LES GALOPS DU SAGITTAIRE

(5.2 -Ballade à travers les signes) par sylvietribut le 24-11-2009

Le 22 novembre 2009, le Soleil  a fait son entrée dans le Sagittaire qu’il quittera ce signe le 21 décembre prochain dans la journée.

         - Son graphisme glyphe-du-sagittaire-23

Du graphisme du Scorpion il ne reste que le dard devenu flèche. Le M, commun au Scorpion et à la Vierge, a disparu car le Sagittaire est comme la Vierge un signe d’accomplissement et par le Scorpion, il existe possibilité de transformation. Le  Sagittaire est traditionnellement illustré par un Centaure décochant une flèche.

         - Ses symboles

Mi-cheval, mi-humain, le Centaure symbolise la double nature de l’homme, animale et spirituelle. Mais la flèche représente la possibilité de se dégager aussi bien des contraintes de l’animal que de l’humain pour accéder au plan supérieur des dieux.

La flèche est symbole de rapidité, de droiture et d’assurance : la flèche ne fait pas de détours, elle va droit au but. C’est une flèche qui relit la terre au ciel, elle traverse l’espace-temps et exprime l’ouverture de la pensée et de l’être Sagittaire.

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Solidement posé sur le sol de ses quatre pattes de cheval, son corps prend forme humaine à partir de la moitié supérieure et, de son arc tendu, il vise les étoiles. Son but : le ciel lointain. Son idéal, pour élevé qu’il soit, n’est pas désincarné. Ce vigoureux Centaure lutte sur la terre pour sauver l’espèce humaine. Le Sagittaire c’est le feu de la foi agissante. 

C’est dans le Sagittaire que Zeus-Jupiter le dieu des dieux règne en majesté. 

         - Ses mythes

~ Zeus-Jupiter, roi de l’Olympe, est le dieu de la  lumière, du ciel clair et de la foudre : dispensateur des biens et des maux, il veille sur le bon ordre des mondes terrestres et célestes. Il commande aux étoiles et à toute la terre. Il prononce les oracles, il établit les lois et, avec la foudre, fait régner la justice.

Fils de Cronos-Saturne qui dévorait ses enfants à leur naissance, il échappa au sort de ses frères, grâce à Rhéa, sa mère. Pour sauver son enfant, elle donna une pierre enveloppée d’un lange à Saturne, qui la mangea en le prenant pour son fils. Confié aux nymphes, il fut nourri de miel et du lait de la chèvre Amalthée, dont la jolie statue se trouve à Rambouillet, dans la Laiterie de la Reine.

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Arrivé à l’âge adulte, Jupiter voulut s’emparer du pouvoir de Saturne mais avant il demanda conseil à Métis (la prudence) qui lui donna une drogue grâce à laquelle Saturne dut vomir tous ses enfants (ses désirs refoulés) qu’il avait incorporés.

Après une longue lutte qu’on nomma Titanomachie, Jupiter, aidé des Cyclopes (les forces instinctives et passionnelles) qu’il avait libérés du Tartare, vainquit Saturne et les Titans (désir d’ambition et de domination) qu’il chassât du ciel. Mais les Géants protestèrent et voulant venger les Titans, ils attaquèrent Jupiter dans une lutte qu’on appela la Gigantomachie. Pour les vaincre, Jupiter fit appel à un homme : Héraclès. 

Mais la lutte la plus dure fut celle qu’il dut entreprendre contre Typhon (le fléau des mortels), monstre à forme mi- humaine, mi-bestiale qui symbolisait l’urgence des désirs se déchaînant contre la sagesse.

Nombreuses furent les amours de Jupiter ; parmi elles, il faut compter Thémis, la déesse des lois, avec laquelle il engendra les Heures : discipline, justice et paix qui assurent le maintien de la Société, et les Moires ou les Parques qui personnifiaient le destin.   

                                                                                           ingres-jupiter-et-thetis1 Ingres – Jupiter et Thémis

 

~ Les Centaures : un jour Ixion tomba amoureux d’Héra-Junon, la femme de Zeus-Jupiter et voulut s’unir à elle. Mais Jupiter ayant compris ses intentions, il façonna un nuage à l’image de sa femme. Ixion crut s’accoupler à la déesse et, neuf mois plus tard, naquirent les Centaures, chevaux à buste humain et munis de bras. Les Centaures, qui figuraient dans le cortège de Dionysos, avaient des moeurs sauvages. Buveurs émérites, ils étaient violents et violeurs et leurs forces étaient totalement dévastatrices.Cas particulier chez les Centaures, Chiron, un des leurs était né de Cronos-Saturne et de la nymphe Phylira. Chiron connaissait l’art de la médecine et ses talents d’éducateur avaient rassemblé autour de lui de nombreux héros. Mais un jour qu’il était en compagnie d’Héraclès, une de ses flèches empoisonnée le blessa au pied. Sa blessure était inguérissable. Chiron n’en pouvait plus de douleur. Il préféra échanger son immortalité contre la mortalité de Prométhée. C’est le mythe qui illustre le mieux les conflits profonds de l’instinct et de la raison. 

~ Dionysos : Dionysos est né de la cuisse de Zeus-Jupiter et sa mère était Sémélé, la fille du roi de Thèbes. Dionysos, peu après sa naissance, fut démembré, cuit et même bouilli dans un chaudron. Il lui faudra tout l’amour de sa grand-mère Gaïa pour le sortir de ce traitement de choc. Il n’en est pas moins le dieu de la nature et du vin. 

le-triomphe-de-dionysos-mosaiqueLe triomphe de Dionysos

 

~ Dionysos et Silène : Silène était le précepteur de Dionysos, un véritable sage, prophète et savant. Son seul problème : il ne pouvait enseigner du fait qu’il était toujours ivre, jovial et voluptueux.

~ Dionysos et Athéna : Dionysos est né de la cuisse de Jupiter, Athéna, elle, est née de sa tête. Ce couple frère-sœur symbolise la plus haute évolution affective humaine que peuvent vivre l’homme et la femme.

~ Héraclès et les cavales de Diomède : Héraclès dut capturer les juments de Diomède car elles avaient pour particularité de dévorer les hommes. De plus Diomède était d’origine incestueuse et, loin d’en être affecté, il s’en vantait

~ Pégase, le cheval ailé de Jupiter, né d’une goutte de sang de Méduse, et Bellérophon forment un couple presque invincible.

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~ Les Amazones sont les premières cavalières de l’Histoire.

~ Diane-Artémis c’est la chaste chasseresse, apparentée aussi à la Lune. Elle tient d’ailleurs un arc d’argent qui n’est autre qu’un croissant de Lune.

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 Artémis – Parc de Rambouillet

         - Sa psychologie

Le Sagittaire est un signe positif, c’est un extraverti. 

Le Sagittaire est un signe double : l’archer qui représente le Sagittaire mi-homme, mi-cheval symbolise la dualité de ce signe entre instinct et  raison, corps et esprit. Il lui faudra réconcilier ces opposés. Les manifestations extérieures de ce conflit de base prendront l’allure de changements soudains dans les enthousiasmes du sujet Sagittaire.

C’est aussi pour cela qu’on le dit signe mutable, ce qui le rend instable et de ce fait, il ne finit pas toujours ce qu’il a commencé. Telle la flèche, il préfère le voyage et ses aléas au but qui est perçu comme une retombée sans intérêt. Le Sagittaire est souvent un voyageur, dans son corps comme dans son esprit. Jupiter, maître de la sagesse, colore ses expériences de motivations philosophiques, spirituelles, religieuses ou artistiques. Le Sagittaire a perpétuellement le désir de s’élever et de progresser. En cas de voyage d’ordre matériel, le sujet est alors animé par un idéal de merveilleux et de plaisirs fantastiques. Il est toujours en quête de vérité et de savoir. Les atouts majeurs du Sagittaire : l’optimisme et l’enthousiasme. Sa faiblesse réside dans son manque de sens pratique et son désintéressement.

Le Feu est l’élément du Sagittaire : l’élément d’énergie intense, de dynamisme et de transformation. Avec le Feu du Sagittaire, l’être transforme avec enthousiasme ses émotions en activité. La caractérologie en fait un bilieux, sanguin, actif.

Le Feu du Sagittaire est un feu sous la cendre, une braise rouge qui ne s’éteint pas : le Sagittaire est animé par une conscience toujours en éveil, qu’un feu intérieur, qu’un esprit ravive constamment.

Un souffle d’air transforme la braise en flamme : c’est un enthousiaste qui peut se montrer parfois excessif. Le Sagittaire est toujours partagé entre une tentation anarchiste et une tentation bourgeoise. Il a un côté cyclothymique. C’est un maniaco-dépressif.  

Les parties du corps correspondant au Sagittaire sont les hanches et les cuisses qui permettent la marche et favorisent les rapprochements et les contacts. Au Sagittaire sont associées des valeurs d’activité : c’est un être plein de tonus et de vitalité. 

Au jeu du portrait chinois, si on se posait la question… 

… et si le Sagittaire un animal, ce serait… cerf-en-foret un cerf,                  dauphin un dauphin,                zebre un zèbre,   chien un chien…       ou un mustang                 mustang  

… et si c’était un arbre, il aurait la force et la noblesse du hêtre hetre aux feuilles d’or et au tronc lisse.

glaieul Si c’était une fleur, ce serait un glaïeul.

Si c’était une plante : thuya un thuya…                                           du thé    the 

Si c’était un condiment : la menthe Single peppermint plant ou  le romarin romarin 

etain Son métal est l’étain.

Ses pierres sont le grenat       grenat                        et l’hyacinthe hyacinthe1

 

Ses couleurs sont le pourpre, le bleu nuit, le violet ou le parme.

 Si c’était un parfum : ce serait bergamote la bergamote, le cédrat cedrat-digitata ou        le cuir de Russie cuir-de-russie

Si c’était un instrument de musique : le saxophone saxophoneou  les orgues orgue-saint-sulspice-paris

Et si c’était un objet de collection : des étains, des souvenirs de voyages, des objets du monde entier… 

                                                                               jupiter  Jupiter, la planète-maîtresse du Sagittaire…

 

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LES ORIGINES MYTHIQUES DE PARIS

(6.2 - Paris Insolite - Paris Mystérieux - Paris Esotérique) par sylvietribut le 20-11-2009

Un fleuve dont les bras enserrent un chapelet d’îles refuges, un marécage protecteur, des forêts généreuses tout autour : voilà le site primitif de Paris, sa raison d’être. Sans cela les hommes auraient peut-être passé leur chemin. Mais non, ils s’arrêtèrent, et cela dès le IVe millénaire avant Jésus-Christ. 

                                  arenes-de-lutece                                                                                          

Quelques milliers de siècles plus tard, au IIIe siècle avant notre ère, une tribu celte au nom riant de Parisii s’installe sur la future île de la Cité et y fonde son « chef-lieu » : Lutecia.  Ce n’est pas encore une ville, mais un oppidum, lieu de défense, de culte, de commerce, bref, de pouvoir. Jules César est le premier à le désigner par écrit dans la Guerre des Gaules. Même s’il n’a pas assisté en personne aux combats, il raconte comment Labienus, son lieutenant, a conquis Lutecia. Dans la plaine de Grenelle, les Gaulois ont combattu jusqu’à la mort de leur chef, Camulogène. Les Romains reconstruisent la ville, elle atteindra son apogée au IIIe siècle pour subir, ensuite, les attaques des Barbares.

Les Arènes de Lutèce  - Entrée 49 rue Monge ou rue des Arènes et square René Capitan PARIS Ve

 

 

 

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Mais revenons à l’étymologie de Lutèce. Selon Gilles Corrozet, un certain Lucus (ou Luce) descendant de… Noé ( !) serait devenu roi des Celtes et aurait fondé une ville : Lutèce ou Lucotece. Pour certains, Lutèce viendrait de « luto » qui signifie « boue » ou « fange », car le site était alors bordé au nord de marécages. Pour d’autres, elle tirerait son nom du grec « leuxos », « blanc », car l’assiette de la ville est totalement blanche avec d’un côté ses carrières et de l’autre ses plâtrières. On se régale de l’interprétation qu’en fait Rabelais qui nomme la ville « Blanchette, pour les blanches cuisses des dames dudit lieu ».

On ne sait dater exactement quand Lutèce devient Paris. Vers le IIIe siècle, « Lutèce » se perd au profit de « cité des Parisii ». Les Historiens s’accordent à dire que « Paris » vient du nom de cette tribu gauloise. Trop simple, trop modeste pour une Ville lumière qui se doit d’avoir un mythe fondateur. Alors pour surpasser Rome, elle s’en invente plusieurs.  

PARIS

Raoul de Presle nous renvoie l’écho de la croyance la plus en vogue au XVe siècle. Celle du Paris aux origines troyennes. Francion, fils d’Hector, petit-fils de Priam, fuit Troie après la guerre légendaire. Il s’arrête en Hongrie pour y fonder Sicambre. Mais la croissance de la population est telle qu’au bout de deux siècles, la Hongrie ne suffit plus aux Troyens. Conduits par un chef nommé Iboz, ils traversent la Germanie et le Rhin pour s’établir sur une île de la Seine « et pour ce  qu’ils le virent gras, abondant, délectable, plantureux et bien assis pour y habiter, y firent et fondèrent une cité laquelle ils appelèrent Lutèce, a luto, c’est-à-dire boue ou graisse de terre, pour ce que la dicte isle estoit remplie de toute fertilité ». Ils s’appelèrent Parisiens, pour Pâris, fils du roi Priam, et c’est en son honneur que plus tard le nom de Lutèce sera changé pour celui de Paris.

Un autre mythe rattache la fondation de Paris au passage du demi-dieu Héraclès sur ses terres. Pour accomplir le onzième des douze travaux commandés par Eurysthée, Hercule doit se rendre en Espagne pour y cueillir les pommes d’or du jardin des Hespérides. Mais avant d’aller combattre le dragon espagnol, Hercule fait une halte sur une île, l’actuelle île de la Cité. Il prend tant de plaisir à cette pause qu’il décide de la prolonger, commence à bâtir quelques maisons. « Puis voulant passer outre pour parfaire ses entreprises et ses conquestes, laissa en la dicte isle une bende et compagnie de ses gens darmes et vassaulx qui Parrisient estoient nommez selon le nom de leur pays, qui est en Grece du coste de l’Asie Parasia nommee ».

eglise-saint-germain-des-pres D’autres enfin lient Paris au culte d’Isis, déesse égyptienne et lunaire, qui aurait été adorée à Lutèce. « Paris » ou « Para Isis », c’est-à-dire proche du temple d’Isis sur les ruines duquel s’élève, dit-on, l’église Saint-Germain-des-Prés, l’église la plus ancienne de Paris. L’abbé du Breul, en 1612, reprend cette idée : « Au lieu où le roy Childebert fit construire l’église Saint-Vincent, à présent dite de Saint-Germain, et à laquelle il donna son fief d’Issy, la commune opinion est, qu’il y avoit le Temple d’Isis, la femme d’Osiris, autrement dit Jupiter le Juste, et que d’icelle le village d’Issy a pris son nom ».

Isis a-t-elle vraiment reçu un culte en Gaule ? La question est toujours débattue. Isis, déesse de la fécondité bienveillante et garante de bonne fortune, a peut-être rassuré les hommes en période trouble. La légende de son attachement à Paris se diffuse au XIVe siècle, moment où la ville en rupture avec son roi a besoin de s’ancrer dans un passé plus ancien. Mais c’est au XVIIe siècle qu’elle est la plus populaire : les plans de la ville ne manquent plus de mentionner les temples d’Isis. Chaque statue de femme trouvée est identifiée comme une statue de la déesse égyptienne, elle est  la tête de bronze découverte dans le jardin de Saint-Eustache, en réalité la déesse Diane, qui ouvrira une polémique qui restera vive durant des siècles et des siècles. Cependant, Diane est elle-même une déesse lunaire, elle personnifie même la Nouvelle Lune, tout comme Isis.

 

Bibliographie : Légendes et récits de Paris – Nathalie Tournillon – Editions Ouest France Rennes

 

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LEGUME OU FRUIT DU SOLEIL… LA POMME D’OR

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 08-08-2009

Chez les Aztèques, c’était un « fruit charnu ». On l’appelait la « tomalt ». Elle était plutôt petite et jaune, très répandue au Mexique et au Pérou. C’est de là-bas que les conquistadors espagnols l’ont rapportée en Europe sous forme de petites graines, « la tomata ». Adoptée pour sa consommation dès le XVIIe siècle dans le sud de la France, la tomate a longtemps été, au nord de la Loire, considérée comme une plante d’ornement. C’est en 1790, pendant les fêtes de la Révolution, que les Marseillais l’ont fait goûter et découvrir aux Parisiens.

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La première attestation de « tomate » en français date de 1598 dans la traduction de l’ouvrage de José de Acosta, « Historia natural y moral de las Indias », par Robert Regnault. Le mot « Tomate » n’est entré dans le dictionnaire de l’Académie française qu’en 1835, le fruit s’est longtemps appelé « pomme d’amour » ou  » pomme d’or ». Le nom de la tomate figure dans les « mots sans frontières » recensés par Sergio Corrêa da Costa. On le retrouve en effet dans de nombreuses langues avec de faibles variations phonétiques et orthographiques. On a ainsi dans les langues européennes : tomato en anglais, tomate en allemand, espagnol, français et portugais, tomat en danois, norvégien, suédois et estonien, tomaat en néerlandais, à l’exception notable de l’italien, pomodoro. Quoiqu’il en soit la tomate, dont l’appartenance à la famille des Solanacées avait été reconnue par les botanistes de la Renaissance, a été classée scientifiquement par Linné en 1753 dans le genre Solanum avec comme nom binomial Solanum lycopersicum.

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La tomate est donc bien un légume solaire, le légume du Soleil, le légume du plein été, lorsque le Soleil est le plus haut dans le ciel et où nous ressentons le mieux les bienfaits de ses rayons et de sa chaleur… Ne dit-on pas « rouge comme une tomate » quand on a pris un coup de soleil. On le dit aussi d’ailleurs quand on rougit de confusion.

Cependant, comme on vient de le voir, en Italie la tomate est appelée « pomodoro », la « pomme d’or » et cet or est une autre référence au soleil et au signe du Lion, qui correspond au milieu de l’été, signe dont on dit que le Soleil y est en domicile.  Cette pomme d’or invite à s’interroger : et si la tomate avait été connue des dieux grecs, bien avant que nous ne la découvrions chez les Aztèques. Et voilà ce mythe de la pomme de la discorde nous fait douter… Ce serait donc une tomate qui serait à l’origine de la guerre de Troie ?

Pâris était l’un des plus jeunes fils du roi Priam et de la reine Hécube, les souverains de Troie. Il avait pour frère Hector qui trouvera la mort durant la guerre de Troie et, pour sœur, Cassandre, la voyante que personne ne croyait. Un peu avant de le mettre au monde, sa mère, la reine Hécube, rêva qu’elle donnait naissance à une torche qui incendiait et détruisait toute la ville, ou bien qu’un monstre aux cent bras mettait la cité en ruine. Un devin, Aesacos, fils que Priam avait eu de la nymphe Alexirrhoé, ou bien une Sybille, avertit Priam que ce rêve était de mauvais augure et que l’enfant devait mourir ; Priam confia alors le nouveau-né à un berger, Agélaos, qui l’abandonna sur le Mont Ida. Mais cinq jours plus tard, le berger le retrouva toujours vivant, car une ourse l’avait nourri ; il eut pitié de l’enfant et l’éleva comme son propre fils. Pâris devint un jeune homme d’une beauté frappante et, le moment venu, il se réconcilia avec sa famille. En effet, Priam avait envoyé des serviteurs dans la montagne pour rapporter un taureau destiné à être le prix des jeux funèbres donnés par le roi. Le taureau choisi était l’animal favori de Pâris, et ce dernier suivit les serviteurs, bien décidé à prendre part aux jeux et à reconquérir l’animal. En effet, il remporta de si belles victoires qu’il excita la jalousie des fils de Priam et lorsque Deïphobe tira l’épée contre lui, il chercha refuge à l’autel de Zeus dans la cour du palais. Cassandre l’aperçut et reconnut en lui le fils que Priam avait perdu ; Pâris fut alors accueilli, et la vision de la reine Hécube oubliée. Auparavant, Pâris avait épousé une nymphe, Oenoné, fille du fleuve Cébren, et continua à vivre avec elle sur le Mont Ida, en gardant les troupeaux de son père avec ses camarades.

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Les Noces de Thétis et de Pelée par Cornelis Van Haarlem (1593)

C’est là qu’Hermès (Mercure), sur l’ordre de Zeus (Jupiter), conduisit Pâris auprès d’Héra (Junon), Athéna (Minerve) et Aphrodite (Vénus) qui se disputaient la pomme d’or lancée par Eris (la Discorde) lors des noces de Thétis et de Pélée : le fruit portait l’inscription « à la plus belle ». Chacune des trois déesses essaya d’acheter le beau juge : Héra lui offrit l’empire de la terre toute entière ; Athéna, la victoire dans tous les combats et Aphrodite lui offrit la plus belle femme du monde. Ce fut cette dernière proposition qui convainquit Pâris et il accorda le prix à Aphrodite. Dès lors la déesse le protégea et fit en sorte qu’il rencontre Hélène, épouse de Ménélas le roi de Sparte en Grèce.

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Le jugement de Pâris – Miniature

Priam, sans doute sous l’influence d’Aphrodite, envoya Pâris le représenter auprès du roi de Sparte. <peut-être Pâris déclara-t-il qu’il avait l’intention de ramener Hélène avec lui, car la jeune femme était célèbre pour sa beauté et avait été demandée en mariage par tous les jeunes princes de Grèce. On racontait aussi qu’Hélénos et Cassandre avaient prédit à ce moment-là que le départ de Pâris apporterait la ruine de Troie. Oenoné, la compagne de Pâris, sentant qu’il allait l’abandonner, lui demanda de revenir près d’elle sur le Mont Ida s’il était blessé, qu’elle le soignerait grâce à ses connaissances en médecine.

Lorsque Pâris arriva à Sparte, Ménélas l’accueillit avec hospitalité tandis que sa femme Hélène tombait éperdument amoureuse de lui. Neuf jours plus tard, Ménélas dut se rendre aux funérailles de son grand-père Catrée, en Crète, et Pâris s’enfuit avec Hélène, emportant avec lui les trésors magnifiques des coffres de Ménélas.

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Hélène et Pâris – Musée du Louvre – DAVID (1788)

Les traditions diffèrent sur le temps que les deux amants mirent pour atteindre Troie. Quoi qu’il en soit,  quand il se fut révélé impossible de régler le différend par la voie diplomatique, une immense armée recrutée dans la plupart des royaumes et principautés de Grèce attaqua Troie sous le commandement suprême d’Agamemnon, le frère de Ménélas. Notez au passage l’enchaînement des événements qui président à un destin et toujours à partir d’un fait qui semble bien anodin. Cette pomme d’or allait en effet être à l’origine d’une guerre longue et impitoyable et la chute de Troie.

Cette pomme d’or provenait du jardin des Hespérides, qui n’étaient pas encore ces résidences médicalisées pour personnes âgées dont on voit les publicités dans les journaux. Les Hespérides étaient les filles d’Atlas et d’Hespéris. Elles vivaient dans un jardin plein de pommes d’or mais dont l’entrée était gardée par un dragon. Héraclès (Hercule) triompha du dragon et s’empara du jardin avec toutes ces richesses. Le mythe évoque l’existence d’une sorte de Paradis, objet des désirs humains, et d’une possibilité d’immortalité, que symbolise les pommes d’or ; le dragon désigne les terribles difficultés d’accès à ce Paradis et Héraclès, le héros qui triomphe de tous les obstacles. L’ensemble est un des symboles de la lutte de l’homme pour parvenir à la spiritualisation qui lui assurera l’immortalité. Atlas, dit la légende, enseigna l’astronomie à Héraclès, le dragon donna son nom à une constellation et Héraclès fut identifié au Soleil. Maintenant, en ce qui concerne ces pommes d’or si le « pomodoro » italien évoque une tomate, il y en a qui affirme que la pomme d’or de la discorde provenant du jardin des Hespérides étaient une orange… Qui le saura jamais ?

Toutefois, on peut affirmer que le bonheur est dans la tomate… Savoureuse et pleine de qualités, très revitalisante, c’est une alliée de la minceur. Avec elle, on se sent bien. En effet, ce fruit-légume a des vertus thérapeutiques reconnues, comme nous l’ont confié nos grands-mères. Une compresse imbibée du jus d’une tomate fraîche soulage les piqûres d’insectes. Coupée en rondelles, une tomate peut aussi soigner un coup de soleil. Il semblerait que ceux qui en mangent beaucoup y soient moins sujets. Essayez-la aussi en masque sur les paupières pour calmer des yeux irrités.

De même la tomate est très bonne pour la peau, grâce à ses antioxydants : elle assainit et éclaircit le teint. Pour un bon nettoyage de peau, appliquez tous les trois ou quatre jours du jus de tomate ou de la pulpe de tomates fraîches sur le visage et les mains et rincez à l’eau. Tout comme la carotte, la tomate est très riche en lycopène, elle stimule le bronzage et l’effet bonne mine.

En Crète, la tomate est l’une des composantes de la fameuse diète méditerranéenne qui permet de vivre longtemps et en bonne santé. Dégustée crue, c’est en début de repas, ou comme coupe-faim, qu’elle est idéale. Très pauvre en calories, la tomate est très riche en eau, donc rafraîchissante et hydratante. Riche en vitamines C et en magnésium, on en mange à volonté pour chasser les toxines et la fatigue. Ses anti-oxydants contenus dans le lycopène font baisser les mauvaises graisses et l’hypertension.

Enfin, au jardin, le purin de tomate, obtenu par macération de feuilles et tiges dans l’eau, serait efficace pour prévenir ou éloigner certains insectes parasites, notamment les pucerons.

Avec son arôme, son odeur, sa fraîcheur en bouche, la tomate justifie le vieux dicton provençal : « C’est la sauce tomate qui fait la bonne viande ». Avec la tomate, le rouge est multiple. Dans la famille des tomates rouges classiques, les consommateurs préfèrent d’abord les biens rondes et les charnues très goûteuses, puis celle en grappes si proches de celles du jardin. Parmi les variétés les plus prisées, la grosse cœur de bœuf, charnue et ferme, plutôt acide et très parfumée. Elle est délicieuse, tout simplement revenue à la poêle ou crue, marinée à l’huile d’olive et au jus de citron.

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Ludiques et raffinées, les grappes de petites tomates cerise avec leur léger goût sucré sont exquises à l’heure de l’apéritif ou en pique-nique. On peut aussi les confire ou les plonger dans un caramel croquant en mini pommes d’amour. Dès le mois de juin, la Marmande ronde, fruitée et généreuse, est idéalement équilibrée entre sucré et acide, chair et jus. Résultat : c’est la reine des tartares de tomates et des tomates farcies. Quant à la Roma, à la forme allongée, très ferme mais sucrée et peu juteuse, est encore meilleure à la cuisson, favorite de toutes les sauces italiennes, des soupes et des ratatouilles.

Comme officiellement il existe 14 000 variétés de tomates, il ne faut pas hésiter à goûter des raretés souvent hautes en couleurs, découvertes au hasard de petits maraîchers passionnés. Et revoilà les pommes d’or du jardin des Hespérides avec ces tomates jaunes, moelleuses et douces, les oranges juteuses et très fruitées, idéales pour les salades inventives . Pour les sauces et les potages, les tomates foncées, presque noires, ont une saveur riche avec un goût généreux et prononcé. Pour les vrais amateurs, les roses, délicates, subtilement aromatiques, s’expriment naturellement avec quelques cristaux de fleur de sel. Les zébrées se dégustent tout simplement crues, avec un filet d’huile d’olive. En fin de saison, on trouve les tomates vertes, charnues et sucrées, cuites en confitures, relevées d’une gousse de vanille et de citron.

Histoire de la tomate à travers les siècles

Elle fut introduite en Europe, au début du XVIe siècle par les Espagnols, d’abord en Espagne, puis en Italie, par Naples, alors possession de la couronne espagnole. Initialement considérée comme plante ornementale, elle est cultivée depuis le XVIIIe siècle pour son fruit, consommé comme légume. La première mention de la tomate dans la littérature européenne apparaît dans un ouvrage publié pour la première fois en 1544, les « Comentari » de Pietro Andrea Mattioli, botaniste et médecin italien, qui en donne une description sommaire au chapitre consacré aux mandragores et l’appelle « pomi d’oro » « mala aureo » : pomme d’or. La plante étant de la même famille que la belladone, ses fruits n’étaient pas considérés comme comestibles, mais utiles en médecine.

En Grande-Bretagne, John Gerard, botaniste et chirurgien anglais, fut le premier à cultiver la tomate dans les années 1590. Il représenta la plante qu’il considérait comme vénéneuse, y compris le fruit, dans son herbier « The Her all or General Historie of Plantes ». Son avis négatif prévalut en Grand-Bretagne et dans les colonies britanniques d’Amérique du Nord pendant encore deux siècles.

L’introduction en France fut lente. Elle commença par la Provence. En 1600, Olivier de Serres, un des premiers agronomes français, qui cultivait son domaine du Pradel dans l’Ardèche, classe la tomate parmi les plantes d’ornement. Voici ce qu’il écrivait dans « Le théâtre d’agriculture et mesnage des champs » : « Les pommes d’amour, de merveille, et dorées, demandent commun terroir et traictement, comme aussi communément, servent-elles à couvrir cabinets et tonnelles, grimpans gaiement par dessus, s’agrafans fermement aux appuis. La diversité de leur feuillage, rend le lieu auquel l’on les assemble, fort plaisant : et de bonne grâce, les gentils fruicts que ces plantes produisent, pendans parmi leur rameure… Leurs fruicts ne sont bons à manger : seulement sont-ils utiles en la médecine, et plaisans à manier et flairer ».

En France, à la fin du XVIIIe siècle, les qualités culinaires du fruit de la tomate sont mises en avant dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert : « Le fruit de tomate étant mûr et d’un beau rouge, et il contient une pulpe fine, légère et très succulente, d’un goût aigrelet relevé et fort agréable, lorsque ce fruit est cuit dans le bouillon ou ans divers ragoûts. C’est ainsi qu’on le mange fort communément en Espagne et dans nos provinces méridionales, où on n’a jamais observé qu’il produisît de mauvais effets ». En 1760, le catalogue de la maison Andrieux-Vilmorin classe encore la tomate comme plante ornementale, les premières variétés potagères apparaissent dans l’édition de 1778 et dans « le Bon jardinier » en 1785. La diffusion de la tomate s’accéléra en France pendant la Révolution avec la montée des Provençaux à Paris pour la fête de la Fédération en 1790. Deux restaurants tenus par des Marseillais, les « Trois frères provençaux » et le « Bœuf à la mode » participèrent à la popularisation de la tomate dans la capitale.

Aux Etats-Unis, le président Jefferson qui avait séjourné en France de 1784 à 1789, fut au début du XIXe siècle un propagandiste de la tomate qu’il fit cultiver dans son domaine de Monticello en Virginie et entrer à la table présidentielle en 1806.

Les fêtes de la tomate

De nombreuses fêtes de la tomate sont organisées dans le monde, notamment aux États-Unis, en Europe et dans divers pays comme Israël, l’Argentine ou l’Australie. Ce sont souvent des « fêtes des plantes » axées sur la tomate et souvent d’autres légumes dans lesquelles sont présentées des fruits de nombreuses variétés, des concours des plus belles tomates, et qui sont l’occasion pour les passionnés d’échanger des semences ou de découvrir de nouvelles recettes.

En France, une « fête de la tomate et des légumes anciens » se tient depuis quelques années à la mi-septembre à Haverskerque (Nord). A Gunnedah (Nouvelles-Galles-du-Sud) en Australie, la « National Tomato Competition » organisée en janvier est un concours de la plus grosse tomate.

Celle qui est organisée chaque année en août à Buñol, commune espagnole de la province de Valence, la « Tomatina », se distingue par son caractère de bataille festive dans laquelle les seules munitions utilisées sont des tomates bien mûres. Une fête similaire, la « Gran Tomatina Colombiana », se déroule en Colombie dans la commune de Sutamarchán chaque année en juin depuis 2005.

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La Tomitina en Espagne

La Tomate dans l’art

Pablo Picasso peignit en août 1944 une série de neuf tableaux représentant un plant de tomate sur le rebord d’une fenêtre. Réalisées dans l’appartement de son ancienne compagne, Marie-Thérèse Walter et de sa fille Maya à Paris, où le peintre s’était réfugié pendant les combats pour la Libération de la capitale, ces peintures sont, selon Jean Sutherland Boggs, « une métaphore pittoresque et décorative de la nécessité pour l’être humain de survivre et prospérer même sous les contraintes de la guerre ».

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Picasso – Pied de tomate

En 1962, Andy Warhol produisit une œuvre intitulée « Campbell’s Soup Cans », constituée d’une série de 32 tableaux représentant une série de boîtes de soupes rouge et blanche de la société Campbell, au premier desquelles la soupe de tomate.

Les formes arrondies de la tomate ont inspiré en 1971 au designer finlandais Eero Aarnio le dessin du « fauteuil tomate » (tomato chair).

Dans un registre humoristique, Alphonse Allais intitula en 1882 un tableau abstrait uniformément rouge « Récolte de la tomate par des cardinaux apoplectiques au bord de la Mer Rouge ».

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Andy Warhol – Robe sauce tomate

Symbolisme et tomates

Chez les Bambaras, peuple d’Afrique de l’Ouest (Mali, Sénégal, Guinée), la tomate est un symbole de fécondité, et les couples doivent en manger avant de s’unir. La tomate est l’emblème, fruit ou légume officiel, de plusieurs États américains :

  • Arkansas (fruit et légume officiel), il s’agit d’une variété à fruits roses, la « South Arkansas Vine Ripe Pink Tomato »,
  • Louisiane (légume officiel), variété Creole tomato,
  • New-Jersey (légume officiel),
  • Ohio (fruit officiel),
  • Tenessee (fruit officiel).

        ·      En outre, le jus de tomate est la boisson officielle de l’Ohio.

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Le parti socialiste néerlandais a adopté comme symbole une tomate rouge qui figure dans son logo.

 

Fruit ou Légume

D’un point de vue botanique, la tomate est indiscutablement un fruit, puisqu’elle dérive, y compris ses graines, de la transformation de l’ovaire d’une plante à fleurs. Cependant, d’un point de vue culinaire, elle n’a pas le même goût sucré que les fruits consommés comme tels, le plus souvent à la fin du repas, et est généralement servie, comme légume, dans des préparations salées, en entrée ou en salade, ou en accompagnement du plat principal. L’origine de la controverse vient du fait que les tomates sont traitées comme des fruits dans les pratiques de conserve domestique. Les tomates ont en effet une acidité suffisante pour être préparées à l’eau plutôt que dans un stérilisateur à vapeur comme c’est le cas pour les « légumes ».

Cette controverse a eu des implications légales aux États-Unis. En 1887, des droits de douane appliqués aux légumes mais pas aux fruits ont fait du statut de la tomate un sujet d’importance au regard de la loi. La Cour suprême des États-Unis mit fin à la controverse le 10 mai 1893 en déclarant que la tomate était un légume, selon la définition populaire qui classe les légumes, généralement servis au cours du repas et non au dessert, en fonction de leur utilisation. La décision s’applique seulement à l’interprétation du tarif douanier du 3 mars 1883 et la Cour ne prétend pas reclasser la tomate pour d’autres considérations que celles relatives au paiement de taxes douanières.

La tomate a été choisie comme légume-emblème officiel par l’État du New Jersey. L’Arkansas en revanche n’a pas tranché entre fruit et légume en faisant de la variété « South Arkansas Vine Ripe Pink Tomato » à la fois le fruit-emblème et le légume-emblème de l’État, dans une décision unique citant ses usages culinaires et la classification botanique. En 2006, la chambre des représentants de l’Ohio adopta une loi qui devait déclarer la tomate comme le fruit-emblème de l’État, mais elle ne fut pas ratifiée par le Sénat et il fallu attendre avril 2009 pour qu’une nouvelle loi fasse de la tomate le fruit officiel de l’Ohio. Le jus de tomate est depuis 1965 la boisson officielle de l’Ohio. A.W. Livingston, originaire de Reynoldsburg (Ohio), a joué un grand rôle dans la popularisation de la tomate vers la fin des années 1800.

Du fait de la définition scientifique du fruit, la tomate reste considérée comme un fruit aux États-Unis dès lors qu’il ne s’agit pas de questions douanières. Ce n’est d’ailleurs pas le seul fruit botanique consommé comme légume : l’aubergine, le concombre et les courges de toutes sortes partagent la même ambiguïté.

Tomates et records

L’immense pied de tomate qui pousse dans les serres expérimentales du parc Disney d’Orlando en Floride est probablement le plus grand du monde. La plante a été reconnue par le Livre Guinness des records pour sa production de 32 000 tomates d’un poids total de 522 kg. Elle produit des milliers de tomates en même temps sur un seul pied. Yong Huang, directeur de science agricole à Epcot, a découvert ce plant unique à Pékin (Chine). Huang en rapporta des graines à Epcot et fit construire une serre spécialisée. Les tomates, qui ont la taille d’une balle de golf, sont servies dans les restaurants du parc Disney. Les visiteurs peuvent voir ce pied de tomate record en empruntant le parcours en bateau Living with the Land du parc d’Epcot.

La plus grosse tomate jamais récoltée pesait 3,51 kg. Cette tomate de la variété ‘Delicious’ fut cueillie aux États-Unis en 1986 dans sa serre à Edmond (Oklahoma) par un certain Gordon Graham.

On qualifie plutôt la tomate de légume car c’est une plante potagère qu’on utilise en quantité généreuse dans des plats plutôt salés. Pourtant, du point de vue botanique, c’est un fruit. Sur la planète, elle tient une place de choix dans notre alimentation. C’‘est d’ailleurs l’un des légumes parmi les plus consommés en France. Avec près de 15 kg par personne et par an, elle arrive en seconde position derrière la pomme de terre. Si les consommateurs la dégustent crue, en salade ou à la croque au sel, et beaucoup en jus, ils l’apprécient tout autant quand elle est farcie, confite, en sauce ou simplement sautée à la poêle. Certains en font même des confitures.

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Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant  - Collection Bouquin –  Editions Robert Laffont/Jupiter

Dictionnaire de la Mythologie - Michael Grant et John Hazel – Editions Marabout

 

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