LES ETOILES FIXES DU SCORPION

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 10-11-2013

Scorpione2LES ETOILES FIXES DU SCORPION

 

PRINCEPS – 2°09 Scorpion – De la nature Vénus-Saturne – Bénéfique* – Esprit profond – Fait les chercheurs.

KHAMBALIA – 5°59 Scorpion – De la nature de Mercure-Mars – Insociabilité – Violence.

ACCRUX – 10°53 Scorpion – De la nature Jupiter – Bénéfique* – Justice –Magie – Mystère – Domine chez les Astrologues – Goût du cérémonial et du luxe – Sciences occultes – Succès. Prestige.

ALPHECCA – 11°17 Scorpion – De la nature de Mercure- Bénéfique* – Mercure-Vénus – Honneurs – Dignités Capacités artistiques – Arts – Poésie – Séduction intellectuelle.

KIFFA AUSTRALIS – 14°06 Scorpion – De la nature de Mercure-Jupiter et Mars-Jupiter  – Bénéfique* – Fortune – Honneurs – Responsabilités – Violence – Craindre le poison – Infortune – Insuccès (pour certains astrologues).

KIFFA BOREALE – 18°49 Scorpion – De la nature Mercure-Jupiter – Bénéfique* – Réussite d’ambition – Honneurs – Fortune heureuse.

UNU CALHAI – 21°30 Scorpion – De la nature Mars-Saturne – Jalousie – Immoralité – Accidents – Violence Danger par le poison.

AGENA – 22°44 Scorpion – De la nature Vénus-Jupiter – Bénéfique* – Raffinements – Honneurs – Responsabilités – Protections amicales favorables au succès – Activité mentales.

BUNGALA* – 28°37 Scorpion – De la nature Vénus-Jupiter – Bénéfique* – Amitiés – Bienveillance – Dons occultes – Magnétisme – Protections et Honneurs – Réussite par la chance.

Scorpion

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L’ASTROLOGIE AU MOYEN AGE

(6.4 - L'Astrologie dans l'Histoire) par sylvietribut le 22-09-2013

La fin du monde romain voit une régression de l’astrologie. L’Eglise la condamne formellement dans les différents conciles d’Occident. Celui de Laodicée interdit sa pratique aux prêtres et celui de Tolède menace de l’anathème quiconque « croit devoir ajouter foi à l’astrologie ou à la divination ».

Les conciles de Braga, d’Agde, d’Orléans, d’Auxerre, de Narbonne et de Reims confirment cette condamnation. La législation laïque n’est pas moins sévère. La loi salique, attribuée à Pharamond, condamne sans distinction les devins, les jeteurs de sorts et les astrologues. Charlemagne, de même, promulgue contre eux des édits, suivi en cela par les derniers rois carolingiens. Néanmoins, l’astrologie continue à fleurir en Europe, grâce en particulier aux philosophes arabes et aux cabalistes juifs d’Espagne, qui maintiennent la tradition de Ptolémée. Les lois sont rarement appliquées, au moins à l’encontre des astrologues et, au fil des ans, il devient de bon ton pour chaque seigneur d’avoir son tireur d’horoscopes attitré.

ASTROLOGUES ET LA LUNE

Astrologues au Moyen Age étudiant la Lune

L’Auvergnat Gerbert, qui devient pape sous le nom de Sylvestre II à la veille de l’an Mille, pratique l’astrologie ainsi que d’autres sciences hermétiques auxquelles il a été initié au cours d’un séjour d’études à Cordoue. Son accession à la papauté coïncide avec un retour en force de l’astrologie dans tout l’Occident médiéval.

Parmi les grandes figures de cette époque on peut mentionner  Michel Sicot, astrologue de l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen ; Guido Bonatti, mort vers 1300, conseiller du condottiere gibelin Guido de Montefeltro qui n’engageait jamais un combat sans faire observer les astres ; Cecco d’Ascoli, favori de la cour de Florence avant d’être brûlé sous l’inculpation de sorcellerie en 1327 ; Lutbert Hautschild (1347-1417), abbé de Saint-Barthélemy d’Eeckhout, protégé du duc de Berry dont les célèbres Très Riches Heures sont ornées de symboles astrologiques ; Jacques Cœur qui pratique cet art conjectural en plus de l’alchimie, et Arnaud de Villeneuve (1235-1313), fort versé dans les sciences hermétiques, qui devient recteur de l’Université de Montpellier avant d’avoir des démêlés avec les autorités ecclésiastiques. Cependant, ce sont essentiellement Saint Thomas d’Aquin (1225-1275) et Roger Bacon (1212-1294) qui caractérisent la pensée astrologique du Moyen Age.

L'AUTOMNE - LES TRES RICHES HEURES DU DUC DE BERRY 

Septembre – Les Très Riches Heures du Duc de Berry

Au XIIe siècle, élève d’Albert le Grand que ses contemporains surnomment le « Singe d’Aristote », Thomas d’Aquin professe essentiellement la philosophie d’Aristote retrouvée, directement traduite du grec et débarrassée, selon sa propre expression, du « badigeon arabe ». Il croit donc tout naturellement à l’influence des astres sur la destinée humaine, mais sa tentative de conciliation de la pensée aristotélicienne avec le christianisme le conduit à ménager le rôle de la grâce en s’opposant à une astrologie déterministe, fidèle en cela à l’adage ancien « Astra inclinant, non necessitant », « les astres inclinent mais ne déterminent pas ». En somme, il admet que les astres exercent une influence indirecte « et par accident » sur les âmes. Ce sera pendant longtemps la théorie des nombreux dominicains, animés de la pensée thomiste, qui pratiqueront l’astrologie. Dans sa « Somme théologique », Thomas d’Aquin écrit : « Beaucoup d’hommes obéissent à leurs passions, auxquelles le sage résiste. C’est pourquoi, le plus souvent, ce qui est prédit d’après l’observation des astres au sujet des actions humaines se vérifie ». Les « actions humaines » en question concernant par exemple les labours ou la navigation, sur laquelle il mentionne l’influence de la Lune. Mais il indique aussi, reprenant un argument d’Origène : « Il faut bien se garder de croire que l’a liberté de l’homme soit soumise à l’influence des astres ; car alors, il n’y aurait plus de libre arbitre, sans lequel les hommes ne feraient aucun acte de vertu, digne de récompenses, ni aucune mauvaise action qui méritât d’être punie ». Il s’oppose donc au déterminisme astral intégral qui conduirait à la négation du libre arbitre et à l’idée d’une production planétaire, et donc hérétique, du divin.

SAINT THOMAS D'AQUIN

Saint Thomas d’Aquin

Pour le théologien, ce n’est pas l’idée que les astres puissent avoir une influence sur le comportement humain qui est en soi condamnable. Ce qui est « une abomination devant l’Eternel » c’est d’accorder une importance absolue à cette éventuelle influence au point de suggérer que le destin « est écrit », et donc que les hommes ne sont pas libres : « Loin de nous laisser impressionner par le déterminisme et par la fatalité que propagent les astrologues, même sans le vouloir, libérons-nous et diminuons les astres. Qu’ils nous éclairent et nous aident, mais ans toucher notre pleine responsabilité et liberté ». Thomas d’Aquin, Lettre à Reginald de Piperno.

Par un cheminement tout différent, certains franciscains, plus augustiniens qu’aristotéliciens, admirent tout unaniment le bien-fondé des théories de Ptolémée, quoique Saint Augustin lui-même en eût été un farouche adversaire.

ROGER BACON

Roger Bacon

Roger Bacon qui oppose « aux livres des Grecs le livre de la nature », c’est lui qui créa l’expression « sciences expérimentales », est persuadé que la mécanique céleste conditionne le comportement des hommes. On lui doit diverses recherches sur l’astrologie mondiale ainsi que la « théorie des élections », par laquelle il conseille de déterminer le moment propice pour commencer une action en observant les configurations astrales.

Autre astrologue, le franciscain Jean Fidanza (1221-1274) qui place Platon et saint Augustin bien au-dessus d’Aristote. Il fut béatifié sous le nom de Bonaventure qui lui a été donné par saint François lui-même. Il n’est désormais plus question de la légitimité de l’astrologie, quand bien même les condamnations des premiers conciles n’aient pas été abrogées.

LA TOUR ASTROLOGIQUE - PARIS

Paris – La Tour Astrologique

L’astrologie en France au Moyen Age

Ainsi, Robert le Pieux, Louis VII, notre saint roi Louis IX avaient leur astrologue attitré et Charles V, qui s’occupait aussi d’astrologie, fonda à Paris un collège d’astrologues.

Il en allait de même du très austère Louis XI qui consultait ses astrologues en toutes circonstances et n’entreprenait rien sans le conseil de son devin, Galeotti. Le roi avait une confiance sans limite en cet astrologue jusqu’au jour où celui-ci commit une erreur qui faillit avoir des suites désastreuses pour la royauté. Furieux, Louis XI convoqua l’incapable et lui posa une question redoutable : « Vous qui lisez si bien dans l’avenir, pourriez-vous me dire quand vous allez mourir ? ». Comme Galeotti avait le sens de la formule, il sauva sa peau en répondant : « Sire, ma science ne me permet pas de préciser cette date, mais je sais simplement que je mourrai trois jours avant Votre Majesté ». Et Louis XI de répondre prestement : « Allez en paix, allez en paix ! ».

Catherine de Médicis avait fait élever en son hôtel de Soissons une colonne, qui existe encore aujourd’hui près de la Bourse du Commerce, qui aurait pu servir à consulter les astres. Elle rencontra Nostradamus et eût plusieurs astrologues personnels dont celui qui est resté célèbre, Cosimo Ruggieri.

Louis XIII fut surnommé « le juste » parce qu’il était né sous le signe de la Balance.

L’astrologie était également en faveur sous les empereurs germaniques Charles IV et Charles Quint. Ce dernier avait prescrit l’enseignement de cette discipline, ce que préconisaient d’ailleurs bien des hommes éminents de l’époque.

ASTROLOGUE 

Bibliographie

Dictionnaire de l’astrologie – Jean-Louis Brau – Larousse

 

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DANS LA MYTHOLOGIE DE LA VIERGE… LE DIEU BACCHUS

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.6 - LES MYTHES DE LA VIERGE ET DE MERCURE) par sylvietribut le 18-09-2013

Le culte de Dionysos ne s’implanta pas facilement en Grèce, sans doute parce qu’il venait de chez ces Barbares d’Anatolie, ces Phrygiens et ces Thraces, lieu de naissance des plus anciennes Déesses-Mères, androgynes comme Cybèle. Dionysos, lui-même, était parfois interpellé de la façon suivante : « Où vas-tu… toi, l’homme-femme ? », souvent attaqué comme on agresse encore parfois aujourd’hui les homosexuels. Il faut préciser qu’il portait des vêtements de femme, mais sans doute avait-il hérité de la bisexualité de ces déesses crétoises ou anatoliennes, de la Déesse-Mère ou du Serpent ? N’était-il pas, par excellence, le dieu qui prit toutes les formes, connut toutes les métamorphoses : il se changea en lion, en panthère, en fait en ce qu’il voulait, lui le dieu de la démesure et de l’ivresse, maître des Ménades comme son homologue romain Bacchus, dieu du vin et des vendanges de septembre, qui était lui aussi le maître des Bacchantes.

BASSIN DE BACCHUS - PARC DU CHATEAU DE VERSAILLES - Balthazar et Gaspard Marsy

Dionysos – Bassin Parc du Château de Versailles

On a chargé les Ménades, Corybantes et Bacchantes, pour faire d’elles de dangereuses hystériques dévorant leurs propres enfants, des animaux vivants qu’elles déchiraient à belles dents, des taureaux sauvages en particulier, et cela au cours d’une transe sacrée. Certes, il existe une tradition prétendant qu’au cours de transes rituelles des sacrifices d’animaux, voire d’enfants, avaient lieu. On peut suggérer autre chose, une relation beaucoup plus directe au chamanisme. Comment ne pas évoquer l’histoire de Penthée qui lui-même prenait progressivement la forme d’un animal. Il sera d’ailleurs lapidé par les Ménades dont il avait surpris les secrets ; elles lui trancheront la tête et la porteront à sa mère, Agavé, qui la prend pour une tête de lion… Tirésias avait pourtant averti Penthée : « Si tu mets la main sur ce dieu, tu vas t’en repentir, toi et les tiens ! ». Mais Penthée ne l’écoute pas. Il insulte Dionysos, veut l’enfermer : « Tu as tort, l’avertit ce dernier, de méconnaître mon pouvoir » ; et aussitôt il fit en sorte que toutes les femmes de la ville soient entraînées par les Ménades et leurs chants sauvages. Même la mère de Penthée les suivra, en transe comme les autres. Dionysos interrompra brutalement la transe mais lorsqu’Agavé émergera, il sera trop tard, elle aura déchiqueté son fils et elle mesurera l’horreur de son geste. Dieu terrible, Dionysos finira par forcer le respect des Grecs mais jamais sans arrière-pensée, même après qu’il eut inventé le théâtre. Il fut en effet le premier metteur en scène. Il inspirait aussi bien les poètes que les acteurs. Ce qui est probable, c’est que les cultes venus de ces pays « barbares » ne pouvaient que choquer les Grecs « sages ».

Les Grecs reprochaient aux Barbares l’immodestie des femmes à laquelle Dionysos conviait ses Ménades mais on peut aussi voir dans le conflit entre Dionysos et les dieux olympiens une opposition entre deux modes d’approche du monde, de la vie, de la connaissance. Les adeptes de Dionysos prônaient une connaissance directe de la divinité par fusion avec lui ; la divination, la transe, l’expérience mystique immédiate, tout cela ne saurait s’aborder par les voies de la rationalité. Comme cela a été écrit : « Le fidèle de Dionysos, au summum de son extase, ne fait qu’un avec son dieu ; la divinité pénètre en lui, il est ‘Enthéos’ et le nom de Bacchus désigne aussi bien le dieu que son adorateur ». Il s’agissait d’acquérir par cette fusion l’immortalité. Devenir Dionysos, c’était en même temps absorber son immortalité, concept tout à fait étranger à la mentalité grecque.

Cependant cette opposition fondamentale, nous la retrouvons aujourd’hui, entre ceux qui croient à une certaine qualité d’expérience mystique, s’intéressent au retour du chamanisme, de certaines pratiques irrationnelles, et ceux qui ne croient qu’une science fondée sur la raison pure, la répétitivité de l’expérience et l’élaboration rigoureuse de règles et de lois. Ainsi s’opposent la Vierge folle et la Vierge sage. 

SEMELE TERRASSEE PAR JUPITER

Sémélé terrassée par Jupiter

Il fallait bien que les Grecs changent quelque peu la nature de Dionysos pour le rendre acceptable. Ils changèrent même son lieu de naissance, élisant Thèbes.  Sa mère aurait été une célèbre princesse dont Zeus serait tombé éperdument amoureux. Au point de dire à Sémélé, fort imprudemment, qu’elle pouvait tout exiger de lui. Mal inspirée par Héra, l’éternelle jalouse, Sémélé demande à voir Zeus dans toute sa splendeur. Exigence fatale, car Zeus est contraint de tenir sa promesse : « Non, je t’en prie, ne me demande pas cela ! » supplie Zeus, « si tu me vois dans toute ma puissance, cela te perdra ! ». Mais Héra a été persuasive et Sémélé insiste, obstinée. Alors Zeus lui apparut dans sa gloire et la pauvre princesse fut aussitôt foudroyée car Zeus/Jupiter est foudre, orage, tonnerre, feu à l’état pur. Il eut tout juste le temps de retirer du corps de la mère l’enfant qu’elle attendait et de le placer dans sa cuisse. Autrefois la cuisse désignait l’utérus, ce qui nous ramène à l’androgynat de Zeus lui-même. Ainsi Dionysos achèvera sa gestation dans « la cuisse de Jupiter ».

Plus tard, grâce à Hermès/Mercure, Dionysos retrouvera sa mère aux Enfers et elle prendra alors place dans l’Olympe, acquérant là son statut d’immortelle.

Ce dieu du vin né du feu et élevé par la pluie prend parfois aussi la forme symbolique d’un « grain de raisin », comme d’autres dieux parèdres de la Déesse Mère seront des « grains de blé ». Et Dionysos « homme-femme », voyageur, allant de-ci, de-là, par monts et par vaux, enseignera à cultiver la vigne, tout comme il enseignera les Mystères à l’instar de Déméter.

Comme Héphaïstos, Dionysos se situe évidemment sur le versant de la Vierge folle. Dans l’imaginaire collectif cette « démence » est due en effet à l’ébriété, à l’ivresse qui délivre et dénoue, libère les instincts les plus fous, lève tous les interdits.

Quant à la vie amoureuse de Dionysos, elle commence par un premier amour avec un adolescent nommé Ampélos qui mourra accidentellement et sera ensuite changé par le dieu en constellation ou, dans une autre version, en pied de vigne.

DIONYSOS ET ARIANE - MARBRE DE CARLO ALBACINI - 

Dionysos et Ariane – Marbre de Carlo Albacini

Par la suite, alors que Thésée eut abandonné Ariane sur l’île de Naxos, Dionysos qui passait par là serait tombé amoureux d’elle : il apparut à Ariane, l’emmène sur l’Olympe et en fait sa femme. Ariane est parfois vue comme la mère des Ménades. A la mort de sa compagne, Dionysos aurait jeté sa couronne dans le ciel pour lui rendre hommage. Ariane serait donc devenue la constellation de la couronne boréale.

D’Althée, la reine de Calydon, il eut une fille, Déjanire, qui sera adoptée par l’époux d’Althée, Oenée. Enfin, ce sera Aphrodite/Vénus qui lui donnera plusieurs fils, dont Priape, divinité phallique des Vergers et des Jardins, Hyménée, dieu du chant nuptial et, selon le cinquante-septième Hymne orphique, l’Hermès souterrain, chtonien ou infernal.

D’autres mythes viennent informer sur la personnalité de Dionysos. Ainsi, les femmes d’Argos devenues folles et qui dévorèrent leurs nourrissons car elles n’exaltaient pas convenablement Dionysos. Il y a aussi les trois filles de Proétos : Lysippé, Iphinoé, Iphianassa, frappées de démence par Dionysos, ou Héra, et guéries par Mélampous.

Quant aux sœurs Agavé, Ino et Autonoé, elles tuèrent Penthée, le fils d’Agavé, lors d’un délire dû à Dionysos. Et puis, les Minyades, filles du roi d’Orchomène en Béotie, Minyas, au nombre de trois : Leucippé, Arsinoé et Alcathoé, qui refusèrent de s’adonner au culte de Dionysos. Pour se venger, il les punit en les frappant de folie.

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Dionysos chevauchant la panthère – Mosaïque de Pella

Cependant, Dionysos c’est le dieu du vin, de la végétation arborescente et de tous les sucs vitaux : sève, urine, sperme, lait, sang. Il se spécialisera par la suite dans la vigne qu’il était censé avoir donnée aux hommes, ainsi que l’ivresse et la transe mystique. Ses attributs incluent tout ce qui touche à la fermentation, aux cycles de régénération. N’est-il pas d’ailleurs le fils de Sémélé avatar de la déesse phrygienne de la terre, et puis aussi amant d’Ariane, déesse minoenne de la végétation, et enfin compagnon des nymphes et des satyres. Il est fréquemment associé au bouc et au taureau, animaux jugés particulièrement prolifiques.

Plusieurs portraits sont accolés à la personnalité de Dionysos : celui qui sert le vin pur et qui aime la chair crue, ou encore le protecteur des arbres et l’esprit de l’écorce, le protecteur des figuiers ou bien le garant de la fécondité.

On l’appelait aussi bien Zagreus, fils de Zeus et de Perséphone, que Bromios ce qui signifie « au bruyant cortège ». On le disait Digonos, c’est-à-dire « deux fois né » ou encore Bakkhos « qui retentit ».

L’attribut majeur et personnel de Dionysos est le thyrse qu’il tient à la main, qu’on trouve à ses pieds ou dans son cortège. Il régit le pin et le lierre, ainsi que leurs fruits, la pomme de pin et les baies de lierre dont il est souvent couronné. Ces plantes sont une apparente exception dans la nature car elles sont toujours vertes au cours de l’année et ne semblent pas perdre leurs feuilles, ce qui renvoie aux résurrections du dieu. On notera aussi que les vrais fruits du pin sont cachés dans la pomme et que les baies du lierre, toxiques, entraient dans la fabrication d’une bière que consommaient les Ménades et qui contribuaient à la transe.

dionysos

Dionysos

On trouve encore le grenadier et la grenade, le figuier et les figues. Le grenadier est issu du sang du dieu, ses fruits mûrissent en hiver et Perséphone reste liée aux enfers pour en avoir mangé. Le figuier est associé à la vie cachée dans le monde méditerranéen, car il pousse spontanément là où il y a de l’eau souterraine et révèle les sources.

Comme il a apporté la vigne et le vin aux hommes, on trouve également la vigne et le raisin, la coupe à boire. Mais il s’agit plutôt d’un amalgame avec Bacchus, son équivalent romain.

Quant à son bonnet phrygien, il rappelle l’origine asiatique de Dionysos. On trouve aussi la flûte, les cymbales et les tambourins.

Les animaux associés à Dionysos sont le bouc, le taureau, l’âne et la panthère. Ses temples majeurs se trouvaient à Athènes avec le Théâtre de Dionysos, Eleusis, Smyrne et Ephèse.

DIONYSOS - CARAVAGGIO

Dionysos par Caravaggio

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant & John Hazel – Collection Marabout  

Dieux et Héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur               

 

 

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DANS LE BESTIAIRE DE LA VIERGE… ARACHNE L’ARAIGNEE… UNE HISTOIRE DE DENTELLE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.6 - LES MYTHES DE LA VIERGE ET DE MERCURE) par sylvietribut le 10-09-2013

Mais qui était Arachné ?

C’était une jeune fille de Lydie, fille d’Idmon de Calophan, ville réputée pour ses teintures pourpres. Elle excellait dans l’art du tissage. Elle en vint même à se vanter de l’emporter sur Athéna, fileuse accréditée de l’Olympe. La déesse releva le défi. Mais Arachné tissa une pièce d’étoffe où étaient figurées les amours des dieux olympiens avec une telle adresse qu’Athéna ne put rien y trouver à reprendre. Sa colère n’en fut pas moins vive. Elle déchira l’ouvrage de sa rivale, frappa cette dernière, tant et si bien que la malheureuse, remplie de terreur et mortifiée, se pendit à l’aide d’une corde. Athéna la métamorphosa alors en araignée.

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Athéna et Arachné

Certains mythographes ont émis l’hypothèse que cette légende se rapporterait à quelque rivalité entre le commerce des tissus athéniens et celui des articles textiles en provenance de Lydie.

Des chercheurs passionnés ont voulu trouver les origines de la dentelle dans les antiques légendes de Rome comme celle d’Arachné chantée par Ovide, ou dans les vestiges pré-chrétiens de la Chine et du Japon. Quant aux guipures grecques, on voit remonter leurs origines aux temps du mythique Homère qui, dans l’Odyssée, décrit une ceinture de fils entrelacés. 

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Arachné

Ce ne fut qu’au Moyen Age que la dentelle fut différenciée en deux catégories bien distinctes : celle à l’aiguille et celle aux fuseaux, mais il existe aussi la dentelle a tombolo. Les Flandres et l’Italie s’en accordent la priorité, tout comme Venise, Milan, Gênes et surtout L’Aquila, une des villes les plus importantes des Abruzzes.

Il est en effet certain qu’à la fin de 1371, le Royaume de Naples consentit à la commune de L’Aquila de discipliner tous les arts et métiers, dont l’artisanat de la dentelle, pour une meilleure aisance à s’affirmer et à se diffuser. Et on se souvient qu’en 1793, la Reine Isabelle, épouse du Roi de Naples, en visite à L’Aquila, fut très admirative « de la beauté raffinée des dentelles » dont étaient parées les femmes de L’Aquila.

La caractéristique typiquement locale du tombolo réside dans le fil très fin, mais résistant et rigide, comme introuvable. Le fil, défini impalpable, fut considéré comme si précieux pour les Aquilini, qu’en 1557, ils en firent don au Vice Roi en visite dans les Abruzzes. De la préciosité du fil dérive aussi celle de l’antique tombolo aquilino qui se distingue d’ailleurs de ceux des autres centres comme celui de Scanno, et même des autres villes d’Italie et même des villes étrangères.

Il est sûr que le tombolo aquilino devait rejoindre un niveau de véritable oeuvre d’art puisque Marie-Antoinette, Reine de France, commanda à L’Aquila une pièce de dentelle, haute de 8 paumes, pour en faire don au pape Pie VI le jour où il fut intronisé.

tombolo AQUILANO 

La dentelle a tombolo 

Quant au tombolo c’est une sorte de coussin cylindrique rempli de sciure qui supporte comme une toile d’araignée, fils de lin et épingles. Assises sur les marches de maisons dans des ruelles ombragées, quelques femmes semblent faire des tours de prestidigitateurs avec des dizaines de fuseaux légers sur ce tombolo. Tout doucement, de leurs mains sortent dentelles et trames d’une stupéfiante beauté : ce sont les dentelles et guipures réalisées au tombolo, destinées aux trousseaux des mariées, authentiques chefs-d’œuvre qui souvent demandent des mois de passion et de travail de « certisino »,  c’est-à-dire de « Chartreux » pour les Italiens, mais de Bénédictins pour nous. Cet art très ancien a longtemps souffert d’une certaine désaffection provoquée par l’agitation inutile de notre monde moderne ; cependant il est en train de soulever de nouveaux enthousiasmes. Réunies en coopérative, les dentelières travaillent beaucoup mais trouvent quand même le temps d’enseigner, généreusement, leurs patients secrets aux jeunes filles, mais aussi à quelques rares jeunes hommes.

ARACHNE ET ATHENA2

Bibliographie

Traité de « la Dentelle à tombolo, artisanat noble » d’Angelo Tozzi

Dictionnaire de la Mythologie -Michael Grand et John Hazel – Collection Marabout

 

 

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DANS L’HERBIER DE LA BALANCE… LE JASMIN

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 11-10-2012

Cette plante gracieuse est originaire des Indes. Particulièrement appréciée pour sa senteur capiteuse, elle entre dans la composition de plusieurs parfums renommés. Le jasmin est, avec la rose, une des deux fleurs reines de la parfumerie. Ces deux fleurs ont fait le succès du parfum Joy qui fut créé en 1930 par Jean Patou qui disait qu’il fallait 10 600 fleurs de jasmin pour produire une once de parfum.

Quant à la blancheur du jasmin elle en fait la fleur-symbole de l’amabilité.

JASMIN 2 

Jasmin blanc symbole de l’amabilité

Les tiges ligneuses du jasmin s’enroulent sur tout support en formant des méandres, symboles d’élégance. Une tonnelle où le jasmin s’enlace est un délice pour l’odorat. Ce qui fit écrire à Jean de La Fontaine :

Jasmins dont un air doux s’exhale,

Fleurs que les vents n’ont pu ternir,

Aminte en blancheur vous égale,

Et vous m’en faites souvenir.

Les Tunisiens en font de petits bouquets en boutons que les enfants proposent à la terrasse des cafés et que les hommes portent sur l’oreille, en offrir est une preuve d’amour. En Arabe, le nom du jasmin odorant signifie « cadeau de Dieu », et tant en Orient qu’en Occident, la fleur est liée à la grâce féminine. Le jasmin est à l’origine du prénom arabe Yasmina, et de ses dérivés : Yasmine et Yassmine. Damas est la ville du jasmin par excellence tant cette fleur est cultivée dans chaque maison, au pied de chaque immeuble.

 

Petits bouquets de jasmin de Tunisie

En Inde, Kâma, le dieu de l’amour, atteignait ses victimes par des flèches auxquelles il attachait des fleurs de jasmin. Et si on se réfère à l’Antiquité, on apprend que Cléopâtre serait allée à la rencontre de Marc Antoine dans un bateau dont les voiles étaient enduites d’essence de jasmin. D’ailleurs, le jasmin serait originaire d’Indes et d’Egypte.

Dans la tradition chrétienne, elle est  associée à la Vierge Marie, alors qu’en Thaïlande, elle symbolise la maternité.

En France, au XVIIe siècle, la ville de Grasse s’était lancée dans la culture du jasmin. Sa récolte est aujourd’hui devenue rare. Elle se déroule au mois d’août. Les fleurs de jasmin doivent être cueillies juste avant l’aube et traitées le plus rapidement possible. Les fleurs de jasmin s’ouvrent la nuit et seulement à une température supérieure à 17° C.

Dans le folklore français, les noces de jasmin symbolisent 66 ans de mariage.

JASMIN JAUNE 2

Jasmin jaune

Il existe aussi un jasmin jaune très résistant au froid. Il fleurit à la fin de l’hiver lorsque la terre est nue. Ses étoiles jaunes sont un premier frémissement de la nature.

Par ailleurs, indépendamment du goût délicieux que la fleur de jasmin donne au thé, celle-ci est recommandé contre les maux de tête. Très calmantes, elles relaxent et apaisent la toux nerveuse. Posologie en infusion : 20 grammes par litre d’eau bouillante et deux tasses par jour, la seconde au coucher. De plus, dans l’huile d’olive, la macération des fleurs est excellente en friction contre les douleurs des paralysies nerveuses. Pour cet usage externe : recouvrir dans un bocal des fleurs de deux fois leur volume d’huile d’olive. Laisser macérer un mois avant usage.

Comme les fleurs de jasmin sont rares et leur prix élevé, si vous en avez dans votre jardin, cela vaut la peine de les récolter.

JASMIN

Bibliographie

Le Langage des Fleurs – Marthe Seguin-Fontes – Editions du Chêne – Hachette Livre

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