LES DOUZE JOURS

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 13-12-2010

LE TEMPS SUSPENDU, UN COMPROMIS CULTUREL

Les douze jours d’hiver, les « douze jours saints » de la tradition chrétienne sont le résultat d’un compromis, d’un mariage entre deux calendriers, deux façons différentes de mesurer le temps : le calendrier lunaire et le calendrier solaire. Il s’agit de douze jours intercalaires qui correspondent au décalage entre une année lunaire de 354 jours (composée de douze lunaisons ou de douze mois lunaires), et une année solaire de 366 jours approximativement, correspondant au temps pendant lequel la Terre décrit une révolution et revient ainsi à son point de départ théorique ; elle accomplit le trajet entier de son écliptique autour du soleil en 365,2422 jours.

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Autrement dit, ces douze jours, qui raccordent l’un à l’autre les deux calendriers, sont suspendus entre deux modes de mesure du temps. Ce rendez-vous annuel du Soleil et de la Lune constitue assurément le syncrétisme le plus ancien dont les traces sont restées fortement imprimées dans notre civilisation occidentale contemporaine. Nous exprimons toujours notre alliance avec le Ciel, c’est-à-dire que nous célébrons rituellement les phénomènes d’ordre cosmique et astronomique qui se produisent dans l’année sur la base de ces ceux traditions différentes fusionnées et adaptées en un seul mode de mesure du temps, dans un calendrier luni-solaire : d’une part nos fêtes fixes : Noël, l’Epiphanie, la Toussaint, etc. découlent de l’observation du Soleil et, d’autre part, les fêtes mobiles : le carnaval, le Carême, Pâques, l’Ascension, etc. dépendent des phases de la lunaison, inscrites dans le mouvement apparent du Soleil. Ainsi, les dates des fêtes dépendent soit exclusivement des solstices et des équinoxes, soit la combinaison de ces dates cardinales déclinées avec la Nouvelle Lune de printemps.

Une autre conséquence du compromis entre les deux calendriers est la persistance dans nos coutumes de la valeur symbolique des chiffres 3, 9 et 40 qui déterminent toute une série de rites autour de la vie et de la mort. Ce sont les relevailles et la purification de la jeune mère qui se font quarante jours après l’accouchement ainsi que la présentation du jeune enfant (surtout des garçons) à la lignée ; la durée des carêmes, ou la commémoration officielle des trépassés quarante jours après la mort, notamment. Or, quarante jours correspondent à une lunaison et demie ou à un  neuvième de l’année. D’autre part le neuvième d’une lunaison est de trois jours.

Ces douze jours hors du temps se situent, d’habitude, au début de l’année qui, dans le cas des calendriers européens, julien et grégorien, est fixé au 1er janvier (à proximité donc du solstice d’hiver, le 21 décembre). Dans d’autres cultures ou à d’autres époques, ces douze jours critiques sont placés à proximité de l’équinoxe de printemps considéré comme le départ d’une nouvelle année. Ces jours additionnels sont encadrés, dans le monde chrétien, de deux fêtes importantes, Noël et l’Epiphanie (25 décembre et 6 janvier), chacune symbolisant un départ de la nouvelle vie spirituelle. Même si l’on parle communément de « douze jours saints », les traditions populaires qui sauvegardent et transmettent un souvenir confus de conceptions plus anciennes sont très éloquentes et démontrent bien autre chose.

Dans plusieurs cultures, de l’Inde aux îles Britanniques, ces douze jours placés en début d’année préfigurent l’année en réduction. Ils sont une « réplique de l’année » d’après la tradition védique, les « jours des sorts » dans la civilisation babylonienne. En Bretagne, on les appelle encore les « Gourdeziou », les « jours mals »,  ailleurs les « douze petits mois ». Partout on s’ingénie à trouver différentes méthodes de prévision du temps de l’année à venir. Ainsi en Grande-Bretagne, en Normandie ou en pays germaniques, pendant ces jours considérés comme « immobiles », car leur durée varie peu, on observe la puissance du vent, la température, le taux d’humidité, et on le transpose dans les mois de l’année à venir.  

oignonsDans plusieurs pays de la Méditerranée, où l’absence d’eau se fait souvent cruellement sentir, on mesure l’humidité à l’aide de pelures d’oignons ou de feuilles de figuier. On coupe, par exemple, un oignon la nuit de Noël, on en détache douze « coupelles » que l’on expose sur le toit de la maison en ajoutant dans toutes la même quantité de sel, et en désignant chacune du nom d’un mois. Le taux d’humidité accumulé est supposé indiquer la pluviosité des douze prochains mois.

Il serait opportun de signaler à ce propos que dans les traditions antiques, d’après les témoignages de Pline et de Plutarque, l’oignon était considéré comme une plante lunaire, car à l’inverse des autres plantes, il croît quand la Lune décroît. Par ailleurs, la Lune, influant sur les marées, est toujours liée symboliquement à l’eau. Même si on hésite à les intégrer en plein droit dans l’année solaire, les douze jours restent comme une excroissance redoutable de l’année lunaire. C’est le temps qui n’appartient pas au déroulement ordinaire de la vie. On traduit donc ce temps, suivant les cultures et les époques, comme un retour au chaos primordial, qui implique souvent un retour des ancêtres, l’apparition des morts parmi les vivants, ou comme une suspension temporaire de l’ordre moral.

Apparitions mystérieuses, déguisements, masques, combats symboliques et cérémonies de dérision, feux et lumières, nourritures rituelles et abondantes sont les principales caractéristiques des coutumes observées pendant les douze jours. L’ampleur de la mise en pratique de ces phénomènes est variable d’une culture à l’autre, mais leur présence est constante. La latitude du lieu, notamment, qui influence directement le climat et la durée de l’éclairement, favorise certaines formes des pratiques ; le degré d’organisation de la vie urbaine, ou inversement la persistance de la vie rurale, la diversité des pratiques agricoles jouent également leur rôle dans la configuration des rites. Enfin, l’emprise de l’Eglise, l’assimilation d’influences culturelles importées, ou les aléas historiques imposent d’autres types d’expressions, organisées toujours dans le but d’assurer à travers ce temps suspendu le cheminement rituel et le passage d’une année à l’autre.

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Bibliographie : Fêtes et croyances populaires en Europe d’Yvonne de Sike

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PREMIER NOVEMBRE… LA TOUSSAINT A TRAVERS LES SIECLES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 31-10-2009

« Vilaine veille de Toussaint ne présage rien de bien », telle est la conviction populaire : la Toussaint, en effet, met un terme aux fêtes et aux réjouissances de l’automne, à la célébration des abondances. Et comme « à la Toussaint, le froid revient et met l’hiver en train », les foires se raréfient et les paysans enfin se reposent puisque « la Toussaint arrivée, le blé doit être semé, fruits, pommes de terre et vin rentrés ».

Ces quelques dictons, comme la présence du culte de tous les saints, confirment la continuité des rites essentiels en ce jour de 1er novembre, passage symbolique d’une période à une autre, de l’ère des abondances à celle de la gestation. Que les morts, anonymes ou éponymes, soient symboliquement présents à cette date n’a donc rien d’étonnant.  

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Zodiaque des saints Apôtres

 

La fête de la Toussaint existait déjà en Orient comme commémoration de tous les martyrs de la Foi, célébrée le premier dimanche après la Pentecôte. Elle a été introduite en Occident par le Pape Boniface IV, vers la fin du VIe siècle et fixée au 13 mai, en l’honneur de tous les saints et plus particulièrement de Marie.

Le Panthéon de Rome, temple de tous les dieux, fut consacré à ce culte collectif. La date choisie correspondait aux célébrations dans le calendrier romain aux premiers jours de mai des « Lemuria », culte des ancêtres. Mais cette tradition funéraire ne s’étendait pas à l’ensemble du monde catholique. C’est pourquoi Louis le Pieux institua en 835 une Toussaint au 1er novembre dans l’espoir de couper court aux rituels peu chrétiens pratiqués en cette période de l’année. L’enjeu était de substituer la commémoration de tous les saints, ancêtres virtuels de tous les fidèles, au culte des morts familiers, pratiqué à cette période, tradition commune à une grande partie du monde occidental. 

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 Rome – Le Panthéon

Pour unifier ces pratiques discordantes, le Pape Grégoire IV, en 875, sous l’instigation de Louis le Débonnaire, fixa la fête de la Toussaint au 1er novembre, pour mieux répondre aux besoins de la grande majorité des catholiques.

Vain espoir, car le culte des morts au 1er novembre, profondément enraciné dans les coutumes populaires, se poursuivit comme si de rien n’était et, au Xe siècle, Odilon, abbé de Cluny, plus diplomate, ordonna la célébration d’une messe solennelle le 2 novembre, « pour tous les morts qui dorment en Christ ». Cette fête des Morts, née en France, ne fut jamais officiellement avalisée par l’Eglise, mais fut progressivement adoptée dans toute la chrétienté occidentale.

De nos jours, les deux fêtes se confondent. Le calendrier civil reconnaît seul férié le 1er novembre et cela en l’honneur des morts pour la patrie. En ce même jour, du Portugal à la Lituanie et jusqu’aux marches de l’Ukraine, des centaines de milliers de personnes prennent le chemin des cimetières chargés de souvenirs douloureux. Bouquets de fleurs, verdures, bruyères et chrysanthèmes sont déposés sur les tombes pour transmettre à ceux et celles qui nous précèdent dans l’au-delà un message d’amour. 

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Hommes et femmes vivant dans la charité ou l’égoïsme, dans l’espoir ou la désillusion, ne restent pas insensibles au message « métaphysique » qu’une longue tradition a transmis jusqu’à nous, né de la rencontre de deux mondes, celui des morts et celui des vivants.

En fait, le 1er novembre correspond au Nouvel An des traditions celtiques, date à laquelle avaient lieu les très importantes fêtes de Samain. Le seul témoin de la répartition du temps dans l’année celte, le calendrier de Coligny, postérieur à la conquête romaine, place le mois de Samain, correspondant à novembre, en tête de l’année. Les sept premiers jours et nuits étaient consacrés à des festins rituels et à des débauches, rites de « renaissance » du monde.

Cette fête avait un caractère agraire et en même temps de retour à l’origine mythique de « fondation » de l’ordre cosmique. La veille, on éteignait tous les feux et, le lendemain, on inaugurait la nouvelle période avec des feux nouveaux. La classe des guerriers, qui venait d’achever la période estivale d’hostilités, était aussi au centre de la fête.

Les nourritures offertes pour ces jours de renouveau : viande de porc, vin, bière et hydromel, boissons des dieux, étaient censées assurer l’immortalité. La participation aux banquets commémorant à la fois les soldats tombés sur les champs de bataille et les autres défunts était une obligation pour tous et on croyait que ceux qui s’en abstenaient étaient frappés de folie et de mort ; on dressait par ailleurs leur tumulus funèbre dès le lendemain.

Mais le but essentiel de la fête était de rétablir le contact entre la communauté des morts et celle des vivants, car les « sidhs », les tertres où vivaient les morts étaient entrouverts pendant cette période et les morts en profitaient pour revenir sur terre. Charnière entre deux mondes et deux années, le 1er novembre concentrait alors tous les rites propices aux « passages » que nous pratiquons encore de nos jours autour du Nouvel An, ne serait-ce qu’inconsciemment. La présence de masques, de déguisements et de rites funéraires en plein hiver aux alentours du solstice d’hiver est une preuve indéniable de ce retour inopiné des spectres de l’autre monde. Quand, dans la journée grise et humide de la Toussaint, nous empruntons les chemins des cimetières pour honorer les défunts de la famille, nous perpétuons en réalité des rites forts anciens qui visent à rétablir l’ordre cosmique renversé par la disparition d’un proche. Nous faisons en sorte de confirmer chaque année la transformation des défunts dangereux en ancêtres propices, favorables à la société, bien disposés à l’égard des graines enfouies au sein de la Terre.

Souci commun de toutes les sociétés, les rites de mort n’expriment pas seulement l’affection des vivants pour ceux qui partent, mais concentrent aussi les espoirs de ceux qui peinent aux labours ; les morts, familiers ou inconnus, apaisés par les rites, serviront de médiateurs entre nous et les forces souterraines, pour toute la durée d’une année ; d’où la densité de cérémonies commémoratives à toutes les dates charnières.

Monde des vivants et monde des morts se rencontrent ainsi à chaque passage d’une année à une autre, à chaque saison critique de l’année.

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Bibliographie : Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas.    

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DANS LE GIRON DU CANCER

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 5.2 -Ballade à travers les signes) par sylvietribut le 28-06-2009

Avec le solstice d’été, le 21 juin, le Soleil fait son entrée dans le Cancer. Mais en connaissez-vous vraiment les caractéristiques ?

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n Son graphisme

Le graphisme du signe est formé de deux spirales enroulées qui se referment l’une sur l’autre ; deux énergies tourbillonnantes telles des nébuleuses ; tels aussi l’atome et la cellule vivante, les deux germes tournent l’un autour de l’autre.

Le graphisme du Cancer est également formé de deux parallèles, mais les verticales des Gémeaux sont devenues horizontales et se détachent l’une de l’autre car chaque barre se recourbe et se referme sur elle-même.

Ces deux spirales expriment le changement de sens du mouvement solaire qui devient descendant alors que jusqu’ici il était ascendant, représentant schématiquement les vagues de la vie.

Principes opposés dans les Gémeaux, l’esprit et matière se sont transformés en Cancer en deux forces autonomes qui cherchent à s’unir et font couple pour générer la vie. Le Cancer devient ainsi le symbole de la gestation, de la maternité. On pourrait d’ailleurs comparer son graphisme à un embryon recroquevillé dans l’utérus : un être en devenir.

signe-du-cancer1Le crabe qui figure le signe du Cancer représente le monde clos, utérin. La carapace qui protège la vie des tumultes extérieurs et permet à chaque naissance de s’accomplir dans les meilleures conditions. Le Cancer est parfois représenté par une écrevisse.

  

n Ses symboles

L’écrevisse ou le crabe qui le représente est un animal d’eau vivant sous une carapace protectrice. A l’esprit des eaux s’associent intimement une valeur d’interne, d’intime ou d’intérieur qui rappelle que les ébauches et préfigurations de la vie renaissante : germes, œufs, fœtus, bourgeons, sont entourés de coquilles, matrices, écorces et enveloppes, destinées à abriter le pouvoir de résurrection enfermé dans ces cuirasses.

En fait, le quatrième signe s’identifie à l’archétype maternel défini par Jung : tout le monde des valeurs de contenu, soit tout ce qui est grand et enveloppe, abrite, conserve et nourrit, protège et réchauffe ce qui est petit. Principe matriciel et nourricier qui va de l’utérus à la terre maternelle : profondeur, abîme, puits, grotte, caverne, poche, abri, vase, maison, ville… qui aboutit au grand refuge de l’humanité, qui était la Grande Mère.

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A ce signe se trouve associée la Lune, à sa figure blafarde et à sa lumière cendrée, symbole planétaire de ce principe matriciel, du psychisme inconscient, de la lueur végétative crépusculaire, de la pulsion vitale non encore prise en charge par la raison.

n Ses mythes

 Dans le zodiaque égyptien, le Cancer était un animal sacré : le scarabée. L’origine du mot « écrevisse » est le même que le mot « cuirasse ». Il évoque l’enveloppe protectrice ou s’élabore l’œuf, sa coquille et le repli sur soi. Dans certains zodiaques, il est souvent représenté sous les traits d’un enfant (le dieu Horus en Egypte).

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Le signe existait tel qu’il est aujourd’hui dans la mythologie hindoue. Il traduisait dans son idéogramme les quatre plans de la vie : du corps physique au spirituel en passant par le corps psychique et le plan de la pensée.

abeillesLe signe a toujours été en rapport avec la fécondité. Pour les Anciens, les âmes non encore incarnées venaient de la Voie Lactée : elles franchissaient « un portail » au Cancer. On appelait ces âmes «les abeilles» et cela se produisait dans la Constellation de la Ruche, dont le terme le plus ancien était «la progéniture».

Dans la mythologie grecque, trois divinités correspondant aux phases lunaires ont incarné la Lune et le Cancer :

- le symbole de la nouvelle lune : le croissant lunaire soit tourné vers le ciel, soit vers la terre, est incarné par Artémis-Diane, chasseresse, courant à travers monts et forêts toujours indomptée : elle était la sauvage déesse de la nature, protectrice des animaux. Déesse vierge, elle est symbole de vertu et châtie impitoyablement les femmes adultères, mais protège les femmes enceintes. Elle est la déesse des enfantements.

- la phase de la pleine lune est symbolisée par Séléné, qui relate sa séduction, ses amours et les cinquante filles que lui donna le berger Endymion. Mais c’est aussi Hélène à la beauté transparente qui jeta le trouble en Europe par la multiplicité de ses prétendants et que Pâris enleva.

- à la lune obscure fut associée Hécate, déesse des Morts, qui règne sur l’Hadès et guide dans l’initiation. Ses attributs sont les poignards, les serpents et les clés de l’Hadès (le royaume des morts).

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Avec le Cancer, on pense aussi à Narcisse, cet introverti contemplatif, rêvant sa vie ou vivant son rêve.

n Sa psychologie

La caractérologie en fait un être surémotif, lymphatique ou mélancolique.

Signe Négatif, c’est un introverti, réceptif et impressionnable. Emotif, il est influençable, perméable au milieu et réagissant à retardement. C’est un hyper-sensible qui cache ses blessures et ses anxiétés derrière une carapace presque inviolable, celle du crabe pudique et de ce fait il peut paraître susceptible ou bourru.

C’est un signe Cardinal. Dans l’eau cardinale, les émotions jaillissent d’un premier jet et coulent intensément dans l’être : c’est souvent la première impression qui est la bonne pour un être Cancer. C’est un hyper-émotif.

Le Cancer initie, dans le zodiaque, l’élément Eau,  c’est l’eau cardinale : la source, l’émotivité, après vient l’eau fixe du Scorpion (les marécages de l’inconscient), puis l’eau mutable des Poissons (l’océan de la spiritualité).

Signe lunaire, le Cancer signifie le retrait sur soi, la sensibilité, la timidité et la ténacité. Avec le Cancer surgit un univers aquatique ; il se présente comme le symbole de l’eau originelle : des eaux-mères calmes et profondes à la source murmurante, en passant par le lait maternel et la sève végétale.

C’est pourquoi ce signe symbolise la fécondité, l’attachement aux racines, aux traditions, à la famille. Il est mémoire et nostalgie. Son sens aigu de la famille va souvent de pair avec un côté bohème. Il existe en effet deux types Cancer : le sédentaire et l’aventurier.

            - La Lune dans le thème

Les signes dans lesquels se situent les planètes symbolisent l’étoffe dont nous sommes faits. Les Maisons sont les domaines de vie dans lesquels les planètes s’expriment.

En Bélier la Lune révèle la dimension instinctuelle et irrationnelle du signe, très différente des qualités conscientes d’initiative et d’autorité du Soleil en Bélier. Il y a dans cette Lune une dimension sauvage, ardente, fruste, ombrageuse et énergique, ainsi qu’un fort relent d’Amazone, ces guerrières qui cherchaient l’extase du combat. La Lune en Bélier, violente et passionnée, évoque Sekhmet, la déesse égyptienne à tête de lionne du carnage et de la guerre, ou ces lionnes qui accompagnaient Artémis.

Si elle est en Scorpion, par exemple, ou en fort aspect à Pluton, nous aurons probablement un penchant pour Hécate et pour la face sombre de la Lune, dont nous apprécierons la profondeur et le mystère. En revanche, le royaume d’Hécate peut s’avérer très inquiétant pour celui qui à la Lune en Gémeaux.

La Lune en Taureau va se sentir très proche de l’image de Déméter et du monde de la nature, mais cette même Déméter, la terre-mère, n’éveillera aucun écho chez une Lune en Verseau ou fortement aspectée par Uranus.

LE CANCER : ENTRE REVE ET REALITE

Le nom du Cancer vient du mot latin « cancri » qui signifie « écrevisse ». L’écrevisse, ou le crabe, qui figure le signe du Cancer évoque un monde clos où la vie est fragile, si vulnérable qu’elle doit être enfermée dans une carapace protectrice qui l’isole. Mais il représente aussi la fécondité du vivant, témoignant de sa permanence et de sa créativité. 

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Le Cancer est ainsi devenu dans la tradition astrologique le symbole d’un monde de la naissance et de l’enfance où le rêve se confronte sans cesse à la réalité, le dedans au dehors. Un monde dominé par des exigences de sécurité, de protection pour que l’alchimie délicate de la vie puisse s’accomplir dans les meilleures conditions. Et cela se passe dans cette frontière irréelle entre les mots et les choses : l’imaginaire. D’imagination, le Cancer ne manque pas. Son univers ne ressemblant jamais tout à fait au nôtre, il se déplace souvent dans notre vie en oblique.

LES AMOURS LUNAIRES DU CANCER

Séléné est la personnification de la Lune. On la représentait sous les traits d’une belle jeune fille parcourant le ciel sur un char d’argent tiré par deux chevaux. Elle passait souvent, dans certaines légendes, pour la fille d’Hélios, le Soleil. Réputée pour sa séduction, elle était aussi célèbre pour ses amours. Est-ce une prédilection pour les bergers, elle en connut plusieurs, dont le dieu Pan, mi-homme, mi-bouc, qui la persuada de rejoindre sa couche en lui offrant une toison blanche.

Un autre qu’elle aima fut le mortel Endymion, berger lui aussi. On dit qu’elle lui donna cinquante filles. Mais l’adolescent était si beau qu’elle supportait mal l’idée de le voir vieillir et encore moins mourir. Elle l’endormit donc d’un sommeil éternel et il reposa dans une grotte de Carie où elle allait régulièrement le contempler.

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Avec Séléné, le Cancer est ainsi un rêve de jeunesse et d’immortalité, et une étrange leçon d’amour. Quel meilleur moyen de garder celui qu’on aime que de l’endormir d’un sommeil qui ressemble à la mort, mais qui n’est pas la mort ?

Et les amours du Cancer  ressemblent aussi toujours à l’amour sans en être parfois. Pourrait-il vraiment en aller autrement ? Rêve d’amour s’accorde rarement avec l’amour de la réalité !

Et si le Cancer était…

…un animal… ce serait chatsun chat, ou… une grenouille, ou bien… un marsouin.

                                               Si c’était un arbre : ce serait un saule pleureur et argenté saule-pleureur-argente

Si le Cancer était une plante, ce serait une laitue ou…  un chou-rave chou-rave

Une fleur ?  fleur-de-pavot  le pavot bien sûr, fleur du sommeil, fleur du rêve.

                                                                                                        Mais aussi le spathiphyllum appelé aussi « Fleur de lune le-spathiphyllum-la-fleur-de-lune 

Un condiment ? Un cornichon                    cornichon1

La couleur du Cancer est le blanc-bleuté ou le gris perle.

Son métal est l’argent et sa pierre la perle, mais aussi la pierre de lune    pierre-de-lune1

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L’eau de la fleur d’oranger lui fait un parfum agréable

Si le Cancer était un instrument de musique, ce serait un clavecin… musique de chambre oblige… clavecin1

Enfin le Cancer a tellement besoin de collectionner que pour un objet on a l’embarras du choix : des photographies, aux cartes postales anciennes et même les déguisements…

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Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Connaissez-vous votre thème astral ? de Joëlle de Gravelaine – Collection Marabout Service

Photo de la Lune dans le ciel d’Arzon (56) – http://lesecritsdumacaron.hautetfort.com

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