DANS L’HERBIER DE LA BALANCE… LA VERVEINE

(6.6.7 - LES MYTHES DE LA BALANCE ET DE VENUS) par sylvietribut le 06-10-2016

On l’appelle aussi Verbena officinalis, Verveine officinale, Verveine commune ou des champs, herbe aux sorciers, herbe aux enchantements, herbe sacrée, herbe à tous les maux, guérit-tout, herbe du foie, herbe du sang. Les verveines sont des plantes de la famille des Verbenaceae.

Les Romains l’avaient dédiée à Vénus. Ils l’appelaient « Veneris herba » : herbe de Vénus ou « Veneris vena » : veine de Vénus, car ils la croyaient propre à rallumer les feux d’un amour près de s’éteindre ; ils en offraient des bouquets porte-bonheur pour le nouvel an, la mettaient à tremper dans de l’eau dont ils arrosaient les salles de banquet afin de réjouir le cœur des convives.

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Verveine

Chez les Gaulois, les druides, avant le sacrifice, lavaient leurs autels avec de l’infusion de fleurs de verveine alors que chez les Germains, les prêtresses s’en couronnaient. Plus tard, elle entra dans la confection de la plupart des philtres, surtout ceux d’amour. Elle servait aussi à prédire l’avenir, à jeter des sorts ou à les lever. Par exemple, le chasseur qui pensait avoir ratait son gibier parce qu’on avait ensorcelé son fusil, annulait le « mauvais œil » en frottant son arme avec de la verveine.

Pour protéger les maisons contre les esprits malins, on accrochait une branche de verveine à la porte. Aujourd’hui, certains disent encore qu’un enfant qui porte sur lui un brin de verveine qu’il sera bien élevé, éveillé, de bonne humeur et qu’il aimera les sciences.

La verveine a été, partout et longtemps, la plante magique par excellence. Si bien que le célèbre médecin Matthiole était encore en droit d’écrire à la fin du XVIe siècle : « Les magiciens perdent leur sens et entendement à l’endroit de cette herbe. Car ils disent que ceux qui s’en seraient frottés obtiendront tout ce qu’ils demanderont, ayant opinion que cette herbe guérit des fièvres et fait aimer la personne, et en somme, qu’elle guérit de toutes maladies et de plusieurs autres ».

Dans le calendrier républicain français, le 27e jour du mois de Prairial est officiellement dénommé « jour de la verveine ».

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La verveine – Planche botanique

Cette verveine associée à tous ces prodiges, est, bien entendu, l’’espèce indigène qui pousse spontanément en Europe depuis toujours, car il existe une autre variété, généralement plus connue, originaire d’Amérique u Sud, vraisemblablement du Chili, qui n’a été acclimatée, puis cultivée chez nous qu’après l’époque des grands navigateurs découvreurs de terres nouvelles.

Quoi qu’en disent certains auteurs, c’est la première, la sauvage offerte gratuitement par la nature, qui possède les vertus les plus marquées. D’ailleurs, c’est elle qui est « officinale » tandis que sa sœur venue du Nouveau Monde est connue des botanistes sous les noms de « Verbena triphylla », parce que ses feuilles sont groupées par trois sur sa tige ; et « Verbena citriodora » parce qu’elle dégage une odeur citronnée qui lui vaut d’être baptisée aussi « citronnelle ».

La verveine des champs pousse au bord des chemins et des fossés, en lisière des forêts, dans les prés sablonneux. Elle ne dépasse guère 40 à 60 cm de haut. Ses tiges principales sont quadrangulaires. Ses feuilles sont opposées deux par deux, élégantes car très découpées en lobes inégaux, le terminal était beaucoup plus grand. Ses fleurs sont petites, mauve pâle, avec un calice à cinq lobes, disposées au sommet des rameaux en épis assez allongés. Elle est légèrement aromatique quand on l’écrase.

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La verveine officinalis

L’autre verveine, au contraire, se fait remarquer par sa forte odeur qui lui vaut d’être désignée communément sous l’étiquette parlant de « verveine odorante » et qui la fait employer aussi bien en parfumerie que pour masquer le goût désagréable de certaines tisanes.

Cultivée dans les régions méditerranéennes, c’est un véritable arbuste qui atteint souvent la taille d’un homme. Ses feuilles sont en forme de lance et ses fleurs, petites, rose violacée, en épis terminaux, sont en fait son seul point commun avec sa sœur.

Différentes dans leur aspect, les deux verveines le sont également dans leurs composants. L’analyse a démontré que la première est de loin la plus riche ; elle contient notamment un glucoside amer, la verbénaline, qui agit sur le foie et qui est tenu pour tonique, digestif, antinévralgique et fébrifuge. C’est pourquoi, lorsqu’on le peut, il est conseillé de leur accorder la préférence.

La verveine se prend en décoction légère : 50 gr de plante séchée : sommités fleuries et feuilles séchées à l’ombre le plus rapidement possible afin de leur conserver leurs couleurs, pour un litre d’eau ; tremper à froid pendant dix à quinze minutes ; chauffer et faire bouillir seulement quelques secondes ; laisser infuser dix minutes. On peut en boire trois à quatre tasses par jour.

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Tisane de verveine

La verveine est indiquée contre les maladies du foie, la jaunisse en particulier, mais aussi de la rate, la congestion de l’organe, et des reins car c’est un excellent diurétique, mais également en cas de digestions difficiles, de diarrhée, les gaz fébriles. On a même comparé son action à celle de la quinine. Elle est efficace également en cas de règles douloureuses et irrégulières, surtout lorsqu’elles sont accompagnées de migraine.

La verveine est également à usage externe, on fait cette même décoction, au besoin un peu plus corsée en augmentant la dose de plante, s’applique en compresses pour nettoyer et cicatriser les plaies et les ulcères, pour soulager la douleur en cas de foulure, d’ecchymoses et de névralgies faciales ; elle est indiquée en gargarismes contre les maux de gorge, en gains de bouche contre l’inflammation des gencives et la mauvaise haleine. Badigeonnée sur le front et les tempes, elle calme les maux de tête.

Une décoction concentrée ajoutée à l’eau de la baignoire procure un bain délassant et réparateur. Compter un sachet de 200 grammes pour deux litres d’eau.

Les cataplasmes de verveine appliqués le plus chaud possible, s’emploient couramment à la campagne en cas de lumbago et de points de côté douloureux. Compter deux grosses poignées de plante fraîche écrasée ou de plante séchée trempée à froid dix minutes, puis bouillies quelques secondes dans le minimum de vinaigre de vin.

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Bibliographie

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont.

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DANS L’HERBIER DU CAPRICORNE… LA SAPONAIRE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 16-01-2014

Saponaria officinalis… Savonnière… saponière… savonaire… herbe à savon… savon de fossé… herbe à foulon, savonnière ou même herbe à femme… C’est indiscutable, comme le laissent présager toutes ces appellations, la saponaire nettoie… Et elle nettoie tout : le linge avec lequel on la met à bouillir en guise de savon, les étoffes de laine avant teinture, les tissus aux couleurs délicates et l’organisme humain lorsqu’il est victime d’engorgements ou surchargé de toxines qui cherchent une porte de sortie à travers la peau. L’Homéopathie considère Saponaria comme un remède de drainage dans toutes les affections cutanées, rejoignant ainsi les médecins arabes qui la prescrivaient contre les dartres, les ulcères et même la lèpre. Pour l’astrologue, dans l’homme-zodiaque la peau est régie par le Capricorne et par Saturne. Elle est une des herbes de base de la médecine populaire qui l’utilise d’autant plus volontiers qu’elle pousse à peu près partout : au bord des rivières et des ruisseaux, dans les bois et les haies, sur les décombres et les talus où elle forme d’importantes colonies et qu’elle est facile à identifier : ses tiges, de 30 à 70 cm de haut, de forme cylindriques et dures ; elles portent des feuilles opposées, vert tendre, pointues et sillonnées par trois nervures longitudinales ; ses fleurs rose tendre sont groupées en petits bouquets au sommet des tiges ; elles ont cinq pétales et un délicat parfum. On peut employer les tiges et les feuilles, mais généralement on leur préfère la racine. C’est un rhizome blanc jaunâtre, très ramifié, de la grosseur du doigt, récoltée soit au printemps, soit en automne, séchée au soleil et coupée en petits morceaux.

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La Saponaire

Les saponaires regroupent des plantes essentiellement de la famille des Caryophyllaceae qui doivent leur nom au fait que leurs rhizomes contiennent des saponines faisant mousser l’eau et leur permettant, au moins pour l’espèce Saponaria officinalis, d’être utilisées comme substitut du savon. On en connaît une vingtaine d’espèces, le plus souvent méditerranéennes.

Cette « herbe à savon » tire son nom latin et français de « saponaria » et « saponaire ». Son nom anglais est « soapwort » et les Italiens en ont fait leur « sapone », c’est-à-dire le savon. On comprend que ce sont les propriétés savonneuses et mousseuses que les racines produisent lorsqu’elles sont broyées et mélangées à l’eau qui lui on valu cette dénomination. On a d’ailleurs longtemps utilisé la saponaire comme substitut du savon pour laver le linge. Elle peut également entrer dans la composition de shampooings et produits démaquillants.

SAPONAIRE - SAVON

Savon à la saponaire

Dès le XVIe siècle, sous le règne d’Elizabeth 1re, reine d’Angleterre, on se servait déjà de la saponaire pour laver et prérétrécir le linge avant fabrication. C’est d’ailleurs, sous l’emprise d’une forte imagination que les anglophones nomment aussi cette fleur « boucing bet ». C’est grâce à ses vertus médicinales et ornementales que les premiers colons la naturalisèrent en Nouvelle-Angleterre. Elle se dispersa par la suite dans toute l’Amérique du Nord, et surtout aux Etats-Unis.

Et pourtant, des siècles auparavant, les Romains mettaient de la saponaire dans l’eau de leur bain pour guérir les démangeaisons. Toutefois, « saponaire » vient du mot gaulois « sapo », conservé en latin et qui a donné le mot « savon » désignant ce qui nettoie. Son rapport avec l’eau est prépondérant d’abord parce que la saponine que la plante contient provoque une mousse au contact de l’eau et qu’elle pousse souvent au bord des rivières et l’eau de cette rivière provoque sur la peau le même effet que le savon.

LA SAPONAIRE - FICHE BOTANIQUE 

La Saponaire – Planche botanique

La saponaire a également une influence bénéfique sur les rhumatismes et l’insuffisance hépatique. On peut d’ailleurs préparer une décoction de saponaire en la faisant bouillir cinq minutes, mais il faut la passer immédiatement sans laisser macérer en raison des effets secondaires : tremblements, paralysie partielle de la langue, sécheresse de la bouche qui seraient alors à craindre. Rhumatismes, tremblements, paralysie et sécheresse de la bouche, voici bien des problèmes liés à Saturne et au Capricorne.

Outre le fait que la saponaire est une plante utile puisqu’elle aide à la lessive, mais aussi parce qu’elle soigne, on comprend qu’elle entre dans l’herbier du Capricorne, car elle soigne des problèmes tout à fait rattachés au signe et à Saturne : les problèmes dermatologiques et les démangeaisons et ceux en rapport avec les rhumatismes. Or, dans l’homme-zodiaque la peau, comme les os et les articulations sont du domaine du Capricorne, régit par Saturne. Pour les problèmes hépatiques, il ne faut pas perdre de vue que Jupiter qui régit le foie, est en chute dans le Capricorne. 

LA SAPONAIRE

Bibliographie

Nos grand-mères savaient – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

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