LES GEMEAUX ET LA CONSTELLATION DU COCHER

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 03-06-2012

Castor et Pollux (alpha et bêta Germinorum), étoiles de magnitudes respectives 1,6 et 1,2, culminent haut dans le ciel à minuit en janvier, dans l’hémisphère Nord ; ces étoiles jumelles semblent proches l’une de l’autre. Il s’agit de la constellation zodiacale des Gémeaux. Castor, la plus septentrionale de ces deux étoiles, est blanche, alors que Pollux est orange. Cette constellation se trouve au nord de Procyon (alpha Canis Minoris) et au nord-est d’Orion. Les pieds des jumeaux sont représentés par Alhena (gamma Geminorum), qui est située à peu près à mi-chemin entre Al Nath (bêta Tauri) et Procyon.

 

Castor et Pollux dans la constellation des Gémeaux

Dans la mythologie grecque, ces jumeaux sont les Dioscures, les « Fils de Dieu ». Certains récits les décrivent comme demi-frères, enfants de Léda ; Castor serait né de ses amours avec un mortel, et Pollux de son union avec Zeus/Jupiter. Castor excellait en équitation, et Pollux à la lutte. Ils s’aimaient tellement que Pollux refusa l’immortalité qu’on lui offrait, en tant que fils de dieu, si son frère ne pouvait la partager. Zeus leur permit de rester ensemble, mais ils durent alternativement passer un jour dans le royaume des dieux et un jour dans le monde souterrain, l’Hadès. Pour les récompenser de leur amour fraternel, Zeus/Jupiter en fit des étoiles. Lorsque Castor se couche à l’occident, descendant vers les Enfers, Pollux le suit. Et quand Castor se lève, son frère apparaît bientôt à ses côtés.

Les Dioscures – Campidoglio – Rome

Le dieu des Mers, Poséidon/Neptune, donna aux Gémeaux le pouvoir de sauver ceux qui voyagent en mer. Dans l’hémisphère Sud, ils étaient visibles au-dessus du mât de l’Argo, le navire qui emmenait Jason vers la Colchide, alors qu’il allait chercher la Toison d’Or. Lorsque les deux frères montèrent à bord, deux flammes jaillirent du mât. Ce phénomène électrique est connu des marins sous le nom de feu Saint-Elme ; il est provoqué par l’électricité atmosphérique.

Les Gémeaux n’ont pas la même forme dans toutes les civilisations. Les Romains ont associé cette constellation à Remus et Romulus, en 753 avant Jésus-Christ. Dans la mythologie maya, les Gémeaux sont des pécaris copulant. Les Arabes les ont représentés en paons, et, en Europe, cette image a survécu jusqu’à la fin du Moyen Age. Dans la tradition phénicienne et chaldéenne, les Gémeaux sont deux chevreaux qui suivent un berger représenté par la constellation du Cocher, qui se trouve à l’ouest des Gémeaux au nord d’Orion.

 

Constellation du Cocher

Le Cocher (Auriga) tient de la main gauche deux chevreaux, et en même temps il porte sur le bras gauche une chèvre, un animal qui correspond à la magnifique étoile jaune-blanc Capella, la « Petite Chèvre » (Alpha Aurigac, de magnitude 0,1). Le pied droit du Cocher touche la constellation du Taureau, en l’occurrence la pointe de l’une de ses cornes, au point marqué par l’étoile Al Nath (bêta Tauri), qui se trouve juste au-dessus de l’écliptique. Les étoiles de la constellation décrivent une sorte de spire qui passe par thêta Aurigae, puis par l’étoile Menkalinam (bêta Aurigae, de magnitude 2), près de l’épaule droite, et par Capella. Tout près de cette dernière, la spire revient vers epsilon Aurigae, qui correspond aux chevreaux, deux petites étoiles, nu et dzêta Aurigae. Le personnage du Cocher avait cette forme dans les premières civilisations de l’Euphrate.

Dans la mythologie grecque, la chèvre Capella était assimilée à Amalthée, qui signifie « Douce ». Lorsque la déesse Rhéa put soustraire Zeus/Jupiter, son fils, à la colère de son père, Cronos/Saturne, qui voulait le dévorer, Amalthée nourrit l’enfant. Pour la récompenser, Zeus/Jupiter transforma l’une de ses cornes en corne d’abondance, qui déverse en permanence de la nourriture et de la boisson.

 

Enlèvement d’Hippodamie – Lagrenais – Musée du Louvre

Curieusement, le Cocher n’a pas de coche. La mythologie grecque explique cela en assimilant le Cocher à Myrtilos, fils d’Hermès/Mercure, qui était le cocher d’Oenomaos. Ce dernier voulait empêcher sa fille Hippodamie de se marier. Il défiait tous les prétendants dans des courses de chars, qu’il remportait facilement en attelant au sien les juments d’Arès/Mars, nées du vent. Quand vint le tour de Pélops, fils de Tantale, qui était aimé d’Hippodamie, Myrtilos remplaça l’essieu du char de son maître par de la cire ; lors de la course, l’équipage perdit ses roues et Oenomaos la vie. Mais, en toute justice, Myrtilos fut puni par le destin. En effet, il était lui-même amoureux d’Hippodamie et, un soir, alors qu’il servait de cocher à la jeune fille et à Pélops, il tenta d’enlever sa belle. Son coup rata et Pélops, fort en colère, réussit peu après, traitreusement, à précipiter Myrtilos dans la mer, où il se noya.

Il n’y a sans doute pas de rapport historique direct, malgré la similitude de nom, entre la constellation grecque du Chariot et le groupe d’étoiles des « Cinq Chariots » de l’astronomie chinoise, qui se trouve essentiellement dans cette constellation du Chariot, avec Capella pour étoile principale.

Bibliographie

Le Langage Secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius et Paul Devereux – Editions Solar 

 

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MONSIEUR VERSEAU AMOUREUX

(14 - LE ZODIAQUE AMOUREUX) par sylvietribut le 14-02-2012

 Monsieur Verseau se complaît dans des contradictions inextricables. Il faut bien reconnaître que s’il parvenait plus souvent à savoir ce qu’il veut, sa vie affective serait plus heureuse. Cependant, Monsieur Verseau ne peut se contenter d’un amour petit bourgeois, d’une passion rapetissée par les exigences de la vie, des lois ou des tabous sociaux. Il aime pourtant avec sincérité, du moins le croit-il… Mais il a tellement peur d’aliéner sa liberté que le jour où il est question d’engagement, il trouve mille prétextes pour prendre la fuite, quitte à se dire ensuite très malheureux.

Le Verseau des Amoureux de Peynet

Il faut également remarquer que son sentiment de liberté s’épanouit davantage en participant à la vie collective. Aussi sa vie conjugale est souvent envahie par les copains et il est de ce fait rarement question de solitude à deux.

La vie amoureuse de Monsieur Verseau lui laisse le choix entre des amourettes sans lendemain, des aventures charmantes qui ne le satisfont pas vraiment ou des amours impossibles pour des femmes belles mais inaccessibles. Enfin de compte celles-ci lui procurent toute la gamme d’émotions auxquelles il aspire sans craindre qu’elles ne lui mettent le grappin dessus.

Il lui reste alors la solution « raisonnable » : le mariage d’amitié et de complicité, avec une fille intelligente et drôle, indépendante comme lui, dont il partagera le lit sans qu’il y ait jamais d’obligation pour personne, dans le plus parfait respect d’une liberté mutuelle. De toute façon, Monsieur Verseau préfèrera toujours l’union libre au mariage conventionnel et bourgeois.

Et pourtant, de tout le zodiaque, Monsieur Verseau est sans doute le moins misogyne, prêt à faire sa place, dans l’égalité, à la fille qui méritera son estime. Cependant avant de trouver âme-sœur, il pourrait bien additionner divorces et ruptures.

De ce fait Monsieur Verseau connaît la solitude. On ne peut que constater qu’il a vraiment du mal à fixer son attention sur des fréquentations régulières, quelles qu’elles soient. Ses relations les meilleures prennent généralement racine dans l’amitié et, en amour, il ne sait dissocier la camarade de la maîtresse et finit tôt ou tard par arrêter son choix sur une femme dépourvue de mesquinerie.

Par ailleurs, Monsieur Verseau est un gaffeur notoire ce qui lui vaut des situations bien embarrassantes. Il néglige souvent de souligner les occasions importantes sur le plan sentimental et même sur d’autres plans, mais s’il oublie de souhaiter la Saint Valentin, il a mille et une manières de compenser ses oublis.

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UN MYTHE VERSEAU… ARISTEE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 30-01-2012

Aristée était le fils d’Apollon et de la nymphe Cyrène. C’était une nymphe chasseresse d’une grande beauté. Un jour, sur le Mont Pélion en Thessalie, Apollon la vit dompter un Lion. Séduit, il l’enlève et la transporte en Libye dans un char d’or. Se souvenir qu’Apollon représente le Soleil et que l’astre du jour s’avère avoir la maîtrise du Lion pour l’astrologie. De même le Soleil et le Lion symbolisent l’or. D’Apollon Cyrène aura deux fils : Aristée, l’agriculteur, et Idmon, le devin. Toutefois, Cyrène n’était pas une nymphe fidèle et on dit qu’un jour elle partit avec Arès/Mars, l’amant éternel, dont elle aurait eu un autre fils, Diomède, qui devint roi de Thrace.

Une autre version du mythe, évoque qu’Erypyle, roi de Libye, offrait son royaume à quiconque parviendrait à tuer le lion qui ravageait son pays. Et c’est bien sûr Cyrène qui y parvint et elle fonda la ville qui porte encore son nom.

 

La nymphe Cyrène

Mais revenons au premier fils de Cyrène, Aristée. On ne saurait dire si ce fut Apollon ou Hermès/Mercure qui confia le bébé à Gaia, la Terre, et les Heures aidèrent Gaïa à élever l’enfant. Les Muses, quant à elles, lui enseignèrent les arts que son père Apollon protégeait, ainsi que la médecine, le tir à l’arc et même la divination. Elles lui enseignèrent aussi l’élevage des abeilles, la culture des oliviers et la fabrication des fromages.

Aristée grandit donc dans une atmosphère heureuse et riche d’enseignement. Quand il fut devenu adulte les Muses lui donnèrent en mariage la fille de Cadmos, Autonoé, qui lui donna un fils, Actéon. Aristée vivait alors dans la vallée du Tempé, et il introduisit les arts rustiques parmi son peuple qui l’honorait comme un dieu. Un jour, il vit une très belle femme et la poursuivit. Il s’agissait d’Eurydice, la femme d’Orphée. Celle-ci, dans sa fuite, marcha sur un serpent qui la piqua mortellement. A la suite de cet accident et bien que, tout d’abord Aristée en ignorât la cause, ses abeilles dépérirent puis moururent.

Les abeilles d’Aristée

Désespéré, Aristée se rendit chez sa mère, Cyrène, qui vivait dans le palais de son père Apollon, sous les eaux du fleuve Pénée, et lui demanda son aide. Elle lui conseilla de capturer Protée, le Vieil Homme de la mer, qui avait le don de divination, ainsi il pourrait lui expliquer ce qui n’allait pas et ce qu’il faudrait faire. Mais il était difficile de capturer Protée car le dieu avait le pouvoir de changer de forme. Cependant, Aristée put le surprendre alors qu’il dormait et Protée lui apprit la raison de la mort de ses abeilles. Le devin lui conseilla de retourner au Tempé, de sacrifier quatre bœufs et quatre taureaux aux Dryades, les nymphes des bois, et un mouton noir à Orphée, puis de retourner à cet endroit neuf jours plus tard. Aristée exécuta toutes les instructions, et lorsqu’il revint, trouva les carcasses grouillant d’abeilles.

Aristée et sa ruche

Malheureusement,  Aristée allait perdre son fils, Actéon, déchiqueté par les chiens d’Artémis. Il se réfugia alors sur l’île de Céos, île de la mer Egée, alors désolée par une peste qu’il fit cesser en offrant là encore des sacrifices aux dieux. Plus tard, il voyagea en Sicile, en Sardaigne et en Arcadie, enseignant autour de lui l’agriculture et bien sûr, il y apporta la prospérité. Cependant, il entra en compétition avec Dionysos, pour savoir laquelle des deux boissons, le vin ou l’hydromel, était la meilleure et bien sûr, les dieux comme les hommes préférèrent le vin. Dionysos l’initia donc à ses célèbres orgies et Aristé accompagna Dionysos dans un voyage triomphal. Certains racontent qu’Aristée avait pris soin du dieu alors qu’il n’était encore qu’un enfant, sur le Mont Nysa, mais d’autres affirment que ce fut sa fille Macris. Il vécut pendant un temps avec Dionysos en Thrace, puis disparut sur la montagne Haemos, tout d’un coup, à jamais. Les dieux placèrent Aristée parmi les étoiles dans la constellation du Verseau.

La constellation du Verseau

Hérodote raconte qu’Aristée apparût après sa mort, à Cyzique, mais disparut une seconde fois pour réapparaître trois ans plus tard, à Métaponte. Là il demanda aux habitants de lui ériger une statue auprès celle d’Apollon et, après avoir consulté l’oracle, les habitants répondirent au souhait d’Aristée.

Quant à Plutarque, il pensait qu’Aristée quittait et reprenait son âme à volonté et quand celle-ci sortait de son corps, les assistants la voyaient sous la forme d’un cerf. Mais celui qui raconte le mieux l’histoire d’Aristée et de ses abeilles, c’est Virgile, dans la quatrième partie de ses Géorgiques.

 

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant & John Hazel – Marabout

 

 

 

 

 

 

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DANS LE BESTIAIRE DU CAPRICORNE… LA CHEVRE

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 15-01-2012

De la chèvre vorace au bouc émissaire

Le couple chèvre/bouc, hautement symbolique dans les traditions anciennes, semble s’être appauvri, ou c’est chargé de connotations neutres ou négatives avec le temps, surtout sous l’impact du christianisme.  

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On ne la connaît maintenant guère que par son agilité, son goût de la liberté, d’une liberté primesautière, qui fait que le nom de chèvre « capris » a été donné au « caprice », et on a occulté son ancien symbolisme qui persiste encore dans les traditions populaires. Dans une grande partie de l’Europe centrale et orientale en effet, la Chèvre est le déguisement zoomorphe le plus significatif dans le cycle des fêtes d’hiver. Maigres, lugubres, munies d’une longue tête en bois, les Schnabelgeissen « les chèvres au long bec », envahissent les rues des villages de Suisse centrale, à Ottenbach, dans les nuits qui précèdent Noël. Avec les claquements sinistres de leur gueule, et les hurlements qu’elles produisent, elles sont la terreur des âmes sensibles ou protectrices des hommes pendant ces nuits propres à la magie et aux mystères du solstice.

Cette tradition, qui a repris vie à partir des années cinquante, donne lieu actuellement à un événement qui dure tout le mois de décembre. Les chèvres sont embellies, et les cortèges se produisent désormais devant les auberges ou dans les maisons privées, avec des mimiques et des farces qui expriment peut-être une adaptation moderne, conforme aux besoins et aux mœurs de la société actuelle, d’une célébration ancienne.

La « Koza », la Chèvre, des différentes traditions slaves, est le personnage principal des déguisements rituels des sviatki, les douze « jours bénis ». C’est la chèvre qui mène les cortèges des chanteurs annonçant la bonne nouvelle de Noël, ou l’arrivée du Nouvel an. C’est toujours le plus agile, le plus futé, qui fait la Chèvre, revêtu de peaux de moutons retournées, de housses en drap blanc, le visage dissimulé par un masque découpé dans une peau de chèvre, ou sculpté en bois et muni d’une mâchoire intérieure mobile.

Loin d’être un pur amusement de la jeunesse, la Chèvre et son cortège manifestent la continuité, peut-être inconsciente, de conceptions archaïques. Dans la tradition lointaine de l’Inde, la chèvre, dont le nom signifie également « non-née », est le symbole de la substance primordiale non manifestée. Elle est la Mère du monde.

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Amalthée – Musée du Louvre

Dans la mythologie grecque ancienne, Zeus/Jupiter, le futur Père des hommes, tétait le lait de la chèvre Amalthée, qui fut par la suite transformée en déesse nourricière, en fille du Soleil, étoile de la constellation du Cocher, annonçant l’orage et la pluie. L’idée d’associer la chèvre à la manifestation du dieu est très ancienne. D’après Diodore de Sicile, des chèvres auraient guidé l’attention des hommes de Delphes vers le lieu où des fumées sortaient des entrailles de la terre. Prises de vertiges, elles dansaient. Intrigués par ces danses, des hommes comprirent le sens des vapeurs émanant de la terre : il leur fallait interpréter cette théophanie ; ils instituèrent un oracle.

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Constellation du Cocher

Enfin, chez les Grecs, la chèvre symbolise l’éclair et l’étoile de la Chèvre, dans la constellation du Cocher, annonce l’orage et la pluie. Alors que certaines peuplades de Chine mettent la chèvre en rapport avec le dieu de la foudre : la tête de la chèvre sacrifiée lui sert d’enclume. La même relation entre la foudre et la chèvre est attestée au Tibet. Elle figure en somme un instrument de l’activité céleste au bénéfice de la terre, et même plus précisément de l’agriculture et de l’élevage. Nous sommes bien dans le monde de Saturne. Notez aussi l’importance de Jupiter dans la symbolique du Capricorne. Voilà qui est tout à fait logique puisque le Capricorne est le lieu de chute de Jupiter.

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Jupiter en chute en Capricorne – Miniature in Liber Astrologiae XIIIe siècle – Palazzo di Sichelgaïta

Dans la Bible, Yahvé s’était manifesté à Moïse au mont Sinaï au milieu des éclairs et du tonnerre. En souvenir de cette manifestation, la couverture couvrant le tabernacle était composée de poils de chèvre : la foudre, c’est Jupiter, mais la chèvre c’est le Capricorne…

Un vêtement, nommé « cilicium », tissé de poils de chèvre, était porté par certains Romains, et par des Syriens, au moment de la prière, pour symboliser leur union avec la divinité. Chez les Chrétiens, le port ascétique du cilice prend le même sens, avec une intention de mortifier la chair par pénitence et de libérer ainsi l’âme vivifiée qui veut se donner pleinement à son Dieu. Ce qui n’est pas sans évoquer la robe de bure des moines.

Notons à ce propos que le mot « soufi » viendrait, selon la tradition la plus admise en Orient, de « souf », terme sous lequel on désigne le feutre de poil de chèvre dont était rituellement faite la robe des derviches de certaines confréries mystiques musulmanes particulièrement sévères dans leurs règlements intérieurs.

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Dionysos

Les Orphiques comparent l’âme initiée à un chevreau tombé dans le lait, c’est-à-dire vivant de la nourriture des néophytes, pour accéder à l’immortalité d’une vie divine. Dans les orgies dionysiaques, la peau des chevreaux égorgés revêtait les Bacchantes. Le chevreau désigne parfois Dionysos en transe mystique.

Dans la mythologie germanique, la chèvre Heidrun paît dans le feuillage du frêne sacré et son lait sert de nourriture providentielle aux guerriers du dieu Odin.

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La chèvre Heidrun – Manuscrit islandais du XVIIIe siècle

Dans le climat aride de la Méditerranée orientale, la chèvre, grande consommatrice de jeunes pousses, friande de verdure fraîche, est considérée comme la personnification même de la voracité, tandis que, dans le climat plus humide et tempéré des plaines russes et ukrainiennes, elle est un signe qui annonce, accélère et multiplie la production céréalière comme en témoigne un couplet chanté par la suite de la Chèvre :

Là où passe la Chèvre, pousse le blé.

A chaque coup de sa queue, voilà une gerbe toute prête,

A chaque coup de son pied, se dresse une fière moyette,

Chaque coup de ses cornes, c’est déjà une meule de faite,

Tantôt de ce côté-ci, tantôt de ce côté-là.

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Bouc

Le bouc, symbole de la puissance génésique, de la fécondité et de la force vitale, est l’animal indissociable des pulsions sexuelles, à la libido insatiable, en langage psy. Pourtant, le bouc est à l’origine de la tragédie et du théâtre, si l’on songe au mot « « tragos » qui signifie « bouc » en grec. C’est dans le contexte dionysiaque que les divinités mineures de la nature et de la fertilité : Silène, Pan, les Satyres, mi-boucs, mi-humains, sont passés des mimes, des gesticulations et des libertinages sexuels, propres aux cérémonies hivernales de la fécondité, aux compétitions et aux présentations théâtres d’une société en plein éveil culturel et spirituel : il s’agit de la société athénienne du Ve siècle avant Jésus-Christ qui a transformé le bouc fécondateur de terres en acteur de la fécondité de l’esprit.

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Pan et sa flûte

En frappant la sexualité de toute sorte d’interdits, on a attribué au bouc l’image même de la luxure : le bouc lascif, libidineux, de la tradition romaine, comme si la libido s’identifiait à la violence de la puissance sexuelle, aux débordements moraux. Dans cette perspective, achevée dans les traditions des sociétés médiévales, le bouc est l’animal puant, symbole d’abomination, signe de malédiction, personnification des démons dangereux, du Diable lui-même. C’est l’image qui déshonore son grand âge par des copulations effrénées. Le bouc, comme le balai, sert de monture aux sorcières dans leurs errances et il est présent lors des sabbats.

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La Befana italienne, sorcière à cheval sur son balai – Girouette

C’est le Satan à la tête de bouc des traditions chrétiennes qui remplace l’image positive de l’animal fécondateur des traditions anciennes. Pourtant, l’ampleur des tabous sexuels prévalant en Europe à la suite du Moyen Age n’a pas pu éliminer complètement les qualités positives du bouc, conservées dans plusieurs traditions populaires. Dans plusieurs villages du Sud-est européen, un bouc en pleine force est considéré comme protecteur se chargeant de tous les malheurs qui menacent la société. C’est un animal que l’on soigne, que l’on salue avec beaucoup de circonspection. Il n’est pas seulement le bouc fécondateur des chèvres mais aussi l’animal qui intercepte et canalise le mal hors des frontières de la commune. Dans cette perspective, l’utilisation largement répandue de peau et de cornes de caprins, pour la fabrication de masques et de costumes pendant les déguisements d’hivers et plus tard pour le carnaval, prend une toute autre perspective. Elle se rapproche de l‘usage du poil de chèvre, commun dans les traditions anciennes, pour la fabrication de vêtements rituels, qui protégeaient l’officiant contre le pouvoir surnaturel des théophanies, les « apparitions du dieu ».

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Masque satyrique de Silène

Dans les pratiques religieuses de plusieurs cultures, le bouc est, avec le Taureau, un animal par excellence sacrificiel. Mais la particularité du bouc est de servir aussi d’animal expiatoire des fautes, des impuretés, des péchés humains selon la loi de Moïse. Le bouc émissaire devient ainsi l’animal par excellence bénéfique à l’homme. Suivant le récit de la Bible, lors de la fête de l’Expiation, le grand prêtre recevait, en plus d’un bœuf, deux boucs. L’un, selon un tirage au sort, était immolé en l’honneur de Dieu ; les aspersions faites avec le sang des animaux assuraient la purification. L’autre, chargé symboliquement du poids des fautes du peuple, conduit dans le désert, retrouvait sa liberté. Ainsi se referme la bouche symbolique qui fait du couple chèvre/bouc des animaux bienfaiteurs de l’homme, et qui « chassent au loin les ténèbres », selon la tradition védique.

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Bibliographie :

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas                            

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

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LA NATIVITE DES CRECHES ET DES PASTORALES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 23-12-2011

Les premières manifestations festives autour de la Nativité se sont organisées, très vraisemblablement, en Orient, au sein des Eglises fondées par les apôtres et leurs successeurs. La date retenue alors était celle du 6 janvier. Plus que la naissance de l’Enfant divin, c’est son statut de rédempteur de tous les hommes que l’on y célébrait. Dans ce contexte, l’adoration des berges et des Mages y prenait une dimension particulière, celle d’authentifier la révélation. C’est dans un semblable esprit que, le même jour était célébré le baptême du Christ par saint Jean-Baptiste dans le Jourdain. En effet, selon une interprétation gnostique de l’Evangile selon saint Matthieu, Jésus était devenu Fils de Dieu en sortant de l’eau du baptême.

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Il Perugino – Le baptême du Christ par Jean-le-Baptiste

La fête de la naissance proprement dite apparut en occident au cours du IVe siècle. Sa création marque une étape importante pour l’implantation définitive du christianisme en tant que confession officielle. En utilisant des expressions imagées et courantes pour le Christ « Lumière du Monde » ou « Soleil de Justice », le clergé a voulu procéder à la christianisation de diverses célébrations solsticiales et, plus particulièrement, de la fête du Sol Invictus ou renaissance du « soleil invaincu », le 25 décembre.  

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Le culte de Mithra

Il s’agit de la manifestation la plus importante du culte de Mithra qui, concurrençait sérieusement la foi chrétienne par un ensemble de rites voisins des traditions solsticiales populaires. Ainsi, la Nativité fut séparée de l’adoration des Mages, le 6 janvier, dans une partie de l’Occident tandis que l’Orient fête à cette date, en grande pompe, la bénédiction des eaux et le baptême du Christ. Dans les premiers siècles du christianisme, la grotte où naquit le Christ devint un lieu de culte et les pèlerins affluaient pour se prosterner devant la crèche et la mangeoire où reposa, d’après la tradition, le Fils de Dieu.

Saint Jérôme, au Ve siècle, déplorait la substitution d’une représentation ouvragée en argent correspondant à la grotte de Bethléem à la vénération de la crèche originelle. Dans cet esprit d’ostentation de richesses et de pouvoir se multiplièrent dans les églises romanes les oratoires sous forme de crèche, et les fidèles priaient, toute l’année, devant une statue d’or ou d’argent de la Vierge portant l’Enfant divin. Dans la chrétienté d’Orient, la Nativité fut un thème privilégié de l’iconographie des églises depuis la restauration du culte des icônes, l’esprit de la Nativité fut toujours empreint d’une profonde spiritualité. Les drames liturgiques représentant la Nativité du Christ apparurent vers le XIIIe siècle sous l’impact des Légendaires et des Evangiles apocryphes. La crèche placée dans le chœur ou dans l’entrée, cet emplacement permettant d’introduire l’âne et le bœuf, acteurs importants dans les récits, mettait en scène en réalité l’adoration des Mages.

Progressivement, ces mystères devinrent de plus en plus profanes et s’éloignèrent de la tradition biblique. Dans un premier temps, la Réforme protestante allait combattre ces interprétations quasiment populaires et profanes. L’Eglise catholique suivit cet exemple en interdisant les mystères et en imposant de sévères réglementations à l’imagerie religieuse.

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Giotto – Adoration des Mages

Mais ce type de représentation de l’adoration des Mages, tradition populaire toujours très vivace dans une grande partie de l’Europe, n’est toujours pas à l’origine des crèches modernes dont l’apparition, comme forme de piété et moyen d’expression de l’émotivité populaire, est associée aux effets de la Contre- Réforme.

Progressivement toutes les églises catholiques installent pour les fêtes de Noël une crèche où figurent les personnages cités dans les Evangiles, associés parfois aux saints patrons et aux représentants de la population locale. Avec le temps, ces crèches autorisées et créées dans la tradition du clergé se firent plus riches, plus élaborées et plus réalistes, et l’esprit des traditions populaires, régionales, devint de plus en plus évident.  

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Crèche italienne du XVIe siècle

Les premières crèches apparaissent en Italie dès le XVIe siècle : il s’agit d’un agencement de statues polychromes en terre cuite grandeur nature, installées le plus souvent dans une chapelle de l’église, pour figurer cette étape de la vie du Seigneur, de même que l’on en représente le martyre.

Le véritable essor des crèches se produit au XVIIe siècle, encouragé par la tendance à l’ostentation propre à la Contre-Réforme. Les exemples les plus riches et les plus raffinés sont certainement les crèches napolitaines du XVIIIe siècle, qui amalgament des traditions romaines représentées par les ruines de temples anciens à la foi chrétienne et aux traditions populaires présentes par les scènes d’auberge, animées de musiciens et de danseuses ou encore les scènes de marché.

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Crèche napolitaine

Les statuettes « laïques » des crèches napolitaines sont appelées « pastori », « bergers », et sont souvent montées sur une armature de fil de fer qui permet de les animer. La grande variété d’animaux domestiques et d’accessoires, le naturalisme des vêtements et des attitudes font de ces crèches un monde en miniature où se mêlent, dans une heureuse expression d’harmonie et de beauté, le profane et le sacré.

Le goût de ces crèches s’est répandu ensuite dans plusieurs régions d’Europe, entraînant une diversification de la représentation centrale.

Parfois apparaît sous forme de préfiguration de la crèche le culte de l’Enfant Jésus, le « Christkind » : il s’agit d’un poupon emmailloté ou d’un petit enfant habillé à la mode de l’époque, entouré de fleurs et de broderies précieuses pour évoquer le paradis. Ailleurs on réalise des grottes où l’on installe des personnages en verre ou en papier mâché. On fabrique aussi des grottes en carton-pâte et des personnages de cire.

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Crèche provençale

Mais ce sont les crèches provençales qui correspondent le plus à l’idée de la crèche napolitaine avec une transformation de son contenu pour mieux s’adapter aux réalités du pays. Avec le temps, elles sont devenues l’expression de la dévotion familiale à la Nativité. Il semblerait que, outre l’influence italienne, l’ordre des Franciscains ait beaucoup œuvré dans leur mise en place. Dans la crèche provençale, un rôle prépondérant est donné aux bergers, écho peut-être des traditions de la vie pastorale et des transhumances de la région. Mais la multiplication des santons et l’interprétation d’autres rôles sociaux pendant les deux siècles de sont épanouissement ont modifié le caractère primitif de la crèche pastorale qui évolue, ici comme à Naples, vers une représentation de la société locale.

Les pastorales et les crèches parlantes qui se jouaient un peu partout en France se pratiquent de nos jours dans plusieurs régions d’Europe sous diverses appellations : « Jeux de Bethléem », « Noëls ». C’est certainement l’interdiction officielle des mystères qui permit le succès de ces drames à la fois naïfs et romancés, émouvantes expressions de foi populaire. Ils se déroulent soit à Noël soit le 6 janvier, utilisant toujours la même structure théâtrale : trois jeunes garçons habillés de vêtements « à l’ancienne » figurent les rois Mages. Ils parcourent à pied ou à dos de cheval, souvent un simulacre de monture, toute la commune pour annoncer la bonne nouvelle. Ils chantent des tropes en transportant une crèche où ils jouent différentes scènes bibliques, avec une prédilection pour la tentation d’Adam par Eve, et une évocation de la faute ancestrale, qui à elle seule justifie la naissance du Christ et son sacrifice futur. En Hongrie, les jeunes gens portent la crèche de maison en maison.

Ailleurs les messagers de la Nativité se trouvent entourés de figures étranges, de monstres, d’animaux sauvages et d’autres déguisements d’hiver, communes dans les traditions des douze jours dans une grande partie de l’Europe.

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Bibliographie : Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

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LES DIEUX – LA CREATION ET LES TEMPS HEROIQUES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 08-12-2011

Pour les Grecs, ce n’étaient pas les dieux qui avaient créé le monde, mais l’inverse : l’univers avait créé les dieux. Bien avant qu’il y eût des dieux, le ciel et la terre s’étaient formés et ils étaient l’un et l’autre les premiers parents. Les Titans étaient leurs enfants et les dieux leurs petits-enfants. 

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Cadran solaire – Les douze dieux grands olympiens – Zodiaque époque romaine 1er siècle – Musée du Louvre  

LES TITANS ET LES DOUZE GRANDS OLYMPIENS

Les Titans, souvent nommés les Dieux anciens, régnaient en maîtres suprêmes sur l’univers. Ils étaient aussi fort nombreux mais quelques-uns seulement apparaissent dans les récits mythologiques. De tous les Titans, le plus important fut Cronos, le dieu latin Saturne. Il gouverna les autres Titans jusqu’à ce que son fils, Zeus, Jupiter pour les Romains, le détrône et s’empare du pouvoir. Les Romains disaient que lorsque Jupiter monta sur le trône, Saturne s’enfuit en Italie et y apporta l’Age d’Or, une ère de paix parfaite et de bonheur qui dura aussi longtemps que son règne. 

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Les Titans 

Parmi les autres Titans et Titanides, et les plus célèbres aussi, on trouve d’abord : Océan, le fleuve qui entoure le monde et sa femme Téthys. Puis, vient Hypérion, le père du Soleil, de la Lune et de l’Aurore. On se souvient encore de Mnémosyne, la mémoire ; de Thémis, dont le nom est généralement synonyme de Justice. Japet mérite surtout l’attention à cause de ses fils : Atlas qui porte le monde sur ses épaules et Prométhée, le sauveur du genre humain. Ceux-ci seuls parmi les anciens dieux, ne furent pas bannis à l’arrivée de Jupiter, mais ils durent désormais se contenter d’un rang moins élevé.  

Les douze grands Olympiens dominaient les dieux qui avaient succédé aux Titans. L’Olympe était leur foyer, d’où leur nom. Ce qu’était exactement l’Olympe n’est pas aisé à dire ; il n’est pas douteux qu’au début on le tenait pour le sommet d’une montagne et on l’identifiait, en général, avec le Mont Olympe, le plus élevé de la péninsule et situé au Nord-est, en Thessalie. Mais même dans l’Iliade, ce tout premier poème grec, cette idée fait place à celle d’un Olympe localisé dans une région mystérieuse dominant toutes les montagnes de la terre. Un passage de l’Iliade nous montre Zeus s’adressant aux dieux du « pic le plus élevé parmi les nombreux sommets de l’Olympe ». Il s’agit donc clairement d’une région montagneuse. Mais quelques lignes plus loin, il déclare qu’il pourrait, s’il le voulait, suspendre le ciel et la terre au pinacle de l’Olympe et il devient tout aussi clair qu’il ne s’agit donc plus là d’une montagne. Toutefois, il n’est pas question des cieux et Homère fait dire à Poséidon qu’il gouverne la mer tandis qu’Hadès règne sur les morts et Zeus sur les cieux, mais que l’Olympe leur est commun à tous les trois. 

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L’Olympe 

Quoi qu’il en soit et où qu’il fût, l’entrée de ce lieu était fermé par une grande grille de nuages gardée par les Saisons. Les résidences des dieux étaient à l’intérieur, ils y vivaient, y dormaient et y festoyaient, savourant le nectar et l’ambroisie tout en écoutant le chant de la lyre d’Apollon. C’était un séjour de félicité parfaite. « Nul vent ne trouble jamais la paix de l’Olympe », nous dit Homère ; « nulle pluie n’y tombe jamais et nulle neige, mais le firmament sans nuages l’entoure de tous côtés et la blancheur glorieuse du soleil est diffusée par ses murs ».

Les douze Olympiens formaient une famille divine : 

            - Zeus/Jupiter, leur chef,

            - Poséidon/Neptune et Hadès/Pluton, ses deux frères,

            - Hesta/Vesta, leur sœur,

            - Héra/Junon, épouse de Zeus/Jupiter et Arès/Mars, leur fils,

            - Athéna/Minerve, Apollon, Aphrodite/Vénus, Hermès/Mercure, Artémis/Diane, sont les enfants de

               Zeus/Jupiter,

            - Héphaïstos/Vulcain, est le fils d’Héra/Junon.

Ces douze Olympiens vont donner leur nom aux planètes. Ainsi leur histoire et leurs symboles aident à l’interprétation astrologique. 

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Jupiter brandissant son foudre 

Bibliographie

La Mythologie – Edith Hamilton – Marabout 1978

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LA COURONNE DE L’AVENT

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 04-12-2011

Bien sûr tout le monde c’est ce qu’est la Couronne de l’Avent. Mais quel est cet Avent, avec un « e » ? Ce mot vient du latin « adventus » qui signifie « venue, arrivée du Messie ». Cet Avent correspond donc à la période qui couvre les quatre semaines précédant Noël. Cette couronne est une tradition chrétienne qui symbolise l’Avent.

C’est le Pape Grégoire 1er dit aussi Grégoire-le-Grand qui instaura ce temps liturgique pour préparer la venue du Christ, en analogie avec le Quadragésime du Carême. D’ailleurs, on nommait ce temps de l’Avent « Quadragésime de Saint Martin » ou « Petit Carême ».

Dans les Eglises utilisant le calendrier romain, l’Avent débute le quatrième dimanche avant Noël et marque le début de l’année liturgique. Chez les Orientaux et les Mozarabes, comme dans le temps chez les Celtes, les Espagnols et les Gaulois, le temps de l’Avent durait six semaines. Il commençait soit le 11, soit le 15 novembre.

La couleur liturgique de cette période est en général le violet. Etonnant car la période de l’Avent correspond au moment où le Soleil traverse le Sagittaire dont la couleur est le violet.  

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Il semblerait que les premières couronnes de l’Avent soient apparues dans le Nord de l’Allemagne, au XVIe siècle, pour préparer les Chrétiens à la Fête de Noël. Cette couronne est faite de branchages de pin ou de sapin, arbres toujours vert pour signifier la vie, ainsi que du houx et parfois même du gui. Elle est nouée de rubans rouges et est ornée de quatre bougies, et parfois de pommes de pin.

Les symboles de la couronne de l’Avent sont multiples. Les couronnes rondes surtout évoquent le Soleil et annoncent son éternel retour, comme les fêtes qui l’honorent. Elles rappellent aux Chrétiens que le Christ va revenir. Ainsi, l’Avent n’est pas seulement l’attente avant Noël, mais c’est pour certains l’attente du retour du Christ, comme l’était dans l’Antiquité le retour du Soleil.  

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La couronne de Sainte Lucie

Les quatre bougies de cette couronne de l’Avent sont toutes aussi chargées de symboles. Allumées, elles symbolisent la lumière de Noël qui approche, apportant espoir et paix. Chaque dimanche de l’Avent, on en allume une. Plus la fête approche, plus il y a de lumière. D’ailleurs, en Suède la couronne est réservée à Sainte Lucie le 13 décembre, pour la Fête de la lumière que représente la Sainte.

Chacune de ces bougies symbolise les grandes étapes du salut avant la venue du Messie :

·         La première représente le pardon accordé à Adam et Eve après la chute et qu’ils furent chassés du Paradis terrestre.

·         La seconde évoque la foi d’Abraham et des Patriarches qui aspiraient à la Terre promise.

·         La troisième est le symbole de la joie de David dont la lignée ne s’arrêtera jamais. Elle témoigne de l’alliance avec Dieu.

·         La quatrième symbolise l’enseignement des prophètes qui annonçaient un règne de justice et de paix.

Actuellement, dans les églises catholiques pendant les messes du temps de l’Avent, on allume progressivement les quatre bougies.

Et puis, le nombre quatre symbolise à lui seul les quatre saisons ainsi que les quatre points cardinaux. 

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Dans les maisons, les couronnes de l’Avent peuvent être posées sur une table, une commode ou autre, ou bien suspendues comme décoration aux portes ou aux fenêtres.

Au Canada, la couronne de l’Avent est ornée de trois bougies violettes et d’une bougie rose. Celle-ci est allumée le troisième dimanche et elle évoque la joie car l’attente s’achève. A chacun des dimanches où on allume une nouvelle chandelle, pour évoquer le feu et donc la lumière.

En Suède, les chandelles sont blanches car elles symbolisent la fête et la pureté. Mais en Autriche, elles sont violettes car le temps de l’Avent est à la pénitence.

La couleur verte de la végétation est signe d’espérance durant les longs mois d’hiver.  Le houx dont on décore la couronne rappelle la couronne d’épines posée sur la tête du Christ. Le houx comme les conifères sont choisis parce qu’ils ne perdent pas leurs feuilles ou épines en hiver, ils représentent la vie. Le houx en particulier symbolise ainsi l’éternité de Dieu. Les bougies ou les cierges sont la lumière, celle qui vient et qui éclairera le monde dans la nuit de Noël.

La Saint-André fixe à quelques jours près l’entrée dans l’Avent. Le dimanche le plus proche de cette fête est le premier dimanche de l’Avent.

Selon le rite catholique, on bénit la couronne de l’Avent. Ensuite, traditionnellement, on allume la couronne de l’Avent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Allumer au deuxième dimanche de l’Avent la bougie qui fait face au premier est considéré comme une erreur.

Les quatre bougies de la couronne de l’Avent représentent les quatre semaines avant Noël. Cette couronne sert en quelque sorte de compte à rebours. Ces bougies sont allumées les quatre dimanches avant Noël. La première est allumée le premier dimanche de l’Avent. Le premier dimanche, on allume une seule bougie, le second dimanche on allume la première bougie qui a déjà été allumée ainsi qu’une nouvelle bougie. Le troisième dimanche, on allume les deux anciennes bougies et une nouvelle bougie, trois bougies sont donc allumées. Enfin, le quatrième dimanche de l’Avent, on allume les trois anciennes bougies ainsi que la quatrième. Au quatrième dimanche de l’Avent les quatre bougies sont allumées. La difficulté est alors de laisser durer une bougie quatre dimanches, une seconde trois dimanches et une troisième deux dimanches. On peut donc les remplacer afin d’obtenir chaque dimanche un ensemble homogène et de fait, les couronnes sont souvent représentées avec quatre bougies de la même taille allumées, ce qui n’est possible qu’en changeant les bougies ayant déjà servi. 

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La couronne de l’Avent allemande

La couronne de l’Avent a été inventée par Johann Heinrich Wichern (1808-1881), éducateur et théologien de Hambourg. Il avait recueilli des enfants pauvres dans le Rauhe Haus, une vieille ferme et il s’occupait d’eux. Comme pendant tout ce temps de l’Avent, les enfants lui demandaient constamment quand Noël allait enfin arriver, il fabriqua en 1839 une couronne de bois, avec dix-neuf petits cierges rouge et quatre grands cierges blancs. Chaque matin, un petit cierge de plus était allumé et, à chaque dimanche d’Avent, un grand cierge, et c’est ce petit pense-bête qui a été repris ensuite par ses concitoyens.

Depuis 1860, l’année où est née officiellement la couronne de l’Avent, on utilise des branches de sapin. Depuis, le début du XXe siècle, elle est devenue en Allemagne une des traditions de Noël. Cette coutume allemande a été reprise dans de nombreux pays par la suite. Dans les églises de rite orthodoxe se trouvent çà et là des couronnes avec six cierges, conformément à une durée plus longue de l’Avent.

Et pourtant au regard des coutumes scandinaves tardives et déjà mélangées au Christianisme, on peut en déduire que les Germains de l’Antiquité connaissaient déjà cette tradition d’une couronne de lumière. Sans doute pour imiter le jour qui ne cesse de décroître, on allumait quatre chandelles, puis trois, puis deux, puis une seulement. A Jul, qui était au 21 décembre la fête du solstice d’hiver, on célébrait alors la renaissance de la lumière.

Quoi qu’il en soit, l’Avent a généré dans l’hémisphère Nord quelques dictons :

-       Quand secs sont les Avents, abondant l’an sera,

-       De la Toussaint à l’Avent, jamais trop d’eau ni de vent,

-       Qui plante en Avent, gagne une année sur le temps,

-       Il faut les Avents froids et secs si l’on veut boire sec,

-       Tel Avent, tel printemps,

-       Le mois de l’Avent est de pluie et de vent, tire ton bonnet jusqu’aux dents.

Un mois de décembre non humide annonce de bonnes récoltes. Un mois de décembre humide annonce un hiver rude.  

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LE SAGITTAIRE ET JUPITER ENTRE ASTRONOMIE, ASTROLOGIE ET MYTHOLOGIE

(5.3.6 - JUPITER) par sylvietribut le 29-11-2011

A propos de Jupiter

Jupiter est la plus grosse des planètes du système solaire ; son diamètre représente 11 fois celui de la Terre, et sa masse plus de 300 fois cette de notre planète ; les maelströms d’hydrogène, d’hélium et de méthane qui parcourent l’atmosphère jovienne sont gouvernés par le rayonnement issu de la planète elle-même. Le demi-grand axe de son orbite est de 778 millions de kilomètres, et elle est donc à peine touchée par la lumière et la chaleur du Soleil, ce qui signifie que la vie telle que nous la connaissons y est impossible.

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Jupiter et ses petites lunes

En raison de sa taille, Jupiter a été assimilée au roi des dieux, et cette identification peut se trouver renforcée par le fait qu’elle possède 16 satellites, dont quatre furent découverts par Galilée en 1610, et peuvent être observés avec de simples jumelles.

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Galilée

La révolution sidérale de Jupiter dure sensiblement 11 ans et 315 jours. Du fait de son cycle qui dure presque 12 ans, Jupiter met un an pour traverser chaque signe du zodiaque, alors que le Soleil met un mois pour faire le même parcours. Ce phénomène a conduit les premiers astrologues chinois à dénommer Jupiter « l’étoile annuelle ». En Chine, on considérait que la planète apportait la puissance et le pouvoir à chacun des groupes d’étoiles par lesquels elle passait et, dans l’astrologie occidentale, on a pensé qu’elle élaborait les lois divines et qu’elle les adaptait au monde des hommes. Dans l’iconographie chinoise traditionnelle, Jupiter est représentée sous les traits de l’autorité locale, c’est-à-dire du représentant du pouvoir impérial dans chaque ville. Ce cycle de 12 ans est en étroite relation avec les 12 branches du système sexagésimal (établi sur une base de 60) de l’ancien calendrier chinois ; dans un texte datant du IVe siècle avant Jésus-Christ, le Chi Ni Tzu, on trouve déjà des observations relatives à ce système : « Si nous nous conformons à la sagesse et à la raison, et aidés par le Tao, nous mettrons de côté des provisions quand elles seront abondantes, pour les périodes de disette… Nous construirons des chariots pendant les inondations, et des bateaux pendant les moments de sécheresse. Une récolte exceptionnelle survient tous les six ans, et une famine tous les douze ans. C’est pourquoi le sage, averti des cycles de la nature, se prépare pour les adversités futures ».

En Mésopotamie, Jupiter était la planète de Mardouk, divinité tutélaire de Babylone. Il semble que celui-ci ait d’abord été un dieu agricole associé au pouvoir fertilisant de l’eau. On retrouvera plus tard cette idée chez les Romains qui honoraient le dieu Jupiter sous le nom de Jupiter Pluvius, dont les bienfaits étaient évidemment très importants pour un peuple d’agriculteurs.  

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Mardouk

Le mythe mésopotamien de la création du monde, qui date sans doute du IIe millénaire avant Jésus-Christ, donne une image précise de Mardouk et de son statut. Les quatre premières générations de dieux naquirent du couple primitif, le dieu Apsou et la déesse Tiamat ; cependant, cette progéniture se révéla tellement bruyante et exaspérante qu’Apsou voulut la tuer pour retourner à son sommeil. Ea, qui faisait partie de la nichée, eut connaissance de cette tentative et tua Apsou. Du coup, Tiamat voulant se venger, leva une armée de monstres hideux. Les dieux étaient en passe d’être battus, mais Mardouk, fils d’Ea, appelé à la rescousse par son père, accepta de combattre ces terribles adversaires. Il y mit toutefois une condition, les dieux devaient reconnaître son autorité suprême : « Ce sont mes paroles et non les vôtres qui fixeront le destin. Ce que je créerai ne devra jamais être altéré. Les décrets qui sortent de ma bouche ne seront jamais abrogés, jamais modifiés ! ». Les dieux, avant d’accepter, demandèrent à Mardouk de leur donner une preuve de sa puissance. Ils désignèrent une constellation et demandèrent à Mardouk de la détruire, puis de la recréer : « Il prononça quelques mots, et la constellation disparut. Il parla encore, et la constellation réapparut ». Convaincus, les dieux se réjouirent et le désignèrent comme roi. Depuis ce jour, Mardouk est aussi appelé le « Berger des étoiles ». Il captura les monstres de Tiamat, puis assassina la déesse mère elle-même. Il coupa son cadavre en deux moitiés, « comme on le fait d’un poisson qu’on veut faire sécher » ; il en fit le ciel et la Terre, et avec son crachat il créa les nuages, le vent et la pluie.  

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Tiamat sous la forme d’un serpent gigantesque

Une des premières décisions de Mardouk, devenu l’architecte de l’Univers, fut d’attribuer trois régions aux dieux An, Enlil, et à Ea, son père, qui constituent la Grande Trinité. Les planisphères et les textes sacrés qui nous sont parvenus montrent que les Babyloniens divisaient les cieux en trois routes : celle d’An correspondait à la ceinture équatoriale, celle d’Ea à la route extérieure passant au sud de l’équateur, et celle d’Enlil à la route intérieur des étoiles circumpolaires boréales. Placées le long de chaque route, douze étoiles représentaient les mois de l’année, et chaque mois correspondait au lever héliaque d’une étoile. A Sumer, Enlil était à l’origine une divinité du Ciel, mais il faut ensuite souvent confondu avec Mardouk lui-même. Ensemble, ces trois dieux forment un modèle cosmologique complet.

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Zeus grec/Jupiter romain

Comme nous appelons toutes les planètes du système solaire par leurs noms latins, nous donnons à la plus grosse d’entre elles le nom de Jupiter, qui correspond au dieu grec Zeus, le maître des douze dieux de l’Olympe. Les mythes les plus anciens relatifs à Zeus ont beaucoup de traits communs avec les récits mésopotamiens qui concernent Mardouk ; plus tard, dans la philosophie grecque, Zeus deviendra le symbole de la loi divine. Cette promotion découle logiquement du fait que Zeus, dans la mythologie, imposa sa loi aux autres dieux, et qu’il est le père non contesté des habitants de l’Olympe. Les dieux ont à peu près le même statut que les différentes personnalités qui composent une famille royale ; ils ne forment une famille que grâce à la présence de Zeus, qui règne sur le Panthéon et détient le pouvoir suprême ; mais il deviendra aussi la divinité tutélaire du genre humain, celui à qui s’adressent, en fin de compte, toutes les prières.

Dieu suprême des Romains, il apparaît comme la divinité du ciel, de la lumière diurne, du temps qu’il fait et aussi de la foudre et du tonnerre, ainsi que le pouvoir souverain, le président du conseil des dieux, celui de qui émane toute autorité. Jupiter symbolise aussi l’ordre autoritaire, qui est imposé de l’extérieur. Sûr de son bon droit et de son pouvoir de décision, il ne recherche ni le dialogue, ni la persuasion : il tonne.

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Taranis le Jupiter celtique

Le Jupiter celtique porte en Gaule le nom de Taranis « le Tonnant » et la divinité est le plus souvent représentée dans l’iconographie avec la roue comme principal attribut. Mais cette roue n’est pas le symbole de la foudre comme la plupart des érudits modernes l’ont cru : elle est la roue cosmique que l’on trouve en Irlande dans la roue du druide irlandais Mog Ruith « serviteur de la roue ». Le principal aspect irlandais du Jupiter celtique est cependant le Dagda « dieu bon », possesseur de deux talismans royaux, le chaudron d’abondance et la résurrection, archétype préchrétien du Graal, et la massue, qui tue par un bout et ressuscite par l’autre. C’est elle qui correspond au fulmen de Jupiter et au vajra d’Indra. D’autres aspects de Jupiter sont : en Gaule Sucellus « le bon frappeur », le dieu au maillet ; et en Irlande : Manannan, maître de l’Autre Monde. Le Dagda est le père de Brigite (Minerve), elle-même mère de tous les dieux. Il est aussi le père d’Oengus, Apollon dans son aspect de jeunesse, par adultère avec sa seour qui est la femme de son frère Elcmar « sombre mauvais », dieu de la nuit. Il est encore l’un des principaux combattants de la bataille cosmique de Mag Tured contre les Fomoire. Avec son frère Ogme, dont Elcmar est sans doute un autre nom, il est un des deux aspects de la dualité souveraine représentée en Inde par Mitra-Varuna. Le Dagda est Mitra, dieu de l’amitié, du contrat, et aussi de la ruse juridique. La conception celtique insiste cependant plus sur son aspect de maître de manifestation que sur son aspect souverain de dieu du ciel. C’est le dieu-druide par excellence, celui dont se réclame la classe sacerdotale. Les filid dépendent cependant d’Ogmios).

L’astrologie s’est toujours largement inspirée de la symbolique mythologique des dieux planétaires pour l’appliquer aux planètes elles-mêmes, mais en l’adaptant à ses propres besoins. Cela apparaît clairement dans l’interprétation de Jupiter. Dans l’astrologie occidentale traditionnelle, Jupiter est une des planètes d’un groupe d’astres équivalents, bien qu’elle n’ait jamais perdu son caractère dominant ; elle représente la « suprême » bénéfique, un principe d’épanouissement et de progrès. Cette planète est généralement considérée comme favorable, exubérante et tolérante, fière et autoritaire, des caractéristiques qui rappellent celles du dieu de la mythologie romaine. Jupiter nous rapproche de la religion et de la philosophie ; c’est un bon conseiller et un bon professeur, et son nom indien, Guru, souligne ce rôle.  

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Jupiter la plus grosse des planètes

Par sa taille et sa position, la planète qui porte le nom de Jupiter occupe la place centrale parmi les astres qui tourbillonnent autour du Soleil. Elle est précédée par Mercure, Vénus, la Terre, Mars et les astéroïdes, et est suivie par le même nombre de corps célestes : Saturne, Uranus, Neptune et Pluton et les planètes trans-plutoniennes, dont la première est déjà nommée, par certains, Minos. En analogie avec cette place de choix, Jupiter incarne en astrologie le principe d’équilibre, d’autorité, d’ordre, de stabilité dans le progrès, d’abondance, de préservation de la hiérarchie établie. C’est la planète de la légalité sociale, de la richesse, de l’optimisme et de la confiance. Les Anciens l’ont gratifiée du nom de « grand bénéfique ». Elle gouverne dans le Zodiaque le Sagittaire, signe de justice, et les Poissons, signe de la philanthropie. La médecine et la jurisprudence sont ses professions privilégiées. Dans l’organisme humain, elle veille au fonctionnement de la circulation du sang et du foie.

La plus volumineuse de nos planètes, qui tourne sur son axe vertical avec majesté, emportant dans sa course le cortège de ses nombreux satellites, est à elle seule un spectacle pour le contemplateur de la voûte étoilée. Elle impose tout comme Zeus, le maître de l’Olympe, et n’a pas eu de mal à emporter l’adhésion des astrologues. Si Zeus eut les faveurs nourricières de la chèvre Amalthée et a comme attribut la corne d’abondance, s’il est le souverain ordonnateur et régulateur des biens pour chacun des humains. Jupiter s’incarne à l’heure crépusculaire, où le bébé s’abreuve du lait maternel et fait l’apprentissage de l’épanouissement de ses instincts. Aussi la condition jupitérienne de l’être humain s’inscrit-elle le long d’une série continue qui accumule les acquisitions, avantages, profits, bénéfices et bienfaits divers destinés à satisfaire son appétit de consommateur, son instinct de propriétaire, son installation terrestre, qu’il s’agisse d’avoir ou d’être quelqu’un. Ce sketch à répétition de l’enrichissement vital, inséparable de l’état de gourmandise, de confiance, de générosité, d’optimisme, d’altruisme, de paix et de bonheur, contribue à nourrir la santé et à mûrir l’évolution des êtres, faits pour une société plus heureuse sous le régime et les lois des principes moraux, et où chacun peut plus librement accéder à la plénitude de ses moyens ainsi qu’à la maîtrise de sa puissance.

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A propos du Sagittaire

S’étendant largement au sud de l’équateur, le Sagittaire n’est pas une constellation très importante pour un observateur situé dans l’hémisphère boréal ; à une latitude moyenne, elle apparaît tout juste au-dessus de l’horizon, dans le ciel d’été, de juin à août, et on ne la voit jamais complètement. Cependant, dans l’hémisphère austral, à la même époque, elle est très visible, haut dans le ciel.

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Constellation du Sagittaire

Neuvième constellation du zodiaque, elle est représentée sous la forme d’un centaure, mi-homme, mi-cheval. Celui-ci est armé d’un arc et d’une flèche, qui constituent la partie occidentale de la silhouette, et qui se trouve sur la Voie lactée qui, dans cette zone, a l’aspect d’une large bande. La courbe de l’arc est figurée par trois étoiles : Kaus Borealis, Kaus Medius et Kaus Australis, la plus brillante, qui correspondent respectivement aux parties nord, central et sud de l’arc : lambda, delta et epsilon Sagittarii. La main de l’archer, qui tire la flèche, est l’étoile Nunki, de magnitude 2 (sigma Sagitarii). La flèche part de Kaus Medius et arrive à Al Nasl (gamma Sagitarii), qui en est la pointe : elle nous donne une orientation utile puisque l’archer semble viser Antarès du Scorpion, située à environ 20° à l’ouest de la limite de la Voie lactée, et légèrement au-dessus de la ligne de tir. Mais l’archer cherche peut-être une cible encore plus grande, un autre nuage d’étoiles formé dans la Voie lactée, le centre de notre galaxie. 

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La Voie lactée

La représentation du Sagittaire sous la forme d’un centaure a évidemment donné lieu à quelques confusions avec la constellation australe du Centaure. Cependant, il s’agit de deux personnages mythologiques bien distincts. Contrairement au Centaure austral, fort pacifique, le Sagittaire est farouche et guerrier. Dans la mythologie mésopotamienne, il est apparu sous la forme de l’archer Nergal, qui dominait Mars, la planète guerrière.

En revanche, la mythologie grecque a assimilé le Sagittaire au centaure Chiron, sage et savant. Cette identification vient d’un mythe qui concerne Artémis, déesse de la Chasse. On dit qu’Artémis fut à l’origine de la mort d’Orion, parce qu’elle envoya un scorpion le piquer au talon. Pour le venger, Chiron tua le scorpion d’une flèche, et dans le ciel le Centaure vise toujours le cœur du Scorpion, Antarès. Cette histoire tend à se confondre avec celle d’Asclépios, la constellation d’Ophiucus qui écrasa le scorpion ; il faut se rappeler que, comme Asclépios, Chiron avaient le pouvoir de guérir.

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Chiron le Centaure blessé

Dans la tradition des Upanishad, le Sagittaire, qui est l’homme tendant à s’identifier à la flèche, se voue à l’exaltation du brahman, dont la connaissance assure la libération du cycle des renaissances. Il est curieux de noter que cette libération du cycle coïncide effectivement avec la fin des moissons et des vendanges, à l’entrée de l’hiver, où toute vie semble s’anéantir. « Ce qui est brillant et plus subtil que subtil, ce sur quoi reposent les mondes et les habitants des mondes : voilà le brahman impérissable. Il est le souffle, il est la parole, l’esprit ; il est le réel, l’immortel. Sache, mon cher, que c’est là la cible à atteindre ».

La syllabe Om est l’arc, l’atman est la flèche, le brahman est la cible, enseigne-t-on. « Il faut l’atteindre sans se laisser distraire. Il faut se rendre semblable à la flèche ».

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La flèche du Sagittaire

La flèche, à quoi s’assimile le Sagittaire, fait la synthèse dynamique de l’homme volant vers sa transformation, par la connaissance, d’être animal en être spirituel.

Neuvième signe du Zodiaque, il se situe avant le solstice d’hiver quand, les travaux des champs terminés, les hommes se consacrent davantage à la chasse. Symbole du mouvement, des instincts nomades, de l’indépendance et des réflexes vifs. Cette partie du ciel est placée généralement sous la domination de Jupiter.

Nous sommes au terme de la trinité du Feu. Si, au Bélier, la puissance ignée était viscérale et si, au Lion volontaire, elle était consacrée à sa magnificence du Moi, ici, cette force devient celle des décantations spirituelles, des illuminations de l’esprit, des montées intérieures, par lesquelles l’instinct et l’ego se dépassent dans une transcendance, vers un surhumain. C’est une figure de sublimation qui représente ce signe : un centaure aux quatre sabots plantés au sol et qui se dresse devant le ciel, un arc bandé en main et orientant sa flèche en direction des étoiles. Tableau d’une créature pleine et qui campe sa vie dans la plus large ouverture à l’univers. On le dit toutefois correspondre au signe Jupiter, principe de cohésion et d’unification, fondant dans l’unité globale d’une large synthèse le terrestre et le céleste, l’humain et le divin, la matière et l’esprit, l’inconscient et le supra-conscient… La séquence qui est propre au Sagittaire s’apparente donc à une épopée, à une symphonie, à une cathédrale, à l’itinéraire d’un élan panthéiste d’intégration à la vie universelle. Et à la souche du type sagittairien, on discerne un Moi en expansion ou en intensité, qui cherche ses propres limites et aspire à les dépasser, et cela sous la poussée d’une sorte d’instinct de l’envergure ou de la grandeur. D’où une aspiration à une certaine élévation ou dimension qu’il recherche dans un transport, lequel peut être élan de participation, d’assimilation idéale à la vie collective, ou au contraire révolte stimulante contre une puissance à dominer, sinon simple inflation du moi qui se perd en ivresse de grandeur….

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Bibliographie

Le langage secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius et Paul Devereux – Editions Solar Paris                                                                                    

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

 

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LE ZODIAQUE AMOUREUX… MADAME SCORPION AMOUREUSE

(14 - LE ZODIAQUE AMOUREUX) par sylvietribut le 17-11-2011

Comment pourrait aimer Madame Scorpion sinon avec passion… Mais peut-être aussi avec un côté « mante religieuse » qui effraie quand même quelque peu les hommes. Bien sûr, celui qui aura le privilège d’être aimé d’elle ne rencontrera plus jamais une femme de sa trempe et toute autre relation amoureuse lui semblera fade. Il faut bien reconnaître qu’elle le fait vivre sur les montagnes russes, avec des cris, des coups de griffe, des coups de poignards, moraux bien sûr… sinon physiques… de grands moments d’exaltation, des crises de dépression et des raffinements de panthère… tout ce qui peut constituer une fascinante névrose.

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On peut se demander si Madame Scorpion est une partenaire aimante ou une redoutable adversaire, car lorsqu’elle aime, il lui faut triompher et si elle est froissée, elle ne voit pas d’autre issue que la vengeance. Peu d’hommes sont capables de lui tenir tête et les statistiques ont permis de mettre à jour que les femmes fatales sont de type Scorpion, celles qui ne séduisent que pour mieux abandonner ensuite. Ou bien celles chez qui le désir de domination surpasse tous les autres, et qui n’ont de cesse que le partenaire, totalement subjugué, n’ait perdu tout ce qui faisait sa force, son esprit d’entreprise, sa virilité en quelque sorte. C’est pourquoi il est recommandé à quiconque tombe amoureux d’une femme Scorpion de certes s’abandonner à son intense présence magnétique, mais de savoir réagir avant qu’elle ne vous domine complètement.

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Les hommes disent volontiers que les femmes saines et calmes les ennuient et qu’ils vivent plus intensément avec ces créatures irrationnelles et superbes. Avec Madame Scorpion, ils sont servis. Toutefois, avec l’âge, Madame Scorpion met de l’eau dans son vin et ne griffe plus avec autant de conviction. Et lorsqu’elle rencontre un homme digne de son admiration, un peu saint ou chercheur génial, elle peut enfin donner sa mesure et devenir une compagne exceptionnelle. Elle le secondera, saura le conseiller, usant de son intuition et aplanissant la route pour son « grand homme », chienne de garde vigilante et personne ne viendra à bout de sa détermination.

Evitez de sous-estimer l’influence d’une femme Scorpion sur son mari et, même si celui-ci connaît des revers de fortune, elle se battra à ses côtés, sans jamais faiblir. S’il réussit, il ne fait aucun doute que c’est à elle qu’il le devra.

Enfin, la jalousie est une partie inéluctable du tempérament de Madame Scorpion et son talon d’Achille. Aussi, quelles que nombreuses que soient les preuves de fidélité, son partenaire découvrira qu’elles ne suffisent jamais à la rassurer.

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LE ZODIAQUE AMOUREUX… MONSIEUR SCORPION AMOUREUX

(14 - LE ZODIAQUE AMOUREUX) par sylvietribut le 17-11-2011

Monsieur Scorpion est comme possédé par une force secrète où la raison n’interfère absolument pas, qu’il tient bien comprimée car Monsieur Scorpion est l’homme le plus secret du zodiaque… Mais cette force secrète n’est autre que la passion qui l’anime. Malheur à celle que son regard de braise fascinera… Sans le savoir elle s’exposera aux jeux subtils d’un amour qui dit mal son nom… celui du bourreau et de la victime. Car Monsieur Scorpion aime les larmes de la femme aimée, il aime le pouvoir qu’il exerce sur elle, cet art de plonger dans les abîmes du désespoir ou de la porter aux cimes de l’exaltation amoureuse. Souvent, les amours Scorpion ne sont que de successifs affrontements, déchirements, cris de haine et de passion.  

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C’est pourquoi Monsieur Scorpion a souvent mauvaise réputation chez ceux qui n’ont que de faibles notions d’astrologie, et qui ne sont capables de voir dans ce signe que son côté dur et parfois violent, sans en comprendre la richesse profonde. Car chez Monsieur Scorpion, l’amour devient un instinct, une passion, un combat qui exige un vainqueur et un vaincu. Bien sûr Monsieur Scorpion n’admet aucun partage, il veut régner sans conteste sur le cœur de la femme aimée. C’est dire que le marivaudage, le flirt papillonnant n’appartiennent pas à son mode opératoire amoureux, en la matière il va s’agir de conquête rappelant plutôt l’enlèvement dans les tribus primitives. Et puis, tout homme Scorpion cherche obscurément la femme initiatrice et sublime, tout en la voulant pure. Il aime ou il n’aime pas, il n’y a pas de demi-mesures et sa première impression ne varie pas.

Si Monsieur Scorpion aime, c’est un lien profond qui s’établit… Il veut tenir sa proie captive, mais lui-même se trouve rivé à elle, dans un amour profond que la mort seule peut achever, histoire comparable à celle de Tristan et Yseult.  

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Waterhouse – Tristan et Yseult

Monsieur Scorpion veut connaître le cœur et le passé de celle qu’il aime, car il la veut totalement, croyant que c’est seulement ainsi qu’il atteindra à la révélation d’un amour qui transfigurera son existence. Il est donc dans un terrain de choix pour bien des inquiétudes, des obsessions, des névroses, l’idée du néant et de la mort se mêle alors à sa dépression amoureuse avec le risque de connaître, au cours de sa vie, des situations  pénibles, souvent inextricables, bien éloignées de la morale courante et des bons sentiments.  

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La rudesse de Monsieur Scorpion dans ses façons d’agir surprend car il ne craint pas de blesser non seulement la fierté, mais aussi la sensibilité toute féminine de sa partenaire, devenant ainsi dans le même temps bien difficile à supporter… Au risque que l’amour ne cède la place à la lassitude ou à la crainte. A moins que, comme Molière le plaça dans la bouche de Martine… « Et s’il me plaît à moi d’être battue »… Car certaines femmes aiment dans la souffrance… Souffrance qu’elle partage alors avec notre rude Monsieur Scorpion qui a beaucoup de mal à être vraiment heureux. Que de luttes dans cette âme scorpionnesque, que de reproches il ne cesse de se faire à lui-même car il a très souvent l’impression de faire le mal et il s’en veut, il souhaite un amour supra-terrestre et il veut en même temps sa large part d’amour charnel… Il voudrait aimer un ange qui soit de chair et que la vamp qu’il vénère ait une âme angélique. Vous l’aurez compris, Monsieur Scorpion est un être compliqué mais attachant. Inutile donc de s’opposer à lui, il ne tolèrera pas… Par contre à celle qui l’aime de trouver la tactique pour l’attirer à participer et suivre des envies et ses projets.

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