DANS L’HERBIER DES GEMEAUX… LE LIN

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 12-06-2017

Le lin avec le chanvre, venu comme lui d’Asie centrale, est le plus ancien de nos textiles. On l’a cultivé depuis la plus haute Antiquité en Orient, en Egypte et dans toute l’Europe et, même s’il a été détrôné ensuite par le coton et les fibres synthétiques, il a marqué à jamais notre vocabulaire en nous donnant les mots : linge, linceul, linon, linotte, linoléum…

EGYPTIENS RECOLTANT LE LIN

Egyptiens récoltant le lin

Le lin est une espèce de plantes dicotylédones de la famille des Linaceae. C’est une plante herbacée annuelle autogame, largement cultivée pour ses fibres textiles et ses graines oléagineuses. Il existe dans le monde environ 200 espèces de lins dont la plupart sont sauvages et pérennes. Depuis des milliers d’années, les peuples d’Asie Centrale, les Egyptiens, les Grecs et les Gaulois ont favorisé le développement d’une espèce nommée « usitatissimum ». La plus ancienne fibre au monde est celle du lin trouvé dans la grotte de Dzudzuana en Géorgie remontant à 36 000 ans.

Le berceau de la domestication du lin est incertain mais c’est sous l’Egypte des pharaons que l’usage du lin a commencé à se développer. Sa production, attestée il y a plus de 6 000 ans, servait à confectionner vêtements, tissus funéraires, voiles de bateaux, cordages ou filets. Les graines étaient consommées pour leurs qualités nutritives. La culture du lin a ensuite essaim de proche en proche au cours de l’époque néolithique, jusqu’à l’Europe, grâce aux navigateurs phéniciens.

CHAMP DE LIN

Champ de lin

En France, les Gaulois auraient cultivé le lin dans la vallée de la Lys bien avant la conquête des Gaules par Jules César. Le lin a été introduit par Charlemagne. Il fait partie des plantes dont la culture est recommandée dans les domaines royaux dans le capitulaire De Villis, fin du VIIIe ou début u IXe siècle, e c’est à partir du XIe siècle que son utilisation s’est généralisée. La Tapisserie de Bayeux est l’exemple le plus célèbre de la présence du lin à cette époque.

En ces temps reculés, le lin était considéré comme une plante magique, associée à la magie blanche. Au XIIIe siècle, l’Ecole de Médecine de Salerne indique que « rôties, les graines de lin sont diurétiques et apéritives ».

Au XIIIe siècle, sa culture se développe dans les Flandres, la Bretagne et l’Anjou. Entre le XVIe siècle et le début du XXe siècle, se met en place un commerce de semences de lin entre la Livonie, territoire des Etats baltes actuels, et la Bretagne.

L’utilisation du lin atteindra son apogée au XVIIe siècle. Il entrait dans la fabrication des toile fines de Cambrai, des toiles dites « Bretagne superfine », des dentelles comme celles du point d’Alençon, des blouses, des chemises, des mouchoirs. Les surfaces cultivées ont atteint 300 000 hectares, avec un rendement de 600 kg de fibres par hectare. Louis XIV, par l’abolition de l’édit de Nantes, entraîne l’exil de nombreux huguenots qui avaient emporté avec eux leur savoir-faire de la liniculture en Irlande, avec son berceau Lisburn, en Suisse ou aux Pays-Bas. L’importation de grands volumes de coton a vu cette fibre remplacer progressivement le lin au cours du XVIIe siècle. A la fin de ce siècle, 18 % des fibres textiles étaient en lin, 78 % en laine.

Au début du XIXe siècle, c’est Philippe de Girard qui, avec son invention de la machine à filer le lin, permit au nord de la France de devenir l’un des premiers centres de filatures industrielles d’Europe, comme avec la batiste originaire de Cambrai. C’est donc au XIXe siècle, que la filature et le tissage sont entrés dans l’ère de l’industrialisation. En France, les petits lots produits dans les fermes ne convenaient plus aux industriels et les surfaces de lin ont chuté à 100 000 hectares. Ce déclin a été accentué par l’utilisation intensive du coton. La production française n’était plus que de 20 000 ha avant 1945.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’arrivée en France d’agriculteurs belges a relancé la culture du lin et les surfaces cultivées ont atteint 50 000 ha. Les décennies suivantes ont vu l’apparition de la mécanisation agricole et la création variétale ainsi que le perfectionnement du teillage. Aujourd’hui, en France, la culture représente entre 55 000 et 75 000 ha selon les années.

GRAINES DE LIN

Graines de lin

Et puis, il y a la graine de lin qui intéresse la médecine. Elle intéresse aussi l’industrie qui en tire une huile siccative utilisée pour la fabrication de peintures et de vernis, mais aussi des objets comme des sondes, des instruments de chirurgie, en gomme élastique comme le linoléum. La graine de lin est aussi brune que les fleurs sont bleues.

La graine de lin est indiquée dans toutes les affections inflammatoires des voies digestives et urinaires : gastrite, entérite, cystite, ainsi que contre la constipation : faire macérer 15 à 20 grammes de graines de lin dans un litre d’eau froide pendant six heures, ou mieux encore toute la nuit. Passer puis à boire un verre le matin à jeun, et 4 ou 5 tasses au cours de la journée, entre les repas. Il est déconseillé d’absorber les graines elles-mêmes comme on le préconise souvent car elles risquent de provoquer une éventuelle obstruction intestinale.

Une autre recette, plus agréable au palais, consiste à verser un demi-litre d’eau bouillante sur 15 grammes de graines et 8 grammes de morceaux de réglisse, à couvrir et à laisser macérer deux heures ; passer et boire, loin des repas de préférence, en sucrant au miel.

Par ailleurs, une décoction légère composée de 50 grammes de graines pour un litre d’eau qu’on laisse bouillir à peine deux minutes, s’emploie en lotions contre les dartres, les prurits, l’eczéma. Ajoutée à l’eau du bain, elle adoucit la peau et exerce une action calmante sur les sujets nerveux.

Les cataplasmes de farine de lin obtenue en broyant les graines sont indiqués contre les inflammations internes (bronchite, névrite, entérite, douleurs musculaires et articulaires, contusions), ou externes (furoncles, abcès, anthrax, irritations de la peau). Il est préférable de procéder soi-même à cette opération pour être certain que le produit est frais et ne provoquera pas d’éruptions cutanées dues à sa fermentation, laquelle donne de l’acide cyanhyrique. Ces cataplasmes se préparent en versant peu à peu de l’eau bouillante, tout en remuant, sur la farine placée dans une assiette creuse jusqu’à l’obtention d’une pâte onctueuse que l’on étale en couche d’un centimètre d’épaisseur sur une mousseline. Ces cataplasmes doivent, sauf indication spéciale, s’appliquer tièdes et non « aussi chauds qu’on peut le supporter ».

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Bibliographie

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul

 

 

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