UN DROLE D’ASTROLOGUE… LE FAKIR BIRMAN

(6.5 - Biographie d'Astrologues célèbres) par sylvietribut le 16-03-2014

C’était là le pseudonyme de Charles Fossez qui fut sans conteste l’astrologue le plus connu des années trente, même si, dans leur grande majorité, les astrologues sérieux mirent en doute ses connaissances astrologiques pures. Doté d’un extraordinaire sens des relations publiques et de la publicité, il fit sortir l’astrologie sur la place publique. Lorsqu’il prit sa retraite après sept années d’activité, il avait été consulté par 502 000 clients, soi un Français sur quatre-vingts.

ALMANACH DU FAKIR BIRMAN 

L’Almanach du Fakir Birman

C’est le 15 janvier 1932 que Birman s’installa dans un petit local situé dans le IXe arrondissement de Paris et consacra le reste de son petit capital à faire publier dans les journaux, sous le portrait stylisé d’un fakir enturbanné et barbu, le slogan qui allait le rendre célèbre : « Fakir Birman, 14 rue de Berne. Dans l’ennui, venez à lui ». Aujourd’hui, cela paraît banal, mais à l’époque on n’avait jamais vu d’astrologue faire de la publicité dans la presse au point que plusieurs journaux refusèrent de passer l’annonce.

Aussitôt la clientèle afflua et l’une de ses premières consultantes lui valut sa notoriété. Il s’agissait d’une femme que son mari, chef d’orchestre, trompait avec une violoniste. Birman, habile à faire parler sa cliente, lui fit part de ses doutes et fit semblant d’en trouver la confirmation dans la carte du ciel. Le mari l’apprit et, sans se soucier du ridicule, le poursuivit en justice pour « trouble de jouissance ».

LA PLAIDOIRIE DE DAUMIER 

La plaidoirie – Dessin de Daumier

L’astrologue prit comme avocat Me Théodore Valensi, un ténor du barreau, qui le fit acquitter. Les attendus du Président Massé firent rire tout Paris. Comparant le mari à Adam, « prompt au péché », l’épouse à Eve, « perpétuelle curieuse qui veut tout savoir, même ce qui est caché  aux mortels », il concluait : « Attendu que Dieu n’a pas cru devoir condamner le serpent, j’agis de même, relaxe le fakir et condamne le chef d’orchestre aux dépens ».

MES SOUVENIRS ET MES SECRETS DU FAKIR BIRMAN

Profitant de sa soudaine célébrité de premier astrologue à avoir vu ses prédictions confirmées par un arrêt de justice, Birman devint une personnalité mondaine. Invité à faire une exhibition au cours d’une vente de charité qui avait lieu salle Wagram, il eut l’idée de dresser publiquement un horoscope, enfermé dans une cage de fauves au milieu d’une centaine de rats affamés. Cependant, à la suite d’une fausse manœuvre, une trappe s’ouvrit inopinément et les rats semèrent la confusion dans le public. Le scandale fut énorme ce qui ajouta à la notoriété du fakir. Maurice Chevalier chantait : « Mois, j’suis l’fakir » au Casino de Paris, Ray Ventura « Ainsi disait le fakir » et Pierre Dac jouait un sketch intitulé « le Fakir ». Birman donna alors libre cours à son génie de la publicité. Il distribuait des primes aux coureurs des Six Jours, suivait le Tour de France cycliste, distribuant le long des routes un million d’enveloppes contenant chacune un horoscope et un billet de loterie. Son effigie se voyait partout : sur le rideau de scène du théâtre de l’Empire, sur un quart de page du Journal Gringoire, etc…

L’apogée de sa carrière fut atteint lors de l’Exposition universelle de 1937, quand les organisateurs lui concédèrent un « pavillon des sciences conjecturales » de quatre cents mètres carrés.

LES GAINES ET CORSETS DU FAKIR BIRMAN 

Au fil des années, le fakir Birman s’était enrichi. Traîné devant les tribunaux en 1939 par l’Administration des Finances, il fut condamné à de fortes amendes et, la guerre étant survenue, il abandonna ses activités, finissant ses jours comme industriel, fabricant de gaines et de corsets. Après lui, l’astrologie commerciale ne fut plus ce qu’elle avait été de son temps, cantonnée dans une semi-clandestinité. Et on peut dire que c’est à cause de lui, en particulier, que les journaux prirent l’habitude de publier des horoscopes.

A l’époque de sa gloire, des chaînes de radiodiffusion de province lui avaient demandé de faire des causeries de trois minutes sur les divers aspects des sciences occultes, ce qui donna l’idée au Poste parisien de diffuser chaque matin l’horoscope du jour, idée reprise pour la première fois dans l’Histoire de la Presse écrite par le quotidien « L’Intransigeant ».

SUICIDE DU FAKIR BIRMAN

Et tout compte fait, malgré une vie bien remplie, le Fakir Birman s’est suicidé par pendaison. Malheureusement, la suite de l’article et la page 4 ne sont pas reproduites…

ARCANE XII DU TAROT - LE PENDU

Le Pendu – Arcane XII du Tarot 

Bibliographie

Dictionnaire de l’Astrologie – Jean-Louis Brau – Editions Larousse

 

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