POUSSIERES D’ETOILES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 24-12-2010

Une étoile est un objet céleste en rotation, de forme approximativement sphérique car la rotation entraîne un aplatissement aux pôles et dont la structure est modelée par la gravité. Lors de sa formation, une étoile est essentiellement composée d’hydrogène et d’hélium.

Le Soleil est l’étoile la plus proche de la Terre, l’énergie qu’il rayonne y permet le développement de la vie. Il apparaît bien plus lumineux que toutes les autres étoiles en raison de sa proximité : la seconde étoile la plus proche de la Terre, Proxima du Centaure, est 250 000 fois plus éloignée. Sauf cas exceptionnel, les autres étoiles ne sont visibles que la nuit, sous forme de points lumineux, lorsque leur éclat n’est pas noyé par celui du Soleil.

poussiere-detoiles

Poussière d’Etoiles

Les étoiles sont regroupées au sein de galaxies. Une galaxie typique, comme la nôtre, la Voie lactée, contient plusieurs centaines de milliards d’étoiles. La sphère céleste fait également apparaître des groupements d’étoiles appelés constellations. Il s’agit en fait d’une illusion due à l’effet de projection, les étoiles les composant sont généralement situées à des distances de la Terre très différentes. 

La nuit, les étoiles apparaissent à l’œil nu sous la forme de points, à cause de leur éloignement, brillants de couleur blanche, parfois aussi rouge, orangée ou bleue, généralement scintillants et sans mouvement apparent immédiat par rapport aux autres objets fixes de la voûte céleste. Le phénomène de scintillation est dû à l’extrême petitesse de la taille angulaire des étoiles. A l’inverse, les planètes, bien qu’apparaissant comme des points, ont en réalité une taille angulaire suffisante pour ne pas être soumise au phénomène de scintillation.  

Le jour, le Soleil domine et sa lumière, diffusée par la couche atmosphérique, occulte celle des étoiles. Mais l’astre le plus brillant visible depuis la Terre est bien lui-même une étoile.

On retient surtout de l’étoile sa qualité de luminaire, de source de lumière. Les étoiles représentées sur la voûte d’un temple ou d’une église en précisent la signification céleste. Leur caractère céleste en fait aussi des symboles de l’esprit et, en particulier, du conflit entre les forces spirituelles, ou de lumière, et les forces matérielles, ou des ténèbres. Elles percent l’obscurité, elles sont aussi des phares projetés sur la nuit de l’inconscient.

etoile-maconniqueL’Etoile flamboyante de la Maçonnerie est issue du pentagramme pythagoricien, parfois appelé sceau de Salomon, bien que cette désignation soit le plus souvent réservée dans la pratique à l’hexagone étoile, ou bouclier de David. L’étoile flamboyante à cinq branches est le symbole de la manifestation centrale de la Lumière, du centre mystique, du foyer d’un univers en expansion. Tracée entre l’équerre et le compas, c’est-à-dire entre la Terre et le Ciel, elle figure l’homme régénéré, rayonnant comme la lumière, au milieu des ténèbres du monde profane. Elle est, comme le nombre cinq, symbole de perfection.

Si l’étoile à cinq branches est en outre un symbole du microcosme humain, l’étoile à six branches, emblème du judaïsme, avec ses deux triangles inversés et enlacés, symbolisera l’étreinte de l’esprit et de la matière, des principes actif et passif, le rythme de leur dynamisme, la loi de l’évolution et de l’involution. L’étoile à sept branches participe du symbolisme du nombre sept ; unissant le carré et le triangle, elle figure la lyre cosmique, la musique des sphères, l’harmonie du monde, l’arc-en-ciel aux sept couleurs, les sept zones planétaires, l’être humain dans sa totalité.

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Pour l’Ancien Testament et le Judaïsme, les étoiles obéissent aux volontés de Dieu et les annoncent éventuellement. Elles ne sont donc pas des créatures purement inanimées : un ange veille sur chacune d’elle. De là, à voir dans l’étoile le symbole de l’ange, il n’y a qu’un pas, bientôt franchi : l’Apocalypse parle d’étoiles tombées du ciel comme on parlerait des anges déchus.

Daniel, décrivant le sort des hommes à la résurrection, ne trouve que le symbole de l’étoile, pour caractériser la vie éternelle des justes : ascension vers l’état d’étoiles célestes. En revanche, c’est sans doute aux sept planètes, aux sept Eglises, proposées aux destins, que se réfère le visionnaire de l’Apocalypse, quand il parle des sept étoiles que le Christ tient à la main.

deesse-celte1Etoile est le nom d’une divinité gauloise, dont l’existence est bien attestée par l’épigraphe d’époque romaine, Sirona. Une autre divinité, galloise cette fois, porte le nom d’Arianrhod « roue d’argent », ce qui sert à désigner une constellation, la « corona Borealis ». Il est permis de penser, en fonction des tendances du panthéon celtique, que les théonymes désignent un des aspects de la grande déesse primordiale, mais aucune interprétation de détail n’est possible. Il est seulement permis d’affirmer en l’état actuel de nos connaissances que les Celtes n’ignoraient pas le symbolisme astral.

L’étoile polaire joue dans la symbolique universelle un rôle privilégié, celui de centre absolu autour duquel, éternellement, pivote le firmament. Tout le ciel tourne autour de ce point fixe, qui évoque à la fois le premier moteur immobile et le centre de l’univers  c’est par rapport à la Polaire que se définissent la position des étoiles, celle des navigateurs, celle des nomades, des caravaniers, de tous les errants dans les déserts de la terre, des mers et du ciel. Dans certaines religions primitives, elle est le siège de l’Etre divin à qui sont attribués la création, la conservation et le gouvernement de l’univers. La Polaire est par excellence le trône de Dieu. De là-haut, il voit tout, surveille tout, commande tout, intervient, récompense ou châtie, donnant loi et destin au monde céleste, dont le terrestre n’est que la réplique.

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Etoiles royales, tel est le nom généralement donné en astrologie aux quatre étoiles fixes de première grandeur, particulièrement importantes dans les thèmes. Elles furent les étoiles-repères du calendrier babylonien :  

Aldébaran, principale constellation du Taureau, Gardienne de l’Est,

Regulus, de la constellation du Lion, Gardienne du Nord,

Antarès, cœur de la constellation du Scorpion, Gardienne de l’Ouest,

Fomalhaut, du Poisson Austral, Gardienne du Sud.

Ainsi, parfois, on remplace Regulus par Rigel, de la constellation d’Orion, et Antarès qui est une étoile néfaste car étant « le fossoyeur des caravanes » chez les Mésopotamiens, par la bénéfique Spica, Epi de la Vierge. Cependant Sirius, la plus brillante étoile du ciel, ne figure jamais parmi ces étoiles royales. Plusieurs images symboliques sont associées à chacune de ces étoiles. On représente le plus souvent :

§  Aldébaran par un œil,

§  Regulus par un cœur ou une couronne,

§  Antarès, dont le nom provient d’Arès-Mars, par un poignard ou un cimeterre,

§  Spica par la sphinge ou sphynx, à la tête et la poitrine de femme ou par une gerbe.

letoile-du-tarot-de-marseilleL’Etoile c’est aussi le XVIIe arcane majeur du Tarot, après le Diable centre de nuit et la Maison-Dieu, éclatement de la contradiction. L’Etoile est un centre de lumière. Elle correspond en astrologie à la cinquième maison horoscopique. Dans le ciel, six étoiles, superposées trois par trois, de tailles et de couleurs différentes, sont disposées de façon symétrique autour d’une septième, au sommet de la lame, beaucoup plus grande, qui a l’air d’être elle-même composée de deux étoiles superposées à huit rayons. Juste au-dessus de la tête de la jeune fille, personnifiant sans doute Eve ou l’humanité, brille une étoile jaune à huit rayons. Cet ensemble de sept étoiles, groupées autour d’une plus grande, évoque la constellation des Pléiades.

Etroitement liée au ciel dont elle dépend, l’Etoile évoque aussi les mystères du sommeil et de la nuit ; pour briller de son éclat personnel, l’homme doit se situer dans les grands rythmes cosmiques et s’harmoniser avec eux. Cet arcane, avec sa flore et ses eaux, ses deux cruches qui se déversent, ses étoiles à sept et à huit branches, symbolise la création, non point achevée et parfaite, mais en voie de se réaliser. Elle indique un mouvement de formation du monde et de soi-même.  

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L’Etoile de Bethléem est considérée par la plupart des historiens comme une concession de l’Eglise naissante à la pensée astrologique alors toute-puissante, et fait suite aux phénomènes cosmiques extraordinaires, semblables, qui ont procédé la naissance de tous les Fils de Dieu, y compris Bouddha. Ainsi, par exemple, selon des légendes tardives, la nativité d’Agni qui, comme Jésus, était déposé par sa Mère-Vierge, Maya, et par son père terrestre, Twâstri, le Charpentier, entre la Vache mystique et l’âne, porteur du Soma, était annoncée par l’apparition d’une étoile appelée SaVaNaGRaHa.

Ce serait une erreur de penser que la date de naissance du Christ puisse être déterminée par l’Astronomie ou par l’Astrologie. Toutes les recherches astronomiques de l’Etoile de Bethléem furent vaines. On a imaginé beaucoup d’hypothèses : l’apparition d’une comète, quadruple conjonction des planètes, étoile nouvelle, etc., mais toutes ces explications sont nettement insuffisantes et forcées. Le phénomène est probablement symbolique, psychologique et non physique. Au temps de la naissance présumée du Christ, les observations astronomiques étaient si répandues que, si un grand phénomène quelconque avait eu lieu, il aurait été remarqué et noté par les auteurs orientaux ou romains. Il est impossible de déterminer, faute de documents, à quand remontent les premières tentatives de dresser le thème astrologique de Jésus.

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Quoiqu’il en soit, l’Etoile de Bethléem est l’étoile plus célèbre du monde occidental. Les scientifiques d’aujourd’hui estiment qu’il s’agit certainement d’un événement astronomique, sans doute une supernova. Ceci expliquerait sa très grande brillance et sa durée de vie très courte. De plus, ce phénomène est très rare et sa plus récente observation remonte au début du XVIIe siècle, en 1604. A cette époque, ce phénomène n’était pas compris comme il l’est aujourd’hui et les gens craignaient la fin du monde.

En ce qui concerne l’Etoile de Bethléem, d’après des calculs scientifiques, ce phénomène se serait probablement produit en l’an VII avant Jésus-Christ. Cette époque correspondrait aussi à un alignement particulier des planètes. Il existait à l’époque en Mésopotamie ou en Perse, de grands astrologues qui observaient le ciel pour connaître l’avenir. Ils avaient remarqué cet alignement rare des sept planètes visibles à l’œil nu. Pour eux, cet événement céleste annonçait la venue d’un grand roi à l’Ouest. Aujourd’hui, tout le monde s’entend pour dire que Jésus ne serait pas né le 25  décembre de l’an O, mais très certainement quelques années auparavant à une date inconnue.

etoile-de-bethleem-fleurMais savez-vous que sous le nom « d’étoile de Bethléem » se range plusieurs espèces de plantes du genre Ornithogalum. On l’appelle aussi « la dame d’onze heures » car ses fleurs s’ouvrent aux alentours de midi. Ce sont toutes les Liliacées, des plantes bulbeuses. Les feuilles sont radicales et les fleurs blanches.

Quoi qu’il en soit, vendredi c’est Noël et l’Etoile fait bien partie de la mythologie de cette fête au même titre que la crèche, les santons et le Père Noël. Et si on ne fait pas de crèche, on décore la cime du sapin d’une étoile lumineuse, que je charge de vous souhaiter un

Joyeux Noël 2010

                                                                       Leuchtender Stern am geschmückten Weihnachsbaum  

Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins   

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DANS LE MONDE DU SCORPION… LE LOUP ET LA LOUVE

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 07-11-2009

Le loup est synonyme de sauvagerie et la louve de débauche. Mais le langage des symboles interprète ces animaux d’une façon infiniment plus complexe du fait, tout d’abord, qu’à l’instar de tout autre vecteur symbolique, ils peuvent être valorisés positivement autant que négativement.

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Positif apparaît le symbolisme du loup, si l’on remarque qu’il voit la nuit. Il devient alors symbole de lumière, solaire, héros guerrier, ancêtre mythique. C’est pourquoi chez les Nordiques et chez les Grecs où il est attribué à Belen ou à Apollon.

Le créateur des dynasties chinoise et mongole est le loup bleu céleste. Sa force et son ardeur au combat en font une allégorie que les peuples turcs perpétueront jusque dans l’histoire contemporaine, puisque Mustapha Kemal, qui s’était nommé lui-même Atatürk, c’est-à-dire « Père des Turcs », avait reçu de ses partisans le surnom de « loup gris ». Le peuple turc qui, rassemblé autour de lui, menait le combat pour retrouver son identité, menacée par la décadence de l’empire ottoman, reconduisait ainsi une très ancienne image : celle de l’ancêtre mythique de Gengis Khan, loup bleu, cratophanie de la lumière ouranienne, c’est-à-dire la foudre, et dont l’union avec la biche blanche ou fauve, représentant la terre, plaçait à l’origine de ce peuple la hiérogamie terre-ciel.

Les peuples de la Prairie nord-américaine semblent avoir interprété de la même façon la signification symbolique de cet animal : « Je suis le loup solitaire, je rôde en maints pays » dit le chant de guerre des Indiens de la Prairie.

La Chine connaît également un loup céleste, l’étoile Sirius, qui est le gardien du Palais céleste, la Grande Ourse. Ce caractère polaire se retrouve dans l’attribution du loup du Nord. On remarque toutefois que ce rôle de gardien fait place à l’aspect féroce de l’animal : ainsi, dans certaines régions du Japon, l’invoque-t-on comme protecteur contre les autres animaux sauvages. Il évoque une idée de force mal contenue, se dépensant avec fureur, mais sans discernement.

La louve de Romulus et Remus est, elle, non pas solaire et céleste, mais terrienne sinon chthonienne. Ainsi, dans un cas comme dans l’autre, cet animal reste associé à l’idée de fécondité. La croyance populaire, en pays turc, a jusqu’à nos jours conservé cet héritage. Parmi les bézoards appréciés par les Yakoutes, en Sibérie, celui du loup est considéré comme le plus puissant ; en Anatolie, c’est-à-dire à l’autre extrémité de l’extension géographique des peuples altaïques, on voit encore des femmes stériles invoquer le loup pour avoir des enfants.

Au Kamchatka « à la fête annuelle d’octobre, on fait une image de loup en foin et on la conserve un an pour que le loup épouse les filles du village ; chez les Samoyèdes on a recueilli une légende qui met en scène une femme qui vit dans une caverne avec un loup ».

Cet aspect chthonien ou infernal du symbole constitue son autre face majeure. Elle semble restée dominante dans le folklore européen, comme en témoigne par exemple le conte du Chaperon Rouge. On le voyait déjà apparaître dans la mythologie gréco-latine avec la louve de Mormolycé, nourrice d’Achéron, dont on menaçait les enfants comme, de nos jours, on évoque « le grand méchant loup » ; c’est le manteau de peau de loup dont se revêt Hadès/Pluton, maître des Enfers ; les oreilles de loup du dieu de la mort étrusque.

C’est aussi selon Diodore de Sicile, Osiris ressuscitant sous forme de loup « pour aider sa femme et son fils à vaincre son frère méchant ».

C’est aussi une des formes données à Zeus, à qui on immolait en sacrifice des êtres humains, aux temps où régnait la magie agricole, pour mettre un terme aux sécheresses, aux fléaux naturels de toute sorte : Zeus déversait alors la pluie, fertilisait les champs, dirigeait les vents.

Dans l’imagerie du Moyen Age européen les sorciers se transforment le plus souvent en loups pour se rendre au Sabbat, tandis que les sorcières, dans les mêmes occasions, portent des jarretelles en peau de loup. En Espagne, il est monture du sorcier. La croyance aux lycanthropes ou loups-garous est attestée depuis l’Antiquité en Europe ; Virgile en fait déjà mention. En France, à peine commençait-on à en douter sous Louis XIV. C’est une des composantes des croyances européennes, un des aspects sans doute que revêtent les esprits des forêts.

 

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Selon Collin de Plancy, « Bodin raconte sans rougir qu’en 1542 on vit un matin cent cinquante loups-garous sur une place de Constantinople ».

Ce symbolisme de dévorateur est celui de la gueule, image initiatique et archétypale liée au phénomène de l’alternance jours-nuit, mort-vie : la gueule dévore et rejette, elle est initiatrice, prenant selon la faune de l’endroit, l’apparence de l’animal le plus vorace : ici le loup, là le jaguar, le crocodile.

La mythologie scandinave présente spécifiquement le loup comme un dévorateur d’astres ce qui peut être rapproché du « loup dévorateur de la caille » dont parle le Rig-Veda. Si la caille est un symbole de lumière, la gueule du loup est la nuit, la caverne, les enfers, la phase de pralâya cosmique ; la délivrance de la gueule du loup, c’est l’aurore, la lumière initiatique faisant suite à la descente aux enfers, le kalpa.

Fenrir, le loup géant, est un des ennemis les plus implacables des dieux. Seule la magie des nains peut arrêter sa course, grâce à un ruban fantastique que nul ne peut rompre ou couper.

osiris-relief-anubisDans la mythologie égyptienne, Anubis, le grand psychopompe, est appelé Impou, « celui qui a la forme d’un chien sauvage » ; on le révère à Cynopolis, comme le dieu des enfers.

Cette gueule monstrueuse du loup dont Marie Bonaparte parle dans son auto-analyse, comme étant associée aux terreurs de son enfance consécutives à la mort de sa mère, n’est pas sans rappeler les contes de Perrault : « Grand-Mère comme tu as de grandes dents ! ». Il y a donc, observe G. Durand, une convergence très nette entre la morsure des canidés et la crainte du temps destructeur. Kronos apparaît ici avec le visage d’Anubis, du monstre dévorant le temps humain ou s’attaquant même aux astres mesureurs du temps.

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 Notons pour conclure que ce loup infernal, surtout sa femelle, incarnation du désir sexuel, constituent un obstacle sur la route du pèlerin musulman en marche vers La Mecque, et plus encore sur le chemin de Damas, où elle prend les dimensions de la bête de l’Apocalypse.

Le loup est l’animal le plus emblématique de l’histoire de l’Europe. Il était d’ailleurs à l’honneur durant l’Antiquité chez la totalité des anciens peuples européens. De plus, le loup occupe une place dans toutes les religions d’Europe même monothéistes. Il est respecté, vénéré ou craint.

Avant le développement de l’agriculture et de l’élevage, de nombreux peuples d’Europe se disaient descendants des loups et vouaient ainsi un culte au dieu-loup ancêtre. Dans l’Antiquité, voir un loup avant le début d’une bataille était aussi présage de victoire, le loup étant l’animal symbolique du chasseur et du guerrier.

Le loup dans le folklore

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Romulus et Remus, furent élevés par la louve du Capitole. Mais il faut savoir que les jumeaux furent rajoutés bien après la louve. Les relations entre les loups et les hommes sont toujours houleuses. Le folklore montre le loup comme un prédateur sanguinaire, sauf dans quelques exceptions, comme en Italie où à cause du mythe de Romulus et Remus, elle joue un rôle protecteur et nourricier. Il en va de même chez les Esquimaux et chez les Amérindiens.

Dans la Bible, le loup est associé à la tribu de Benjamin.

saint-francois-et-le-loup-de-gubbio2Dans la Légende dorée, on trouve le loup de Gubbio amadoué par Saint François. A ce propos diverses questions se posent.  Est-ce : une pure allégorie ? L’adaptation d’une légende ancienne, étrangère à Saint François ? Un miracle réel ? Une transposition, sous une forme dramatique et pittoresque ? Ou bien la délivrance de Gubbio ravagée par des loups ? Ou encore un voyage de Saint François au monastère de San Verecondo, près de Gubbio, au cours duquel le saint répondit à des paysans qui l’engageaient à s’arrêter par crainte de loups féroces et qui lui fit répondre : « Je n’ai fait faire à frère loup aucun mal qui lui permette d’avoir l’audace de dévorer votre frère âne ». Mais ce pourrait être aussi la transformation de l’histoire d’un brigand avec qui les habitants de Gubbio auraient fait la paix par l’entremise de Saint François. La tradition de Gubbio, où l’on aurait récemment trouvé le crâne d’un loup à l’endroit qui passait depuis longtemps pour être le tombeau de cette brave vête, fixe l’épisode à 1220, mais si on le rattache au voyage de Saint François à San Verecondo, il serait postérieur à la stigmatisation. Toutefois, les monuments de Gubbio rappellent le souvenir de « frère loup », qui était peut-être une louve !

Soit dit en passant, Gubbio est vraie ville du Moyen Age, intacte et délicieuse dans ses murs d’enceinte, à flanc de montagne, où l’on imagine bien que les loups devaient pulluler. D’ailleurs, il y a toujours des loups en Italie, juste en peu plus bas sur l’Apennin, dans les Abruzzes. Un détour s’impose si vous vous rendez en Ombrie et à Assise. 

 

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Dans l’imagination occidentale, le loup incarne l’animal féroce par excellence. Craint dans toute l’Antiquité et au Moyen Age, il revient aux temps modernes périodiquement se réincarner dans une quelconque bête du Gévaudan.

la-bete-du-gevaudan1 Cette Bête du Gévaudan aurait été un animal à l’origine d’une série d’attaques contre des humains survenues entre 1764 et 1767. Ces attaques, le plus souvent mortelles, entre 88 et 124 recensées selon les sources, eurent lieu principalement dans le nord de l’ancien pays du Gévaudan, ce qui correspond globalement à l’actuel département de la Lozère. Quelques cas avaient été signalés dans le sud de l’Auvergne, dans le nord du Vivarais et du Rouergue. La Bête du Gévaudan dépassa rapidement le stade du fait divers, au point de mobiliser de nombreuses troupes royales et de donner naissance à toutes sortes de rumeurs, tant sur la nature de cette bête, vue tour à tour comme un loup, un animal exotique et même un loup-garou, voire un tueur en série à une époque plus récente, que sur les raisons qui la poussaient à s’attaquer aux populations, du châtiment divin à la théorie de l’animal dressé pour tuer. L’affaire ne fut jamais élucidée. Entre 1764 et 1767, deux animaux, identifiés comme de gros loups, furent abattus. Le premier par François Antoine, porte-arquebuse du roi de France, en septembre 1765, sur le domaine de l’abbaye royale des Chazes. A partir de cette date, les journaux et la cour se désintéressèrent du Gévaudan, bien que d’autres morts attribuées à la Bête aient été déplorées ultérieurement. Le second loup fut abattu par Jean Chastel, enfant du pays domicilié à La Besseyre-Saint-Mary, le 19 juin 1767. Selon la tradition, l’animal tué par Jean Chastel était bien la Bête du Gévaudan car, ensuite, plus aucune mort ne lui fut plus attribuée. 

le-loup-et-lagneau-la-fontaine Auparavant le loup avait beaucoup inspiré Jean de La Fontaine puisque pas moins sept fables en font le protagoniste : le loup et l’agneau, le loup et le chien, le loup plaidant contre le renard par-devant le singe, le loup devenu berger, le loup et la cigogne, le loup et les brebis, le loup et le chien maigre.

la-chevre-de-moniseur-seguin-alphonse-daudet Plus tard, Alphonse Daudet dans une de ses lettres raconte à son ami et poète Gringoire la triste destinée de la chèvre de Monsieur Seguin qui paya fort cher son goût pour la liberté, bien qu’elle fût prévenue du sort que le loup lui réservait. Daudet se sert du loup. Et la morale du conte est implicite. Il dit en toutes lettres que « le loup se jeta sur la petite chèvre et la mangea ». C’est ainsi que Daudet ne dit pas clairement quel pourrait être, d’après lui, le sort de Gringoire s’il persiste à être poète. Le loup représenterait donc la société impitoyable, ou plus simplement la faim, évoqué au début du conte quand il décrit « cette face maigre qui crie la faim… ». Quelle que soit l’interprétation, Daudet voit pour Gringoire un sombre avenir de sans-le-sou et des conditions associées. 

Enfin, l’expression « attraper » ou « choper le loup » signifie familièrement avoir une irritation au niveau de différentes zones sensibles du corps : aisselles, pli de l’aine, intérieur des cuisses, anus, etc… due à des frottements répétés ou à une mauvaise hygiène. Cette expression provient probablement des hurlements, comparables à ceux du loup, que la douleur peut provoquer.

Quant à Sigmund Freud, il associait, dans l’inconscient, le loup au désir, aux pulsions primales, particulièrement sexuelles.

Avec le loup, son histoire, ses symboles et ses légendes, on est bien dans l’univers Scorpion.

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Bibliographie : Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

 

 

 

 

 

 

 

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LA BALANCE : UNE HISTOIRE DE COUPLE

(5.2 -Ballade à travers les signes) par sylvietribut le 25-09-2009

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 - Son graphisme                

 La Balance ouvre un second cycle zodiacal. Son graphisme est double, comme celui du Cancer qui ouvrait le cycle précédent. A la différence du Cancer, les deux traits sont horizontaux. Le trait inférieur représente un principe matériel, le trait supérieur, un principe spirituel. Les deux plateaux et le fléau président à la destinée de l’homme qui doit harmoniser ces deux tendances pour trouver son équilibre. Le graphisme de la Balance rappelle celui du signe mathématique  » à peu près égal.

A l’origine le signe de la Balance faisait partie de la constellation du  Cancer et ce sont les pinces du Cancer qui forment maintenant les plateaux de la Balance. Septième signe du Zodiaque, la Balance représente l’ouverture de la personnalité sur le monde extérieur : une promesse de l’Autre. N’est pas Balance qui s’imagine seul.

La Balance, c’est comme la hifi, un problème de répartition des énergies. En réalité quand le Soleil est en Balance, la durée des jours est sensiblement égale à la durée des nuits. La Balance est ainsi un signe d’indifférence et de justice : équilibre délicat de la sensibilité et de la raison, du jugement et de la décision. 

La Balance est connue en tant que symbole de la justice, de la mesure, de la prudence, de l’équilibre parce que sa fonction correspond précisément à la pesée des actes. Associée à l’épée, la Balance est doublée de la vérité.

 

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Avec la Balance, on aborde l’équinoxe d’automne. Les mouvements des plateaux de la balance, comme ceux du Soleil dans le cycle annuel, correspondent au poids relatif du yin et du yang, de l’obscur et de la lumière. La flèche, lorsque les plateaux sont en équilibre (équinoxe), ou l’épée qui s’identifie à elle, est le symbole de l’invariable milieu. L’axe polaire qui les représente aboutit à la Grande Ourse que la Chine ancienne nommait Balance de Jade. Parfois cependant les  deux plateaux de la balance céleste étaient figurés par la Grande et par la Petite Ourse.

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D’après le Livre des Morts égyptien, on imagine la psychotasie, une pesée des âmes : dans les plateaux de la balance, d’un côté un vase, signifiant le cœur du mort, et de l’autre la plume d’autruche signifiant la justice et la vérité.

La Balance symbolise la justice : le poids comparé des actes et des obligations. Elle est gouvernée par Vénus-Aphrodite : la beauté, l’harmonie, l’amour qui a inspiré nombre d’artistes.

-       Ses mythes

La  Balance comme symbole de jugement n’est qu’une extension de l’acceptation de la justice divine. Dans l’Egypte ancienne, Osiris pesait les âmes des morts.

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Dans l’iconographie chrétienne, la balance est tenue par Saint Michel, l’archange du Jugement. Cette balance du Jugement est aussi évoquée dans le Coran.

Au Tibet, les plateaux de la balance destinée à la pesée des bonnes et des mauvaises actions des hommes sont respectivement chargées de cailloux blancs et de cailloux noirs.

En Perse, l’ange Rashnu, placé près de Mithra, pèse les esprits sur le pont du destin. Un vase grec représente Hermès pesant les âmes d’Achille et de Patrocle.

Recouvrant les notions de justice, de mesure et d’ordre, la Balance, chez les Grecs, est représentée par Thémis qui régit le monde selon une loi universelle. D’après Hésiode, elle est fille d’Ouranos (le ciel) et de Gaïa (la Terre) et donc de la matière et de l’esprit, du visible et de l’invisible. Elle apparaît dans l’Iliade  comme symbole du destin comme en témoigne le combat d’Achille et d’Hector.

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Thémis, la déesse de la Justice

La notion de destin entraînant celle du temps vécu, on comprendra que la Balance soit également l’emblème de Saturne ou de Chronos.

Mais c’est d’abord Vénus qui a son domicile dans le signe de la Balance. Vénus est née de l’écume de la mer qui s’amassa autour des organes génitaux d’Ouranos lorsque Saturne les jeta dans les flots. Ouranos est le dieu qui engendra le monde. Vénus est donc la fille du Ciel. Elle surgit nue, chevauchant une conque, dans une eau qui lui faisait miroir. Tous s’accordaient à dire qu’elle volait dans les airs, accompagnée de colombes et de moineaux.  

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Botticelli – La naissance de Vénus – Galerie des Offices à Florence

Les Parques avaient assigné à Vénus un unique devoir divin : aimer. Elle portait une ceinture magique qui rendait tout le monde amoureux d’elle, mais elle ne la prêtait pas facilement aux autres déesses. Elle avait une conduite assez légère, elle eut beaucoup d’amants : Mars, Dionysos, Poséidon, Hermès, Anchise, Adonis.

Autre mythe Balance, c’est la légende de Psyché qui l’illustre : cette histoire de la conquête de l’amour d’Eros par la belle Psyché, à travers toute une série d’épreuves. C’est encore Orphée qui perdit son Eurydice.

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Orphée et Eurydice

C’est Antéros, fils de Mars et de Vénus, enfant de l’amour, enfant d’un couple adultère et passionné. C’est Pyrame et Thysbé, ou la première version de Roméo et Juliette.

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C’est ce vieux couple, Philémon et Baucis, qui ne désirent qu’une chose ne pas connaître la douleur d’être le survivant de l’autre. Jupiter et Mercure exauceront leurs vœux, ils seront changés en arbre à un seul tronc et seront à jamais tendrement enlacés.

Un autre mythe peut être retenu comme évocateur du signe, Pygmalion et Galatée, le sculpteur et sa statue.

 

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                                               Il Bronzino – Pygmalion et Galatée

          - Sa psychologie

Signe Positif, c’est un signe d’extraversion. Mais parce que c’est le signe de l’équinoxe, la nature s’équilibre entre l’introversion et l’extraversion. Parfois, la personne penchera vers des valeurs intérieures. Introvertie, elle cherchera à faire profiter les autres de son équilibre interne. Sa nature se manifestera par un certain détachement pour elle-même, elle pourra être portée à la méditation. Soit, elle penchera vers des valeurs extérieures ; extravertie, elle se manifestera auprès des autres dans la spontanéité et l’appel de la vie. Mais quelque soit l’expression de son comportement, elle cherchera toujours le juste milieu pour la concorde et la paix.

Pesant le pour et le contre des idées, elle raisonne par intuition et marque une certaine indépendance d’esprit dans le secteur intellectuel. Quand le fléau est au point médian, chaque plateau a le même poids que l’autre : l’être sait se mettre à la place de l’autre pour le comprendre. La Balance, c’est l’intelligence du cœur.

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Signe Cardinal : la Balance inaugure une nouvelle saison, l’automne, comme le Bélier inaugure le printemps. Opposés sur le zodiaque, ils n’en sont pas moins complémentaires.

Le cercle zodiacal est une entité dont les parties ne s’excluent pas les unes les autres, bien au contraire, elles correspondent entre elles, n’étant chacune que l’application d’un même principe énergétique sous une forme symbolique différente. Chaque partie ne se comprend que par rapport aux autres, cela est d’autant plus éloquent entre deux signes dits opposés.

Cardinaux tous les deux car ils inaugurent une saison, ils sont animés par une même énergie qui est celle de l’élan ou d’un mouvement en avant :

- l’élément Feu se traduira chez le Bélier dans l’action : comme l’élan vers de nouvelles entreprises ;

- l’élément Air se traduira chez la Balance dans les échanges : comme l’élan vers de nouveaux contacts.

Aux valeurs d’engagement symbolisées par la tête chez le Bélier correspondent des valeurs d’équilibre, symbolisées par les reins, chez la Balance.

Le Feu et Mars poussent le Bélier vers des impulsivités qui peuvent être parfois brutales, l’Air et Vénus donnent à la Balance l’art des compensations harmonieuses. Leurs énergies polaires sont complémentaires et nécessaires au cycle de la vie : le Bélier fonce et rompt, la Balance rétablit l’équilibre rompu. 

L’Air est l’élément de la Balance : élément d’échanges, de mobilité et de diffusion. Il se particularise en Balance. Entre l’Air mutable des Gémeaux (le vent, les échanges par la pensée, le lien par la camaraderie) et l’Air fixe du Verseau (le ciel limpide de l’hiver : le lieu de l’âme, l’aboutissement fraternel) se situe l’Air cardinal de la Balance où l’être a plutôt tendance à juger au travers de ses sentiments.

L’Air de la  Balance ressemble à ce ciel où les nuages s’attirent les uns vers les autres, poussés par le vent d’automne : la Balance éprouve un irrésistible élan vers les autres qui peuvent influencer son orientation. Sa fonction psychologique principale est le sentiment. Elle peut manquer de sens discriminatoire, par une trop grande adaptation au groupe, au milieu dans lequel elle évolue. Ses émotions sont d’ordre esthétique, elles ne reposent pas sur un jugement rigoureux mais sur le beau ou le bien du moment.

La caractérologie en fait un primaire actif sanguin (si Vénus domine le thème) ou un nerveux (si Saturne est dominant) : suivant les cas, le sanguin sera extraverti, le nerveux sera introverti.

La partie du corps correspondant à la Balance sont les reins. Ce sont deux glandes qui, par l’élimination, assurent l’équilibre entre l’intérieur et l’extérieur. 

Si la Balance était

Un animal, ce serait une biche biche-faon qui symbolise la qualité d’âme opposée à l’agressivité dominatrice… tourterelle-turque Une tourterelle, symbole de la fidélité conjugale dans la tradition chrétienne…  

 

Et si c’était un oiseau… Ce serait un rossignol, rossignol_philomele05le chantre de l’amour, mais aussi le martin-pêcheur martin-pecheur qui vole en couple et qui est, pour les Chinois, symbole de fidélité et de bonheur conjugal. Sensibles à leur beauté, ils opposent leur noblesse et leur délicatesse à la vulgarité des oiseaux bavards.  

Si c’était un arbre… palmier ce serait un palmier.  Une plante…  glycine de la glycine.

Une fleur… reseda_white_mignonette le réséda, le camélia camelia et bien sûr…          la rose rose-rouge et ses messages d’amour.

Si la Balance était un parfum, ce serait le jasmin jasmin ou le nard  le-nard qui entre dans la composition du Paradis où s’épanouit l’amour, comme l’évoque le Cantique des Pères de l’Eglise.

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 Si c’était un condiment… ce serait de l’estragon

 

Si c’était un métal… ce serait du cuivre pepite-de-cuivre  ou du platine pepites-de-platine

Sa saveur est suave.

Ses couleurs sont : le rose, le bleu pervenche, le vert Nil et le turquoise. 

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Sa pierre est le saphir bleu des bagues de fiançailles.

Et si c’était un instrument de musique… ce serait un violon violon2

Un objet de collection … des instruments anciens, merlante_base_santorini_nott des tableaux,  

des objets en écaille peigne-en-ecaille  des oiseaux peints oiseau-peint des meubles Louis XV  dos-dane-louis-xvcomme un dos d’âne…

 

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