MA NEWS

(01- LA NEWS DU MOIS) par sylvietribut le 23-10-2011

La Newsletter de Sylvie

Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous. Paul Eluard

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 Le Scorpion de Peynet    

AVANT-PREMIERE

Au fil des semaines retrouvez sur mon site onze nouvelles chroniques : 

http://www.sylvie-tribut-astrologue.com/

. Saint Dimitri le pendant automnal du printanier Saint Georges                                                    

. Le cyprès… l’Arbre de Pluton                                                                                                                                                            

. Les caprices de la Lune : Calendrier et Maisons lunaires en novembre 2011                                                                               

. Rétrogradation de Mercure en Sagittaire entre novembre 2011 et janvier 2012                                                                 

. Les thés du zodiaque : Tchaï le thé du Scorpion                                                                                                                              

. Rétrogradation de Mars en Vierge entre novembre 2011 et juillet 2012                                                                                         

. Une saveur Scorpion… la vanille                                                                                                                                                        

. Le zodiaque amoureux… Monsieur Scorpion amoureux                                                                                                               

. Le zodiaque amoureux… Madame Scorpion amoureuse                                                                                                                       

. Mystérieuse orchidée… Une fleur Scorpion                                                                                                                                      

 . Venise et l’Astrologie

scorpion 

A l’honneur entre le 23 octobre et le 22 novembre 2011 : LE SCORPION

Vous êtes Scorpion ou Ascendant Scorpion : 10 Euros de remise vous sont offerts sur le montant de votre consultation, au cabinet ou par téléphone. Vous n’êtes ni Scorpion, ni Ascendant Scorpion, tentez votre chance. Ainsi  si, dans le Panthéon céleste,  vous trouvez :         

-       Qui épouse qui ?

-       Qui est l’amant de qui ?

-       Et qui reste célibataire ?

Vous bénéficierez vous aussi d’une remise de 10 euros sur le montant de votre consultation. Faites-moi part de votre réponse par mail : sylvietribut@club-internet.fr

MERCURE, JUPITER, SATURNE, URANUS, NEPTUNE, MARS, PLUTON                                   

PERSEPHONE, GAIA, AMPHITRITE, RHEA, JUNON, VENUS

scorpion_imgLE SCORPION

Huitième signe du zodiaque, le Scorpion représente la puissance souveraine du désir : le désir qui crée et qui détruit, le désir qui s’affronte à la réalité et à ses lois.

L’Eau est l’élément du Scorpion : l’eau de toutes les fermentations, de toutes les métamorphoses, une eau de vie, rien à voir avec l’eau-mère du Cancer ou l’eau-mer des Poissons.

L’Eau du Scorpion est une eau qui brûle, qui corrode, qui ronge : une eau-miroir de l’inconscient qui masque le désir et refoule ses pulsions, informelle.

Toute chose disparaît dans l’Eau du Scorpion, pour se forger une nouvelle vigueur, Car c’est une eau qui régénère, où se trempe l’acier du corps et de l’âme. Etonnant pouvoir de récupération ! Le Scorpion refait ses forces dans le désespoir ; il doit tomber au plus bas, se croire perdu, pour enfin se sauver, se ressourcer.

Pluton, le dieu des Enfers et des Morts, de ce qui est enfermé sous la terre, représente ainsi le Scorpion, son irrépressible désir de destruction comme son instinct de conservation. 

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Perséphone par Dante Gabriel Rossetti

LE SCORPION : SON IMAGE, UNE VISION D’ENFER

L’enfer a aujourd’hui mauvaise réputation, n’y vont que les méchants, les damnés. A l’origine, l’enfer était mieux fréquenté : les grands sages ou les grands héros de l’Antiquité, les élus avaient l’habitude d’y séjourner. C’est sans doute pour cette raison qu’on le dit encore « pavé de bonnes intentions » et la plus belle avenue du monde, nos Champs-Elysées, était à cette époque aux enfers.

Pluton, le riche, était le maître incontesté des lieux. Son royaume était si terrible que personne n’en voulait. Dieu des morts, l’Hadès grec, l’Invisible, régnait sans partage, distribuant selon leurs mérites, aux uns les ténèbres, aux autres la lumière, mais rares étaient ceux qui, entrant aux enfers, avaient l’occasion d’en ressortir.

Perséphone eut pourtant cette chance. Fille de Jupiter, le Ciel-père et de Déméter, la Terre-mère, elle était aussi la nièce de Pluton. Un jour son oncle fut saisi par sa beauté, l’enleva et l’entraîna dans les souterrains glacés de son domaine. Sa mère la rechercha toute une année et pendant cette année la terre fut stérile. Emu par la famine qui ravageait les humains, par le chagrin et les implorations de Cérès, Jupiter localisa Perséphone et demanda à Pluton de la rendre. Pluton qui l’avait épousée dut se soumettre. Il rendit la jeune fille à sa mère, mais pas bête il l’invita d’abord à croquer un grain de grenade.

Innocente Perséphone, elle céda à la tentation et, cédant, avouait son désir et se condamnait à perpétuité. Elle fut donc obligée de passer une saison en enfer pour trois saisons sur terre ; certains disent une moitié de l’année dedans, l’autre moitié dehors.

 

Morale de la fable : l’alternance. Même si Pluton s’y révèle et révèle le Scorpion comme un signe extrémiste, un preneur d’âme qui ne rend jamais ce qu’il a pris sinon pour plus tard le reprendre. Pas étonnant que le signe ait mauvaise réputation : il inquiète. Il fascine aussi. Pas besoin d’être médium pour sentir la violence de ses désirs. Désirs qui n’apparaissent jamais pour ce qu’ils sont réellement. Il cache bien son jeu. Si bien, que sa main droite ignore souvent ce que fait sa main gauche. D’ailleurs, il déteste perdre, même s’il fait preuve d’humour à l’occasion. Mystérieux, énigmatique, il agit ainsi plus souvent d’instinct. A nous de l’aimer.

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LA LEGENDE DE PHILEMON ET BAUCIS : UN MYTHE DE LA BALANCE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 14-10-2011

UNE HISTOIRE D’HOSPITALITE, D’AMOUR CONJUGAL ET DE FIDELITE

Cette légende nous est contée par Ovide dans ses Métamorphoses.

Baucis était une femme pauvre et usée par les ans. Elle vivait avec son mari Philémon dans un village de Phrygie. En ces temps anciens, les dieux lassés de goûter au nectar de l’ambroisie de l’Olympe, de regarder danser les Muses, ou d’entendre la lyre d’Orphée, aimaient à descendre sur terre pour se mêler aux simples mortels, et y courir l’aventure. Un jour, Zeus/Jupiter, accompagné de son compagnon favori, Mercure, le plus amusant de tous les dieux, le plus sagace et le plus inventif, décide d’une excursion au pays des hommes. Leur but est bien déterminé : ils veulent tester l’hospitalité du peuple phrygien et partent déguisés en mendiants.

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Alors que partout ils ont été chassés, ils trouvent chez Philémon et Baucis un accueil digne d’eux. Les deux époux leur offrent tout ce qu’ils possèdent pour se reposer et leur proposent de partager leur modeste repas, priant leurs visiteurs de les excuser de ne pouvoir offrir davantage. Les dieux, touchés par tant de gentillesse, leur suggèrent de faire un vœu dont ils promettent la réalisation.

Philémon et Baucis formulent le souhait de ne pas connaître la douleur de survivre l’un à l’autre. Alors Zeus leur affirme qu’ils vivront encore très vieux et qu’à leur mort, ils seront à jamais tendrement enlacés.

Quand ils furent parvenus à un âge très avancé, alors qu’ils échangeaient leurs souvenirs, chacun s’aperçut que l’autre se couvrait de feuilles. Puis, une écorce les entoura. Ils n’eurent que le temps de s’écrier tendrement : « Adieu, cher compagnon ». Ces mots avaient à peine passé leurs lèvres qu’ils étaient transformés en arbres. Mais ils étaient toujours ensemble : il s’agissait d’un chêne et d’un tilleul, mais qui n’avait qu’un seul tronc. On dit que de partout on venait admirer le prodige et des guirlandes de fleurs garnissaient toujours les branches pour honorer ce couple pieux et fidèle. Cependant, dans une autre version du mythe, il s’agit de ces deux mêmes arbres prêts à se toucher.

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Veut-on nous dire à travers cette histoire qui a traversé les siècles, que l’amour heureux et durable est fait d’humilité, de patience, de tolérance mutuelle et de tendresse, d’exigences mesurées et d’acceptation paisible des limites et des épreuves apportées par la vie ? Ou encore que l’hospitalité est un devoir sacré ?

Cependant, ce que l’on constate souvent à la campagne, c’est qu’un ou deux beaux tilleuls se tiennent à proximité de la maison et parfois même un chêne et un tilleul. 

Si l’on se penche sur la symbolique de ces deux arbres, on se souvient que la longévité exceptionnelle du chêne en a fait depuis les temps les plus reculés un arbre sacré et chez les Grecs comme chez les Romains, le chêne était consacré à Zeus/Jupiter. On rendait des oracles en interprétant le bruit du vent dans son feuillage et  de celui-ci on tressait des couronnes pour récompenser les vainqueurs, sportifs ou militaires.

Quant au tilleul, dont les fleurs parfumées ont des vertus adoucissantes, il était consacré à Vénus, la déesse de l’amour. Depuis, toujours cet arbre est symbole d’amitié et d’une tendre fidélité. Par ailleurs, son nom grec est le même que celui de la mère du Centaure Chiron dont les pouvoirs de guérison, accordés également par Zeus/Jupiter, furent toujours très bénéfiques aux hommes.

Ce passage des Métamorphoses d’Ovide inspira à La Fontaine une fable et, à Gounod, un opéra.

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Pour l’astrologue, la planète Jupiter symbolise l’épanouissement affectif qui se manifeste par une chaude participation à la vie : gourmandise, optimisme, confiance, générosité, bonté, protection. Il s’agit d’une tendance qui consiste à donner de soi, à aller vers autrui, à favoriser son environnement.

Mercure, lui, est un principe de communication, de liaison, d’échanges, de mouvement. Il a la possibilité de se dédoubler, se transformer, d’où un côté ludique souvent pour qui a Mercure important dans son thème, mais aussi, parfois, une tendance à la mythomanie, tant la facilité à travestir la vérité est forte.

La planète Vénus est un principe d’attraction, de sympathie, de communion, de fusion, qui s’affirme en particulier sur le plan des sentiments. Avec Vénus, si la planète est bien configurée dans le thème, c’est le règne de la paix du cœur et du bonheur. Elle est l’aspiration à une existence facile et agréable où priment les sentiments. C’est aussi un symbole de faveurs.

Quant à Chiron, à l’image du seul centaure à visage humain auquel il est associé, c’est un astre synonyme de sagesse et de bienfaisance. La légende dit qu’il reçut de Jupiter le pouvoir de guérir les hommes. Cependant, il était estropié et ne pouvait se soigner lui-même. On dit que la position de Chiron dans notre thème astral indique le lieu de notre blessure inguérissable.

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Bibliographie : Ovide, les Métamorphoses. 

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DANS LE MONDE DU SAGITTAIRE… LE THE

(7.01 - LES THES DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 28-11-2009

UNIVERSEL, MEDICINAL ET SPIRITUEL…

LE THE

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D’origine chinoise, où il est connu depuis l’Antiquité, le thé est aujourd’hui la boisson la plus bue au monde après l’eau. La boisson elle-même peut prendre des formes très diverses : additionnée de lait et de sucre au Royaume-Uni, longuement bouillie avec des épices en Mongolie, préparée dans de minuscules théières dans la technique chinoise du gongfu cha, la cérémonie du thé.

Cette boisson se répandit dans tout l’Orient, et parvint en Occident au cours du XVIIe siècle. Ce sont les Hollandais qui introduisirent le thé en Europe. Ils l’avaient acheté à Java et le nommèrent thee, d’où le français thé, l’allemand tee, l’anglais tea ou l’italien tè.

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Le théier, arbre à thé ou tout simplement thé, est un arbuste originaire d’Extrême-Orient, de la famille des Théacées. On distingue trois formes de cette espèce cultivées dans le monde entier : le Camellia sinensis assamica (Assam), le Camellia sinensis sinensis (Yunnan) et le Camellia sinensis cambodiensis. 

Les principaux pays producteurs sont la Chine, l’Inde, le Sri Lanka, le Vietnam, Taïwan, le Japon, le Népal, la Turquie, le Kenya et la Tanzanie. Dans le commerce du thé, le Sri Lanka et Taïwan sont désignés respectivement par leurs anciens noms de Ceylan et Formose.

Suivant l’espèce, le théier se cultive dans un milieu climat tropical humide pour l’Assam ou supporte des conditions plus rigoureuses pour le Yunnan : Japon, Chine, Géorgie, Iran, Turquie, Himalaya indien. En plantation, le théier est taillé pour ne pas dépasser un mètre de haut afin d’en faciliter la cueillette. Les premières récoltes commencent au bout de trois à quatre ans.

plantation-de-the-en-malaisie    Plantation de thé en Malaisie

La cueillette s’effectue encore à la main, le plus souvent par des femmes, sauf au Japon et en Géorgie où elle est mécanisée. Elle se pratique plusieurs fois par an, jusqu’à quatre fois ou plus suivant les régions. Les cueillettes se font par round de 4 à 14 jours, le temps que le théier se renouvelle.

Les feuilles les plus jeunes sont vert clair. Ce sont les plus riches en substance (caféine, tanin, etc.) et celles qui fournissent la boisson la plus goûteuse et la plus raffinée. A l’extrémité des branches se trouve un bourgeon recouvert d’un duvet blanchâtre, le « pekoe », qui signifie en chinois « duvet blanc » et qui n’est autre que la jeune pousse enroulée sur elle-même. Ce bourgeon est particulièrement recherché. Plus on redescend sur la branche, plus les feuilles sont larges et moins la boisson est savoureuse.

On effectue donc plusieurs sortes de cueillette suivant la qualité recherchée de la boisson. Dans la cueillette dite « impériale », on cueille uniquement le pekoe plus une feuille, dans la cueillette « fine », le pekoe plus deux feuilles et dans la cueillette normale, le pekoe et trois feuilles ou plus.

Les différentes sortes de thés (noirs, verts, oolong…) ne proviennent pas de différentes espèces de théier, comme on l’a longtemps cru en Occident, mais sont obtenues en traitant différemment les feuilles récoltées. Si les opérations élémentaires sont simples à décrire, les méthodes exactes sont des secrets industriels jalousement gardés. En plus des opérations classiques, les feuilles de thé sont parfois façonnées à la main, en boules, en fleurs, en dragons, en galettes….

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VERT OU NOIR… QU’IMPORTE… C’EST LA BOISSON SANTE PAR EXCELLENCE 

C’est la boisson la plus consommée au monde. Au point que l’on a oublié qu’il s’agit d’un véritable médicament. Le thé est une boisson dépurative, diurétique, digestive, anti cholestérol, antiviral, anti-âge… Il contient des vitamines (B2, K et PP), des oligoéléments, des flavonoïdes.

Selon le mode de préparation, on obtient du thé vert (non fermenté) ou du thé noir (fermenté). Si ce dernier est surtout protecteur du système cardio-vasculaire, le thé vert, très riche en tanins, est anti tumoral. Des études sur des souris ont montré que la consommation quotidienne de thé vert stopperait l’évolution des cancers de la peau dans plus de 80 % des cas, et des cancers des poumons ou de l’estomac dans plus de 50 % des cas. Cette action serait due à une très forte concentration en poly phénols, qui empêchent la dégénération cellulaire, et en gallate d’épigalocatéchine, qui freine la multiplication tumorale.

Une à trois tasses par jour suffisent pour en profiter pleinement sans insomnie. Un petit truc pour filtrer sa théine : jeter la première eau infusée puis s’en resservir une tasse. En effet, contrairement aux idées reçues, un thé léger est bien plus énervant qu’un thé longuement infusé : la théine se libère à 75 % dans les trois premières minutes. Mais c’est l’inverse pour le thé vert : plus il infuse, plus il se charge de caféine.

On n’innove donc pas en rangeant le thé parmi les plantes médicinales. C’est comme telle qu’il fut introduit en Occident au XVIIe siècle et maintenant qu’il a cessé d’être une denrée exceptionnelle, nous aurions tort d’oublier de faire appel à lui en cas de besoin sous prétexte qu’il est d’usage commun.

Les thés noirs communément commercialisés en Occident sont issus d’un processus de fabrication mis au point par les Britanniques, en Inde, au milieu du XIXe siècle. Les Britanniques se sont inspirés des méthodes chinoises qu’ils ont largement rationnalisées et simplifiées, introduisant notamment l’usage de machines (broyeuses, séchoirs, tamis…), là où les Chinois continuent à préparer les thés à la main. 

LE THE VERT : UN MANGEUR DE GRAISSES

La légende raconte que le thé fut découvert en 2737 avant Jésus-Christ par l’empereur chinois Chen Nong, qui s’apprêtait à boire une tasse d’eau chaude à l’ombre d’un théier lorsqu’une feuille se détacha de l’arbre et tomba dans le récipient. Des récipients datant de la dynastie Han (de – 206 à 220) ont été retrouvés, mais c’est sous la dynastie des Tang (618-907) que le thé a été clairement identifié comme la boisson populaire.

Le thé vert est un thé dont les feuilles, après la cueillette, sont le plus souvent flétries et chauffées à haute température, afin de neutraliser les enzymes responsables de l’oxydation. Elles sont ensuite roulées et séchées plusieurs fois afin d’obtenir une forme particulière. On peut distinguer deux méthodes principales pour obtenir du thé vert :  

-       La méthode chinoise, d’une part, par laquelle les feuilles sont chauffées dans de grandes bassines de cuivre placées sur le feu ;  

-       La méthode japonaise, d’autre part, par laquelle les feuilles sont chauffées à la vapeur, très brièvement, en moins d’une minute, avant d’être roulées et séchées. 

L’Orthosiphon est un thé qui pousse à foison dans les lieux humides de l’île de Java et dans les régions marécageuses de l’Inde ou de l’Australie. Les Malaisiens l’ont baptisé « moustache de chat » à cause des quatre étamines effilées qui garnissent le cœur de sa fleur. Là-bas, on fait sécher ses feuilles comme celles du thé, pour éviter la fermentation et lui conserver à la fois sa saveur et ses vertus thérapeutiques. La principale : il est diurétique. Il augmente le volume des urines et accélère en même temps l’évacuation des déchets : urée, acide urique, toxines métaboliques… C’est pourquoi l’orthosiphon est recommandé pour apaiser les troubles aussi divers que les rhumatismes, l’eczéma ou certaines migraines. Tous ces troubles et bien d’autres, sont en effet dus en partie à l’accumulation de toxines dans les tissus. Traditionnellement, on utilise l’orthosiphon pour lutter contre les maladies des reins et de la vessie. C’est en Indonésie qu’on l’appelle le « thé de Java ». Ses feuilles augmentent le volume et la fréquence des urines favorisant ainsi l’élimination des déchets. Elles ont aussi un effet sédatif léger, qui aide à lutter contre la nervosité provoquée par certains régimes.

On compte deux cuillerées à soupe pour un demi-litre d’eau bouillante, à laisser infuser dix minutes. On peut en boire trois à quatre fois par jour, entre les repas.

COMME LE SAGITTAIRE LE THE A BESOIN DE TOUT UN CEREMONIAL ET INVITE PAR LA MEME A LA SPIRITUALITE

L’admirable cérémonie du thé japonais ne relève pas seulement d’une esthétique, fût-elle la plus parfaite. La pureté du décor, des instruments et des gestes peuvent, certes, la faire apparaître comme une sorte de culte inégalé de la beauté. Mais la première cérémonie du thé, disent les Taoïstes, est l’offrande de la coupe par Yin-hi à Laotseu, qu’allait lui remettre le Tao-te king. Et le théier, disent les adeptes du Zen, est né des paupières de Bodhidharma, qu’il avait coupées et jetées au loin pour s’interdire la somnolence pendant la méditation. C’est pourquoi le thé est utilisé dans le même dessein par les moines : les tenir éveillés.

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Si la cérémonie du thé a toutes les apparences d’un rite communiel, qu’elle a probablement été, en vue, prétend-on d’atténuer la rudesse des mœurs, de discipliner les passions, de surmonter les antagonismes guerriers, et d’établir la paix, sa caractéristique principale est la sobriété, le dépouillement de l’acte, qui vise au dépouillement de l’individualité.

Comme dans tous les arts Zen, le but à atteindre est que rien dans l’acte ne soit accompli par l’ego, mais par la nature propre ou par la vacuité. Le thé est finalement le symbole de l’Essence à laquelle participe le Soi ; mais cette participation n’est pas vacuité sans le sommeil ; elle est veille intense et active dans le silence contemplatif.

COMME LE SAGITTAIRE LE THE PASSE LES FRONTIERES ET LES CONTINENTS… COMME LE SAGITTAIRE LE THE EST DE TOUTES COULEURS… 

On le trouve à Ceylan et rien ne prédestinait Ceylan à devenir « l’île de thé » qu’elle est aujourd’hui. C’est l’Ecossais James Taylor qui a permis cette grande révolution en y plantant vers 1860 les premiers théiers provenant de Chine et d’Assam. Aujourd’hui les plantations couvrent une grande partie de l’île et s’étendent jusqu’à 2500 mètres. Les liqueurs produites sont ambrées, onctueuses, astringentes et charpentées.  

Le thé de Darjeeling provient des plantations de cette région du Nord de l’Inde, situées sur les contreforts de l’Himalaya, entre Bhoutan, Népal et Sikkim. Ici toutes les conditions sont propices à la production de très grands jardins : haute altitude, ensoleillement et brumes accrochées aux montagnes. Les thés de cette région offrent des liqueurs avec un arôme et une finesse inégalée et des notes telles que : amande, muscat et fruits mûrs.

Connaissez-vous les thés du Népal ? Ce pays frontalier de l’Inde s’est inspiré des plantations de la région de Darjeeling, qu’il jouxte, pour installer depuis les années 20 ses quelque 16 000 hectares de plantations. Le Népal compte aujourd’hui 85 plantations et produits majoritairement des CTC, mais également une petite production orthodoxe de très belle qualité, réalisée de manière artisanale par de petits fermiers respectueux de l’environnement, et qui a fait la renommée de cette origine.

Les thés de Chine sont appelés « thés noirs ». Pourtant, en Chine, ils sont connus sous le nom de « Hong cha », signifiant « thés rouges », à cause de la teinte fauve que prennent les feuilles à l’infusion. Ils sont apparus en Chine bien plus tardivement que le thé vert, à la fin du XVIIe siècle, suite à l’essor économique résultant des premières exportations. Provenant essentiellement des provinces d’Anhui, Yunnan et Fujian, les thés noirs de Chine offrent une belle et vaste palette aromatique, à explorer absolument.

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Brique de thé de Chine

Quant au thé rouge vendu en Europe, c’est la dénomination donnée improprement à une plante, différente du thé, poussant en Afrique du Sud, le Rooibos (Aspalathus linearis) qui ne contient pas de caféine et peu de tanin.

Nommés « thés sombres » en Occident et « thés noirs » en Orient, en raison de leurs feuilles qui tournent à l’infusion au noir profond, ces thés sont avant tout connus grâce aux célèbres Pu-Erh, manufacturés exclusivement dans la province chinoise de Yunnan. L’appellation Pu-Erh provient du nom d’un village du sud du Yunnan, Pu er, situé sur la route de la soie, et qui était autrefois une plate-forme de commerce entre le Gouvernement chinois et les tribus aborigènes du Yunnan. Ces thés se distinguent par leur parfum surprenant de terre humide et leurs notes minérales, résultat d’une post-fermentation, et par le fait que ce sont des thés de garde. Affinés en cave, ils se bonifient avec le temps. La liqueur s’arrondit et les arômes se complexifient.

Et puis il existe les thés de Chine fumés. Ils ont la particularité d’évoquer aux Occidentaux « le thé de Chine » alors que pour les Chinois, ils représentent « le thé des étrangers ». L’arrivée de ce thé en Occident remonte à la fin de la dynastie Qing, époque où les ports chinois se sont ouverts à l’export. Originaires de la province du Fujian, ces thés sont cultivés sur les flancs des montagnes Wuyi. Leur goût fumé puissant provient d’un séchage des feuilles, après oxydation, dans un enfumoir empli de braises d’acacia, d’épicéa ou de cyprès. 

En Chine avant la dynastie Song, les fleurs de jasmin étaient exclusivement réservées aux jardins royaux. Depuis cette période, une tradition du thé au jasmin s’est développée. Après la cueillette, les fleurs sont étalées sur des tamis en bambou. Celles-ci s’épanouissent et libèrent une forte fragrance durant les heures nocturnes. Elles sont alors mêlées aux feuilles de thé jusqu’à ce que celui-ci s’imprègne de leur arôme. En résulte une liqueur douce et très parfumée.

natte-de-the Natte de thé  

Thé noir compressé du Yunnan enveloppé dans une feuille de palme, nouée de manière à former cinq boules, chacune servant à préparer un litre et demi de thé. Les nattes peuvent être plongées dans l’eau du bain pour un grand moment de détente.

C’est encore en Chine que l’on trouve le thé jaune. Cette famille de thés rares, produits uniquement en Chine, tirerait son nom de la couleur emblématique de l’empereur, qui se délectait de ces thés. Plus vraisemblablement, cette appellation proviendrait des reflets jaunes que prend le duvet des feuilles à la suite d’un procédé d’oxydation particulier : après une dessiccation rapide, les feuilles sont enroulées dans des « Niu Pi Zhi », vieux papiers jaunes, et laissées à sécher naturellement. Ce thé unique est produit dans la région du Meng Ding « Pic masqué » dans la province du Sichuan : une liqueur aux notes de noix et à la saveur légèrement sucrée.

Les thés blancs sont également la spécialité d’une province chinoise, le Fujian. Ils tiennent leur nom du duvet blanc qu’arborent les jeunes pousses des variétés de théiers sélectionnés pour leur manufacture, appelés Da Bai, « Grand blanc ». Considérés comme rafraîchissants par les Chinois, ces thés sont consommés pendant les fortes chaleurs. Ils se distinguent par leur grande subtilité et nécessiteront le plus grand soin pour leur préparation. Ils excelleront, préparés en Gaiwan, avec des infusions très courtes et répétées, ou bien en infusion plus longues en eau tiède ou froide. Une expérience également intéressante consiste à infuser les thés blancs, le temps d’une nuit, dans le l’eau froide, au réfrigérateur.

Les oolongs de Formose sont de grands thés qui tirent leur nom du chinois « Wu Long » qui signifie « Dragon Noir » et qui symbolise l’autorité et la noblesse. Les plus connus à travers le monde sont ceux produits sur l’île de Formose (Taïwan) mais ils trouvent leur origine dans le Fujian, en Chine. Appelés « semi-fermentés », « semi-oxydés », ou encore « thé bleu-vert », ils sont à mi-chemin entre thé vert et thé noir. Ils allient la saveur tonifiante du premier et la douceur du second. En résulte une immense palette aromatique. Un voyage qui ne cesse de surprendre. Toutefois, il existe aussi des oolongs de Chine en provenance des provinces de Fujian, de Guangdong, et des montagnes de Wuyi. Le Oolong est un type de thé très populaire en Asie, où il est communément servi dans les restaurants. Sa popularité est telle que Mac Donald en propose au Japon dans ses établissements. 

Au Japon on trouve des thés verts qui constituent la totalité de la production du pays, les thés verts japonais se distinguent par leur raffinement. Les élégantes pousses sculptées en aiguilles, les Sencha, offrent un univers organolesptique à part. Des notes végétales, fraîches et marines et une texture développées qui fait dire aux Japonais qu’ils privilégient, dans leur façon de manufacturer le thé, l’expression des saveurs alors que les Chinois eux, privilégient les arômes. De façon idéale, ces thés se prépareront à température modérée et tout particulièrement les grands crus (60-70°). Au centre de la cérémonie japonaise, le Matcha que l’on prépare dans un large bol avec une cuillérée à café de poudre, mélangé à 15 cl d’eau frémissante et fouettée au chasen, un fouet de bambou, jusqu’à obtention d’une mousse légère. C’est alors une liqueur amère aux notes végétales puissantes. 

Au Laos aussi on trouve du thé vert, récolté et fabriqué manuellement. Le séchage se fait au feu de bois puis au soleil. Après humidification à la vapeur, le thé est compacté dans des moules en bambou. Chaque bâtonnet est ensuite ligaturé à l’aide de liens de bambou. Ils sont subtilement fumé ces bâtonnets de thé vert du Komen. 

Les thés verts du Vietnam sont aussi à découvrir : le Shan Tran est un thé à la feuille épaisse et torsadée et aux reflets argentés. Les feuilles sont récoltées sur des théiers anciens le long de la frontière chinoise. Une liqueur au goût franc révélant des notes fraîches, fruitées et aromatiques ; le Lotus O.P. dont la mode fut lancée sous la dynastie Nguyen (1848-1883). On déposait alors du thé dans des fleurs de lotus pour qu’ils s’imprègnent de leur parfum. Une feuille légèrement roulée pour une infusion douce, aux notes entêtantes de fleur de lotus.

On change de continent pour l’Afrique qui nous offre le thé du Kenya il est le produit de la seule plantation de ce pays produisant encore du thé selon la méthode orthodoxe. Cela donne une tasse corsée et aromatique, mais sans amertume. Il est parfait pour le matin, avec ou sans lait.

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LES THES PARFUMES

Dans les années 1950, Jean Jumeau-Lafond redonne un second souffle aux thés aromatisés en enrichissant l’idée de l’indémodable Earl Grey. Un mélange Goût Russe Douchka naît de sa passion et de son génie. Une création intime, inspirée par sa femme qui ajoutait une tranche d’orange dans sa tasse d’Earl Grey, et apportait ainsi une touche de douceur sur une liqueur onctueuse et délicate. Depuis les experts de Dammann Frères conjuguent leur talent et inspiration pour allier les saveurs propres aux thés noirs de Chine, de Ceylan aux saveurs de fruits, de fleurs et d’épices puisées aux quatre coins du monde.

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L’Earl Grey est un mélange de thé noir aromatisé à la bergamote. On trouve également des versions thé vert, d’Oolong et même de thé blanc. Et voici son histoire : le comte Charles Grey (1764-1845), second comte Grey (en anglais : Earl Grey), aurait rapporté la recette d’un voyage diplomatique en Chine et l’aurait offerte à la Maison de thé Jacksons of Picadilly qui aurait donné le nom d’Earl Grey au nouveau mélange en guise de remerciement. En réalité, l’Earl Grey est fabriqué à base de thé noir indien et srilankais, les Chinois n’ayant jamais été de grands consommateurs de thé noir. Quant à Charles Grey, il n’a jamais mis les pieds en Chine. 

Twinings commercialisa le premier « Earl Gre’s tea » sur le marché britannique. Le blend de Twinings contient du thé de Chine, du Darjeeling, du thé de Ceylan ainsi qu’une petite quantité de Lapsang souchong, un thé noir fumé et corsé.  Jacksons of Piccadilly revendique également la paternité de l’Earl Grey et affirme avoir reçu la recette en 1830 de la part du comte. La rivalité entre les deux Maisons se poursuit malgré le fait qu’elles soient aujourd’hui liées à la même Maison mère.

Les thés parfumés les plus célèbres sont :

-       Le thé au jasmin : thé vert auquel sont ajoutés lors de l’oxydation des fleurs de jasmin.

-       Le thé à la menthe : thé vert en général du Gunpowdor auquel sont ajoutées lors de l’infusion des feuilles de menthe fraîche et du sucre.

-       L’Earl Grey : thé noir parfumé à l’essence de bergamote.

Quelques thés célèbres :

-       Darjeeling, Assam et Nilgiri : thés noirs originaires des régions du même nom en Inde où la culture du thé fut importée par les Britanniques au XIXe siècle.

-       Ceylan : thé noir originaire du Sri Lanka, pays dont l’ancien nom est Ceylan.  

-       Gunpowder : thé vert d’origine chinoise. Ce thé est fabriqué de telle manière qu’il forme de petites boulettes très dures. Cette forme et sa couleur vert foncé lui ont valu cette appellation qui signifie en anglais « poudre à canon ». Ce thé, de faible qualité, est célèbre car c’est lui qui est utilisé pour la préparation du thé à la menthe dans les pays du Maghreb où il est le thé de l’hospitalité. On pense que l’origine du thé à la menthe vient de la volonté qu’ont eue les Britanniques de trouver, au XIXe siècle, de nouveaux marchés pour le thé, dont ils avaient développé la culture dans leur empire des Indes. La fermeture des marchés slaves après la Guerre de Crimée avait en effet entraîné une grave crise de débouché. Cela les conduisit à chercher de nouveaux marchés pour leur produit, dont en particulier le Maghreb. Les habitants se sont rapidement emparés du thé, qu’ils ont ajouté aux infusions de menthe ou d’absinthe qu’ils buvaient alors. Ils ont ainsi inventé une nouvelle boisson : le thé à la menthe.

the-a-la-menthe1Un   Le célèbre proverbe décrit l’évolution du thé à la menthe : 

. Le premier verre est aussi amer que la vie,

. Le deuxième est aussi fort que l’amour,

. Le troisième est aussi doux que la mort. 

Par ailleurs, il faut savoir que de nombreuses études expérimentales et cliniques ont révélé que le thé exerçait un effet protecteur contre les maladies cardio- vasculaires. Toutefois, une étude allemande a prouvé récemment que, si la consommation de thé noir permet d’améliorer de manière significative la dilatation des artères par rapport à la consommation d’eau chaude, l’ajout de lait a totalement supprimé les effets du thé en raison de la présence de caséines et de la formation de complexes avec les catéchines du thé.

-         Lapsang Souchong : thé chinois de la province du Fujian. C’est un thé noir dont les feuilles sont placées dans la fumée d’un feu d’épicéa ou de cyprès, ce qui lui donne un goût fumé plus ou moins marqué.

Il existe même un thé au beurre, ou thé au beurre de yak rance, connu sous le nom de Po Cha. C’est une boisson typique du Tibet, également consommé au Bhoutan. Elle est faite à partir de thé, de sel, de beurre et de lait de yak. Le Suutei tsaï et un thé au lait salé traditionnellement bu en Mongoli.

Economie du thé

L’essentiel du thé est produit par de grandes exploitations en Inde, en Chine ou au Sri Lanka, à destination des grandes entreprises de l’agro-alimentaire. A l’opposé de cette production industrielle, de nombreux « jardins », plantations parfois minuscules, fabriquent des thés très recherchés par des amateurs. Ces derniers peuvent se comparés aux très grands crus de vins français à la fois par leur rareté et par leur prix. Leur économie échappe largement aux grands courants mondiaux. 

En 2006, la production mondiale de thé a atteint 3,64 millions de tonnes. Le principal pays producteur est la Chine, suivie de l’Inde, du Sri Lanka, du Kenya et de la Turquie. Ces cinq pays réalisent plus de 75 % de la production mondiale. La Chine reste aujourd’hui le seul pays à produire toutes les familles de thé : thé blanc, thé jaune, thé bleu-vert, thé rouge et thé noir. Les autres pays producteurs de thé sont : l’Indonésie, le Vietnam, le Japon, l’Argentine, l’Iran, le Bangladesh, le Malawi, l’Ouganda. Quant aux importateurs, c’est d’abord l’Union Européenne, avec le Royaume-Uni en tête. Ensuite, vient la Russie, le Pakistan, les Etats-Unis, le Kenya, le Japon, le Maroc qui est même le premier importateur de thé vert chinois.

tasse-de-the1Sans allez si loin, si vous habitez Rambouillet ou sa région, sachez que vous pouvez y trouver tous les thés du Monde. Une charmante petite boutique et une non moins charmante marchande de thés, Laurence, vous conseillera, prendra le temps de vous faire découvrir les merveilleux parfums de ses thés mystérieux. Et sa palette est vaste, elle en propose une centaine.

D’ailleurs, il n’est que de pousser la porte pour que vous arrive de délicieux effluves : Jardin de Mogador, Rêve de la Martinique, Les Riads, Mélange vénitien, Ile de Madagascar, Calabria, Douchka, Saint-Pétersbourg, Cerisier de Chine, L’oriental, Thé des Marquises… Et tant tant d’autres noms qui évoquent horizons mythiques ou horizons lointains… que vous verrez en rêve dans les volutes de fumée de votre thé bien chaud, confortablement assis dans votre fauteuil.            

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CAF’THE

15 bis rue Chasles

78120 RAMBOUILLET

Tél. 01.34.83.33.11

J’oubliais de vous dire que vous trouverez aussi chez Laurence petits gâteaux et autres douceurs pour accompagner votre thé, et puis des théières, des mugs, des tasses, des boîtes à thé, des boules à thé… Tout tout tout pour le thé… Autres merveilles de la boutique des cafés des quatre coins du monde, que Laurence torréfie elle-même… Et elle propose même une petite collection de riz… Chez elle, rien à voir avec les productions standardisées de l’agro-alimentaire et les prix sont tout doux et même plus doux que dans la grande distribution…

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Quel rapport entre le Sagittaire et le thé me direz-vous ?

Le Sagittaire est considéré comme le globe-trotter du zodiaque. Il parcourt le monde en tous sens. Il est à la fois l’explorateur, le colonisateur, le trappeur, le missionnaire. Il gouverne aussi bien les agences de voyages, que les entreprises de transport ou celles qui s’occupent d’import-export. Or, le thé a largement dépassé son pays d’origine, la Chine, non seulement pour être cultivé ailleurs, mais aussi en étant consommé sous toutes les latitudes, tous les continents, du Nord au Sud, d’Est en Ouest. Il est d’ailleurs devenu la boisson la plus bue dans le monde après l’eau, sans distinction de races et de religions. C’est la boisson consensus par excellence. 

Enfin on prête au Sagittaire un fort coefficient de spiritualité et de philosophie. Le thé a lui aussi besoin de tout un cérémonial pour être apprécié. Il est un trait d’union entre le bien-être gustatif qu’il procure et l’élévation de l’âme puisqu’il invite à la méditation. De plus, le cérémonial qu’il nécessite concourt à adopter une attitude zen.  

Dans le corps humain, le Sagittaire correspond au foie. Or, le thé est la boisson dépurative par excellence. Chiron, le dieu guérisseur, faisait partie de la famille des Centaures, montres impitoyables du monde du Sagittaire. Pour avoir apporté son aide à Jupiter, celui-ci lui conféra le pouvoir de soigner et de guérir les maux des dieux et des hommes, seulement estropié il ne pouvait se guérir lui-même. Le Sagittaire est considéré comme un des trois signes soignants du zodiaque avec la Vierge et les Poissons. On trouve d’ailleurs beaucoup de Sagittaire ou de Jupitériens parmi les grands patrons du monde hospitalier. 

Jupiter était le frère et le complice de Déméter, la déesse de la Terre et des moissons de toutes sortes. Il était d’ailleurs disent certains le père de Perséphone, la fille de Déméter. Quand celle-ci disparut à l’improviste et que Déméter submergée par la douleur ne s’occupe plus de nourrir les hommes, il lui promet son aide pour retrouver sa fille, ainsi moissons et cueillettes contribuèrent-elles de nouveau à la prospérité de la terre et des hommes.

Enfin, Jupiter avait un grand pouvoir de métamorphose. Le thé lui ressemble car il ne se présente pas seulement sous forme de feuilles, mais il se cache aussi bien sous forme de plaques, de galettes, de boulettes, de nattes tressées et même caché dans des fleurs… Il se parfume, se colore, se marie, se fume… Et puis, tout comme Jupiter, le thé contribue à la prospérité de ceux qui le servent et au bien-être de ceux qui le consomment.

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Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Les Plantes et leurs vertus – Les Carnets du Jardin – Marie Borrel – Editions du Chêne

Dammann Frères – Catalogue

Vivre au Naturel – Dominique Lesbros – Editions Parigramme

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul  - Robert Laffont 

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ORIGINE ASTRONOMIQUE DES EXPRESSIONS POPULAIRES

(6.1 - Etymologie) par sylvietribut le 14-10-2009

Bien que peu utilisée, vous connaissez sans doute l’expression « être ravi au septième ciel », mais savez vous exactement de quoi il en retourne ?

Les astronomes-astrologues, les scientifiques de l’époque, avaient organisé l’univers à leur convenance, ou plutôt du mieux qu’ils le pouvaient. Ils avaient placé la Terre au centre du monde, et le reste autour, avec une logique parfaitement simple dont il faut bien reconnaître que tout concourait à l’étayer, les textes religieux comme l’observation directe.

Pour le mouvement des astres et le logement des dieux, ils avaient inventé un système de sphères de cristal, absolument transparentes et concentriques, qui tournaient autour de la Terre harmonieusement, chacune portant sa planète dans une joyeuse et discrète musique sidérale.

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Chaque sphère était un ciel. Il y avait donc sept ciels, superposés, un par planète, dans l’ordre exact de leur distances ; le ciel de la Lune d’abord, la plus près… le ciel de Mercure… de Vénus… puis celui du Soleil, « Le Soleil est de trois épicycles, c’est-à-dire ou estages, au-dessus de la Lune », expliquait A. Paré. Venaient ensuite le ciel de Mars, de Jupiter et de Saturne. Au-delà était une dernière sphère, plus solide, qui portait toutes les étoiles ensemble, et qu’on appelait le firmament ou bien encore empyrée. Derrière cet ultime écran se tenait Dieu, en majesté, coiffant l’ensemble depuis qu’il avait séparé par cette enveloppe, le premier jour de sa création, les eaux d’en bas d’avec les eaux d’en haut.

« Etre ravi au ciel » était littéralement être arraché au sol, soit par la main divine comme le fut saint Paul, soit dans un immense transport de joie. On pouvait monter plus ou moins haut naturellement, selon l’intensité du plaisir. On a beaucoup parlé, d’abord d’être « ravi au troisième ciel », parce que c’était celui de Vénus, déesse de l’Amour.

« Il est ravy trop plus hault qu’aux tiers cieulx

Et prend pour soy toujours la chose aux mieulx »

 

dit Alain Chartier au XVe siècle. Depuis il y a eu de l’escalade et la jouissance extrême vous transporte carrément au septième ciel !

C’était bien confortable, cette Terre logée au chaud, tranquille, protégée au milieu de ses globes rassurants, comme une matrice, avec Dieu tout autour, noyant le tout dans sa grande pisse, les « eaux d’en haut »… On peut juger si Copernic le chanoine et après lui Képler et Galilée firent une fâcheuse impression au XVIe siècle, avec leur théorie nouvelle ! On comprend que ces astronomes qui venaient mettre en morceaux ces jolies sphères de cristal millénaires aient été reçus comme des bœufs dans un magasin de porcelaine.

On n’en voulait pas du système d’orbites mathématiques, dans lequel la Terre n’était plus le centre de rien, tournant toute seule sur elle-même, comme une vieille folle courant après son soleil perdu dans les immensités galactiques. Ce fut de l’humanité le premier veuvage, ce firmament réduit en miettes, en étoiles froides du diable vauvert. Il faut comprendre les Anciens : il ne leur restait que la lune pour pleurer… Alors, ils gardèrent dans le langage les « cieux », tout de même au pluriel, et ce septième ciel des ravissements.

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Bibliographie : La puce à l’oreille – Anthologie des expressions populaires avec leur origine – Claude Duneton – Le Livre de Poche

 

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FEE… FATA… FATUM… FATALITE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 17-09-2009

De la Fée Bleue à la Fée Carabosse 

 

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Maîtresse de la magie, la fée symbolise les pouvoirs paranormaux de l’esprit ou les capacités prestigieuses de l’imagination. Elle opère les extraordinaires transformations et en un instant comble ou déçoit les désirs les plus ambitieux. Peut-être représente-t-elle les pouvoirs de l’homme de construire en imagination les projets qu’il n’a pas pu réaliser. 

La fée irlandaise est par essence la « banshee », dont les fées des autres pays celtiques ne sont que des équivalents plus ou moins altérés ou compris. Au départ, la fée, qui se confond avec la femme, est une messagère de l’Autre Monde. Elle voyage souvent sous la forme d’un oiseau, d’un cygne de préférence. Mais cette qualité n’a plus été comprise lors de la christianisation et les transcripteurs en ont fait une amoureuse venant chercher l’élu de son cœur. La « banshee » est par définition un être doué de magie. Elle n’est pas soumise aux contingences des trois dimensions et la pomme ou la branche qu’elle remet ont des qualités merveilleuses. Le plus puissant des druides ne peut retenir celui qu’elle appelle et, quand elle s’éloigne provisoirement, l’élu tombe en langueur.

la-bansheeLa Banshee 

Shakespeare a merveilleusement montré avec la Reine Mab, l’ambivalence de la fée, qui est capable de se transformer en sorcière : 

« Alors je vois que la Reine Mab vous a visité

C’est l’accoucheuse des fées et elle vient

Pas plus grosse qu’une pierre d’agate

A l’index d’un échevin

Traînée par un attelage de petits atomes…

… C’est toujours cette Mab

Qui tresse la crinière des chevaux la nuit

Et dans leurs poils gluants

Fabrique des nœuds magiques

Qui débrouillés font arriver de grands malheurs.

C’est la sorcière… »

 En effet, les palais que les fées évoquent et font scintiller dans la nuit s’évanouissent en un instant et ne laissent plus que le souvenir d’une illusion. Ils se situent dans l’évolution psychique parmi les processus de l’adaptation au réel et de l’acceptation de soi, avec ses limites personnelles. Ou on recourt aux fées et à leurs ambitions démesurées. Ou bien elles compensent les aspirations frustrées. Leur baguette et leur anneau sont les insignes de leur pouvoir. Elles resserrent ou défont les nœuds du psychisme. Que les fées de notre folklore ne soient autres, à l’origine, que les Parques romaines, elles-mêmes transposition latine des Moires grecques, ne paraît guère discutable. Leur nom même « Fata », les Destinées, le prouve. D’après P. Grimal :

 « Les trois Parques étaient représentées sur le forum par trois statues.  Que l’on appelait couramment les trois fées, les tria fata ».

Elles portent encore aujourd’hui ce nom dans la plupart des langues latines, et on en retrouve la racine dans leur postérité et les innombrables petits génies que l’imagination populaire a créés à leur suite : tels les fadas provençaux, les fades de Gascogne, les fadettes et fayettes, les fadets et farfadets.  

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Assemblées généralement par trois, les fées tirent du fuseau le fil de la destinée humaine, l’enroulent sur le rouet et le coupent, l’heure venue, de leurs ciseaux. Peut-être furent-elles, à l’origine, des déesses protectrices des champs. Le rythme ternaire, qui caractérise leurs activités, et celui de la vie même : jeunesse, maturité, vieillesse, ou bien naissance, vie et mort, dont l’astrologie fera : évolution, culmination, involution.

Selon de vieilles traditions bretonnes, à la naissance d’un enfant, on dresse trois couverts, sur une table bien garnie, mais dans une pièce écartée de la maison, afin que les fées soient rendues propices. Ce sont elles, aussi, qui conduisent au ciel les âmes des enfants mort-nés et qui aideront à rompre les maléfices de Satan.

Pour mieux comprendre le symbolisme des fées, il faut, au-delà des Parques et des Moires, remonter aux Kéres, divinités infernales de la mythologie grecque, sortes de Walkyries qui s’emparent des agonisants sur le champ de bataille, mais qui, selon l’Iliade, paraissent aussi déterminer le sort, le destin du héros, auquel elles apparaissent en lui offrant un choix, dont dépendra l’issue bénéfique ou maléfique de son voyage.

La filiation des fées telles que nous venons de l’indiquer montre qu’elles sont originellement des expressions de la Terre-Mère. Mais le courant de l’histoire, selon un mécanisme ascensionnel, les a fait peu à peu monter du fond de la terre à sa surface où, dans la clarté de la Lune, elles deviennent esprits des eaux et de la végétation. Les lieux de leurs épiphanies montrent cependant clairement leur origine ; elles apparaissent en effet le plus souvent sur des montagnes près des crevasses et des torrents, sur les innombrables tables de fées ou dans le plus profond des forêts, au bord d’une grotte, d’un abîme, d’une cheminée des fées, ou encore près d’un fleuve mugissant ou au bord d’une source ou d’une fontaine. Elles sont associées au rythme ternaire mais, en y regardant de plus près, elles relèvent aussi du quaternaire : en musique, on dirait que leur mesure est à trois-quatre : trois temps marqués et un temps de silence. Ce qui représente en effet et le rythme lunaire et celui des saisons. La lune est visible pendant trois phases sur quatre ; à sa quatrième phase, elle devient invisible, on dit qu’elle est morte. De même, la vie représentée par la végétation naît sur la terre au printemps, s’épanouit en été, décroît en automne, et disparaît pendant l’hiver, temps de silence, de mort.

 

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Si l’on examine de très près légendes et contes relatifs aux fées, il apparaît que ce quatrième temps des fées n’a pas été oublié par les auteurs anonymes de ces récits. C’est le temps de rupture, où l’épiphanie anthropomorphe de la fée se dissipe. La fée participe du surnaturel, parce que sa vie est continue, et non discontinue comme la nôtre, et comme celle de toute chose vivante en ce monde. Il est donc normal qu’en la saison de la mort on ne puisse la voir, donc qu’elle n’apparaisse pas. Pourtant elle existe toujours, mais sous une autre forme, relevant comme elle, en son essence, de la vie continue, de la vie éternelle. 

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Les Parques ou les Moires : C’étaient trois fileuses qui travaillaient jour et nuit. On les a représentées, parfois, comme d’affreuses vieilles, ailleurs elles sont belles et implacables. Leur nom venait du verbe latin « parcere », qui signifie « épargner ». Ce nom était ironique car elles n’épargnaient jamais personne ; ce qu’elles filaient ainsi sans trêve, c’était le fil de la vie humaine… Clotho tenait la quenouille, Lachésis le fuseau et la dernière, Atropos, donnait le coup de ciseau final… Par une extension facile à comprendre, la Parque signifie : la Destinée.

La symbolique du fuseau est d’ailleurs intéressante. Pour Platon, « le fuseau de la nécessité » représente la nécessité qui règne au cœur de l’univers. Le fuseau tourne d’un mouvement uniforme et entraîne la rotation de l’ensemble cosmique. Il indique une sorte d’automatisme dans le système planétaire : la loi de l’éternel retour. On peut à ce titre le rapprocher du symbolisme lunaire. Les filles de la Nécessité, les Moires, chantent avec les Sirènes, en faisant tourner les fuseaux : Lachésis pour le passé, Clotho est le présent, Atropos représente l’avenir. Elles règlent la vie de chaque être vivant à l’aide d’un fil que l’une file, que l’autre enroule, que la troisième coupe.

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Ce symbolisme indique le caractère irréductible du destin : sans pitié, les Parques filent et défilent le temps de la vie. Le double aspect de la vie se manifeste : la nécessité du mouvement, de la naissance à la mort, révèle la contingence des êtres. La nécessité de la mort réside dans la non-nécessité de la vie. Le fuseau, instrument et attribut des Parques, symbolisera la mort.

melusina1La fée Mélusine est alternativement femme et serpent, de la même façon que le serpent change de peau pour se renouveler indéfiniment. C’est le moment qui, chez les humains, correspond au temps de silence, à la mort. Aussi les fées ne se montrent-elles jamais que de façon intermittente, comme par éclipses, bien qu’elles subsistent en elles-mêmes de façon permanente. On pourrait d’ailleurs en dire autant des manifestations de l’inconscient. 

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Mélusine est une fée bâtisseuse qui a laissé son empreinte dans maints et maints édifices religieux et civils du Poitou. Ayant infligé une punition à son père Mélusine est condamnée par sa mère à devenir serpent dès le nombril tous les samedis. Alors qu’elle erre dans la forêt non loin de Coulombiers, elle rencontre Raymondin. Elle consent à l’épouser, à la seule condition qu’il la laisse seule chaque samedi, sans chercher à connaître son occupation. Dix garçons, dont certains portent la marque de leur origine féérique, naissent de cette union. Mais, un samedi, rongé par la curiosité, Raymondin trahit son serment et découvre le secret de sa femme. C’est ainsi que Mélusine disparaît après avoir tournoyé dans le ciel de Lusignan. A l’image de leur mère légendaire, les seigneurs de Lusignan, rois de Jérusalem, de Chypre et d’Arménie, originaires du Poitou, se sont avérés être au Moyen Age des constructeurs notables de châteaux : une vingtaine de sites aurait été édifiée, fortifiée ou embellie par cette famille.

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Selon la légende, le château de Lusignan fut construit par Mélusine. La Fée bâtisseuse, transportant les pierres dans sa dorne et les assemblant de trois goulées d’air en trois nuits, aurait été aidée par des ouvriers tirés du néant pour la circonstance. Aujourd’hui, les vestiges de cette forteresse : la Tour de Mélusine et la Poterne, s’inscrivent au cœur d’un jardin à la française aménagé au XVIIIe siècle par l’Intendant du Poitou, Blossac. A l’intérieur d’une des anciennes parties du château, une exposition présente l’épopée tumultueuse du château et de ses seigneurs, au travers de leur mère légendaire.

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Les étranges métamorphoses de cette fée ne sont pas sans évoquer le Scorpion, alors que le secret qu’elle garde jalousement ainsi que cette vie double, comme son corps de sirène, font penser à la symbolique du signe des Poissons.

Avec Roussalka la sirène on reste dans l’univers aquatique. Dans le monde païen, la Roussalka avait le statut de déesse de la rivière, propriétaire de trésors et magicienne. Depuis la christianisation de la Russie, elle passe pour être plutôt mélancolique ainsi que  peu favorable aux humains. Suivant une croyance populaire, les Roussalki sont des nouveau-nés de sexe féminin, morts sans baptême ou encore des femmes noyées. Elles possèdent jeunesse et beauté éternelles. Le samedi précédant la Trinité, elles courent en tous sens dans les champs de seigle. A partir du jeudi suivant, la fête du Semik, elles résident dans les bois où leurs appels répétés égarent les voyageurs en chemin. Pendant la Roussalnaïa, huitième semaine après Pâques, et également la veille de la Saint-Jean, elles se montrent dangereuses et il est alors fort imprudent de se baigner.  

la-roussalkaDans une variante populaire du conte, la Roussalka est la nymphe des eaux, la fille favorite des esprits du lac. Toute sa vie, elle se désole de sa condition et, éprise d’un jeune prince, elle souhaite devenir femme pour pouvoir communiquer chaleur et amour humain. Elle confesse ce désir à son père qui se désespère, convaincu que cette métamorphose lui portera malheur. Mais, constatant son impuissance à la persuader de renoncer à ce désir, il lui conseille d’aller consulter la Jézi-Baba. Cette sorcière promet à la Roussalka de l’aider à prendre forme humaine, mais à deux conditions : ne jamais pouvoir parler à son prince, et, au cas où il la tromperait, être damnée. A son retour, son prince, qu’une mystérieuse force a fait venir à sa rencontre, la prend dans ses bras et la conduit au palais où sont réunis pour la noce un grand nombre d’invités. Bouleversé par la beauté silencieuse de la Roussalka, le jeune prince porte son regard sur une autre belle femme venue assister au mariage. Depuis, la Roussalka gémit sur son sort, et guette les hommes qui voyagent dans la forêt.

Cette belle légende fait penser à l’histoire de Lorelei ainsi qu’à celle de la petite sirène, mais ni l’une ni l’autre n’étaient des fées. La petite sirène a toutefois recourt à une sorcière car comme la Roussalka elle veut devenir une vraie femme pour conquérir le jeune prince qu’elle a sauvé de la noyade. Elle y perdra sa voix en perdant sa queue de sirène pour des jambes et une silhouette de rêve. La Roussalka inspira Antonin Dvorak qui l’immortalisa dans un opéra.

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La fée Viviane appartient à la célèbre légende du Roi Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde, un ensemble de récits datant du Moyen Age. C’était la fille d’un seigneur de Bretagne, du château de Comper, au nord de la forêt de Brocéliande qui n’est autre que le nom mythique de l’actuelle forêt de Paimpont, au sud-ouest de Rennes, dans le Morbihan. C’est dans cette forêt que le roi Arthur somma aux chevaliers de trouver le Graal. Merlin l’Enchanteur, ami et conseiller du jeune roi, fût l’hôte privilégié de Brocéliande. Et c’est à la fontaine de Barenton qu’il rencontra Viviane pour la première fois… Qui de la fée ou du magicien enchanta l’autre ? A découvrir ou à redécouvrir… Mais avec Viviane apparaît là une autre fée des Eaux, on l’appelait d’ailleurs la Dame du Lac. Son histoire évoque assez le signe des Poissons.

La fée Morgane est une magicienne faisant elle aussi partie de la Légende du Roi Arthur. Elle est souvent représentée comme une adversaire du Roi, de sa femme Guenièvre, ainsi que des Chevaliers de la Table Ronde. C’est une disciple de la fée Viviane et Merlin est son maître.

la-fee-morgane1La fée Morgane peintre par John William Waterhouse

Elle est présentée comme une séductrice maléfique, mais aussi parfois comme un personnage positif incarnant un pouvoir féminin désapprouvé par la société médiévale. Le personnage de Morgane pourrait avoir une de ses sources dans la déesse Modron, inspirée de la Dea Matrona gauloise, telle qu’elle apparait dans la littérature galloise médiévale. Le nom de Morgane la lie peut-être aux morgan/morgen, fées des eaux, séductrices et dangereuses, du folklore britannique. La transcription de son nom en « morgue » la lie parfois à la Mort. Son histoire évoque le Scorpion et surtout Vénus en Scorpion, à moins que ce ne soit Lilith, la Lune Noire.

la-fee-clochette1La fée clochette est un personnage créé par J.M. Barrie dans son roman Peter Pan. Clochette est amoureuse de Peter Pan. Elle ne supporte pas que celui-ci porte son regard sur un sujet féminin, et encore moins qu’il s’y intéresse. Or Peter Pan, qui est un séducteur, passe son temps à essayer d’épater Wendy, ce qui énerve très profondément Clochette. James Barrie indique que comme toutes les fées, Clochette est parfois gentille, parfois méchante et elle est tellement petite qu’elle n’a de place que pour un seul sentiment à la fois. Cependant, Clochette est apte à jouer des tours. Elle est fragile et sensible, se déplace très rapidement et, grâce à sa poudre, elle permet à Peter, aux enfants Darling et aux Garçons Perdus de voler. Par son côté espiègle et sa manière de voler, elle n’est pas sans rappeler Mercure aux pieds ailés. C’est certainement une fée Gémeaux.

La fée bleue est un être magique. Ravissante jeune femme blonde capable d’apparaître par enchantement depuis une étoile, c’est elle qui donne vie au pantin de bois Pinocchio, après le souhait de Geppetto le menuisier qui a construit la marionnette d’avoir un vrai petit garçon. Elle confie au grillon Jiminy Cricket  le soin d’être la conscience de Pinocchio et de le guider vers le droit chemin. Pinocchio doit en échange prouver qu’il est toujours brave, loyal, franc et obéissant. Cette belle et bonne fée n’est pas sans évoquer la douce et belle Vénus. Alors que Jiminy Cricket s’apparenterait à Saturne.

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Toutefois, avant d’être le célèbre film de Disney, Pinocchio est un personnage de fiction, héros d’un conte de fées moderne, chef-d’œuvre universel de la littérature enfantine :  » Le aventure di Pinocchio ». Storia di un burattino » (Les aventures de Pinocchio, Histoire d’un pantin), d’un certain Carlo Collodi. En fait, Collodi est un village de Toscane, entre Pistoia et Lucca, qui servit de pseudonyme à un journaliste et écrivain italien qui s’appelait en fait Carlo Lorenzini. Ce bourg tout en longueur se termine par la grande villa Garzoni, reconstruite en 1600 sur les ruines d’un château médiéval. Dans le parc, tout en terrasse, on peut voir un monument représentant Pinocchio et la Fée Bleue. La villa Garzoni et son jardin dominent toute la vallée. La mère de Carlo Lorenzini travaillait là. C’était la fille du fermier de la villa et l’on dit que c’est dans la cuisine que Carlo Lorenzini, dit Collodi, commença le récit des aventures du fameux pantin. Carlo Collodi vécut entre 1826 et 1890.

villa-garzoniVilla Garzoni – Collodi – Italie

C’est le conte de fées par excellence, immortel et universel, duquel ont été tirées une multitude de versions : littéraires, théâtrales, chorégraphiques, télévisées, cinématographiques et bandes dessinées, sans compter les centaines de traductions, de versions illustrées ainsi que les mises en musique et en chanson. Il faut revoir le très vieux film en noir et blanc « Les aventures de Pinocchio » de Luigi Comencini, avec le génial Nino Manfredi dans le rôle de Geppetto et la belle Gina Lollobrigida dans celui de la Fée Bleue.

On reconnait aux « Aventures de Pinocchio » une prérogative qui n’appartient qu’aux grands chefs-d’œuvre, celle d’être hors du temps. Pour les 100 ans de Pinocchio, en 1981, Italo Calvino écrivait ainsi : « Il nous est naturel de penser que Pinocchio a toujours existé, on ne s’imagine pas en effet un monde sans Pinocchio ». Les « Aventures de Pinocchio » a été le deuxième livre le plus vendu en Italie au XXe siècle avec le tirage de 9 à 10 millions d’exemplaires, juste derrière la Divine Comédie de Dante Alighieri  (11 à 12 millions d’exemplaires).

cendrillon-et-sa-marraine La fée marraine de Cendrillon est un personnage récurrent des contes : il s’agit d’une fée qui met ses pouvoirs surnaturels au profit exclusif de son ou de sa filleule, auprès de qui elle joue un rôle protecteur ou de mentor, comme on peut l’attendre d’une marraine dans de nombreuses sociétés. Elle se penche sur le berceau du héros nouveau-né pour lui prodiguer des dons : de l’esprit pour Riquet à la houppe, on pense tout de suite à Mercure ; grâce et beauté pour la Belle au Bois dormant… voici Vénus ; ou encore elle assiste et protège à l’adolescence d’un père abusif dans Peau d’Ane, ou d’une marâtre tyrannique et de demi-sœurs cruelles dans Cendrillon, ou d’un sort lancé par une méchante fée dans la Belle au bois dormant. On songe alors à quelques fées jupitériennes, bienveillantes et protectrices à l’image de Jupiter, d’autant qu’elles ont déjà un certain âge et représentent la maturité et la sagesse.

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La Belle au Bois Dormant dans ce conte, elles sont sept fées à être conviées à un repas rituel, celui du baptême. Les six premières offrent un don à la princesse, la septième amoindrit la malédiction lancé par la vieille fée, fâchée de n’avoir pas été conviée : « On donna pour marraines à la petite Princesse toutes les Fées qu’on pût trouver dans le Pays. Il s’en trouva sept. Ainsi chacune d’elle lui faisant un don, comme c’était la coutume des Fées en ce temps-là, la Princesse eût par ce moyen toutes les perfections imaginables. Cependant les Fées commencèrent à faire leurs dons à la Princesse. La plus jeune lui donna pour don qu’elle serait la plus belle du monde, celle d’après qu’elle aurait de l’esprit comme un Ange, la troisième qu’elle aurait une grâce admirable à tout ce qu’elle ferait, la quatrième qu’elle danserait parfaitement bien, la cinquième qu’elle chanterait comme un rossignol, et la sixième qu’elle jouerait de toutes sortes d’instruments à la perfection ».

Les Frères Grimm dans leur adaptation du conte porteront à treize le nombre de fées. Walt Disney, dans son adaptation, ramènera ce chiffre à trois. Dans chacun des cas, les auteurs ont pris soin de choisir un chiffre porteur d’une valeur symbolique forte dans les contes et la superstition populaire.

L’astrologue a tendance à penser que ces chiffres sont en rapport avec le zodiaque : les trois fées représentant les trois phases visibles de la Lune et les trois déesses lunaires : Artémis ou Diane, la jeune fille qui représente la Lune croissante, Séléné est la femme mûre ainsi que la Pleine Lune. Enfin, Hécate est la vieille femme, la Lune décroissante.

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Le chiffre 7 représente les sept astres visibles et que tout le monde connaissait jusqu’à au XVIIe siècle : le Soleil, la Lune, Mercure, Vénus, Mars, Saturne et Jupiter. Seulement ensuite apparaîtront Uranus, Neptune et Pluton. 

Quant au nombre 13, plusieurs hypothèses se profilent :

. La phobie du 13 qui pourrait provenir de l’Antiquité. Au IVe siècle avant Jésus-Christ, Philippe II de Macédoine eût l’idée d’ajouter sa statue à celle des douze dieux. Malheureusement pour lui, il fut assassiné peu de temps après.

. Le 13 suit le nombre 12, nombre symbolisant accomplissement et cycle achevé et très symbolique dans la mythologie chrétienne où c’est un nombre « saint » et dans la tradition astrologique puisqu’il y a douze mois dans l’année, 12 heures le jour et 12 heures la nuit, douze signes du zodiaque, douze dieux dans l’Olympe, douze travaux d’Hercule, douze tribus d’Israël et douze apôtres accompagnant Jésus. Et puis, 12 ans c’est le cycle de Jupiter, le temps qu’il lui faut pour parcourir le zodiaque. Le nombre est divisible par 2, 3, 4 ou 6 alors que 13 n’est divisible que par 1 ou par lui-même seulement. Treize est plutôt source de déséquilibre et tombe dans une portion opposée du divin, et marque une évolution fatale vers la mort, vers l’achèvement d’une puissance et d’un accomplissement.

. L’origine de la superstition du Vendredi 13 aurait pour origine une légende nordique. Vendredi était le nom de Frigga, la déesse de l’amour et de la fertilité. Lorsque les tribus nordiques et germaniques se convertirent au Christianisme, Frigga fut bannie et envoyée au sommet d’une montagne et considérée comme une sorcière. Depuis, chaque vendredi, la déesse pleine de rancune convoquerait onze sorcières et le diable, ce qui fait 13 en la comptant, pour comploter de mauvais tours à jouer au cours de la semaine suivante. Reste que, dans l’Antiquité, le vendredi était un jour consacré à la déesse de l’amour, qu’elle s’appelle Aphrodite, Vénus ou Frigga. Ce  jour était donc considéré comme le plus gai de la semaine.

frigga-filant-les-nuagesFrigga filant les nuages

Aujourd’hui encore le vendredi semble être un jour de chance pour certains peuples ou communautés religieuses. Enfin, selon certains biblistes, ce serait aussi un vendredi qu’Eve et Adam auraient croqué dans la pomme interdite, célébrant ainsi Vénus.

la-fee-dragee2Tchaïkovski nous offre, avec Casse-noisette, une très belle et très gentille Fée Dragée, dans un merveilleux ballet « la danse de la Fée Dragée ». La petite Clara, son frère Fritz, la Fée Dragée, les petites souris et les soldats de plomb continuent de nous émerveiller de génération en génération, initiant petits et grands au monde de la danse, bercés par la musique de Tchaïkovski. Le conte nous le devons à l’écrivain et compositeur allemand Ernst Theodor Wilhelm Hoffman (1776-1822). A voir ou à revoir, ne serait-ce que pour retomber en enfance l’espace d’une soirée.

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La fée Carabosse est l’opposé des belles et bonnes fées, marraines des princesses de contes pour enfants sages. La fée Carabosse est très vieille, très laide et très méchante. Son nom vient du fait qu’elle est bossue. Si son apparition dans les contes est rare, elle n’en demeure pas moins célèbre pour être à l’origine de la malédiction qui frappe la princesse dans la Belle au Bois dormant.

La princesse Aurore naît sous de bons auspices. Ses parents sont roi et reine et ses marraines sont des fées. Elles sont au nombre de sept ou de douze, selon les versions, qui la comblent de dons. La fée Carabosse, fâchée de n’avoir pas été invitée, se présente à la surprise de tous et gâche la fête en lui lançant un mauvais sort. Celui-ci ne peut malheureusement être entièrement annulé par l’une des marraines mais il sera néanmoins atténué : la princesse se piquera bien le doigt à un fuseau à l’âge de 15 ans comme l’avait prédit Carabosse, mais la mort consécutive promise aussi par la méchante fée se commuera en un sommeil de 100 ans qui prendra fin le jour où le Prince arrivera jusqu’à elle et lui donnera un baiser. Malgré ses efforts, le roi reste impuissant à empêcher la réalisation de la malédiction. Il tente de faire interdire l’usage des fuseaux mais une vieille sourde, n’ayant pas entendu l’édit, garde le sien, responsable de l’accomplissement de la malédiction. Dans des versions plus anciennes, la vieille sourde est de bonne foi et agit par pure ignorance. Dans le ballet de Tchaïkovski, il s’agit de Carabosse elle-même, s’assurant ainsi que s’accompliront malédiction et vengeance.

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La Belle au Bois Dormant représentée par John William Waterhouse                                                                       

« On vit entrer une vieille Fée qu’on n’avait point priée parce qu’il y avait plus de cinquante ans qu’elle n’était sortie d’une tour et qu’on la croyait morte ou enchantée. Le Roi lui fit donner un couvert, mais il n’y eut pas moyen de lui donner un étui d’or massif, comme aux autres, parce que l’on n’en avait fait faire que sept pour les sept Fées. La vieille crut qu’on la méprisait, et grommela quelques menaces entre ses dents… Le rang de la vieille Fée étant venu, elle dit en branlant la tête, encore plus de dépit que de vieillesse, que la princesse se percerait la main d’un fuseau et qu’elle mourrait ». Charles Perrault

Toutefois, en faisant peser sa malédiction sur la petite fille au berceau, la Fée symbolisait par là la transmission continue et ancestrale des changements physiologiques qui interviennent à l’adolescence.

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 Quant au portrait de Carabosse, il évoque Saturne tant dans la description physique que de par le comportement. Toutefois, on peut aussi rapprocher Carabosse d’Eris qui, dans la mythologie grecque, est la déesse de la Discorde. Cette dernière non plus n’a pas été invitée aux noces de Thétis et Pélée. Pour s’en venger, elle jette une pomme d’or sur la table, au milieu des déesses, portant l’inscription « pour la plus belle ».

eris-deesse-de-la-discordeEris, déesse de la Discorde

Ce geste est à l’origine du déclenchement de la Guerre de Troie et de la mort d’Achille survenue malgré la précaution de sa mère, Thétis, pour le rendre invincible en le plongeant dans les eaux du Styx. Malheureusement, elle le tenait par le talon et cette partie du corps, restée vulnérable, fut touchée par une flèche de Pâris dont la main était guidée par Apollon.

Circé dans la mythologie grecque, c’est une magicienne très puissante, particulièrement versée dans les empoisonnements et les métamorphoses. Elle est la fille d’Hélios, le Soleil et de Perseis, une Océanide. Les grands poètes Homère, Hésiode et Cicéron la considèrent, de par sa naissance, comme une déesse à part entière.

                                                                                           circe-offrant-la-coupe-a-ulysse1 

John William Waterhouse – Circé offrant le cycéon à Ulysse

Elle apparaît dans l’Odyssée. Elle habite dans une île, dans un palais situé au milieu d’une clairière, entourée de loups et de lions qu’elle a apprivoisés. C’est là qu’elle a recueilli et purifié Jason et Médée après le meurtre du père de Médée. Quand Ulysse et ses compagnons abordent l’île, vingt-deux d’entre eux, conduit par Euryloque, se laissent attirer jusqu’au palais par une voix harmonieuse. La magicienne les accueille et leur offre un breuvage composé de gruau d’orge, de miel et de lait caillé. Dès qu’ils ont bu, elle les transforme d’un coup de baguette en pourceaux. Euryloque, resté dehors, court avertir Ulysse, qui part à la recherche de Circé. Hermès lui apparaît alors sous la forme d’un beau jeune homme tenant un roseau d’or. Le dieu Hermès à la baguette d’or lui remet l’herbe « moly » et lui donne des conseils pour triompher de Circé. Quand il arrive chez la magicienne, celle-ci lui offre le cycéon, ce breuvage qu’ont absorbé ses compagnons, mais elle échoue à le transformer d’un coup de baguette. Ulysse tire son épée ; apeurée, Circé lui offre de partager son lit. Là encore, Ulysse, suivant les recommandations d’Hermès, demande à la magicienne de jurer par « le grand serment des bienheureux » qu’elle ne cherchera plus à lui faire de mal. Ceci fait, Ulysse et Circé s’unissent, puis elle rend aux compagnons leur apparence humaine. Elle aide enfin le héros et son équipage à préparer leur départ.

Le poète romain Denys de Milet fait de Circé plutôt la fille d’Eétès et d’Hécate, la déesse lunaire de la sorcellerie. Toujours selon lui, elle épouse le roi des Sarmates qu’elle empoisonne. Chassée une première fois par ses sujets, elle fuit dans une île déserte, ou selon d’autres, vers l’Italie où elle fonde Circeii, dans le Latium, entre Rome et Naples, ou l’on peut voir encore la grotte qu’elle habitait sur une plage, au pied du Monte Circeo. Elle s’y est d’ailleurs distinguée par de nombreuses actions malfaisantes, transformant Scylla en monstre, par pure jalousie, ou encore le roi Picus en pivert parce qu’il l’avait repoussée. 

monte-circeoMonte Circeo

Au Moyen Age, on la retrouve dans les légendes populaires d’Italie, mêlée à la figure d’Hérodiade, sous le nom d’Aradia, fille de Diane (la Lune) et de Lucifer (le diable). Pour l’astrologue, cette femme fatale évoque le Scorpion.

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La Fée Electricité est une peinture de Raoul Dufy. Commencée en avril 1936 et terminée en 1937, cette peinture fut réalisée pour le Pavillon de l’Electricité de l’Exposition Internationale, la plus grande peinture existant au monde sur un support indépendant : la Fée Electricité est d’une superficie de 624 m². La peinture est formée de 250 panneaux de contreplaqué de 2 mètres de haut sur 1,20 de largeur sur lesquels il peint avec une peinture à l’huile très légère, conçue par le chimiste Jacques Maroger, donnant une illusion de gouache et séchant très rapidement. Les personnages dessinés à l’encre de chine puis les couleurs sont replacées par-dessus.  Ce tableau a été longtemps le plus grand tableau du monde mais il a été détrôné depuis.

 « Mettre en valeur le rôle de l’électricité dans la vie nationale et dégager notamment le rôle social de premier plan joué par la lumière électrique », tel était l’objectif de la commande passée à Dufy par la Compagnie parisienne de distribution d’électricité.

la-fee-electricite-raoul-dufy1La fée électricité – Raoul Dufy – Musée d’Art Moderne – Paris

En 1954, EDF en fait don à la ville de Paris. Cette peinture est aujourd’hui visible dans une salle du Musée d’Art moderne de la ville de Paris.

Soit dit en passant, l’électricité est vraiment une belle et bonne fée, l’interrupteur ayant remplacé la baguette. Pourtant, elle peut aussi passer pour une sorcière, trop présente la nuit dans le ciel des villes, elle nous empêche de voir les étoiles filantes… Quant à sa planète fétiche, c’est bien sûr du côté d’Uranus et du Verseau qu’il faut aller regarder.

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Bibliographie :

Dictionnaire des symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

Trésors des expressions françaises – Sylvie Weil et Louise Rameau – Le Français retrouvé – Editions Belin

 Comité Régional du Tourisme Poitou-Charentes – Vienne – Guide du Pays des Six Vallées

 Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

 

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LA VIERGE… ENTRE SAGESSE ET FOLIE ?

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 5.2 -Ballade à travers les signes) par sylvietribut le 02-09-2009

           

            – Son graphisme   vierge2            

La lettre M compose le signe de la  Vierge. Le M est en sanscrit la lettre la plus sacrée. Androgyne, elle symbolise la source de toute chose. Dans toutes les langues, c’est une lettre mystique, génératrice : Maïa, racine-mère de matière ; Marie, force féminine, vierge et immaculée. Fécondée, elle donne la vie.  Le dernier jambage du M se replie vers le bas : c ‘est le serpent, symbole de la vie en sommeil, en puissance.

Une autre explication de l’idéogramme de la Vierge : ce M avec son dernier jambage barré serait une simplification du corps et des ailes de la Vierge, l’appendice représentant l’épi de blé : un être de pureté et de productivité. Mais on peut mettre aussi en analogie les jambages du M avec les contorsions intestinales, ce qui nous ramène aux valeurs de philtre et d’analyse de ce signe.

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              – Ses symboles

C’était en Egypte le signe d’Isis.

Sa sixième place dans le zodiaque le fait participer du symbolisme du nombre six du sceau de Salomon, c’est-à-dire à six branches, emblème d’Israël.

Sixième signe du zodiaque, la Vierge se situe juste avant l’équinoxe d’automne. Symbole de moisson, de travail, de dextérité manuelle, de minutie, c’est le second signe de Mercure, qui agit ici d’une manière plus basse, terrestre et pratique que dans le signe des Gémeaux qui correspond à l’aspect aérien du messager des dieux.

Dans la nature, la Vierge marque le temps des récoltes terminées. Les semailles d’hiver ne sont pas encore faites, la terre est vierge, prête à être de nouveau fécondée. Pour l’homme, elle est l’aboutissement des actes passés et la possibilité de commencer une vie psychique consciente. Une condition : sacrifier l’intégrité au profit de la sensibilité.

Avec la Vierge, nous sommes au terme du cycle annuel de l’élément Terre, avant la Terre froide du Capricorne, celle des ensemencements d’hiver, après la terre grasse, humide et chaude du Taureau, couverte de végétation verdoyante et parfumée du printemps.

Avec la Vierge se présente une terre desséchée par le soleil estival et épuisée des vertus nutritives, sur laquelle se couche l’épi fauché, en attendant que le grain sec se détache de l’épi, en même temps que son enveloppe. Le cycle végétal s’achève sur une terre nouvelle, vierge, destinée à recevoir ultérieurement la semence. D’où la représentation du signe par une jeune fille, vierge ailée portant l’épi ou la gerbe.

Mercure en est la planète rectrice : au temps de la moisson et de l’engrangement, où le résultat se pèse et se calcule, nous sommes en effet dans un monde qui se différencie, se particularise, se sélectionne, se cerne, se réduit, se dépouille, s’assigne des limites précises.

Dernier signe de l’été, la Vierge représente aussi le règne de l’exploitation ; l‘agréable cède le pas à l’utile, le superflu à l’indispensable.

-       Ses mythes

Dans la mythologie, la Vierge est symbolisée par Athéna ou Minerve, encore appelée Pallas, déesse vierge et guerrière, de la sagesse et de la paix. Mais c’est aussi Déméter (ou Cérès la romaine, déesse des moissons), déesse maternelle, de la terre et de la fertilité. Ce sont les déesses du blé, que l’argot français transforme en argent, ne disait-on pas « il est plein de blé » pour parler de « l’oseille » ou de la « thune »… Par ailleurs, un des tracteurs Renault s’appelle Cérès.

ceres-10-francs-18511 Cérès – 10 francs de 1851

On peut opposer Déméter à Athéna, l’une mère éperdue prête à laisser le monde mourir de faim et la nature s’étioler tant qu’elle n’a pas retrouvé sa fille bien-aimée ; l’autre, farouche guerrière, célibataire, « fille de son père » et née de lui (elle est sortie toute armée du crâne de son père Jupiter), plus proche d’une Walkyrie nordique que d’une déesse séductrice, et en même temps pleine de sagesse civilisatrice. Déméter, toutefois, sous ses apparences de déesse sage, n’est pas incapable de grands excès, de révolte et de violence. Pourtant, c’est à elle que l’on pense en priorité lorsqu’on évoque les mythes de la Vierge Marie.

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Hestia et Vesta, plus « sages » encore, déesses du foyer. Vestales intactes, gardiennes fidèles de la lumière divine, qui ne doivent sous aucun prétexte laisser s’éteindre la flamme sacrée du temple, image sans doute de la présence du dieu. Hestia était grecque alors que Vesta était romaine.

On pense alors à la parabole de l’Evangile, « Les Vierges sages et les Vierges folles » : il y avait cinq vierges sages et cinq vierges folles. Elles avaient été chargées d’attendre le Maître. Mais celui-ci tarde à venir et la nuit tombe. Les Vierges sages, prévoyantes, ont fait provision d’huile, mais les Vierges folles n’y ont tout simplement pas pensé.  

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William BLAKE – Vierges sages et Vierges folles – Aquarelle 1823 – Tate Collections – Londres

Quand leurs lampes sont pour s’éteindre, elles supplient leurs sœurs plus sages de leur vendre un peu de leurs réserves d’huile. Devant leur refus, elles partent à la recherche d’huile. Entre temps, le Maître est arrivé et quand enfin elles ont trouvé la précieuse huile et reviennent poursuivre leur attente, la porte est fermée. Elles ne feront donc pas parties des élues.

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Toutefois, l’attitude égoïste des Vierges sages n’est pas sans rappeler celle de la fourmi de la fable d’Esope revue et corrigée par La Fontaine, la Cigale et la fourmi… Si la cigale, prodigue et artiste puisqu’elle chante, est incontestablement un symbole solaire, la fourmi, laborieuse et prévoyante, fait partie de l’iconographie du signe de la Vierge.

Il y a également Midas qui eut la chance d’obtenir une faveur de son choix. Et c’est ainsi qu’il put changer en or tout ce qu’il touchait et naturellement, quand il voulut s’alimenter, il ne put avaler les lingots d’or ou même boire les flots du métal précieux du fleuve Pactole. Midas représente notre comportement anal soutenu par un Moi avide, possessif, tourné vers les richesses extérieures (pouvoir, prestige, puissance…), capable de nous faire périr d’inanition en étouffant nos émotions intérieures, issues de l’inconscient.

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Son nom qui a pour sens « graine », le rapproche de Déméter et du blé : en renonçant au pouvoir, à dominer la terre, notre terre intérieure sera fertile.

On pense encore au « Nettoyage des écuries d’Augias », qui faisait partie des douze travaux qu’Hercule devait accomplir, qu’on peut faire nôtre : une page d’écologie et d’altruisme.

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Hercule dans les Ecuries d’Augias vu par Daumier 

Enfin, dans notre société de consommation, le message que livre la publicité des grands lessiviers, reprit Coluche dans un de ses sketchs célèbres de la « lessive qui lave plus blanc que blanc », nous renvoie également à l’idéal de propreté et de pureté propre au signe de la Vierge.

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              - Sa psychologie

Signe Négatif, c’est une personnalité introvertie.

Signe Mutable ou double, d’une grande activité psychique, le type Vierge cherche à adapter son éthique aux réalités de la vie. Dans la nature, l’été se termine, une période de transition est nécessaire.

La Terre est l’élément de la Vierge. La terre a été chauffée par le soleil de l’été. La nature est sèche. Comme la nature l’homme est fatigué. En ce temps de sécheresse,  l’être se dégage de la vie sensible. Il veut revenir aux valeurs essentielles. Le type Vierge intellectualise : il appréhende le monde logiquement.

La Terre est un élément de concentration, de fixation et de concret. Il se particularise en Vierge par sa position dans le cycle zodiacal. Dans la trilogie des signes de Terre, après la Terre cardinale du Capricorne (la semence, la conscience), puis la Terre fixe du Taureau (la terre grasse et fertile : le sens des réalités, l’efficacité), vient la Terre mutable de la Vierge où l’être tente de ne pas tenir compte de ses émotions pour agir.

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Avec l’univers virginien se découpe le profil d’un caractère qui a son équivalent avec le complexe anal replié de la psychanalyse freudienne. Il s’agit d’une disposition générale à retenir, à contrôler, à se maîtriser et à se discipliner ; d’une tendance à l’économie, à la parcimonie, à l’accumulation à la conservation, à la temporisation ; d’un caractère sérieux, consciencieux, scrupuleux, réservé, sceptique, méthodique, ordonné, attaché aux principes, aux règles, aux consignes, sobre, soucieux de sens civique et de respectabilité, travailleur tourné vers les choses difficiles, laborieuses, ingrates ou pénibles, visant à satisfaire avant tout un sentiment de sécurité.

La Vierge est attirée à la fois par des forces obscures et par les forces de la lumière. Aussi cherche-t-elle à maintenir l’équilibre entre le bien et le mal. Cet idéal explique sa perpétuelle tension.

Il coexiste chez elle deux types de caractères : inhibition et pulsion, classique et réactionnel. C’est un être ambivalent qui passe d’un état à l’autre : le mal puis le bien, la bonté et la haine. Ces changements lui permettent des prises de conscience au travers desquelles elle évolue.

La caractérologie en fait un nerveux actif, non émotif. L’expression est vive, intelligente. Le type Vierge a conscience de l’effort, des grandes et des petites douleurs, mais elle retient ses émotions. Avant d’agir, la Vierge passe tout au crible. Elle analyse, filtre, réfléchit avant d’entreprendre.

A noter que la partie du corps qui correspond à la Vierge sont les intestins dont leur fonction est de trier les aliments et de choisir ceux qui sont nécessaires. Ils éliminent les déchets et assimilent les substances nutritives. A la  Vierge sont attribuées les valeurs de philtre,  d’analyse et d’activité. Elle possède des valeurs d’élimination et d’assimilation.

Sa  nature est ambivalente. Entre le bien et le mal, la Vierge est écartelée. C’est un être responsable, efficace qui, devant le travail, élimine méthodiquement les difficultés. 

Et si la Vierge était…

Un animal ? On pense tout de suite à fourmi la fourmi, à ecureuil l’écureuil   

 

fouine à la fouine ou même la termite, beaucoup moins sympathique.

Et si c’était un arbre : ce seraitle noisetier  noisetier ou le sureau sureau 

… Une plante ?  le trèfle trefle ou le serpolet serpolet31  

bouquet-fleurs-des-champs1 Si c’était une fleur, ce serait un bouquet de fleurs des champs, coquelicots, bleuets, marguerites, mêlées de tige de blé mûr.  

Et comme condiment… la citronnelle citronnelle

Sa saveur est anisée. Son parfum est la lavande, celle des armoires bien rangées sachet-de-lavande qui sentent bon.  

Son métal est le bronze et l’aluminium. Sa couleur est le beige-marron, les couleurs de la terre et des champs.

Si la Vierge était une pierre, ce serait… malachite  la malachite…  le jaspe… jaspe ou bien l’agate agate

Si c’était un instrument de musique, ce serait un tambourin tambourin

boites-et-porcelainesEt si c’était un objet de collection : ce serait des boîtes, des assiettes anciennes, des porcelaines et… des collections de collections…

 

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LEGUME OU FRUIT DU SOLEIL… LA POMME D’OR

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 08-08-2009

Chez les Aztèques, c’était un « fruit charnu ». On l’appelait la « tomalt ». Elle était plutôt petite et jaune, très répandue au Mexique et au Pérou. C’est de là-bas que les conquistadors espagnols l’ont rapportée en Europe sous forme de petites graines, « la tomata ». Adoptée pour sa consommation dès le XVIIe siècle dans le sud de la France, la tomate a longtemps été, au nord de la Loire, considérée comme une plante d’ornement. C’est en 1790, pendant les fêtes de la Révolution, que les Marseillais l’ont fait goûter et découvrir aux Parisiens.

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La première attestation de « tomate » en français date de 1598 dans la traduction de l’ouvrage de José de Acosta, « Historia natural y moral de las Indias », par Robert Regnault. Le mot « Tomate » n’est entré dans le dictionnaire de l’Académie française qu’en 1835, le fruit s’est longtemps appelé « pomme d’amour » ou  » pomme d’or ». Le nom de la tomate figure dans les « mots sans frontières » recensés par Sergio Corrêa da Costa. On le retrouve en effet dans de nombreuses langues avec de faibles variations phonétiques et orthographiques. On a ainsi dans les langues européennes : tomato en anglais, tomate en allemand, espagnol, français et portugais, tomat en danois, norvégien, suédois et estonien, tomaat en néerlandais, à l’exception notable de l’italien, pomodoro. Quoiqu’il en soit la tomate, dont l’appartenance à la famille des Solanacées avait été reconnue par les botanistes de la Renaissance, a été classée scientifiquement par Linné en 1753 dans le genre Solanum avec comme nom binomial Solanum lycopersicum.

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La tomate est donc bien un légume solaire, le légume du Soleil, le légume du plein été, lorsque le Soleil est le plus haut dans le ciel et où nous ressentons le mieux les bienfaits de ses rayons et de sa chaleur… Ne dit-on pas « rouge comme une tomate » quand on a pris un coup de soleil. On le dit aussi d’ailleurs quand on rougit de confusion.

Cependant, comme on vient de le voir, en Italie la tomate est appelée « pomodoro », la « pomme d’or » et cet or est une autre référence au soleil et au signe du Lion, qui correspond au milieu de l’été, signe dont on dit que le Soleil y est en domicile.  Cette pomme d’or invite à s’interroger : et si la tomate avait été connue des dieux grecs, bien avant que nous ne la découvrions chez les Aztèques. Et voilà ce mythe de la pomme de la discorde nous fait douter… Ce serait donc une tomate qui serait à l’origine de la guerre de Troie ?

Pâris était l’un des plus jeunes fils du roi Priam et de la reine Hécube, les souverains de Troie. Il avait pour frère Hector qui trouvera la mort durant la guerre de Troie et, pour sœur, Cassandre, la voyante que personne ne croyait. Un peu avant de le mettre au monde, sa mère, la reine Hécube, rêva qu’elle donnait naissance à une torche qui incendiait et détruisait toute la ville, ou bien qu’un monstre aux cent bras mettait la cité en ruine. Un devin, Aesacos, fils que Priam avait eu de la nymphe Alexirrhoé, ou bien une Sybille, avertit Priam que ce rêve était de mauvais augure et que l’enfant devait mourir ; Priam confia alors le nouveau-né à un berger, Agélaos, qui l’abandonna sur le Mont Ida. Mais cinq jours plus tard, le berger le retrouva toujours vivant, car une ourse l’avait nourri ; il eut pitié de l’enfant et l’éleva comme son propre fils. Pâris devint un jeune homme d’une beauté frappante et, le moment venu, il se réconcilia avec sa famille. En effet, Priam avait envoyé des serviteurs dans la montagne pour rapporter un taureau destiné à être le prix des jeux funèbres donnés par le roi. Le taureau choisi était l’animal favori de Pâris, et ce dernier suivit les serviteurs, bien décidé à prendre part aux jeux et à reconquérir l’animal. En effet, il remporta de si belles victoires qu’il excita la jalousie des fils de Priam et lorsque Deïphobe tira l’épée contre lui, il chercha refuge à l’autel de Zeus dans la cour du palais. Cassandre l’aperçut et reconnut en lui le fils que Priam avait perdu ; Pâris fut alors accueilli, et la vision de la reine Hécube oubliée. Auparavant, Pâris avait épousé une nymphe, Oenoné, fille du fleuve Cébren, et continua à vivre avec elle sur le Mont Ida, en gardant les troupeaux de son père avec ses camarades.

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Les Noces de Thétis et de Pelée par Cornelis Van Haarlem (1593)

C’est là qu’Hermès (Mercure), sur l’ordre de Zeus (Jupiter), conduisit Pâris auprès d’Héra (Junon), Athéna (Minerve) et Aphrodite (Vénus) qui se disputaient la pomme d’or lancée par Eris (la Discorde) lors des noces de Thétis et de Pélée : le fruit portait l’inscription « à la plus belle ». Chacune des trois déesses essaya d’acheter le beau juge : Héra lui offrit l’empire de la terre toute entière ; Athéna, la victoire dans tous les combats et Aphrodite lui offrit la plus belle femme du monde. Ce fut cette dernière proposition qui convainquit Pâris et il accorda le prix à Aphrodite. Dès lors la déesse le protégea et fit en sorte qu’il rencontre Hélène, épouse de Ménélas le roi de Sparte en Grèce.

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Le jugement de Pâris – Miniature

Priam, sans doute sous l’influence d’Aphrodite, envoya Pâris le représenter auprès du roi de Sparte. <peut-être Pâris déclara-t-il qu’il avait l’intention de ramener Hélène avec lui, car la jeune femme était célèbre pour sa beauté et avait été demandée en mariage par tous les jeunes princes de Grèce. On racontait aussi qu’Hélénos et Cassandre avaient prédit à ce moment-là que le départ de Pâris apporterait la ruine de Troie. Oenoné, la compagne de Pâris, sentant qu’il allait l’abandonner, lui demanda de revenir près d’elle sur le Mont Ida s’il était blessé, qu’elle le soignerait grâce à ses connaissances en médecine.

Lorsque Pâris arriva à Sparte, Ménélas l’accueillit avec hospitalité tandis que sa femme Hélène tombait éperdument amoureuse de lui. Neuf jours plus tard, Ménélas dut se rendre aux funérailles de son grand-père Catrée, en Crète, et Pâris s’enfuit avec Hélène, emportant avec lui les trésors magnifiques des coffres de Ménélas.

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Hélène et Pâris – Musée du Louvre – DAVID (1788)

Les traditions diffèrent sur le temps que les deux amants mirent pour atteindre Troie. Quoi qu’il en soit,  quand il se fut révélé impossible de régler le différend par la voie diplomatique, une immense armée recrutée dans la plupart des royaumes et principautés de Grèce attaqua Troie sous le commandement suprême d’Agamemnon, le frère de Ménélas. Notez au passage l’enchaînement des événements qui président à un destin et toujours à partir d’un fait qui semble bien anodin. Cette pomme d’or allait en effet être à l’origine d’une guerre longue et impitoyable et la chute de Troie.

Cette pomme d’or provenait du jardin des Hespérides, qui n’étaient pas encore ces résidences médicalisées pour personnes âgées dont on voit les publicités dans les journaux. Les Hespérides étaient les filles d’Atlas et d’Hespéris. Elles vivaient dans un jardin plein de pommes d’or mais dont l’entrée était gardée par un dragon. Héraclès (Hercule) triompha du dragon et s’empara du jardin avec toutes ces richesses. Le mythe évoque l’existence d’une sorte de Paradis, objet des désirs humains, et d’une possibilité d’immortalité, que symbolise les pommes d’or ; le dragon désigne les terribles difficultés d’accès à ce Paradis et Héraclès, le héros qui triomphe de tous les obstacles. L’ensemble est un des symboles de la lutte de l’homme pour parvenir à la spiritualisation qui lui assurera l’immortalité. Atlas, dit la légende, enseigna l’astronomie à Héraclès, le dragon donna son nom à une constellation et Héraclès fut identifié au Soleil. Maintenant, en ce qui concerne ces pommes d’or si le « pomodoro » italien évoque une tomate, il y en a qui affirme que la pomme d’or de la discorde provenant du jardin des Hespérides étaient une orange… Qui le saura jamais ?

Toutefois, on peut affirmer que le bonheur est dans la tomate… Savoureuse et pleine de qualités, très revitalisante, c’est une alliée de la minceur. Avec elle, on se sent bien. En effet, ce fruit-légume a des vertus thérapeutiques reconnues, comme nous l’ont confié nos grands-mères. Une compresse imbibée du jus d’une tomate fraîche soulage les piqûres d’insectes. Coupée en rondelles, une tomate peut aussi soigner un coup de soleil. Il semblerait que ceux qui en mangent beaucoup y soient moins sujets. Essayez-la aussi en masque sur les paupières pour calmer des yeux irrités.

De même la tomate est très bonne pour la peau, grâce à ses antioxydants : elle assainit et éclaircit le teint. Pour un bon nettoyage de peau, appliquez tous les trois ou quatre jours du jus de tomate ou de la pulpe de tomates fraîches sur le visage et les mains et rincez à l’eau. Tout comme la carotte, la tomate est très riche en lycopène, elle stimule le bronzage et l’effet bonne mine.

En Crète, la tomate est l’une des composantes de la fameuse diète méditerranéenne qui permet de vivre longtemps et en bonne santé. Dégustée crue, c’est en début de repas, ou comme coupe-faim, qu’elle est idéale. Très pauvre en calories, la tomate est très riche en eau, donc rafraîchissante et hydratante. Riche en vitamines C et en magnésium, on en mange à volonté pour chasser les toxines et la fatigue. Ses anti-oxydants contenus dans le lycopène font baisser les mauvaises graisses et l’hypertension.

Enfin, au jardin, le purin de tomate, obtenu par macération de feuilles et tiges dans l’eau, serait efficace pour prévenir ou éloigner certains insectes parasites, notamment les pucerons.

Avec son arôme, son odeur, sa fraîcheur en bouche, la tomate justifie le vieux dicton provençal : « C’est la sauce tomate qui fait la bonne viande ». Avec la tomate, le rouge est multiple. Dans la famille des tomates rouges classiques, les consommateurs préfèrent d’abord les biens rondes et les charnues très goûteuses, puis celle en grappes si proches de celles du jardin. Parmi les variétés les plus prisées, la grosse cœur de bœuf, charnue et ferme, plutôt acide et très parfumée. Elle est délicieuse, tout simplement revenue à la poêle ou crue, marinée à l’huile d’olive et au jus de citron.

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Ludiques et raffinées, les grappes de petites tomates cerise avec leur léger goût sucré sont exquises à l’heure de l’apéritif ou en pique-nique. On peut aussi les confire ou les plonger dans un caramel croquant en mini pommes d’amour. Dès le mois de juin, la Marmande ronde, fruitée et généreuse, est idéalement équilibrée entre sucré et acide, chair et jus. Résultat : c’est la reine des tartares de tomates et des tomates farcies. Quant à la Roma, à la forme allongée, très ferme mais sucrée et peu juteuse, est encore meilleure à la cuisson, favorite de toutes les sauces italiennes, des soupes et des ratatouilles.

Comme officiellement il existe 14 000 variétés de tomates, il ne faut pas hésiter à goûter des raretés souvent hautes en couleurs, découvertes au hasard de petits maraîchers passionnés. Et revoilà les pommes d’or du jardin des Hespérides avec ces tomates jaunes, moelleuses et douces, les oranges juteuses et très fruitées, idéales pour les salades inventives . Pour les sauces et les potages, les tomates foncées, presque noires, ont une saveur riche avec un goût généreux et prononcé. Pour les vrais amateurs, les roses, délicates, subtilement aromatiques, s’expriment naturellement avec quelques cristaux de fleur de sel. Les zébrées se dégustent tout simplement crues, avec un filet d’huile d’olive. En fin de saison, on trouve les tomates vertes, charnues et sucrées, cuites en confitures, relevées d’une gousse de vanille et de citron.

Histoire de la tomate à travers les siècles

Elle fut introduite en Europe, au début du XVIe siècle par les Espagnols, d’abord en Espagne, puis en Italie, par Naples, alors possession de la couronne espagnole. Initialement considérée comme plante ornementale, elle est cultivée depuis le XVIIIe siècle pour son fruit, consommé comme légume. La première mention de la tomate dans la littérature européenne apparaît dans un ouvrage publié pour la première fois en 1544, les « Comentari » de Pietro Andrea Mattioli, botaniste et médecin italien, qui en donne une description sommaire au chapitre consacré aux mandragores et l’appelle « pomi d’oro » « mala aureo » : pomme d’or. La plante étant de la même famille que la belladone, ses fruits n’étaient pas considérés comme comestibles, mais utiles en médecine.

En Grande-Bretagne, John Gerard, botaniste et chirurgien anglais, fut le premier à cultiver la tomate dans les années 1590. Il représenta la plante qu’il considérait comme vénéneuse, y compris le fruit, dans son herbier « The Her all or General Historie of Plantes ». Son avis négatif prévalut en Grand-Bretagne et dans les colonies britanniques d’Amérique du Nord pendant encore deux siècles.

L’introduction en France fut lente. Elle commença par la Provence. En 1600, Olivier de Serres, un des premiers agronomes français, qui cultivait son domaine du Pradel dans l’Ardèche, classe la tomate parmi les plantes d’ornement. Voici ce qu’il écrivait dans « Le théâtre d’agriculture et mesnage des champs » : « Les pommes d’amour, de merveille, et dorées, demandent commun terroir et traictement, comme aussi communément, servent-elles à couvrir cabinets et tonnelles, grimpans gaiement par dessus, s’agrafans fermement aux appuis. La diversité de leur feuillage, rend le lieu auquel l’on les assemble, fort plaisant : et de bonne grâce, les gentils fruicts que ces plantes produisent, pendans parmi leur rameure… Leurs fruicts ne sont bons à manger : seulement sont-ils utiles en la médecine, et plaisans à manier et flairer ».

En France, à la fin du XVIIIe siècle, les qualités culinaires du fruit de la tomate sont mises en avant dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert : « Le fruit de tomate étant mûr et d’un beau rouge, et il contient une pulpe fine, légère et très succulente, d’un goût aigrelet relevé et fort agréable, lorsque ce fruit est cuit dans le bouillon ou ans divers ragoûts. C’est ainsi qu’on le mange fort communément en Espagne et dans nos provinces méridionales, où on n’a jamais observé qu’il produisît de mauvais effets ». En 1760, le catalogue de la maison Andrieux-Vilmorin classe encore la tomate comme plante ornementale, les premières variétés potagères apparaissent dans l’édition de 1778 et dans « le Bon jardinier » en 1785. La diffusion de la tomate s’accéléra en France pendant la Révolution avec la montée des Provençaux à Paris pour la fête de la Fédération en 1790. Deux restaurants tenus par des Marseillais, les « Trois frères provençaux » et le « Bœuf à la mode » participèrent à la popularisation de la tomate dans la capitale.

Aux Etats-Unis, le président Jefferson qui avait séjourné en France de 1784 à 1789, fut au début du XIXe siècle un propagandiste de la tomate qu’il fit cultiver dans son domaine de Monticello en Virginie et entrer à la table présidentielle en 1806.

Les fêtes de la tomate

De nombreuses fêtes de la tomate sont organisées dans le monde, notamment aux États-Unis, en Europe et dans divers pays comme Israël, l’Argentine ou l’Australie. Ce sont souvent des « fêtes des plantes » axées sur la tomate et souvent d’autres légumes dans lesquelles sont présentées des fruits de nombreuses variétés, des concours des plus belles tomates, et qui sont l’occasion pour les passionnés d’échanger des semences ou de découvrir de nouvelles recettes.

En France, une « fête de la tomate et des légumes anciens » se tient depuis quelques années à la mi-septembre à Haverskerque (Nord). A Gunnedah (Nouvelles-Galles-du-Sud) en Australie, la « National Tomato Competition » organisée en janvier est un concours de la plus grosse tomate.

Celle qui est organisée chaque année en août à Buñol, commune espagnole de la province de Valence, la « Tomatina », se distingue par son caractère de bataille festive dans laquelle les seules munitions utilisées sont des tomates bien mûres. Une fête similaire, la « Gran Tomatina Colombiana », se déroule en Colombie dans la commune de Sutamarchán chaque année en juin depuis 2005.

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La Tomitina en Espagne

La Tomate dans l’art

Pablo Picasso peignit en août 1944 une série de neuf tableaux représentant un plant de tomate sur le rebord d’une fenêtre. Réalisées dans l’appartement de son ancienne compagne, Marie-Thérèse Walter et de sa fille Maya à Paris, où le peintre s’était réfugié pendant les combats pour la Libération de la capitale, ces peintures sont, selon Jean Sutherland Boggs, « une métaphore pittoresque et décorative de la nécessité pour l’être humain de survivre et prospérer même sous les contraintes de la guerre ».

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Picasso – Pied de tomate

En 1962, Andy Warhol produisit une œuvre intitulée « Campbell’s Soup Cans », constituée d’une série de 32 tableaux représentant une série de boîtes de soupes rouge et blanche de la société Campbell, au premier desquelles la soupe de tomate.

Les formes arrondies de la tomate ont inspiré en 1971 au designer finlandais Eero Aarnio le dessin du « fauteuil tomate » (tomato chair).

Dans un registre humoristique, Alphonse Allais intitula en 1882 un tableau abstrait uniformément rouge « Récolte de la tomate par des cardinaux apoplectiques au bord de la Mer Rouge ».

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Andy Warhol – Robe sauce tomate

Symbolisme et tomates

Chez les Bambaras, peuple d’Afrique de l’Ouest (Mali, Sénégal, Guinée), la tomate est un symbole de fécondité, et les couples doivent en manger avant de s’unir. La tomate est l’emblème, fruit ou légume officiel, de plusieurs États américains :

  • Arkansas (fruit et légume officiel), il s’agit d’une variété à fruits roses, la « South Arkansas Vine Ripe Pink Tomato »,
  • Louisiane (légume officiel), variété Creole tomato,
  • New-Jersey (légume officiel),
  • Ohio (fruit officiel),
  • Tenessee (fruit officiel).

        ·      En outre, le jus de tomate est la boisson officielle de l’Ohio.

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Le parti socialiste néerlandais a adopté comme symbole une tomate rouge qui figure dans son logo.

 

Fruit ou Légume

D’un point de vue botanique, la tomate est indiscutablement un fruit, puisqu’elle dérive, y compris ses graines, de la transformation de l’ovaire d’une plante à fleurs. Cependant, d’un point de vue culinaire, elle n’a pas le même goût sucré que les fruits consommés comme tels, le plus souvent à la fin du repas, et est généralement servie, comme légume, dans des préparations salées, en entrée ou en salade, ou en accompagnement du plat principal. L’origine de la controverse vient du fait que les tomates sont traitées comme des fruits dans les pratiques de conserve domestique. Les tomates ont en effet une acidité suffisante pour être préparées à l’eau plutôt que dans un stérilisateur à vapeur comme c’est le cas pour les « légumes ».

Cette controverse a eu des implications légales aux États-Unis. En 1887, des droits de douane appliqués aux légumes mais pas aux fruits ont fait du statut de la tomate un sujet d’importance au regard de la loi. La Cour suprême des États-Unis mit fin à la controverse le 10 mai 1893 en déclarant que la tomate était un légume, selon la définition populaire qui classe les légumes, généralement servis au cours du repas et non au dessert, en fonction de leur utilisation. La décision s’applique seulement à l’interprétation du tarif douanier du 3 mars 1883 et la Cour ne prétend pas reclasser la tomate pour d’autres considérations que celles relatives au paiement de taxes douanières.

La tomate a été choisie comme légume-emblème officiel par l’État du New Jersey. L’Arkansas en revanche n’a pas tranché entre fruit et légume en faisant de la variété « South Arkansas Vine Ripe Pink Tomato » à la fois le fruit-emblème et le légume-emblème de l’État, dans une décision unique citant ses usages culinaires et la classification botanique. En 2006, la chambre des représentants de l’Ohio adopta une loi qui devait déclarer la tomate comme le fruit-emblème de l’État, mais elle ne fut pas ratifiée par le Sénat et il fallu attendre avril 2009 pour qu’une nouvelle loi fasse de la tomate le fruit officiel de l’Ohio. Le jus de tomate est depuis 1965 la boisson officielle de l’Ohio. A.W. Livingston, originaire de Reynoldsburg (Ohio), a joué un grand rôle dans la popularisation de la tomate vers la fin des années 1800.

Du fait de la définition scientifique du fruit, la tomate reste considérée comme un fruit aux États-Unis dès lors qu’il ne s’agit pas de questions douanières. Ce n’est d’ailleurs pas le seul fruit botanique consommé comme légume : l’aubergine, le concombre et les courges de toutes sortes partagent la même ambiguïté.

Tomates et records

L’immense pied de tomate qui pousse dans les serres expérimentales du parc Disney d’Orlando en Floride est probablement le plus grand du monde. La plante a été reconnue par le Livre Guinness des records pour sa production de 32 000 tomates d’un poids total de 522 kg. Elle produit des milliers de tomates en même temps sur un seul pied. Yong Huang, directeur de science agricole à Epcot, a découvert ce plant unique à Pékin (Chine). Huang en rapporta des graines à Epcot et fit construire une serre spécialisée. Les tomates, qui ont la taille d’une balle de golf, sont servies dans les restaurants du parc Disney. Les visiteurs peuvent voir ce pied de tomate record en empruntant le parcours en bateau Living with the Land du parc d’Epcot.

La plus grosse tomate jamais récoltée pesait 3,51 kg. Cette tomate de la variété ‘Delicious’ fut cueillie aux États-Unis en 1986 dans sa serre à Edmond (Oklahoma) par un certain Gordon Graham.

On qualifie plutôt la tomate de légume car c’est une plante potagère qu’on utilise en quantité généreuse dans des plats plutôt salés. Pourtant, du point de vue botanique, c’est un fruit. Sur la planète, elle tient une place de choix dans notre alimentation. C’‘est d’ailleurs l’un des légumes parmi les plus consommés en France. Avec près de 15 kg par personne et par an, elle arrive en seconde position derrière la pomme de terre. Si les consommateurs la dégustent crue, en salade ou à la croque au sel, et beaucoup en jus, ils l’apprécient tout autant quand elle est farcie, confite, en sauce ou simplement sautée à la poêle. Certains en font même des confitures.

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Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant  - Collection Bouquin –  Editions Robert Laffont/Jupiter

Dictionnaire de la Mythologie - Michael Grant et John Hazel – Editions Marabout

 

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LES PLANETES DANS LES ETAPES DE LA VIE

(5.1 - Généralités) par sylvietribut le 15-05-2009

La doctrine des âges planétaires, qui remonte historiquement aux Grecs, varie beaucoup selon les auteurs. Firmicus Maternus, astrologue sicilien du IVe siècle, en donne des exemples dans son livre II, au chapitre 29. Il semble qu’il y ait dans ces données éparses et incomplètes une confusion entre la doctrine des âges planétaires, selon les chronocrates, c’est-à-dire la doctrine de la maîtrise successive de chaque planète sur un laps de temps déterminé ou sur l’une des phases de la vie humaine, et la théorie des cycles planétaires.

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Les douze mois de Jupiter, par exemple, font penser aux douze ans durant lesquels cet astre fait le tour du zodiaque ; les huit mois de Vénus reflètent, en plus petit, son cycle de 8 ans…Ainsi, chaque planète symbolise en astrologie un âge déterminé :

- La Lune gouverne les années de l’enfance, jusqu’à 5/7 ans. Ce sont les années de la nutrition, et se rapportent à la dépendance à la mère.

- Mercure, son âge, c’est la période qui va de l’âge de raison, 7 ans, jusqu’à la puberté. Mercure reste d’ailleurs très actif dans toute la période des études. Mercure c’est avant tout apprendre et échanger.

- Vénus, c’est la planète de l’adolescence, la période qui va de 14 à 23 ans : la première sollicitation des sens et la découverte de l’amour.

- Le Soleil, c’est la jeunesse et l’affirmation de la valeur personnelle. Sa période : 23 à 33 ans.

- Mars domine à 33 ans, la planète est le symbole même de la conquête et de l’autorité. Son âge planétaire s’étend jusqu’à 56 ans.

glyphe-venus-et-mars Vénus et Mars agissent plutôt ensemble : Vénus pour les femmes et Mars pour les hommes, pour lesquels Mars représente la lutte et la virilité.

- Jupiter correspond à l’âge mûr. C’est à 56 ans que commence la période jupitérienne souvent marquée par les responsabilités et cela jusqu’à environ 68 ans. Toutefois, un très ancien astrologue, Junctin de Florence, affirmait que Jupiter représentait aussi la vieillesse.

- De ce fait, l’âge de Saturne commençait à 68 ans. La planète correspondait à l’âge de la décripitude. Il faudrait sans doute, aujourd’hui, reculer d’une quinzaine d’années l’âge de Saturne. De toutes façons, Saturne est sans influence bénéfique avant la maturité. Saturne est même l’ennemi de l’enfance.

- A l’extrême fin de la vie, sans doute de nos jours après 80 ans, la Lune recommence à jouer de son influence puisqu’il existe un gros risque de retomber en enfance.

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Dans la statuaire antique, les statues d’Apollon, le dieu solaire, sont toujours imberbes, comme celles de Mercure, alors que Jupiter est représenté par un homme en pleine force de l’âge, alors que Saturne c’est le vieillard.

Les astrologues d’aujourd’hui semblent se désintéresser du symbolisme de ces âges planétaires, tout en interprétant dans leurs travaux Mercure comme un enfant ou un adolescent, Vénus comme une jeune fille, Jupiter comme un homme adulte et Saturne comme un vieillard.

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Apollon

Enfin, dans le cycle des saisons qui sont à l’image de la vie humaine, le printemps correspond à la jeunesse, l’été à l’âge adulte, la maturité est l’automne, alors que la vieillesse et la mort sont assimilées à l’hiver. Il en va de même pour le cours d’une journée : l’aube est la naissance et l’enfance ; midi correspond à l’âge adulte, alors que le soir représente la maturité, la nuit évoquant la vieillesse et la mort.

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IL ETAIT UNE FOIS L’AQUILA

(2.2 - HOMMAGE) par sylvietribut le 10-04-2009

Comme je l’ai connue avant… Une de ces villes charmantes dont l’Italie a le secret, une capitale de province pourtant, où l’on avait l’impression que la vie y était paisible et harmonieuse… Loin de la vie chaotique des métropoles ou des cités pour tour-operators… D’ailleurs certains guides ne mentionnent même pas l’Abruzzo… Peut-être parce que s’y perdre c’est risquer d’y rencontrer des ours, des loups, des aigles…

L’Aquila, la ville de l’Aigle, voulue en 1240 par Frédéric II de Hohenstaufen dont l’oiseau était son emblème… On voit encore les remparts dont, par la suite, Charles 1er d’Anjou fit entourer la ville pour la protéger.

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L’Aquila… comme posée là dans un écrin de montagnes enneigées très longtemps encore au printemps, avec en arrière-plan les presque 3 000 mètres du Gran Sasso d’Italie… Un dicton laisse entendre qu’elle est la ville la plus froide d’Italie : « L’Aquila connaît onze mois froids et un mois frais »… Pourtant quel plaisir dans la touffeur de l’été italien de venir y flâner et d’y découvrir des monuments tout aussi remarquables que ceux des villes qu’on conseille de voir à tout prix… Ne dit-on pas que L’Aquila est la « petite Florence »… Mais combien plus facile à vivre… Elle aussi possède ses églises, ses places, grandes ou petites, ses fontaines… Peut-être abrite-t-elle beaucoup moins d’œuvres majeures, mais comme il était délicieux le camaïeu de rose et de blanc de ses monuments, de ses palais et édifices…      

laquila-une-rue1On marchait beaucoup à L’Aquila… ça montait toujours… Mais quel spectacle que ce gigantesque escalier que la cathédrale San Bernardino couronnait et puis, quelle idée magnifique que cette autre collégiale, rose et blanc, de Santa Maria di Collemaggio, comme posée sur un pré tout vert… On n’avait qu’à entrer, contourner… pousser une porte, et le cloître nous accueillait, riche de sa simplicité…

L’Aquila et ses symboles… disparus peut-être ses blasons qui ornaient bon nombre de demeures anciennes et on ne manquait pas de s’interroger quant à la signification de ce monogramme IHS qui les décorait presque toutes. Après on apprenait que cela signifiait Iesus Hominum Salvator… soit en bon français … Jésus Sauveur des Hommes. Ces blasons avaient été frappés après la prédication de Saint Bernardin, dont c’était l’emblème. On peut espérer qu’au moins ces édifices ont survécu et leurs habitants protégés.

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Basilica San Bernardino

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           Basilica Santa Maria di Collemaggio              

L’Aquila et son nombre cabalistique… 99… La légende raconte que L’Aquila surgit miraculeusement avec ses 99 rioni, c’est-à-dire ses 99 quartiers, entourant 99 châteaux, avec ses 99 places, ses 99 fontaines et ses 99 églises. Subsiste-t-elle encore la « Fontana delle 99 cannelle », la « Fontaine des 99 tuyaux »… Ces tuyaux sortent de la bouche de 99 masques qui semblent cracher l’eau dans les vasques. Les parois de cette fontaine sont revêtues elles aussi d’un damier de pierres blanches et roses… A telle survécue une nouvelle fois à cet ultime chaos ?

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Et tous les soirs, la cloche de la vieille tour du Palais de Justice tinte-t-elle encore 99 fois ?

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Dans un passé lointain, L’Aquila avait déjà connu de nombreux terremoti (tremblements de terre). Le premier remonte au 3 décembre 1315. Il y en eu un autre le 2 février 1703 qui fit 3 000 morts. Celui du 31 juillet 1786 fut plus terrible encore : 6 000 morts. La ville fut de nouveau bouleversée le 13 janvier 1915, ainsique que le 24 juin 1958. Pour finir, après cette série de désastres, en 1798, les Français envahirent la ville. Ensuite, ce fut le tour des Autrichiens, en 1819.

Mais L’Aquila c’est aussi une ville universitaire très dynamique et les étudiants paient un lourd tribut dans cette catastrophe puisque l’un de leurs foyers du centre ville s’est effondré. Et puis, L’Aquila c’est aussi une ville moderne, elle abrite l’un des plus grands laboratoires de recherche de physique des particules. C’est donc une ville qui ne vit pas seulement de son passé.

ganymedeL’Aquila… l’Aigle… Pour l’astrologue c’est une référence à Jupiter que l’oiseau symbolise. Jupiter ne se métamorphose-t-il pas à en Aigle pour enlever Ganymède et en faire son giton… Jupiter comme on le sait gouverne le Sagittaire. L’Aquila se trouverait donc être une ville Sagittaire et si on peut en douter, une petite connaissance de l’Abruzzo nous rappelle qu’un peu au sud de L’Aquila on trouve le « Gole del Sagittario ». Cette rivière sur une longueur d’environ 10 km a creusé dans la roche grise des gorges d’une profondeur impressionnante. Dans la symbolique, avec Jupiter et le Sagittaire, ce sont toujours les excès qui prédominent en toute chose. Par ailleurs, le Sagittaire, comme Jupiter, représentent entre autre la bourgeoisie et le monde de l’enseignement. Or, L’Aquila est bourgeoise et universitaire.

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Actuellement, c’est la seconde partie du second décan ainsi le troisième décan des signes Mutables, dont le Sagittaire fait partie, qui sont sous les influences très conflictuelles de Saturne d’un côté, et de Mars et Uranus de l’autre, ces trois astres s’opposant entre eux pour accentuer encore les dissonances (les autres Mutables, sont les Poissons, les Gémeaux et la Vierge). On peut donc penser que le thème de cette région de l’Abruzzo est en partie sous cette triple influence destructrice. Par ailleurs, la Nouvelle Lune du 25 mars 2009 dans le signe du Bélier, très conflictuelle, très marquée par Pluton, évoque tout autant des conflits, des émeutes, de la violence que malheureusement des catastrophes naturelles (cf. une précédente chronique ayant trait à l’entrée de Pluton dans le Capricorne parue en décembre 2008). Or, la lunaison ne fait que commencer puisque la prochaine Nouvelle Lune aura lieu seulement le 24 avril 2009, heureusement dans le signe plus placide du Taureau et en bon aspect de Pluton.

Enfin, L’Aquila se singularise sur une mode plus doux, encore qu’on lui attribuerait le malheur qui frappa Arachné. En voici la légende. Mais tout d’abord connaissez-vous la dentelle « a tombolo » ? C’est la spécialité, depuis toujours de L’Aquila.

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Est appelé « tombolo » la dentelle travaillée avec des fuseaux qui tire son nom du coussin cylindrique sur lequel on la travaille. Il y a peu de témoignages sur l’origine historique de cette production artisanale. On dit que ce serait des religieuses bénédictines de l’Abbaye de Cluny en France qui l’enseignèrent à des fillettes fréquentant le couvent au XVIe siècle car c’est de cette époque que remonte la diffusion de cette façon de faire de la dentelle, en particulier à L’Aquila. Outre le travail, les femmes de L’Aquila fournissaient le délicat fil de lin ou de soie qui, à l’époque, était utilisé. Le « tombolo » de l’Aquila est unique en Italie dans ce type de travail qui s’exécute entièrement avec les fuseaux, ce qui l’apparente à la dentelle de Bruges. La préciosité de l’ouvrage est due à la fois au travail lui-même et au fil utilisé. Il y a deux types d’ouvrage : le point antique et le nouveau point ou point commercial. Le point antique se travaille comme une toile, il a l’effet de tulle. Il permet de réaliser des figures : fleurs, volutes, papillons. Le nombre de fuseaux utilisés n’est pas prévisible au début de l’ouvrage. On continue d’en ajouter au fur et à mesure de l’avancement du travail. La symétrie et la géométrie des dessins caractérisent le nouveau point. Le nombre de fuseaux varie selon la complexité du travail, mais est défini au début de l’ouvrage.

« Quand la Reine Isabella vint à L’Aquila en 1493 pour visiter les reliques de San Bernardino, Les chroniqueurs de l’époque se souviennent que les chevaliers de la suite royale furent émerveillés par les fêtes somptueuses préparées par la ville, l’exubérante beauté des femmes de L’Aquila et l’exquise richesse des dentelles qu’elles portaient ». Orazio d’Angelo, aquilano (1904).

eventail-en-dentelle-de-laquila1On peut toujours commander un article à l’Atelier « Le Mani d’Oro » (Les Mains d’Or) à L’Aquila.

Des chercheurs passionnés ont voulu trouver les origines de la dentelle dans les antiques légendes de Rome comme celle d’Arachné (*) chantée par Ovide, ou dans les vestiges pré-chrétiens de Chine et du Japon. Quant aux guipures grecques, on voit remonter leurs origines aux temps du mythique Homère qui, dans l’Odyssée, décrit une ceinture de fils entrelacés.

Ce ne fut qu’au Moyen-âge que la dentelle fut différenciée en deux catégories bien distinctes : celle à l’aiguille et celle aux fuseaux, mais il existe aussi la dentelle « a tombolo ». Les Flandres et l’Italie s’en accordent la priorité, tout comme Venise, Milan, Gênes et L’Aquila.

Il est certain, en effet, qu’à la fin de 1371, le Royaume de Naples consentit à la commune de L’Aquila de discipliner tous les arts et métiers, dont l’artisanat de la dentelle, pour une meilleure aisance à s’affirmer et à se diffuser. Et on se souvient qu’en 1793, la Reine Isabella, épouse du Roi de Naples, en visite à L’Aquila, fut très admirative « de la beauté raffinée des dentelles dont étaient parées les femmes de L’Aquila ».

La caractéristique typiquement locale du tombolo réside dans le fil très fin, mais résistant et rigide, comme introuvable. Le fil, défini impalpable, fut considéré comme si précieux pour les Aquilini, qu’en 1557, ils en firent don au Vice-roi en visite dans l’Abruzzo. De la préciosité du fil dérive aussi celle de l’antique « tombolo aquilino » qui se distingue d’ailleurs de ceux des autres centres de la province comme Pecocostanzo, Gessoplane, Scanno et même des autres villes d’Italie ou même encore des cités étrangères. Il est sûr que le « tombolo aquilano » devait rejoindre un niveau de véritable oeuvre d’art puisque Marie-Antoinette, Reine de France, commanda à L’Aquila une pièce de dentelle, haute de 8 paumes, pour en faire don au Pape Pie VI le jour où il fut intronisé.

Mais qu’est-ce que le « tombolo aquilino » ? C’est une sorte de coussin cylindrique rempli de sciure qui supporte comme une toile d’araignée, fils de lin et épingles. Assises sur les marches des maisons dans des ruelles ombragées, quelques femmes semblent faire des tours de prestidigitateurs avec des dizaines de fuseaux légers sur ce tombolo. Tout doucement, de leurs mains sortent dentelles et trames d’une stupéfiante beauté : ce sont les dentelles et guipures réalisées au tombolo, destinées aux trousseaux des mariées, authentiques chefs-d’œuvre qui souvent demandent des mois de passion et de travail de « certisino »,  c’est-à-dire de « Chartreux » pour les Italiens, mais de « Bénédictin » pour nous. Cet art très ancien a longtemps souffert d’une certaine désaffection provoquée par l’agitation inutile de notre monde moderne ; cependant il est en train de soulever de nouveaux enthousiasmes. Réunies en coopérative, les dentelières travaillent beaucoup mais trouvent quand même le temps d’enseigner, généreusement, leurs patients secrets aux jeunes filles, mais aussi à quelques rares jeunes hommes.

arachne-et-athena(*) Quant à Arachné, c’était une jeune fille de Lydie, fille d’Idmon de Calaphon, ville réputée pour ses teintures pourpre. Elle excellait dans l’art du tissage. Elle en vint même à se vanter de l’emporter sur Athéna, fileuse accréditée de l’Olympe. La déesse releva le défi. Mais Arachné tissa une pièce d’étoffe où étaient figurées les amours des dieux olympiens avec une telle adresse qu’Athéna ne put rien y trouver à reprendre. Sa colère n’en fut pas moins vive. Elle déchira l’ouvrage de sa rivale, frappa cette dernière, tant et si bien que la malheureuse, remplie de terreur et mortifiée, se pendit à l’aide d’une corde. Athena la métamorphasa alors en araignée. Certains mythographes modernes ont émis l’hypothèse que cette légende se rapporterait à quelque rivalité entre le commerce des tissus athéniens et celui des articles textiles qui provenaient de Lydie… Concurrence commerciale qui nous occupe encore et nous occupera toujours…

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Une prochaine fois j’approfondirai ce mythe d’Arachné et tout ce qu’il symbolise.  En attendant, si votre route vous mène un jour à Rome, comme vous le savez tous les chemins y mènent, prenez le temps de quitter la ville éternelle par la via Tiburtina, qu’aujourd’hui l’autoroute A.24 longe, et allez vous perdre quelques jours dans l’Abruzzo, aller découvrir L’Aquila qu’on reconstruira, je l’espère, à l’identique… Vous en reviendrez conquis par la beauté de cette nature encore sauvage qui l’entoure, le charme des villes et villages nichés dans la montagne, la gentillesse de ses habitants, ainsi que sa rustique et savoureuse gastronomie, dont le risotto au safran ; sa fleur est une des grandes cultures de l’Abruzzo.   

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Et puis, à l’aller ou au retour, arrêtez-vous à Tivoli, pour la Villa d’Este et la Villa Adriana, ainsi qu’à Subiaco pour ses merveilleux monastères bénédictins. Enchantement garanti… Une très bonne adresse, charmante et romantique : Ristorante et B and B – BELVEDERE, via dei Monasteri, 33 – SUBIACO – www.belvederesubiaco.com – mais là on est de retour dans le Latium, aux portes de Rome.

Bibliographie :

Traité de la « Dentelle a Tombolo », artisanat noble », d’Angello Tozzi

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Collection Bouquins – Editions Robert Laffont/Jupiter.

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