UNE PLANTE DE L’AU-DELA : LE GUI DE LA SAINT-SYLVESTRE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 28-12-2010

Fils du dieu Odin et de Frigg, la déesse de l’Amour, le valeureux Baldere mourut un jour par la traîtrise d’un rameau de gui, lancé en plein cœur par Loki, le démon hargneux, jaloux du bonheur de ce jeune dieu prodige, célèbre pour sa beauté et sa sagesse. Voilà comment, selon la mythologie germanique, débute la carrière du gui, la seule plante sur terre qui n’a pas juré obéissance et fidélité aux dieux tout-puissants. 

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Désemparés par la mort de Balder, les autres dieux décidèrent de le ressusciter, et Frigg enjoignit au gui de monter sur un arbre et de ne jamais en redescendre. Hermord, le frère de Balder, se porta volontaire pour aller le chercher au pays des morts. La résurrection aurait échoué à cause des manigances de Loki et Balder, suivant les coutumes funéraires des peuples nordiques, fut déposé sur un bateau enflammé où sa femme rejoignit son cadavre sur le bûcher.

Cette macabre coutume du sacrifice de la jeune femme, obligée de rejoindre son époux dans son voyage vers le royaume des morts, est attestée par le voyageur arabe Ibn Faldan, qui assista a une cérémonie funèbre en 922 sur les eaux de la Volga qu’avaient empruntée les Vikings pour gagner le sud de la Russie.

Depuis, le gui, cause de la mort du dieu Balder, est aussi à l’origine de la première résurrection : en effet Balder peut retrouver la vie par la volonté de sa mère, comme Osiris. Les Germains et les peuples du Nord considèrent cette plante comme « magique » et sa consommation permettrait de communiquer avec les esprits des morts.

serpette-dor-du-druideMais l’image la plus familière concernant le gui est celle qui provient de son utilisation rituelle dans le monde celtique. Tout le monde a vu les différentes représentations du druide barbu en robe blanche sur un chêne en train de couper avec une faucille d’or une touffe de gui pour assurer, paraît-il, la fécondité des champs.

 

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En fait, la cérémonie de la cueillette du gui dans le monde celtique avait lieu le sixième jour de la lune du Nouvel An qui commençait le 1er Novembre. Or à cette époque où tout meurt, seul le gui reste vert sur les arbres avec des fruits pleins de suc dont se gorgent les grives tout en en dispersant les graines, ce qui assure ainsi sa multiplication.

Disséminé par les oiseaux et régénéré en permanence, de nature indestructible, doté de toutes les vertus, le gui était alors vénéré comme une panacée, plus particulièrement le gui des chênes dont il puisait la vigueur. Arbre lié aux oracles, le chêne communiquait alors au gui le pouvoir de divination et sa consommation transmettait à l’homme « l’eau du chêne » sève miraculeuse entre toutes. En outre, le gui passe pour guérir l’épilepsie, les ulcères, la stérilité féminine et celle des bêtes femelles grâce à la glu, son suc, qui a la consistance du sperme. Symbole de renouveau de la nature, il serait efficace dans la reproduction tant végétale qu’animale.

Avec l’arrivée du Christianisme, le gui, plante beaucoup trop importante pour être effacée des traditions, devient le « bois de la Sainte Croix », devenu simple arbuste parasite pour s’être prêté à la fabrication de l’instrument de la Passion.

Récoltés en période de maturité, octobre-novembre, les fruits et les tiges fraîches du gui des pommiers et des poiriers sont encore utilisés comme remède contre l’hypertension. Les anthroposophes suisses utilisent le gui comme base d’un traitement contre le cancer connu sous le nom de «viscum-thérapie», d’après le nom latin de la plante, Viscum album.

En procédant à la cueillette de la plante parasite, le vieux prêtre devait prononcer « O ghel an heu », qui signifiait « Que le blé lève ». C’est de cette formule magique que proviendrait l’expression traditionnelle « Au gui l’an neuf » prononcée le soir de la Saint-Sylvestre comme vœu de Nouvel An sous une boule de gui suspendue au plafond. La formule fut remplacée plus tard par « Bon an, mal an, Dieu soit céans » (soit dans la maison).

Au XIXe siècle, on disait « Bonne et sainte année, le paradis à la fin de vos jours », expression modernisée au XXe siècle en « Bonne et heureuse année ». Et c’est sur un mode plus contemporain que je vous souhaite de bien terminer 2010 pour une heureuse année 2011.

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Bibliographie : Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions BORDAS.  

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