LES GEMEAUX DU ZODIAQUE

(6.6.3 - LES MYTHES DES GEMEAUX ET DE MERCURE) par sylvietribut le 10-06-2017

Deux éphèbes enlacés représentent ce signe dit « double » qui nous introduit dans le monde des contraires polaires : masculin-féminin, ténèbres-lumières, sujet-objet, intérieur-extérieur… C’est bien pourquoi le signe est en affinité avec Mercure, ce messager pourvu d’ailes aux pieds  et portant en emblème le caducée.

LES GEMEAUX - LES EPHEBES

Les éphèbes

Dans le concert zodiacal, la partition du troisième signe s’assimilerait plutôt à l’égrènement en presto de l’arpège. Avec les Gémeaux nous ne bénéficions plus de la coulée chaude des instincts du Taureau. L’esprit intervient dans le jeu de la personnalité qui compose un duo avec la sensibilité. La personnalité ne repose pas d’emblée sur le souffle naturel et la poussée libre de la vie animale. Elle s’élabore, au contraire, à partir d’un mécanisme de défense contre la suprématie de l’affectivité : la vie sensible est tenue en respect, suspectée et raillée, circonscrite à la sphère d’un Moi soucieux de vivre dans la commodité de la libre appartenance à soi. Il en découle un processus de cérébralisation qui donne, entre autres, le goût du jeu, l’agrément de l’exercice des idées et du commerce de l’esprit, l’envol de l’intelligence. L’être vit en somme sur un dédoublement intérieur : une moitié de lui sent, agit, vit, pendant que l’autre la regarde agir, sentir et vivre ;  la fois acteur et spectateur de soi-même, le spectateur et spectateur de soi-même, le spectateur tenant l’acteur sous son regard, narquois ou désabusé. Et cela va de l’être de l’extrême adaptation à celui de l’extrême complexité.

Gemini

Constellation des Gémeaux

Les Gémeaux étaient l’une des quarante-huit constellations identifiées par Ptolémée. Cette constellation des Gémeaux peut se repérer à partir de la Grande Ourse : la diagonale du Grand Chariot pointe sur Pollux et cet alignement se prolonge sur la diagonale d’Orion. Inversement, les Gémeaux peuvent se repérer à partir d’Orion : l’alignement entre Rigel et Bételgeuse passe sur le pied du Gémeau et pointe sur Pollux.

Pour les Grecs, la constellation des Gémeaux représentait Castor et Pollux, les frères jumeaux d’Hélène de Troie, alors que les Romains y voyaient Romulus et Rémus, les jumeaux élevés par la louve romaine et fondateurs de Rome. On constate d’ailleurs que toutes les cultures et mythologies témoignent d’un intérêt particulier pour le phénomène des jumeaux. Quelles que soient les formes sous lesquelles ils sont imaginés, parfaitement symétriques, ou bien l’un obscur et l’autre lumineux, l’un tenu vers le ciel et l’autre vers la terre, l’un noir et l’autre blanc, rouge ou bleu, l’une à tête de taureau et l’autre à tête de scorpion, ils expriment à la fois une intervention de l’au-delà et la dualité de tout être ou le dualisme de ses tendances, spirituelles et matérielles, diurnes et nocturnes. C’est le jour et la nuit, les aspects céleste et terrestre du cosmos et de l’homme.

LA LOUVE ROMAINE

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

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DANS LE BESTIAIRE DU SAGITTAIRE… L’AIGLE

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 08-12-2016

Roi des oiseaux, incarnation, substitut ou messager de la plus haute divinité ouranienne et du feu céleste, le Soleil, que lui seul ose fixer sans se brûler les yeux. Symbole si considérable qu’il n’est point de récit ou d’image, historique ou mystique, dans notre civilisation comme dans toutes les autres, où l’aigle n’accompagne, quand il ne les représente pas, les plus grands dieux comme les plus grands héros : il est l’attribut de Zeus/Jupiter et du Christ, l’emblème impérial de César et de Napoléon et, dans la prairie américaine comme en Sibérie, au Japon et en Chine, comme en Afrique, chamans, prêtres et devins aussi bien que rois et chefs de guerre empruntent ses attributs pour participer à ses pouvoirs. Il est aussi le symbole primitif et collectif du père et de toutes les figures de la paternité. Mais cette universalité d’une image n’enlève en rien à la richesse et à la complexité du symbole qu’elle sous-tend.

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L’AIGLE

Roi des oiseaux, l’aigle couronne le symbolisme général de ceux-ci, qui est celui des états spirituels supérieurs et donc des anges, comme l’atteste souvent la tradition biblique : « Tous les quatre avaient une face d’aigle. Leurs ailes étaient déployées vers le haut, chacun avait deux ailes se touchant et deux ailes qui couvrant le corps ; et ils allaient là où l’esprit les poussait » – Ezéchiel.

Ces images ont une expression de la transcendance : rien ne lui ressemble, même si l’on multiplie les attributs les plus nobles de l’aigle. Et dans l’Apocalypse : « Le quatrième vivant est comme un aigle en plein vol ».

Symbole de contemplation, auquel se rattache l’attribution de l’aigle à Saint Jean et à son Evangile. Identifié au Christ dans certaines œuvres d’art du Moyen Age, il exprime à la fois son ascension et sa royauté. Cette seconde interprétation en une transposition du symbole romain de l’Empire, symbole qui sera aussi celui du Saint-Empire médiéval. Les psaumes, enfin, en font un symbole de régénération spirituelle, comme le phénix.

Oiseau solaire : l’aigle est le substitut du soleil dans la mythologie asiatique et nord-asiatique. Il en va de même dans les mythologies amérindiennes, et singulièrement chez les Indiens de la prairie. On comprendra facilement que la plume d’aigle et le  sifflet en os d’aigle soit indispensable à qui doit affronter l’épreuve de la « danse qui regarde le soleil ». Même identification chez les Aztèques et aussi au Japon : le Kami dont le messager ou le support est un aigle dénommé « aigle du soleil ».

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Coiffe d’un guerrier indien en plumes d’aigle

Dans leur représentation de l’univers les Indiens Zunis placent l’aigle avec le soleil au cinquième point cardinal, qui est le Zénith, le sixième étant le Nadir et le septième, le Centre, place de l’homme. C’est le placer sur l’axe du monde, rejoignant ainsi la croyance des Grecs pour lesquels les aigles, partis de l’extrémité du monde, sont dit s’arrêter à la verticale de l’omphalos de Delphes : ils suivent ainsi la trajectoire du soleil, du lever au zénith, qui coïncide avec l’axe du monde. Occupant aussi la place de la divinité suprême ouranienne, l’aigle se trouve dans le panthéon indien come auprès de Zeus/Jupiter, devenu maître de la foudre et du tonnerre.

Ses ailes déployées évoquent les lignes brisées de l’éclair aussi bien que celles de la croix. Ces deux images de l’aigle-éclair et de l’aigle-croix seraient le symbole de deux civilisations : celle des chasseurs, celle des agriculteurs.

« Aigle » est le nom vernaculaire donné à certains grands rapaces planeurs diurnes. C’est aussi le nom que la nomenclature aviaire en langue française donne plus précisément de 38 espèces d’oiseaux. Tous les aigles appartiennent à la famille des Accipitridés, mais certaines espèces ont actuellement disparu. Le nom français « aigle » vient du latin « aquila », peut-être par l’intermédiaire du l’ancien provençal « aigla », ce qui expliquerait le « g » français. Le nom français est passé dans l’anglais pour devenir « eagle ». En revanche, l’allemande « Aar » ou « Adler », ancien « adelar », littéralement « aigle noble » et le grec « aetos » sont d’autres origines.

L’aigle est le symbole de nombreux organismes et de nombreuses nations. Il représente les idées de beauté, de force et de prestige. Les Romains l’utilisèrent comme emblème pour leurs armées. Sur certaines pièces de monnaie, et notamment l’euro, est affiché le symbole d’un aigle qui est entouré d’étoiles. Ce symbole est l’emblème de l’Allemagne.

 Le symbole de l’aigle comporte aussi un aspect maléfique. Le renversement du symbole du Christ en fait une image de l’Antéchrist : l’aigle est le rapace cruel, le ravisseur. Il est aussi parfois symbole d’orgueil et d’oppression, souvent lié au pouvoir impérial. C’est en quelque sorte la perversion de son pouvoir.

L’aigle est souvent utilisé comme symbole sur des insignes d’unités de l’Armée de l’Air, bien que le symbole central de cette Armée soit l’épervier, appelé « charognard », souvent confondu avec l’aigle. Par exemple, l’aigle se retrouve sur des insignes d’unités, comme celui de l’Ecole Militaire de l’Air, homologué en 1947 ou encore, l’insigne de poitrine des commandos parachutistes de l’Air.

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Le rapt de Ganymède par Jupiter métamorphosé en aigle – Michel-Ange

L’aigle apparaît fréquemment dans les arts plastiques. Dans l’art gréco-romain, c’est un des attributs de Jupiter qui prit sa forme pour enlever Ganymède. Il apparaît dans les représentations de Prométhée supplicié.

Dans l’iconographie chrétienne, il est le symbole ou l’attribut de Saint Jean l’Evangéliste, surnommé « l’Aigle de Patmos », Les lutrins sont ornés d’aigles à la symbolique complexe. L’aigle, en effet, s’attaque aux serpents, symbole du mal dès le premier livre biblique, la Genèse. L’aigle, comme le Christ, monte dans les hauteurs du ciel le jour de l’Ascension.

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L’aigle de Saint Jean l’Evangéliste

L’aigle est également l’emblème des légions romaines, repris par Napoléon qui en fit un symbole impérial, et que les poètes associeront à son nom : « l’aigle baissait la tête » selon Victor Hugo dans Les Châtiments. Et puis « L’Aiglon » d’Edmond Rostand, et qui figure à ce titre dans l’iconographie impériale.

L’art martial d’aigle symbolise : Audace et majesté.

L’aigle se trouve dans les armoiries de nombreux pays : l’Albanie, l’Allemagne, l’Autrice, l’Egypte, le Mexique et la Pologne, A noter qu’en héraldique, l’aigle est féminin. Quant à l’aigle qui sert de symbole américain est en fait un pygargue ou aigle pêcheur : le Pygargue à tête blanche.

L’Aigle c’est aussi une commune de Normandie ; c’est la quatrième ville d’Orne est ses habitants s’appellent les Aiglons. Ce nom de L’Aigle est attesté pour la première fois en  sous la forme latinisée « Aquila », Selon la légende, un nid d’aigle aurait été découverts lors de la construction du château par Fulbert de Beina, au XIe siècle. Les spécialistes rejettent tous cette explication qu’ils qualifient de légendaire ou fantaisiste, mais la raison de l’appellation demeure, à ce jour, incertaine.

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Blason de la ville de l’Aigle : D’or à l’aigle bicéphale de sable, au chef d’azur chargé de trois fleurs de lys d’or.

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

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Sur mon site, au chapitre de mes chroniques, dans la rubrique « Cadeaux » vous trouverez les modalités d’organisation de cette consultation, ainsi qu’un exemple d’une carte-invitation.

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SUR UN AIR DE VERSEAU… MAIS DANS QUELLE ERE ?

(6.6.11 - LES MYTHES DU VERSEAU ET D'URANUS) par sylvietribut le 27-01-2016

C’est la précession des équinoxes qui a donné lieu à la théorie des ères : l’ère du BELIER, correspondant à l’époque où le Soleil traversait la constellation du même nom lors de l’équinoxe de printemps, a précédé l’ère des Poissons que nous allons quitter pour entrer dans l’ère du Verseau.

Tous les 25 920 ans, arrive la grande année où se superposent très exactement signes et constellations. En divisant 25 920 ans par 12, on obtient un cycle de 2 160 ans qui marque la naissance, l’apogée et le déclin des civilisations.

Ce cycle progresse à rebours des signes du zodiaque. Ainsi, la civilisation placée sous le signe du CANCER s’effondra-t-elle avec l’engloutissement de l’Atlantide.

La civilisation des GEMEAUX vit la suprématie des villes jumelles de Memphis et de Thèbes (la première dynastie de Memphis se situe à environ 5 000 ans avant J.C.).

C’est le signe du TAUREAU qui marque l’éclosion de la civilisation de la Basse-Chaldée (3 000 ans avant J.C.), des rois de Babylone et d’Assur. Le signe du Taureau est traditionnellement celui de l’architecture, de la brique et les constructions monumentales sont l’un des aspects importants de cette civilisation.

Rome, fondée en 753 avant J.C., le sera sous le signe du BELIER et de MARS, dieu de la guerre, prépondérant dans le Parthénon romain.

Quant au Christianisme, il verra son expansion sous le signe des POISSONS que l’on retrouvera constamment dans l’iconographie chrétienne primitive. C’est d’ailleurs grâce à un petit poisson stylisé que les premiers Chrétiens se reconnaissaient dans la clandestinité.

L’ère du VERSEAU serait donc encore à venir.

LE VERSEAU - PAVEMENT DE LA BIBLIOTHEQUE DU CONGRES - WASHINGTON

Le Verseau – Pavement de la bibliothèque du Congrès – Washington

Les contempteurs de l’astrologie, Voltaire l’un des premiers, ont souvent été tentés d’opposer aux thèses de ses partisans l’argument de la précession des équinoxes. Or, bien avant, Manilius, au Ier siècle de l’ère chrétienne, puis Ptolémée, un siècle plus tard, ont répondu à cette objection : les signes du zodiaque sont avant tout des signes topiques, c’est-à-dire qu’ils situent une naissance à l’intérieur du grand rythme cosmique de l’univers et n’ont que le nom en commun avec les constellations.

Cependant, à partir du moment où nous sommes entrés dans l’ère atomique, nous avons commencé à aborder l’ère du Verseau. Même s’il faut tenir compte d’une transition de cinq cents ans, les découvertes, les techniques, les inventions, les fabuleuses avancées de la science et de la médecine, au risque d’échapper au contrôle de l’être humain et d’y perdre notre humanité, nous entraînent vers ce vertige du savoir et de l’expérimentation. Certains êtres plus conscients tendront vers la connaissance pure.

L’informatique, la génétique, la robotique… tous ces mots de notre époque qui se terminent en « ique » sont des manifestations de cette ère, avec les risques de manipulations, les victoires sur la maladie, les technocraties en marche. Cependant, il ne faut pas oublier que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Cette formule nous ne pouvons l’ignorer aujourd’hui. Ni faire aveuglément confiance au sursaut de l’homme et de sa conscience, ni aux miracles. Le Verseau est conscient de l’impact de ses inventions ou ne l’est pas. En nous efforçant de ne pas oublier que Yahvé, ou Zeus/Jupiter, ont été régulièrement tentés de détruire leurs créatures pour insolence, désobéissance, méchanceté, orgueil et autres vices divers, ou même pour mettre un terme à une surpopulation galopante.

Dans la nature du Verseau, il y a ce déconcertant mélange de naïveté, de génie, de soif de liberté et d’accès tyranniques ; cette tentation de jouer avec les idées sans toujours se préoccuper de les concrétiser. Mille idées par jour, le Verseau les a, mais le plaisir qu’il éprouve à jongler avec est supérieur à son goût de l’action. Cependant, le Verseau n’est pas l’homme de l’abstraction mais celui de l’expérimentation.

Et puis, ce Verseau, onzième signe du zodiaque, qui correspond au second mois de l’hiver, participe à la double nature uranienne et saturnienne. Et l’Air est son élément. Cet avant-dernier signe du zodiaque et avant tout caractérisé par sa nature aérienne. Il ne faut pas se méprendre : malgré sa représentation symbolique qui évoque l’eau courante, le Verseau n’a rien d’aquatique. Il faut voir dans le symbole du porteur d’eau le symbole de celui qui dispense aux assoiffés ce dont ils ont avant tout besoin pour apaiser leur soif. On cerne ainsi la plus grande qualité du natif, mais aussi son plus grand défaut : il est fait pour comprendre et faire profiter les autres de ses connaissances. Est-ce un défaut ? Peut-être si cette tendance est poussée à l’extrême, car le besoin de donner est alors si fort que le Verseau prend le manque de passion d’autrui pour de l’indifférence. Vexé, il se réfugie dans une tour d’ivoire où il ne tarde pas à ruminer de noires pensées.

Quant à la tendance uranienne du thème, elle le pousse à rechercher une indépendance de tous les instants. La liberté est ce qu’il chérit avant tout. En contrepartie, elle peut lui faire adopter des positions trop anticonformistes. Mais après tout, le Verseau n’est-il pas libre comme l’Air.

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Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur

Dictionnaire de l’Astrologie – Jean-Louis Brau – Librairie Larousse – Paris

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