DANS L’HERBIER DES POISSONS… LA JONQUILLE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 12-03-2014

Bien dans l’univers Poissons et dans le langage des fleurs, la jonquille symbolise la langueur d’amour, mais également le désir.

En français, le mot « jonquille » désigne plusieurs plantes du genre « Narcissus ». La jonquille véritable, la seule qui rappelle sa dénomination espagnole de « petit jonc » est le « Narcissus jonquilla ». Ce sont ces variétés à parfum qui sont toujours cultivées à Grasse. La jonquille appartient à la famille des amaryllidacées et sous son air timide, elle évoque le retour du printemps. La fleur est unique et généralement de deux tons de jaune. Le cœur est en forme d’entonnoir, évasé et dentelé et d’un jaune plus soutenu. La floraison va de mars à début juillet en fonction de sa localisation géographique, de l’altitude et du milieu ambiant.

JONQUILLE

Cependant, depuis la Belle Epoque, on dénomme « jonquille » une autre espèce commune, surtout dans les Vosges, en Lorraine, en Franche-Comté, dans le Nord et même en Belgique, le narcisse jaune ou « Narcissus pseudonarcissus » plus communément appelé le « narcisse trompette ».

La jonquille est l’un des emblèmes du Pays de Galles et l’on disait que si on avait la chance de voir la première jonquille de la saison, les douze mois suivants seraient pleins de richesse. En fait, dans le monde entier, on associe la jonquille non seulement à la fin de l’hiver, mais aussi à une future prospérité.  Par contre, en Angleterre, les jonquilles sont associées au Carême et on les appelle aussi « lys de carême ».

Une légende chinoise veut que si l’on force un bulbe de jonquille à fleurir pendant le Nouvel An, cela portera chance à toute la famille.

BOUQUET DE JONQUILLES DE BERTHE MORIZOT 

Bouquet de jonquilles – Berthe Morizot

En France, la jonquille est la fête de la Vallée des Lacs dans les Vosges. Chaque printemps les coteaux se couvrent de taches jaunes et c’est pourquoi on fête la jonquille dans cette région. La fête la plus populaire des Vosges a lieu tous les deux ans depuis 1935, le dimanche le plus proche du 20 avril, avec défilé de corso fleuri de jonquilles, avec une trentaine de chars. Il existe aussi une fête des jonquilles à Saint-Etienne-de-Montluc, en Loire-Atlantique.

La jonquille est la fleur de ceux qui sont nés au mois de mars ainsi que de ceux qui fêtent leur dixième anniversaire de mariage. On dit qu’offrir des jonquilles c’est le bonheur assuré. Attention, si vous offrez un bouquet de jonquilles vous apportez en quelque sorte la bonne fortune à qui vous offrez le bouquet, par contre offrir une seule jonquille porte malheur.

Depuis que l’on fête les grand-mères, la jonquille est associée à cette célébration. 

PIED DE JONQUILLE 2

 

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UN MYTHE POISSONS. .. ŒDIPE AUX PIEDS GONFLES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.12 - LES MYTHES DES POISSONS ET DE NEPTUNE) par sylvietribut le 08-03-2013

Le Roi Laïos, inquiet de ne pas avoir d’héritier, alla consulter l’oracle de Delphes. Celui-ci prédit que le fils qui lui naîtrait tuerait son père et épouserait sa mère. Malgré ces fatales prédictions, un enfant naquit à la cour de Thèbes. Jocaste, sa mère, effrayée de la sentence de l’oracle, l’abandonna sur le Mont Cithéron, après lui avoir percé les chevilles avec une aiguille et les lui avoir liées avec une lanière. Des bergers recueillirent l’enfant. Ils l’appelèrent Œdipe, ce qui signifie « pied enflé » et le présentèrent au roi de Corinthe Polybos, époux de Périboéa qui, sans enfant, l’adopta avec joie et l’éleva comme son propre fils. Un jour, un jeune Corinthien apprit à Œdipe qu’il n’était qu’un enfant trouvé. Intrigué par cette révélation, Œdipe consulta l’oracle de Delphes, qui répéta l’horrible prédiction faite à Laïos : « Tu tueras ton père et épouseras ta mère ». Persuadé que Polybos et Périboéa étaient ses véritables parents, Œdipe les quitta en hâte. Dans un défilé, non loin de Delphes, il croisa Laïos sans savoir que celui-ci était son père et, s’étant pris de querelle avec lui, il le tua en coupant le timon de son char. Ainsi s’accomplissait la première prédiction.

OEDIPE RECUEILLI ET NOURRI PAR LE BERGER PHORBAS - DENIS-ANTOINE CHAUDET

Œdipe bébé recueilli et nourri par le berger Phorbas – Denis-Antoine Chaudet – Musée du Luxembourg

Poursuivant sa route et parvenu aux portes de Thèbes, Œdipe rencontra le Sphinx, monstre terrifiant, qui posait une énigme aux voyageurs et les dévorait s’il n’obtenait pas de réponse. Œdipe sut trouver la bonne réponse et le Sphinx, dépité, se jeta du haut d’un rocher et se tua, délivrant ainsi le pays de la terreur. Accueilli à Thèbes comme un bienfaiteur, Œdipe fut nommé roi et épousa Jocaste, ignorant qu’elle était sa mère. Ainsi s’accomplit la seconde prédiction. De cette union incestueuse naquirent quatre enfants : Etéocle, Polynice, Antigone et Ismène.

Quelques années plus tard, une peste s’abattit sur la ville et l’oracle consulté répondit : « Il faut expulser de la ville le meurtrier de Laïos ». Contre ce meurtrier, c’est-à-dire contre lui-même, Œdipe, toujours dans l’ignorance de son crime, prononça une malédiction implacable. Mais bientôt les révélations embarrassées du devin Tirésias permirent au héros de deviner la vérité. De honte, Jocaste se pendit ; Œdipe se creva les yeux et, chassé de Thèbes, erra en mendiant dans la contrée, accompagné de sa fille Antigone qui, seule, lui était restée fidèle.

A la fin de sa vie, l’infortuné Œdipe trouva asile en Attique, auprès de Thésée. A Colone, petit bourg non loin d’Athènes, les Erinyes l’entraînèrent dans la mort. Toutefois, Thésée accorda une sépulture au corps de cette victime de la plus terrible des fatalités, car il était dit que le tombeau d’Œdipe serait un gage de victoire pour le peuple athénien.

L'HOMME ZODIAQUE

Pieds et Poissons dans l’homme-zodiaque

Parmi les mythes liés au signe des Poissons, il en est un qui semble s’imposer et dont bien sûr une autre interprétation pourrait être proposée. Après Freud, cela semble bien présomptueux. Œdipe, en effet, semble toujours vivre sa vie à contretemps, prendre conscience de la réalité un instant trop tard, incapable de maîtriser un destin qui perpétuellement lui échappe. Le seul nom d’Œdipos nous met sur la voie. Œdipe aux pieds gonflés, celui dont, enfant on a transpercé les pieds en le livrant aux bêtes de la forêt, pour qu’il ne puisse plus marcher et se fasse ainsi plus rapidement dévorer. Aimables parents que ceux qui se débarrassent ainsi d’un enfant sous prétexte qu’un oracle a prédit le meurtre, par lui, de son père. Pas un instant nous n’entendons la mère élever la moindre protestation. Tiamat, la mère terrible des Mésopotamiens, est moins inflexible. A dire vrai, la fin tragique des parents d’Œdipe n’est-elle pas méritée ?

En astrologie, les pieds font partie de la zone du corps associée au signe des Poissons. Le pied est symboliquement lié à l’âme, au destin subi par cette âme ; il est, dans son mouvement, ambivalent, alternativement incrusté dans le sol ou séparé de lui, au cours de la marche. Il se pose et s’élève. Il permet de voir ce que les yeux ne perçoivent pas, en appréhendant le sol avec prudence. Certaines femmes Maya disent qu’avec des chaussures elles ne peuvent plus voir… L’empreinte du pied de Bouddha inscrit en quelque sorte dans le sol sa loi, sa sagesse.

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Thémis plongeant Achille, son fils, dans les eaux du Styx – Rubens

On pense aussi au talon d’Achille, ce point vulnérable d’un héros invincible. Pour le tremper dans l’eau qui devait le protéger de la mort, il fallait bien que sa mère le tienne, peut-être n’avait-il pas encore de cheveux… En le saisissant par un pied, par le talon, elle pouvait espérer le sauver de tous les périls. Et c’est au talon, bien sûr, qu’Achille sera blessé. Ne pas oublier non plus, une autre symbolique du pied, sexuelle celle-là. Quant à Œdipe, il est recueilli par des gens bienveillants qui le soignent et le sauvent, et qu’il prendra, bien sûr, pour ses véritables parents.

Lorsque dans l’Œdipe Roi de Sophocle, le roi Œdipe refuse de croire ce que lui dévoile le devin Tirésias, nous retrouvons l’homme terrifié par ce destin annoncé, cette malédiction écrasante… et nous percevons qu’il se défend de ce qu’il sait inconsciemment, de ce que lui-même a pressenti de ce destin. Il refuse la révélation et insiste en même temps pour savoir, au risque de tuer Jocaste qui a compris avant lui, la vérité dont sont chargés les propos de Tirésias.

OEDIPE ROI

Oedipe et Tirésias

Sa mère n’a pas d’autres recours que de mourir, elle qui n’a pas su affronter cette terrible réalité, découvrir qu’elle est à la fois la mère d’Œdipe, sa femme et la génitrice de leurs enfants, et devoir regarder en face Œdipe qui désormais connaît son histoire, découvre que c’est elle, sa mère, qui a projeté de le faire mourir. S’il n’avait été recueilli par un berger alors qu’il n’était encore qu’un nouveau-né, tout cela à cause d’une autre prédiction susceptible de faire d’Œdipe le meurtrier de Laïos, son père et l’époux de sa royale mère, il aurait été dévoré par les bêtes sauvages.

On dit parfois que, pour empêcher le retour du mort, de son fantôme, on lui transperce les pieds. On ne peut se tromper sur les intentions meurtrières de Laïos et de Jocaste. Dans d’autres traditions, on coupe les morts en morceaux pour les empêcher de revenir hanter les vivants. Le « diasparagmos », le morcellement d’Osiris et plus tard de bien d’autres, d’Orphée, de Dionysos, serait lié à cette tradition, originaire, sans doute de l’Egypte soudanaise.

jocaste 

Jocaste

Peut-être aussi les découpe-t-on pour que le sang attire les bêtes et qu’ils soient dévorés plus vite. En ce qui concerne Jocaste, il n’est dit nulle part qu’elle confie l’enfant à un berger pour qu’il le sauve. Si la vision de ce bébé émeut de compassion cet homme simple qui le remettra à un couple stérile, c’est qu’Œdipe était condamné par les dieux à accomplir son destin, inscrit de toute éternité dans les tables célestes… L’ami du berger est un roi, Polybe, qui aimera Œdipe comme son fils. Mais, apprenant la prophétie selon laquelle il est condamné à tuer son père aimant et à partager la couche de sa mère, Œdipe s’éloignera, il tentera de fuir pour les préserver. La tragédie se noue sur un malentendu. Incertitudes, non-dits, mystères, secrets, nous sommes bien ici dans le registre des Poissons, pieds inclus…

Ne dit-on pas que la Maison XII du thème astral, en analogie avec le douzième signe, celui des Poissons, qu’elle est un lieu d’épreuves ? Certes elle est également un lieu de sacrifice et de rédemption. Mais nous retrouvons ici cette notion de « rites de passage », eux aussi toujours porteurs de sacrifices. Œdipe, plus qu’aucun autre héros grec, cumule sa part d’épreuves… Dans son histoire il y a le poids de la culpabilité mais encore celui de l’irresponsabilité ; l’aveuglement qui se traduira concrètement par la cécité. Et le sacrifice, terme essentiellement lié à la nature oblative des Poissons.

oedipe - humoristique

Philippe Geluck – Le Chat

Œdipe n’est pas conscient des forces destructrices dont il est porteur. Son innocence ne saurait être contestée. S’il est violent parfois, comme la mer peut l’âtre, il n’est ni cruel ni méchant. Ses intentions ne sauraient apparaître comme mauvaises. C’est lui, dès l’origine, la victime. Œdipe est un homme de bonne volonté, qui s’éloigne de ses parents aimés pour ne pas leur nuire et sans doute lui en coûte-t-il…

Les Grecs invoquent volontiers le Fatum, le destin, les épreuves imposées par les dieux. Œdipe pourrait légitimement se dire qu’il n’y est pour rien, que tout cela ne le concerne pas. Ce serait la tentation de l’inconscience et de l’irresponsabilité. Mais, face au Fatum, à ce destin inscrit dans les dieux, il y a le sacrifice, ce sacrifice qui est fait pour « faire du sacré », remettre de l’ordre dans le monde, dans le jeu entre ciel et terre. Nous retrouvons ici des concepts neptuniens, Poissons…

L’histoire d’Œdipe met en scène une âme blessée, humaine, accablée par un destin d’une cruauté extrême menée jour après jour au sacrifice par ces dieux aux intentions indéchiffrables.

Dans l’Œdipe à Colone, Œdipe parvient là où il veut aller. Aidé par Thésée, il écartera ses filles Antigone et Ismène, pour aller mourir en un lieu mystérieux, où il disparaîtra, enfin pardonné par les dieux mais sans que le lecteur connaisse jamais exactement le secret de sa mort. La présence de Tirésias, dans cette aventure œdipienne, est constante, du début, à la naissance même d’Œdipe, jusqu’à sa mort. Comment les pouvoirs du devin seraient-ils absents d’un mythe Poissons ?

Le signe, en effet, est inséparable des oracles, de la voyance, du don de double vue, si fréquent en outre chez les aveugles dont Tirésias, et Œdipe, font partie…

Pisces2009 

Bibliographie 

Dieux et Héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont

Dictionnaire de la Mythologie Grecque et Romaine – Joël Schmidt – Larousse

 

frise feuille d'acanthe

 

 

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LES ANIMAUX DU ZODIAQUE – POEME

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 19-01-2013

 

Quand ils ont quitté les baraques

Du soleil, leur patient berger,

Les animaux du zodiaque

Vont boire dans la voie lactée.

 

Puis ils s’égaillent dans les prés

Du ciel plein des graminées pâles

En croquant parfois une étoile

Qui éclate en grains de clarté.

 

ZODIAQUE DE MATFRE ERMENGAU DE BEZIERS - BREVIAIRE D'AMOUR 

Zodiaque du Bréviaire d’amour – Manuscrit catalan

 

Il arrive aussi que la Vierge

Leur tende en riant son épi

Et leur montre, ourlé de lumière,

Le grand portail du paradis.

 

Mais dès que le fouet de l’aurore

S’en vient claquer au-dessus d’eaux,

Bélier, Taureau et Capricorne

Font tourner la roue d’or des cieux.

                                                                                                                                              

                                                                                                                                                                              Maurice Carême  

 

MAURICE CAREME 

 

 

 Maurice Carême, écrivain et poète belge de langue française, né mai en 1899 et décédé en janvier 1978.

 

 

 

 

 

 

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DANS L’HERBIER DU CAPRICORNE… LE THYM

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 18-01-2013

Si le Capricorne avait une saveur, une odeur… ce serait celle du thym. « Thymus » provint du grec « thumon » qui signifie « offrande (qu’on brûle) » et « parfum » sans doute à cause de l’odeur agréable que la plante dégage naturellement ou lorsqu’on la fait brûler.

 GUSTAVE MOREAU - HELENE SUR LES REMPARTS DE TROIE

Hélène sur les remparts de Troie – Gustave Moreau

La légende veut que le thym soit né des larmes de la Belle Hélène lorsque Pâris l’enleva et de chaque larme tombée au sol naissait une touffe de thym. Il faut dire que le thym pousse spontanément dans les pays du pourtour méditerranéen. Il est donc connu, ainsi que ces vertus, depuis la plus lointaine Antiquité. Les Egyptiens et les Etrusques le faisaient entrer dans les préparations servant à l’embaumement de leurs morts ; les Grecs en brûlaient devant l’autel de leurs dieux, les places publiques et les riches demeures, pensant que cette plante était source de courage et ils en mettaient aussi dans leurs plats. Les Romains faisaient de même et la diffusèrent en Europe au fil de leurs invasions. Les femmes romaines l’employaient en eau de toilette et en onguent pour entretenir leur beauté. Il existait même un baume censé retarder le vieillissement. Les Romaines s’en servaient aussi pour purifier les habitations et pour « donner du parfum aux fromages et aux liqueurs ». On sait maintenant que c’est un puissant antiseptique, « l’ennemi de la toxine » disait le professeur Trousseau. C’est aussi un stimulant des fonctions respiratoires, digestives et circulatoires.

Ce symbole de courage se perpétue au Moyen Age, notamment lors des Croisades. Les jeunes filles brodaient des abeilles voletant autour d’une branche de thym sur les écharpes qu’elles offraient à leur chevalier qui partait trop loin de leur cœur. Quant aux sorcières, elles fabriquaient des philtres d’amour à base de marjolaine, de thym, de verveine et de fleurs de myrte.

 SERPOLET OU THYM SAUVAGE

Serpollet ou thym sauvage

Le thym était aussi placé sous les oreillers car on disait qu’il favorisait le sommeil en chassant les cauchemars et la mélancolie. Les Romains, qui l’affectionnaient particulièrement, en emplissaient leurs couches pour jouir d’un meilleur sommeil. On posait aussi une branche de thym sur les cercueils lors des funérailles car on pensait qu’il facilitait le passage dans l’autre vie.

Dans le langage des fleurs, le thym est symbole de courage, d’amour durable, de dynamisme, de résistance physique et donnerait un esprit de créativité.

Dans le calendrier républicain, le thym correspondait au 28 Prairial.

Le thym ou serpolet appartient à la famille des Lamiacées. Ce genre comporte pas moins de 300 espèces. Ces plantes sont riches en huiles essentielles et à ce titre font partie des plantes aromatiques. La principale huile essentielle de Thymus vulgaris est un terpénoïde quilui doit son nom, le thymol, une substance bactéricide. Dans le sud de la France, le thym est souvent appelé « farigoule » et en occitan « farigola ». C’est d’ailleurs à partir du XVIe siècle que le thym est devenu l’emblème de la cuisine provençale puisque c’est en Provence qu’il y pousse spontanément, sur les collines arides de la garrigue, où il nourrit lapins et chèvres.

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Chèvre dans la garrigue

Le thym est en effet très résistant. Il a besoin de soleil et pousse à l’état sauvage sur les collines arides et rocailleuses et c’est pourquoi il entre bien dans la symbolique du Capricorne. Le thym peut d’ailleurs pousser jusqu’à 1 500 à 2 000 mètres d’altitude. Cependant, on peut cultiver le thym qui se reproduit par semis et par division de racines, marcottage ou bouturage.

On utilise le thym comme aromate en cuisine et comme plante médicinale, dans les tisanes et même dans les bonbons, comme par exemple les Ricola. En tisane, le thym permet de soigner les infections respiratoires. C’est un antiseptique qui a des propriétés antivirales. Le thym est aussi stomachique, expectorant et anti spasmodique. Toutefois, une tisane de thym est également efficace pour drainer le foie. Enfin, c’est un excellent calmant. Autrefois, on utilisait même du thym contre le hoquet et les morsures de serpent.

En infusion, le thym apaise les problèmes respiratoires : bronchite, rhume, grippe et asthme. On trouve d’ailleurs un rapide soulagement dès les premières gorgées.

On utilise aussi le thym pour fabriquer des liqueurs particulièrement parfumées quand elles sont à base de fleurs ramassées en été.

THYM 

Thym des jardins

Bibliographie

Nos grand-mères savaient – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

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L’HEMATITE… UNE PIERRE SCORPION… NOIRE AU CŒUR ROUGE

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 17-11-2012

L’hématite est une espèce minérale composée d’oxyde de fer avec des traces de titane, d’aluminium, de manganèse, d’eau. C’est en fait un minéral très courant, de couleur noire à gris argenté, brun à rouge, ou même rouge, avec de nombreuses formes cristallines. Une fois polie, cette pierre prend une magnifique couleur noire aux reflets métalliques.

Son nom vient du grec « Haimatos » qui signifie « sang ». On l’appelle aussi le sang de la terre mère. La poudre d’hématite était d’ailleurs utilisée comme pigment rouge.

 

L’Hématite noire au cœur rouge

Son existence est rapportée par Pline l’Ancien dès 77 qui, citant Zachalias de Babylone disait de l’hématite qu’elle guérissait les maux du foie et des yeux, qu’elle faisait accepter les demandes faites aux rois, qu’elle était utile dans les procès et les débats. Il ajoutait qu’il était recommandé aux combattants de s’en munir.

Déjà, dans l’Egypte ancienne, l’hématite était considérée comme ayant le pouvoir de guérir les maladies du sang, sans doute parce que ce minéral composé principalement de fer a la particularité de teinter l’eau en rouge. C’est aussi pourquoi les Egyptiens pensaient qu’elle favorisait la production de sang.

En Afrique, l’hématite est considérée comme le sang de la terre-mère. Certains hommes de la Préhistoire enduisaient le corps de leurs défunts de poudre d’hématite. Les Indiens d’Amérique et les anciens Chinois l’utilisaient dans le même but.

Hématite

Dans l’Antiquité, également, en Afrique du Nord et dans l’Egypte antique prédynastique, l’hématite était utilisée, comme le plomb sous forme de céruse et tout aussi toxique, dans certains cosmétiques : fards, bâton à lèvres l’ancêtre du rouge à lèvre, enduits de peinture à base d’hématite… Aujourd’hui, l’hématite est employée en bijouterie fantaisie car certaines pierres peuvent être taillées comme des pierres fines.

L’hématite est le minerai de fer le plus abondant. Broyée finement, elle peut servir de pigment et entre dans la composition d’émaux et d’engobes pour la céramique.

En 2004, on a trouvé sur la planète Mars, des sphères qui pourraient être intégralement ou en partie composée d’hématite. L’hématite se forme habituellement par l’action érosive de l’eau, ce qui suppose la présence, à une époque, d’eau sur Mars.

Porter une hématite sur soi peut aider à combattre une difficulté latente, à dominer des peurs, à débloquer et pousser une personne à s’investir ou qui ne s’apprécie pas à sa juste valeur.

En période de dépression ou de fatigue générale, l’hématite est d’un grand secours : elle renforce la vitalité et stimule notre force intérieure. Elle réveille la volonté de vivre, d’agir tout en évitant la dépréciation de soi. L’hématite tonifie le corps physique et contribue à atténuer les carences en fer.

 

Bracelet d’hématite noire et de jaspe rouge

 

Bibliographie : Le grand livre de la magie des pierres – S. Da Ros – Editions Trajectoire

 

 

 

 

 

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LES AGRUMES… COMME AUTANT DE PETITS SOLEILS

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 14-08-2012

Il est d’usage d’évoquer la mythologie grecque pour appeler les agrumes « hespérides » du nom du fabuleux jardin, ainsi que d’un des douze travaux d’Hercule, celui-ci ayant eu pour tâche de cueillir les pommes d’or de ce Jardin des Hespérides bien gardé par le Titan Atlas aidé d’un dragon.

Vitrail d’agrumes

Les Hespérides étaient en fait les filles d’Atlas et d’Hespéris. Elles vivaient dans le jardin des pommes d’or. Mais Hercule/Héraclès triomphera du dragon et s’empara du jardin avec toutes ses richesses. Le mythe représente l’existence d’une sorte de Paradis, objet des désirs humains, et d’une possibilité d’immortalité (la pomme d’or) ; le dragon désigne les terribles difficultés d’accès à ce Paradis et Héraclès, le héros qui triomphe de tous les obstacles. L’ensemble est un des symboles de la lutte de l’homme pour parvenir à la spiritualisation qui lui assurera l’immortalité. Atlas, dit la légende, enseigna l’astronomie à Héraclès, le dragon donna son nom à une constellation et Héraclès fut identifié au soleil. Quant aux pommes d’or, il s’agit vraisemblablement d’une interprétation de la Renaissance car les Grecs anciens ne cultivaient pas d’agrumes et le verger des Hespérides situé sur la côte Atlantique produisait vraisemblablement des coings. Noter que le coing est un symbole ancien du mariage, consacré à Aphrodite/Vénus et à Dionysos/Bacchus.

 

Les coings

Les agrumes, à proprement parler, auraient été cultivés en Orient dès le IVe millénaire. De tous temps, ils furent appréciés pour leurs qualités décoratives, leurs parfums, leurs vertus médicinales et bien sûr leur goût. A ce propos, le mot « agrume » vient de l’italien « agrumi » et de l’ancien français « aigruns » signifiant « fruits aigres ». Quant à leur diffusion en Asie, elle se réalise au Moyen Age alors qu’en Occident, elle fut lente et sélective. Depuis, les agrumes sont les fruits les plus cultivés du mondes : les Arabes andalous du Moyen Age avec la maîtrise des techniques du sucre et de la distillation (agrumes confits et eau de fleur d’oranger) les diffusent en Occident ; puis, la systématisation de l’usage de la vitamine C aux U.S.A. dans les années 1920 qui les diffuse dans le nouveau monde et en premier lieu en Floride, avec le jus d’orange du matin.

 

La Jeune Fille aux Citrons – William-Adolphe Bouguereau – 1899

Les agrumes sont les fruits des végétaux des genres Citrus, Fortunella, Microcitrus, Eremocitrus et Poncirus, parmi lesquels on trouve les citrons, les clémentines, les kumquats, les bergamotes, les limes et limettes, les mandarines, les oranges, les pamplemousse et pomelos, les tangerines et les cédrats. Le genre « Fortunella » regroupe les kumquats. Le genre « Poncirus » renferme deux espèces aux fruits non comestibles frais.

 

Citrus cédrat

Le cédratier (Citrus medica), cultivé en Mésopotamie, fut la première espèce connu en Europe (300 ans avant Jésus-Christ). Le Cédrat ressemble à un gros citron. C’est un fruit sacré dans le Judaïsme. Moïse ordonna de tresser ensemble des rameaux de cédratier, des palmes et des branches de saule pour faire les thyrses consacrés à la fête des Tabernacles. Le cédratier était pour les Juifs un arbre sacré dont le fruit n’était pas soumis à la dîme et on le portait en main en entrant dans le Temple. En Chine, on l’appelle la « main du Bouddha », une variété de cédrat qui germe en pousses ressemblant au geste de la main de Bouddha. Les sons qui forment le nom du cédrat en chinois symbolisent la longévité et le bonheur. Le cédrat, la pêche et la grenade constituent un trio qu’on appelle les « Trois bénédictions » ou « abondances », symbolisant la prospérité, la longévité et l’abondance des descendants. Ensuite, comme la plupart des fruits à nombreux pépins, c’est un symbole de fécondité. Au Moyen Age, le cédrat était utilisé dans les opérations magiques. Et depuis toujours, le cédrat sert à préparer l’essence de bergamote et son écorce confite est très appréciée.

 

Les oranges

Les oranges dans la symbolique de l’Extrême-Orient sont des mandarines plutôt que les grosses variétés d’oranges de l’Occident. Elles représentent la chance par leur couleur doré et la perfection par leur forme ronde. Et puis, comme tous les fruits à nombreux pépins, l’orange est un symbole de fécondité. Au Viêt-Nam, on faisait autrefois présent d’oranges aux jeunes couples. Dans la Chine ancienne, probablement pour la même raison, l’offrande d’oranges aux jeunes filles signifiait une demande en mariage. L’oranger fut introduit dans le bassin méditerranéen entre les Xe et XIIe siècles alors que le mandarinier n’est apparu qu’au XIXe siècle.

Originaire du Cachemire, le citron aurait gagné la Chine il y a plus de 3 000 ans. Les Arabes l’ont acclimaté dans tout le bassin méditerranéen et notamment en Espagne. Quant aux Romains ils connaissaient le citronnier dès le 1er siècle de notre ère. Aujourd’hui encore, ce sont nos Voisins espagnols qui assurent 80 % de notre approvisionnement. Quant à la production française, si elle est infime (250 tonnes environ), elle est cependant réputée, avec le fameux citron de Menton qui mûrit en hiver.

 

Les limes

En Inde, la lime éloigne les esprits, sans doute en raison de son amertume. Quant au pomélo, ce gros fruit jaune fait office pour le Nouvel An chinois de signe de richesse et de prospérité parce que sa couleur est associée à l’or et que son nom (you) est homophone du mot pour « avoir » ou « posséder ». 

Le bigaradier porte un fruit, la bigarade, qu’on appelle également « orange amère ». Elle est plus petite que l’orange douce et sa peau rugueuse est tentée de vert ou de jaune. Sa chair est acide, peu juteuse, très amère et contient beaucoup de pépins. L’arbre, le bigaradier, est haut de 5 à 10 mètres. Au début de l’ère chrétienne, on le trouvait en Inde, puis il fut introduit dans le sud de la France par les Croisés. Les Maures le cultivaient intensivement près de Séville en Espagne, ce qui lui valut son surnom d’orange de Séville.

 

Bigarades

Il semblerait que la bergamote vienne d’Orient et aurait été introduite en Europe par les Croisés. Son nom serait une déformation du mot turc « beg armudi » qui signifie « poire du seigneur », alors que d’autres soutiennent qu’elle a été rapportée des îles Canaries par Christophe Colomb et tirerait son nom de la ville de Berga, au nord de Barcelone, où elle était cultivée à l’origine. Selon une légende, par nuit de pleine lune, la bergamote nous ferait voir l’endroit où naissent les fées.

 

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.  

 

 

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