DANS L’HERBIER DU CAPRICORNE… LE HOUX

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 23-12-2010

Depuis la nuit des temps, le houx est le symbole des fêtes religieuses ou païennes et, comme le gui, le houx passe pour porter bonheur et cela parce qu’il reste toujours vert. Il semble donc échapper à la marche de ce temps jalonnée par les saisons. Ainsi, il symbolise la vie au cœur de l’apparente mort hivernale, d’où sa place dans les cérémonies qui marquaient le solstice d’hiver. Il se voyait d’ailleurs attribuer des vertus protectrices, lesquelles sont à l’origine de nos traditions et fêtes de fin d’année qu’il continue d’enchanter.  

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Matthiole disait de lui : « On en fait parade, devant les églises et sur les autels, que nos paysans emportent après en leur maison estimant par ce moyen se pouvoir garantir des foudres et chasser toute enchanterie ». Matthiole était un médecin et un botaniste italien, né à Sienne le 23 mars 1501 et décédé de la peste en 1577 à Trento. Il s’appelait en fait Pietro Andrea Mattioli.

Pour les Chrétiens, le houx est en effet spécifiquement associé à la naissance de l’Enfant Jésus. Le roi Hérode cherchant à massacrer tous les nouveau-nés juifs pour éliminer celui qu’on annonçait comme le roi des Juifs, Marie, Joseph et l’enfant s’enfuirent vers l’Egypte. A l’approche d’une troupe de soldats, ils se cachèrent dans un buisson de houx qui, dans un élan miraculeux, étendit ses branches pour dissimuler la Sainte Famille derrière son épais feuillage épineux. Sauvés, Marie bénit le buisson de houx et souhaita qu’il restât toujours vert en souvenir de sa protection et comme symbole d’immortalité.

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Fuite en Egypte de la Sainte Famille – BOURDON – Musée du Louvre

Cependant, ce houx qui ne sert plus qu’à décorer nos salles à manger et nos tables de fête avait autrefois diverses utilités. Ainsi, on l’utilisait dans les campagnes pour empêcher les rats de grimper sur les barreaux des cages des pigeonniers ou des poulaillers. Egalement pour se prémunir des rats qui s’attaquaient aux jambons et autres saucissons, on mettait des feuilles de houx autour de la ficelle à laquelle on les suspendait. Toujours à la campagne, on se servait de bouquets de houx pour ramoner les cheminées. Son bois était utilisé en ébénisterie car son bois très dur se polit très bien et se teinte aisément en noir. Il était très apprécié des maquettistes, des marqueteurs et des tourneurs, en particulier pour la fabrication des pièces blanches des jeux d’échecs. Il est dense, à grain fin et de couleur très blanche, relativement facile à travailler. Le plus célèbre objet de bois de houx est la canne de marche de Goethe, visible au musée de Weimar.

Le bois de houx servait aussi à confectionner des manches de fouets, des cravaches de dressage, ou houssines, des aiguillons comme l’évoquait une célèbre chanson d’autrefois : « J’ai deux grands bœufs dans mon étable… La charrue en bois d’érable, l’aiguillon en branche de houx… ». Associé au hêtre que l’on plessait, le houx servait dans certaines régions de France à réaliser des haies de clôture naturellement infranchissables par le bétail.

La seconde écorce du houx permettait de préparer la glu que l’on extrayait en particulier des baies de gui. Comme on le voit ces deux plantes sont complémentaires. Cette glu avait deux utilités : la première de faire mûrir les abcès et furoncles et la seconde, moins heureuse, servait aux braconniers pour capturer les petits oiseaux.  

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On fabriquait aussi du vin de houx dans les régions où il y avait des marais parce qu’il y sévissait des fièvres intermittentes. Certains disaient aussi que les baies du houx avaient des fonctions purgatives. Mais enfin de compte, ce serait plutôt à déconseiller car leur ingestion provoquerait plutôt des coliques, des nausées, des vomissements. Mieux vaut laisser ces baies aux oiseaux et en particulier aux merles et aux bouvreuils qui en sont friands, on disait d’ailleurs « les cerises du bouvreuil ou du merle ».

Enfin, ne vous désolez pas si votre houx ne fait pas de belles baies rouges. Il s’agit d’un houx mâle. Seul l’arbre femelle rougit en hiver. Et puis, sachez que plus l’arbre est vieux et moins ses feuilles sont piquantes.

Quant au petit houx ou Ruscus aculeatus et baptisé aussi fragon, myrte épineux, myrte sauvage des anciens, laurier alexandrin, houx frelon ou buis piquant, il appartient à une famille différente et n’a de commun avec le précédent que de rester toujours vert, d’avoir des feuilles piquantes : elles sont petites, ovales comme celles du bois, et se terminent par une seule épine, et ses baies sont également rouges. Le petit houx pousse dans les sous-bois, les taillis et les haies, mais dépasse rarement 80 cm de haut alors que le houx peut atteindre la taille d’un arbre.

Dans certaines régions, on mange ses jeunes pousses en salade, en omelette, à la place des fines herbes ou comme les asperges. Il appartient d’ailleurs à la famille des asparaginées. Dans certaines régions d’Europe, comme en Alsace, on produisait de l’alcool blanc à partir des baies de houx fermentées et distillées. Un élixir floral préparé à partir des fleurs du houx est connu sous le nom anglophone de « Holly ». La méthode de préparation est l’eau florale ébullisée. Cet élixir est utilisé pour réharmoniser les états d’esprit négatifs comme la haine, la jalousie, la malveillance, l’envie, la suspicion, la cupidité et la vengeance.

Et un peu partout, on utilise ses rameaux vert lustré, semés de petites boules écarlates, comme bouquet décoratif. 

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Sa racine, qui est en réalité un rhizome, était déjà vantée par Dioscoride comme diurétique propre à dissoudre les calculs de la vessie.

Le terme « houx » vient du francique « hulis », terme reconstitué d’après l’ancien haut-allemand « hulis », « huls ». La racine se retrouve dans le néerlandais « hulst » et l’allemand « stechhülsen ».

L’adjectif spécifique « aquifolium », emprunté par Carl Von Linné à Pline, signifie littéralement « à feuille épineuse », de « folium » qui signifie « feuille » et de « acus » que l’on traduit par « aiguille », tandis que le nom générique « Ilex » était le nom latin de l’yeuse en référence à l’aspect du feuillage persistant. Selon Pierre Lieutaghi, « aquifolium » serait la déformation de « acrifolium », de « acer » qui signifie « acris », c’est-à-dire « aigu », terme rencontré chez Caton sous la forme « acrufolius » pour qualifier les outils agricoles. Les mots italien « agrifoglio », « houx » et occitan « grefuèlh », houx sont issus directement du latin « acrifoliu ».

Un lieu planté de houx s’appelle une houssaie ou une houssière, avec le suffixe latin « etum », jadis masculin et graphié « ey » ou « ay » qui sert à désigner un lieu planté d’arbres appartenant à la même espèce ou avec le suffixe « ière », suffixe de localisation à l’origine.

En France du Nord, de langue d’oil, ce nom est fréquent en toponymie pour désigner des communes et des lieux-dits avec diverses variantes : la Houssaye, la Houssoye, Houssay, Housseras, Housset, Houssière, Oussières…

En France du sud, de langue d’oc, et au sud du domaine d’oil, on trouve des Griffeuille, un quartier de la ville d’Arles, Aigrefeuille, Arfeuil, Arpheuilles, Grandfuel en Aveyron, avec les graphies et phonétiques plus ou moins francisées.

En fin de compte, le houx est une espèce de sous-bois assez commune en Europe jusqu’à 1 500 mètres d’altitude. Les rameaux couverts de baies qui persistent tout l’hiver sont recherchés au moment des fêtes de Noël, et son feuillage persistant lui vaut d’être considéré comme une des plantes du nouvel an avec le buis, le laurier, l’if, le lierre, le genévrier et l’ajonc.

Dans le langage des fleurs et des plantes, le houx est le symbole de l’insensibilité. 

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Bibliographie : Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

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LA SCORPIONESQUE ET MORTIFERE BELLADONE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 05-11-2009

Avec la Belladone, on est toujours dans la symbolique Scorpion de la vie et de la mort. Et, si l’on en croit les témoignages de chercheurs allemands du début du XXe siècle ayant expérimenté une pommade contenant des extraits de trois plantes mortifères, on peut, même de nos jours « vivre » les expériences des nuits de sabbats aux courses effrénées, aux plaisirs intenses, que les sorcières avouaient sous la torture. Ces scientifiques se sont livrés à leurs expériences insolites pour tester une recette d’onguent du XVIIe siècle, découverte fortuitement au cours d’une recherche sur la sorcellerie. Même si la recette est imaginaire, il n’en reste pas moins vrai que la combinaison des trois plantes dans une composition quelconque ne peut être que dangereuse.

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Plante curieuse et capricieuse que la Belladone aux fleurs livides, au contact visqueux, à l’odeur fétide : elle apparaît mystérieusement dans un endroit en massif de plusieurs pieds une année pour disparaître ensuite de façon radicale sans aucune raison apparente. Son nom, Atropa belladonna, évoque l’inflexible belle femme – mais aussi, Atropos, la Parque chargée de couper le fil de la vie, tant cette plante inquiétante est fatale par la toxicité de toutes ses parties. Parmi les divers alcaloïdes qu’elle contient, l’atropine, la scopolamine et la nicotine sont des poisons dangereux. Une vingtaine de ses fruits luisants, de la taille d’une cerise, d’un noir violacé, à la chair sucrée, suffisent pour tuer un homme. L’intoxication se manifeste par un sentiment d’étouffement progressif, et la mort, due à la paralysie des muscles respiratoires, survient rapidement.

atropos

 Atropos

 Quant à l’appellation séduisante de « bella donna » (belle femme), elle provient de l’usage que faisaient, à la Renaissance, les belles Italiennes d’un collyre à l’extrait d’atropine, pour dilater la pupille et rendre les yeux brillants. En effet, la dilatation des pupilles est une des manifestations de l’excitation sexuelle et de l’admiration désirante, manifestation inconsciemment perçue par les hommes et qui les stimule ; de plus, cela faisait légèrement loucher, c’était à cette époque caractéristique de la beauté, d’où l’expression « avoir une coquetterie dans l’œil ». Cette préparation est d’ailleurs toujours utilisée en ophtalmologie.

jusquiame-noireLa Jusquiame que l’on trouve dans les décombres et les terrains vagues est aussi une plante capricieuse qui apparaît et disparaît au gré des années. Les feuilles, grandes et molles, répandent une odeur repoussante. Les fleurs à l’aspect inquiétant, d’un jaune sale veiné de violet, réunies en bouquets au sommet des tiges, donnent naissance à des capsules contenant des graines en forme de rein ; toutes ces caractéristiques avaient excité l’imagination populaire et, si  les animaux ne la touchaient jamais à cause de son odeur, les hommes en tiraient un baume utilisé en frictions contre les rhumatismes.

Si par malchance les journaliers qui coupaient de l’herbe pour le fourrage n’étaient pas très attentifs, quelques feuilles de jusquiame mêlées aux plantes sèches suffisaient pour provoquer chez les animaux une agonie atroce : après de violentes convulsions et des ballonnements, ils mouraient paralysés. De tels effets ne pouvaient être dus qu’à des sorciers : accusés d’avoir infesté la nourriture des bêtes, ils devenaient des personnages haïs dans les sociétés rurales. En fait, l’hyosciannine, un des alcaloïdes de la Jusquiame, connue sous le nom classificatoire Hyoscyamus niger, est un poison puissant utilisé en pharmacologie, à petites doses, comme antinévralgique et narcotique.

 Le nom de Jusquiame vient du grec ancien « hyoskyamos » littéralement « fève de porc » : il s’agit d’une allusion à l’épisode de l’Odyssée lorsque la magicienne Circé transforme en pourceaux les compagnons d’Ulysse en leur faisant pour cela boire un philtre contenant de la jusquiame.

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Mais Ulysse était immunisé grâce à un antidote végétal dont Hermès lui avait fait présent. Certains interprètent cet épisode comme une métaphore opposant la bestialité, c’est-à-dire le pourceau, à la raison. Toutefois, les Solanacées vireuses, dont fait partie la jusquiame, sont fréquemment évoquées dans les histoires de métamorphoses d’homme en animal. Elles peuvent en effet générer des hallucinations particulièrement puissantes, y compris celle d’avoir pris la forme d’un animal, au point d’en adopter le comportement.

Enfin la Stramoine, aux larges feuilles velues et aux fleurs en forme d’entonnoir, était jadis cultivée dans les jardins et réputée éloigner les taupes. Elle contient elle aussi divers alcaloïdes extrêmement toxiques.  En réalité toute la famille des solanacées, dont fait partie aussi la pomme de terre, sont dangereuses. Heureusement pour nous ce sont les feuilles et non les tubercules qui se révèlent vénéneuses.

stramoine

 

Dans le domaine des belles empoisonneuses, ces trois-là ne sont pas seules au monde. Comme les littératures grecque et romaine, l’histoire moderne est riche en empoisonnements. Elle recèle une multitude de pratiques criminelles où les stratégies familiales, les questions d’honneur et la politique s’entremêlent et où la macération et la concoction de quelques herbes « choisies » s’offrent aux convenances, aux compromis et à la ruse. Nous sommes toujours dans le monde et la symbolique du Scorpion.

Enfin, deux auteurs du Ier siècle avant Jésus-Christ, Diodore de Sicile et Strabon, rapportent que les Celtes empoisonnaient leurs pointes de flèches avec le suc de la stramoine datura, la description du fruit ne laissant aucun doute quant à l’identité de la plante. Beaucoup plus tard… Condorcet est mort en avalant du stramonium et de l’opium.

cigue1L’empoisonnement le plus fameux est certainement celui de Socrate, raconté par Platon dans le Phédon. A base de ciguë, ce poison provoquait l’arrêt progressif de la circulation et du cœur, qui se manifestait par un refroidissement des extrémités avant la mort. La sérénité de Socrate durant son agonie et l’absence des spasmes violents qui caractérisent l’intoxication par la ciguë semble indiquer la présence dans cette tisane léthale, de narcotiques tels que la jusquiame. Toutefois la formule, secret d’Etat athénien, fut perdue avec la fin de l’Antiquité.

La Rome antique et l’Italie de la Renaissance, ainsi que les cours européennes, gèrent les affaires politiques à coups d’empoisonnements. Chatons de bagues et médaillons creux, cachettes raffinées de poudres ou de philtres mortels, en sont la preuve. On les administre à ses ennemis ou à soi-même, en cas d’ultime nécessité. Jusqu’au XVIIIe siècle où commence la « carrière » de l’arsenic, les plantes maudites sont à l’origine de milliers de morts et de scandales dues au « mauvais café » ou au « vin de la trahison ».

La mort ne frappait pas seulement les victimes mais aussi les empoisonneuses présumées que l’on faisait brûler vives comme des personnes encombrantes. Car si les hommes sont impliqués dans les meurtres violents, les femmes, elles, ont toujours préféré les armes silencieuses et discrètes qui tuent sans effusion de sang.

Sorcières et empoisonneuses, les femmes le furent autant que guérisseuses. La connaissance des herbes sacrées, des herbes d’amour et d’autres sortilèges allait de pair avec celle des plantes de la mort. Mais surtout les femmes connaissaient les plantes « bonnes » pour les avortements, qui s’avéraient souvent dangereuses. Et ce ne sont pas seulement les sorcières qui jouaient avec la mort, car les empoisonnements dans les campagnes étaient beaucoup plus fréquents qu’on veut bien le laisser croire ; combien de témoignages de morts subites dans d’atroces douleurs, combien de personnes paralysées évoquées dans les seules Mémoires de Saint-Simon, par exemple.

On préparait encore le « bouillon d’onze heures » destiné aux parents encombrants, arrière-grand-tantes et oncles célibataires dont on convoitait l’héritage. Mais de jeunes enfants et des nourrissons s’inscrivaient eux aussi dans la clientèle potentielle des empoisonneuses comme le prouvent les procès-verbaux de la justice jusqu’au siècle dernier.

aconit1L’aconit, appelée aussi « casque de Jupiter », la digitale, les ciguës figurent traditionnellement au nombre des plantes les plus dangereuses. Mais on oublie souvent que le tubercule de notre charmant cyclamen est d’une efficacité sans égal. Utilisé pour les avortements, sa toxicité n’avait pas échappé aux braconniers qui broyaient quelques petites boulettes et jetaient la pâte dans les rivières : quelques minutes plus tard des poissons endormis venaient à la surface le ventre en l’air.

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Autre famille de plantes traîtresses : les liliacées. Ce sont des plantes à oignons : les bulbes des colchiques d’automne, les muguets ou les amaryllis peuvent être fatals. De même plusieurs variétés de renoncules ont des racines toxiques : les pivoines, les anémones, les boutons d’or pour ne mentionner que les plus communs.

Curieusement deux plantes connues depuis la plus haute Antiquité comme plantes de l’immortalité sont, elles aussi, dangereuses. Il s’agit de l’if, que l’on trouve souvent taillé dans les haies et dans les cimetières. La plante femelle est extrêmement toxique. Quelques grammes de son feuillage peuvent faire périr le cheval, particulièrement sensible à son poison, la taxine, qui attaque le système nerveux. Jadis l’if faisait partie des plantes que l’on cultivait dans les abords des châteaux féodaux car on utilisait ses branches extrêmement flexibles et solides pour la fabrication des arcs. Une autre plante, toujours verte elle aussi, mais extrêmement dangereuse est la sabine, originaire des Alpes de Provence et du Dauphiné. Consommés par les animaux, ses jeunes rameaux provoquent une mort rapide par occlusion du circuit intestinal. Jadis la sabine était une « arme » aux mains des sorcières pour provoquer des avortements.  

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Toutes ces plantes toxiques dont le catalogue n’est pas exhaustif ne trahissent cependant pas une forme de vengeance de la nature. Prudemment utilisées, elles étaient et restent des médicaments dont la pharmacopée tire des remèdes irremplaçables. Certes la nature n’est pas aussi paisible qu’elle peut paraître aux yeux des citadins ou des romantiques. Les plantes ne se répartissent pas en utiles ou nuisibles. C’est l’ignorance des lois qui régissent la vie du troisième règne qui engendre seule le danger. Dès lors qu’on en prend conscience, la nature devient intelligible et les poisons qui hantent tellement l’inconscient deviennent eux aussi des végétaux sinon domestiqués, du moins nécessaires et utiles. 

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Bibliographie : Fêtes et Croyances Populaires en Europe d’Yvonne de Sike

 

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