DANS LA SYMBOLIQUE DU BELIER… L’ARME

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 26-03-2012

L’arme, c’est l’anti-monstre, qui devient monstre à son tour. Forgée pour lutter contre l’ennemi, elle peut être détournée de son but et servir à dominer l’ami, ou simplement l’autre. De même, des fortifications peuvent servir de pare-chocs contre une attaque et de point de départ pour une offensive. L’ambiguïté de l’arme est de symboliser en même temps l’instrument de la justice et celui de l’oppression, la défense, la conquête. En toute hypothèse, l’arme matérialise la volonté dirigée vers un but. Et c’est bien là ce que s’assigne le Bélier.

 

Une autre utilisation de l’épée

Puisqu’elles servent les nobles causes, les armes sont associées à certaines vertus : l’honneur, l’idéal de justice et l’amour de la vérité. La mythologie accorde à certaines armes des pouvoirs magiques qui donnent une force surhumaine, voire rendent invincible. Symboles de l’autorité, les armes sont souvent richement décorées afin de servir dans les cérémonies.

Certaines armes sont faites d’alliages de métaux. Toute l’armure d’Agamemnon, décrite par Homère, est une attentive composition d’or et d’argent. Les métaux les plus précieux s’y mêlent tant pour la cuirasse et le bouclier que pour l’épée.

 

Poignard en or, fer et turquoise

Comme chaque métal a sa valeur symbolique, on voit quelle richesse de signification chaque arme peut revêtir et de quelle puissance magique on s’efforce de l’investir. Le forgeron passait d’ailleurs pour être un magicien. Ensuite, celui qui la porte s’identifie à son armure. Aussi, l’échange des armes était-il, chez les Grecs, un signe d’amitié. De même les armes cassées représentent la fin des hostilités.

Chez les Chrétiens, les armes devinrent des métaphores de la puissance divine et de la guerre juste menée au nom du Christ. Dans plusieurs hymnes de Luther, le vocable de la guerre est devenu celui du cheminement spirituel. Saint Paul décrit dans l’Epître aux Ephésiens ce qu’on pourrait appeler la panoplie du Chrétien : « En définitive, rendez-vous puissants dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force. Revêtez l’armure de Dieu pour pouvoir résister aux manœuvres du Diable »… De ce point de vue spirituel et moral, les armes signifient des pouvoirs intérieurs, les vertus n’étant autre chose que les fonctions équilibrées sous la suprématie de l’esprit.

D’autres tables de correspondances ont été conçues, mettant les armes en relation avec d’autres objets. Par exemple, certaines symbolisent les quatre éléments. Ainsi :

–       La fronde naguère, le fusil, la mitraillette, le canon, le missile et la fusée d’aujourd’hui sont en relation avec l’élément Air ;

–       La lance, les armes chimiques sont en rapport avec l’élément Terre ;

–       L’épée, les armes psychologiques, appartiennent à l’élément Feu ;

–       Le trident est en rapport avec l’élément Eau.

Ainsi, le combat de l’épée contre la lance serait un combat du Feu et de la Terre.

 

Le trident d’or de Poséidon/Neptune

Certaines armes symbolisent des fonctions :

–       La massue, le bâton, le fouet sont des attributs du pouvoir souverain ;

–       La lance, l’épée, l’arc et la flèche sont des attributs du guerrier ;

–       Le couteau, le poignard, la dague, l’épieu, sont des attributs du chasseur ;

–       La foudre, les filets sont des attributs de la divinité suprême.

Poignard ou dague, faciles à dissimuler, sont associés à la trahison et aux procédés déloyaux. Armes favorites des assassins, les poignards sont aussi utilisés au cours des sacrifices, comme lorsque Abraham voulut sacrifier son fils Isaac. Les Aztèques sacrifiaient des êtres humains au moyen d’un couteau de silex ou en obsidienne, roche volcanique symbolisant la mort.

 

Hache à deux tranchants symbole lunaire

La hache quant à elle symbolise la puissance, l’autorité et le jugement. Une hache à deux tranchants pourrait avoir été utilisée par les rois minéens pour symboliser la lune. Cependant, dans nombre de cultures, le symbolisme de la hache est plutôt associé au soleil et aux tempêtes. Dans certaines régions d’Afrique, la hache est associée aux rituels visant à faire pleuvoir. A l’époque romaine, on apportait des branches et une hache liées ensemble devant les représentants de l’Etat en signe de leur puissance. Repris par Mussolini, ce symbole, appelé « faisceau » donna son nom au parti fasciste.

Il est probable que le trident, emblème de Poséidon/Neptune, le dieu de la mer, symbolisait la foudre. C’est également l’attribut de Britannia qui personnifie la Grande-Bretagne.

Dans la mythologie grecque, le bouclier était porté par Athéna, fille de Jupiter/Zeus, sortie armée et casquée de la cuisse de son père. Sur son bouclier figurait la tête de la Gorgone Méduse, sensée pétrifier ou méduser l’adversaire. Artémis, la déesse de la chasse, tenait aussi un bouclier. Au Moyen Age, les boucliers étaient décorés pour permettre l’identification des combattants, une pratique qui a donné naissance à l’héraldique.

La plume et l’Epée

L’épée est le symbole de la puissance militaire et royale. C’est l’arme des hommes de guerre, des chevaliers et des rois. Elle peut tout aussi bien servir à défendre, à protéger les faibles au nom de la justice et de l’honneur. Par association, elle symbolise le courage, les qualités chevaleresques et le pouvoir séculier. Elle est à la guerre ce que la plume est à la paix. L’épée symbolise le pouvoir de la parole qui permet de distinguer le vrai du faux : c’est l’épée de vérité. Arme d’attaque et de défense, la dualité de l’épée illustre parfaitement l’expression « d’arme à double tranchant », désignant un moyen susceptible de produire un effet contraire à celui recherché.

La légende du roi Arthur et l’épée Excalibur

Au Moyen Age, les épées furent à l’origine de nombreuses légendes, notamment dans la légende arthurienne. Excalibur était l’épée qui rendait légitime le souverain capable de la retirer du rocher où elle était plantée. Sur le plan de la forme, l’épée ressemble à la croix chrétienne et les Croisés l’utilisèrent souvent comme insigne. Quant au fil de l’épée, il est associé métaphoriquement à la perspicacité et à la lucidité, comme celle de Vishnou de la mythologie indienne, symbolisant la connaissance pure qui détruit l’ignorance. Il en va de même de l’épée de Manjusri, dieu bouddhiste de la sagesse.

 

Abbaye de Galgano en Toscane – Epée plantée dans la roche

Dans la psychanalyse jungienne :

–       Le couteau et la dague correspondent aux zones obscures du Moi, à l’Ombre et le côté négatif ou refoulé du Moi ;

–       La lance est en rapport avec l’Anima, la féminité consciente de l’être humain ou l’inconscient primitif ;

–       La masse, le gourdin, le filet, le fouet correspondent au Mana ;

–       L’épée est en rapport avec le Soi.

Quant aux rêves d’armes ils sont révélateurs de conflits intérieurs. La forme de certaines armes précise la nature du conflit. La psychanalyse voit dans la plupart des armes un symbole sexuel… La désignation de l’organe masculin est la plus claire, lorsqu’il s’agit de pistolets et de révolvers, qui apparaissent dans les rêves comme signe de tension sexuelle psychologique.

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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