DANS LE BESTIAIRE DU CAPRICORNE… LA DINDE ET L’OIE DU MENU DE NOEL

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 23-12-2012

La dinde farcie est le plat par excellence du réveillon de Noël, non seulement en France, mais dans de nombreux pays dans le monde. Cependant, en Allemagne, c’est l’oie qui est préférée pour cette occasion. D’ailleurs, avant que n’apparaissent en Europe la dinde, il a toujours été de tradition de festoyer à Noël avec un plat à base de volaille, essentiellement l’oie, car elle représente l’oiseau solaire en cette période de solstice. Elle garantissait ainsi la protection du soleil à celui qui en mangeait.

La dinde n’a pas toujours existé sous nos climats. Il faut se souvenir qu’elle fut ramenée d’Amérique par les colons espagnols et son intérêt gastronomique fut reconnu en Europe vers 1570 où elle s’y imposa. Le nom de « dinde » vient de « poules d’Inde » comme les colons les avaient baptisées croyant revenir d’Inde. La dinde remplaça l’oie au menu de Noël car elle représentait un volatile exotique qui, du fait de sa rareté, était dégusté en temps de grandes fêtes. En France, la première dinde aurait été servie lors du banquet de noces du roi Charles IX en 1570. La première dinde à être mangée au cours d’un repas de Noël l’aurait été à la table du souverain du Saint-Empire, l’Empereur Charles VII.

La dinde apparaît comme très moderne par rapport à l’oie puisque les premières tentatives de domestication pourraient dater de 5000 ans. L’oie était un mets de choix chez les Egyptiens, les Grecs et les Romains. Elle était préférée au poulet dans de nombreuses régions car elle exige de moindres quantités de nourriture et possède une chair savoureuse. Elle était également appréciée pour son duvet de très bonne qualité, ainsi que pour ses plumes que les scribes utilisaient.

La frugalité de cet animal qu’on est obligé de gaver puisqu’elle ne le fait elle-même nous fait bien sûr penser au Capricorne. Mais plus que le signe en lui-même, c’est à Mars en Capricorne qu’on pense lorsqu’on observe l’organisation d’aspect militaire de ce volatile. Se souvenir que Mars est exalté dans le signe. En effet, les oies sauvages volent toujours en formation de chevrons et les oies domestiques avancent en file unique. Les oies semblent obéir à une organisation invisible. C’est sans doute pourquoi les oies sont associées aux déesses de la destinée.

 

L’oie est l’animal dédié aux déesses Vénus/Aphrodite et Némésis. Celle-ci était la fille de Nyx, la Nuit. Elle personnifiait la vengeance divine. Elle châtiait les crimes et punissait aussi les amants cruels. Elle était la fille d’Océanos et avait quelque chose de la beauté de Vénus. Zeus/Jupiter tomba amoureux d’elle et la poursuivit sur la terre et dans la mer ; mais pour lui échapper, Némésis se transforma en une multitude d’animaux, et même en poisson. Finalement, elle prit la forme d’une oie, mais Jupiter devint cygne et s’unit à elle. Némésis pondit un œuf d’où sortit Hélène qui fut cause de la guerre de Troie.

 

Némésis – Alfred Rethel

Selon une variante différente, Vénus trompa Némésis en revêtant la forme d’un aigle et fit semblant de poursuivre Jupiter métamorphosé en cycge ; ce dernier se réfugia dans le sein de Némésis et lorsque celle-ci s’endormit, le dieu s’unit à elle. Puis, elle pondit un œuf.

D’après certaines traditions, les constellations du Cygne et de l’Aigle furent placées au firmament pour commémorer l’exploit de Jupiter. L’œuf de Némésis fut trouvé par un berger, qui n’était peut-être que Mercure en personne, quoi qu’il en soit il apporta l’œuf à Léda, la femme de Tyndare. Léda éleva Hélène une fois qu’elle fut sortie de l’œuf. On racontait aussi que Léda elle-même, et non Némésis, avait pondu l’œuf.

 

Les oies du Capitole – Musée Archéologique d’Ostia – Bas-relief

Dans l’Histoire, les oies connurent leur heure de gloire. En effet, elles se firent remarquer en avertissant les Romains lorsque les Gaulois de Brennus tentèrent d’escalader le Capitole. Tite-Live raconte l’épisode des oies sacrées du temple de Junon qui sauvèrent Rome par leurs cris. Cela se passait vers 390 avant Jésus-Christ. A partir de cet épisode des oies consacrées à Junon étaient entretenues par l’Etat au Capitole, sous la responsabilité des censeurs. Afin de commémorer l’événement, les Romains organisaient une procession annuelle et une oie sacrée était transportée sur une luxueuse litière pendant que des chiens étaient crucifiés vivants sur des poteaux de sureau le long du trajet. Les chiens payaient ainsi leur négligence pour n’avoir pas aboyé alors que le Capitole était menacé par les envahisseurs gaulois.

Chez les Romains, l’oie était associée au culte de Minerve, déesse guerrière, l’Athéna grecque sortie casquée et armée de la cuisse de son père Jupiter.

Aujourd’hui encore bien des éleveurs de canards et autres volailles mettent quelques oies dans leur basse-cour. Elles sont les seules à alerter en cas de visite d’un prédateur, voire même de le mettre en fuite.

Les oies de Meïdoum en Egypte, sont une des plus anciennes représentations d’oies. Quant à Aphrodite/Vénus, elle a plusieurs fois été représentée sur un char tiré par des oies blanches ou par des cygnes. Cependant, chez les anciens Grecs, l’oie ou le cygne sont porteurs de la même symbolique. Chez les Gaulois, c’est Belisama qui est représentée chevauchant une oie. L’oie est avec le cygne l’un des véhicules du dieu hindou Brahmâ, le dieu-Créateur, né dans un œuf d’or rayonnant de lui-même.

En Chine, l’oie est considérée comme un principe yang qui illumine la nature. Dans certaines régions de Chine, l’oie symbolise le mariage et le mari doit offrir une oie lors de la signature du contrat de fiançailles.

Le mot « oie » dérive du bas-latin « auca ». « Auca » serait une contraction de « avica » dérivé de « avis » qui signifie « oiseau ». La forme « oie » est régionale. La forme normale en ancien français était « oue ». Ainsi, à Paris, la rue aux Ours ne serait qu’une fausse étymologie de la rue aux Oues, c’est-à-dire la « rue des Oies ». Cette origine se retrouve également dans l’italien et le catalan « oca », ainsi que dans le gascon « auca ».

Une fable d’Esope raconte l’histoire d’un fermier qui possédait une oie qui pondait des œufs d’or. Il décida de la tuer afin de posséder tous les œufs d’or à la fois et c’est ainsi qu’il perdit la source de sa richesse. La Fontaine reprend la même histoire avec un autre volatile dans « La Poule aux œufs d’or ».

 

Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson

Le roman « Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède » est un roman qui décrit le voyage d’un enfant réduit magiquement en taille qui est emporté par le jars de la ferme. Il accompagne ainsi un troupeau d’oies sauvages à travers toute la Suède dans leur migration vers la Laponie.

Au Moyen Age, la patte d’oie était un symbole magique. Cependant, les lépreux devaient porter une patte d’oie jaune comme symbole d’impureté. Ainsi, on peut en conclure que la Reine Pédauque était une reine lépreuse, puisque « pé d’auca » se traduirait par « pied d’oie ». Le roman « La rôtisserie de la reine Pédauque » en est une illustration.

 

Jeu de l’Oie

Enfin, le jeu de l’oie était à l’origine un ancien jeu de divination. Le jeu du Monopoly en serait la version moderne.

La ville de Visé, en Belgique, dans la province de Liège, est surnommée la « Cité de l’Oie » et ses habitants, qu’ils appartiennent ou non à la « Confrérie de la Délicieuse Oie du Gay Savoir en Bien Manger » y préparent traditionnellement « l’oie à l’instar de Visé ». Ils font cuire cette volaille dans un bouillon de légumes qui sert ensuite de fond pour une sauce à l’ail. Ensuite, l’oie sera découpée et les morceaux de cuisse seront panés et poêlés, comme d’ailleurs les morceaux de poitrine, pour être ensuite dressés et servis avec la sauce.

Dans l’Europe du nord, c’était de tradition que de manger une oie à la Saint-Martin, à savoir le 11 novembre, dans cette période où les oies sont les plus grasses. Une légende raconte que Saint Martin-de-Tours pour éviter d’être nommé évêque s’était caché parmi les oies. Malheureusement, il fut trahi par leur caquètement.

 

Sarlat-la-Caneda – Place du Marché aux Oies

Il existe à Sarlat-la-Caneda une place du marché aux oies. Ce fut un lieu de foires jusqu’au XIXe siècle. De cette époque datent les trois oies de bronze du sculpteur animalier François-Xavier Lalanne qui ornent cette place. Elles sont devenues aujourd’hui les figures emblématiques de Sarlat. Impossible désormais de passer à côté de l’oie blanche, mascotte de la région qui fait partie de l’identité gastronomique de Sarlat-la-Caneda.

Tous les ans, depuis l’an 400, se déroule à Orvieto, charmante ville d’Ombrie, aux confins du Latium et de la Toscane, le Palio de l’Oie. Le blason de la ville d’Orvieto est un bouclier partagé en quatre, représentant les quatre symboles de la ville : la croix, l’aigle, le lion et l’oie. La croix symbolise la fidélité, l’aigle représente la domination romaine, le lion est celui de Florence, quant à l’oie elle rappelle les oies du Capitole qui sauvèrent Rome de l’invasion gauloise.

 

Le blason d’Orvieto

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant & John Hazel – Editions Seghers – Collection Marabout

Les Mythes Grecs – Robert Graves – Librairie Fayard 

 

 

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JUPITER… LE BRILLANT

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 27-11-2012

Sur le signe du Sagittaire, plane la grande ombre de Zeus-Jupiter, maître du signe.

Zeus est un dieu composite, hybride, porteur d’une double origine, véhiculant des attributs et des vertus, ou des défauts, le plus souvent contradictoires, voire inconciliables.

Zeus-Jupiter le Brillant, son aigle et Ganymède qui lui tend la coupe de l’ambroisie

Si on se réfère à l‘étymologie, Zeus, et les autres noms qui le désignent, est associé au Ciel Brillant ou Lumineux. Il est l’éclat même du jour. Euripide le désigne comme « éther brillant ». Zeus, c’est Dieu en grec, Zin en vieux haut allemand, Tyr en vieux norrois, Dyauspiter en sanscrit, très proche de Jupiter, c’est-à-dire encore « Père du jour ».

Associée à lui, on retrouvera Dioné, l’une de ses épouses, proche de Diane. Il est « jovial », du latin « jovis » : Jupiter, tant qu’il ne se met pas en colère, ne fait pas de l’autoritarisme gratuit, ne manifeste pas son extrême susceptibilité et son absolu manque d’humour, qu’il ne joue pas, enfin, des tours pendables aux mortelles et aux déesses qu’il convoite, viole ou trompe par des ruses indignes, ou bien encore lorsqu’il ne fait pas peser sur les humains ses terribles menaces et ses vengeances écrasantes.

Admettons toutefois qu’il n’est pas toujours facile de démêler ce qui lui vient de ses origines indo-européennes et de son caractère grec.

Selon les textes les plus anciens, Zeus serait né en Crète, c’est-à-dire en terre non hellène. Là où sa mère doit le cacher pour qu’il échappe à la dévoration paternelle.

 

Ganymède et l’aigle de Jupiter – Pierre Julien – Musée du Louvre

La Crète est liée aux religions archaïques, celles de la Déesse Mère. Au point qu’il existe des représentations d’un Zeus androgyne, en Carie, barbu mais avec six mamelles disposées en triangle, comme il existe une « Vénus barbata » ou une Cybèle mi-mâle, mi-femelle. Peut-être cela nous aidera-t-il à comprendre la diversité des expériences sexuelles de Zeus, son coup de foudre pour le beau Ganymède, dont le nom viendrait de « catamite », objet sexuel masculin, et dont Minos aurait tenté de faire son giton après que Zeus lui eut donné le mauvais exemple. Est-ce là pure homosexualité ? Est-ce un vieux vestige de bisexualité ? Et cela expliquerait-il aussi ses gestations nombreuses dans sa « cuisse »… par exemple ?

 

                     La Nymphe et la chèvre Amalthée – Pierre Julien – Laiterie de la Reine – Parc du Château de Rambouillet                  

Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur       

 

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LA CONSTELLATION DU SAGITTAIRE

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 25-11-2012

S’étendant largement au sud de l’équateur, le Sagittaire n’est pas une constellation très importante pour un observateur situé dans l’hémisphère boréal ; à une latitude moyenne, elle apparaît tout juste au-dessus de l’horizon, dans le ciel d’été, de juin à août, et on ne la voit jamais complètement. Cependant, dans l’hémisphère austral, à la même époque, elle est très visible, haut dans le ciel.

La Constellation du Sagittaire

Neuvième constellation du zodiaque, elle est représentée sous la forme d’un centaure, mi-homme, mi-cheval. Celui-ci est armé d’un arc et d’une flèche, qui constituent la partie occidentale de la silhouette, et qui se trouvent sur la Voie lactée qui, dans cette zone, a l’aspect d’une large bande. La courbe de l’arc est figurée par trois étoiles : Kaus Borealis, Kaus Medius et Kaus Australis, la plus brillante, qui correspondent respectivement aux parties nord, centrale et sud de l’arc : lambda, delta et epsilon Sagittarii. La main de l’archer, qui tire la flèche, est l’étoile Nunki, de magnitude 2 (sigma Sagittarii). La flèche part de Kaus Medius et arrive à Al Nasl (gamma Sagittarii), qui en est la pointe ; elle nous donne une orientation utile puisque l’archer semble viser Antarès du Scorpion, située à environ 20° à l’ouest de la limite de la Voie lactée, et légèrement au-dessus de la ligne de tir. Mais l’archer cherche peut-être une cible encore plus grande, un autre nuage d’étoiles formé dans la Voie lactée, le centre de notre vaste galaxie.

La représentation du Sagittaire sous la forme d’un centaure a évidemment donné lieu à quelques confusions avec la constellation australe du Centaure. Cependant, il s’agit de deux personnages mythologiques bien distincts. Contrairement au Centaure austral, fort pacifique, le Sagittaire est farouche et guerrier. Dans la mythologie mésopotamienne, il est apparu sous la forme de l’archer Nergal, qui dominait Mars, la planète guerrière.

Artémis Déesse de la Chasse

En revanche, la mythologie grecque a assimilé le Sagittaire au Centaure Chiron, sage et savant. Cette identification vient d’un mythe qui concerne Artémis, déesse de la Chasse. On dit qu’Artémis fut à l’origine de la mort d’Orion, parce qu’elle envoya un scorpion le piquer au talon. Pour le venger, Chiron tua le Scorpion d’une flèche, et dans le ciel le Centaure vise toujours le cœur du Scorpion, Antarès. Cette histoire tend à se confondre avec celle d’Asclépios, la constellation d’Ophiucus qui écrasa le scorpion ; il faut se rappeler que, comme Asclépios, Chiron avait le pouvoir de guérir.

Le Sagittaire – Détail du Globe céleste de Coronelli

Bibliographie

Le Langage Secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius/Paul Devereux – Editions Solar

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LA TRES VIRGINALE HESTIA

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 06-09-2012

Hestia était l’aînée des trois filles de Cronos/Saturne et de Rhéa et de ce fait elle était sœur de Zeus/ Jupiter, Poséidon/Neptune, Hadès/Pluton, Héra/Junon, Déméter/Cérès. Elle appartient à la génération des douze grandes divinités de l’Olympe, bien que sa présence dans le canon olympien soit variable. Elle fut assimilée par les Romains à Vesta. Ayant souhaité rester vierge, elle imposa à ses prêtresses de le rester aussi ; à Rome, celles-ci étaient appelées les Vestales.

 

Hestia

Hestia n’est pas mentionnée par Homère. C’est Hésiode qui fait d’elle la première-née de Cronos/Saturne. « L’hymne homérique à Aphrodite » indique que Cronos/Saturne l’engendre « la première et aussi la dernière », sans doute parce qu’elle est la dernière à être recrachée par son père. Aînée des dieux, elle jouit d’une considération particulière par les Olympiens. L’hymne delphique d’Aristonoos la nomme ainsi « la maîtresse du ciel et de la terre ». Et pourtant, presque aucun mythe ne se rattache à cette déesse. Pluton met en scène le cortège des Olympiens, dans Phèdre, précisant qu’Hestia n’en fait pas partie, car elle demeure en permanence sur l’Olympe. Ovide, lui, mentionne la tentative de Priape d’attenter à son honneur. Et on la voit, sur les vases, participer à la procession des dieux lors des noces de Pélée et Thétis. Un kylix la représente sur l’Olympe avec les autres dieux et un autre la montre assistant avec Aphrodite/Vénus à l’arrivée d’Héraclès/Hercule sur l’Olympe. Un kylix était un vase peu profond utilisé pour la dégustation du vin lors des banquets.

 

Kylix

Hestia, dans le monde cruel des dieux de l’Olympe, ne prit jamais part à une guerre ni a une querelle, ce qui fait dire que son cas est unique. Sans vanité et sans agressivité, elle cédait volontiers sa place aux banquets des dieux, trop heureuse d’échapper aux colères de ses bruyants parents. Humble, discrète et charitable, Hestia se montrait propice à ceux qui priaient avec dévotion et ferveur. Par essence, elle était l’image de l’attachement aux vertus domestiques, au devoir, à la pureté. Et puis, comme Artémis et Athéna, elle a toujours résisté aux propositions amoureuses que lui firent les dieux, les Titans et les autres. Ainsi, après que Cronos/Saturne eut été détrôné et que Poséidon/Neptune et Apollon/Soleil se présentèrent à elle comme deux prétendants rivaux, elle jura sur la tête de Zeus/Jupiter de demeurer vierge pour toujours. A la suite de cela, Zeus/Jupiter, reconnaissant, lui accorda la première victime de chaque sacrifice public parce qu’elle avait su préserver la paix de l’Olympe.

Pour comprendre ce « sacrifice public », il faut savoir que ce qui était au centre de la vie grecque, et même à Sparte où la famille était subordonnée à l’Etat, c’était l’âtre dans la maison, qui était aussi considéré comme un autel de sacrifice, et Hestia, qui en était la déesse, représentait la sécurité personnelle et le bonheur ainsi que le devoir sacré de l’hospitalité.

 

Priape, Hestia et l’âne

La légende des cadeaux de mariage qu’elle reçoit de Poséidon/Neptune et d’Apollon/Soleil a sans doute été inspirée par les cultes associés de ses trois divinités. Et voici pourquoi. Un jour, au cours d’une fête champêtre à laquelle assistaient les dieux, Priape, ivre, essaya de la violer après que tout le monde repu se fut endormi ; mais un âne se mit à braire bruyamment. Hestia s’éveilla, poussa un cri en voyant Priape à califourchon sur elle et le mit en fuite. Tout penaud, il était comique à voir dans sa retraite précipitée.

Priape essayant de la violer est une mise en garde anecdotique contre la conduite sacrilège à l’égard des invitées féminines qui se mettent sous la protection de l’âtre public ou privé, de même que l’âne, symbole de luxure, proclame la folie criminelle de Priape.

Si nous montions le thème natal d’Hestia nous lui trouverions bien sûr un Soleil en Vierge, mais on serait tenté de lui accorder un Ascendant Cancer qui justifierait son rapport au feu du foyer que les émigrants s’installant dans une ville étrangère emportaient, pour ne pas briser leur lien avec le lieu de leurs origines, avec leurs racines.

 

Hestia comme déesse du foyer, dans les maisons ou sur la place publique, protégeait les pieux dévots qui venaient chercher protection auprès d’elle. Hestia était universellement respectée, non seulement parce qu’elle était la plus douce, la plus vertueuse et la plus charitable de tous les habitants de l’Olympe mais aussi parce qu’elle avait inventé l’art de construire des maisons. Son feu était à tel point sacré que si un âtre s’éteignait soit par accident, soit en signe de deuil, on le rallumait à l’aide d’une roue à feu.

Hestia était vénérée dans toutes les cités grecques. Elle avait son autel dans chaque prytanée. A Delphes, Hestia était l’objet d’un culte particulier, parce que cette ville était considérée comme le centre du monde, et son foyer était donc le foyer commun de la Grèce. La caractéristique des temples d’Hestia était leur forme circulaire. Dans les maisons ou sur la place publique, elle protégeait ceux qui venaient chercher protection auprès d’elle. Hestia était universellement respectée.

La statue archaïque aniconique de la Grande Déesse, utilisée dans toute la Méditerranée orientale, semble avoir représenté un tas de charbon incandescent dont on conservait le feu en le recouvrant de cendres blanches ; c’était le moyen le plus économique et le plus agréable de se chauffer, dans ces temps anciens. Ce feu ne dégageait ni fumée, ni flamme, et constituait le centre naturel au cours des réunions de famille ou de clan. A Delphes, le tas de charbon est devenu la « pierre à feu » que l’on employait à l’extérieur et devint « l’omphalos » ou protubérance ombilicale que l’on voyait fréquemment sur les vases peints grecs ; il représentait ce que l’on croyait être le centre du monde. Cet objet sacré qui a survécu à la destruction du temple porte gravé le nom de la Terre Mère ; il était d’une hauteur de trente centimètres et d’une largeur de quarante centimètres environ : c’est là approximativement la hauteur et la forme d’un feu de charbon de bois suffisant pour chauffer une grande pièce.

 

Omphalos de Delphes

A la période classique, la Pythie était assistée d’un prêtre qui provoquait ses transes en faisant brûler des grains d’orge, du chanvre et des feuilles de laurier sur une lampe à huile dans un lieu couvert et qui ensuite interprétait ce qu’elle disait. Mais il est probable qu’on posait autrefois le chanvre, le laurier et l’orge sur les cendres brûlantes du petit tas de charbon de bois, ce qui est une façon plus simple et plus efficace d’obtenir la fumée déclenchant la prophétie. On a découvert dans les autels crétois et mycéniens de nombreuses cuillères triangulaires ou en forme de feuille, en pierre ou en argile, dont certaines portent les traces d’un grand feu et semblent avoir été utilisées pour entretenir le feu sacré. Le tas de charbon de bois était quelquefois placé sur une table à trois pieds, ronde, en argile, peinte en rouge, blanc et noir, couleurs qui sont celles de la lune. On en trouve des spécimens dans le Péloponnèse, en Crète et à Délos. L’une d’elles, découverte dans une tombe à Zafer Papoura près de Cnossos, avait encore son tas de charbon de bois.

 

Bibliographie :

Les Mythes Grecs de Robert Graves – Editions Fayard

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont                                                                                                                                                                    

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Chez Marabout

 

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DANS L’HERBIER DES GEMEAUX… LE SERINGA

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 20-06-2012

Le nom « seringat » qu’on écrit aussi « seringa » vient de la coutume ancienne qui consistait à évider les tiges de leur moelle pour en faire des seringues. Il ne faut pas le confondre avec « syringa », appellation donnée jadis à l’arbuste, jusqu’à ce que Linné l’attribue au lilas, préférant pour Philadelphus pour le seringat. D’ailleurs, dans l’Antiquité ce mot désignait un arbuste très parfumé. Quant au mot Piladelphus, il trouve son origine dans le nom du roi d’Egypte Ptolémée, surnommé Philadelphe.

 

Branche de seringa

Les jolies fleurs blanches et parfumées du seringa s’épanouissent entre mai et juin alors que le soleil traverse le signe des Gémeaux. Ce sont de petites fleurs souvent regroupées par deux, comme les Gémeaux, et parfois trois. On appelle ces petits bouquets des cymes. Il existe plus de quarante variétés de ces arbustes rien que dans l’Hémisphère Nord, des collines rocailleuses de Yougoslavie à la Chine. Le seringa existe aussi en Amérique du Nord et il y aurait même une espèce de seringa en Amérique centrale qui présente la particularité d’être sensible au gel.

Parc du Château de Versailles

Ce qui caractérise le seringa c’est son merveilleux parfum qui lui a valu le surnom de « jasmin des poètes ». Et pourtant il existe du seringa non parfumé que l’on a découvert sur les rives du Mississipi par un certain Robert Cavalier de la Salle qu’il rapporta en France en 1681. L’arbuste fut planté dans le parc de Versailles à la demande de Louis XIV par son fidèle jardinier Fagon.

C’est plus tard, en 1835, que fut créé le premier seringat hybride par le chef jardinier, Henri-Antoine Jacques, du parc de Neuilly alors propriété du roi Louis-Philippe. Il obtint une plante à fleurs plus grandes et parfumées.

Dans le langage des fleurs, le seringa symbolise la mémoire, peut-être parce qu’on se souvient longtemps de son parfum persistant. La mémoire n’est pas sans évoquer Mercure et les Gémeaux.

 

 

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TWEET ET JALOUSIE

(2.5 - DANS L'ACTUALITE AUJOURD'HUI) par sylvietribut le 15-06-2012

Dans une émission sur Canal Plus le 12 juin dernier, on apprenait que le tweet de Madame Trierweiler avait été envoyé à 11 h 02, le 11 juin 2012, depuis Paris. Voici le thème de cet instant qui allait faire tant de bruit.

 

Thème astral de l’envoi du tweet le 11 juin 2012

Mon propos est de comparer ce moment précis, qui a déclenché la polémique que l’on sait, aux thèmes des deux protagonistes : Valérie Trierweiler celle qui envoie et Ségolène Royale celle qui reçoit le tweet, confronté au thème de l’Investiture de Monsieur Hollande à la Présidence de la République, dans lequel on pouvait lire qu’un des problèmes que rencontrerait le nouveau Président de la République serait d’être confronté à des rivalités qu’elles soient publiques ou privées.

 

Thème natal de Valérie Trierweiler

Merveilleuse astrologie… Comme lorsqu’on monte le thème d’une rencontre amoureuse, on voit se profiler dans cet instantané de vie les deux protagonistes. Dans le cas qui nous intéresse, celui de la rivalité, c’est la même chose qui se matérialise de la façon suivante : Valérie Trierweiler est l’Ascendant Lion de ce thème du tweet, comme elle l’est dans son propre thème ; Madame Royal n’est autre que le Descendant Verseau, signe de son propre Ascendant. Ensuite, Madame Trierweiler possède dans son thème un Mars en Vierge qui s’oppose à la Lune en Poissons du thème de Madame Royal. Et voici que l’histoire se répète avec le thème du fameux tweet, puisque Mars en Vierge s’oppose à une Lune en Poissons, comme superposant l’antagonisme des deux rivales.

Valérie Trierweiler

Notez d’ailleurs que la comparaison de ces deux thèmes désigne bien l’agresseur et l’agressée puisque le Mars en Maison III, agressif et vengeur car appliquant à Pluton par rétrogradation et conjonction dans le thème de Madame Trierweiler, s’oppose à la Lune émotionnelle dans l’Eau des Poissons  du thème de Madame Royal.

Au moment du tweet, on est en présence d’un Mars, toujours en Vierge, s’opposant à une Lune revenue en Poissons, comme superposant le point sensible de la comparaison des thèmes des deux rivales. On a l’impression d’assister à une sorte de duel, Mars est entre autre le symbole même de l’épée…

 

Duel de femmes

On constate aussi que l’aspect est quelque peu partagé puisque Mars dans le thème de Madame Royal est également en Vierge, mais en Maison VII et non en Maison III et, surtout, sans aspect à Pluton, mais conjoint à la Lune de Madame Trierweiler.

Thème natal de Madame Ségolène Royal

Autre similitude : dans le thème de Madame Trierweiler on trouve ce carré en T qui met en rapport Mercure carré Neptune et carré Jupiter lui-même opposé à Neptune, qui signe une grande amoralité, alors que dans le thème de Madame Royal ces mêmes planètes sont en résonance mais en aspect harmonieux : une conjonction Mercure/Neptune/Saturne au trigone de Jupiter, qui signe une sincérité qu’on ne peut mettre en doute.

 

Ségolène Royal

Pour en revenir au thème du tweet, on note encore : le Soleil, Maître de l’Ascendant, au carré de Mars et de la Lune. On pourrait imaginer plusieurs scenarii derrière cette configuration faisant du Soleil une planète focale. Incontestablement, ce Soleil représente Madame Trierweiler puisqu’elle s’incarne dans un Ascendant Lion tant dans son thème natal que dans le thème du tweet.

 

La chute de Phaéton – Rubens

Plusieurs hypothèses se profilent devant cette configuration : d’abord cela évoque un problème d’identité, un désir exagéré d’être regardé, apprécié, admiré, considéré, peut-être lié à une peur intérieure qui conduit à vouloir prouver son importance. Comment ne pas penser à Phaéton conduisant le char d’Hélios, le Soleil, et qui ne maîtrisant plus rien se tue, image symbolique bien sûr… Un désir conscient ou non d’être le centre de l’attention dans une recherche de l’approbation des autres. Mais se profile tout autant un sentiment d’impuissance qui nous ramène à l’idée d’un problème d’identité. On sait qu’elle n’a pas de cadre social puisqu’elle n’est ni l’épouse, ni la mère et que dans le même temps elle réfute le titre de Première Dame, ne pouvant non plus se prévaloir d’un quelconque mandat électoral comme celle qu’elle considère comme une rivale, compagne légitime et mère de quatre enfants, tout en étant un leader politique de la gauche connue et reconnue. Où se situe exactement Madame Trierweiler ? Nous ne le savons pas, mais elle pas plus que nous sans doute, d’où ce tweet intempestif, inconvenant et irréfléchi, sinon guider par la jalousie et la rancœur.

 

Thème de l’Investiture de Monsieur Hollande

Une comparaison s’impose aussi entre le thème de l’envoi du tweet et le thème de l’Investiture de Monsieur Hollande. Or, première constatation c’est que la Lune est revenue à sa position dans les Poissons. Ensuite, Mars lui a continué sa course dans la Vierge pour venir s’opposer à cette Lune Poissons de l’Investiture, où se profilait déjà l’opposition de Mars à la Lune le jour de l’Investiture. De plus, ce même Mars s’achemine vers le carré de Vénus du thème de l’Investiture, d’ailleurs remplacée par le Soleil dans le thème du tweet. Comme tous les aspects sont appliquants, on peut penser que l’événement n’est pas clos, des remous sont à prévoir. A moins qu’il ne s’agisse des conséquences de cette intrusion de Madame Trierweiler dans la vie politique. On voit d’ailleurs que bon nombre de ténors du Parti Socialiste sont montés au créneau pour la recadrer.

Dans le futur, on peut imaginer que de nouveaux problèmes surgiront réactivant le thème de l’Investiture au niveau de l’aspect de rivalité qu’il contient, à savoir le carré Lune/Vénus. Que se passera-t-il lorsque depuis le Sagittaire, cette fois, Mars s’opposera à Vénus et sera en conflit avec la Lune, notamment en Novembre 2012, ou bien le passage de Mars en Poissons en mars 2013, accompagné de Mercure et de Vénus, et puis de nouveau en juin/juillet 2013 lorsque Mars rejoindra Jupiter sur le dernier décan Gémeaux.

Un thème est une horloge, il n’est que de suivre les planètes comme on suit les aiguilles au cadran pour connaître l’heure d’un événement, ou d’une tension probable, événement devant, dans ce qui nous occupe, dépasser la sphère privée puisqu’inscrit dans le thème de l’Investiture, à moins que d’autres rivalités ne voient le jour d’ici là.

Rambouillet, le 15 juin 2012 

 

 

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