ASTROLOGUES DU ROI ET ASTROLOGUES OFFICIELS

(6.4 - L'Astrologie dans l'Histoire) par sylvietribut le 17-08-2013

Quelle qu’ait été la suspicion dans laquelle la majorité des théologiens chrétiens tenait l’astrologie, la plupart des grands personnages du Moyen Age et de la Renaissance eurent leurs astrologues attitrés. Parmi eux, le Pape Sylvestre II, l’Empereur d’Allemagne Frédéric II et Alphonse X de Castille. En France, c’est avec la dynastie des Valois que les astrologues eurent leurs entrées à la Cour. Après Charles V qui prit comme astrologue Thomas de Pisan, père de la poétesse Christine de Pisan, fut créée la charge de « médecin-astrologue du roi », puis à partir du XVIe siècle « d’astrologue du roi ». Les Bourbons continuèrent la tradition et c’est seulement en 1682 que Louis XIV supprima définitivement ce poste.

Astrologues

Astrologue à la Renaissance

Il n’y a certes plus d’astrologues officiels depuis longtemps en Europe et dans les principaux pays développés, ce qui n’empêche pas des hommes d’Etat d’avoir parfois recours aux astrologues et aux voyants. Le rôle occulte de Madame de Thèbes (*) dans les coulisses de la IIIe République a souvent été évoqué et, en 1975, en Argentine, la présidente Isabelle Perón provoqua des tempêtes de protestations parce qu’elle avait choisi un Premier ministre adonné à l’astrologie. Il est également de notoriété publique que Madame Bandaranaike, Premier ministre du Sri Lanka, accorda naguère sa confiance aux astrologues.

Ce qui est beaucoup moins connu, c’est le recours à l’astrologie, et concurremment aux autres sciences occultes, pendant la Seconde Guerre mondiale. Les principaux chefs nazis, Hitler, Rosenberg, Himmler, Rudolf Hess, prenaient fréquemment conseil auprès de leurs astrologues. L’un d’eux, Karl Ernst Krafft, eut même un rôle politique certain en orientant les décisions d’Hitler, qui avait toute confiance en lui. Goebbels était sans doute beaucoup plus sceptique quant à la confiance à accorder aux prévisions astrologiques, mais il en tira parti dans la propagande anti-alliée.

nostradamus dans une carte du ciel 

Nostradamus

Après la fuite inexplicable en Angleterre, le 10 mai 1941, de Hess, le dirigeant allemand le plus lié aux milieux occultistes, les astrologues furent toutefois étroitement surveillés. Selon certaines informations, il semble que Heydrich en aurait interné un grand nombre, que Himmler aurait fait libérer par la suite pour utiliser leurs prévisions, mais Krafft, lui, trouva la mort à Oranienburg le 8 janvier 1945.

Dans le camp allié, les arts conjecturaux furent également mis en œuvre. Un astrologue hongrois devenu officier de l’Intelligence Service, Louis de Wohl, propagea des interprétations tendancieuses des prophéties de Nostradamus. Aux Etats-Unis, les astrologues qui prédisaient la chute de l’Axe recevaient une discrète aide officielle.

MADAME DE THEBES - CHIROMANCIENNE(*) Madame de Thèbes, de son vrai nom Anne Victorine Savigny, était une voyante et chiromancienne française. Elle exerçait son métier dans son salon de l’avenue de Wagram à Paris. Chaque année à Noël, elle publiait ses prophéties dans un Almanach qui jouissait d’une large diffusion. Elle aurait prédit entre autre : la guerre des Boers, la guerre russo-japonaise, le déclenchement de la Première Guerre mondiale, la mort violente du général Boulanger, la mort tragique de Catulle Mendès, la mort de William Thomas Stead et même l’affaire Caillaux. Elle a publié « L’Enigme du rêve : explication des songes » en 1908. Elle était née en 1845 et vécut jusqu’en 1916. 

Bibliographie

Dictionnaire de l’Astrologie – Jean-Louis Brau – Larousse

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DANS L’HERBIER DU VERSEAU… LA FOUGERE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 06-02-2013

Difficile d’imaginer aujourd’hui le Président de la République, ou même le ministre de la Santé, achetant à prix d’or à un guérisseur un de ses secrets afin de le publier pour que tout le monde en profite… Quel tollé ce serait auprès de l’industrie pharmaceutique ! C’est pourtant ce que fit Louis XVI qui paya 1 800 francs pour « un remède contre le ténia ou ver solitaire, que la Dame Nouffer, après la mort de son mari, a pratiqué depuis vingt ans, à Morat, en Suisse, sur un grand nombre de malades, et toujours avec succès très heureux et très prompt ». Après que plusieurs médecins eurent été chargés de vérifier l’efficacité de ce remède, le roi confia à son premier ministre Turgot le soin de le divulguer ; mais, comme le note non sans humour le docteur Cazin, son « importance diminua dès qu’il fut connu »…

FOUGERE

Fougère de nos forêts

En réalité, ce « secret » n’en était un que dans la mesure où chaque époque méprise au nom du progrès ce qui a été fait avant elle. En effet, on avait oublié que la fougère mâle était un vermifuge très employé depuis l’Antiquité, entre autres par Dioscoride, Galien et Avicenne, qui l’utilisaient contre « les vers larges ou grêles », c’est-à-dire le ténia et les lombrics. Or, le remède de la Dame Nouffer consistait à administrer au patient 12 grammes de poudre de racine, ou plutôt de rhizome, de fougère mâle dans 190 grammes d’eau de tilleul, puis à lui donner deux heures plus tard un « bol purgatif » à base de plantes. Il faut cependant préciser que ce traitement est fortement déconseillé aux enfants, aux cardiaques, aux hépatiques, aux femmes enceintes et aux sujets délicats. Mais il existe d’autres formules plus légères qui réduisent les risques tout en conservant les effets.

Cependant le rhizome de fougère mâle en décoction peut s’utiliser en compresses chaudes. Voilà un excellent moyen de faire disparaître des douleurs rhumatismales. En bains de pieds, elle est également indiquée contre les crampes et les crises de goutte, de même ajoutée à l’eau du bain, elle agit sur l’arthrite et les rhumatismes.

Pourquoi la fougère entre-t-elle dans la symbolique du Verseau ?

Sans doute parce que la fougère ne produit pas de graines contrairement aux autres plantes, mais se reproduit grâce à des spores qui sont produites par des organes spécialisés. Il s’agit des sores, sorte d’amas de sporanges situés sous le limbe des frondes ou regroupés en épi ou panicule sur des frondes fertiles. De plus, la fougère dispose d’un mécanisme original d’éjection des spores qui sont projetés par une sorte de fronde microscopique. Avec le monde du Verseau on est toujours dans une forme ou une autre de mécanique ou de technologie. Parce que la fougère se reproduit « anormalement », elle a toujours suscité une grande curiosité. Jusqu’à la moitié du XIXe siècle, toutes sortes de théories avaient cours sur cette plante primitive et mythique à la fois qui pouvait se reproduire sans fleurs et sans former de graines. Ce n’est que la technologie moderne qui a permis de lever le secret qu’elle gardait jalousement depuis plus de 350 millions d’années.

FOUGERE - PLANTE BOTANIQUE

Fougère – Planche botanique

De plus, les ancêtres des fougères étaient des végétaux de la taille d’arbres véritables formant de vastes forêts qui fournirent avec d’autres plantes la base de nos mines de charbons. Les innombrables variétés de fougères qui existent de par le monde, environ 12 000 dont 200 en Europe centrale, ne sont qu’un petit vestige des nombreuses variétés qui existaient dans des temps plus reculés.  Peut-être doit-on y voir l’infinie créativité d’Ouranos et qui insupportait tant Saturne. De même, ce mélange entre le masculin et le féminin que présente la fougère n’est pas sans rappeler l’ambivalence sexuelle que l’on prête au signe du Verseau, souvent dans un besoin d’expérimenter toute situation.

Des croyances, qui subsistent encore dans les régions où la magie n’a pas perdu ses droits, voulaient qu’on ne coupe les feuilles de fougère que pendant la nuit de la Saint-Jean en récitant des formules spéciales destinées à chasser les esprits qui en avaient la garde. Au Moyen Age, les fougères étaient présentes dans tous les jardins d’herbes car elles avaient la réputation de chasser les mauvais esprits. On disait d’ailleurs que si une femme enceinte marchait sur une fougère, elle risquait d’avorter… Un comble pour une plante qui a une espérance de vie de plus de 350 ans vit et se reproduit à tout va et à l’infini.

LA FOUGERE

Bibliographie

Nos Grands-mères savaient – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

 

 

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LES ANIMAUX DU ZODIAQUE – POEME

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 19-01-2013

 

Quand ils ont quitté les baraques

Du soleil, leur patient berger,

Les animaux du zodiaque

Vont boire dans la voie lactée.

 

Puis ils s’égaillent dans les prés

Du ciel plein des graminées pâles

En croquant parfois une étoile

Qui éclate en grains de clarté.

 

ZODIAQUE DE MATFRE ERMENGAU DE BEZIERS - BREVIAIRE D'AMOUR 

Zodiaque du Bréviaire d’amour – Manuscrit catalan

 

Il arrive aussi que la Vierge

Leur tende en riant son épi

Et leur montre, ourlé de lumière,

Le grand portail du paradis.

 

Mais dès que le fouet de l’aurore

S’en vient claquer au-dessus d’eaux,

Bélier, Taureau et Capricorne

Font tourner la roue d’or des cieux.

                                                                                                                                              

                                                                                                                                                                              Maurice Carême  

 

MAURICE CAREME 

 

 

 Maurice Carême, écrivain et poète belge de langue française, né mai en 1899 et décédé en janvier 1978.

 

 

 

 

 

 

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UN MYTHE CAPRICORNE… JANUS COMME JANVIER

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 09-01-2013

Vers la fin du IIIe millénaire avant Jésus-Christ, des peuplades venues du Nord ou de l’Est ont envahi une grande partie du continent européen. Ce sont eux les fameux peuples « indo-européens ». Ils partageaient une vision tripartite du monde, comme on le trouve en Inde avec les gunas : Satvas, Rajas et Tamas,  recouvrant à peu près les mêmes fonctions. Les premiers sont les brahmanes, les seconds sont les guerriers et les troisièmes, les marchands. Tout est lu à travers une classification liée à Mars, Jupiter et… Quirinus.

La première fonction renvoie, dans la hiérarchie, à la loi, à la souveraineté magique et juridique qui fait évidemment penser à Jupiter ; la seconde parle de force physique, d’activité guerrière, sous la protection de Mars ; et la troisième est la « richesse tranquille et féconde », celle de Quirinus. On est tenté d’associer la fonction de Quirinus, superposé à Janus, à l’arrivée de Saturne dans le Latium. N’est-ce pas lui qui apporte l’abondance, la richesse, l’agriculture, l’Age d’or, ou les trouve-t-il là où il est accueilli ? Ou bien encore, y a-t-il superposition des deux personnages, Saturne et Janus au double visage ?

JANUS - MUSEE DU VATICAN

Janus au double visage – Musée du Vatican

Janus est associé à la paix, à la tranquillité, à l’abondance. Mais Saturne est également considéré comme le dieu de la paix. L’agriculture est également liée à Saturne sous sa forme d’Ops. Janus est, quant à lui, le dieu des grains, alors que Saturne était celui des semences. Voilà une analogie de plus. Si on songe que janvier vient directement de Janus et que janvier est aussi le mois du Capricorne, gouverné par Saturne, la tentation est forte de les rapprocher.

Par ailleurs, selon l’exigence de la reine Medb des Celtes, « tout candidat à la royauté suprême d’Irlande devait être un homme « sans jalousie, sans peur, sans avarice », magnanime dans son pouvoir, brave au combat, généreux de son bien… Nous tenons la preuve que les druides eux aussi avait reconnu dans les âmes la même architecture que dans les royaumes ». Ainsi, nous retrouvons bien les vertus exigées des trois dieux : magnanimité de Jupiter dans son pouvoir, bravoure de Mars au combat, générosité de Janus, ou de Saturne, lui qu’on taxe si facilement d’avarice.

Mais qui est donc Janus-Quirinus ? Il pourrait s’agir soit d’un « Romulus divinisé », soit d’un dieu sabin introduit par Titus Tatius avec d’autres divinités de troisième fonction, liée à la masse, à la plèbe, éloignée de la guerre, associée à l’abondance et à la richesse. Cette abondance, ne nous en parle-t-on pas déjà à propos de Saturne exilé et reçu par Janus-Quirinus dans ses terres ?

 JANUS - LE DIEU DES PORTES ET DES CLES

Janus le gardien des portes détenteur des clefs

Janus était l’un des plus anciens dieux romains, fêté le premier jour du premier mois. Janus était le dieu des commencements. C’était le gardien des portes. Son nom vient en effet de « janua » qui signifie « porte ». Ses temples avaient d’ailleurs deux entrées, parfois quatre, fermées en temps de paix, mais ouvertes en temps de guerre, c’est-à-dire très souvent. Sous l’appellation de Quirinus, il était le détenteur des clefs, de la baguette du porteur, ouvrant et fermant les portes de l’année. Peut-être donc était-il lui aussi associé à l’écoulement du temps, un temps réglé avec rigueur… des Saturnales ne passe-t-on pas au jour de l’an…

De même Janus gouvernait les calendes de tous les mois de l’année, « douze autels correspondant aux douze mois lui étaient consacrés ». Dans cette activité, il était associé à Junon. Les deux divinités participaient conjointement à la transmission d’un mois à l’autre. En d’autres termes, à l’heureuse naissance de la Nouvelle Lune.

Janus était représenté tenant de la main gauche une clef et, de la main droite, une verge, pour mieux marquer qu’il était le gardien des portes et qu’il présidait aux chemins. Sur ses statues souvent on remarque sur la main droite le nombre 300 et sur la gauche, celui de 65, pour exprimer la mesure de l’année. C’est lui qu’on invoqué le premier lorsqu’on faisait un sacrifice à quelque autre dieu.

C’est Ovide qui nous parle de Janus au double visage, peut-être parce qu’il exerçait son pouvoir sur le ciel, sur la mer, comme sur la terre. Il était aussi ancien que le monde. Tout s’ouvrait ou se fermait selon sa volonté. Lui seul gouvernait la vaste étendue de l’univers. Il présidait aux portes du ciel et les gardait de concert avec les heures. Il observait en même temps l’Orient et l’Occident. Macrobe quant à lui soutient que Janus était supérieur à tous les autres dieux et l’appelait : « deus deorum » qu’on peut traduire par « dieu des dieux ». Sur le revers de ses médailles figurait d’ailleurs un navire, ou parfois, plus simplement, une proue, en mémoire de l’arrivée de Saturne en Italie sur un vaisseau.

Il existait plusieurs temples de Janus à Rome : les uns dédiés à Janus Bifrons et les autres à Janus Quadrifrons. Au-delà de la porte du Janicule, en dehors des murs de Rome, on avait élevé douze autels à Janus, un pour chaque mois de l’année. On affirme d’ailleurs que Janus bâtit une ville qu’il appela de son nom, à savoir Janicule.

GIANICOLO - LE BALCON DE ROME 

                       Gianicolo le balcon de  Rome                         

Le Janicule, « Ianiculum » en latin et « Gianicolo » en italien, est situé sur la rive droite du Tibre, au sud de la cité du Vatican. Il est considéré comme la huitième colline de Rome. On appelle Rome la ville des sept collines. Il faut dire que sa hauteur maximale est de 146 mètres. Le nom de la colline proviendrait, selon la tradition du dieu Janus, qui aurait fondé en ce lieu un centre habité. Le culte de ce dieu romain était bien présent sur cette colline. Dans la réalité, la relation entre cette divinité et le lieu semble seulement marquée par l’existence d’un « sacellum » dédié au fils Fons ou Fontus. Par contre, était bien présente un petit centre habité « Pagus Ianiculensis » situé aux pieds de la colline dans les zones de Trastevere, aujourd’hui correspondant à la place Mastai.

AUTUN - TEMPLE DE JANUS 

Temple de Janus à Autun – Saône-et-Loire

En France, c’est à Autun, en Saône-et-Loire que l’on trouve un temple de Janus d’époque gallo-romaine dans le meilleur état de conservation possible. Cependant, on doute que ce temple ait vraiment été dédié à ce dieu précisément.

Quant aux « Janides », c’étaient des devins romains, descendants du dieu au double visage et qui prédisaient à travers les peaux des victimes sacrifiées… Une histoire de peau bien en rapport avec le monde de Saturne… mais aussi de divination…

 janus

Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur

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