LES GEMEAUX ET LA CONSTELLATION DU COCHER

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 03-06-2012

Castor et Pollux (alpha et bêta Germinorum), étoiles de magnitudes respectives 1,6 et 1,2, culminent haut dans le ciel à minuit en janvier, dans l’hémisphère Nord ; ces étoiles jumelles semblent proches l’une de l’autre. Il s’agit de la constellation zodiacale des Gémeaux. Castor, la plus septentrionale de ces deux étoiles, est blanche, alors que Pollux est orange. Cette constellation se trouve au nord de Procyon (alpha Canis Minoris) et au nord-est d’Orion. Les pieds des jumeaux sont représentés par Alhena (gamma Geminorum), qui est située à peu près à mi-chemin entre Al Nath (bêta Tauri) et Procyon.

 

Castor et Pollux dans la constellation des Gémeaux

Dans la mythologie grecque, ces jumeaux sont les Dioscures, les « Fils de Dieu ». Certains récits les décrivent comme demi-frères, enfants de Léda ; Castor serait né de ses amours avec un mortel, et Pollux de son union avec Zeus/Jupiter. Castor excellait en équitation, et Pollux à la lutte. Ils s’aimaient tellement que Pollux refusa l’immortalité qu’on lui offrait, en tant que fils de dieu, si son frère ne pouvait la partager. Zeus leur permit de rester ensemble, mais ils durent alternativement passer un jour dans le royaume des dieux et un jour dans le monde souterrain, l’Hadès. Pour les récompenser de leur amour fraternel, Zeus/Jupiter en fit des étoiles. Lorsque Castor se couche à l’occident, descendant vers les Enfers, Pollux le suit. Et quand Castor se lève, son frère apparaît bientôt à ses côtés.

Les Dioscures – Campidoglio – Rome

Le dieu des Mers, Poséidon/Neptune, donna aux Gémeaux le pouvoir de sauver ceux qui voyagent en mer. Dans l’hémisphère Sud, ils étaient visibles au-dessus du mât de l’Argo, le navire qui emmenait Jason vers la Colchide, alors qu’il allait chercher la Toison d’Or. Lorsque les deux frères montèrent à bord, deux flammes jaillirent du mât. Ce phénomène électrique est connu des marins sous le nom de feu Saint-Elme ; il est provoqué par l’électricité atmosphérique.

Les Gémeaux n’ont pas la même forme dans toutes les civilisations. Les Romains ont associé cette constellation à Remus et Romulus, en 753 avant Jésus-Christ. Dans la mythologie maya, les Gémeaux sont des pécaris copulant. Les Arabes les ont représentés en paons, et, en Europe, cette image a survécu jusqu’à la fin du Moyen Age. Dans la tradition phénicienne et chaldéenne, les Gémeaux sont deux chevreaux qui suivent un berger représenté par la constellation du Cocher, qui se trouve à l’ouest des Gémeaux au nord d’Orion.

 

Constellation du Cocher

Le Cocher (Auriga) tient de la main gauche deux chevreaux, et en même temps il porte sur le bras gauche une chèvre, un animal qui correspond à la magnifique étoile jaune-blanc Capella, la « Petite Chèvre » (Alpha Aurigac, de magnitude 0,1). Le pied droit du Cocher touche la constellation du Taureau, en l’occurrence la pointe de l’une de ses cornes, au point marqué par l’étoile Al Nath (bêta Tauri), qui se trouve juste au-dessus de l’écliptique. Les étoiles de la constellation décrivent une sorte de spire qui passe par thêta Aurigae, puis par l’étoile Menkalinam (bêta Aurigae, de magnitude 2), près de l’épaule droite, et par Capella. Tout près de cette dernière, la spire revient vers epsilon Aurigae, qui correspond aux chevreaux, deux petites étoiles, nu et dzêta Aurigae. Le personnage du Cocher avait cette forme dans les premières civilisations de l’Euphrate.

Dans la mythologie grecque, la chèvre Capella était assimilée à Amalthée, qui signifie « Douce ». Lorsque la déesse Rhéa put soustraire Zeus/Jupiter, son fils, à la colère de son père, Cronos/Saturne, qui voulait le dévorer, Amalthée nourrit l’enfant. Pour la récompenser, Zeus/Jupiter transforma l’une de ses cornes en corne d’abondance, qui déverse en permanence de la nourriture et de la boisson.

 

Enlèvement d’Hippodamie – Lagrenais – Musée du Louvre

Curieusement, le Cocher n’a pas de coche. La mythologie grecque explique cela en assimilant le Cocher à Myrtilos, fils d’Hermès/Mercure, qui était le cocher d’Oenomaos. Ce dernier voulait empêcher sa fille Hippodamie de se marier. Il défiait tous les prétendants dans des courses de chars, qu’il remportait facilement en attelant au sien les juments d’Arès/Mars, nées du vent. Quand vint le tour de Pélops, fils de Tantale, qui était aimé d’Hippodamie, Myrtilos remplaça l’essieu du char de son maître par de la cire ; lors de la course, l’équipage perdit ses roues et Oenomaos la vie. Mais, en toute justice, Myrtilos fut puni par le destin. En effet, il était lui-même amoureux d’Hippodamie et, un soir, alors qu’il servait de cocher à la jeune fille et à Pélops, il tenta d’enlever sa belle. Son coup rata et Pélops, fort en colère, réussit peu après, traitreusement, à précipiter Myrtilos dans la mer, où il se noya.

Il n’y a sans doute pas de rapport historique direct, malgré la similitude de nom, entre la constellation grecque du Chariot et le groupe d’étoiles des « Cinq Chariots » de l’astronomie chinoise, qui se trouve essentiellement dans cette constellation du Chariot, avec Capella pour étoile principale.

Bibliographie

Le Langage Secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius et Paul Devereux – Editions Solar 

 

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UN DEVIN CELEBRE… LE COMTE DE CAGLIOSTRO

(6.4 - L'Astrologie dans l'Histoire) par sylvietribut le 21-05-2012

Que de mystère derrière ce célèbre personnage qui loua, en 1785, un hôtel particulier, l’hôtel de Bouthillier, au 1 rue Saint-Claude, Paris 3e, qui se faisait appeler Comte de Cagliostro. En effet, il existe deux versions quant à ses origines. La première, celle que son avocat, Maître Thilorier, fit connaître au parlement lors du procès de l’Affaire du collier de la Reine, et l’autre bien différente de la réalité.

D’après la première version, Cagliostro serait né en 1748, à Médine ou à Malte, où il aurait passé son enfance, logé dans le palais du Muphti et élevé par un gouverneur qui lui enseigna la botanique et la physique médicinales, la plus grande partie des langues de l’Orient, et avec qui, à douze ans, il partit en voyage à la Mecque, en Egypte, en Afrique, en Asie, à Rhodes, à Malte, où il perdit son gouverneur, en Sicile, dans les îles de l’Archipel, à Naples et enfin, en 1770, à Rome où « Sa Sainteté qui désirait le connaître lui accorda des conférences particulières ». Au cours de ces voyages il aurait pris différents noms dont, finalement, celui de Comte de Cagliostro.

Le Comte de Cagliostro

La version officielle le retrouve effectivement en 1770 à Rome, mais il y était venu dans des conditions bien différentes. L’illustre thaumaturge était né à Palerme en 1743, il se nommais Joseph Balsamo et était d’origine juive. A Naples, à 15 ans, il servit comme infirmier chez les Frères de la Miséricorde, religieux voués au soulagement des malades, qui lui apprirent quelques rudiments de pharmacie et de médecine. Chassé de Naples pour escroqueries, il dut quitter Naples pour Rome où il vécut de son habileté à imiter les écritures, à faire des faux, surtout des faux testaments.

Il épousa, en 1770, Lorenza Seraphina Feliciani, âgée de 16 ans, belle, assez riche, intrigante, mais ne sachant ni lire, ni écrire. Cagliostro dira : «  Il arrive souvent que les dames romaines les mieux élevées ne savent pas écrire ; c’est une précaution que l’on prend pour éviter les intrigues d’amour ».

 

Lorenza Seraphina Feliciani

Pourvu de la dot de Lorenza, le ménage voyage en Italie, en Espagne, au Portugal, d’où il gagne Londres. On est alors en 1772. En cours de route, il avait vendu des remèdes « pour guérir toutes sortes de maux sans exception et beaucoup d’autres encore ». A Londres, Balsamo utilisa les charmes de Lorenza ; c’est ainsi qu’elle reçut chez elle un honorable quaker qui dut verser 200 livres sterling lorsque le mari fit une apparition subite au moment même où il allait être outragé. En 1772 toujours, le couple vint à Paris où, la beauté de l’adroite Lorenza aidant, il vécut aux frais d’un avocat, connu sur le bateau qui l’amenait en France. Il retourna en Angleterre où il vécut de la vente d’indications infaillibles pour gagner à la loterie. Il repartit pour Bruxelles, puis les Etats Baltes, en Russie, en Pologne et en 1780 il arriva à Strasbourg.

Cagliostro était donné d’une imagination fertile dont il se servit pour duper ceux qui l’approchaient tout en se donnant comme bienfaiteur de l’humanité. Il se disait un de ces êtres que l’Eternel envoie parfois sur la terre pour la consoler. Le climat était favorable à tout ce qui rattachait au mysticisme et à l’illuminisme. Déjà, le comte de Saint-Germain, mort en 1784, faisait croire à la Cour de Louis XV qu’il possédait un élixir perpétuant la vie. Un autre illuminé, Mesmer, prétendait guérir nombre de névrosés par son « magnétisme animal » provenant de l’application de ses mains sur les êtres malades. Un de ces disciples, le marquis de Puységur, en 1784, devait trouver « le somnambulisme artificiel ».

Aussi Cagliostro n’eut pas de peine à mettre les têtes à l’envers en laissant croire qu’il pouvait changer le chanvre en soie, les métaux en or, faire des diamants. Il affirmait même qu’il avait assisté aux Noces de Cana, secondé François 1er à la bataille de Marignan et surtout qu’il guérissait les malades. On écrira même en 1783 que « sur 15 000 malades qu’il avait traités, ses ennemis les plus forcenés ne lui reprochaient que trois morts ».

L’emblème de Cagliostro

A Strasbourg, le crédule cardinal de Rohan voulut le voir ; aussitôt Cagliostro le guérit de l’asthme qui l’affligeait. Mais surtout il fabriqua devant lui un diamant dont il lui fit cadeau. L’année suivante, le cardinal conduisit le comte de Cagliostro pour quelques jours à Paris afin qu’il guérisse le maréchal de Soubise d’un commencement de gangrène. Cette arrivée avait été précédée par une grande publicité ; des colporteurs distribuaient gratuitement le portrait de Cagliostro sous lequel on lisait :

« De l’ami des humains reconnaissez les traits. 

Tous ses jours sont marqués par de nouveaux bienfaits…  

Il prolonge la vie, il secourt l’indigence, 

le plaisir d’être utile est sa seule récompense ».

Et c’est ainsi qu’une foule considérable vint le consulter ; son salon ne désemplissait pas de cinq heures du matin jusqu’à minuit. Ses remèdes infaillibles étaient de trois sortes : des bains avec de l’extrait de Saturne, une tisane dont, lui seul, connaissait la recette, des gouttes de sa composition. Par ailleurs, il évoquait les morts, prédisait l’avenir, procurait l’élixir de longue vie.

 

1 rue Saint-Claude Paris 3e

En janvier 1785, Cagliostro se fixa définitivement à Paris, à l’hôtel de la rue Saint-Claude, alors que toutes les négociations pour l’achat du collier « de la reine » étaient terminées ; Cagliostro fut donc tout à fait étranger à l’affaire.

Les visiteurs abondèrent et les carrosses prirent la file à la porte de l’hôtel de Cagliostro. Son grand succès d’alors était de faire connaître un événement qui se passait au même moment, soit à Pékin, soit à Rome, soit à Londres… Sur une table était un tapis noir, brodé en rouge de signes cabalistiques ; sur le tapis était une carafe, emplie d’une eau très pure, entourée de bougies allumées, d’épées nues croisées, de figurines égyptiennes, et même d’un crucifix. A genoux devant la carafe se tenait une jeune fille, appelée « la Colombe » ; elle devait posséder plusieurs particularités : être plus pure que l’eau de la carafe, avoir les yeux bleus et être née sous un certain signe du zodiaque. Le comte de Cagliostro tirait son épée, la posait sur la tête de la Colombe, et évoquait des génies ; alors l’eau de la carafe se troublait, la Colombe tombait en extase, entrait en transes ; c’était le moment de dire ce qu’elle voyait… Si elle se roulait à terre, Cagliostro la remettait en place, lui ordonnait de parler ; finalement, il lui arrachait des syllabes qu’il interprétait en disant quels personnages elle voyait, comment ils étaient vêtus, ce qu’ils disaient…

Chez le Comte de Cagliostro

L’hôtel de la rue Saint-Claude reçut des personnes le plus haut placées dans le monde de l’épée, de la finance, de la robe, tels le comte de Vergennes, ministre des Affaires étrangères, le marquis de Miromesnil, garde des Sceaux, le marquis de Ségur… et le cardinal Louis de Rohan. Celui-ci y venait trois à quatre fois par semaine car, écrivit-il à la comtesse de La Motte, Cagliostro et « le plus grand des hommes et Dieu même ».

Parallèlement à son existence de prophète, Cagliostro exploita l’idée de la franc-maçonnerie. Il installa à Paris la Loge Egyptienne dont il fut le Vénérable avec le titre de Grand Cophte, le duc de Luxembourg en étant le Grand Maître. Il en fonda une autre pour les dames, la Loge d’Isis, où s’inscrivirent Charlotte de Polignac, la comtesse de Genlis, la comtesse de Brienne…

Sa gloire se ternit le jour où on l’embastilla pour complicité dans la fameuse affaire du collier de la Reine. Après son acquittement par le parlement, quinze jours plus tard le 31 mai 1786, le retour de Cagliostro rue Saint-Claude, fut un véritable triomphe. 8 000 à 10 000 personnes l’attendaient. La cour, les escaliers, les appartements étaient pleins ; sérénades, vers, acclamations populaires, députation et bouquets des dames de la Halle, etc. Cependant, le lendemain, un exempt lui signifia de la part du roi, de quitter Paris dans les huit jours et la France dans les trois semaines. De Londres, où il arriva le 16 juin, il envoya une « lettre au peuple français » où il prophétisait la prise de la Bastille et sa transformation en place publique.

Forteresse de San Leo dans les Marches italiennes

En 1787, il se trouve à Bâle, puis à Turin, mais ayant eu l’imprudence de se rendre dans les Etats pontificaux, il y fut arrêté, avec Lorenza, en décembre 1789, comme « pratiquant la franc-maçonnerie ». En avril 1791 il fut condamné à mort, peine commuée par le pape en prison perpétuelle dans le château de San Leo, près d’Urbino dans les Marches italiennes, où l’illustre aventurier mourut le 26 août 1795, à 52 ans. Quant à Lorenza, elle avait été elle aussi condamnée à une réclusion perpétuelle, mais dans un couvent.

Beaucoup ne voient en Cagliostro qu’un adroit charlatan. Mais quelques-uns ne le reconnaissent pas en Balsamo et le considèrent comme un véritable thaumaturge, doué du don de prédire. Sa capacité à produire des effets surprenants est certaine, tout comme l’aisance dans laquelle il vivait.

Compte rendu d’une transmutation effectuée par Cagliostro. C’est un rapport détaillé relatant relatant façon dont, le 7 juin 1780, Cagliostro « fit » de l’argent dans une loge maçonnique de Varsovie, tel qu’un de ses membres le consigna dans une description de cette expérience : « Cagliostro me fit peser un livre de mercure que je possédais, déjà purifié. Avant cela il m’avait ordonné de distiller de l’eau de pluie jusqu’à ce que tout le liquide s’évapore, laissant un dépôt qu’il appelait « Terre Vierge » ou « secunda materia ». Il en resta environ 16 grains. Sur ses instructions, j’avais également préparé un extrait de plomb. Après que tous ces préparatifs furent achevés, il vint à la loge et me confia la tâche d’exécuter l’ensemble de l’opération de mes propres mains. Je fis ceci selon ses instructions dans l’ordre suivant : la Terre Vierge fut placée dans un ballon et la moitié du mercure y fut ajoutée. J’additionnai alors 30 gouttes d’extrait de plomb. Lorsque j’agitai un peu la fiole, le mercure apparut comme mort ou fortement congelé. Je versai alors le supplément d’extrait de plomb sur le mercure restant qui demeura non altéré. J’eux alors à placer ensemble les deux portions de mercure dans un ballon plus grand. Après l’avoir agité, tout le contenu prit en quelque sorte la même consistance solide. La couleur tourna au gris sale. L’ensemble fut alors agité dans un vase à moitié rempli. Cagliostro me donna ensuite un petit morceau de papier se révélant n’être que l’emballage de deux autres boulettes. Elles contenaient une poudre brillante de couleur carmin pesant sans doute en dixième de grain. La poudre fut mélangée dans un récipient et Cagliostro avala alors les trois papiers d’emballage. Pendant ce temps, je recouvrais le contenu du vase de plâtre de Paris, préalablement préparé avec de l’eau chaude. Comme le récipient était rempli, Cagliostro le prit de mes mains, y ajoutant encore plus de plâtre de Paris et pressant le tout de ses propres mains. Il me le rendit afin de sécher l’ensemble sur un feu de charbon de bois. Le vase fut placé dans un lit de cendres sur la fournaise à soufflerie. Le feu fut allumé et le récipient laissé ainsi pendant une demi-heure. Puis on retira du feu, grâce à une paire de pinces, et on le transporta dans la loge. Le vase y fut brisé et dans le fond reposait une masse d’argent pesant onces et demi… prit en quelque sorte la même consistance solide.

Bibliographie

Connaissance du Vieux Paris – Jacques Hillairet 

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CAREME… QUARANTE… UN NOMBRE SYMBOLIQUE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 17-03-2012

Le salut de l’humanité passe souvent, selon la Bible, par le nombre quarante : quarante jours de Déluge punissent l’humanité pécheresse et, pendant la même durée, l’arche vogue sur les flots, grâce à l’alliance scellée entre Dieu et Noé, pour conserver les spécimens de la faune et de la flore terrestres ; Moïse est appelé par Dieu à l’âge de 40 ans, et il demeure quarante jours au sommet du Sinaï ; les grands rois d’Israël, Saül, David, Salomon règnent pendant quarante ans.

Le déluge et l’arche de Noé

Jésus prêche pendant quarante mois, se retire au désert pendant quarante jours, sort victorieux de la tentation qu’il y subit pendant quarante jours, il ressuscite après quarante heures de séjour dans le sépulcre puis, pendant quarante jours jusqu’à l’Ascension, il apparaît à ses disciples pour leur dispenser ses dernières recommandations.

Suivant les traditions répandues dans le monde proche-oriental, que le judaïsme a transmises vers l’Occident, les nouveau-nés sont présentés au temple, ou pour le christianisme à l’église paroissiale, quarante jours après leur naissance ; ils sont donc reconnus devant Dieu et la société, et à cette occasion la jeune mère est purifiée du sang de l’accouchement. C’est en réalité ce rite de relevailles qui, d’une certaine façon, restitue à la femme sa sexualité non dangereuse et la rend de nouveau accessible à son époux. Car, pendant les quarante premiers jours suivant l’accouchement, un lourd tabou sexuel pesait sur le couple avec des conséquences graves pour la vie, la richesse, la respectabilité de la famille et de sa progéniture.

Les relevailles de la Vierge

Le nombre quarante joue, dans un grand nombre de cultures, un rôle déterminant pour la pratique des rites mortuaires et du culte des ancêtres. C’est le nombre de jours considérés comme indispensables pour que la dépouille, débarrassée de tout lien avec le monde des vivants, accepte de partir définitivement vers le monde de l’au-delà. Les cérémonies et les rites accomplis ce jour-là visent à lever les interdits du deuil, à purifier les parents du défunt de la souillure mais aussi à satisfaire le mort ; il faut pendant quarante jours de deuil adoucir sa peine, alléger son chagrin, le préparer à la séparation pour qu’il accepte désormais son rôle d’ancêtre bienveillant au lieu d’errer entre le monde des vivants et celui des morts.

Il est tout à fait vraisemblable que la coutume de la quarantaine, dont le but est de libérer mutuellement morts et vivants, est à l’origine d’une croyance largement répandue selon laquelle le nombre quarante symbolise un cycle de vie ou de non-vie. Il constitue le point de passage vital d’un cycle à l’autre, et c’est en ce sens que le nombre est devenu déterminant dans la notion philosophique et métaphysique de l’éternité ou de l’éternel retour.

Dans le monde balkanique, plaque tournante entre l’Orient et l’Occident, le nombre quarante, prometteur de richesses et d’abondance, est particulièrement significatif dans le cadre des travaux agricoles. « Mange quarante, bois quarante et plante quarante », y recommande un dicton populaire ; les femmes font au printemps une sorte de tarte avec quarante espèces d’herbes pour assurer l’abondance, les jeunes filles tissent avec quarante fils, de trame, pour devenir de bonnes ménagères, etc.

 

Sainte Françoise la Romaine

Mais, pour multiplier ses biens par quarante, il faut suivre une règle morale qui consiste à accomplir quarante actes de charité, appelés « psykhika », littéralement « œuvres de l’âme ». C’est ainsi que l’Eglise orthodoxe vénère, le 9 mars, la mémoire de quarante martyrs, particulièrement respectés par les cultivateurs, dont leur fête est le 10 mars pour les catholiques qui, le 9, fêtent sainte Françoise, noble romaine qui fut veuve après 40 ans et mourut en 1440 dans le couvent qu’elle avait fondé. D’après les légendes, il s’agit de quarante soldats de l’armée romaine qui se livrèrent volontairement aux moins des légionnaires et trouvèrent la mort pour leur foi chrétienne vers la fin du IIIe siècle dans la ville arménienne de Sébastia. Les tortionnaires, pour éviter toute nouvelle conversion, avaient décidé un martyre exemplaire : jeter les jeunes hommes dans l’eau glaciale d’un lac. Un seul, ne pouvant supporter les affres de cette mort lente, chercha refuge dans les eaux chaudes d’une installation de bains voisine. Mais l’endurance des trente-neuf autres émut profondément l’un des officiers qui assistaient au martyre ; il se jeta dans le lac pour rejoindre ceux dont la foi allait rendre la souffrance supportable et les martyrs se retrouvèrent quarante.

La valeur métaphorique de la forme même du martyre par rapport aux préoccupations du monde rural est facile à saisir : le début du mois de mars, avec ses écarts de température et ses changements de temps imprévisibles, constitue une période critique pour les cultures printanières et le repiquage des plantes maraîchères.

C’est aussi la date à laquelle commencent à s’activer les séricicultrices qui se mettent volontiers sous la protection des Quarante Saints. Le jour de leur fête, elles apportent à l’église les œufs des vers à soie qu’elles comptent élever dans l’année, afin qu’ils soient bénis et ne dépérissent pas à la suite des intempéries. Cette célébration du 9 mars, qui se trouve toujours en pleine période de Carême, est l’occasion de réjouissances rituelles qui permettent de rompre, par une mi-carême, avec l’austérité et la tristesse de la quarantaine.

Combat de Carnaval contre Carême – Pierre Bruegel l’Ancien

Le quarantième jour avant Pâques « quadragesima dies », nom transformé en « quaresima » marquent le début du Carême. L’opposition entre Carnaval et Carême représentée sous forme de cuisine grasse et cuisine maigre, que Bruegel a bien représenté, revêtait une certaine bonhommie aujourd’hui effacée par l’interprétation religieuse.

La coutume de préparer pour l’arrivée de Pâques un jeûne de quarante jours s’imposa dans les différentes Eglises d’Orient à la suite des conciles de Nicée (325) et de Laodicée (365) et fut adoptée définitivement trois siècles plus tard à Rome, où la pratique du jeûne et de la pénitence était facultative.

 

Bibliographie

Fêtes et Croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas 

 

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LES ECURIES D’AUGIAS… UN MYTHE POISSONS

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 10-03-2012

Comme on l’imagine l’Eau est associée aux rites de purification. Et si l’on aborde les douze travaux d’Hercule/Héraclès dans la perspective d’une exploration astrologique liée aux douze signes du zodiaque, il apparaît tout naturel que l’entreprise du héros pour nettoyer les écuries d’Augias évoque le douzième et dernier signe, les Poissons.

Parmi ses travaux, cette entreprise est la seule qu’Héraclès propose spontanément, sans qu’elle lui soit imposée par quiconque. Cette histoire évoque un rite de purification par l’eau. On évoque les scories, on nettoie l’âme elle-même. C’est aussi un rite d’initiation.

 

Hercule dans les écuries d’Augias – Dessin de Daumier

Mais de quoi en retourne-t-il exactement de ces écuries d’Augias ? C’est l’histoire du Roi d’Elis, Augias dont les écuries avaient vraiment besoin d’être nettoyées car le roi négligeait son royaume, laissant les terres en jachères sans même les irriguer. Ce roi avait peut-être pour père Hélios, le Soleil, ou peu bien Neptune/Poséidon, cela n’a jamais été clarifié. Il avait fait partie des Argonautes partis à la conquête de la Toison d’Or. Il possédait un immense troupeau, mais il avait laissé s’amonceler le fumier qui encombrait les étables et les cours. Et c’est ainsi qu’Héraclès reçut l’ordre de les nettoyer en un jour. Cependant, celui-ci rusa et demanda à Augias une rétribution, à savoir le dixième de son troupeau. Toutefois, en tant qu’esclave il n’y avait pas droit. Il prit le fils d’Augias, Phylée, comme témoin. Ensuite, il fit une brèche dans le mur des écuries et y fit pénétrer les eaux de l’Alphée qu’il avait détourné et d’une autre rivière. Le fleuve accomplit le travail et emporta tout le fumier qu’il alla déposer dans la mer.

 

Hercule détourne les fleuves

Le soir venu, Héraclès avait fait renter le fleuve dans son lit et reconstruit le pan du mur des écuries qu’il avait abattu le matin. Ensuite, il alla réclamer ses gages à Augias. Cependant, ce dernier avait découvert la ruse d’Héraclès et déclara le contrat nul et non avenu, allant même jusqu’à nier l’existence d’un contrat, faisant ainsi injure à son propre fils, Phylée. Et c’est ensemble qu’Héraclès et Phylée quittèrent Elis, ce dernier promettant de se venger, pendant qu’Héraclès trouvait refuge à Dulichium. Mais il revint plusieurs années plus tard avec une armée d’Arcadiens.

Augias s’était préparé à une attaque et possédait aussi une armée, conduite par Amaryncée et les Molionides. Il avait convaincu ces derniers d’être ses alliés en leur promettant une part de son royaume. Les Arcadiens d’Héraclès furent vaincus, puis chassés, une fois de plus Héraclès quitta Elis. Mais, plus tard, il tendit une embuscade aux Molionides, à Cléonae, et de nouveau il envahit le pays. Cette fois-ci, il fut vainqueur et tua Augias où bien le détrôna, le mythe n’est pas clair à ce sujet. Puis, il fit revenir Phylée de Dulichium et le fit roi d’Elis.

Mais revenons au rôle qu’a tenu Héraclès dans cette affaire. Héraclès est un héros et quand sa force ne lui fait pas commettre de graves sottises, a le cœur généreux. Il voulut rendre la vie plus agréable aux habitants de la région incommodés par des relents horribles.

Les Poissons – Psautier à usage de Troyes – Musée de Besançon

Voici ce qu’Isoline Agenet écrit, à propos de la « mystérieuse intuition » du héros qui l’incite, pour mener à bien sa tâche à utiliser les « forces de l’eau ». Elle rappelle que la jonction de deux fleuves ressemble au glyphe même du signe des Poissons, reliés l’un à l’autre et voici ce qu’elle décrit : « Héraclès cette fois ne se trouve pas en face d’un animal terrifiant mais d’un magma envahissant », adversaire indéfini, informe « capable de se diluer à l’entour et de s’étaler sans contours. Ce double mouvement évoque évidemment le double mouvement inversé du signe ».

Comme le rappelle encore Isoline Agenet, la dernière étape de l’initiation passe par la putréfaction, évocatrice de la mort, de la transformation en cadavre, de la transmutation alchimique et du passage à un autre état. Cette notion évoque le cycle ultime des Poissons, douzième et dernier signe, fin de cycle et promesse de recommencement, d’un nouveau cycle.

« Pour nettoyer les étables et les immondices qui les submergent, Héraclès est bien inspiré. Il fait passer les grands courants des deux fleuves, objets de culte chez les Grecs, divinisés comme puissances aux décisions mystérieuses. Ils inspiraient crainte et vénération. Ils pouvaient fertiliser ou engloutir, porter la barque ou la noyer. On leur sacrifiait des animaux, on abandonnait à leurs flots des nouveau-nés pour qu’ils soient sauvés s’ils étaient prédestinés à devenir des héros, possédant toutes les apparences de la vie, on les a adorés en tant qu’êtres vivants ; c’est pourquoi si le travail d’Héraclès paraît s’adresser à l’informe, au mouvant, c’est tout de même la vie qui est là avec le fleuve, la vie dans l’eau ».

 

Neptune – Statue à Virginia Beach

Après le nettoyage des écuries, l’eau redevient claire, limpide, fécondante et les champs produiront à nouveau les récoltes.

Enfin, le contrat a été passé devant ses neveux, frères siamois, doubles comme le signe, leur père n’étant autre que Neptune/Poséidon. Neptune pour l’astrologue est le Maître incontesté des Poissons.

 

Bibliographie 

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont 

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant & John Hazel – Chez Marabout

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LA NOUVELLE LUNE

(4.0 - LA NOUVELLE LUNE) par sylvietribut le 26-02-2012

A propos de la Nouvelle Lune, on parle de lunaison dont le mot est synonyme de « mois lunaire », c’est-à-dire l’espace de temps compris entre deux Nouvelles Lunes successives, soit 29 jours 12 heures 44 minutes 2 secondes.

Un cycle lunaire est constitué des phases de la Lune : Nouvelle lune, Premier croissant, Pleine lune, puis Lune Gibbeuse, Dernier quartier, Dernier croissant.

Les phases de la Lune correspondent à ses portions illuminées par le soleil qui sont visibles de la Terre. La Lune tournant en orbite autour de la Terre, ces portions ne cessent de changer en fonction de la position de l’astre.

Les aspects relevés dans un thème lors d’une Nouvelle Lune ont un effet durable, au moins aussi long que la lunaison en cours.

Fenêtre en trompe-l’œil Nouvelle Lune – Grazzano-Visconti – Italie

Qu’appelle-t-on Nouvelle Lune ?

Avec le cycle de la lunaison, nous entrons dans le domaine des relations des astres entre eux, puisqu’en quelque sorte le Soleil a rendez-vous avec la Lune. Il s’agit en effet de la rencontre de la Lune avec le Soleil par conjonction. La tradition astrologique nomme ces deux astres les « luminaires », puisqu’ils éclairent la Terre.

Les aspects que forment les luminaires entre eux sont d’une grande importance dans l’interprétation d’un thème. Le Soleil régit avant tout la raison et la vie sociale, alors qu’à la Lune sont dévolues l’intuition et la vie privée. Les positions relatives des deux luminaires, maléfiques ou bénéfiques, esquissent donc le premier contour du profil psychologique d’une personne avant les autres significateurs.

La conjonction Soleil-Lune est considérée comme un mauvais aspect qui a la réputation d’amoindrir la vitalité et la résistance du natif. La position de ces deux astres en conflit, c’est-à-dire en carré, se produisant deux fois au cours de la lunaison, lors du premier et du dernier quartier, révèle dans un thème un enfant non désiré ou, tout au moins, né dans un couple désuni.

L’influence de la lunaison est indépendante du signe zodiacal qui domine le jour de la rencontre du Soleil et de la Lune. Les influences de la lune ne peuvent pas être manipulées.

Du point de vue astrologique, les rencontres sont le résultat de conjonctions. Une certaine position des astres ne conduit pas fatalement à une rencontre, mais elle la rend possible. 

 

Le zodiaque et les phases de la Lune

L’influence de la Nouvelle Lune

Les rapports qui naissent à la Nouvelle Lune sont chargés de symboles, d’idéaux et d’une forte et aveugle volonté de les réaliser. Dans un rapport de ce type chacun agit pour soi, sans tenir compte des préférences du partenaire et de la réalité de la situation.

A noter que lors de la Nouvelle Lune, l’astre traverse pour l’astrologie lunaire les Maisons lunaires XXVIII et I, deux Maisons à l’influence particulièrement néfaste, où il est fortement conseillé de ne rien entreprendre de nouveau.

Au niveau professionnel

Les initiatives professionnelles peuvent progresser positivement, à condition de ne pas chercher la confiance et l’affection de ses interlocuteurs :

-       Celui qui cherche un emploi doit profiter de cette phase. L’employeur l’embauchera probablement dans le but de l’exploiter au maximum, mais cela ne durera pas car il saura percevoir que l’employé travaille comme si l’entreprise était la sienne.

-       Les affaires commerciales, quand elles commencent en phase de Nouvelle Lune traînent en longueur, mais cette période est indiquée pour programmer des négociations complexes.

Au niveau sentimental

Les rencontres sous l’influence de la Nouvelle Lune s’évanouissent en fumée… en rêves irréalisables.

Au niveau de la vie sociale

La Nouvelle Lune stimule une certaine vanité. 

NOUVELLE LUNE DU 21 FEVRIER 2012 – PARIS

La Nouvelle Lune a d’abord un impact important au plan mondial et il convient de tenir compte de la latitude et de la longitude du pays qu’on veut étudier.

Cette Nouvelle Lune imprime un certain climat. Par exemple, ce qui frappe dans cette lunaison sont les deux oppositions, toutes deux appliquantes, c’est-à-dire que la planète la plus rapide va au devant de la planète la plus lente. L’application évoque un climat et des événements à venir.

Tout d’abord, on note Mercure s’opposant à Mars. On n’est pas sans penser au climat agressif de la campagne présidentielle car c’est l’aspect même de l’agitation, de l’agressivité verbale, des calomnies et autres médisances. Mais comment ne pas penser aussi sur un plan mondial à la Syrie, à l’escalade de la violence et à l’horreur. Ne dit-on pas qu’un aspect difficile entre Mercure et Mars symbolise un bras armé. Notez au passage que la Syrie serait Scorpion, signe de Mars et de Pluton.

Mercure en chute dans les Poissons

Noter également que Mars occupe le signe de la Vierge alors que Mercure est en Poissons, en chute, dit-on, y perdant ainsi de sa force, se trouvant donc agressé par Mars qui rétrograde et vient au-devant de Mercure. Mercure représente la jeunesse et Mars l’armée et la violence. La violence se trouve donc du côté de la Vierge. Or, le dirigeant de la Syrie est un natif de la Vierge.

Si l’on revient à la campagne présidentielle, le président sortant est Ascendant Vierge… L’agressivité part de lui. Peut-il en être autrement, n’a-t-il pas une terrible conjonction Lune-Mars en Bélier, signe de Mars. Depuis la Vierge et son Ascendant, Mars ne peut qu’exacerber des tendances natives.

La seconde opposition se forme entre Vénus en Bélier et Saturne en Balance. Voilà un bel aspect de frustration, de limitation et de difficultés matérielles. Vénus n’est pas seulement la planète de l’Amour. Elle est par sa maîtrise sur le Taureau, le symbole de la possession. Le moins que l’on puisse dire dans cette opposition c’est qu’un sentiment de manque, de blocage, de récession risque d’être ressenti lourdement par qui est touché par cette opposition. Celle-ci se fait dans l’axe VI/XI, Vénus occupant la Maison VI et en exil dans le Bélier alors que Saturne est exalté dans la Balance. Si la Maison VI représente la vie professionnelle, celle de la servitude, de la masse des employés, ouvriers, petites gens… la Maison XII est la Maison de l’enfermement et des épreuves. Or, les chiffres du chômage qui viennent de tomber ont encore augmenté…

 

Vénus en exil en Bélier et en Scorpion deux signes de Mars

Ce qu’il est possible de constater au niveau général : national, international… on peut faire de même au niveau individuel. Si vous connaissez un peu votre thème, repérez ce que représentent Mercure, Mars, Vénus et Saturne dans votre thème, c’est-à-dire de quelles Maisons ces planètes ont-elles la maitrise, et puis également dans quels axes ces deux oppositions se forment. Vous aurez une petite idée de ce qui sera difficile pour vous durant la lunaison. Dans quel domaine l’agressivité de l’opposition Mercure/Mars s’exercera-t-elle ? Inutile de dire que la prudence est de mise sur la route si votre Maison III est concernée. Ensuite, dans quel domaine la frustration engendrée par l’opposition Vénus/Saturne va-t-elle se faire sentir ?

Heureusement, cette lunaison présente quand même un bon aspect entre Jupiter et Pluton, entre Maison III et Maison VII, ces deux astres étant les deux Maîtres de la Maison II… ce qui tendrait à maintenir un certain équilibre sur le plan matériel… La Grèce va-t-elle enfin obtenir l’aide financière dont elle a tant besoin… Ambiguïté sur ce pays puisque certains astrologues la donnent Capricorne et certains la disent Vierge… D’un autre côté, les émeutes en Grèce ont été très violentes ces derniers jours.

 

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QUELQUES DEVINS CELEBRES (suite)

(6.4 - L'Astrologie dans l'Histoire) par sylvietribut le 24-02-2012

A la veille de la Révolution française, un homme de 70 ans, poète et voyant occasionnel, formule l’une des prophéties les plus fulgurantes de cette fin du XVIIIe siècle. Il s’appelle Jacques Cazotte et dîne, par une agréable soirée de l’été 1788, chez la duchesse de Gramont, en compagnie d’éminentes personnalités de l’époque : Chamfort, Condorcet, La Harpe, Vicq d’Azur. Le repas est excellent, l’ambiance heureuse et joyeuse. La fixité du regard de Cazotte qui s’est retiré un peu à l’écart sur un banc du jardin, indique qu’il est tombé dans un état proche de la transe.

Jacques Cazotte

« Ca y est, pensent les convives, voilà que ça le reprend ! ». Histoire de s’amuser un peu, ils demandent au poète-voyant de donner à chacun des détails sur sa destinée. D’un air lugubre, Cazotte fixe intensément le visage des invités puis, commençant par Condorcet, lui déclare : « Vous mourrez sur le sol de pierre d’une cellule de prison, ayant absorbé du poison pour tromper le bourreau, poison que la félicité de ces temps-là vous contraindra à porter toujours sur vous ».

A Chamfort, il dit : « Vous, vous vous ouvrirez les veines avec un rasoir, vingt-deux fois, mais vous ne mourrez que quelques mois plus tard ».

Jean de La Harpe, dramaturge athée, s’entend prédire une conversion au catholicisme pur et dur, et à Vicq d’Azur, il prédit le suicide. Cazotte termine sur l’annonce de sa propre exécution, par la guillotine.

Passablement déprimés, les invités rentrent chez eux et La Harpe consigne sur un carnet les sinistres et stupides prophéties de Cazotte afin de pouvoir le ridiculiser quand le temps l’aura fait mentir.

Un an après ce dîner, la Révolution bouleversait la France. En 1793, pour échapper à une arrestation, Chamfort s’ouvre vingt-deux fois les veines et meurt deux mois après. En 1794, Condorcet préfère s’empoisonner plutôt que d’avoir le corps coupé en deux par la guillotine.

Emprisonné dans un donjon, La Harpe est ébloui par la révélation divine et se convertit au catholicisme. Après sa sortie de prison, il entre dans un monastère où il meurt en 1803. Ces notes sur les prophéties de Cazotte seront publiées en 1806.

Quant au poète-voyant, Cazotte, il fut guillotiné, comme il l’avait prédit, le 25 septembre 1792. A part Vicq d’Azur, mort d’une forte fièvre et non d’un suicide, Cazotte ne s’est pas trompé d’un iota. Tout s’est passé exactement comme il l’avait prédit.

 

A suivre

 

 

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QU’ENTEND-ON PAR SIGNES FIXES

(5.1 - Généralités) par sylvietribut le 19-02-2012

Comme il y avait quatre signes Cardinaux et quatre signes Mutables, il y a quatre signes Fixes. Ce sont le Taureau, le Lion, le Scorpion et le Verseau.

  

  

 Les signes Cardinaux initiaient les quatre saisons, les signes Fixes sont le cœur des quatre saisons. Si le Bélier qui commence une saison, le printemps, indique un désir de mouvement, le Taureau, signe Fixe qui suit, marque un désir de construction et d’enracinement.

Quand les signes Fixes prédominent dans un thème, ils indiquent une tendance à l’optimisme, reflètent une aversion foncière pour le changement, mais quand celui-ci se produit, il est très important et correspond à un bouleversement total. La caractéristique fondamentale des signes Fixes est donc la stabilité, la fermeté et leurs défauts sont l’entêtement, l’obstination. Aussi, une réalisation pour être durable, doit commencer sous les signes Fixes de préférence. Les signes Fixes représentent le monde des matérialités et des faits.

Quand les signes Fixes prévalent dans un thème, les sensations, les sentiments, les désirs et les émotions sont très puissants. 

Parmi les signes Fixes, les plus obstinés et les plus accrocheurs sont : le Taureau et le Scorpion, alors que les plus dilettantes sont le Lion et le Verseau.

 A noter dans l’iconographie chrétienne, la correspondance entre les signes Fixes et les quatre évangélistes :

à Luc correspond le Taureau,

à Marc correspond le Lion,

à Jean correspond l’Aigle (le Scorpion)

à Matthieu échut l’ange, le Verseau, 

Les personnes ayant une majorité de planètes en signes Fixes sont les constructeurs du Zodiaque. Elles sont opposées à tout changement et tendent à faire obstacle aux innovations qu’elles désapprouvent. Un certain entêtement caractérise leur comportement lorsqu’elles considèrent que leur amour-propre est en jeu. Elles sont capables d’une grande détermination et savent attendre patiemment que les opportunités se présentent. Elles font preuve d’une endurance remarquable dans l’effort et leur réussite est due à leur aptitude à poursuivre leur but avec acharnement, sans s’en laisser détourner. Certaines considèrent le pouvoir comme un moyen d’asseoir leur sécurité, et tendent à se comporter en despotes dès lors qu’elles parviennent à un poste d’autorité. Sinon, elles pourraient être tentées d’exercer un pouvoir pour lequel elles ne sont pas habilitées. Ces signes correspondent au « Tamas » indien : Inertie/Stabilité, l’objet inamovible.

Une fois le décor planté par les signes Cardinaux, les signes Fixes : Taureau, Lion, Scorpion, Verseau n’ont plus qu’à s’épanouir, qu’à se développer. Ils peuvent déployer leur structure affective intérieure. Signes indispensables à la stabilité de notre équilibre, ils peuvent cependant se révéler rebelles à tout changement. On se trouve alors en face d’être bornés et rigides par peur de l’inconnu.

Uranus gouverne la croix formée par les signes Fixes :

 Uranus est en chute en Taureau,

Uranus est en exil en Lion,

Uranus est en exaltation en Scorpion,

Uranus est en domicile en Verseau.

Or, Uranus n’est pas une planète individuelle, mais au contraire une planète collective, qui porte les valeurs de la liberté, du génie, de l’originalité, valeurs favorisant l’intégration à l’espèce humaine. Qui est gouverné par une planète de l’ordre collectif comme Uranus sera intégré dans le collectif, c’est-à-dire qu’il sera et se sentira solidaire de ses congénères quand il aura acquis sa liberté intérieure et développé sa créativité et son originalité. Uranus, maître de la croix Fixe, est la conquête de la liberté intérieure. On est vraiment Fixe, donc stable affectivement, quand on est libre intérieurement, ce qui signifie détaché des liens infantiles.

Les signes Fixes sont donc notre structure car ils fixent notre organisation affective. Chacun d’entre eux opère une castration, comme Ouranos le fut par son fils Cronos (Saturne), bénéfique pour notre évolution. C’est la raison pour laquelle Uranus symbolise à la fois fixité et bouleversement.

 

 

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SI LE VERSEAU ETAIT OBJET… CE SERAIT… UN MASQUE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 18-02-2012

Par habitude culturelle ou par négligence intellectuelle, on parle de carnaval sitôt qu’il est question de déguisements, d’abondante consommation de nourritures riches et d’alcool, d’amusements, de débridements et de transgressions des règles sociales. Sous la protection du rite et de l’anonymat, ces fêtes ressemblent à une inversion du temps « quotidien ». Et c’est cette idée de transgression qui relie le masque au signe du Verseau, signe qui produit des personnalités inconventionnelles et transgressives. Ne parle-t-on pas d’ambivalence quand on parle du Verseau ou d’Uranus ?

Un rapide parcours à travers la polysémie du masque peut éclairer l’origine du carnaval et ses rapports avec les déguisements et faire mieux comprendre peut-être les ambiguïtés que l’on peut déceler sur les fonctions sociales de ces rites. Sans masque, point de déguisement et point de carnaval ; le masque semble l’élément indispensable de toutes les fêtes, qui mobilisent les sociétés européennes, rurales et urbaines, globalement entre le 1er novembre et le 1er mai.

Dans l’histoire des institutions sociales européennes, l’utilisation du masque est variable et riche. En fait, il est présent pendant des funérailles et ensuite pour le culte des ancêtres, dans la mise en œuvre des rites agraires de fertilité et de renouveau de la nature, dans le déroulement des cérémonies initiatiques. Il est aussi manifeste dans le théâtre tragique ou comique, les cortèges, les danses spontanées ou ritualisées.

Le masque

Le masque est reconnu, de premier abord, comme une modalité infaillible de manifestation du divin, de l’Etre universel. La personnalité du porteur n’est en général pas modifiée. Cependant, sous un autre aspect, le masque impose à l’acteur qui le porte une obligation d’identification au rôle qu’il figure, cette identification figuratif, réaliste et irréel, le masque a une valeur spirituelle, qui opère une catharsis, et c’est pour cela qu’il n’est pas utilisé ou manipulé innocemment.

Que l’utilisation du masque soit au départ rituelle ne laisse guère de doute depuis les temps les plus reculés. Il serait long et fastidieux de décrire l’amplitude du phénomène. En revanche, il est intéressant d’insister sur le masque funéraire dans lequel le mort était supposé se réintégrer. Entre masques royaux en or et portraits funéraires du Fayoum existent plusieurs autres modalités dans des témoignages artistiques provenant du monde méditerranéen.

Masque funéraire égyptien

Il existe dans la tradition romaine des « images, masques en cire moulés sur le visage des défunts, exposés ensuite dans des niches autour de l’atrium ; il s’agit d’un privilège des familles patriciennes, servant à justifier l’ancienneté et la noblesse de la famille. Pendant les funérailles d’un membre de la famille, parents et amis portant ces masques s’intégraient au cortège funèbre, pour ainsi permettre aux ancêtres de participer au deuil.

Portés aux moments critiques de l’année, les masques chasseraient, conjureraient et apaiseraient les âmes des morts. L’usage du masque pour les représentations théâtrales est bien connu : dès leur origine, la tragédie et la comédie en son marqués. Dans le caractère rituel et liturgique de la tragédie se reflèterait un esprit héroïque proche du culte des ancêtres, tandis que dans la comédie survivraient encore les esprits de la fertilité des parades et cortèges carnavalesques des fêtes dionysiaques.

Masques comique et tragique romains – IIe siècle après Jésus-Christ

On pourrait voir dans la comédie grecque ancienne une institutionnalisation des rituels ruraux ; cette forme de représentation théâtrale a été transformée en farces populaires et en mascarades à travers les représentations phlyaques ou bouffonneries parodiques, en Sicile et en Italie méridionale. Les personae, ou porte-voix, masques scéniques romains en carton-pâte colorié ont perdu leur fonction rituelle et ne visent qu’à amuser le public.

La tradition latine a survécu dans le haut Moyen Age grâce aux artistes ambulants, et constamment les jongleurs interviendront dans les jeux et les rites du carnaval, indépendamment des déguisements populaires. Les confréries d’acteurs succéderont aux sociétés des Fous, et ces groupements de danseurs et de musiciens animeront les fêtes carnavalesques dans plusieurs villes, perpétuant ainsi les liens entre le théâtre et le carnaval.

Bottega delle Maschere – Ezio Merlante

Les démons, le diable, le fol ou le bouffon, opèrent le renversement des hiérarchies et rappellent que le monde dualiste dissimule le mal sous de multiples masques, anthropomorphes ou zoomorphes, monstrueux ou grotesques. Carnavals et mystères théâtraux rivalisent dans présentation des diableries, dans un contexte où le sens du sacré reste néanmoins présent. Dns les Temps modernes et pour la Commedia dell’arte, l’usage du masque semble dégagé de tout esprit de rite tout en gardant la disposition au mime, à l’improvisation et à l’animation des masques. On est naturellement tenté de découvrir dans les fêtes carnavalesques l’origine de la Commedia dell’arte ainsi que de reconnaître entre Bergame, Padoue et Venise, au milieu des cortèges masqués du carnaval, le Docteur de Bologne, Pantalone, Brighella… Le passage de Zanni à Arlequin achève la transformation.

La Commedia dell’arte

A partir du XVIIe siècle règnent bateleurs et théâtres de foire où l’on réalisait de nombreuses créations pour le mardi gras. C’est le carnaval qui prendra la relève de la Commedia dell’arte mourante, au XVIIIe siècle.

Les carnavals et les masques contemporains sont parfois l’envers du carnaval et des masques traditionnels : ils sont une inversion grotesque d’un rituel déjà basé sur l’inversion de la réalité sociale mais toujours dans le même but, faire du rire le sacre de l’homme.

Cependant, le masque n’est pas sans danger pour celui qui le porte. Celui-ci ayant voulu capter les forces de l’autre en l’attirant dans les pièges de son masque, peut être à son tour possédé par l’autre. Le masque et son porteur s’intervertissent tour à tour et la force vitale qui s’est condensée dans le masque peut s’emparer de celui qui s’était place sous sa protection : le protecteur devient le maître. Celui qui se couvre d’un masque s’identifie, en apparence ou par une appropriation magique, au personnage représenté. C’est un symbole d’identification. Le symbolisme du masque s’est prêté à des scènes dramatiques, dans des contes, des pièces, des films, où la personne s’est identifiée à tel point à son personnage, à son masque, qu’elle ne peut plus arracher le masque ; elle est devenue l’image représentée. 

Bibliographie

Le Dictionnaire des symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Fêtes et croyances populaires – Yvonne de Sike – Editions Bordas

 

 

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MADAME VERSEAU AMOUREUSE

(14 - LE ZODIAQUE AMOUREUX) par sylvietribut le 14-02-2012

Madame Verseau c’est avant tout une femme moderne, bien dans son époque, dont les heurts, la brusquerie, l’agitation ne sauraient effrayer. Toutes les générations de femmes Verseau ont joué sans gêne les affranchies : c’est sans doute une femme Verseau qui la première fit du vélocipède, la première qui coupa ses cheveux, raccourcit ses jupes jusqu’à arriver à la mini-jupe et portant le pantalon masculin bien avant la mode. Toujours elle incarnera son époque dans ce qu’elle a de plus audacieux, bousculant les conformismes, ne craignant pas d’épater le bourgeois, sensible et féminine quand même, elle se montrera d’une lucidité impitoyable.

Pour être heureuse, Madame Verseau devra trouver un compagnon assez évolué pour lui faire pleinement confiance et respecter sa liberté. Par ailleurs, elle doit compter sur sa nervosité ou plus, encore, se défier de son côté à persécuter. D’ailleurs comme elle est résolument non–conformiste et quelque peu excentrique, elle passe pour une douce toquée, victime de l’incompréhension des milieux bourgeois. De plus, Madame Verseau a besoin de calme et doit fuir les émotions violentes, et tout ce qui peut renforcer sa tendance au « survoltage ».

Madame Verseau rêve de merveilleuses amours, comme une petite fille romantique en quête du Prince Charmant. Mieux vaudrait que ce Prince soit un homme admirable : artiste, penseur, savant, homme politique en vue, peu importe. C’est son côté glorieuse. Mais malheur à celui qui trébuchera sur son piédestal. La déception la rendra dure, hostile, méprisante. Elle ne pardonnera jamais à celui qu’elle aura un moment admiré de l’avoir trompée, sans jamais se demander si elle ne devrait pas se reprocher son manque de discernement.

 

Jolie fontaine Verseau à Vernon – Normandie

En même temps, Madame Verseau aime les rapports inachevés, la part du rêve, un certain mystère dans les commencements, les échanges épistolaires passionnés, dans lesquels elle fait du style… les flirts au téléphone. Elle pratique l’escrime à fleuret moucheté… et les jeux de l’amour et du hasard… En fait, Madame Verseau se montre plus incohérente que Monsieur Verseau : elle prône le célibat ce qui ne l’empêche pas de se marier plusieurs fois… Elle épouse celui qu’elle n’aime plus… se remarie avec celui qu’elle a quitté… Après cinquante ans, elle veut toujours séduire bien qu’elle ait compris depuis longtemps qu’elle n’est jamais mieux que quand elle est seule. Parfois encore, elle persiste dans le mariage avec un homme qu’elle a cessé d’aimer mais dont elle a pitié et auquel elle se croit utile… Elle cherche alors à être son amie tout en l’assommant de ses bavardages intarissables. C’est sa façon à elle de réagir à l’angoisse, par l’excitation, l’agitation et les flots de paroles, contrairement à Monsieur Verseau qui généralement est silencieux comme une carpe.

Madame Verseau aime jouer les égéries. Pour l’homme qu’elle aime, et tant qu’elle l’aime, elle est capable de tout, sacrifiant son propre confort, son temps et sa santé. Elle pardonne même les infidélités et ne déteste pas les rapports ambigus.

Madame Verseau est la femme la plus surprenante des femmes du zodiaque… Même élevée dans les plus stricts principes, elle se montrera plus moralisante que les autres, jusqu’au jour où elle jette son bonnet par-dessus les moulins et fait la honte de sa famille, avec infiniment de plaisir et sur le tard, elle devient la plus savoureuse des vieilles dames indignes.

 

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MONSIEUR VERSEAU AMOUREUX

(14 - LE ZODIAQUE AMOUREUX) par sylvietribut le 14-02-2012

 Monsieur Verseau se complaît dans des contradictions inextricables. Il faut bien reconnaître que s’il parvenait plus souvent à savoir ce qu’il veut, sa vie affective serait plus heureuse. Cependant, Monsieur Verseau ne peut se contenter d’un amour petit bourgeois, d’une passion rapetissée par les exigences de la vie, des lois ou des tabous sociaux. Il aime pourtant avec sincérité, du moins le croit-il… Mais il a tellement peur d’aliéner sa liberté que le jour où il est question d’engagement, il trouve mille prétextes pour prendre la fuite, quitte à se dire ensuite très malheureux.

Le Verseau des Amoureux de Peynet

Il faut également remarquer que son sentiment de liberté s’épanouit davantage en participant à la vie collective. Aussi sa vie conjugale est souvent envahie par les copains et il est de ce fait rarement question de solitude à deux.

La vie amoureuse de Monsieur Verseau lui laisse le choix entre des amourettes sans lendemain, des aventures charmantes qui ne le satisfont pas vraiment ou des amours impossibles pour des femmes belles mais inaccessibles. Enfin de compte celles-ci lui procurent toute la gamme d’émotions auxquelles il aspire sans craindre qu’elles ne lui mettent le grappin dessus.

Il lui reste alors la solution « raisonnable » : le mariage d’amitié et de complicité, avec une fille intelligente et drôle, indépendante comme lui, dont il partagera le lit sans qu’il y ait jamais d’obligation pour personne, dans le plus parfait respect d’une liberté mutuelle. De toute façon, Monsieur Verseau préfèrera toujours l’union libre au mariage conventionnel et bourgeois.

Et pourtant, de tout le zodiaque, Monsieur Verseau est sans doute le moins misogyne, prêt à faire sa place, dans l’égalité, à la fille qui méritera son estime. Cependant avant de trouver âme-sœur, il pourrait bien additionner divorces et ruptures.

De ce fait Monsieur Verseau connaît la solitude. On ne peut que constater qu’il a vraiment du mal à fixer son attention sur des fréquentations régulières, quelles qu’elles soient. Ses relations les meilleures prennent généralement racine dans l’amitié et, en amour, il ne sait dissocier la camarade de la maîtresse et finit tôt ou tard par arrêter son choix sur une femme dépourvue de mesquinerie.

Par ailleurs, Monsieur Verseau est un gaffeur notoire ce qui lui vaut des situations bien embarrassantes. Il néglige souvent de souligner les occasions importantes sur le plan sentimental et même sur d’autres plans, mais s’il oublie de souhaiter la Saint Valentin, il a mille et une manières de compenser ses oublis.

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