LA LEGENDE DE PHILEMON ET BAUCIS : UN MYTHE DE LA BALANCE
(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 14-10-2011
UNE HISTOIRE D’HOSPITALITE, D’AMOUR CONJUGAL ET DE FIDELITE
Cette légende nous est contée par Ovide dans ses Métamorphoses.
Baucis était une femme pauvre et usée par les ans. Elle vivait avec son mari Philémon dans un village de Phrygie. En ces temps anciens, les dieux lassés de goûter au nectar de l’ambroisie de l’Olympe, de regarder danser les Muses, ou d’entendre la lyre d’Orphée, aimaient à descendre sur terre pour se mêler aux simples mortels, et y courir l’aventure. Un jour, Zeus/Jupiter, accompagné de son compagnon favori, Mercure, le plus amusant de tous les dieux, le plus sagace et le plus inventif, décide d’une excursion au pays des hommes. Leur but est bien déterminé : ils veulent tester l’hospitalité du peuple phrygien et partent déguisés en mendiants.
Alors que partout ils ont été chassés, ils trouvent chez Philémon et Baucis un accueil digne d’eux. Les deux époux leur offrent tout ce qu’ils possèdent pour se reposer et leur proposent de partager leur modeste repas, priant leurs visiteurs de les excuser de ne pouvoir offrir davantage. Les dieux, touchés par tant de gentillesse, leur suggèrent de faire un vœu dont ils promettent la réalisation.
Philémon et Baucis formulent le souhait de ne pas connaître la douleur de survivre l’un à l’autre. Alors Zeus leur affirme qu’ils vivront encore très vieux et qu’à leur mort, ils seront à jamais tendrement enlacés.
Quand ils furent parvenus à un âge très avancé, alors qu’ils échangeaient leurs souvenirs, chacun s’aperçut que l’autre se couvrait de feuilles. Puis, une écorce les entoura. Ils n’eurent que le temps de s’écrier tendrement : « Adieu, cher compagnon ». Ces mots avaient à peine passé leurs lèvres qu’ils étaient transformés en arbres. Mais ils étaient toujours ensemble : il s’agissait d’un chêne et d’un tilleul, mais qui n’avait qu’un seul tronc. On dit que de partout on venait admirer le prodige et des guirlandes de fleurs garnissaient toujours les branches pour honorer ce couple pieux et fidèle. Cependant, dans une autre version du mythe, il s’agit de ces deux mêmes arbres prêts à se toucher.

Veut-on nous dire à travers cette histoire qui a traversé les siècles, que l’amour heureux et durable est fait d’humilité, de patience, de tolérance mutuelle et de tendresse, d’exigences mesurées et d’acceptation paisible des limites et des épreuves apportées par la vie ? Ou encore que l’hospitalité est un devoir sacré ?
Cependant, ce que l’on constate souvent à la campagne, c’est qu’un ou deux beaux tilleuls se tiennent à proximité de la maison et parfois même un chêne et un tilleul.
Si l’on se penche sur la symbolique de ces deux arbres, on se souvient que la longévité exceptionnelle du chêne en a fait depuis les temps les plus reculés un arbre sacré et chez les Grecs comme chez les Romains, le chêne était consacré à Zeus/Jupiter. On rendait des oracles en interprétant le bruit du vent dans son feuillage et de celui-ci on tressait des couronnes pour récompenser les vainqueurs, sportifs ou militaires.
Quant au tilleul, dont les fleurs parfumées ont des vertus adoucissantes, il était consacré à Vénus, la déesse de l’amour. Depuis, toujours cet arbre est symbole d’amitié et d’une tendre fidélité. Par ailleurs, son nom grec est le même que celui de la mère du Centaure Chiron dont les pouvoirs de guérison, accordés également par Zeus/Jupiter, furent toujours très bénéfiques aux hommes.
Ce passage des Métamorphoses d’Ovide inspira à La Fontaine une fable et, à Gounod, un opéra.
Pour l’astrologue, la planète Jupiter symbolise l’épanouissement affectif qui se manifeste par une chaude participation à la vie : gourmandise, optimisme, confiance, générosité, bonté, protection. Il s’agit d’une tendance qui consiste à donner de soi, à aller vers autrui, à favoriser son environnement.
Mercure, lui, est un principe de communication, de liaison, d’échanges, de mouvement. Il a la possibilité de se dédoubler, se transformer, d’où un côté ludique souvent pour qui a Mercure important dans son thème, mais aussi, parfois, une tendance à la mythomanie, tant la facilité à travestir la vérité est forte.
La planète Vénus est un principe d’attraction, de sympathie, de communion, de fusion, qui s’affirme en particulier sur le plan des sentiments. Avec Vénus, si la planète est bien configurée dans le thème, c’est le règne de la paix du cœur et du bonheur. Elle est l’aspiration à une existence facile et agréable où priment les sentiments. C’est aussi un symbole de faveurs.
Quant à Chiron, à l’image du seul centaure à visage humain auquel il est associé, c’est un astre synonyme de sagesse et de bienfaisance. La légende dit qu’il reçut de Jupiter le pouvoir de guérir les hommes. Cependant, il était estropié et ne pouvait se soigner lui-même. On dit que la position de Chiron dans notre thème astral indique le lieu de notre blessure inguérissable.

Bibliographie : Ovide, les Métamorphoses.



Le triomphe de Dionysos


un dauphin, 
un chien… ou un mustang 

Si c’était une fleur, ce serait un glaïeul.
ou 
Son métal est l’étain.


ou le cuir de Russie 
ou 
