LES QUATRE FORMES DE L’AMOUR (suite)

(6.6.5 - LES MYTHES DU LION ET DU SOLEIL) par sylvietribut le 19-08-2015

La Philia du Lion

La Philia est un concept à associer avant tout au signe du Lion. Le Lion est le premier des signes sociaux et il représente l’excitation que l’on ressent en prenant conscience de l’existence d’autres personnes dans le monde. Le Bélier nous éveille à notre Moi personnel, le Lion à notre Moi social, le Sagittaire au Moi universel.

Le Bélier est le feu de l’enthousiasme que nous éprouvons en réalisant que nous existons et, chez le Lion, il est provoqué par la découverte de l’existence d’autrui. Or, cette prise de conscience ne peut intervenir en Lion que si nous avons accompli en Cancer le processus de rupture du cordon ombilical. Sinon, nous ne pouvons accéder à la Philia.

LA PHILIA DU LION

La Philia du Lion ou la prise en compte de l’autre

Sur le plan archétypique, le Lion est la joie et l’exaltation ressenties à l’idée que l’autre existe. Alors que l’Epithumia est associée au Taureau et à Vénus-Aphrodite, la Philia est une forme d’amour liée à Apollon, un amour solaire fondé sur la conscience. Ce n’est pas par hasard que nous associons le Lion au Soleil et le Soleil à la conscience de l’ego. Il est fort intéressant que le signe précédant le Lion soit le Cancer, régi par la Lune, qui représente la mère et le cordon ombilical que nous devons trancher pour accéder au Lion.

Il faut associer l’éveil de la conscience au Lion et au Soleil. Le Soleil nous donne la faculté de voir que nous sommes un individu séparé. Le symbole du Soleil, un point entouré d’un cercle, est celui de l’individualité : « Je suis une entité distincte ayant sa propre volonté et son propre avenir ». C’est le processus de rupture du cordon ombilical qui fait de chacun de nous une personne séparée, tout en nous faisant prendre conscience de la mort. Certains d’entre nous doivent attendre pour cela la mort de leurs propres parents qui survient souvent assez tard dans leur vie. Il est triste qu’il nous faille attendre si longtemps cette coupure qui ouvre la voie aux relations fondées sur la Philia.

LE ROI ARTHUR - CHARLES ERNEST BUTLER

Un héros de légende : le Roi Arthur – Charles Ernest Butler

Un des archétypes du Lion est le héros, celui qui cherche la vérité et vit des aventures l’amenant à se découvrir lui-même. Le voyage du héros mène à la connaissance de soi, mais on ne peut l’entreprendre, puisque le Lion suit le Cancer, tant qu’on n’a pas rompu le cordon ombilical qui nous empêche d’être une personne à part entière. C’est un thème que l’on retrouve dans de nombreuses légendes, comme celle de Perceval. Celui-ci a une mère possessive qui veut l’empêcher de suivre la voie du héros, de partir dans le monde affronter sa destinée. Elle ne veut pas qu’il coupe le cordon ombilical car il devra ensuite faire face au caractère inéluctable de la mort. Dans un certain sens sa mère lui dit : « Ne prends pas de risques, reste avec moi et tu seras immortel ».

Sur un autre plan, le Lion représente l’éveil du chakra du coeur. Le besoin de créer surgit du coeur et cet éveil est nécessaire pour inspirer notre créativité. La quête du bien, du vrai, du beau, est, elle aussi, reliée à l’instinct apollinien du Lion qui nous habite.

La Philia n’est pas un amour d’égal à égal, car il implique une différence entre celui qui aime et celui qui est aimé. Prenons l’exemple de la culture grecque où l’amour entre hommes était jugé naturel. Dans ce type de relation qui était courante dans l’aristocratie grecque, un jeune homme que l’on associait à l’Eromenos, devait prendre un amant plus âgé qui devenait l’Eratos.

APOLLON LE DIEU SOLAIRE ET SA COURONNE DE LAURIER

Apollon le héros solaire de la Grèce antique

Platon et Socrate croyaient tous deux qu’Eros était le meilleur des maîtres et ils l’entendaient sur un plan très littéral. Les professeurs de l’Angleterre victorienne s’empressèrent évidemment d’expurger les traductions des textes grecs et falsifièrent l’amour érotique en amour platonique, un type d’amour complètement asexué, la simple idée de relations érotiques entre hommes leur était insupportable et comme ils enseignaient à de jeunes garçons, introduire Eros entre les membres du même sexe leur paraissait devoir entraîner de redoutables conséquences.

Or, dans la Grèce antique, c’était souvent le père du jeune garçon qui se chargeait de choisir l’Eratos, l’amant le plus âgé qui allait éduquer son fis afin qu’il puisse trouver sa place dans le système politique de l’Etat. Cette relation était une étape naturelle vers l’âge adulte. Et quand l’Eromenos aurait lui-même pris de l’âge, il deviendrait un Eratos, un éveilleur, pour un être plus jeune que lui.

Chez les Grecs, cette forme d’initiation sociale était normalement réservée aux hommes, mais elle pouvait parfois se produire entre personnes des deux sexes. En fait, cette situation archétypique concerne également les relations entre homme et femme, comme on le voit dans les épopées romantiques du Moyen-Age où cette forme d’amour était censée être une source d’inspiration et d’éveil.

Ainsi, grâce à l’amour Philia, nous commençons progressivement à intérioriser ou réintégrer notre projection extérieure du héros – ou de l’héroïne – idéal(e) et, se faisant, nous avançons dans notre processus d’individuation. Cet éveil du Soi nous conduit naturellement à l’Eros, la forme d’amour suivante…

GLYPHE DU SOLEIL

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