LES GORGES DU SAGITTAIRE EN ITALIE

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 10-12-2012

Est-ce la profondeur spectaculaire de ces gorges, est-ce la majesté des montagnes environnantes qui évoquent le royaume des Titans dont Jupiter était l’un des frères, qui ont valu à une rivière de l’Italie centrale, dans la province des Abruzzes, ce nom de Sagittaire. Ou bien, est-ce parce que cette rivière voyage de petites villes en petites villes à l’image du globe-trotter qu’est le Sagittaire ?

Cette rivière Sagittaire prend sa source au Lac de Scanno dont il fait partie intégrante, à une altitude de 1 930 mètres ; en amont du lac elle ne s’appelle d’ailleurs que « Torrente Tasso ». Des eaux turquoises ruisselant des Apennins voisins forment de petits lacs au fond des gorges du Sagittaire. Ensuite, le débit du Sagittario alimente une centrale électrique, construite en 1920, d’une puissance de 20 MW.

 

Le Gole del Sagittario – Les Gorges du Sagittaire – Abruzzo – Italia

La réserve naturelle des gorges du Sagittaire se trouve entre le parc de la Maiella dont le sommet atteint 2 793 mètres, celui du Gran Sasso encore plus haut avec ses 2 912 mètres d’altitude et le parc du Sirente-Velino. Cette réserve s’étend sur 450 hectares ; elle est parcourue par des sentiers pédestres aménagés pour une découverte de la faune et de la flore. On se trouve au cœur d’épaisses forêts de hêtres, arbres fabuleux qui font partie de l’univers jupitérien. Le tronc lisse du hêtre, à l’écorce gris acier, n’est pas sans rappeler une patte ou une trompe d’éléphant, le grand animal du bestiaire de Jupiter. La taille et la puissance du hêtre le place avec le chêne parmi les grands arbres des forêts, dans le monde imposant et majestueux de Jupiter. Le hêtre mesure jusqu’à 35 m de haut.

 

Le parcours du Sagittaire 

La région des Abruzzes s’étend du cœur des Apennins jusqu’à la mer Adriatique, une grande partie du territoire est donc montagneuse et sauvage et il n’est pas rare d’y rencontrer des ours et des loups. En haute montagne, parmi les sommets préservés et les parois rocheuses, on trouve de petites localités touristiques et des territoires équipés pour le ski et les sports d’hiver.

Mais, revenons à la rivière et voilà notre Sagittaire traversant de petites villes charmantes aux noms évocateurs : Anversa degli Abruzzi, Bugnara, Corfinio, Pratola, Peligna, Prezza, Roccacasale, Scanno, Sulmona, Villalago et Popoli… et puis qui court se jeter dans une autre rivière l’Aterno, près de Cocullo, un autre village surprenant, davantage dans la symbolique Scorpion puisqu’ici on voue un véritable culte aux serpents.

 

Anversa degli Abruzzi – Italie

Le village d’Anversa degli Abruzzi ne compte que quelques 390 habitants, mais son histoire et son charme lui ont valu de recevoir le label des « Borghi più belli d’Italia », les bourgs les plus beaux d’Italie. Cette commune fait également partie du « Parc littéraire Gabriele d’Annunzio », célèbre auteur du XXe siècle, natif de la région et symbole de l’héritage culturel du village qui a ainsi pu rayonner malgré sa très petite taille. Et c’est ainsi qu’Anversa degli Abruzzi s’est jumelée avec Illiers-Combray, petite bourgade d’Eure-et-Loir, en France cette fois, devenue célèbre grâce à Marcel Proust. C’est en effet à Illiers-Combray qu’habitait sa tante Léonie et c’est auprès d’elle que l’écrivain prit le goût des madeleines.

C’est ainsi que les deux communes ont eu la volonté de rapprocher leur histoire : Marcel Proust, côté français, et Gabriele d’Annunzio, côté italien, sont tous les deux des écrivains célèbres.

 

  

 

 

 

 

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SAINT MARTIN DE TOURS… UN SAINT SCORPION

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 10-11-2012

Le 11 novembre… Saint Martin… le pourvoyeur d’abondance… « Le onzième jour du onzième mois à 11 heures, l’esprit du jeûne est réveillé ».

La Saint-Martin marquait jadis le début d’un carême que les capitulaires de Charlemagne rendaient obligatoires. C’était le jour où l’on tuait le cochon pour préparer les réserves alimentaires de l’hiver et de Noël ; ailleurs on mangeait ce jour-là l’oie grasse dans une ambiance de fête, avant de se lancer dans les bals masqués.

 

Saint Martin de Tours – Eglise de Beuron – Allemagne

La date sert de prétexte pour allumer les premiers feux de la saison hivernale, pour défiler avec des lampions en forme de masques, pour former des cortèges avec des flambeaux au bout de cannes, avec des lanternes creusées dans des betteraves ou encore pour distribuer des cadeaux : toutes ces manifestations sont propres à une fin de saison et à un nouveau départ. Si les traditions purement rurales s’estompent, les célébrations urbaines de la Saint-Martin, elles, connaissent un renouveau. A Düsseldorf et à Bonn, monté sur un cheval, drapé dans on manteau rouge, coiffé d’un casque doré, Saint Martin traverse la ville en tête d’un cortège d’enfants, au son de fifres et des tambourins ou de la fanfare municipale. S’agit-il d’une réplique de la fête de Saint Nicolas, le chevalier bienfaiteur du 6 décembre ? En Allemagne et dans une partie des Pays-Bas, le carnaval s’ouvre en fait le 11 novembre, à la Saint-Martin. C’est le signe d’un changement de saison, d’un changement de cycle liturgique, d’un changement de cycle agraire. Là, débutent les réjouissances et les activités hivernales.

La Saint-Martin précède de quarante jours le solstice d’hiver, définitivement confondu avec les fêtes de Noël et de fin d’année. Suivant celles-ci à quarante jours de distance, la Chandeleur, le 2 février, lui fait pendant. Le 11 novembre ouvre la période de l’hiver : c’est la date à laquelle, selon plusieurs traditions, l’ours entame son hibernation en se retirant dans sa tanière, tandis que le 2 février marque potentiellement le retour du beau temps. C’est une date possible pour le réveil de l’ours et sa sortie de sa tanière. Elle peut également donner accès au carnaval, traditionnellement associé au Carême et à la fête de Pâques.

Dans les pays alémaniques, en automne, cette période de fin de récoltes est le moment d’ouverture des grandes foires rurales : Forêt-Noire, Bade-Würtemberg, Bavière. Dans une grande partie de l’Europe centrale, Saint Martin est considéré comme le patron des bergers, et sa fête était jadis le jour où ils résiliaient ou renouvelaient leurs contrats.

« Saint Martin boit le bon vin

Et laisse l’eau courre au moulin ».

Selon les traditions françaises et jurassiennes, c’est la date à laquelle le vin nouveau est goûté, mais aussi celle où le retour de la saison humide est vivement souhaité.

Il serait difficile de comprendre l’importance de cette fête sans évoque la figure de Saint Martin, dominante à partir du IVe siècle. D’après la tradition, jeune soldat de l’armée romaine, il rôdait aux environs d’Amiens lors d’un hiver rigoureux ; attristé de la misère du peuple transi de froid, il distribua ses vêtements, ne gardant que sa cape militaire. Alors qu’il retournait à son campement, en état d’extase, il eut une révélation et, croisant ensuit un autre malheureux, il partagea sa cape avec lui. Converti au Christianisme, évêque de Tours vers 370, il mourut en novembre 397.

Saint Martin de Tours – Eglise Saint-Germain – Auxerre

La cape de Saint Martin, du latin cappella, était une célèbre relique et son nom devint celui de l’autel où elle était conservée, et plus tard de toute structure similaire, d’où le mot « chapelle ». La cape a aussi une connotation de dissimulation.

Saint Martin devint le protecteur des Francs et de leur dynastie ; son manteau fut l’emblème de la monarchie franque depuis la conversion de Clovis. C’est parce qu’il fut considéré comme le principal artisan de la christianisation de la Gaule et de la Germanie que Saint Martin était apprécié par l’ordre des Bénédictins, héritiers des moines défricheurs du VIIe siècle, et très populaire dans de nombreuses régions de l’Europe occidentale. En France seulement, on dénombre plus de 3 000 églises qui lui sont dédiées.

Sa fête, placé au changement de saison est donc importante pour des raisons fort divergentes : pour l’Eglise et le clergé d’une part, il représente une personnalité importante à une époque cruciale de la chrétienté, celle qui vit se nouer les liens entre pouvoirs laïque et religieux, entre la politique impériale et celle de l’Eglise. D’autre part, elle coïncide avec les foires agricoles et les manifestations paysannes d’abondance, car c’est en réalité la fin d’une année rurale.

Les vigiles de Saint-Martin, occasion de ripailles, et comme telles parfois condamnées par les autorités religieuses, furent néanmoins, à partir des XIe et XIIe siècles, l’occasion de prodigalités offertes au peuple : en Angleterre et en Italie, l’usage était de dresser des échafaudages de cocagne, où l’on suspendait bœufs, porcs, moutons et volailles. Les hommes grimpaient au mât de cocagne, armés de coutelas, et découpaient les animaux vivants. Considérée comme barbare, la coutume fut abolie ; les bouchers se chargèrent de tuer et découper en quartiers les animaux destinés à la fête, laquelle disparut pendant la Réforme, absorbée ensuite dans les festivités des grandes foires d’automne.

La coutume de Gansabhauet, l’abattage de l’oie de la Saint-Martin qui subsiste encore à Sursee, en Suisse, dérive peut-être de ces traditions anciennes : désignés par tirage au sort, les concurrents, revêtus d’un manteau rouge, le visage couvert d’un masque en forme de soleil rayonnant, s’efforcent de décapiter, d’un seul coup de sabre, une oie morte depuis peu et suspendue à un fil de fer.

 

Bête à ferrer une oie

« Ce n’est pas à la Saint-Martin qu’on ferre les oies » prétend un dicton de l’est de la France ; notons par ailleurs que l’oie, associée dans une grande partie de l’Europe à la Saint-Martin, fut un symbole d’initiation, et l’oiseau consacré à Odin chez les Germains.

Bibliographie : Fêtes et Croyances Populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

 

 

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LA MAISON VIII DU THEME ASTRAL… LA MAISON SCORPION

(5.6 - LES MAISONS ASTROLOGIQUES) par sylvietribut le 09-11-2012

La Maison VIII est en analogie avec le huitième signe, le Scorpion. C’est une Maison d’Eau, gouvernée par Pluton et Mars, deux astres qui provoquent la crainte et en même temps le désir, notamment celui d’en découdre pour vaincre. C’est une Maison Fixe suggérant un certain déterminisme pour arriver à ses fins.

Cette Maison est indissociable de l’Axe Maison II/Maison VIII, sorte de passage entre le matériel, monde de la Maison II et la « métaphysique », celui de la Maison VIII. Cette Maison VIII serait une sorte de capitalisation des ressources de la Maison II en vue de leur transformation. Ce serait comme l’accumulation des outils et ressources de l’Avoir de la Maison II, pour le « Faire » de la Maison VIII. La Maison VIII c’est la transformation des ressources et du capital de la Maison II.

 

Analogie Signes/Planètes/Maisons astrologiques

Si la Maison II représente un besoin de jouissance suggérée par l’analogie de la Maison II avec le Taureau, la Maison VIII, c’est l’après-jouissance. Par extension cet axe est celui de la Vie et de la Mort : Taureau, Maison II, Printemps, pour la première : Scorpion, Maison VIII, Automne pour la seconde. C’est encore l’axe de l’Eros et de Thanatos, de l’oralité (Taureau)/analité (Scorpion). Ici sont présents et imbriqués l’amour et la possession : de la sexualité donneuse de vie et de mort, argent et fortune, comme pour exorciser la mort, chair vivante vouée à la destruction inexorable, mais aussi à une renaissance spirituelle.

On l’aura compris la Maison VIII est la Maison de la sexualité, une sorte de jeu avec la mort dans lequel la joie d’aimer et de procréer, devenant « amour à mort », notamment si on pense à certaines maladies à caractère sexuel. La Maison VIII est une sorte de chaudron dans lequel se déversent les multiples ingrédients de l’amour, d’où il émerge des « produits » souvent surprenants. Pour l’essentiel, cette mystérieuse alchimie peut se réduire à la lutte éternelle entre « les démons » de la chair et du plaisir, qui appartiennent plutôt à la Maison II, à l’aspiration à la « sainteté » ou peut-être seulement à la « spiritualité », selon le dogme chrétien du « péché » initiatique. Ainsi, il peut sortir du chaudron de la Maison VIII des diables à la queue fourchue ou des saints auréolés de lumière… A moins que, comme ce fut souvent le cas, des débauchés qui se révèlent être des saints.

Eros et Thanatos

Si l’on devait résumer la Maison VIII d’un point de vue sexuel, on dirait qu’il s’agit d’un désir de plaisir enrobé dans le complexe de la tentation, pouvant s’appliquer tout aussi bien au plaisir en tant que tel à la jouissance charnelle. Il n’est donc pas étonnant de trouver dans la Maison VIII la recherche alchimique de la transmutation du plomb en or, très riche symbolique qui pourrait se résumer ainsi : « concret-physique-terre » du Taureau, « psychique-spirituel-souterrain » du Scorpion.

Le roi Midas, son or et ses oreilles d’âne

Et puis, il y a l’argent de la Maison VIII, qui n’est pas celui de la Maison II « gagné » à la sueur de son front, mais d’un argent « hérité », argent pour le plaisir, la jouissance sensuelle de le contempler, le toucher, le caresser… L’image qui vient à l’esprit est bien sûr celle d’Harpagon et de son or, ou plus loin encore c’est le roi Midas qui demande à ce que tout ce qu’il touche se transforme en or… Et, comme on le sait quand les dieux veulent nous punir ils exhaussent nos prières, Midas sera exhaussé et mourra de faim et de soif, le fruit qu’il veut porter à sa bouche devient pomme d’or et l’eau de la coupe quand elle touche ses lèvres devient le fleuve pactole… Autre exemple, illustrant cette Maison VIII et se situant dans notre inquiétant XXIe siècle, la crise des Subprimes, ou prêts hypothécaires, aux USA, qui a chassé des milliers de familles de chez elles. Cependant, les maisons n’ont pas trouvé preneur et des villes entières se trouvent  sinistrées. On démolit maintenant car se dégradant, ces maisons ne trouveront jamais preneurs… L’exemple qu’on nous cite est la ville de Cleveland, totalement ruinée. Voilà un exemple de la grande négativité et improductivité de la Maison VIII, le détruire pour détruire…

Cimetière du Père Lachaise – Paris

Plus prosaïquement, l’argent de la Maison VIII est celui qui nous vient des autres. Bien sûr on pense d’abord aux héritages, mais par extension ce sera aussi l’argent des indemnités, des dons, des legs, des hypothèques. Et ce sera aussi l’argent des emprunts, des prêts, des crédits. Ainsi, la Maison VIII devient la Maison des Dettes. Et puis, ce sera aussi la Maison de tous ceux que la « mort » emploie : des entreprises de Pompes funèbres, des cimetières aux fossoyeurs, du croque-mort au thanatopracteur… sans oublier les notaires et les médecins légistes. Enfin, les enquêteurs et la police judiciaire, en général, appartiennent également au monde de la Maison VIII, il faut bien reconnaître qu’ils enquêtent souvent sur des meurtres ou des escroqueries.

Dans un thème, la Maison VIII est associée à la mort, le genre de mort qui nous attend, mais aussi les morts qui vont jalonner notre existence. C’est donc aussi la Maison de la tristesse et de la crainte. C’est encore la Maison des dernières années de vie et parfois des suicides. C’est la Maison du veuvage. On dit aussi que c’est la Maison des antiquités. Et puis, dans le jeu des Maisons dérivées, elle représente la Maison de la fortune des époux, ou du/de la partenaire, ou d’une association, puisque la Maison VIII devient la Maison II de la Maison VII… ce qui nous ramène à l’argent qui nous vient des autres. Ce seront donc les gains ou les pertes résultant soit d’associations légales : mariage, contrats, ou dans le cas d’afflictions dans le thème d’argent apporté par divorce ou procès, ou encore les dettes du partenaire ou conjoint.

Dans ce grand fourre-tout qu’est la Maison VIII, on doit aussi évoquer un monde de crises, de destructions et de renaissances, de mort morale ou physique, sans oublier la sexualité : des tendances sexuelles de chacun, à la façon d’aborder et surtout de vivre la sexualité. N’appelle-t-on pas l’orgasme « la petite mort ». On l’aura compris, la Maison VIII est une Maison très indiscrète pour qui sait la lire.

Chrysanthème, fleur de la Maison VIII

  

 

 

 

 

 

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INGRES D’AUTOMNE – 22 SEPTEMBRE 2012 – 16 h 48

(4.5 - L'INGRES) par sylvietribut le 25-09-2012

« Ingrès » vient du latin et signifie « Entrer dedans ». Il a donné le mot « ingrédient »… C’est-à-dire en cuisine, ce qui « qui entre » dans la composition d’un plat. De la même façon, « l’Ingrès solaire », c’est le moment où le Soleil entre dans un signe, le moment où le Soleil change de signe. Ainsi, on peut monter un thème d’Ingrès solaire tous les mois.

 

Ingrès d’Automne – 22 septembre 2012 – 17 heures – Rambouillet

On peut faire de même avec la Lune : l’Ingrès lunaire prend en compte la Lune lorsqu’elle change de signe, c’est-à-dire tous les deux jours et demi environ.  

Si on n’aime pas entrer dans les détails, on peut opter pour un Ingrès trimestriel et prendre comme référence l’entrée du Soleil dans les signes Cardinaux qui marquent le début d’une saison : Printemps, Eté, Automne, Hiver ou bien Bélier, Cancer, Balance et Capricorne. 

Certains astrologues considèrent que l’Ingrès du Bélier concerne l’année entière, d’autres privilégient l’Ingrès du Capricorne. Mais dans tous les cas, un thème d’Ingrès renseigne sur le trimestre à venir, notamment en astrologie mondiale ou même en météorologie.  

 

D’autres astrologues prennent en compte les planètes lentes qui, stationnant de longues périodes dans un signe, créent des courants nouveaux. Ils préconisent de dresser la carte d’Ingrès ou d’entrée de ces planètes dans les signes. Les planètes lentes sont Jupiter et Saturne ainsi qu’Uranus, Neptune, Pluton et même Chiron, considérées comme super-lentes. Si plusieurs planètes entrent de façon simultanée dans les signes, cela coïncide souvent à des changements historiques de l’histoire des hommes. Enfin, on peut également imaginer faire le thème d’Ingrès pour toute planète changeant de signes au cours de l’année.  

On peut aussi monter l’Ingrès de Saturne, c’est-à-dire pour le moment exact où Saturne entre dans un signe, comme prochainement dans le Scorpion, et évaluer ce qu’apportera ce changement de signe.

 

 

L’automne des Très Riches Heures du Duc de Berry

Si vous vous exercez à l’astrologie, voici comment procéder : avec l’heure exacte de l’entrée du Soleil dans la Balance, il vous suffit de dresser le thème de l’Ingrès d’automne pour le lieu où vous vous trouvez.

Exemple : pour Rambouillet ou la Région Parisienne, c’est à 17 heures, le 22 septembre 2012 que le Soleil fait sont entrée dans la Balance où il occupe le 0°00 du signe ; quant à l’Ascendant de ce thème d’Ingrès il se trouve à 16°04 Capricorne, à savoir sous l’influence d’un Saturne encore pour quelques jours en Balance, lieu de son exaltation, ce qui ne signifie pas pour autant qu’il soit bénéfique, loin s’en faut… Il peut ainsi être au maximum de son action maléfique comme d’une action bénéfique, tout dépend du thème de chacun.  

Plus que l’analyse de ce thème d’ingrès, il convient de repérer la ou les planètes venant superposer par conjonction une des planètes de votre propre thème natal. Un seul degré d’orbe est toléré. Vous aurez alors une petite idée de ce qui devrait marquer ce dernier trimestre de l’année 2012. L’événement important étant signifier autant par la planète transitée que celle qui transite, en prenant en compte la position qu’elle occupe dans la Maison de l’Ingrès et la Maîtrise qu’elles ont l’une et l’autre non seulement dans le thème de l’Ingrès, mais également dans votre propre thème. Ainsi, si Mercure d’Ingrès vient superposer votre Mars natal, et si celui-ci est Maître de la Maison II de votre thème natal, on pourra en conclure que se sont vos finances qui prendront une certaine importance dans l’année ou le trimestre ou le mois, bonne ou mauvaise, selon le contexte de votre thème natal.

Attention, on ne s’occupe jamais de la position du Soleil de l’Ingrès puisque celui-ci occupe toujours pour l’Ingrès de l’équinoxe d’automne le 0°00 Balance.

On peut aussi étudier les Ingrès lunaires, soit douze à treize lunaisons annuelles, en étudiant l’entrée de la Lune soit dans chaque signe, soit en ne s’occupant que les lunaisons des solstices et des équinoxes.

Enfin, on peut faire de même avec chacune des autres planètes à savoir : Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton. On dresse le thème d’Ingrès à chaque fois que la planète considérée entre à 0°00 d’un signe.

Sur ce site, tous les mois mon calendrier lunaire indique le changement de signe des planètes et l’heure de ce changement

Toutefois, cette technique d’Ingrès est surtout utilisée en astrologie mondiale. Les thèmes d’Ingrès étant calculés et montés en tenant compte de la latitude et de la longitude du pays que l’on étudie ; au niveau personnel, il faut tenir compte du lieu où l’on se trouve.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser en vous servant des « Commentaires » ci-dessous, vos questions comme mes réponses pouvant en éclairer d’autres.

 

Cadran solaire – Ivrea – Piémont – Italie

 

 

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LA TRES VIRGINALE HESTIA

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 06-09-2012

Hestia était l’aînée des trois filles de Cronos/Saturne et de Rhéa et de ce fait elle était sœur de Zeus/ Jupiter, Poséidon/Neptune, Hadès/Pluton, Héra/Junon, Déméter/Cérès. Elle appartient à la génération des douze grandes divinités de l’Olympe, bien que sa présence dans le canon olympien soit variable. Elle fut assimilée par les Romains à Vesta. Ayant souhaité rester vierge, elle imposa à ses prêtresses de le rester aussi ; à Rome, celles-ci étaient appelées les Vestales.

 

Hestia

Hestia n’est pas mentionnée par Homère. C’est Hésiode qui fait d’elle la première-née de Cronos/Saturne. « L’hymne homérique à Aphrodite » indique que Cronos/Saturne l’engendre « la première et aussi la dernière », sans doute parce qu’elle est la dernière à être recrachée par son père. Aînée des dieux, elle jouit d’une considération particulière par les Olympiens. L’hymne delphique d’Aristonoos la nomme ainsi « la maîtresse du ciel et de la terre ». Et pourtant, presque aucun mythe ne se rattache à cette déesse. Pluton met en scène le cortège des Olympiens, dans Phèdre, précisant qu’Hestia n’en fait pas partie, car elle demeure en permanence sur l’Olympe. Ovide, lui mentionne la tentative de Priape d’attenter à son honneur. Et on la voit, sur les vases, participer à la procession des dieux lors des noces de Pélée et Thétis. Un kylix la représente sur l’Olympe avec les autres dieux et un autre la montre assistant avec Aphrodite/Vénus à l’arrivée d’Héraclès/Hercule sur l’Olympe. Un kylix était un vase peu profond utilisé pour la dégustation du vin lors des banquets.

 

Kylix

Hestia, dans le monde cruel des dieux de l’Olympe, ne prit jamais part à une guerre ni a une querelle, ce qui fait dire que son cas est unique. Sans vanité et sans agressivité, elle cédait volontiers sa place aux banquets des dieux, trop heureuse d’échapper aux colères de ses bruyants parents. Humble, discrète et charitable, Hestia se montrait propice à ceux qui priaient avec dévotion et ferveur. Par essence, elle était l’image de l’attachement aux vertus domestiques, au devoir, à la pureté. Et puis, comme Artémis et Athéna, elle a toujours résisté aux propositions amoureuses que lui firent les dieux, les Titans et les autres. Ainsi, après que Cronos/Saturne eut été détrôné et que Poséidon/Neptune et Apollon/Soleil se présentèrent à elle comme deux prétendants rivaux, elle jura sur la tête de Zeus/Jupiter de demeurer vierge pour toujours. A la suite de cela, Zeus/Jupiter, reconnaissant, lui accorda la première victime de chaque sacrifice public parce qu’elle avait su préserver la paix de l’Olympe.

Pour comprendre ce « sacrifice public », il faut savoir que ce qui était au centre de la vie grecque, et même à Sparte où la famille était subordonnée à l’Etat, c’était l’âtre dans la maison, qui était aussi considéré comme un autel de sacrifice, et Hestia, qui en était la déesse, représentait la sécurité personnelle et le bonheur ainsi que le devoir sacré de l’hospitalité.

 

Priape, Hestia et l’âne

La légende des cadeaux de mariage qu’elle reçoit de Poséidon/Neptune et d’Apollon/Soleil a sans doute été inspirée par les cultes associés de ses trois divinités. Et voici pourquoi. Un jour, au cours d’une fête champêtre à laquelle assistaient les dieux, Priape, ivre, essaya de la violer après que tout le monde repu se fut endormi ; mais un âne se mit à braire bruyamment. Hestia s’éveilla, poussa un cri en voyant Priape à califourchon sur elle et le mit en fuite. Tout penaud, il était comique à voir dans sa retraite précipitée.

Priape essayant de la violer est une mise en garde anecdotique contre la conduite sacrilège à l’égard des invitées féminines qui se mettent sous la protection de l’âtre public ou privé, de même que l’âne, symbole de luxure, proclame la folie criminelle de Priape.

Si nous montions le thème natal d’Hestia nous lui trouverions bien sûr un Soleil en Vierge, mais on serait tenté de lui accorder un Ascendant Cancer qui justifierait son rapport au feu du foyer que les émigrants s’installant dans une ville étrangère emportaient, pour ne pas briser leur lien avec le lieu de leurs origines, avec leurs racines.

 

Hestia comme déesse du foyer, dans les maisons ou sur la place publique, protégeait les pieux dévots qui venaient chercher protection auprès d’elle. Hestia était universellement respectée, non seulement parce qu’elle était la plus douce, la plus vertueuse et la plus charitable de tous les habitants de l’Olympe mais aussi parce qu’elle avait inventé l’art de construire des maisons. Son feu était à tel point sacré que si un âtre s’éteignait soit par accident, soit en signe de deuil, on le rallumait à l’aide d’une roue à feu.

Hestia était vénérée dans toutes les cités grecques. Elle avait son autel dans chaque prytanée. A Delphes, Hestia était l’objet d’un culte particulier, parce que cette ville était considérée comme le centre du monde, et son foyer était donc le foyer commun de la Grèce. La caractéristique des temples d’Hestia était leur forme circulaire. Dans les maisons ou sur la place publique, elle protégeait ceux qui venaient chercher protection auprès d’elle. Hestia était universellement respectée.

La statue archaïque aniconique de la Grande Déesse, utilisée dans toute la Méditerranée orientale, semble avoir représenté un tas de charbon incandescent dont on conservait le feu en le recouvrant de cendres blanches ; c’était le moyen le plus économique et le plus agréable de se chauffer, dans ces temps anciens. Ce feu ne dégageait ni fumée, ni flamme, et constituait le centre naturel au cours des réunions de famille ou de clan. A Delphes, le tas de charbon est devenu la « pierre à feu » que l’on employait à l’extérieur et devint « l’omphalos » ou protubérance ombilicale que l’on voyait fréquemment sur les vases peints grecs ; il représentait ce que l’on croyait être le centre du monde. Cet objet sacré qui a survécu à la destruction du temple porte gravé le nom de la Terre Mère ; il était d’une hauteur de trente centimètres et d’une largeur de quarante centimètres environ : c’est là approximativement la hauteur et la forme d’un feu de charbon de bois suffisant pour chauffer une grande pièce.

 

Omphalos de Delphes

A la période classique, la Pythie était assistée d’un prêtre qui provoquait ses transes en faisant brûler des grains d’orge, du chanvre et des feuilles de laurier sur une lampe à huile dans un lieu couvert et qui ensuite interprétait ce qu’elle disait. Mais il est probable qu’on posait autrefois le chanvre, le laurier et l’orge sur les cendres brûlantes du petit tas de charbon de bois, ce qui est une façon plus simple et plus efficace d’obtenir la fumée déclenchant la prophétie. 0n a découvert dans les autels crétois et mycéniens de nombreuses cuillères triangulaires ou en forme de feuille, en pierre ou en argile, dont certaines portent les traces d’un grand feu et semblent avoir été utilisées pour entretenir le feu sacré. Le tas de charbon de bois était quelquefois placé sur une table à trois pieds, ronde, en argile, peinte en rouge, blanc et noir, couleurs qui sont celles de la lune. On en trouve des spécimens dans le Péloponnèse, en Crète et à Délos. L’une d’elles, découverte dans une tombe à Zafer Papoura près de Cnossos, avait encore son tas de charbon de bois.

 

Bibliographie :

Les Mythes Grecs de Robert Graves – Editions Fayard

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont                                                                                                                                                                    

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Chez Marabout

 

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LA CONSTELLATION DE LA VIERGE

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 28-08-2012

La Vierge est une constellation zodiacale très ancienne, la seconde par la grandeur, bien qu’à part son étoile principale l’Epi (Alpha Virginis, de magnitude 1,2) elle soit relativement difficile à repérer. L’Epi se trouve au sud immédiat du cercle de l’écliptique.

Elle est plus facile à localiser si l’on prend les constellations voisines comme repères, par exemple si l’on suit la légère courbe de la queue de la Grande Ourse, un peu au sud-est, jusqu’à Arcturus (Alpha Boris), et qu’on la prolonge à peu près de la même distance, on arrive au sud de l’Epi, seule étoile brillante de cette région du ciel.

 

Constellation de la Vierge

La Vierge est représentée sous l’aspect d’une jeune fille, souvent ailée, étendue sur l’écliptique. Elle tient une palme de la main droite, et une gerbe de blé de la main gauche, c’est « l’Epi de la Vierge », l’Epi. Dans les civilisations mésopotamienne et égyptienne, la Vierge fut très tôt représentée par un personnage féminin lié à la fécondité.

 

La déesse Ashtart

Dans la mythologie babylonienne, elle représentait Ashtart, reine des étoiles. Dans ses chroniques de l’histoire anglo-saxonne, écrites au VIIe siècle, Bède le Vénérable établit un lien entre la déesse Astarté, assimilée à Ashtart, et la déesse saxonne de la Fécondité, Eostre, qui est à l’origine du terme saxon signifiant « Pâques ». Il s’agit en fait d’une simple constatation. A l’époque de Bède, les étoiles de la Vierge brillaient vivement dans le ciel nocturne en mars et en avril, au début de la saison des cultures dans l’hémisphère Nord, et elles demeuraient visibles jusqu’à la fin de l’été, pour assurer une récolte abondante. Douze siècles plus tard, les choses ont encore peu changé.

Certains auteurs grecs ont assimilé la Vierge à l’ancienne déesse égyptienne Isis ; toutefois, c’est surtout avec Perséphone, fille de la déesse de la Terre cultivée, Déméter, qu’elle a été confondue. Plus tard, Cérès, l’équivalent romain de Déméter, sera directement, et non plus par l’intermédiaire de sa fille, identifiée à la constellation ; le thème de la fertilité et des récoltes apparaît dans la légende bien connue de l’enlèvement de Perséphone. C’est à travers les jeunes pousses printanières, à l’occasion de l’un de ses rares excursions dans le monde supérieur, que le seigneur des Enfers, Hadès, vit la jeune fille. Il ramena la belle chez lui et en fit la reine de son royaume.

 

Perséphone et la grenade d’après Rossetti

Des jours et des jours durant, Déméter erra sur la Terre pour retrouver sa fille. Finalement, folle de tristesse et de rage, elle décida de ne plus fertiliser la terre jusqu’à ce que sa fille lui fût rendue. Zeus obligea son frère Hadès à restituer Perséphone, à la condition qu’elle n’eût pas goûté la nourriture des Enfers. Mais Perséphone avait grignoté quelques grains de grenade. Plein de compassion pour Déméter et pour sa fille, Zeus décréta que Perséphone pourrait néanmoins passer la moitié de l’année avec Déméter, le printemps et l’été, mais qu’elle devrait retourner avec Hadès pendant l’autre moitié, l’automne et l’hiver. Aussi, lorsque Perséphone revient chez sa mère, elle apporte le printemps. C’est là l’origine des fêtes initiatiques célébrées par les Athéniens, les « mystères d’Eleusis ».

 

Thémis la déesse de la Justice

Le mythe de Déméter-Cérès est à l’origine de la signification symbolique actuelle de la constellation. Cependant, on trouve aussi un autre élément important chez les auteurs classiques, chez qui la Vierge est assimilée à Astrée, fille de Zeus et de Thémis, déesse de la Justice. Elle a pour attribut la balance, qui est aussi la constellation du même nom. Selon le poète grec Aratos (v. 315-v. 45 avant Jésus-Christ), « elle était établie sur la Terre depuis les temps anciens et côtoyait les hommes, les exhortant sans cesse à se montrer magnanimes envers leurs prochains ». C’était l’Age d’or. Mais au cours de l’Age d’argent et de l’Age de bronze, l’humanité est passée de la grâce à l’avilissement, « et la Justice, abhorrant cette race d’hommes, s’est envolée vers le ciel afin d’y élire domicile ; c’est là qu’encore aujourd’hui, la nuit tombée, les hommes contemplent la Vierge ».

 

Erigone séduite par Dionysos

Dans l’Antiquité grecque, on a également établi un lien entre la Vierge et Erigone, fille d’Icarios qui avait introduit dans ses Etats le culte de Dionysos, le dieu du vin et de la vigne. Erigone fut aimée du dieu qui, pour la séduire, se transforma en grappe de raisin. Apprenant la mort de son père massacré par des bergers ivres, Erigone se pendit de désespoir. Zeus, pour récompenser sa piété filiale, la plaça dans la constellation de la Vierge.

En Inde, la Vierge était connue sous le nom de « Kanya », mère du dieu Krishna, et était représentée sous la forme d’une déesse assise devant un feu. En Europe, depuis les premiers temps du christianisme, la Vierge est assimilée à la Vierge Marie. On a même vu dans l’Epi, l’étoile la plus brillante, le Divin Enfant dans les bras de sa mère.

 

La constellation chinoise de la Vierge froide

Le nom chinois de cette constellation, « Vierge froide », montre l’influence que l’Europe exerce sur l’Asie depuis le XVIIe siècle. Mais à une époque plus ancienne, les astrologues chinois considéraient l’Epi comme l’étoile la plus importante de la première Maison lunaire Chio, la « Corne ». Cette étoile marquait la limite entre les palais célestes du Sud et de l’Est, connus respectivement sous les noms « d’Oiseau vermillon » et de « Dragon bleu ».

 

La Vierge – Zodiaque de l’Observatoire de Jantar Mantar de Jaipur

Bibliographie

Le langage secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius/Paul Devereux – Editions Solar – Paris

 

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LES LAURIERS D’APOLLON

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 16-08-2012

De l’origine de l’expression « Se reposer sur ses lauriers » ou même «  s’endormir sur ses lauriers »…

C’est-à-dire ne pas poursuivre une carrière glorieusement commencée, ou bien compter sur des succès passés pour s’éviter à l’avenir de tout effort.

Le laurier était l’arbre consacré à Apollon. On en faisait les couronnes dont on ornait le front des poètes, des généraux victorieux, des empereurs. La Gloire est d’ailleurs presque toujours représentée sous les traits d’une femme couronnée de lauriers. On parle des lauriers de la victoire. César, puis Napoléon, eurent des couronnes de laurier d’or.

 

Apollon et Daphné – Bernini

Il faut dire que le laurier est originaire des rivages de la Méditerranée où il serait né d’une métamorphose : celle de la nymphe Daphné que les dieux changèrent en un végétal parfumé pour la soustraire aux assauts amoureux d’Apollon, dieu des Arts et de la lumière puisqu’il conduisait le char du Soleil. Grecs et Romains l’avaient tout naturellement consacré au Soleil et ils étaient persuadés qu’il protégeait de la foudre ; d’ailleurs, Tiberius Cesar portait un chapeau de laurier quand il tonnait.

Tout comme l’olivier, le laurier était un symbole de paix. A Rome, on en agitait des rameaux en signe de liesse ; on en décorait le palais des empereurs et des grands pontifes, ainsi que les statues de Jupiter à l’annonce d’une victoire. On en couronnait les généraux vainqueurs, ainsi que les poètes ou les amants heureux. Au Moyen Age, on ceignait aussi le front des artistes, des poètes, des savants et des nouveaux promus à un titre universitaire, coutume qui perdure en Italie à cette occasion, d’où le nom de « bacca laurea » donné à l’examen qui connait tant d’avatars chez nous depuis des années.

 

Une nouvelle diplômée

Ce laurier d’Apollon symbolisait aussi l’immortalité acquise par la victoire. Cet arbre apollinien signifie aussi les conditions spirituelles de la victoire, la sagesse unie à l’héroïsme.

La couronne, comme l’auréole, sont des symboles solaires. La couronne surtout était l’insigne du pouvoir et de la lumière. Autrefois, elle était ornée de pointes qui figuraient des rayons de lumière. L’iconographie alchimiste montre les esprits des planètes recevant leur lumière, sous forme de couronne, des mains de leur roi, le soleil. Toute couronne participe à l’éclat du symbolisme de la couronne solaire. L’auréole quant à elle évoque aussi un rayonnement d’origine solaire, mais d’un caractère sacré, suggérant le divin ou la sainteté. La tonsure des prêtres et des moines s’apparente à l’auréole puisqu’elle forme couronne. Elle indique leur vocation exclusive au spirituel, l’ouverture de l’âme.

 

La couronne de laurier de Napoléon 1er

Bibliographie

Trésors des expressions françaises – Sylvie Weil et Louise Rameau – Belin – Le Français retrouvé

Nos grands-mères savaient – La Vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul 

 

 

 

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LES AGRUMES… COMME AUTANT DE PETITS SOLEILS

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 14-08-2012

Il est d’usage d’évoquer la mythologie grecque pour appeler les agrumes « hespérides » du nom du fabuleux jardin, ainsi que d’un des douze travaux d’Hercule, celui-ci ayant eu pour tâche de cueillir les pommes d’or de ce Jardin des Hespérides bien gardé par le Titan Atlas aidé d’un dragon.

Vitrail d’agrumes

Les Hespérides étaient en fait les filles d’Atlas et d’Hespéris. Elles vivaient dans le jardin des pommes d’or. Mais Hercule/Héraclès triomphera du dragon et s’empara du jardin avec toutes ses richesses. Le mythe représente l’existence d’une sorte de Paradis, objet des désirs humains, et d’une possibilité d’immortalité (la pomme d’or) ; le dragon désigne les terribles difficultés d’accès à ce Paradis et Héraclès, le héros qui triomphe de tous les obstacles. L’ensemble est un des symboles de la lutte de l’homme pour parvenir à la spiritualisation qui lui assurera l’immortalité. Atlas, dit la légende, enseigna l’astronomie à Héraclès, le dragon donna son nom à une constellation et Héraclès fut identifié au soleil. Quant aux pommes d’or, il s’agit vraisemblablement d’une interprétation de la Renaissance car les Grecs anciens ne cultivaient pas d’agrumes et le verger des Hespérides situé sur la côte Atlantique produisait vraisemblablement des coings. Noter que le coing est un symbole ancien du mariage, consacré à Aphrodite/Vénus et à Dionysos/Bacchus.

 

Les coings

Les agrumes, à proprement parler, auraient été cultivés en Orient dès le IVe millénaire. De tous temps, ils furent appréciés pour leurs qualités décoratives, leurs parfums, leurs vertus médicinales et bien sûr leur goût. A ce propos, le mot « agrume » vient de l’italien « agrumi » et de l’ancien français « aigruns » signifiant « fruits aigres ». Quant à leur diffusion en Asie, elle se réalise au Moyen Age alors qu’en Occident, elle fut lente et sélective. Depuis, les agrumes sont les fruits les plus cultivés du mondes : les Arabes andalous du Moyen Age avec la maîtrise des techniques du sucre et de la distillation (agrumes confits et eau de fleur d’oranger) les diffusent en Occident ; puis, la systématisation de l’usage de la vitamine C aux U.S.A. dans les années 1920 qui les diffuse dans le nouveau monde et en premier lieu en Floride, avec le jus d’orange du matin.

 

La Jeune Fille aux Citrons – William-Adolphe Bouguereau – 1899

Les agrumes sont les fruits des végétaux des genres Citrus, Fortunella, Microcitrus, Eremocitrus et Poncirus, parmi lesquels on trouve les citrons, les clémentines, les kumquats, les bergamotes, les limes et limettes, les mandarines, les oranges, les pamplemousse et pomelos, les tangerines et les cédrats. Le genre « Fortunella » regroupe les kumquats. Le genre « Poncirus » renferme deux espèces aux fruits non comestibles frais.

 

Citrus cédrat

Le cédratier (Citrus medica), cultivé en Mésopotamie, fut la première espèce connu en Europe (300 ans avant Jésus-Christ). Le Cédrat ressemble à un gros citron. C’est un fruit sacré dans le Judaïsme. Moïse ordonna de tresser ensemble des rameaux de cédratier, des palmes et des branches de saule pour faire les thyrses consacrés à la fête des Tabernacles. Le cédratier était pour les Juifs un arbre sacré dont le fruit n’était pas soumis à la dîme et on le portait en main en entrant dans le Temple. En Chine, on l’appelle la « main du Bouddha », une variété de cédrat qui germe en pousses ressemblant au geste de la main de Bouddha. Les sons qui forment le nom du cédrat en chinois symbolisent la longévité et le bonheur. Le cédrat, la pêche et la grenade constituent un trio qu’on appelle les « Trois bénédictions » ou « abondances », symbolisant la prospérité, la longévité et l’abondance des descendants. Ensuite, comme la plupart des fruits à nombreux pépins, c’est un symbole de fécondité. Au Moyen Age, le cédrat était utilisé dans les opérations magiques. Et depuis toujours, le cédrat sert à préparer l’essence de bergamote et son écorce confite est très appréciée.

 

Les oranges

Les oranges dans la symbolique de l’Extrême-Orient sont des mandarines plutôt que les grosses variétés d’oranges de l’Occident. Elles représentent la chance par leur couleur doré et la perfection par leur forme ronde. Et puis, comme tous les fruits à nombreux pépins, l’orange est un symbole de fécondité. Au Viêt-Nam, on faisait autrefois présent d’oranges aux jeunes couples. Dans la Chine ancienne, probablement pour la même raison, l’offrande d’oranges aux jeunes filles signifiait une demande en mariage. L’oranger fut introduit dans le bassin méditerranéen entre les Xe et XIIe siècles alors que le mandarinier n’est apparu qu’au XIXe siècle.

Originaire du Cachemire, le citron aurait gagné la Chine il y a plus de 3 000 ans. Les Arabes l’ont acclimaté dans tout le bassin méditerranéen et notamment en Espagne. Quant aux Romains ils connaissaient le citronnier dès le 1er siècle de notre ère. Aujourd’hui encore, ce sont nos Voisins espagnols qui assurent 80 % de notre approvisionnement. Quant à la production française, si elle est infime (250 tonnes environ), elle est cependant réputée, avec le fameux citron de Menton qui mûrit en hiver.

 

Les limes

En Inde, la lime éloigne les esprits, sans doute en raison de son amertume. Quant au pomélo, ce gros fruit jaune fait office pour le Nouvel An chinois de signe de richesse et de prospérité parce que sa couleur est associée à l’or et que son nom (you) est homophone du mot pour « avoir » ou « posséder ». 

Le bigaradier porte un fruit, la bigarade, qu’on appelle également « orange amère ». Elle est plus petite que l’orange douce et sa peau rugueuse est tentée de vert ou de jaune. Sa chair est acide, peu juteuse, très amère et contient beaucoup de pépins. L’arbre, le bigaradier, est haut de 5 à 10 mètres. Au début de l’ère chrétienne, on le trouvait en Inde, puis il fut introduit dans le sud de la France par les Croisés. Les Maures le cultivaient intensivement près de Séville en Espagne, ce qui lui valut son surnom d’orange de Séville.

 

Bigarades

Il semblerait que la bergamote vienne d’Orient et aurait été introduite en Europe par les Croisés. Son nom serait une déformation du mot turc « beg armudi » qui signifie « poire du seigneur », alors que d’autres soutiennent qu’elle a été rapportée des îles Canaries par Christophe Colomb et tirerait son nom de la ville de Berga, au nord de Barcelone, où elle était cultivée à l’origine. Selon une légende, par nuit de pleine lune, la bergamote nous ferait voir l’endroit où naissent les fées.

 

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.  

 

 

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