DANS LE BESTIAIRE DU TAUREAU… LE BŒUF

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 19-05-2012

Contrairement au taureau, le bœuf est un symbole de bonté, de calme, de force paisible, de puissance du travail et du sacrifice, comme l’évoque le bœuf de la vision d’Ezéchiel et de l’Apocalypse. Encore que ce bœuf peut-il être en fait un taureau. Ce sont certains aspects symboliques et leurs interprétations qui les distinguent.

La tête de bœuf de l’empereur Chen-nong, inventeur de l’agriculture, celle de Tche-yeou paraissent être aussi bien des têtes de taureau. Le bœuf Apis de Memphis, hypostase de Ptah et d’Osiris, n’est-il pas lui-même un taureau ? En fait, le même mot désignait tous les bovidés et son caractère lunaire n’est pas déterminant à cet égard.

Apis le bœuf égyptien

Le bœuf, et plus encore le buffle, auxiliaires précieux de l’homme, sont respectés dans toute l’Asie orientale. Ils servent de monture aux sages, particulièrement à Lao-tseu dans son voyage vers les marches de l’ouest. Il y a en effet, dans l’attitude de ces animaux, un aspect de douceur et de détachement, qui évoque la contemplation.

Les bœufs statufiés sont fréquents dans les temples de Shintô. Mais dans la Chine ancienne, un bœuf de terre figurait le froid, qu’on expulsait au printemps, en vue de favoriser le renouveau de la nature ; c’est un emblème typiquement yin.

La lyre d’Apollon

Chez les Grecs, le bœuf est un animal sacré. Il est souvent immolé en sacrifice : l’hécatombe désigne le sacrifice de cent bœufs. Il est consacré à certains dieux : Apollon avait ses bœufs qu’Hermès lui déroba ; celui-ci ne put se faire pardonner son larcin, ce sacrilège, qu’en donnant à Apollon la lyre qu’il avait inventée, faite d’une peau et de nerfs de bœuf, tendus sur une carapace de tortue.

Le Soleil a ses bœufs, d’une blancheur immaculée et aux cornes dorées ; si les compagnons d’Ulysse affamés en mangent dans l’île de Thrinacie, malgré les interdictions de leur chef, ils périssent tous ; seul Ulysse, qui s’était abstenu, échappe à la mort.

 

Les bœufs du Soleil volés et assassinés par les compagnons d’Ulysse – Pellegrino Tibaldi – Palazzo Poggi – Bologne

Des bœufs sacrés étaient entretenus par la famille des Bouzyges ; ils étaient destinés à commémorer le labour initial de Triptolème, lors des rites du labourage sacré qui se célébraient aux mystères d’Eleusis. Dans toute l’Afrique du Nord, encore, le bœuf est un animal sacré, offert en sacrifice, lié à tous les rites de labour et de fécondation de la terre.

 

Le labour de Triptolème

En raison sans doute de ce caractère sacré, de ses relations avec la plupart des rites religieux, comme victime ou comme sacrificateur, quand il ouvre par exemple le sillon de la terre, le bœuf a été aussi le symbole du prêtre.

Autre épisode mythologique mettant en scène les bœufs se situe dans les douze travaux d’Hercule. En effet, pour s’emparer des bœufs de Géryon, gardien à trois corps, Héraclès/Hercule se rendit au-delà des terres connues sur une île dans l’océan, la rivière entourant la Terre. Ecartant deux montagnes pour faire un canal vers la rivière, il créa les colonnes d’Hercule, le détroit de Gibraltar, tua Géryon et s’empara des bœufs. Le récit est rempli de symboles solaires, telle la coupe d’Hélios, le Soleil, qu’emprunta Héraclès/Hercule.

 

La capture des bœufs de Géryon par Hercule – Majolique d’Urbino – Francesco Xanto Avelli

Il existe une divinité gauloise Damona, parèdre du protecteur des eaux thermales Borvo ou Apollon Borvo, et dont le nom contient le thème celtique désignant généralement les bovidés, dam. Mais le bœuf ne possèderait pas, dans le monde celtique, de symbolisme indépendant, en dehors du symbolisme chrétien usuel. Les légendes galloises témoignent cependant de l’existence de bœufs primordiaux. Les deux principaux sont ceux de Hu Gadarn, personnage mythique qui arriva le premier dans l’île de Bretagne avec la nation des Cymry, c’est-à-dire les Gallois. Avant l’arrivée de ces derniers, il n’existait en Bretagne que des ours, des loups, des castors et des bœufs cornus.

Le Lebor Gabala ou Livre des Conquêtes nomme aussi, mais sans autre indication, des bœufs mythiques. Le bœuf jouerait un rôle analogue à celui du héros civilisateur.

Enfin, le bœuf est l’un des douze signes de l’astrologie chinoise.

 

Le boeuf – Terre cuite Tang

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

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LES DIEUX – LA CREATION ET LES TEMPS HEROIQUES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 08-12-2011

Pour les Grecs, ce n’étaient pas les dieux qui avaient créé le monde, mais l’inverse : l’univers avait créé les dieux. Bien avant qu’il y eût des dieux, le ciel et la terre s’étaient formés et ils étaient l’un et l’autre les premiers parents. Les Titans étaient leurs enfants et les dieux leurs petits-enfants. 

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Cadran solaire – Les douze dieux grands olympiens – Zodiaque époque romaine 1er siècle – Musée du Louvre  

LES TITANS ET LES DOUZE GRANDS OLYMPIENS

Les Titans, souvent nommés les Dieux anciens, régnaient en maîtres suprêmes sur l’univers. Ils étaient aussi fort nombreux mais quelques-uns seulement apparaissent dans les récits mythologiques. De tous les Titans, le plus important fut Cronos, le dieu latin Saturne. Il gouverna les autres Titans jusqu’à ce que son fils, Zeus, Jupiter pour les Romains, le détrône et s’empare du pouvoir. Les Romains disaient que lorsque Jupiter monta sur le trône, Saturne s’enfuit en Italie et y apporta l’Age d’Or, une ère de paix parfaite et de bonheur qui dura aussi longtemps que son règne. 

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Les Titans 

Parmi les autres Titans et Titanides, et les plus célèbres aussi, on trouve d’abord : Océan, le fleuve qui entoure le monde et sa femme Téthys. Puis, vient Hypérion, le père du Soleil, de la Lune et de l’Aurore. On se souvient encore de Mnémosyne, la mémoire ; de Thémis, dont le nom est généralement synonyme de Justice. Japet mérite surtout l’attention à cause de ses fils : Atlas qui porte le monde sur ses épaules et Prométhée, le sauveur du genre humain. Ceux-ci seuls parmi les anciens dieux, ne furent pas bannis à l’arrivée de Jupiter, mais ils durent désormais se contenter d’un rang moins élevé.  

Les douze grands Olympiens dominaient les dieux qui avaient succédé aux Titans. L’Olympe était leur foyer, d’où leur nom. Ce qu’était exactement l’Olympe n’est pas aisé à dire ; il n’est pas douteux qu’au début on le tenait pour le sommet d’une montagne et on l’identifiait, en général, avec le Mont Olympe, le plus élevé de la péninsule et situé au Nord-est, en Thessalie. Mais même dans l’Iliade, ce tout premier poème grec, cette idée fait place à celle d’un Olympe localisé dans une région mystérieuse dominant toutes les montagnes de la terre. Un passage de l’Iliade nous montre Zeus s’adressant aux dieux du « pic le plus élevé parmi les nombreux sommets de l’Olympe ». Il s’agit donc clairement d’une région montagneuse. Mais quelques lignes plus loin, il déclare qu’il pourrait, s’il le voulait, suspendre le ciel et la terre au pinacle de l’Olympe et il devient tout aussi clair qu’il ne s’agit donc plus là d’une montagne. Toutefois, il n’est pas question des cieux et Homère fait dire à Poséidon qu’il gouverne la mer tandis qu’Hadès règne sur les morts et Zeus sur les cieux, mais que l’Olympe leur est commun à tous les trois. 

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L’Olympe 

Quoi qu’il en soit et où qu’il fût, l’entrée de ce lieu était fermé par une grande grille de nuages gardée par les Saisons. Les résidences des dieux étaient à l’intérieur, ils y vivaient, y dormaient et y festoyaient, savourant le nectar et l’ambroisie tout en écoutant le chant de la lyre d’Apollon. C’était un séjour de félicité parfaite. « Nul vent ne trouble jamais la paix de l’Olympe », nous dit Homère ; « nulle pluie n’y tombe jamais et nulle neige, mais le firmament sans nuages l’entoure de tous côtés et la blancheur glorieuse du soleil est diffusée par ses murs ».

Les douze Olympiens formaient une famille divine : 

            – Zeus/Jupiter, leur chef,

            – Poséidon/Neptune et Hadès/Pluton, ses deux frères,

            – Hesta/Vesta, leur sœur,

            – Héra/Junon, épouse de Zeus/Jupiter et Arès/Mars, leur fils,

            – Athéna/Minerve, Apollon, Aphrodite/Vénus, Hermès/Mercure, Artémis/Diane, sont les enfants de

               Zeus/Jupiter,

            – Héphaïstos/Vulcain, est le fils d’Héra/Junon.

Ces douze Olympiens vont donner leur nom aux planètes. Ainsi leur histoire et leurs symboles aident à l’interprétation astrologique. 

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Jupiter brandissant son foudre 

Bibliographie

La Mythologie – Edith Hamilton – Marabout 1978

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