’Histoire à tout jamais.

Si on rencontre un amas planétaire dans cette Maison XI on pourrait y voir la démesure des projets, mais peut-être faut-il penser aussi à une volonté d’ascension vers un rêve de puissance, exacerbant le côté utopique de la Maison XI si typiquement Verseau. Comment ne pas penser aussi à un sens du groupe dominant, ou bien au besoin primordial, pour exister, d’une audience la plus large possible. D’ailleurs, l’ego pourrait s’identifier à une forme de pouvoir sur les autres, d’où la dépendance par rapport à ceux que l’on domine, ou qui nous dominent. L’écoute devient comme l’instrument du pouvoir du Moi et plus elle est grande, plus le sentiment d’exister est fort. On pense à certains chanteurs et leurs publics, à certains présentateurs médiateurs et leurs téléspectateurs, ou même le professeur et son auditoire ou l’homme politique pour qui son rêve de pouvoir ou l’identification à la nation.

Foule-en-delire

L’ovation – Foule en délire

 

 

 

 

 

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LA MAISON IX DU THEME ASTRAL… LA MAISON SAGITTAIRE

(5.6 - LES MAISONS ASTROLOGIQUES) par sylvietribut le 08-12-2012

La Maison IX est en analogie avec le neuvième signe, le Sagittaire. C’est une Maison de Feu, gouvernée par Jupiter. C’est une Maison Mutable suggérant que rien n’est fixé pour toujours, que des alternatives existent.

Cette Maison IX est indissociable de la Maison III. En effet, comme on l’a déjà vu, à partir de la Maison VII, on n’appréhende plus les choses dans le seul sens de la Maison concernée, mais on prend en compte l’axe dans lequel elle s’inscrit. On parlera donc ici de l’Axe III/IX.

 

Le Zodiaque et les douze Maisons Astrologiques – L’Axe Maison III/Maison IX

La Maison III est liée à la communication et à l’échange, la Maison IX représenterait donc une sorte d’octave supérieure des symbolismes de la Maison III. Les jeux intellectuels de la Maison III deviennent quête, joutes ou aventure spirituelle avec la Maison IX.

Avec la Maison III, on parlait de petits déplacements. Avec la Maison IX, l’image qui vient à l’esprit est qu’on « décolle » et la distance est décuplée. On y devient comme « frère de ses flèches », sans espoir de retour au port.

Amusement, passe-temps, récréation, plaisir, plaisanterie, calembours et jonglerie, on était alors dans le domaine de la Maison III qui implique aussi bien l’adresse que l’habileté et le jeu de mots. En face, avec la Maison IX, il s’agit d’autres jeux, plus dangereux, dans lequel on trouve les jeux d’argent ou le hasard défi l’absurde : jeux de cartes ou jeux d’échecs, loteries et casinos avec roulette et chemin de fer… Tous ce qui invite à connaître le frisson du risque.

 

Les Joueurs d’échecs – Daumier

En quelque sorte la Maison IX est la Maison de la démesure. Là où en Maison III on s’amuse, en Maison IX, on fait la fête. Avec la Maison III, on évolue dans monde de copains avec qui on a plaisir à discuter et échanger des idées. Avec la Maison IX, c’est cent personnes qu’on invite et on met les petits plats dans les grands, quand on ne rêve pas de jongleurs et de ménestrels dans un château féodal.

En Maison IX, on se met en condition de ne plus contrôler la situation. On s’expose peut-être « parce qu’à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Une sorte de roulette russe qui donne à l’existence du relief et du piment. En effet, pour donner du prix à la vie, il faut à chaque instant savoir qu’on peut la perdre. C’est dans ce sens que la Maison IX peut faire les vrais joueurs. Le joueur de la Maison IX s’affronte à un vertige qui n’a rien à voir avec la nature ludique de la Maison III.

Certains vont d’ailleurs jusqu’à risquer leur vie. C’est le cas de l’explorateur qui part en terre inconnue, insouciants des dangers ou des mauvaises rencontres car c’est précisément le surgissement de l’inconnu qui le fascine. Cependant, le risque ici peut tout aussi bien être intellectuel que spirituel.

Mieux vaut éviter de dire « chiche » à un Sagittaire ou à qui possède dans son thème une Maison IX importante. On se trouve alors en face de quelqu’un qui va se croire obligé de relever le défi, même s’il le sait absurde ou fou, même s’il sait qu’il devra vendre les bijoux de sa femme. Il lui faut retrouver cette drogue, cette excitation d’un danger né de l’absence de limite, de l’absence de frontière. Avec des planètes en Maison IX dans le thème natal, c’est encore et toujours, jusqu’à l’absurde, aller au-delà… « Les jeux sont faits… Rien ne va plus »… Voilà ce qui fait vibrer tout être Maison IX.

Toutefois, il est des êtres Maisons IX qui accepte cette dimension prométhéenne du destin, car si derrière les apparences, derrière le silence et le vide des espaces infinis, il y avait Dieu ? On peut alors s’entretenir avec la divinité, épouser la pensée supérieure et rencontrer son Guide spirituel, gravir la montagne, commencer l’ascension de l’homme à la conquête de Soi. Avec la Maison IX on peut partir à la conquête du Graal.

 

On peut porter également un autre regard sur l’axe Maison III/Maison IX et comprendre qu’on joue ici avec la dialectique « proximité-distance ». Ainsi, avec la Maison III nous jouons avec les proches, nous échangeons avec eux. Avec la Maison IX nous affrontons tous les problèmes de la distance, de l’éloignement, du départ, de l’étranger. Qui est cet étranger puisqu’il n’appartient pas au groupe familial comme le frère de la Maison III, mais c’est avec ceux de « là-bas » que nous allons devoir composer.

Ainsi, la présence d’une planète dans la Maison IX du thème natal se traduira par cette présence de l’étranger : le Soleil ou la Lune dans cette Maison pourront tout aussi bien évoquer son origine étrangère que son accessibilité, physique ou symbolique… un père ou une mère inaccessible, perdu, lointain, comme parti. Une Vénus en Maison IX évoque bien sûr des amours lointaines ou étrangères, mais également cette même notion d’inaccessibilité… L’autre est marié, prêtre, homosexuel, qu’importe… l’important est qu’on ne puisse l’approcher longtemps. Bien sûr cette notion de mobilité se traduit par le voyage lui-même avec la possibilité de résider à l’étranger, autrement que pour des vacances, comme c’est souvent le cas avec la Lune en Maison IX.

En fait, avec des planètes dans l’Axe Maison III/Maison IX, on part à la découverte, concrètement et intellectuellement, sans jamais admettre les frontières.

 

Le Centaure du Sagittaire

Enfin, la Maison IX est un secteur de Foi et en même temps de Désir et là réside toute sa dualité. C’est sans doute son analogie avec le Centaure, cheval de désir, archer de foi. D’où sans doute à une plus grande naïveté, une confiance plus innocente avec des planètes en Maison IX que dans la Maison III où l’intelligence se fait jeu brillant, éblouissant parfois. L’intelligence en tant que jeu avec les mots et les idées autorise tout… puisque le plaisir naît du talent à mettre les concepts en rapport les uns avec les autres, à échafauder une construction, quitte ensuite à la détruire d’un rire ou d’un geste, par provocation, pour en élaborer une autre aussitôt. Alors que l’être Maison IX joue son âme et ne sera jamais pris pour un provocateur et on le verra plutôt comme un missionnaire.

 

Thème Astral de Jean Mermoz – Né le 9 décembre 1901 – 2 heures – AUBENTON (02)

Le thème de Jean Mermoz qui illustre parfaitement cette double nature. On constate en effet l’importance de ces deux Maisons, Maison III et Maison IX et qui lui faisait dire « au lieu d’être aviateur, j’aurais pu être méhariste ou missionnaire ».

En résumé, avec des planètes en Maison III on fait de l’esprit. Avec des planètes en Maison IX, on accède au spirituel. Toutefois, il faut également constater que les Axes jouent aussi à échanger leur place et dans cet Axe III/IX plus encore qu’ailleurs, précisément parce que nous sommes dans un Axe Mutable.

 

L’Homme-Zodiaque – Enluminure – 1434

Ainsi dans l’Homme-zodiaque, les Gémeaux et la Maison III sont en rapport avec les poumons, les membres supérieurs et la main, et avec le Sagittaire et la Maison IX, l’accent est mis sur le foie, la vésicule biliaire, les hanches et les cuisses. Cependant, il peut y avoir échange de ces symboliques, passage d’un secteur à l’autre.

Par exemple, les poumons des Gémeaux/Maison III nous rappelle la symbolique de l’échange inspirer-expirer, comme les bras évoquent « l’abrazo » ou l’art de serrer l’autre sur son cœur, comme la main évoque à son tour l’Homo Faber et ses outils et donc le bricolage.

 

En face, avec le Sagittaire/Maison IX nous avons le foie, organe-usine, siège du pouvoir, de la colère mais aussi de la gourmandise. Nous sommes en analogie avec Jupiter, ses excès, sa foudre, sa volonté de puissance et de jouissance ; comme la cuisse de Jupiter en laquelle siège la force du Centaure. Ce Centaure qui court librement, qui trouve dans le sport l’occasion de se dépasser. Courir plus loin, plus longtemps que les autres… voilà un autre défi de la Maison IX.

 

Jupiter et la Corne d’Abondance – Parc du Château de Versailles enneigé

 

 

 

 

 

 

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EMBLEMATIQUE DU SAGITTAIRE… SAINT NICOLAS

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 05-12-2012

Après Saint Georges un saint soldat, martial évoquant le Bélier, après Saint Michel un saint justicier portant le glaive et la balance illustrant d’ailleurs ce signe, voici Saint Nicolas, un Saint prélat puisque évêque qu’on peut classer dans le monde du Sagittaire, signe de grande spiritualité. La biographie de Saint Nicolas fait en effet apparaître un saint voyageur, généreux, d’une grande bonhommie et d’une toute aussi grande spiritualité qui fut fait évêque, dans le droit fil des prélats de la Maison IX. Les informations sur sa vie, sa personnalité et sa carrière nous sont transmises par la tradition. Il est né en 271, en Lycie, c’est-à-dire au sud-ouest de l’Asie Mineure, de parents aisés et fut élevé dans la foi chrétienne.

 

Saint Nicolas évêque de Myre

A la mort de ses parents, il distribue sa fortune aux pauvres et entreprend un voyage à Jérusalem, dans l’intention d’entrer dans les ordres. Au cours de ce périple, il accomplit son premier miracle, apaisant par ses prières une violente tempête qui menaçait le bateau et la vie de ses compagnons. Ensuite, il fut élu évêque de Myre, localité proche de sa ville natale.

Le renom de ses bonnes œuvres et de sa sainteté se répand vite et à peine est-il enterré que déjà l’imagination s’empare de la réalité et qu’il devient le héros mythique d’une extraordinaire série de légendes et de miracles : une huile parfumée jaillit de sa tombe, l’évocation de son nom calme les flots impétueux, les murs des prisons s’effondrent dès que les persécutés prient, il sauve les enfants livrés au couteau et il les sort du saloir, ou encore, il dépose des dots dans les souliers des jeunes orphelins.

 

Saint Nicolas de Myre – Turquie

En Méditerranée orientale orthodoxe, saint Nicolas acquiert une vocation maritime, succédant ainsi aux divinités marines de l’Antiquité, dont Poséidon/Neptune, maître des eaux et des séismes, non pas pour engendrer comme lui de funestes tempêtes mais pour apaiser, avec beaucoup de bonhommie, la furie des vagues. De nombreuses chapelles lui sont dédiées le long des côtes et le jour de sa fête marque le retour des bateaux au port où ils restent pendant un mois, jusqu’à la bénédiction des eaux, le 6 janvier, jour du baptême du Christ.

 

Saint Nicolas apaisant la tempête et sauvant les marins – Icône russe du XIIe siècle – Novgorod

Si, dans l’iconographie byzantine classique, le saint apparaît avec les insignes d’un haut dignitaire de l’Eglise, dans les croyances populaires il n’a pas l’aspect d’un évêque. Il est représenté comme un vieux marin, la peau tannée de sel, hâlée par le soleil et marquée par l’expérience, avec une longue barbe blanche humide d’écume ; il court sans cesse au-dessus des vagues, d’un bateau à l’autre, pour aider les marins. En cas de danger grave, il tient le gouvernail et souvent il se laisse guider par la Vierge qui partage avec lui la tâche de protéger les naufragés. Des lampes et des bateaux en argent et en or, ou encore des oliveraies et des champs qui constituent le patrimoine terrestre du saint, li sont offerts en guise d’ex-voto.

Jadis, même les pirates et les flibustiers de la mer Egée, indépendamment de leur confession, lui dédiaient une partie de leur butin afin d’obtenir sa bienveillance au cours de leurs expéditions.

Même de nos jours, l’icône de Saint Nicolas décore le pont des bateaux grecs ; selon la tradition, immergée dans les flots démontés, cette icône peut atténuer leur déchaînement. On obtenait des résultats semblables en dispersant sur les vagues des miettes de pain bénit ou encore des « kollyva », grains de blé bouillis, symboles de vie éternelle, préparés rituellement en l’honneur du saint le jour de sa fête et conservés sur le bateau, pour parer à toute éventualité.

La seule faute qui détourne la bienveillance du saint est l’oubli ou la négligence d’une promesse d’offrande faite dans un moment de danger. Il immobilise alors le bateau en pleine mer et, si le capitaine récidive, le saint peut même le pétrifier.

 

Basilique Saint-Nicolas de Bari – Italie

Jusqu’en 1087, le corps du saint reposait paisiblement dans sa tombe de Myre, malgré les turbulences historiques dans cette partie du monde. Les croisés et les marchands occidentaux s’initient à son culte. Lorsque la ville de Myre tombe aux mains des musulmans, des marins enlèvent le corps de leur patron et le transportent à Bari, en Italie méridionale. Le mausolée construit sur sa nouvelle tombe devient le centre d’un culte qui rayonne jusqu’aux villes maritimes et marchandes des côtes de l’Atlantique. La dévotion au saint se propage aussi vers la Mer Noire et, avec la christianisation des Slaves, Saint Nicolas devient le patron de la Russie. L’évêque de Myre, dans tous ses périples, conserve sa nature de thaumaturge, c’est-à-dire un  faiseur de miracles. La dévotion populaire à son égard est considérable en Occident, tant en milieu catholique que protestant. Très vite, avec des variantes vestimentaires ou rituelles selon le pays, il devient un saint patron et un personnage mythique. Mais ses attributs essentiels restent ses habits épiscopaux, une robe rouge ou lilas, la mitre et la crosse ; il porte quelquefois trois bourses d’or, il est représenté avec trois enfants tirés du saloir, et une ancre, en écho aux légendes maritimes et aux miracles qui lui sont attachés.

 

Saint Nicolas Protecteur des enfants et Patron des Bateliers – Auxerre

La diversité des « qualités » attribuées au Saint évolue au fur et à mesure de la migration de son culte de la Méditerranée orientale, où il a été instauré dès la fin du IVe siècle, vers l’Europe occidentale, où il s’implante progressivement à partir du XIe siècle. L’intégration du Saint dans les traditions locales s’est faite avec une telle flexibilité que l’on éprouve souvent une difficulté à reconnaître le même « héros » derrière plusieurs personnalités apparemment divergentes : une « divinité marine », un évêque bienfaiteur à la robe violette, le Saint Nicolas impliqué dans le jeu ambigu du bien et du mal ou encore la Santa Claus à la houppelande rouge, serviteur des enfants, précurseur du Père Noël, figures étonnantes, toutes variations d’une même tradition , mais également image double du Sagittaire entre le temporel et le spirituel, ou de Jupiter, Maître à la fois du Sagittaire et des Poissons : le prélat à la robe violette et le marin et son ancre.

 

Saint Nicolas et les trois enfants sauvés du saloir

En France, Saint Nicolas est le grand patron des bateliers et des mariniers, et des navigateurs d’une manière générale. L’histoire des trois enfants sauvés dans le saloir peut être interprétée comme une allégorie des marins sauvés du naufrage, le bac du saloir symbolisant le bateau et le sel de la mer. Tout au long des voies navigables françaises on rencontre des chapelles dédiées à Saint Nicolas qui est par ailleurs le  Saint-Patron de la Lorraine. Il est plus particulièrement fêté dans l’Est ainsi que dans le Nord de la France.

 

Bateau votif dominant une chapelle dédiée à Saint Nicolas

Bibliographie

Fêtes et Croyances Populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas      

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L’ASTROLOGIE A VERSAILLES

(6.3 - Autres lieux ésotériques ou mythiques) par sylvietribut le 20-08-2012

Le 19 mai 2012, le Château de Versailles ouvrait exceptionnellement, de nuit, les Grands Appartements du Roi-Soleil, sur le thème « Passion des astres à Versailles ».

 

Parce qu’en 1609 Galilée dirige une lunette vers le ciel et ouvre une nouvelle frontière, que l’univers se révèle et le Soleil s’immobilise, que la Terre perd sa place au cœur du système, l’astronomie devient la science reine du XVIIe siècle. 

Et c’est ainsi qu’écho de cette passion des astres, chaque salon du Grand Appartement du Roi fut dédié à l’une des sept planètes alors connues : Vénus, Diane qui symbolise la Lune, Mars, Mercure, Apollon qui n’est autre que le Soleil, Jupiter et Saturne. L’astrologie n’est jamais loin et la pensée magique encore sous-jacente, mais en même temps la société cultivée se passionne pour les progrès nouveaux et certaines découvertes scientifiques trouvent leur place au cœur même des grands décors de Versailles.

Pour la VIIIe nuit européenne des musées le Château de Versailles a proposé aux noctambules une exceptionnelle mise en lumière et en perspective des espaces les plus prestigieux du château de Louis XIV : les Grands Appartements et la Galerie des Glaces. Une scénographie éphémère et inédite, mêlant illuminations, installations et projections vidéo, mariant les représentations d’hier aux dernières images de l’astrophysique d’aujourd’hui, vint révéler le temps d’une nuit, ce rare témoin du passage de l’astrologie vers l’astronomie.

Ainsi des personnages soufflant un « air noir et pluvieux » au milieu d’épais nuages et d’éclairs, tiennent l’un un poisson et l’autre un bélier, symbolisent les mois de février, mars et avril, durant lesquels eût lieu la conquête de la Franche-Comté et période qui fut marquée par des « pluies extraordinaires qui régnèrent en cette année-là jusqu’à la fin du mois de mai (1674), selon ce que relatera plus tard, en 1684, François Charpentier. Comme la conquête eût lieu dans le froid et les intempéries, on note un vieillard secouant son manteau pour faire tomber la neige : c’est l’Hiver qui est représenté « se retirant » pour laisser la place au printemps. Le Taureau qui est juste à côté symbolise les mois d’avril et de mai qui virent la fin de la campagne militaire avec la reddition de Besançon. La ville capitula en effet le 14 mai, mais la citadelle ne fut prise que le 22 mai 1674. 

 

Le Char du Soleil dans le cabinet des Planètes à Versailles

L’appartement des Planètes (1671-1681) est une suite de sept salons en enfilade dédiés aux planètes à la gloire d’Apollon et du Soleil. Le commanditaire n’était autre que Louis XIV qui s’identifiait à Apollon et donc au Soleil. Quand aux décors ils furent réalisés par Charles Le Brun et André Félicien.

Bien qu’âgé de seulement 15 ans, Louis XIV apparaît pour la première fois en Apollon dans le Ballet de la Nuit. Il était précédé de l’Aurore et entouré des douze Heures du jour. Cela se passait un 23 février 1653. En 1654, il récidive et ouvre le spectacle des Noces de Pelée et de Thétis, dans le rôle d’Apollon.

En 1659, Charles Le Brun peint un lever du jour au grand cabinet de l’hôtel de La Rivière. Il représente au centre le Soleil sur son char, en compagnie des Heures. La Nuit, le Point du jour, Pan et Pomone, Flore, la Rosée et l’Aurore encadrent le Soleil.

En 1661, Louis XIV et sa belle-sœur Henriette d’Angleterre dansent à Fontainebleau le Ballet des Saisons qui puise son inspiration des Métamorphoses d’Ovide. L’année suivante, au final de l’opéra italien de Francesco Cavalli, Ercole amante, joué aux Tuileries, Louis XIV apparaît en Soleil, précédé par l’Aurore et suivi des Heures.

  

Le Soleil sur la grille du château de Versailles

Toujours en 1661, début juin, Louis XIV organise un Carrousel au jardin des Tuileries pour célébrer la naissance du dauphin Louis. Le mot « carrousel » avait été rapporté d’Italie par les armées de Charles VIII. Il dérive du latin « carrus sol » et du mot italien « carozela » qui signifie « char du soleil ». Quant à Monsieur, frère du roi, il exhibe une lune portant la devise « Uno sole minor » qu’on peut traduire par « un soleil plus petit ». Il faut savoir que pour Louis XIV, comme pour les astrologues, le Soleil est synonyme de noblesse, d’unicité, d’efficience bénéfique comme de force tranquille et bien sûr d’éclat lumineux.

A partir de 1663, les gardes du corps de Louis XIV vont porter le Soleil et la devise du roi sur leurs étendards et leurs boutons. Ces motifs perdureront jusqu’en 1791. Toujours en 1663, la restauration de la galerie du Roi au Louvre, incendiée deux ans auparavant, est adoptée par le roi et confié à Charles Le Brun. La consigne étant que le décor doit représenter les épisodes de la vie d’Apollon.

  

Uranie déesse de l’Astrologie en bonne place à Versailles

En mai 1664, la Fête des Plaisirs de l’île enchantée est donnée dans les jardins de Versailles. Apollon est mis en scène, assis sur son char tiré par quatre chevaux. Il est entouré des Heures du jour, des Saisons et des signes du Zodiaque, ainsi que des quatre Ages : d’Or, d’Argent, d’Airain et de Fer.

Plus tard, pour créer la perspective centrale des jardins, André Le Nôtre respectera la configuration naturelle du parc. Ainsi, l’axe est-ouest matérialise la course diurne du Soleil.

En juillet 1668, les figures du mythe solaire paradent lors de la Fête du Grand Divertissement de Versailles. Au centre du Salon du Festin sont représentés Apollon et les Muses et au plafond de la Salle de Bal : huit soleils et les douze mois. En 1669, dans le Ballet de Flore, Louis XIV tient de nouveau le rôle du Soleil. 

C’est en 1670 que Louis XIV danse pour la dernière fois. Il interprète le rôle d’Apollon combattant Python dans Les Amants magnifiques.

Entre 1672 et 1673, Charles Le Brun dirige le programme de décoration de l’appartement du Roi connu aujourd’hui sous le nom de Grand Appartement du Roi. C’est bien sûr le salon d’Apollon qui constitue le centre de l’appartement avec la Grande Chambre du Roi. Six autres salons se répartissent de part et d’autres et portent le nom des planètes : Vénus, Mars, Mercure, Jupiter et Saturne, ainsi que Diane qui symbolise la Lune. L’appartement du Roi s’interprète comme une libre redistribution du système solaire de Ptolémée. Groupées autour du Soleil, censées graviter autour de lui, les planètes constituent une sorte de cour céleste.

A Saint-Cloud aussi on retrouve la même thématique. C’est Pierre Mignard qui peint une galerie d’Apollon pour Monsieur, frère du Roi. Le grand plafond représente le Soleil entouré des Heures et de l’Aurore. A Marly aussi le mythe solaire tient une place importante. Ici, c’est Jules Hardouin-Mansart qui imagine un pavillon central orné aux quatre frontons des épisodes de la course d’Apollon, entouré de douze pavillons secondaires : le soleil et les douze mois de l’année ou les douze signes du zodiaque.

Le vase aux tournesols du parc du château de Versailles

Toujours dans la symbolique solaire, Jean Legeret et Jean Dugoulon réalisent, pour les jardins de Versailles, deux vases en marbre décorés de tournesols. Comme on le sait cette fleur suit le soleil dans sa course. 

Enfin, en 1712, un architecte suédois, Nicodème Tessin, soumet un projet de construction d’un temple d’Apollon à Versailles. Il s’agit d’un palais de marbre blanc et de bronze doré destiné à abriter le musée des collections du château, inspiré de la légende d’Apollon et de l’astrologie. Il ne fut jamais construit.

Bien que propriété de Louis XV, on peut visiter à Versailles le Cabinet de la Pendule Astronomique. La pendule indique la date, l’heure réelle, l’heure moyenne. Elle donne les phases de la Lune et la sphère en cristal qui la couronne permet de voir les mouvements des planètes selon Copernic. Les artistes créateurs en étaient : Claude Siméon Passement, Louis Dauthiau et Caffieri.  Les sculpteurs et bronziers en étaient Jacques et Philippe. Ce cabinet se trouve dans l’appartement de Louis XV

 

La pendule astronomique du cabinet des pendules à Versailles

Elle mesure plus de deux mètres de hauteur. C’est une œuvre exceptionnelle couronnée d’une sphère mouvante. La Terre est représentée par un globe de bronze sur lequel tous les pays sont gravés.   

 Cadran solaire surplombant la pendule astronomique du cabinet des pendules à Versailles   

 

 

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LA LUNE, LES PLANTES, LA SANTE ET LA SAINT-JEAN

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 24-06-2010

La doctrine médicale des Anciens était essentiellement astrologique. Elle se basait sur les quatre tempéraments et sur l’analogie de la division zodiacale avec le corps humain. Ces quatre tempéraments ont été codifiés par Hippocrate. Ils sont en analogie avec les quatre saisons et les quatre quartiers du mois lunaire :

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* Au printemps et durant la phase croissante de la Lune correspond le tempérament sanguin (humide + chaud), en analogie avec l’élément Air.

* A l’été et au premier quartier de la Lune correspond le tempérament bilieux (sec + chaud), en analogie avec l’élément Feu.

* A l’automne et à la phase après la Pleine Lune correspond le tempérament nerveux (sec + froid), en analogie avec l’élément Terre.

* A l’hiver et au dernier quartier de la Lune correspond le tempérament lymphatique (humide + froid), en analogie avec l’élément Eau. 

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Galien et Hippocrate  – Peinture murale du XIIe siècle – AGNANI – ITALIE

 

Dans la répartition des quatre tempéraments d’Hippocrate, le principe du chaud appartient à la Lune Montante, celui du froid à la Lune Descendante. De même, le principe humide appartient au dernier quartier et à la phase croissante, tandis que le principe sec appartient au premier quartier et au quartier suivant après la Pleine Lune. 

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Les Anciens juxtaposaient le corps humain à la ceinture du Zodiaque comme le montre superbement l’abondante iconographie médiévale. Si le Soleil était la grande aiguille de l’horloge astrale, la Lune était la petite et elle indiquait pour le mois telle ou telle partie du corps sensibilisée, au fur et à mesure qu’elle parcourait le Zodiaque, en commençant par la tête (Bélier) jusqu’aux pieds (Poissons), de haut en bas.

Les plantes médicinales

La Lune régit de par sa nature humide les herbes guérisseuses dans toutes les civilisations. Mère des eaux, elle est l’adversaire des serpents et des monstres fabuleux qui détruisent les herbes naturelles car ils les avalent. L’offrande des herbes sous forme de fumigation les écartait de notre chemin. Tel était l’enseignement traditionnel.

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 Armoise 

L’armoise était considérée comme l’herbe lunaire par excellence, de l’Inde à l’Egypte, de la Grèce à la Rome antique. Cette plante tient son nom de la contraction du grec Artémis dont les Latins firent « Diane ». A la déesse Artémis était consacrée la Lune Montante. Elle présidait la chasse. C’était donc une déesse vierge aux activités masculines. Elle symbolisait le matriarcat et ses prérogatives spécifiques, dont l’art de l’accouchement. Sa mission principale était, en dehors de la chasse, de porter secours aux femmes dans leurs maladies, notamment en régularisant leur cycle. En somme l’appellation « armoise » qui évoque à la fois la lune et la déesse protectrice du sexe dit faible, indique clairement ses utilisations essentielles, et explique pourquoi, depuis Hippocrate, Pline et Dioscoride, elle est considérée comme la « plante féminine » par excellence.

Il semble qu’il s’agisse aussi de la sélénite, herbe aux vertus fabuleuses, dont le nom dérive de celui de la déesse Séléné, autre figure lunaire, et équivalent en grec de l’Isis égyptienne. Les initiés des mystères d’Isis en portaient un rameau à la main. Très diurétique, elle facilitait toutes les fonctions d’évacuation. On la prenait soit en décoction comme boisson, soit en friction, soit en la broyant crue dans du vin, soit en cataplasme sur le ventre pendant la nuit. Les pèlerins allemands en route pour Saint-Jacques-de-Compostelle la portaient sur la plante des pieds dans leurs chaussures pour soulager et éviter les morsures.

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En fait, le genre « armoise » se divise en une dizaine de plantes aux utilisations bien précises :

– L’armoise commune Artemisia vulgaris, très répandue dans nos régions : elle fleurit en août. Puissant tonique, c’était surtout l’herbe abortive par excellence, couramment employée dans les campagnes. C’était un vrai « secret de bonne femme ». 

– L’armoise absinthe a vu sa carrière arrêtée par la loi du 16 mars 1915, prohibant la fabrication et la vente de l’apéritif cher aux poètes français de la fin du XIXe siècle. 

– D’autres armoises exotiques, de Russie et du Moyen-Orient, sont utilisées comme vermifuge populaire en capitules desséchées sous le nom de « graines aux vers » (semen-contra officinal : semences contre les vers) parce qu’elles contiennent de la santonine. Dans nos régions, l’armoise maritime ou sanguenite fait le même effet. Elle fleurit sur nos côtes.

– On connaît aussi dans nos jardins la citronnelle (Artemisia abrotanum) à la forte odeur de camphre et de citron, dont la propriété serait d’éloigner les moustiques.

– Et enfin, l’estragon bien connu comme base de tout condiment

– Une dernière utilisation : comme liqueur pour les quatre espèces d’armoise naine des glaciers (herbe appelée génépi en patois savoyard), qui sont les secrets de la Chartreuse et de la Bénédictine.

Et comme toujours, il y a un temps pour tout et notamment il est celui de la cueillette

Les anthropologues rapportent que la cueillette des plantes guérisseuses avait lieu à des dates précises et donnait lieu à des rituels très élaborés, dont on trouve encore les marques dans les folklores du XIXe siècle, particulièrement en Europe Centrale.

Une certaine confusion apparente, des Amériques à l’Afrique noire, et des chamanismes russes et orientaux, fait apparaître ces dates tantôt inversées dans l’année, tantôt dans le mois lunaire. La cause en est astronomique, puisque les saisons sont inversées dans les hémisphères. Par ailleurs, la connaissance de l’astrologie est un plus pour comprendre les rites de ces civilisations que l’on dit archaïques qui, comme l’a rappelé en son temps Jung, est « le premier savoir du monde », unique base de toutes les religions anciennes.

Ainsi, il semble que les plantes à dominante solaire (telle l’héliotrope, la camomille, la marguerite…) doivent être cueillies quand le soleil est au plus haut de sa course, astronomiquement parlant dans sa plus haute déclinaison nord, c’est-à-dire au solstice d’été. Certains peuples s’y préparaient dès la Nouvelle Lune précédente, comme par exemple les Indiens d’Amérique du Nord.

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Cependant, il y a inversion pour les plantes à dominante lunaire qui doivent être cueillies à l’équinoxe de printemps et à la Pleine Lune, à la plus forte attraction lunaire annuelle, correspondant généralement à la plus forte marée. Exemple : le lierre et le gui, lequel était employé comme effet contraire à l’armoise. C’était un secret de bonne femme pour guérir de la stérilité.

Par ailleurs, il faut savoir que chaque plante est régie par une planète et son symbole évoque comment s’en servir pratiquement. Ainsi sont régies par Vénus : la verveine, le seringa, la pivoine, le sureau et la bardane.

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D’autres plantes ont plusieurs gouverneurs, comme les plantes carminatives, ainsi nommées parce qu’elles ont la propriété d’expulser l’air des intestins. L’origine étymologique du mot « carminatif » est un vrai jeu de mots : du latin « carmen » qui signifie « le chant » parce que cette action s’accompagne en général de bruits, mais aussi « carminatum » de « carminare » qui signifie « nettoyer ». Ces plantes carminatives sont gouvernées par Mars, Saturne et Neptune. Ces trois planètes contiennent bien les idées de dépense ou d’évacuation (Mars), de rétractation ou d’assèchement (Saturne) et de vents (Neptune). Parmi les plantes carminatives, il y a le cumin, la plus importante, mais aussi la mélisse, la sauge, l’anis, le carvi, le fenouil et la coriandre. 

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Enfin, toutes les plantes qui sont régies par d’autres planètes que les luminaires participent aux divers rituels des herbes de la Saint-Jean, au solstice d’été. Les cueillettes du solstice d’été donnaient lieu à des réjouissances païennes qui rappelaient les fêtes des cultes gnostiques et l’Eglise les a toujours condamnées sévèrement. Le Concile de Ferrara en 1612 interdit les pratiques de la nuit de la Saint-Jean : amasser de la fougère, semer, couper, arracher des herbes, en faire des ceintures et les porter sous ses habits, ou des couronnes à suspendre aux murs des maisons, des étables et des bergeries. Et par ordonnance du 20 juin 1653, le Consul de la ville de Nuremberg interdit les sauts au-dessus des feux de la Saint-Jean, composés d’herbes et de fleurs.

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Le solstice d’été était donc une fête du Soleil et les feux que l’on allume le jour de la Saint-Jean, ont pour but de soutenir le soleil dans la seconde partie de sa course. Car, de juin à décembre, les jours ne feront que décroître, et le soleil brillera de moins en moins. Les herbes solaires comme le millepertuis, l’héliotrope, l’origan, atteignent la plénitude de leur vertu quand elles sont cueillies en ce jour d’apogée.

D’autre part, la nuit qui précède la Saint-Jean est la plus courte de l’année, et dorénavant les nuits vont croître et la Lune brillera de plus en plus. Toutes les forces participant au principe de l’humidité seront plus vivifiantes. De là ces baignades naturistes qui sont dans les pays scandinaves l’un des rites essentiels de la fête. C’est pour la Lune une sorte de renouveau, et toutes les herbes y participent. Cueillies sous les rayons de la Lune de la Saint-Jean, leurs vertus roboratives sont à l’apogée.

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