MAI… DE LA FERTILITE A L’ABONDANCE

(6.6.2 - LES MYTHES DU TAUREAU ET DE VENUS) par sylvietribut le 03-05-2016

Autrefois, semble-t-il, le 1er mai était, en Europe, le jour dédié à l’amour. Ce jour-là, il était coutume de se coiffer d’une couronne de feuillages et de fleurs, ou bien d’en offrir à la personne aimée, comme en témoigne l’enluminure du mois de mai dans les Très riches Heures du duc de Berry, bréviaire réalisé par les frères Limbourg, au début du XVe siècle. Cet ouvrage se trouve aujourd’hui au château de Chantilly.

LES TRES RICHES HEURES DU DUC DE BERRY - MAI

Le Taureau et Mai – Les Riches Heures du Duc de Berry

Du 1er mai aux chaleurs de la canicule, à la fin juillet, fêtes et rites rappellent la fragilité de l’équilibre bienfaiteur entre la pluie et la sécheresse et suggèrent combien la maturation des cultures, plus ou moins avancée selon les lieux et les latitudes, reste tributaire des retournements de la saison, toujours imprévisibles. Par ailleurs, c’est autour de cette date que les animaux quittent les étables et la nourriture sèche pour rejoindre les pâturages aux herbes grasses.

Les cérémonies du 1er mai honorent conjointement le passage vers la saison de la floraison exubérante et l’arbre épanoui, assimilé à l’arbre de vie et de joie ; les rites insistent beaucoup sur la verticalité du tronc, élagué sauf à sa cime, ou du mât couronné de fleurs.

LES SAINTS DE GLACE

Les Saints de Glace : Saint Mamert, Saint Pancrace et Saint Servais

« En mai, chaude et douce pluie fait belle fleur et riche épi », enseigne un dicton populaire, exprimant la crainte que la pluie fasse défaut même sous un climat tempéré, où « Saint Mamert, Saint Gervais, Saint Pancrace, sont toujours de vrais saints de Glace ».

Hommes sauvages, « feuillus » et autres monstres qui apparaissent début mai, dans plusieurs parties de l’Europe, montrent les rapports ambigus entre la luxuriance de la nature et l’humidité. Leur relation aux sources et aux rivières met en évidence la quête de l’eau vive, de l’eau sacralisée et bénite ce jour-là par la grâce du « temps » ou, plus récemment, par la volonté d’un saint. En effet, au cours du mois de mai se multiplient les pèlerinages et les processions qui associent culte religieux et rites de guérison où l’eau joue un rôle prépondérant.

SOURCE EN CAMARGUE

Source en Camargue

Sources et fontaines un peu partout en Europe, à partir du 1er mai, deviennent souvent le pivot de cultes locaux de guérisseurs, qui s’attiraient jadis les faveurs du monde rural. Par ailleurs, les sources étaient symboles de maternité. Les rites aquatiques connaissent une grande popularité autour de la Pentecôte dans l’ensemble de l’Europe.

La crainte de la sécheresse s’exprime dans les pays de la Méditerranée orientale par la lutte du bien et du mal, représentée par la mise à mort d’un dragon meurtrier, crachant le feu, se nourrissant d’hommes et interdisant l’accès aux eaux du lac ou nichant dans une forêt au bord d’une rivière. Saint Georges est le vainqueur le plus célèbre du monstre, mais d’autres saints personnages se partagent dans d’autres régions cette gloire.

Dans ces régions méditerranéennes, où les cultures sont précoces, on faisait appel à la bienveillance des ancêtres et des morts victimes de meurtres pendant le mois de mai, car fécondité, fertilité et richesse des récoltes restent l’apanage du monde souterrain, domaine des défunts qui ne sont pas évacués de la vie sociale. A côté des Anthestéries ou des Rosalies, fêtes de la floraison transcendante, mais aussi évocation des morts, avaient lieux les Lemuria romaines dont on retrouve l’esprit dans les Roussalia, les commémorations funéraires du samedi de la Pentecôte, toujours célébrés dans le onde orthodoxe de Chypre à la Russie.

VENUS LA ROMAINE 2

Vénus la Romaine

Enfin la Vénus romaine, plus charnelle et sensuelle que l’Aphrodite grecque, gouvernait le mois de mai et le Taureau, signe zodiacal de ce mois d’apothéose des forces vitales. Le taureau symbolise lui aussi la fertilité et jadis il représentait Baal, dieu de l’humidité et de l’orage, adoré en Orient sous différentes formes dont le Veau d’or est la plus connue. Ce culte transmuté a migré vers l’Occident comme en témoignent les hécatombes anciennes et les rites taurins que l’on retrouve de la Crète minoenne jusqu’à nos jours dans les jeux de tauromachie de la Méditerranée occidentale, qui commence avec la fin avril et se concentrent ans la période estivale.

La gravité des rites agraires pratiqués pendant la période de départ aux alpages, de maturation des céréales et de mûrissement des fruits se retrouve presque intacte dans les traditions chrétiennes. Les cérémonies anciennes se reflètent dans toute multitude de fêtes et de rituels, très proches ou très semblables dans leur célébration, même si les dates varient selon les pays, instaurés par l’Eglise dans le contexte post-pascal et allant de l’Ascension à la Fête-Dieu. Le pèlerinage des Gitans aux Saintes-Maries-de-la-Mer, en Camargue, reste parmi les manifestations les plus spectaculaires en France de la fin mai, associant les rites de l’époque à l’exubérance de la fête populaire.

PELERINAGE DES GITANS - SAINTES MARIES DE LA MER

Pèlerinage des Gitans – Saintes-Maries-de-la-Mer

Bibliographie

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

 

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MARS… LE HEROS DU BELIER

(5.3.5 - MARS) par sylvietribut le 11-04-2016

Instinct de destruction, ardeur primaire, force vitale, sous l’influence de Mars, quelle que soit la cause embrassée, le Bélier se donnera tout entier, sans réfléchir, avec souvent une violence qui fait de lui le plus martien des signes.

Pour les Romains, Mars était le premier des dieux. Rome et la civilisation romaine étaient régies par le signe du Bélier : civilisation guerrière, de conquête, mais aussi très marquée par l’agriculture. Pour les Romains, Mars était aussi un dieu agricole, le dieu du printemps et de la végétation renaissante.

En anglais et en allemand, la racine « Spring » signifie « sauter », « jaillir », et le même mot signifie aussi « printemps » en anglais. Dans les civilisations traditionnelles, non chrétiennes, le véritable nouvel an correspondait à l’entrée du Soleil dans le signe du Bélier, c’est-à-dire l’équinoxe de printemps, ou l’Ingrès solaire du printemps pour l’astrologue. On y célébrait des rites agraires et sexuels. Le dieu Pan, dieu phallique et de fécondité, est en rapport avec Mars.

En Thrace, Mars était adoré sous la forme d’une épée rouillée fichée en terre. Chez les Sabins et à Rome, Mars était vénéré sous la forme d’une lance. Pour les Gaulois, c’était une épée nue, placée sur l’autel.

MARS DIEU DE LA GUERRE

Mars le guerrier, dieu de la guerre

Chez les Grecs Mars s’appelait Arès, dieu qui est à l’origine de la naissance du monde. Selon Hésiode, Mars, ou Arès, était fils de Jupiter et de Junon, c’est-à-dire de Zeus et d’Héra. Très jeune, Mars fut formé aux arts de la guerre et apprit les danses des Corybandes qui marchaient en sautant au son des tambours et des flûtes, en une sorte de délire sacré, ce qui l’apparente un peu plus au dieu Pan, le dieu ithyphallique. On peut donc penser que le dieu Mars est un « phallocrate », c’est-à-dire un homme qui détient son pouvoir d’un phallus.

Mars aime la guerre et bien que vaincu, il sait se relever rapidement pour d’autres rencontres. C’est un querelleur, mais brave et qui sait commander, former des troupes, les armer, Il se montre aussi sage au conseil que résolu au combat. Il a une intelligence pratique et lucide. Il excelle à détruire et sait bâtir, multiplier les forts, creuser les tranchées, susciter ou utiliser les moyens d’action. Dans les cœurs, il forge la notion du devoir. C’est un organisateur tyrannique.

A propos de la guerre, des maîtres spirituels, comme Krishnamurti, en avaient fait un mal absolument nécessaire pour des raisons parfois contradictoires : la guerre serait une réaction violente salutaire contre une maladie, qu’il s’agisse d’un organisme vivant ou d’une communauté tout entière ; Mars symboliserait les anticorps qui incarnent une salutaire réaction.

Ces mêmes maîtres spirituels enseignent qu’une guerre extérieure n’est jamais que le reflet d’une guerre intérieure. C’est, par exemple, la guerre sainte ou djihâd de l’Islam. Ainsi, Mars ne serait que celui qui porte dans les ténèbres la lumière tranchante de la vérité : combat, crime, guerre, opération, tranchante comme la lame d’un sabre.

Dans la bataille, Mars était environné d’un terrible fracas et Homère le montre retournant vers l’Olympe « semblable à une nuée sombre, un nuage orageux, qui obscurcit le ciel au moment où s’élève le souffle furieux du vent ». Dans l’Iliade, Jupiter lui reproche de « se plaire à la discorde, aux guerres et aux combats ».

VENUS ET MARS - FRESQUE DE POMPEI

Mars et Vénus – Fresque de Pompéi

Ce guerrier géant qui aimait fréquenter les champs de bataille, précédant Pluton, dieu de la mort, incitait les guerriers au carnage. Emporté par sa force, Mars fut souvent victime de son impulsivité. Pourtant, il faut aussi l’amant d’Aphrodite/Vénus et eut avec elle une enfant nommée « Harmonie » c’est-à-dire « celle qui unit ». On trouve dans ce mythe le symbole de l’union du Bélier/Mars avec son contraire la Balance/Vénus. Pourtant Vénus était mariée avec Héphaïstos/Vulcain, le dieu-forgeron, considéré par certains astrologues comme le second maître de la Vierge. Dans le thème d’une femme, Mars est une image masculine qui représente l’amant plus que le mari.

Mars, et aussi le dieu Thor de la tradition nordique, dieu qui symbolisait l’impulsion originelle, le cerveau, avec dans le yoga, la fontanelle, l’ouverture vers le haut : le prophète, l’inspiré.

Les mots de Mars sont : impulsion, puissance d’action, conquête, guerre, feu, danger, blessure, sang, le fer et la couleur rouge, mais aussi l’élan et l’aube.

En France, à Paris, le Champ-de-Mars est le terrain où s’élève la Tour Eiffel, qui symbolise l’âge de fer et qu’on appelle « la dame de fer ».

MARS LA PLANETE ROUGE

Mars, la planète rouge

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