LA BALANCE : UNE HISTOIRE DE COUPLE

(5.2 -Ballade à travers les signes) par sylvietribut le 25-09-2009

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 - Son graphisme                

 La Balance ouvre un second cycle zodiacal. Son graphisme est double, comme celui du Cancer qui ouvrait le cycle précédent. A la différence du Cancer, les deux traits sont horizontaux. Le trait inférieur représente un principe matériel, le trait supérieur, un principe spirituel. Les deux plateaux et le fléau président à la destinée de l’homme qui doit harmoniser ces deux tendances pour trouver son équilibre. Le graphisme de la Balance rappelle celui du signe mathématique  » à peu près égal.

A l’origine le signe de la Balance faisait partie de la constellation du  Cancer et ce sont les pinces du Cancer qui forment maintenant les plateaux de la Balance. Septième signe du Zodiaque, la Balance représente l’ouverture de la personnalité sur le monde extérieur : une promesse de l’Autre. N’est pas Balance qui s’imagine seul.

La Balance, c’est comme la hifi, un problème de répartition des énergies. En réalité quand le Soleil est en Balance, la durée des jours est sensiblement égale à la durée des nuits. La Balance est ainsi un signe d’indifférence et de justice : équilibre délicat de la sensibilité et de la raison, du jugement et de la décision. 

La Balance est connue en tant que symbole de la justice, de la mesure, de la prudence, de l’équilibre parce que sa fonction correspond précisément à la pesée des actes. Associée à l’épée, la Balance est doublée de la vérité.

 

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Avec la Balance, on aborde l’équinoxe d’automne. Les mouvements des plateaux de la balance, comme ceux du Soleil dans le cycle annuel, correspondent au poids relatif du yin et du yang, de l’obscur et de la lumière. La flèche, lorsque les plateaux sont en équilibre (équinoxe), ou l’épée qui s’identifie à elle, est le symbole de l’invariable milieu. L’axe polaire qui les représente aboutit à la Grande Ourse que la Chine ancienne nommait Balance de Jade. Parfois cependant les  deux plateaux de la balance céleste étaient figurés par la Grande et par la Petite Ourse.

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D’après le Livre des Morts égyptien, on imagine la psychotasie, une pesée des âmes : dans les plateaux de la balance, d’un côté un vase, signifiant le cœur du mort, et de l’autre la plume d’autruche signifiant la justice et la vérité.

La Balance symbolise la justice : le poids comparé des actes et des obligations. Elle est gouvernée par Vénus-Aphrodite : la beauté, l’harmonie, l’amour qui a inspiré nombre d’artistes.

-       Ses mythes

La  Balance comme symbole de jugement n’est qu’une extension de l’acceptation de la justice divine. Dans l’Egypte ancienne, Osiris pesait les âmes des morts.

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Dans l’iconographie chrétienne, la balance est tenue par Saint Michel, l’archange du Jugement. Cette balance du Jugement est aussi évoquée dans le Coran.

Au Tibet, les plateaux de la balance destinée à la pesée des bonnes et des mauvaises actions des hommes sont respectivement chargées de cailloux blancs et de cailloux noirs.

En Perse, l’ange Rashnu, placé près de Mithra, pèse les esprits sur le pont du destin. Un vase grec représente Hermès pesant les âmes d’Achille et de Patrocle.

Recouvrant les notions de justice, de mesure et d’ordre, la Balance, chez les Grecs, est représentée par Thémis qui régit le monde selon une loi universelle. D’après Hésiode, elle est fille d’Ouranos (le ciel) et de Gaïa (la Terre) et donc de la matière et de l’esprit, du visible et de l’invisible. Elle apparaît dans l’Iliade  comme symbole du destin comme en témoigne le combat d’Achille et d’Hector.

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Thémis, la déesse de la Justice

La notion de destin entraînant celle du temps vécu, on comprendra que la Balance soit également l’emblème de Saturne ou de Chronos.

Mais c’est d’abord Vénus qui a son domicile dans le signe de la Balance. Vénus est née de l’écume de la mer qui s’amassa autour des organes génitaux d’Ouranos lorsque Saturne les jeta dans les flots. Ouranos est le dieu qui engendra le monde. Vénus est donc la fille du Ciel. Elle surgit nue, chevauchant une conque, dans une eau qui lui faisait miroir. Tous s’accordaient à dire qu’elle volait dans les airs, accompagnée de colombes et de moineaux.  

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Botticelli – La naissance de Vénus – Galerie des Offices à Florence

Les Parques avaient assigné à Vénus un unique devoir divin : aimer. Elle portait une ceinture magique qui rendait tout le monde amoureux d’elle, mais elle ne la prêtait pas facilement aux autres déesses. Elle avait une conduite assez légère, elle eut beaucoup d’amants : Mars, Dionysos, Poséidon, Hermès, Anchise, Adonis.

Autre mythe Balance, c’est la légende de Psyché qui l’illustre : cette histoire de la conquête de l’amour d’Eros par la belle Psyché, à travers toute une série d’épreuves. C’est encore Orphée qui perdit son Eurydice.

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Orphée et Eurydice

C’est Antéros, fils de Mars et de Vénus, enfant de l’amour, enfant d’un couple adultère et passionné. C’est Pyrame et Thysbé, ou la première version de Roméo et Juliette.

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C’est ce vieux couple, Philémon et Baucis, qui ne désirent qu’une chose ne pas connaître la douleur d’être le survivant de l’autre. Jupiter et Mercure exauceront leurs vœux, ils seront changés en arbre à un seul tronc et seront à jamais tendrement enlacés.

Un autre mythe peut être retenu comme évocateur du signe, Pygmalion et Galatée, le sculpteur et sa statue.

 

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                                               Il Bronzino – Pygmalion et Galatée

          - Sa psychologie

Signe Positif, c’est un signe d’extraversion. Mais parce que c’est le signe de l’équinoxe, la nature s’équilibre entre l’introversion et l’extraversion. Parfois, la personne penchera vers des valeurs intérieures. Introvertie, elle cherchera à faire profiter les autres de son équilibre interne. Sa nature se manifestera par un certain détachement pour elle-même, elle pourra être portée à la méditation. Soit, elle penchera vers des valeurs extérieures ; extravertie, elle se manifestera auprès des autres dans la spontanéité et l’appel de la vie. Mais quelque soit l’expression de son comportement, elle cherchera toujours le juste milieu pour la concorde et la paix.

Pesant le pour et le contre des idées, elle raisonne par intuition et marque une certaine indépendance d’esprit dans le secteur intellectuel. Quand le fléau est au point médian, chaque plateau a le même poids que l’autre : l’être sait se mettre à la place de l’autre pour le comprendre. La Balance, c’est l’intelligence du cœur.

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Signe Cardinal : la Balance inaugure une nouvelle saison, l’automne, comme le Bélier inaugure le printemps. Opposés sur le zodiaque, ils n’en sont pas moins complémentaires.

Le cercle zodiacal est une entité dont les parties ne s’excluent pas les unes les autres, bien au contraire, elles correspondent entre elles, n’étant chacune que l’application d’un même principe énergétique sous une forme symbolique différente. Chaque partie ne se comprend que par rapport aux autres, cela est d’autant plus éloquent entre deux signes dits opposés.

Cardinaux tous les deux car ils inaugurent une saison, ils sont animés par une même énergie qui est celle de l’élan ou d’un mouvement en avant :

- l’élément Feu se traduira chez le Bélier dans l’action : comme l’élan vers de nouvelles entreprises ;

- l’élément Air se traduira chez la Balance dans les échanges : comme l’élan vers de nouveaux contacts.

Aux valeurs d’engagement symbolisées par la tête chez le Bélier correspondent des valeurs d’équilibre, symbolisées par les reins, chez la Balance.

Le Feu et Mars poussent le Bélier vers des impulsivités qui peuvent être parfois brutales, l’Air et Vénus donnent à la Balance l’art des compensations harmonieuses. Leurs énergies polaires sont complémentaires et nécessaires au cycle de la vie : le Bélier fonce et rompt, la Balance rétablit l’équilibre rompu. 

L’Air est l’élément de la Balance : élément d’échanges, de mobilité et de diffusion. Il se particularise en Balance. Entre l’Air mutable des Gémeaux (le vent, les échanges par la pensée, le lien par la camaraderie) et l’Air fixe du Verseau (le ciel limpide de l’hiver : le lieu de l’âme, l’aboutissement fraternel) se situe l’Air cardinal de la Balance où l’être a plutôt tendance à juger au travers de ses sentiments.

L’Air de la  Balance ressemble à ce ciel où les nuages s’attirent les uns vers les autres, poussés par le vent d’automne : la Balance éprouve un irrésistible élan vers les autres qui peuvent influencer son orientation. Sa fonction psychologique principale est le sentiment. Elle peut manquer de sens discriminatoire, par une trop grande adaptation au groupe, au milieu dans lequel elle évolue. Ses émotions sont d’ordre esthétique, elles ne reposent pas sur un jugement rigoureux mais sur le beau ou le bien du moment.

La caractérologie en fait un primaire actif sanguin (si Vénus domine le thème) ou un nerveux (si Saturne est dominant) : suivant les cas, le sanguin sera extraverti, le nerveux sera introverti.

La partie du corps correspondant à la Balance sont les reins. Ce sont deux glandes qui, par l’élimination, assurent l’équilibre entre l’intérieur et l’extérieur. 

Si la Balance était

Un animal, ce serait une biche biche-faon qui symbolise la qualité d’âme opposée à l’agressivité dominatrice… tourterelle-turque Une tourterelle, symbole de la fidélité conjugale dans la tradition chrétienne…  

 

Et si c’était un oiseau… Ce serait un rossignol, rossignol_philomele05le chantre de l’amour, mais aussi le martin-pêcheur martin-pecheur qui vole en couple et qui est, pour les Chinois, symbole de fidélité et de bonheur conjugal. Sensibles à leur beauté, ils opposent leur noblesse et leur délicatesse à la vulgarité des oiseaux bavards.  

Si c’était un arbre… palmier ce serait un palmier.  Une plante…  glycine de la glycine.

Une fleur… reseda_white_mignonette le réséda, le camélia camelia et bien sûr…          la rose rose-rouge et ses messages d’amour.

Si la Balance était un parfum, ce serait le jasmin jasmin ou le nard  le-nard qui entre dans la composition du Paradis où s’épanouit l’amour, comme l’évoque le Cantique des Pères de l’Eglise.

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 Si c’était un condiment… ce serait de l’estragon

 

Si c’était un métal… ce serait du cuivre pepite-de-cuivre  ou du platine pepites-de-platine

Sa saveur est suave.

Ses couleurs sont : le rose, le bleu pervenche, le vert Nil et le turquoise. 

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Sa pierre est le saphir bleu des bagues de fiançailles.

Et si c’était un instrument de musique… ce serait un violon violon2

Un objet de collection … des instruments anciens, merlante_base_santorini_nott des tableaux,  

des objets en écaille peigne-en-ecaille  des oiseaux peints oiseau-peint des meubles Louis XV  dos-dane-louis-xvcomme un dos d’âne…

 

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HERBES DE LA SAINT-JEAN : LES ARMOISES

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 25-06-2009

Herbe de Feu, Herbe sainte, Herbe de Saint-Jean, Couronne et Ceinture de Saint Jean, Herbe aux cent goûts, Sanguenitte, Serpentine, Absinthe sauvage, Artémise, Tabac de Saint Pierre, tels sont les noms dévolus à l’Armoise.

Dans les « Secrets du Grand Albert », l’un des plus célèbres grimoires de sorcellerie, l’armoise est décrite comme une plante extraordinaire : « Celui qui a soin d’avoir sur lui cette herbe ne craint point le mauvais esprit, ni le poison, ni l’eau, ni le feu, et rien ne peut lui nuire. De plus, si l’on en tient dans sa maison, le tonnerre ne tombera point dessus, ni aucun air venimeux ne l’infectera pourvu que l’on la mette à l’entrée ». 

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Le Moyen Age faisait de l’armoise l’une des composantes de philtres destinées à « dénouer l’aiguillette » et la recommandait pour les cérémonies du solstice d’été. Les jeunes qui dansaient autour des feux allumés en l’honneur de Saint Jean portaient des guirlandes d’armoise sous forme de couronnes ou de ceintures qu’ils jetaient ensuite sur les flammes afin d’être immunisés contre toute maladie dans l’année à venir.

Pline, décrivant la plante dans son « Histoire Naturelle », conseille au voyageur d’en porter un rameau sur lui, suggestion que l’on retrouve dans le dicton français : « Qui portera armoise par le chemin ne se sentira jamais las ».

Mais l’armoise, absinthe sauvage, l’Artemisia des Anciens, est selon Hippocrate et Dioscoride la plante féminine par excellence. Dans son ancienne utilisation médicale, l’armoise (Artemisia vulgaris) facilitait les accouchements et régularisait le cycle menstruel. Surtout elle se partageait avec l’absinthe (Artemisia absinthium), l’herbe sainte, la capacité de faire venir les règles lorsqu’elles se faisaient attendre !

Armoise et absinthe furent pendant des siècles en Europe les plantes secrètes qui permettaient aux femmes de ne pas vivre dans une misère honteuse ; leur pouvoir abortif les a fait utiliser dans ce but par le peuple jusqu’au siècle dernier. Jadis, le 1er mai, un jeune homme amoureux et honnête qui offrait à son élue un bouquet d’absinthe voulait signifier par son geste qu’elle aurait tort de refuser ses propositions.

Grecques et Romaines se servaient aussi de l’armoise pour régulariser le cycle menstruel des adolescentes et surtout pour combattre les troubles de la ménopause ; cette tradition toujours vivace dans le monde anglo-saxon où l’armoise se nommait autrefois « motherwort », « plante favorable aux mères », et l’absinthe « the old woman », « la vieille femme ». Gaulois et Gauloises se ceignaient la taille de rameaux d’absinthe, les uns pour lutter contre les rhumatismes, les autres pour faire venir les règles. L’absinthe maritime (Artemisia maritima) porte en français le nom de « saguenitte » et, aussi, celui de « barbotine ».

estragon1Si l’estragon, qui fait partie des fines herbes, joue un rôle important dansnotre cuisine, il n’en est pas moins une armoise, « Artemisia drancunculus », « le petit dragon », la « serpentine » comme on l’appelle vulgairement. L’estragon, originaire de Sibérie, fut introduit en Espagne par les Maures au XIIIe siècle, comme une plante excitant les humeurs et tonifiant l’estomac et le coeur. Mais une autre de ses vertus était, d’après les médecins arabes, de « faire venir les mots aux femmes ». Enfin, elle servait d’antidote au venin des serpents.

 Une autre Artemisia connue pour chasser les serpents est l’aurone (Artemisia Abronatum), la « citronnelle » au parfum rafraîchissant, quasiment vénérée en Grèce antique, sous le nom « d’abronoton », porteuse de bonheur, de prospérité et proche des divinités immortelles. On attribue à cette plante introduite en Europe occidentale vers le XVe siècle, un grand pouvoir euphorisant et aphrodisiaque. En effet, si l’absinthe et l’armoise sont des plantes féminines, l’aurone passe pour masculine. En vieil anglais, elle est appelée « the old man », « le vieil homme » et, en allemand « Eberraute » ou « Eberreis », « Eber » étant le « sanglier mâle ».

Enfin, les différents types de génépis (Artemisia glacialis, Artemisia Laxa, ou Mutellina, etc.), plantes de haute montagne, auraient les vertus, concentrées, des armoises. Stimulantes et énergétiques, fébrifuges et emmanogogues, les génépis entrent dans la composition des onguents antiseptiques et restent la base des liqueurs et macérations savantes inventées autrefois par les moines, tel le célèbre « élixir du révérend père Gaucher », rendu célèbre par Alphonse Daudet dans « Les Lettres de Mon Moulin ».  

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Différentes par leur aspect et par leur utilisation, les diverses armoises ont toutes l’appellation générique latine Artemisia, parce qu’elles étaient toutes dédiées, dans l’Antiquité, à Artémis, déesse grecque de la Chasse, de la Chasteté, divinité lunaire, soeur jumelle d’Apollon (le soleil), entourée d’infatiguables hordes vierges. Elle porte un croissant de lune dans ses cheveux. En grec, Artemisia signifie « intégrité » et, par extension, « santé », et cette déesse farouche, maîtresse des fauves, les chasse mais les protège aussi des hommes destructeurs des équilibres naturels.

artemis-soeur-dapollonArtémis, vierge par conviction, haïssant Vénus et l’amour sexuel, est pourtant la protectrice du genre féminin. Sa préférence va certes aux vierges et aux fillettes impubères, étant en Orient la patronne des Amazones, ces femmes révoltées contre la domination masculine. Mais Artémis facilite aussi les accouchements et veille sur la santé des jeunes mères, ce qui n’est pas contradictoire avec la volonté de chasteté de la déesse. Car héritière des vertus de l’ancienne déesse de la Nature, la Terre-Mère, elle étend les aspects « féministes » de son action à l’ensemble des femelles dont dépend la reproduction des bêtes et des humains.

Peut-on supposer une relation de cause à effet entre les fêtes traditionnelles du 1er mai, qui ouvraient la période des rencontres amoureuses des jeunes et l’action abortive des armoises dont l’utilisation était rituelle le jour de la Saint-Jean, date fatidique pour la constatation empirique des grossesses indésirables ?

En Extrême-Orient, l’armoise était, et demeure, considérée comme dotée de vertus purificatrices. Il est de fait qu’en Chine, comme en Europe, on a utilisé ses propriétés emménagogues et antihelminthiques, les unes et les autres en rapport avec des formes d’impureté.

Le bouillon d’armoise était consommé rituellement à la fête du 5e jour du 5e mois. Des figurines d’armoise (hommes ou tigres) étaient suspendues aux portes, d’ailleurs cette pratique ne semble pas totalement abandonnée, afin de purifier les maisons des influences pernicieuses et de les protéger contre la pénétration de celles-ci. Des flèches d’armoise étaient tirées contre le ciel, la terre, et les quatre orients pour éliminer les influences néfastes.

Plante odoriférante, l’armoise était en outre mêlée à la graisse des victimes sacrificielles, car l’élévation des vapeurs parfumées est un moyen de communication avec le ciel. Elle fait partie de la famille des composées. Plante herbacée vivace, légèrement odorante, ressemblant à l’absinthe, elle pousse dans les décombres, les lieux incultes. On la rencontre dans toute l’Europe, mais aussi en Afrique du Nord et en Amérique. En France, elle est connue et on en trouve partout, sauf dans le Sud-Ouest. Elle mesure 80 cm environ, mais elle peut parfois atteindre deux mètres. Elle est en fleur de juillet à septembre.

Ses feuilles ainsi que les sommités fleuries sont utilisées en infusion. On peut en boire deux à trois tasses par jour, à raison d’une cuillerée à soupe par tasse à thé d’eau bouillante. On laisse influser et il est préférable de sucrer, avec du miel par exemple, car c’est amer. On peut en faire une cure 10 jours avant la  date présumée des règles et arrêter ensuite car un usage prolongé peut avoir des répercussions tant sur le système nerveux, que sur le plan rénal, hépatique ou pulmonaire. Toutefois, cette même infusion prise avant le déjeuner et le dîner est préconisée en cas de manque d’appétit, de digestion difficile ou de troubles circulatoires. Elle est aussi considérée comme un très bon vermifuge et ferait même tomber la fièvre. Son action est également antispasmodique et sédative. C’est un médicament contrela diarrhée chronique, les vomisssements nerveux.

Un chirurgien royal utilisait, dit-on, l’armoise pour soulager de la goutte son auguste patient. Sa recette : il faisait bouillir une poignée d’armoise dans ¼ de litre d’huile d’olive jusqu’à réduction du tiers, puis appliquait deux fois par jour cet emplâtre sur la partie malade.

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Bibliographie :

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Chez Robert Laffont 

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