QU’EST-CE QUE L’INTERCEPTION D’UN SIGNE OU D’UNE PLANETE

(5.1 - Généralités) par sylvietribut le 15-02-2015

Un signe est dit intercepté lorsqu’il se trouve placé, tout entier, entre les cuspides de deux Maisons sans avoir de lien particulier avec l’une ou l’autre. Si ce signe contient une ou des planètes, celles-ci sont dites elles aussi interceptées.

L’interception est considérée comme une indication de faiblesse. Elle signifie que l’activité d’une planète est plus subjective ou psychologique et qu’en conséquence les activités qu’elle gouverne sont plus difficiles à déterminer et à soumettre à une direction consciente.

THEME ASTRAL JACQUES CHIRAC

Le Thème de Jacques Chirac présente les Poissons interceptés en Maison I et la Vierge interceptée en Maison VII Mars, Neptune et Jupiter sont dites interceptées en Maison VII

glyphe du Sagittaire 2

Dans un thème, toute Maison qui intercepte un signe va poser problème au propriétaire du thème dans le domaine que la Maison concerne.

                Exemple :

Maison VII en Verseau, interceptant les Poissons, pour se terminer en Bélier, suggère que tout ce qui sera de l’ordre de la relation aux autres, à l’autre, que ce soit en matière d’union, d’association, de mariage, présentera un problème quelconque dans la vie de la personne ceci d’autant plus fortement que les Maîtres de cette Maison (Uranus ou Saturne pour le Verseau et Jupiter ou Neptune pour les Poissons seront difficilement configurés dans le thème). Il en ira de même pour la planète contenue dans cette Maison, surtout si elle est en conflit avec une autre planète du thème. Voilà qui pourrait augurer de graves problèmes dans les relations, dont l’union et le mariage.

Comme il est dit que dans un thème tout ce qui est en haut et comme ce qui est en bas, si la Maison VII d’un thème intercepte les Poissons, l’Ascendant se trouve lui-même interceptant un signe, à savoir la Vierge car dans ce cas nous sommes en présence d’un Ascendant Lion.

La tradition accorde une influence négative à la Maison qui comporte un signe intercepté. Car le ou les symbolismes de ce signe ne peuvent pas trouver leur libre expression. Toutefois, ce n’est pas aussi négatif qu’on l’imagine.

C’est l’heure de naissance qui permet de déterminer la cuspide des douze Maisons du thème. Si par exemple l’Ascendant en cuspide de la Maison I se trouve dans les tous derniers degrés du signe du Scorpion, on peut penser que le symbolisme agressif, ombrageux et secret du Scorpion, le VIIIe signe du zodiaque, n’aura qu’un faible impact sur le caractère et cela d’autant plus si le Sagittaire est occupé par plusieurs planètes dont le Soleil. En effet, dans ce cas le Sagittaire qui succède au Scorpion, aura une influence nettement plus déterminante.

S’il le Sagittaire est intercepté en Maison I, la cuspide de la Maison II va se trouver début Capricorne, il devient difficile de suivre la tradition et d’en déduire que l’influence du Sagittaire sera court-circuitée. Il faut donc faire preuve d’une certaine réserve à l’égard de la tradition en déduisant que l’influence du Sagittaire sera court-circuitée. Cependant, les signes interceptés peuvent signifier une plus grande difficulté rencontrée dans les actes de la vie quotidienne.

A noter que tous les thèmes ne présentent pas un signe intercepté.

L’astrologue Volguine attachait une influence particulière à cette présentation du thème et regardait minutieusement l’axe des Maisons où se plaisaient les signes interceptés, en tirant des conclusions plutôt négatives

Si l’Ascendant recouvre deux signes, surtout si le second est totalement intercepté en Maison I, le vécu de la personne se modifiera au cours de l’existence, passant du premier signe au second, orientant la vie dans une nouvelle direction.

Dans le cas d’une interception, si l’Ascendant passe d’un signe masculin à un signe féminin, il faudra utiliser l’élan dynamique donné par le premier signe en l’incarnant dans quelque chose de concret. S’il passe d’un signe féminin à un signe masculin, il faudra s’appuyer sur a structure de vie qui nous est donnée, pour en dégager notre puissance personnelle.

Si l’Ascendant passe d’un signe Cardinal à un signe Fixe, il faudra orienter dans une direction stable notre élan vital. S’il passe d’un signe Fixe à un signe Mutable, il faudra faire évoluer notre manière de penser, d’agir ou de réagir. Enfin, s’il passe d’un signe Mutable à un signe Cardinal, il nous faudra ne pas nous laisser mener par les événements ou les autres mais prendre notre vie en mains.

Si l’Ascendant est tout à fait à la fin d’un signe, l’évolution s’opérera tôt dans la vie. Si l’Ascendant est au début du signe, il y aura continuité du champ d’action au cours de la vie.

Comme on le voit les Maisons du thème ne sont pas toutes d’égale grandeur. Ceci est dû à l’obliquité de la terre : au fur et à mesure que l’on remonte de l’équateur vers le pôle terrestre l’espace imparti à certaines Maisons s’accroît pendant que pour d’autres, il diminue. C’est une indication intéressante puisque l’analogie est la base fondamentale de l’interprétation en astrologie, on aurait sans doute tort de négliger les indications découlant de la grandeur comparée des différentes Maisons du thème.

Il semblerait en effet logique que les domaines signifiés par les Maisons « longues » aient un poids plus lourd dans la destinée que celles indiquées par les Maisons « courtes.

Exemple :

Une Maison I couvrant la plus large section du thème correspond à une personnalité marquée dont le caractère explique un certain nombre d’événements de la vie. C’est l’indication d’une nature souvent compliquée ou tout au moins complexe. Le sujet peut connaître une transformation décisive au cours de son existence. Il faut en effet tenir compte des facettes insoupçonnées et donc parfois déconcertantes des signes interceptés.

Prenons l’exemple d’une grande Maison I présentant un Ascendant dans le signe double des Poissons, le signe du Bélier intercepté et la Maison se terminant dans le Taureau. On pourra en conclure que l’insaisissabilité et l’intériorité des Poissons cachent une impulsivité Bélier qui peut être importante. Lorsqu’une crise éclate, elle se résoudra dans l’obstination du Taureau. Bien sûr, il faut aussi tenir compte des Maîtres de ces trois signes : Neptune et Jupiter pour les Poissons, Mars pour le Bélier et Vénus pour le Taureau.

Comme cette importante Maison I entraîne une Maison VII identique, la vie conjugale, l’union ou les associations sont appelées à avoir une influence importante dans la vie du sujet. C’était le cas du thème de l’ex-roi d’Angleterre Edouard VIII qui abdiqua en 1936 pour épouser la femme qu’il aimait, une roturière américaine et divorcée, Mrs Simpson.

Rambouillet, le 15 février 2015

 

 

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ENTRE MARDI GRAS ET CAREME… CARNAVAL CONTRE CAREME… LICENCE CONTRE ABSTINENCE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.8 - TRADITIONS) par sylvietribut le 04-03-2014

Mardi gras marque la fin de la « semaine des sept jours gras » qu’on appelait autrefois « jours charnels », une période particulièrement festive. Mardi gras précède Mercredi des Cendres marquant le début du Carême. Mardi gras se situe donc juste avant la période de jeûne, c’est-à-dire selon l’expression ancienne avant le « carême entrant » ou le « carême prenant ». Les sept jours gras se terminent en apothéose par le « Mardi gras » et étaient l’occasion d’un défoulement collectif. L’esprit de jeûne et d’abstinence qui s’annonce est momentanément mis entre parenthèses… place au carnaval.

Mardi Gras Mask and Beads

Masques de Carnaval

La date de Mardi gras est mobile par rapport au calendrier grégorien, le calendrier usuel qui suit le mouvement du Soleil et les saisons. Elle est associée à la date de Pâques, et donc le premier dimanche qui suit la Pleine Lune et le 21 mars, toujours entre le 22 mars et le 25 avril. Ainsi Mardi Gras est toujours fixé entre le 3 février et le 9 mars, soit juste avant la période de Carême, c’est-à-dire 41 jours + 6 dimanches, soit au total 47 jours avant Pâques. Pour 2014, mardi gras se situe le 4 mars. Les deux jours précédents étaient jadis appelés « dimanche gras » et « lundi gras ». Au XVIIIe siècle, le premier jour gras était le « jeudi gras ».

Dans la tradition chrétienne, les festivités associées au carnaval précédent l’entrée dans le Carême pendant lequel le chrétien mange « maigre », en s’abstenant notamment de viande ou de mets recherchés. D’ailleurs le mot « carnaval » dérive du latin médiéval « carne levare » signifiant « enlever », « retirer la chair », c’est-à-dire concrètement supprimer sur la table durant toute la période de carême la viande ou, autrement dit, le « gras ».

CREPES 

Les crêpes de Mardi gras symbolisent le disque solaire

Mardi gras est devenu le jour où on mange des crêpes et les fameux « beignets de carnaval ». De plus, les enfants se déguisent et/ou demandent aux voisins dans les villages des œufs, du sucre, de la farine… pour confectionner des gâteaux ou des crêpes qui sont mangées en fin d’après-midi. C’est surtout le temps fort du Carnaval là où il existe. A Dunkerque, par exemple, les dimanches, lundis et mardis gras sont baptisés « les trois joyeuses ». Durant ces trois jours, le Carnaval de Dunkerque atteint son paroxysme. Toute la ville se costume et défile dans la rue. 

COMBAT DE CARNAVAL CONTRE CAREME - PIERRE BRUEGEL L'ANCIEN

Le Combat de Carnaval contre Carême – Licence contre abstinence – Pieter Brueghel l’Ancien

Le Carême est une expérience spirituelle. Le mot « Carême » provient de « quaresima », altération populaire de l’expression latine classique « quadragesima dies », soit le « quarantième jour », sous-entendu : avant Pâques. La coutume de se préparer pour l’arrivée de Pâques par un jeûne de quarante jours s’imposa dans les différentes Eglises d’Orient à la suite des conciles de Nicée (325) et de Laodicée (365) et fut adoptée définitivement trois siècles plus tard à Rome, où la pratique du jeûne et de la pénitence était facultative.

Déjà en 653, le concile de Tolède interdit toute consommation de viande pendant toute une année à ceux qui aurait rompu le jeûne du Carême, tandis que Charlemagne, en 789, menaça de la peine capitale quiconque aurait enfreint, sans dispense spéciale, la loi du Carême.

LA TENTATION DE JESUS AU DESERT - JAMES TISSOT - Brooklyn Museum

La tentation de Jésus au désert – James Tissot – Brooklyn Museum

Cette période de quarante jours commémore la tentation de Jésus dans le désert : alors que la faim le tenaillait, il fut interpellé par le démon : « Si tu est le fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains ». Et Jésus répondit : « Il est écrit, l’homme ne vivra pas seulement de pain, mais de toutes parole qui sort de la bouche de Dieu.

Le Carême, aux premiers siècles du Christianisme, était surtout une période de préparation des catéchumènes au baptême qu’ils recevaient la nuit de Pâques, mais aussi la purification symbolique des pénitents qui, soumis en même temps à des macérations particulières, allaient recevoir, au cours de cette même nuit de rédemption, le pardon de l’Eglise.

A partir du VIIe siècle, on avança le début du Carême au mercredi des Cendres, et les trois dimanches précédents ; Septuagésime, Sexagésime et Quinquagésime, furent inclus dans la préparation de Pâques, qui commence ainsi neuf semaines avant la grande fête de la Résurrection. Dans cette période s’aménage, à partir du XIIe siècle, le temps du carnaval dont la durée diffère aussi suivant les traditions.

Force est de constater que l’assouplissement du Carême dans l’Eglise catholique est aussi bien le résultat d’une adaptation aux mœurs modernes qu’une réponse tardive aux critiques des deux grands réformateurs, Martin Luther et Jean Calvin, concernant le Carême, dont l’observance était, à leur yeux, trop ostentatoire et pas assez intériorisée. En fait, dans la tradition protestante, la mise en cause du Carême est associée à la critique du Carnaval.

masques 

Bibliographie

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Bordas

 

 

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DANS LE BESTIAIRE SATURNIEN… LES CHAMEAUX DES ROIS MAGES… EPIPHANIE… FETE DES ASTROLOGUES

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 04-01-2014

Le chameau est communément pris comme symbole de sobriété et de caractère difficile. Il est l’attribut de la tempérance. A cause des longues caravanes qui la sillonnent, l’Asie a été souvent figurée par un chameau.

Du Capricorne le chameau reprend le caractère difficile et la sobriété, disons la sobriété alimentaire, car certains Saturniens ou Capricornes sont de grands dépendants, de grands frustrés qui, pour compenser un manque intérieur, boivent, fument, sont avides. Saturne, Maître du Capricorne, dans le mythe ne dévore-t-il pas ses enfants dans sa boulimie de pouvoir… Le chameau est sobre, il conserve ses réserves car il sait qu’il lui faudra survivre à une route longue, aride, pénible et difficile. Le Saturnien ou le Capricorne sait se contenter de peu, tendu qu’il est vers sa quête du pouvoir et de la réussite, comme le chameau l’est dans son espoir de pouvoir atteindre la prochaine oasis.

BALADE A DOS DE CHAMEAUX

Caravane

Notez aussi que le chameau connaît une certaine longévité puisqu’il peut vivre jusqu’à 70 ans, ce qui est un bel âge pour un animal.

Enfin, dans l’Empire romain d’Occident, le chameau, ou le dromadaire, était utilisé non seulement comme monture, mais surtout comme animal de trait et de bête de somme, principalement dans l’armée. On voit là les travaux ingrats, difficiles et pénibles souvent dévolus au Capricorne. Quant à l’armée, elle n’est pas sans rappeler que le Capricorne est le lieu d’exaltation de Mars, le soldat.

MARS EXALTE DANS LE CAPRICORNE

Mars exalté en Capricorne

Moins Capricorne, le côté voyageur du chameau et sa haute taille qui ne sont pas sans évoquer le Sagittaire.

Le Lévitique le considérait comme un animal impur. Etaient réputés impurs les animaux que les païens consacraient à leurs faux dieux ou qui, paraissant répugnant à l’homme, ne pouvaient qu’être censés déplaire à Dieu.

Le chameau est présenté, très exceptionnellement il est vrai, dans l’iconographie hindoue, comme l’emblème de yogini sinistres en relation avec la mort.

Le chameau est cependant et avant tout la monture qui aide à traverser le désert ; grâce à laquelle on peut donc atteindre le centre caché, l’Essence divine. Compagnon du désert, il est le véhicule qui conduit d’oasis en oasis. Les Rois Mages sont figurés arrivant à la crèche montés sur des chameaux. C’est pourquoi divers textes anciens, notamment ceux d’Honorius d’Autun, établissent une équivoque phonétique entre les chameaux et les camilles, qui sont les serviteurs des rois, et aussi des autels, en même temps que les transmetteurs de la philosophie hermétique.

Le Zohar parle de chameaux volants semblables aux dragons et aux serpents ailés, qui auraient été les gardiens du paradis terrestre et dont il serait question dans l’Avesta, le livre sacré de la Perse antique.

En Asie centrale, le chameau est symbole, non de mauvais caractère, mais de prétention. « Parce que le chameau se jugea grand, il perdit l’armée », proverbe bouriate.

ADORATION DES MAGES - PANNEAU D'UN SARCOPHAGE ROMAIN - IVe SIECLE - CIMETIERE SAINTE-AGNES A ROME

Adoration des Mages – Panneau d’un sarcophage romain – IVe siècle – Cimetière Sainte Agnès à Rome

Pour en revenir aux rois mages ou astronomes/astrologues, selon l’évangéliste Matthieu, ils se présentèrent devant Hérode, en Judée, à la recherche d’un nouveau-né dont une étoile leur a indiqué la naissance et le destin royal. Hérode les dépêche à la recherche de l’enfant. Suivant l’étoile, les mages arrivent près de Jésus qu’ils adorent et auquel ils offrent l’or, l’encens et la myrrhe. « Puis divinement avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, ils regagnent leur pays par un autre chemin ». Les Evangiles apocryphes mentionnent l’épisode en y ajoutant des détails. De ce récit, c’est l’épisode de l’adoration des mages qui a été le plus souvent représenté.

L’évangéliste ne précisait pas le nombre des mages. Il semble que ce soit Origène (185-224) qui le premier en fixe le nombre à trois, information reprise par Maxime de Turin e Léon le Grand. Tertullien en fait des rois en s’appuyant sur une prophétie tirée des psaumes de David, ce que confirme Césaire d’Arles. Enfin, c’est sans doute au IXe siècle qu’apparaissent les noms de Gaspard, Melchior et Balthazar dans le « Liber Pontificalis » de Ravenne.

Le thème apparaît dans l’art des catacombes en liaison avec celui de la nativité, puis de façon autonome. Il s’agit d’un des thèmes les plus populaires de l’iconographie chrétienne. Les premières représentations ne distinguent guère les trois mages. Elles figurent le Christ et Marie, les mages portant les présents, l’étoile qui les a guidés et les chameaux qui leur ont servi de monture, plus tard des chevaux. Le Christ accepte les présents ou bénit le mage qui s’incline devant lui. Les deux autres mages regardent la scène ou observent l’étoile.

GIOTTO - ADORATION DES MAGES

Giotto – L’Adoration des Mages

C’est le mage le plus âgé qui est représenté agenouillé devant l’enfant, formant avec lui un couple symbolique : articulation du passé et du futur. Selon une autre interprétation, les trois rois représentent les trois parties du monde alors connues : l’Europe, l’Asie et l’Afrique, avec un mage africain. Gaspard représente l’Afrique noire, Abyssinie ou Ethiopie, il apporte l’encens ou la myrrhe. Melchior représente les Maures ou l’Asie et apporte la myrrhe ou l’or. Quant à Balthazar il symbolise l’Europe et apporte l’or ou l’encens. 

les rois mages

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins. 

J’EN PROFITE POUR VOUS SOUHAITER UNE TRES BONNE ANNEE 2015

Deco_Noel1Pour vos étrennes de Nouvel An, pour une fête, pour un anniversaire, ou tout simplement pour faire plaisir, pensez à offrir une consultation astrologique… Sur mon site, au chapitre de mes chroniques, dans la rubrique « Cadeaux », vous trouverez les modalités d’organisation de cette consultation ainsi qu’un exemple d’une carte-invitation.

 

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DANS LE BESTIAIRE DU SCORPION… LA SALAMANDRE

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 24-11-2013

Voilà une espèce de triton que les Anciens supposaient capable de vivre dans le feu sans y être consumé. La salamandre fut identifiée au feu dont elle était une manifestation vivante. A l’inverse, on lui attribuait aussi le pouvoir d’éteindre le feu à cause de son exceptionnelle froideur. Chez les Egyptiens, la salamandre était un hiéroglyphe de l’homme mort de froid. Cependant, elle possède la capacité de régénérer certaines parties de son corps après amputation. Cette capacité de régénération n’est pas sans analogie avec le Scorpion.

Une fausse missive, rédigée au XIIe siècle, mentionnait qu’un pays lointain produisait des vers appelés « salamandres » : « Les salamandres vivent dans le feu et font des cocons que les dames des palais dévident et utilisent pour tisser des étoffes et des habits. Pour laver et nettoyer ces étoffes, elles les jettent au feu ». Cette thématique se retrouve chez d’autres auteurs qui ajoutent qu’un tissu fait en poils de salamandre ne peut se consumer, ou même que la peau de l’animal ne peut brûler. Ce tissu en soie ou en poils de salamandre pourrait en fait être un textile d’amiante. Ils se vendaient des peaux de salamandres et se formaient ainsi un témoignage irréfutable de l’existence de cet animal légendaire. Pline l’Ancien mentionnait déjà des étoffes incorruptibles qui se nettoyaient dans le feu. De son côté, Marco Polo précisait que « la salamandre était une étoffe et non un animal ».

SALAMANDRE DE LA GALERIE FRANCOIS 1er - CHATEAU DE FONTAINEBLEAU

Salamandre de la Galerie François 1er – Château de Fontainebleau

La salamandre va connaître un succès sans précédent sous François 1er qui l’adopte comme corps de devise avant même son accession au trône. Il avait mis dans ses armoiries une salamandre au milieu du feu et adopté cette devise : « Je nourris le bon feu et j’éteins le mauvais » ou « je me nourris du bon feu et j’éteins le mauvais ». Elle est d’ailleurs représentée assise dans les flammes et crachant des gouttes d’eau. Le corps de cette devise est probablement une combinaison d’éléments de l’emblématique milanaise, François 1er a prétendu à l’époque à la succession du duché de Milan. La salamandre rappelle la guivre des Visconti et la cohabitation des flammes et de l’eau rappelle les boutefeux munis de seaux d’eau des Sforza. Les Visconti et les Sforza étaient deux grandes familles aristocrates qui régnèrent sur le duché de Milan.  

François 1er n’eut pas l’exclusivité de la salamandre car on la retrouve aussi sur les armes de Jobelot de Montureux, en France-Comté ainsi que sur celles de Despierres de Brécourt de Rochepot en Berry. Toutefois, la plupart des blasons comportant une salamandre couronnées, surtout celles de communes, sont une allusion à un rapport avec François 1er. Elle figure par exemple sur les blasons de Sarlat-la-Canéda, du Havre, de Vitry-le-François et de Gennes en Maine-et-Loire.

Dans l’iconographie médiévale, la salamandre représentait « le Juste qui ne perd point la paix de son âme et la confiance en Dieu au milieu des tribulations ».

 LA VOUIVRE DANS LE BLASON DES VISCONTI

La guivre du blason des Visconti

Pour les alchimistes, elle est le « symbole de la pierre fixée au rouge… Ils ont donné son nom à leur soufre incombustible. La salamandre qui se nourrit du feu et le phénix qui renaît de ses cendres sont les deux symboles les plus communs de ce soufre.

Le célèbre alchimiste Paracelse comptait sept races de créatures sans âme : les génies des Eléments à forme humaine mais sans âme ni esprit, qu’il désignait sous l’appellation « inanimata », les géants et les nains sur la terre. Il croyait aux génies des quatre Eléments : la Terre, par génération spontanée, produit des nains qui gardent les trésors sous la montagne ; l’Eau produit les ondines ; le Feu, les salamandres et l’Air, les elfes. Ensuite, viennent les géants et les nains issus de l’air mais qui vivent sur la terre.

La salamandre était l’être élémentaire associé à l’élément Feu des Anciens. L’animal du même nom n’était en fait qu’une représentation symbolique de l’esprit élémentaire du Feu. La salamandre est un esprit du Feu, comme Ondine est un esprit élémentaire de l’Eau, le Gnome est un esprit élémentaire de la Terre et le Sylpheum un esprit élémentaire de l’Air.

SALAMANDRE1

Salamandre

La salamandre fait partie du genre Andrias. En général, elle mesure 25 cm environ, mais certaines salamandres peuvent atteindre deux mètres de long. Des algues photosynthétiques vivent en symbiose, cas unique chez les vertébrés, à l’intérieur des cellules de l’amphibien et entourent ses œufs.

Voilà un animal tout à fait légendaire. On l’appelait aussi baffie ou lebraude. Elle était réputée vivre dans le feu et s’y baigner et ne mourir que lorsque celui-ci s’éteignait. C’est Pline l’Ancien qui la mentionne pour la première fois dans le livre X de son Histoire naturelle, déclarant : « la salamandre est si froide qu’elle éteint le feu lorsqu’elle le touche ». Un peu plus loin, il s’étonne de cette propriété et analyse que si l’animale avait réellement cette vertu, il serait utilisé pour éteindre les incendies ».  La salamandre devint une créature importante des bestiaires médiévaux ainsi qu’un symbole alchimique et héraldique auquel une profonde symbolique est attachée. Paracelse qui en faisait l’esprit élémentaire du Feu, la représentait sous l’apparence d’une belle jeune femme vivant dans les brasiers.

LA PYRALLIS

La Pyrallis

Pline mentionne un autre animal au livre XI, la Pyrallis, sorte de reptile ailé et quadrupède qui vit dans le feu des forges de Chypre : « Si elle en émerge et vole sur une courte distance, elle tombe morte car elle ne peut vivre que dans le feu ». D’après Jorge Luis Borges, la symbolique de cette Pyrallis oubliée des bestiaires aurait été englobée dans celle de la salamandre.

Augustin d’Hippone, plus connu sous le vocable Saint Augustin, philosophe et théologien, reprit la symbolique de la salamandre dans « La cité de Dieu » dans un chapitre qui s’intitule « Si les corps peuvent être éternels dans le feu ».

Dans sa « Vie », Benvenuto Cellini écrivit qu’alors âgé de cinq ans, il vit un petit reptile semblable à un lézard jouer dans feu et courut en avertir son père. Celui-ci lui révéla qu’il s’agissait d’une salamandre et lui donna une bonne fessée afin de marquer le jour et la vision dans la mémoire de son fils.

Une citation de Cyrano de Bergerac suggère que la salamandre vit sous les montagnes volcaniques comme l’Etna ou le Vésuve, qu’elle sue de l’huile bouillante et crache de l’eau-forte quand elle s’échauffe ou se bat. Ainsi si on pend le corps d’une salamandre à une crémaillère, celui-ci fait bouillir et rôtir tout ce que l’on met dans la cheminée. Quant à ses yeux, ils éclairent la nuit comme des soleils et font l’effet d’une lampe perpétuelle.

salamandre 2

La Salamandre de François Ier – Château d’Azay-le-Rideau

D’autres légendes plus tardives en font un animal extrêmement venimeux, capable d’empoisonner l’eau des puits et les fruits des arbres par sa seule présence. Dans un écrit du XVe siècle, le Rosarius, on apprend que le venin est comme une humeur laiteuse que l’animal répand pour se défendre. Dans le folklore français, on affirme que sa seule respiration suffit pour faire enfler une personne jusqu’à ce que sa peau éclate. En Auvergne, où elle était connu sous le nom de « soufflet », « souffle » ou « enfle bœuf ». On disait qu’elle tuait les troupeaux de bovins, alors qu’en Berry, sa seule présente suffisait à les faire enfler.

En Auvergne, la lebraude est un lézard noir et jaune dont la symbolique est proche de celle de la salamandre, réputé pour ne respirer qu’une fois par jour. Son souffle est empoisonné et pour s’en débarrasser, il faut l’enfermer pendant 24 heures dans un espace confiné afin qu’il soit obligé de respirer et qu’il s’empoisonne lui-même. Au XVIIIe siècle, les Bretons n’osaient pas nommer la salamandre par son nom véritable, craignant que, l’entendant, elle ne vienne leur faire du mal.

Cependant, la salamandre symbolise aussi la foi qui ne peut être détruite. Elle est comparée au Prophète Daniel qui survécut au supplice des lions, mais également aux Hébreux qui furent jetés au feu sur ordre de Nabuchodonosor mais demeurèrent intouchés par les flammes. On la également comparer à l’apôtre Paul, totalement incorruptible.

BLASON DE VITRY-LE-FRANCOIS

Blason de la ville de Vitry-le-François

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

 

 

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LES DUALITES DE MERCURE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 5.3.3 - MERCURE, 6.6.3 - LES MYTHES DES GEMEAUX ET DE MERCURE) par sylvietribut le 27-08-2013

Mercure, dont le diamètre représente moins de la moitié de celui de la Terre, est la plus petite des planètes inférieures. C’est aussi la plus proche du Soleil, elle en est séparée par 58 millions de kilomètres. Vu de la Terre, Mercure ne s’écarte jamais de plus de 28° du Soleil, et son mouvement orbital, qui dure 88 jours, semble aller vers l’arrière, puis vers l’avant, qui correspond au mouvement rétrograde ; comme si la planète escortait l’astre du jour et c’est ce qui a valu à Mercure d’être considéré comme un héraut ou un messager par la mythologie. Cette planète est si proche du Soleil qu’elle est difficilement observable à l’œil nu, sinon brièvement, au début de l’été ou de l’automne, au moment du lever ou du coucher du Soleil. 

LA PLANETE MERCURE

La planète Mercure

Ce mouvement de rétrogradation est l’un des aspects les plus étonnants du mouvement des planètes et cette boucle que beaucoup d’entre elles accomplissent quand elles viennent en situation de conjonction inférieure ou d’opposition. Ce phénomène est évidemment une illusion d’optique, due au mouvement propre de la Terre.

Entre 1924 et 1929, l’astronome Eugène Antoniadi a observé en détail Mercure. Avec un télescope géant, il a distingué des zones sombres sur la surface de la plante, auxquelles il a donné des noms empruntés aux mythologies grecque et égyptienne : Apollonia, Horarum, Aurora. Selon lui, il s’agissait de vastes régions obscures, aussi mystérieuses et séduisantes que les personnages dont il avait emprunté les noms. Malheureusement, des observations ultérieures, plus précises, ont montré que ces fameuses zones n’existaient pas.

Pour les prêtres-astrologues de l’ancienne Mésopotamie, Mercure était le dieu Nabou, et on célébrait un culte en son honneur, essentiellement dans la ville de Barsippa, située à quelques kilomètres au sud de Babylone. Peu d’éléments concernant Nabou nous sont parvenus, mais on sait tout de même que, vers 1000 avant Jésus-Christ, il a remplacé une ancienne déesse sumérienne, Nisaba ou Nidaba, la patronne des scribes. Il est le fils de Mardouk, l’équivalent de Jupiter, et on considérait que toute variation de l’aspect de la planète Mercure laissait présager quelque changement pour le fils du roi, le prince héritier. Le septième jour des fêtes du Printemps, marquant le nouvel an en Mésopotamie, Nabou délivrait Mardouk de sa captivité, ce qui symbolisait la restauration de l’autorité et de l’ordre pour l’année à venir. Le onzième jour, les dieux se réunissaient pour décider du destin du monde, tandis que Nabou enregistrait leur jugement.

Les Sumériens croyaient aussi que Nabou avait le pouvoir de faire tomber la pluie, sans doute parce qu’il était censé avoir une action bénéfique sur les récoltes. C’est peut-être à partir de ces croyances que les Grecs et les Romains de l’Antiquité ont associé Mercure aux activités commerciales. Plusieurs langues européennes ont conservé la racine latine de « Mercurius » dans des mots tels que « marchand » et « commerce ». Selon Jules César, c’était le dieu le plus célébré en Gaule et en Angleterre.

Mercure2 

Mercure, Maître des Gémeaux et de la Vierge, tenant dans sa main droite une bourse, symbole du commerce et dans sa main gauche le caducée, baguette magique faite de deux serpents entrelacés, symbole de paix et ayant un pouvoir de guérison – Dans la partie inférieure du tableau ceux que Mercure protège : les voyageurs, les moissonneurs et les marchands – Illustration extraite de De Sphaera – XVe siècle

Le dieu Mercure est l’équivalent romain du dieu grec Hermès. A l’origine, c’était le dieu de la Fécondité et celui des Voyageurs. Le nom « Hermès » signifie littéralement « celui du tas de pierres » : ce dieu était en effet honoré par des empilements de pierres placés sur le bord des routes, et chaque voyageur ajoutait la sienne, tradition qui se perpétue encore dans les randonnées et l’escalade. En outre, ce dieu guidait l’âme des morts vers le monde souterrain. Il portait un couvre-chef qui le rendait invisible et faisait de lui le messager des dieux.

MERCURE VOLANT LE TROUPEAU D'APOLLON - LORRAIN

Mercure volant le troupeau d’Apollon par C. Lorrain

La nature divine d’Hermès-Mercure a été établie dès sa naissance. Ce jour-là, avant midi, il inventa la lyre, et à la fin du jour, comme pour montrer son habileté à jouer des tours, il vola le bétail de son frère Apollon. Ayant séparé du troupeau cinquante génisses, il les conduisit, à la nuit tombée, en bas de la montagne. Pour modifier les traces de leur passage, il les fit marcher à reculons et chaussa d’énormes sandales pour déguiser ses propres traces de pas. Apollon en conçut de la colère, mais Zeus/Jupiter fut charmé par l’intelligence de l’enfant dont il fit son échanson. Dans certaines des représentations plus anciennes, Hermès a l’aspect d’un vieil homme portant une longue barbe, alors qu’à l’époque grecque classique c’était un beau jeune homme. En astrologie, il est souvent décrit comme l’incarnation des deux sexes, l’hermaphrodite.

MERCURE

Parfois Mercure porte un couvre-chef ailé, parfois les ailettes sont aux pieds

Un élément important de l’histoire de Mercure a son origine en Egypte. Dans le monde hellénique les derniers siècles qui ont précédé la naissance de Jésus-Christ, l’assimilation de Mercure au dieu égyptien Thot était très largement admise. Cependant, à l’époque des premières dynasties, environ 3 000 ans avant Jésus-Christ, Thot était un dieu lunaire, doté de beaucoup des attributs caractéristiques de Mercure. Il était l’inventeur des sciences, en particulier de l’écriture, et le dieu de la Médecine. Comme Hermès, il assurait en même temps les fonctions de messager et de scribe des dieux. Ce glissement des attributions, de la Lune à Mercure, illustre l’assimilation culturelle qui s’est effectuée, sous l’influence grecque, au cours du IVe siècle avant Jésus-Christ. A partir de cette époque, Mercure tend à être appelé Hermès Trismégiste, et ce nom, qui est en même temps un symbole, sera par la suite employé par les mages et les alchimistes. Les Grecs d’Egypte appelaient couramment leurs dieux « megistos » ce qui signifie « le plus grand ». Or, dans la langue égyptienne ancienne, on répétait plusieurs fois un adjectif pour lui donner plus de force ; suivant cet exemple, on exemple, on a répété trois fois le terme « megistos » après le nom du dieu Thot-Hermès, pour signifier « trois fois le plus grand », ensuite abrégé en « trimesgistos ». Rapidement, le nom d’Hermès Trimégiste est passé dans le langage courant. Ce dieu était considéré comme celui qui avait donné à l’homme la médecine, la magie, l’astrologie et l’alchimie. Dans l’alchimie européenne, nous la rencontrons sous son nom romain, Mercure, idéal de l’œuvre alchimiste et guide secret des adeptes de cette science, prenant parfois la figure du Christ, parfois celle d’un fourbe ou d’un dragon gardant le secret de la pierre philosophale.

MERCURE MAITRE DES GEMEAUX ET DE LA VIERGE

En astrologie, on dit que ceux qui sont nés sous l’influence de la planète Mercure ont l’esprit vif, qu’ils sont habiles et alertes, capables de penser rapidement et de parler avec facilité. Cependant, on considère qu’ils ont aussi une certaine tendance à l’inconstance.

Mercure était un dieu aux multiples fonctions, puisqu’il protégeait aussi bien les commerçants que les voleurs, ou même les artistes, en plus d’être le messager des dieux. Psychopompe, il était aussi transformateur des énergies. Dans l’interprétation astrologique classique Mercure conserve ces attributions. Il régit aussi les facultés intellectuelles, la compréhension, l’adaptation et le savoir-faire.

Le Mercurien type conserve les qualités propres et les défauts de l’adolescence. Doté d’un esprit vif et rapide ainsi que d’une très grande faculté d’assimilation, il parvient sans grande peine à posséder des connaissances sur un grand nombre de sujets. Toutefois, il ne s’agit souvent que d’un savoir de façade car il est incapable d’un effort soutenu dans la plupart des cas. Gai, subtil, jonglant avec les mots et les idées, avec une soif du dialogue, du contact humain, le Mercurien brille dans la société qu’il recherche. Mais tout n’est pas parfait chez lui, notamment quand des indications dissonantes s’imposent dans le thème, alors il peut même se révéler peu scrupuleux. 

CADUCEE SUR MONNAIE ROMAINE

Le caducée sur une pièce de monnaie romaine

Bibliographie

Le langage secret des étoiles et des planètes – Geoffrey Cornelius/Paul Devereux 

Dictionnaire de la Mythologie – Jean-Louis Brau – Larousse  

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LE SOLEIL DANS TOUT SON ECLAT

(5.3.1 - SOLEIL) par sylvietribut le 04-08-2013

Jamais la science et les mythes ne s’opposent aussi fortement que lorsqu’il s’agit de décrire le plus grand corps céleste : le Soleil. En ce qui le concerne, et de tout temps, il y a toujours eu deux types de conceptions, deux vérités.

Du point de vue scientifique, le Soleil est une étoile banale, l’une des milliers de millions d’étoiles qui parsèment l’inconcevable immensité de l’Univers. Cette sphère incandescente, essentiellement constituée d’hydrogène, est le siège de réactions thermonucléaires incessantes, où la température atteint 20 millions de degrés ; c’est en outre le centre de tout un système de planètes. Celles-ci, ainsi que les astéroïdes et diverses comètes, se sont formées par accrétion de grains de matière, après que le Soleil fut né, il y a environ 4,5 milliards d’années, de l’effondrement d’un immense nuage de gaz et de poussières, reste de l’explosion d’une supernova. Les objets du système solaire ne sont que peu de chose par rapport au Soleil, qui a 1,3 million de fois le volume de la Terre, et à peu près 0,35 million de fois sa masse.

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Le Soleil dont toute la Terre dépend

Sur la Terre, la vie est totalement dépendante du Soleil. A l’exception de la matière provenant des météores ou de la poussière interstellaire qui parvient jusqu’au sein de notre système planétaire, tout ici-bas est dépendant du Soleil : la terre, l’air et la mer, les minéraux, les plantes, les animaux, et la vie humaine elle-même, avec son mystère. La science touche à la poésie lorsqu’elle prend pour objet l’étonnant équilibre de la vie sur la Terre, sous la lumière et la chaleur du Soleil. Depuis l’aube de l’humanité, le Soleil occupe une place centrale dans l’esprit et dans l’imaginaire de l’homme ; toutefois, l’astre du jour n’a pas toujours, loin de là, la même signification symbolique dans les différentes mythologies. Dans certains sites préhistoriques, et notamment sur les collines de Matopo, au Zimbabwe, on a trouvé quelques représentations symboliques du Soleil, mais elles sont assez rares. Le plus souvent, dans les grottes peintes du paléolithique supérieur, il y a environ 40 000 ans, cet astre n’est pas représenté ; les images rencontrées évoquent surtout la fécondité de la femme et les animaux, c’est-à-dire le gibier. Cependant, il faut se garder de toute simplification en ce qui concerne les premiers chasseurs.

L’anthropologue allemand Leo Frobenius (1873-1938) a voyagé dans la jungle congolaise en compagnie de guides indigènes. Un soir, il a proposé à ses compagnons de chasse une antilope pour améliorer l’ordinaire. Les guides se sont montrés fort étonnés de la proposition de l’homme blanc, dans la mesure où les préparatifs indispensables n’avaient pas été accomplis ; il a donc fallu attendre le jour suivant. Dès l’aube, les chasseurs ont dégagé une surface sur le sol sableux et ont dessiné les contours d’une antilope ; puis ils ont attendu le lever du Soleil. Lorsque l’astre s’est levé, l’un de ses rayons a atteint le dessin ; à ce moment, l’un des indigènes a tiré une flèche dans le cou de l’animal dessiné, tandis qu’une femme levait les bras en direction du Soleil, en gémissant. Les chasseurs sont alors partis en courant vers la forêt. Peu de temps après, ils sont revenus avec une belle antilope, tuée d’une flèche dans le cou. Pour terminer le rituel, les guides ont placé un peu de poils et de sang de l’animal sur la figure tracée par terre, avant de l’effacer.

Dans ce récit, le Soleil apparaît comme le grand chasseur, et la flèche, comme le rayon du Soleil, frappe la proie. La signification symbolique du Soleil est, dans cette histoire, bien différente de celle qu’on trouve dans les civilisations avancées. On en perçoit l’évolution à travers différents mythes de nombreuses civilisations, pour lesquelles le Soleil n’est qu’un personnage parmi bien d’autres. Par exemple, dans la mythologie grecque, Hélios, le Soleil, fils des Titans Hyspérion et Théia, avait un statut inférieur à celui d’Apollon. On sait que, parcourant le ciel,  il voyageait vers l’occident, précédé d’Eos, la déesse de l’Aurore, mais il existe peu de récits concernant Hélios lui-même, car il fut éclipsé par le puissant Apollon, qui le dépouilla de ses attributs pour devenir lui-même le glorieux dieu-Soleil de l’Olympe.

HELIOS ET LE CHAR DU SOLEIL

Hélios et le char du soleil

Dans un autre récit, Hélios est accompagné de son fils Phaéton, et, comme toujours, il traverse le ciel sur son char tiré par quatre chevaux. Un matin, il finit par céder aux pressantes demandes de son fils et lui cède les rênes du char, mais le jeune homme ne peut contrôler les chevaux. Tout d’abord, ils bondissent au plus haut du ciel, s’écartant du trajet habituel, et la Terre tout entière frissonne ; ensuite, ils descendent si bas que la planète s’embrase. Devant un tel désordre, Zeus lance la foudre sur Phaéton, et le tue. Ce mythe contient une référence calendaire, le renouveau de l’année au solstice d’hiver, qui trouve son origine chez les Hittites et chez les Mésopotamiens. Dans un ancien mythe mésopotamien, le vieux roi « meurt » au solstice, et un jeune garçon prend sa place pendant une journée, au terme de laquelle il est sacrifié. A Corinthe, en Grèce, dans un mythe similaire, ce roi était arraché d’un char solaire tiré par des chevaux emballés. Ensuite, le vieux roi, qui représentait le Soleil, réapparaissait et reprenait sa course annuelle dans le ciel.

La civilisation égyptienne est l’une des toutes premières à avoir donné un rôle majeur au Soleil, il y a environ 3 000 ans. Il était appelé Aton ; cependant, selon qu’il montait dans le ciel, qu’il était à son apogée ou qu’il descendait, on lui donnait successivement les noms de Khepri, de Rè et d’Atoum. On l’appelait aussi Horus, le dieu à tête de faucon que, plus tard, les Grecs ont identifié à leur dieu solaire, Apollon.

SCARABEE DORE

Le scarabée insecte solaire

On relève une évolution symbolique intéressante à propos de Khepri, le dieu du Soleil levant. On le représentait sous la forme d’un scarabée, roulant la boule du Soleil sur l’horizon. Le hiéroglyphe désignant le scarabée a évolué et a donné le signe astrologique désignant le Cancer, qui est lié au solstice d’été. Ce signe a symbolisé ensuite, notamment chez les anciens Egyptiens, la fécondité perpétuelle et le renouveau de la vie.

Le culte du Soleil, dans l’ancienne Egypte, a atteint son apogée lors de la brève révolution religieuse du pharaon Akhenaton, ou « celui qui plaît à Aton », au XIVe siècle avant Jésus-Christ. Ce souverain a instauré le culte unique du dieu du Soleil, le créateur de l’humanité, et s’est déclaré seul intermédiaire entre le Soleil et la Terre. Cette façon d’envisager le rôle royal va perdurer dans les siècles qui vont suivre, en particulier avec les cultes solaires d’Hélios et d’Apollon, qui vont se développer autour de la personne de l’empereur romain.

MITHRA EGORGE LE TAUREAU  - Peinture Murale - Marino - vers 160

Mithra égorgeant le Taureau – Peinture murale Marino – vers 160

A Rome, le culte rendu au Soleil contient de nombreux éléments symboliques, qui sont bien souvent utilisés dans un but politique. Le premier d’entre eux correspond au culte de Mithra, importé de Perse. Il s’agit d’un dieu-Taureau, lié à la constellation du même nom ; on le représente souvent participant à un banquet avec le Soleil. Cependant, par une inversion étonnante mais caractéristique de la mythologie, il est aussi dépeint comme le dieu solaire qui a tué le dieu-Taureau. Sous cette forme, il apparaît aussi comme Hélios, le dieu du Soleil, et comme « Sol Invictus », le « Soleil invincible ».

Le deuxième élément dérive du culte du dieu-Soleil phénicien Baal, qui était adoré sous la forme d’une pierre noire. Dans l’Empire romain, Baal est devenu populaire au IIe siècle. En 218, lorsqu’Elagabal est devenu empereur sous le nom de Sol Invictus Elebagalus, le culte du Soleil est devenu la religion officielle. Aurélien, qui « régné » de 270 à 275, a adapté le dieu du Soleil à la religion romaine traditionnelle, sous le nom de Deus Sol Invictus, « Dieu, le Soleil invincible ». Cet état de fait a duré jusqu’au règne de Constantin au IVe siècle ; le christianisme s’est alors imposé, évinçant, et en même temps assimilant, son rival solaire. Plus tard, la fête du Sol Invictus sera célébrée le 25 décembre, date adoptée par les Chrétiens pour fêter la naissance de leur propre roi invincible.

LE SOLEIL - CALENDRIER AZTEQUE

Le Soleil – Calendrier aztèque

Mais c’est sans doute dans les civilisations d’Amérique centrale que le culte du Soleil a été le plus spectaculaire. Chez les Aztèques, l’épopée de la Création prend fin avec l’apparition du cinquième Soleil, qi a suivi celle des quatre précédents, les Soleils de terre, de vent, de feu et d’eau. Pour ce peuple, les dieux eux-mêmes devaient être sacrifiés pour que le Soleil puisse poursuivre sa route. Le dieu-Serpent à plumes, Quetzalcoatl, leur a coupé la tête l’un après l’autre, avec un couteau sacrificiel ; par cet acte a été créé Nahui Ollin, « le Soleil en mouvement ». C’est là ce qui justifiait, aux yeux des Aztèques, les terribles sacrifices humains offerts au Soleil.

PLAFOND DE LA VILLA BARBERINI - ROMA

Le Soleil dans le plafond de la Villa Barberini à Rome

Cet astre symbolise la vérité et l’intégrité : « Connais-toi toi-même » est la devise inscrite sur le principal sanctuaire dédié à Apollon, à Delphes, en Grèce. Cependant, l’éclat apparent du Soleil dissimule un mystère. Le grand philosophe néoplatonicien de la Renaissance italienne Marsile Ficin (1433-1499) considère que nous « voyons » à l’aide de deux facultés, l’une étant l’esprit concret de la pensée commune, et l’autre l’intellect supérieur. Dans son poème « De Sole », sa dernière œuvre majeure, Ficin montre que le Soleil a non une seule, mais deux lumières : la lumière ordinaire, perçue par les sens physiques, et une lumière cachée, occulte – qui est à la base de l’astrologie.

On retrouve cette idée de « lumière cachée » du Soleil chez les Pueblos, qui enseignent qu’Oshatsh, l’astre solaire, malgré sa luminosité aveuglante, est un bouclier qui protège l’humanité de la lumière du Grand Esprit. Ces intuitions profondes attestent la pertinence et la subtilité de pensée qui caractérisent de nombreux mythes des civilisations anciennes non occidentales.

LE SOLEIL

Bibliographie

Le Langage secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius et Paul Devereux – Editions Solar

 

 

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