HECATE, DEESSE LUNAIRE DU SCORPION
(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 29-10-2009
C’était la déesse des morts, non pas comme Perséphone, l’épouse de Pluton, mais comme présidant aux sortilèges et aux apparitions des fantômes. C’est elle qu’évoquent les magiciens ; elle est représentée tenant à la main des torches, accompagnée de juments, de chiens et de louves. Ses pouvoirs sont redoutables surtout la nuit, à la trouble lumière de la lune à laquelle elle s’identifie. On la représente souvent comme une femme à trois corps ou bien comme trois femmes adossées à une colonne. On l’adorait particulièrement dans les carrefours où se dressait son image.

Déesse lunaire et chthonienne, c’est-à-dire infernale, elle est liée aux cultes de la fertilité. Mais elle présente deux aspects opposés : l’un est bienveillant et bienfaisant puisqu’elle préside aux germinations et aux accouchements, tout en protégeant les navigations maritimes ; elle accorde la prospérité, l’éloquence, la victoire, les moissons et les pêches abondantes, elle guide vers la voie orphique des purifications. En revanche, un autre aspect est redoutable et infernal : elle est la déesse des spectres et des terreurs nocturnes… des fantômes et des monstres terrifiants… Elle est la magicienne par excellence, la maîtresse en sorcellerie. On ne la conjure que par des incantations, des philtres d’amour ou de mort.
Sa légende et ses représentations à trois corps et à trois têtes se prêtent à des interprétations symboliques de différents niveaux. Déesse lunaire, elle pourrait représenter les trois phases de l’évolution lunaire : croissance, décroissance et disparition, et les trois phases correspondantes de l’évolution vitale. Déesse chthonienne, elle relierait les trois étages du monde : les enfers, ici-bas, le ciel, et, à ce titre, était honorée comme la déesse des carrefours ; car chaque décision à prendre à un carrefour commande une direction horizontale vers l’un ou l’autre des niveaux de vie choisis.
Enfin, la magicienne des apparitions nocturnes symboliserait l’inconscient où elle voit s’agiter les fauves et les monstres : l’enfer vivant du psychisme, mais aussi réserve d’énergies à ordonner, comme le chaos s’est ordonné en cosmos sous l’influence de l’esprit.
Hécate était inconnue d’Homère, mais possédait un culte important en Béotie, la patrie d’Hésiode. Son ascendance reste obscure : Hésiode fait d’elle la fille de Coeos et de Phoebé, une Titanide qui garda ses privilèges après la chute des autres Titans. Mais son père peut être tout aussi bien Persès, ou Zeus/Jupiter lui-même, et sa mère a été souvent identifiée à la sœur de Léto, Astéria, la nuit étoilée, bien qu’elle passât souvent pour être la fille de Déméter ou de Phéraea. Certains auteurs en font la mère de Scylla qu’elle aurait eu avec Apollon.
Son association à Déméter a pour origine une croyance selon laquelle toutes deux veillaient à la fertilité du sol. Hésiode indique que Zeus respectait Hécate, dont le nom signifie « qui étend son pouvoir au loin » plus qu’il ne le faisait pour toute autre divinité, et qu’il lui accorda des pouvoirs sur la terre, la mer et le ciel. Cependant, comme divinité chtonienne, Hécate était particulièrement liée au royaume des Ombres. Elle présidait à la magie et Médée invoqua son aide pour accomplir ses sortilèges, à Colchos et à Corinthe. Les carrefours avaient un grand rôle dans les rites de magie, qui se pratiquaient très souvent à ces endroits ; Hécate, qui n’était pourtant pas identifiée à Artémis, était surnommée « l’Artémis des carrefours ». On la représentait avec trois têtes portant des torches et entourée de chiens aboyants.
Hécate présente deux aspects opposés : déesse protectrice liée aux cultes de la fertilité, accordant richesse matérielle et spirituelle, honneurs et sagesse, conductrice des âmes emportées par la tempête ; mais elle est aussi la déesse de l’ombre et des morts, suscitant cauchemars et terreurs nocturnes, symboles des désirs secrets ou refoulés de l’inconscient, ainsi que les spectres et les fantômes. Comme déesse des carrefours, elle reliait les enfers, la terre et le ciel. Comme magicienne et maîtresse en sorcellerie, elle faisait appel à tous les magiciens. Elle avait pour compagnes les Erinyes qui étaient la personnification des remords de conscience.
Hécate apparaît pour la première fois dans l’Hymne homérique à Déméter, composé spécialement en vue du culte mystérieux d’Eleusis, vers 610 avant Jésus-Christ. Elle y voit avec Hélios l’enlèvement de Perséphone par Pluton et aide Déméter à rechercher sa fille, la torche à la main. Elle l’emmène voir Hélios qui invite Pluton à rendre Perséphone à la lumière du jour. Elle y apparaît donc comme une divinité à caractère lunaire.
Dans la Théogonie d’Hésiode, prise en affection par Zeus, elle reçoit un pouvoir souverain sur la terre, la mer et le ciel, devient la déesse protectrice des orateurs populaires au sein des assemblées, donne la victoire au guerrier qu’elle choisit dans la bataille, s’assied auprès des rois au tribunal de justice, seconde la vaillance des athlètes, dirige les navigateurs sur les flots, protège les chasseurs, préside avec Mercure au bon état et à la multiplication des troupeaux et prend soin de la naissance et de la croissance des enfants. C’est progressivement qu’elle se retrouve associée à la face sombre de l’astre lunaire et se voit prêter des capacités de divinations et de sorcellerie. Elle devient donc liée à la lignée des magiciennes comme Médée et Circé. On la connaît aussi sous le nom de « déesse des Enfers ». D’ailleurs, les « Hécatées » étaient des fantômes qui se manifestaient pendant les fêtes de la déesse, mais se nommaient aussi ainsi les statues qu’on lui élevait le plus souvent aux carrefours.
La chrétienté n’a fait que mettre ses pas dans ceux des dieux anciens, elle investit les lieux de culte païens pour en faire des églises chrétiennes, ainsi à Assise où le Temple de Minerve est devenue l’église Santa Maria Sopra Minerva, c’est-à-dire Sainte-Marie-sur-Minerve, complètement dévastée à l’intérieur pour qu’y soit installé un autel baroque du plus triste effet…
ou bien encore l’une des basiliques de Rome, Santa Maria d’Aracoeli, Sainte-Marie-des-Hauts-Cieux, qui domine au sommet du Capitole et qui autrefois était le temple de Junon. Elle s’est d’abord appelée Sainte Marie du Capitole parce que située sur la colline capitoline de l’ancienne Rome, Campidoglio, et cela jusqu’au XIVe siècle où elle fut renommée.
La même chrétienté se réappropria les fêtes populaires païennes et ainsi les Saturnales devinrent les fêtes de Noël. Il en alla de même des innombrables fontaines des fées, celles-ci avait d’ailleurs supplanté les nymphes, et on plaça ces fontaines sous le haut patronage que quelques saints valeureux, aux pouvoirs miraculeux de guérisseur de tous les maux du corps et s’occupant de la fertilité des femmes.
Et pour finir, Hécate fut même chassée des carrefours et remplacée par des calvaires et autres oratoires.
Dans ces carrefours, notre époque y installe maintenant des giratoires et tout compte fait c’est peut-être ce qu’il y a de plus efficace pour notre sécurité, même si ça ne favorise pas vraiment le rêve et l’imaginaire.

En astrologie, Hécate symbolise la phase de la vieille lune, les quatre derniers jours de la lunaison. On dit que cette phase permet de réparer tout ce qui a été gâché dans les rapports avec les autres depuis la pleine Lune. La vieille Lune est signe de détente, de critiques positives : on analyse pour bien comprendre une situation. La vieille Lune nous rend plus enclins à faire des sacrifices. C’est pendant cette phase que nous sommes le plus disposés à accepter les nouveautés sans se poser de questions. Toutefois, les initiatives professionnelles prises pendant cette période se concluent assez mal à cause d’une organisation incohérente de l’activité. Il vaut mieux éviter d’accepter un rendez-vous dans le cadre d’une recherche d’emploi, car on risque de ne pas se présenter sous son meilleur jour. Les commerçants misent sur des acheteurs qui sont plutôt désargentés.
L’esprit d’entreprise ne fait pas défaut, mais il manque dans le travail une directive précise et, sans une personne capable de coordonner le tout, les projets ne seront pas réalisés.
Quant aux rencontres amoureuses qui se font pendant la phase de la vieille Lune, elle précède souvent une vie de couple sereine et heureuse, car les partenaires s’acceptent l’un l’autre. Toutefois, il arrive parfois qu’un sentiment irréel trompe les amoureux : leur rapport reste un rêve. Ils tombent amoureux de l’amour et non de leur partenaire. Ils se quittent après quelque temps, entre larmes et sourires, en promettant d’être toujours amis, mais sans jamais se revoir.
Cette phase de vieille Lune est également favorable pour la vie sociale car elle encourage les individus à accepter les idées nouvelles et à se montrer aimables et respectueux. Cette phase est également particulièrement indiquée pour les voyages. Si l’on part pendant ces quelques jours, seul ou accompagné, on vivra des moments pleins de découvertes inoubliables. Un voyage heureux est déterminé par un aspect astral particulier, mais la phase de la vieille Lune garantit des expériences de voyage positives. On peut dire que si l’on prévoit un bon voyage à cause de la position de certains astres, cette prévision est d’autant plus assurée si la période est celle de la vieille Lune. Si par contre les astres laissent prévoir un voyage fatiguant, grâce à l’influence positive de la vieille Lune, le voyage sera aventureux et la fatigue sera supportée avec un esprit positif et sportif.
Enfin, la Lune en Scorpion ou une Lune en aspect avec Pluton, ou même encore la Lune Noire, sont assimilées à Hécate. On dit que la Lune est en chute dans le Scorpion. Cette chute de la Lune est la racine du signe. Il s’agit bien de transformer toutes les influences maternelles, les émotions et les images liées à l’enfance qui nous ont permis de grandir, en une nouvelle croissance, libre de toute attache au passé. On passe de la magie de l’image et des apparences à l’essence invisible de la réalité, grâce à Hécate. Cette Lune Scorpion, ou colorée par Pluton, est la face sombre de la Lune et qui la porte dans son thème appréciera la profondeur et le mystère. Les femmes « Hécate », celles qui ont une Lune en Scorpion, ou en aspect avec Pluton, génèrent un grand magnétisme érotique. C’est un peu une femme-sorcière à l’image de Circé ou de Médée.
Il pourra s’avérer difficile pour elle de concilier cette puissance érotique avec le rôle maternel, tant elle fait preuve, même inconsciemment, d’une réelle intensité passionnelle, d’autant plus si elle sent sa fille devenir une rivale. Si vous êtes cette femme ayant la Lune en Scorpion, une forme de jalousie sexuelle a très bien pu intervenir dans votre relation avec votre mère au cours de votre enfance. Enfin de compte, à l’âge adulte, avec la Lune en Scorpion, il faut trouver l’honnêteté d’affronter les courants émotionnels souterrains de l’enfance, de manière à ne pas répéter les mêmes erreurs sans le vouloir. Pour une femme, la Lune en Scorpion est un des éléments constituant de la femme « vamp » pouvant avoir une attitude destructrice, c’est le type « mante religieuse », ou bien de la femme masochiste qui cherche l’autodestruction dans l’amour, ou plus simplement la femme érotique. L’homme qui a la Lune en Scorpion ou en aspect avec Pluton est plus ou moins porté vers l’un de ces types féminins, mais il peut simplement éprouver la peur d’une telle femme tout en la recherchant inconsciemment. Il peut aussi être en proie à des fantasmes plus ou moins obsédants, avoir une imagination morbide ou être à la merci d’une agressivité qui déchaîne des passions violentes, vécues ou sublimées.
Bibliographie
Dictionnaire de la Mythologie de Michael Grant et John Hazel – Collection Marabout – Editions Seghers
Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Collection Bouquins Robert Laffont/Jupiter
Les Pouvoirs de la Lune – E. Lukas – Editions De Vecchi Poche
Dans la tradition grecque, le Scorpion est le vengeur d’Artémis (Diane chez les Romains), vierge chasseresse éternellement jeune, type de la jeune fille farouche. Offensée par Orion qui tentait de lui faire violence, la déesse le fit piquer au talon par un scorpion. Pour ce service, le Scorpion fut transformé en constellation : Orion aussi fut expédié au ciel et devint constellation. On dit en conséquence qu’Orion fuit constamment le Scorpion. Le Scorpion apparaît ici comme l’instrument de la justice vindicative.
Charon et Psyché





le raifort, 

, ou bien le stelitzia
, entre l’oiseau et l’arme de jet…















l’écureuil


ou le serpolet


ou bien l’agate 

Et si c’était un objet de collection : ce serait des boîtes, des assiettes anciennes, des porcelaines et… des collections de collections…


C’est une plante annuelle herbacée dont la tige peut atteindre jusqu’à 1,5 mètre. Les fleurs peuvent être blanches, mais elles sont le plus souvent lilas (rose sale), avec un centre violet foncé. La capsule, ronde et grosse, contient de très nombreuses graines.
L’image de la capsule du pavot fut un attribut des dieux, bien avant que l’opium soit extrait de son latex laiteux. Si vous visitez le Metropolitan Museum de New York, dans la galerie des reliefs assyriens, on remarque une divinité ailée provenant d’un palais d’Assurnazirpal II à Nimrud, datée de 879 avant Jésus-Christ. Elle porte un bouquet de capsules de pavot, que le musée qualifie étonnamment de « grenades ».

Ces graines sont souvent utilisées en cuisine dans les pays d’Europe Centrale et d’Europe de l’Est. Elles servent à aromatiser les pains et les pâtisseries. Ce pain de pavot est consommé couramment dans les régions slaves et germaniques, mais également en Alsace. Souvent, on les écrase et on les cuit dans du lait et du miel pour en fourrer des gâteaux. 






Le crabe qui figure le signe du Cancer représente le monde clos, utérin. La carapace qui protège la vie des tumultes extérieurs et permet à chaque naissance de s’accomplir dans les meilleures conditions. Le Cancer est parfois représenté par une écrevisse.

Le signe a toujours été en rapport avec la fécondité. Pour les Anciens, les âmes non encore incarnées venaient de la Voie Lactée : elles franchissaient « un portail » au Cancer. On appelait ces âmes «les abeilles» et cela se produisait dans la Constellation de la Ruche, dont le terme le plus ancien était «la progéniture».


un chat, ou… une grenouille, ou bien… un marsouin.

le pavot bien sûr, fleur du sommeil, fleur du rêve.



