DANS L’ORCHESTRE DU BELIER… LE CLAIRON

(12 - ASTROLOGIE ET MUSIQUE) par sylvietribut le 11-04-2015

Le nom même de clairon désignait au Moyen Age un instrument à vent assez similaire à celui que le clairon traditionnel français inventé par Antoine Courtois, son fabricant, en 1822. C’est un instrument à vent de la famille des cuivres, d’où la tentation de l’apparenté à la Balance et à Vénus qui représente le cuivre dans la concordance métaux/planètes. Cependant, le clairon est à l’origine un instrument d’ordonnance, c’est-à-dire qu’il sert à la transmission des ordres grâce aux sonneries facilement reconnaissables : appel, rassemblement, à la soupe, aux caporaux, commencez le feu »… Mais là nous rencontrons avec l’Armée et la soldatesque, le monde du Bélier et de Mars. On appelle d’ailleurs également « clairon » celui qui sonne de cet instrument.

LE CLAIRON

C’est surtout dans les corps traditionnels que le clairon est utilisé comme l’infanterie de Marine, la Légion et surtout la Marine. Il sert principalement pour ponctuer de sonneries réglementaires les moments importants de la vie militaire : réveil, garde-à-vous, aux champs, aux morts, au drapeau, et dans les cérémonies officielles.

Le clairon est un élément à part entière de nombreuses marches militaires composées pour orchestre d’harmonie. La plus connue est la Marche de la 2e DB, composée en l’honneur de la 2e division blindée du Général Leclerc, dont l’introduction est exécutée en soli par la section de clairons.

Avec la trompette de cavalerie et le cor naturel, le clairon est un élément des orchestres de batterie-fanfare. C’est dans ces ensembles qu’il est utilisé au mieux de ses capacités, dans un répertoire qui va des traditionnelles marches de défilé, en passant par le jazz, ou même par la variété.

Le clairon est un accessoire central de la fête des Conscrits, tradition encore en vigueur dans certaines régions de France, notamment dans le Haut-Doubs. Cette tradition est née à l’époque du Conseil de Révision qui statuait sur l’aptitude des jeunes gens au service militaire. Qui sait s’il ne sera pas bientôt de retour.

Le clairon, c’est aussi un jeu de l’orgue, à l’octave de la trompette.

LE CLAIRON - CELUI QUI LE SONNE

 

 

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DANS LA MYTHOLOGIE DU BELIER… LES FEMMES DE LEMNOS

(6.6.1 - LES MYTHES DU BELIER ET DE MARS) par sylvietribut le 29-03-2015

La première escale du Bélier Jason et de ses Argonautes se fit à Lemnos, île qui, à l’époque, était affectée par une terrible calamité. Les femmes de Lemnos, ayant négligé leurs devoirs envers Aphrodite/Vénus et cessé d’entretenir le culte qui lui était dû, avaient été châtiées d’une cruelle façon : l’ombrageuse déesse de l’amour les affligea toutes d’une odeur pestilentielle, si abominable que pas un seul de leurs époux ne s’approcha plus d’elles. Ils prirent même la poudre d’escampette.

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Les femmes de Lemnos assassinant leurs maris

Cette odeur repoussante atterrait les femmes de l’île, mais elles ne pardonnaient pas à leurs maris d’avoir déserté et elles les massacrèrent tous dès qu’ils tentèrent de débarquer à nouveau. Pas un n’en réchappa. Leur reine, Ipsépilé, accueillit donc Jason et ses marins avec enthousiasme. La période d’abstinence avait été longue et pour les femmes et pour les navigateurs, prêts à tout pour culbuter quelques habitantes consentantes. Par ailleurs, à la demande d’Hépaïstos/Vulcain, l’époux mal aimé d’Aphrodite/Vénus, celle-ci accepta de lever sa malédiction.

Les femmes de Lemnos en seront d’autant plus reconnaissantes aux Argonautes que, grâce à eux, elles redevenaient des femmes désirables, et aptes à repeupler leur île que la disparition des mâles avait mise en danger. Cinquante-cinq hommes vaillants et impatients débarquant dans un lieu où les femmes étaient sexuellement affamées, voilà de quoi réjouir le cœur des marins, chacun y trouvant son compte.

On dit même que les Argonautes séjournèrent un an sur cette île, leur plus longue escale, leur laissant ainsi tout le temps d’œuvrer, mais sans qu’on nous dise s’ils furent retenus par les femmes de Lemnos ou s’ils trouvèrent leur accueil particulièrement délicieux. Après cet épisode, ils repartirent pour une brève halte, cette fois, dans la fameuse île de Samothrace. Mais là, il ne se passa pas grand-chose.

Ipsépilé qui apparaît furtivement dans les évocations du crime des femmes de Lemnos fut la seule à ne pas y avoir pris part. Le premier récit complet de ce crime nous est rapporté par Apollonios de Rhodes dans ses Argonautiques. Il nous précise qu’Ipsépilé, fille du roi de l’île, Thoas, épargna son père en le cachant dans un coffre qu’elle lança à la mer. Thoas est donc le seul homme de Lemnos à ne pas avoir été tué et Ipsépilé, la seule femme à ne pas être criminelle.

ADIEU DE JASON A EPSIPILE

L’adieu de Jason à Ipsépilé

Quoi qu’il en soit, Ipsépilé s’unit à Jason. Cette union est évoquée dès les sources les plus anciennes puisque l’Iliade la mentionne brièvement pour indiquer qu’elle donna naissance à un fils, Eunéos. Mais Ovide et Stace indiquent qu’Ipsépilé donna naissance à des jumeaux. Ils s’appelaient Eunéus et Deipylus.

Plusieurs auteurs, dont Euripide dans sa tragédie Ipsépilé et Stace, dans la Thébaïde, relatent d’autres événements survenus après la venue des Argonautes à Lemnos. Ils indiquent que les Lemniennes finirent par découvrir qu’Ipsépilé n’avait pas tué son père et, pour la punir de ne pas avoir pris part à leur crime, elles l’exilèrent hors de Lemnos.

La tragédie d’Euripide, Ipsépilé, est arrivée jusqu’à nous juste par un fragment sur papyrus. C’est la plus ancienne source à évoquer une autre intrigue où Ipsépilé apparaît dans un récit lié à l’expédition des Sept contre Thèbes. On y apprend qu’Ipsépilé avait été exilée loin de Lemnos et capturée par des pirates. Elle devint alors la nourrice d’un enfant nommé Opheltès, plus tard renommé Archémoros, qui était le fils d’une dénommée Eurydikè.

Le devin Amphiaraos et l’expédition dont il fait partie rencontre Ipsépilé alors qu’ils cherchent de l’eau pour faire un sacrifice. Ipsépilé leur indique une source gardée par un serpent qui tue le petit Opheltès. Amphiaraos persuade Erydikè de renoncer à se venger et institue un culte en l’honneur d’Opheltès, renommé Archémoros : « début du désastre », nom prophétisant le destin tragique de l’expédition des Sept. Par la suite Ipsépilé fut retrouvée et reconnue par ses fils qui étaient partis à sa recherche.

EPSIPILE - ENLUMINURE - MANUSCRIT DES HEROIDES D'OVIDE

Epsipilé – Enluminure manuscrit des Héroïdes d’Ovide

Stace, au livre V de la Thébaïde, évoque également cet épisode : l’armée d’Argos rencontre Ipsépilé devenue prisonnière de Lycurgue, roi de Némée, et la nourrice de son fils Archémore. Ipsépilé indique une source à l’armée assoiffée, puis fait le récit de ses origines, raconte le crime des femmes de Lemnos et la venue des Argonautes, puis son exil et sa capture par des pirates. Pendant qu’elle est occupée à raconter son histoire, elle néglige de surveiller Archémore qui est mortellement piqué par un serpent. Ipsépilé manque alors d’être tuée, mais est défendue par les Argiens.

Ipsépilé appartient bien au monde du Bélier, elle ne vit que tribulations sur tribulations, dans un monde guerrier, fait de haine, de vengeance, de crimes, désastres et de mort. Heureusement, il existe quand même des Béliers heureux et tranquilles, tranquillité sans doute acquise après autant de péripéties.

OPHELTES PIQUE PAR UN SERPENT

Archémore mortellement piqué par un serpent

Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont

 

 

 

 

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