L’ASTROLOGIE LUNAIRE : POUR UNE MEILLEURE LECTURE DU CALENDRIER LUNAIRE MENSUEL

(04 - L'AGENDA ASTROLOGIQUE, 4.1 - Les caprices de la Lune - Calendrier lunaire - Maisons lunaires) par sylvietribut le 15-01-2011

lune Il y a dans l’astrologie moderne une lacune : c’est le rôle qu’elle réserve à la Lune. Pour cette astrologie, tout l’univers n’existe, astrologiquement parlant, que grâce à l’action combinée du Soleil, le Yang, principe actif, et la Lune, le Yin, principe passif, mais nous ne trouvons aucune trace de cette grande loi de l’équilibre cosmique dans le système moderne de l’astrologie, tout du moins tel qu’il est pratiqué dans notre monde occidental, car notre système est profondément solaire.

Or, l’astrologie antique connaissait bien le zodiaque lunaire ainsi que les maisons d’essence lunaire et il existe depuis toujours des documents de tous horizons qui attestent de sa division en 28 Maisons et en 28 Demeures lunaires. L’importance de cette division totalement oubliée de nos jours était dans toute l’Antiquité comparable à celle des 12 Maisons et des 12 signes zodiacaux d’essence solaire.

Le 28 est le nombre de la vie par excellence et, comme la loi même d’analogie gouverne l’univers sidéral et l’existence de chaque individu, le rythme lunaire se retrouve dans notre organisme : il faut 28 battements de notre cœur pour qu’un globule rouge parcourt tout le circuit de notre corps. Le nombre 28 est donc considéré comme caractéristique de toute notre circulation. Chaque respiration est au circuit du globule rouge comme le jour est à la semaine, tandis que le battement du cœur étant, à tout le circuit du globule rouge, comme 1 est à 28, répète les rapports du jour au mois. Comme les globules blancs se déplacent 10 à 12 fois moins vite que les globules rouges, nous retrouvons entre ces deux circuits les rapports entre le mois lunaire (28 jours) et l’année solaire (12 mois). Le globule rouge serait à rattacher au zodiaque lunaire tandis que le globule blanc représenterait dans notre corps le zodiaque solaire.

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Au début de chaque mois, vous retrouverez un petit calendrier lunaire, aussi humoristique que réel et pratique, décrivant le passage de la Lune dans les différentes Maisons Lunaires, tout autant que dans les signes du zodiaque. Ce calendrier vous aidera à faire la bonne chose au bon moment car comme le dit le vieil adage : « Il y a un temps pour tout ». Vous pourrez donc choisir le meilleur moment pour entreprendre quelque chose, et même connaître l’évolution d’une situation ayant débuté à un moment donné.

Ce calendrier vous servira aussi bien pour prendre un rendez-vous important, qu’il soit professionnel ou d’affaires, faire une démarche pour obtenir une information, une aide, un logement, ou pour le règlement d’une affaire épineuse, voire même pour organiser une fête, familiale, amicale, ou même un événement professionnel comme le lancement d’un produit, l’ouverture d’un établissement, d’un magasin… Quant au plan amoureux, avec les nouveaux modes de rencontres qu’offre Internet, vous pourrez choisir là aussi le jour le plus favorable pour un premier rendez-vous, avec une idée objective de l’avenir probable de cette relation.

Ces Maisons Lunaires sont divisées en quatre catégories :

- Les Mauvaises : I, IX, X, XV, XIX, XX et XXVIII

- Les Douteuses : II, VI, XIV, XVIII, XXIII et XXVII

- Les Neutres : III, IV, V, XI, XVI, XXI, XXIV, XXV et XXVI

- Les Favorables : VII, VIII, XII, XIII, XVII et XXII.

De manière générale, on peut dire qu’il faut éviter de commencer une entreprise ou même de faire une démarche importante quand la Lune traverse une Maison Mauvaise ou Douteuse. Il faut au contraire, profiter du passage lunaire dans les Maisons Favorables, et même dans les Neutres. Evidemment, il ne faut pas perdre de vue l’aspect général du ciel et de votre Lune natale par rapport aux différents éléments de votre thème. C’est au cours d’une consultation avec l’astrologue, que ce soit en tête-à-tête ou au cours d’un entretien téléphonique, que vous pourrez demander la recherche d’une date favorable pour tel ou tel projet, ou bien le devenir d’une date imposée, comme par exemple, une audience judiciaire, afin d’anticiper une décision, ou tout simplement vous attendre à un verdict.

En attendant, servez-vous de ce petit calendrier pour vous-même ou vos proches, et observez aussi à travers les informations que vous délivrent les médias pour juger de la pertinence de l’influence de ces Maisons Lunaires.

Exemple : Jeudi 20 novembre 2008, la Lune traversait la Maison Lunaire XX dont la signification est la suivante : « L’insuccès attend tout ce qu’on commencera quand la Lune se trouvera dans cette Maison ; il est donc prudent de ne rien entreprendre, de surveiller ses paroles et de ne pas soulever d’anciennes questions ». Or, il s’est passé, ce jour-là, trois événements dont nous avons pu juger le résultat pour deux d’entre eux :

- C’était le lancement de la bibliothèque numérique Europeana, une sorte de concurrent européen de Google pour la numérisation de livres. Or, moins de 24 heures après sa mise en ligne, le 20 novembre 2008, le site était fermé jusqu’à mi-décembre car la demande était trop forte et la technique n’a pas suivi… Reste à regarder de près le jour qui sera choisi pour le redémarrage du site… Ne manquez pas pour autant d’y aller voir www.europeana.eu quand ça voudra bien fonctionner…

- Ce même jeudi 20 novembre, c’étaient aussi les élections du Secrétaire du Parti Socialiste… On ne peut que constater là aussi que ça n’a pas vraiment fonctionné, parce que non seulement il y a eu un second tour, mais le résultat en a été contesté à peine annoncé…

- Enfin, notre Président de la République a créé et présenté en ce jeudi 20 novembre 2008, un « fonds souverain à la française ». Celui-ci, devant servir à protéger les entreprises, constituerait un outil « d’investissement stratégique d’intérêt national ». Que faut-il en attendre ? C’est l’avenir qui nous le dira et nous permettra de mesurer la validité du sens de cette Maison Lunaire dont la réputation n’est pas fameuse…

Voici bien la preuve que les Grands de ce monde n’ont pas d’astrologue attitré… Il aurait très certainement conseillé d’éviter le 20 novembre 2008…

Et vous, connaissez-vous la position de la Lune dans votre thème ? Savez-vous que la Lune est tout aussi importante, sinon plus, que la position du Soleil ou de l’Ascendant ou même du Maître de l’Ascendant dans le thème. OPTIMISEZ VOTRE VIE… CONSULTEZ UNE ASTROLOGUE…

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FEE… FATA… FATUM… FATALITE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 17-09-2009

De la Fée Bleue à la Fée Carabosse 

 

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Maîtresse de la magie, la fée symbolise les pouvoirs paranormaux de l’esprit ou les capacités prestigieuses de l’imagination. Elle opère les extraordinaires transformations et en un instant comble ou déçoit les désirs les plus ambitieux. Peut-être représente-t-elle les pouvoirs de l’homme de construire en imagination les projets qu’il n’a pas pu réaliser. 

La fée irlandaise est par essence la « banshee », dont les fées des autres pays celtiques ne sont que des équivalents plus ou moins altérés ou compris. Au départ, la fée, qui se confond avec la femme, est une messagère de l’Autre Monde. Elle voyage souvent sous la forme d’un oiseau, d’un cygne de préférence. Mais cette qualité n’a plus été comprise lors de la christianisation et les transcripteurs en ont fait une amoureuse venant chercher l’élu de son cœur. La « banshee » est par définition un être doué de magie. Elle n’est pas soumise aux contingences des trois dimensions et la pomme ou la branche qu’elle remet ont des qualités merveilleuses. Le plus puissant des druides ne peut retenir celui qu’elle appelle et, quand elle s’éloigne provisoirement, l’élu tombe en langueur.

la-bansheeLa Banshee 

Shakespeare a merveilleusement montré avec la Reine Mab, l’ambivalence de la fée, qui est capable de se transformer en sorcière : 

« Alors je vois que la Reine Mab vous a visité

C’est l’accoucheuse des fées et elle vient

Pas plus grosse qu’une pierre d’agate

A l’index d’un échevin

Traînée par un attelage de petits atomes…

… C’est toujours cette Mab

Qui tresse la crinière des chevaux la nuit

Et dans leurs poils gluants

Fabrique des nœuds magiques

Qui débrouillés font arriver de grands malheurs.

C’est la sorcière… »

 En effet, les palais que les fées évoquent et font scintiller dans la nuit s’évanouissent en un instant et ne laissent plus que le souvenir d’une illusion. Ils se situent dans l’évolution psychique parmi les processus de l’adaptation au réel et de l’acceptation de soi, avec ses limites personnelles. Ou on recourt aux fées et à leurs ambitions démesurées. Ou bien elles compensent les aspirations frustrées. Leur baguette et leur anneau sont les insignes de leur pouvoir. Elles resserrent ou défont les nœuds du psychisme. Que les fées de notre folklore ne soient autres, à l’origine, que les Parques romaines, elles-mêmes transposition latine des Moires grecques, ne paraît guère discutable. Leur nom même « Fata », les Destinées, le prouve. D’après P. Grimal :

 « Les trois Parques étaient représentées sur le forum par trois statues.  Que l’on appelait couramment les trois fées, les tria fata ».

Elles portent encore aujourd’hui ce nom dans la plupart des langues latines, et on en retrouve la racine dans leur postérité et les innombrables petits génies que l’imagination populaire a créés à leur suite : tels les fadas provençaux, les fades de Gascogne, les fadettes et fayettes, les fadets et farfadets.  

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Assemblées généralement par trois, les fées tirent du fuseau le fil de la destinée humaine, l’enroulent sur le rouet et le coupent, l’heure venue, de leurs ciseaux. Peut-être furent-elles, à l’origine, des déesses protectrices des champs. Le rythme ternaire, qui caractérise leurs activités, et celui de la vie même : jeunesse, maturité, vieillesse, ou bien naissance, vie et mort, dont l’astrologie fera : évolution, culmination, involution.

Selon de vieilles traditions bretonnes, à la naissance d’un enfant, on dresse trois couverts, sur une table bien garnie, mais dans une pièce écartée de la maison, afin que les fées soient rendues propices. Ce sont elles, aussi, qui conduisent au ciel les âmes des enfants mort-nés et qui aideront à rompre les maléfices de Satan.

Pour mieux comprendre le symbolisme des fées, il faut, au-delà des Parques et des Moires, remonter aux Kéres, divinités infernales de la mythologie grecque, sortes de Walkyries qui s’emparent des agonisants sur le champ de bataille, mais qui, selon l’Iliade, paraissent aussi déterminer le sort, le destin du héros, auquel elles apparaissent en lui offrant un choix, dont dépendra l’issue bénéfique ou maléfique de son voyage.

La filiation des fées telles que nous venons de l’indiquer montre qu’elles sont originellement des expressions de la Terre-Mère. Mais le courant de l’histoire, selon un mécanisme ascensionnel, les a fait peu à peu monter du fond de la terre à sa surface où, dans la clarté de la Lune, elles deviennent esprits des eaux et de la végétation. Les lieux de leurs épiphanies montrent cependant clairement leur origine ; elles apparaissent en effet le plus souvent sur des montagnes près des crevasses et des torrents, sur les innombrables tables de fées ou dans le plus profond des forêts, au bord d’une grotte, d’un abîme, d’une cheminée des fées, ou encore près d’un fleuve mugissant ou au bord d’une source ou d’une fontaine. Elles sont associées au rythme ternaire mais, en y regardant de plus près, elles relèvent aussi du quaternaire : en musique, on dirait que leur mesure est à trois-quatre : trois temps marqués et un temps de silence. Ce qui représente en effet et le rythme lunaire et celui des saisons. La lune est visible pendant trois phases sur quatre ; à sa quatrième phase, elle devient invisible, on dit qu’elle est morte. De même, la vie représentée par la végétation naît sur la terre au printemps, s’épanouit en été, décroît en automne, et disparaît pendant l’hiver, temps de silence, de mort.

 

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Si l’on examine de très près légendes et contes relatifs aux fées, il apparaît que ce quatrième temps des fées n’a pas été oublié par les auteurs anonymes de ces récits. C’est le temps de rupture, où l’épiphanie anthropomorphe de la fée se dissipe. La fée participe du surnaturel, parce que sa vie est continue, et non discontinue comme la nôtre, et comme celle de toute chose vivante en ce monde. Il est donc normal qu’en la saison de la mort on ne puisse la voir, donc qu’elle n’apparaisse pas. Pourtant elle existe toujours, mais sous une autre forme, relevant comme elle, en son essence, de la vie continue, de la vie éternelle. 

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Les Parques ou les Moires : C’étaient trois fileuses qui travaillaient jour et nuit. On les a représentées, parfois, comme d’affreuses vieilles, ailleurs elles sont belles et implacables. Leur nom venait du verbe latin « parcere », qui signifie « épargner ». Ce nom était ironique car elles n’épargnaient jamais personne ; ce qu’elles filaient ainsi sans trêve, c’était le fil de la vie humaine… Clotho tenait la quenouille, Lachésis le fuseau et la dernière, Atropos, donnait le coup de ciseau final… Par une extension facile à comprendre, la Parque signifie : la Destinée.

La symbolique du fuseau est d’ailleurs intéressante. Pour Platon, « le fuseau de la nécessité » représente la nécessité qui règne au cœur de l’univers. Le fuseau tourne d’un mouvement uniforme et entraîne la rotation de l’ensemble cosmique. Il indique une sorte d’automatisme dans le système planétaire : la loi de l’éternel retour. On peut à ce titre le rapprocher du symbolisme lunaire. Les filles de la Nécessité, les Moires, chantent avec les Sirènes, en faisant tourner les fuseaux : Lachésis pour le passé, Clotho est le présent, Atropos représente l’avenir. Elles règlent la vie de chaque être vivant à l’aide d’un fil que l’une file, que l’autre enroule, que la troisième coupe.

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Ce symbolisme indique le caractère irréductible du destin : sans pitié, les Parques filent et défilent le temps de la vie. Le double aspect de la vie se manifeste : la nécessité du mouvement, de la naissance à la mort, révèle la contingence des êtres. La nécessité de la mort réside dans la non-nécessité de la vie. Le fuseau, instrument et attribut des Parques, symbolisera la mort.

melusina1La fée Mélusine est alternativement femme et serpent, de la même façon que le serpent change de peau pour se renouveler indéfiniment. C’est le moment qui, chez les humains, correspond au temps de silence, à la mort. Aussi les fées ne se montrent-elles jamais que de façon intermittente, comme par éclipses, bien qu’elles subsistent en elles-mêmes de façon permanente. On pourrait d’ailleurs en dire autant des manifestations de l’inconscient. 

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Mélusine est une fée bâtisseuse qui a laissé son empreinte dans maints et maints édifices religieux et civils du Poitou. Ayant infligé une punition à son père Mélusine est condamnée par sa mère à devenir serpent dès le nombril tous les samedis. Alors qu’elle erre dans la forêt non loin de Coulombiers, elle rencontre Raymondin. Elle consent à l’épouser, à la seule condition qu’il la laisse seule chaque samedi, sans chercher à connaître son occupation. Dix garçons, dont certains portent la marque de leur origine féérique, naissent de cette union. Mais, un samedi, rongé par la curiosité, Raymondin trahit son serment et découvre le secret de sa femme. C’est ainsi que Mélusine disparaît après avoir tournoyé dans le ciel de Lusignan. A l’image de leur mère légendaire, les seigneurs de Lusignan, rois de Jérusalem, de Chypre et d’Arménie, originaires du Poitou, se sont avérés être au Moyen Age des constructeurs notables de châteaux : une vingtaine de sites aurait été édifiée, fortifiée ou embellie par cette famille.

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Selon la légende, le château de Lusignan fut construit par Mélusine. La Fée bâtisseuse, transportant les pierres dans sa dorne et les assemblant de trois goulées d’air en trois nuits, aurait été aidée par des ouvriers tirés du néant pour la circonstance. Aujourd’hui, les vestiges de cette forteresse : la Tour de Mélusine et la Poterne, s’inscrivent au cœur d’un jardin à la française aménagé au XVIIIe siècle par l’Intendant du Poitou, Blossac. A l’intérieur d’une des anciennes parties du château, une exposition présente l’épopée tumultueuse du château et de ses seigneurs, au travers de leur mère légendaire.

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Les étranges métamorphoses de cette fée ne sont pas sans évoquer le Scorpion, alors que le secret qu’elle garde jalousement ainsi que cette vie double, comme son corps de sirène, font penser à la symbolique du signe des Poissons.

Avec Roussalka la sirène on reste dans l’univers aquatique. Dans le monde païen, la Roussalka avait le statut de déesse de la rivière, propriétaire de trésors et magicienne. Depuis la christianisation de la Russie, elle passe pour être plutôt mélancolique ainsi que  peu favorable aux humains. Suivant une croyance populaire, les Roussalki sont des nouveau-nés de sexe féminin, morts sans baptême ou encore des femmes noyées. Elles possèdent jeunesse et beauté éternelles. Le samedi précédant la Trinité, elles courent en tous sens dans les champs de seigle. A partir du jeudi suivant, la fête du Semik, elles résident dans les bois où leurs appels répétés égarent les voyageurs en chemin. Pendant la Roussalnaïa, huitième semaine après Pâques, et également la veille de la Saint-Jean, elles se montrent dangereuses et il est alors fort imprudent de se baigner.  

la-roussalkaDans une variante populaire du conte, la Roussalka est la nymphe des eaux, la fille favorite des esprits du lac. Toute sa vie, elle se désole de sa condition et, éprise d’un jeune prince, elle souhaite devenir femme pour pouvoir communiquer chaleur et amour humain. Elle confesse ce désir à son père qui se désespère, convaincu que cette métamorphose lui portera malheur. Mais, constatant son impuissance à la persuader de renoncer à ce désir, il lui conseille d’aller consulter la Jézi-Baba. Cette sorcière promet à la Roussalka de l’aider à prendre forme humaine, mais à deux conditions : ne jamais pouvoir parler à son prince, et, au cas où il la tromperait, être damnée. A son retour, son prince, qu’une mystérieuse force a fait venir à sa rencontre, la prend dans ses bras et la conduit au palais où sont réunis pour la noce un grand nombre d’invités. Bouleversé par la beauté silencieuse de la Roussalka, le jeune prince porte son regard sur une autre belle femme venue assister au mariage. Depuis, la Roussalka gémit sur son sort, et guette les hommes qui voyagent dans la forêt.

Cette belle légende fait penser à l’histoire de Lorelei ainsi qu’à celle de la petite sirène, mais ni l’une ni l’autre n’étaient des fées. La petite sirène a toutefois recourt à une sorcière car comme la Roussalka elle veut devenir une vraie femme pour conquérir le jeune prince qu’elle a sauvé de la noyade. Elle y perdra sa voix en perdant sa queue de sirène pour des jambes et une silhouette de rêve. La Roussalka inspira Antonin Dvorak qui l’immortalisa dans un opéra.

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La fée Viviane appartient à la célèbre légende du Roi Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde, un ensemble de récits datant du Moyen Age. C’était la fille d’un seigneur de Bretagne, du château de Comper, au nord de la forêt de Brocéliande qui n’est autre que le nom mythique de l’actuelle forêt de Paimpont, au sud-ouest de Rennes, dans le Morbihan. C’est dans cette forêt que le roi Arthur somma aux chevaliers de trouver le Graal. Merlin l’Enchanteur, ami et conseiller du jeune roi, fût l’hôte privilégié de Brocéliande. Et c’est à la fontaine de Barenton qu’il rencontra Viviane pour la première fois… Qui de la fée ou du magicien enchanta l’autre ? A découvrir ou à redécouvrir… Mais avec Viviane apparaît là une autre fée des Eaux, on l’appelait d’ailleurs la Dame du Lac. Son histoire évoque assez le signe des Poissons.

La fée Morgane est une magicienne faisant elle aussi partie de la Légende du Roi Arthur. Elle est souvent représentée comme une adversaire du Roi, de sa femme Guenièvre, ainsi que des Chevaliers de la Table Ronde. C’est une disciple de la fée Viviane et Merlin est son maître.

la-fee-morgane1La fée Morgane peintre par John William Waterhouse

Elle est présentée comme une séductrice maléfique, mais aussi parfois comme un personnage positif incarnant un pouvoir féminin désapprouvé par la société médiévale. Le personnage de Morgane pourrait avoir une de ses sources dans la déesse Modron, inspirée de la Dea Matrona gauloise, telle qu’elle apparait dans la littérature galloise médiévale. Le nom de Morgane la lie peut-être aux morgan/morgen, fées des eaux, séductrices et dangereuses, du folklore britannique. La transcription de son nom en « morgue » la lie parfois à la Mort. Son histoire évoque le Scorpion et surtout Vénus en Scorpion, à moins que ce ne soit Lilith, la Lune Noire.

la-fee-clochette1La fée clochette est un personnage créé par J.M. Barrie dans son roman Peter Pan. Clochette est amoureuse de Peter Pan. Elle ne supporte pas que celui-ci porte son regard sur un sujet féminin, et encore moins qu’il s’y intéresse. Or Peter Pan, qui est un séducteur, passe son temps à essayer d’épater Wendy, ce qui énerve très profondément Clochette. James Barrie indique que comme toutes les fées, Clochette est parfois gentille, parfois méchante et elle est tellement petite qu’elle n’a de place que pour un seul sentiment à la fois. Cependant, Clochette est apte à jouer des tours. Elle est fragile et sensible, se déplace très rapidement et, grâce à sa poudre, elle permet à Peter, aux enfants Darling et aux Garçons Perdus de voler. Par son côté espiègle et sa manière de voler, elle n’est pas sans rappeler Mercure aux pieds ailés. C’est certainement une fée Gémeaux.

La fée bleue est un être magique. Ravissante jeune femme blonde capable d’apparaître par enchantement depuis une étoile, c’est elle qui donne vie au pantin de bois Pinocchio, après le souhait de Geppetto le menuisier qui a construit la marionnette d’avoir un vrai petit garçon. Elle confie au grillon Jiminy Cricket  le soin d’être la conscience de Pinocchio et de le guider vers le droit chemin. Pinocchio doit en échange prouver qu’il est toujours brave, loyal, franc et obéissant. Cette belle et bonne fée n’est pas sans évoquer la douce et belle Vénus. Alors que Jiminy Cricket s’apparenterait à Saturne.

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Toutefois, avant d’être le célèbre film de Disney, Pinocchio est un personnage de fiction, héros d’un conte de fées moderne, chef-d’œuvre universel de la littérature enfantine :  » Le aventure di Pinocchio ». Storia di un burattino » (Les aventures de Pinocchio, Histoire d’un pantin), d’un certain Carlo Collodi. En fait, Collodi est un village de Toscane, entre Pistoia et Lucca, qui servit de pseudonyme à un journaliste et écrivain italien qui s’appelait en fait Carlo Lorenzini. Ce bourg tout en longueur se termine par la grande villa Garzoni, reconstruite en 1600 sur les ruines d’un château médiéval. Dans le parc, tout en terrasse, on peut voir un monument représentant Pinocchio et la Fée Bleue. La villa Garzoni et son jardin dominent toute la vallée. La mère de Carlo Lorenzini travaillait là. C’était la fille du fermier de la villa et l’on dit que c’est dans la cuisine que Carlo Lorenzini, dit Collodi, commença le récit des aventures du fameux pantin. Carlo Collodi vécut entre 1826 et 1890.

villa-garzoniVilla Garzoni – Collodi – Italie

C’est le conte de fées par excellence, immortel et universel, duquel ont été tirées une multitude de versions : littéraires, théâtrales, chorégraphiques, télévisées, cinématographiques et bandes dessinées, sans compter les centaines de traductions, de versions illustrées ainsi que les mises en musique et en chanson. Il faut revoir le très vieux film en noir et blanc « Les aventures de Pinocchio » de Luigi Comencini, avec le génial Nino Manfredi dans le rôle de Geppetto et la belle Gina Lollobrigida dans celui de la Fée Bleue.

On reconnait aux « Aventures de Pinocchio » une prérogative qui n’appartient qu’aux grands chefs-d’œuvre, celle d’être hors du temps. Pour les 100 ans de Pinocchio, en 1981, Italo Calvino écrivait ainsi : « Il nous est naturel de penser que Pinocchio a toujours existé, on ne s’imagine pas en effet un monde sans Pinocchio ». Les « Aventures de Pinocchio » a été le deuxième livre le plus vendu en Italie au XXe siècle avec le tirage de 9 à 10 millions d’exemplaires, juste derrière la Divine Comédie de Dante Alighieri  (11 à 12 millions d’exemplaires).

cendrillon-et-sa-marraine La fée marraine de Cendrillon est un personnage récurrent des contes : il s’agit d’une fée qui met ses pouvoirs surnaturels au profit exclusif de son ou de sa filleule, auprès de qui elle joue un rôle protecteur ou de mentor, comme on peut l’attendre d’une marraine dans de nombreuses sociétés. Elle se penche sur le berceau du héros nouveau-né pour lui prodiguer des dons : de l’esprit pour Riquet à la houppe, on pense tout de suite à Mercure ; grâce et beauté pour la Belle au Bois dormant… voici Vénus ; ou encore elle assiste et protège à l’adolescence d’un père abusif dans Peau d’Ane, ou d’une marâtre tyrannique et de demi-sœurs cruelles dans Cendrillon, ou d’un sort lancé par une méchante fée dans la Belle au bois dormant. On songe alors à quelques fées jupitériennes, bienveillantes et protectrices à l’image de Jupiter, d’autant qu’elles ont déjà un certain âge et représentent la maturité et la sagesse.

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La Belle au Bois Dormant dans ce conte, elles sont sept fées à être conviées à un repas rituel, celui du baptême. Les six premières offrent un don à la princesse, la septième amoindrit la malédiction lancé par la vieille fée, fâchée de n’avoir pas été conviée : « On donna pour marraines à la petite Princesse toutes les Fées qu’on pût trouver dans le Pays. Il s’en trouva sept. Ainsi chacune d’elle lui faisant un don, comme c’était la coutume des Fées en ce temps-là, la Princesse eût par ce moyen toutes les perfections imaginables. Cependant les Fées commencèrent à faire leurs dons à la Princesse. La plus jeune lui donna pour don qu’elle serait la plus belle du monde, celle d’après qu’elle aurait de l’esprit comme un Ange, la troisième qu’elle aurait une grâce admirable à tout ce qu’elle ferait, la quatrième qu’elle danserait parfaitement bien, la cinquième qu’elle chanterait comme un rossignol, et la sixième qu’elle jouerait de toutes sortes d’instruments à la perfection ».

Les Frères Grimm dans leur adaptation du conte porteront à treize le nombre de fées. Walt Disney, dans son adaptation, ramènera ce chiffre à trois. Dans chacun des cas, les auteurs ont pris soin de choisir un chiffre porteur d’une valeur symbolique forte dans les contes et la superstition populaire.

L’astrologue a tendance à penser que ces chiffres sont en rapport avec le zodiaque : les trois fées représentant les trois phases visibles de la Lune et les trois déesses lunaires : Artémis ou Diane, la jeune fille qui représente la Lune croissante, Séléné est la femme mûre ainsi que la Pleine Lune. Enfin, Hécate est la vieille femme, la Lune décroissante.

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Le chiffre 7 représente les sept astres visibles et que tout le monde connaissait jusqu’à au XVIIe siècle : le Soleil, la Lune, Mercure, Vénus, Mars, Saturne et Jupiter. Seulement ensuite apparaîtront Uranus, Neptune et Pluton. 

Quant au nombre 13, plusieurs hypothèses se profilent :

. La phobie du 13 qui pourrait provenir de l’Antiquité. Au IVe siècle avant Jésus-Christ, Philippe II de Macédoine eût l’idée d’ajouter sa statue à celle des douze dieux. Malheureusement pour lui, il fut assassiné peu de temps après.

. Le 13 suit le nombre 12, nombre symbolisant accomplissement et cycle achevé et très symbolique dans la mythologie chrétienne où c’est un nombre « saint » et dans la tradition astrologique puisqu’il y a douze mois dans l’année, 12 heures le jour et 12 heures la nuit, douze signes du zodiaque, douze dieux dans l’Olympe, douze travaux d’Hercule, douze tribus d’Israël et douze apôtres accompagnant Jésus. Et puis, 12 ans c’est le cycle de Jupiter, le temps qu’il lui faut pour parcourir le zodiaque. Le nombre est divisible par 2, 3, 4 ou 6 alors que 13 n’est divisible que par 1 ou par lui-même seulement. Treize est plutôt source de déséquilibre et tombe dans une portion opposée du divin, et marque une évolution fatale vers la mort, vers l’achèvement d’une puissance et d’un accomplissement.

. L’origine de la superstition du Vendredi 13 aurait pour origine une légende nordique. Vendredi était le nom de Frigga, la déesse de l’amour et de la fertilité. Lorsque les tribus nordiques et germaniques se convertirent au Christianisme, Frigga fut bannie et envoyée au sommet d’une montagne et considérée comme une sorcière. Depuis, chaque vendredi, la déesse pleine de rancune convoquerait onze sorcières et le diable, ce qui fait 13 en la comptant, pour comploter de mauvais tours à jouer au cours de la semaine suivante. Reste que, dans l’Antiquité, le vendredi était un jour consacré à la déesse de l’amour, qu’elle s’appelle Aphrodite, Vénus ou Frigga. Ce  jour était donc considéré comme le plus gai de la semaine.

frigga-filant-les-nuagesFrigga filant les nuages

Aujourd’hui encore le vendredi semble être un jour de chance pour certains peuples ou communautés religieuses. Enfin, selon certains biblistes, ce serait aussi un vendredi qu’Eve et Adam auraient croqué dans la pomme interdite, célébrant ainsi Vénus.

la-fee-dragee2Tchaïkovski nous offre, avec Casse-noisette, une très belle et très gentille Fée Dragée, dans un merveilleux ballet « la danse de la Fée Dragée ». La petite Clara, son frère Fritz, la Fée Dragée, les petites souris et les soldats de plomb continuent de nous émerveiller de génération en génération, initiant petits et grands au monde de la danse, bercés par la musique de Tchaïkovski. Le conte nous le devons à l’écrivain et compositeur allemand Ernst Theodor Wilhelm Hoffman (1776-1822). A voir ou à revoir, ne serait-ce que pour retomber en enfance l’espace d’une soirée.

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La fée Carabosse est l’opposé des belles et bonnes fées, marraines des princesses de contes pour enfants sages. La fée Carabosse est très vieille, très laide et très méchante. Son nom vient du fait qu’elle est bossue. Si son apparition dans les contes est rare, elle n’en demeure pas moins célèbre pour être à l’origine de la malédiction qui frappe la princesse dans la Belle au Bois dormant.

La princesse Aurore naît sous de bons auspices. Ses parents sont roi et reine et ses marraines sont des fées. Elles sont au nombre de sept ou de douze, selon les versions, qui la comblent de dons. La fée Carabosse, fâchée de n’avoir pas été invitée, se présente à la surprise de tous et gâche la fête en lui lançant un mauvais sort. Celui-ci ne peut malheureusement être entièrement annulé par l’une des marraines mais il sera néanmoins atténué : la princesse se piquera bien le doigt à un fuseau à l’âge de 15 ans comme l’avait prédit Carabosse, mais la mort consécutive promise aussi par la méchante fée se commuera en un sommeil de 100 ans qui prendra fin le jour où le Prince arrivera jusqu’à elle et lui donnera un baiser. Malgré ses efforts, le roi reste impuissant à empêcher la réalisation de la malédiction. Il tente de faire interdire l’usage des fuseaux mais une vieille sourde, n’ayant pas entendu l’édit, garde le sien, responsable de l’accomplissement de la malédiction. Dans des versions plus anciennes, la vieille sourde est de bonne foi et agit par pure ignorance. Dans le ballet de Tchaïkovski, il s’agit de Carabosse elle-même, s’assurant ainsi que s’accompliront malédiction et vengeance.

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La Belle au Bois Dormant représentée par John William Waterhouse                                                                       

« On vit entrer une vieille Fée qu’on n’avait point priée parce qu’il y avait plus de cinquante ans qu’elle n’était sortie d’une tour et qu’on la croyait morte ou enchantée. Le Roi lui fit donner un couvert, mais il n’y eut pas moyen de lui donner un étui d’or massif, comme aux autres, parce que l’on n’en avait fait faire que sept pour les sept Fées. La vieille crut qu’on la méprisait, et grommela quelques menaces entre ses dents… Le rang de la vieille Fée étant venu, elle dit en branlant la tête, encore plus de dépit que de vieillesse, que la princesse se percerait la main d’un fuseau et qu’elle mourrait ». Charles Perrault

Toutefois, en faisant peser sa malédiction sur la petite fille au berceau, la Fée symbolisait par là la transmission continue et ancestrale des changements physiologiques qui interviennent à l’adolescence.

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 Quant au portrait de Carabosse, il évoque Saturne tant dans la description physique que de par le comportement. Toutefois, on peut aussi rapprocher Carabosse d’Eris qui, dans la mythologie grecque, est la déesse de la Discorde. Cette dernière non plus n’a pas été invitée aux noces de Thétis et Pélée. Pour s’en venger, elle jette une pomme d’or sur la table, au milieu des déesses, portant l’inscription « pour la plus belle ».

eris-deesse-de-la-discordeEris, déesse de la Discorde

Ce geste est à l’origine du déclenchement de la Guerre de Troie et de la mort d’Achille survenue malgré la précaution de sa mère, Thétis, pour le rendre invincible en le plongeant dans les eaux du Styx. Malheureusement, elle le tenait par le talon et cette partie du corps, restée vulnérable, fut touchée par une flèche de Pâris dont la main était guidée par Apollon.

Circé dans la mythologie grecque, c’est une magicienne très puissante, particulièrement versée dans les empoisonnements et les métamorphoses. Elle est la fille d’Hélios, le Soleil et de Perseis, une Océanide. Les grands poètes Homère, Hésiode et Cicéron la considèrent, de par sa naissance, comme une déesse à part entière.

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John William Waterhouse – Circé offrant le cycéon à Ulysse

Elle apparaît dans l’Odyssée. Elle habite dans une île, dans un palais situé au milieu d’une clairière, entourée de loups et de lions qu’elle a apprivoisés. C’est là qu’elle a recueilli et purifié Jason et Médée après le meurtre du père de Médée. Quand Ulysse et ses compagnons abordent l’île, vingt-deux d’entre eux, conduit par Euryloque, se laissent attirer jusqu’au palais par une voix harmonieuse. La magicienne les accueille et leur offre un breuvage composé de gruau d’orge, de miel et de lait caillé. Dès qu’ils ont bu, elle les transforme d’un coup de baguette en pourceaux. Euryloque, resté dehors, court avertir Ulysse, qui part à la recherche de Circé. Hermès lui apparaît alors sous la forme d’un beau jeune homme tenant un roseau d’or. Le dieu Hermès à la baguette d’or lui remet l’herbe « moly » et lui donne des conseils pour triompher de Circé. Quand il arrive chez la magicienne, celle-ci lui offre le cycéon, ce breuvage qu’ont absorbé ses compagnons, mais elle échoue à le transformer d’un coup de baguette. Ulysse tire son épée ; apeurée, Circé lui offre de partager son lit. Là encore, Ulysse, suivant les recommandations d’Hermès, demande à la magicienne de jurer par « le grand serment des bienheureux » qu’elle ne cherchera plus à lui faire de mal. Ceci fait, Ulysse et Circé s’unissent, puis elle rend aux compagnons leur apparence humaine. Elle aide enfin le héros et son équipage à préparer leur départ.

Le poète romain Denys de Milet fait de Circé plutôt la fille d’Eétès et d’Hécate, la déesse lunaire de la sorcellerie. Toujours selon lui, elle épouse le roi des Sarmates qu’elle empoisonne. Chassée une première fois par ses sujets, elle fuit dans une île déserte, ou selon d’autres, vers l’Italie où elle fonde Circeii, dans le Latium, entre Rome et Naples, ou l’on peut voir encore la grotte qu’elle habitait sur une plage, au pied du Monte Circeo. Elle s’y est d’ailleurs distinguée par de nombreuses actions malfaisantes, transformant Scylla en monstre, par pure jalousie, ou encore le roi Picus en pivert parce qu’il l’avait repoussée. 

monte-circeoMonte Circeo

Au Moyen Age, on la retrouve dans les légendes populaires d’Italie, mêlée à la figure d’Hérodiade, sous le nom d’Aradia, fille de Diane (la Lune) et de Lucifer (le diable). Pour l’astrologue, cette femme fatale évoque le Scorpion.

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La Fée Electricité est une peinture de Raoul Dufy. Commencée en avril 1936 et terminée en 1937, cette peinture fut réalisée pour le Pavillon de l’Electricité de l’Exposition Internationale, la plus grande peinture existant au monde sur un support indépendant : la Fée Electricité est d’une superficie de 624 m². La peinture est formée de 250 panneaux de contreplaqué de 2 mètres de haut sur 1,20 de largeur sur lesquels il peint avec une peinture à l’huile très légère, conçue par le chimiste Jacques Maroger, donnant une illusion de gouache et séchant très rapidement. Les personnages dessinés à l’encre de chine puis les couleurs sont replacées par-dessus.  Ce tableau a été longtemps le plus grand tableau du monde mais il a été détrôné depuis.

 « Mettre en valeur le rôle de l’électricité dans la vie nationale et dégager notamment le rôle social de premier plan joué par la lumière électrique », tel était l’objectif de la commande passée à Dufy par la Compagnie parisienne de distribution d’électricité.

la-fee-electricite-raoul-dufy1La fée électricité – Raoul Dufy – Musée d’Art Moderne – Paris

En 1954, EDF en fait don à la ville de Paris. Cette peinture est aujourd’hui visible dans une salle du Musée d’Art moderne de la ville de Paris.

Soit dit en passant, l’électricité est vraiment une belle et bonne fée, l’interrupteur ayant remplacé la baguette. Pourtant, elle peut aussi passer pour une sorcière, trop présente la nuit dans le ciel des villes, elle nous empêche de voir les étoiles filantes… Quant à sa planète fétiche, c’est bien sûr du côté d’Uranus et du Verseau qu’il faut aller regarder.

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Bibliographie :

Dictionnaire des symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

Trésors des expressions françaises – Sylvie Weil et Louise Rameau – Le Français retrouvé – Editions Belin

 Comité Régional du Tourisme Poitou-Charentes – Vienne – Guide du Pays des Six Vallées

 Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

 

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LE PAVOT : FLEUR DU SOMMEIL ET DU REVE, FLEUR LUNAIRE, FLEUR CANCER

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 13-07-2009

Dans le symbolisme éleusinien, « le pavot que l’on offre à Déméter symbolise la terre, mais représente aussi la force de sommeil et d’oubli qui s’empare des hommes après la mort et avant la renaissance ». La terre est, en effet, le lieu où s’opèrent les transmutations : naissance, mort et oubli, résurgence. On comprend que le pavot soit l’attribut de Déméter, avec qui il s’identifie symboliquement.

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Le pavot somnifère ou pavot à opium (Papaver somniferum), appelé également « pavot des jardins », est une espèce de plante herbacée annuelle de la famille des Papaveraceae, originaire d’Europe méridionale et d’Afrique du Nord. Connue pour ses propriétés psychotropes, elle est aussi cultivée à des fins ornementales ou alimentaires.Toutes les variétés de Papaver somniferum contiennent des alcaloïdes opiacés dont les plus connus sont la codéine et la morphine. Cette dernière, outre la production à but thérapeutique pour ses effets analgésiques, fait l’objet d’un trafic illicite essentiellement destiné à sa transformation en un opiacé synthétique : l’héroïne.

On distingue deux variétés de pavot somnifère :

 

 

  • Papaver somniferum – le pavot blanc ou Pavot à opium. Fleurs à corolles blanches et à fruit indéhiscent, c’est-à-dire dont les graines ne peuvent être libérées sans destruction du fruit, contenant des graines d’un blanc jaunâtre. C’est plus spécifiquement de cette variété que l’on extrait le latex afin de confectionner l’opium.
  • Papaver somniferum – le pavot noir, œillette ou encore pavot bleu, cultivé pour ses graines. Fleurs à corolles d’un rouge violacé et à fruit déhiscent, c’est-à-dire dont les capsules présentent, sur le bord du plateau stigmatique, des pores, s’ouvrant lorsque le fruit se dessèche, et par lesquels les graines sont libérées, contenant des graines gris-bleu-ardoisé.

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Toutes les variétés de Papaver somniferum contiennent des alcaloïdes opiacés dont les plus connus sont la codéine et la morphine. Cette dernière, outre la production à but thérapeutique pour ses effets analgésiques, fait l’objet d’un trafic illicite essentiellement destiné à sa transformation en un opiacé synthétique : l’héroïne.

pavot_roseC’est une plante annuelle herbacée dont la tige peut atteindre jusqu’à 1,5 mètre. Les fleurs peuvent être blanches, mais elles sont le plus souvent lilas (rose sale), avec un centre violet foncé. La capsule, ronde et grosse, contient de très nombreuses graines.

Contrairement aux idées reçues, le pavot somnifère ne se rencontre pas que dans les montagnes asiatiques. Ce pavot est également assez commun en Europe, fréquentant les mêmes terrains calcaires que le coquelicot : ce sont des plantes dites calcicoles. Il est probablement originaire des régions comprises entre la Méditerranée orientale et l’Asie mineure.

L’histoire du pavot à travers les siècles

Le pavot à opium est connu depuis des milliers d’années. Des graines et des capsules ont été retrouvées dans des habitats néolithiques et paléolithiques européens datant de 5 000 ans avant notre ère, ce qui a permis aux anthropologues d’assurer que cette plante a très tôt été reconnue pour ses qualités psychotropes. Quant à la domestication du pavot, elle remonte au VIe millénaire avant Jésus-Christ. Dans une grotte funéraire à Albunol près de Grenade, en Espagne, des archéologues ont daté au carbone 14 des objets ayant servi à brûler de l’opium, aux environs de 4 200 avant Jésus-Christ. Quant au plus ancien témoignage écrit sur le pavot, il remonte à 3 000 ans avant Jésus-Christ. Il s’agit d’une tablette d’argile retrouvée à Nippour, capitale sumérienne. L’inscription cunéiforme, qui y est gravée, évoque la récolte matinale du suc du pavot, que les Sumériens, mais également les Babyloniens, qualifiaient de « plante de la joie ». D’ailleurs des vestiges du néolithique laissaient déjà à penser que des cultures de pavot somnifère se trouvaient à proximité des villages.

Ce même pavot était également largement utilisé dans l’ancienne Egypte, notamment par les Pharaons, non seulement à des fins thérapeutiques, mais également pour ses propriétés psychotropes. Sur le papyrus d’Ebers, environ 1552 avant Jésus-Christ, on trouve même une inscription relative à l’usage du pavot pour arrêter les cris des bébés. Bien que les Perses ne semblent pas avoir été de grands consommateurs d’opium, celui-ci figure dans un texte persan du IXe siècle avant Jésus-Christ.

nimrud-stele5L’image de la capsule du pavot fut un attribut des dieux, bien avant que l’opium soit extrait de son latex laiteux. Si vous visitez le Metropolitan Museum de New York, dans la galerie des reliefs assyriens, on remarque une divinité ailée provenant d’un palais d’Assurnazirpal II à Nimrud, datée de 879 avant Jésus-Christ. Elle porte un bouquet de capsules de pavot, que le musée qualifie étonnamment de « grenades ».

Dans la Grèce antique et pendant des siècles, l’opium fut un objet de commerce du fait de ses qualités sédatives. Il figurait même sur des monnaies et la déesse Déméter était représentée avec des plants de pavots dans les mains. A l’époque, on l’appelait  « opion » ou « jus de pavot ». C’est d’ailleurs par son nom latinisé d’opium que déjà les médecins mettaient en garde contre les abus potentiels de ce « jus de pavot ». Le Népenthès, boisson procurant l’oubli de tous les chagrins, est décrit par Homère dans l’Odyssée. Il contenait vraisemblablement de l’opium de même que le « Soma » de l’Inde antique.  Il avait été probablement introduit en Inde par les armées d’Alexandre Le Grand trois siècles avant notre ère, mais sa culture ne s’y est développée que vers le IXe siècle.

« Le sommeil, ayant fermé leurs paupières, fait oublier à tous les hommes les biens et les maux ». Homère  (L’Odyssée)

C’est dans la Rome antique, au 1er siècle de notre ère, qu’on trouve la première description scientifique de l’opium qu’en fait Dioscoride. Un peu plus tard, Pline l’Ancien signalait ses propriétés analgésiques et antidiarrhétiques. L’opium était d’ailleurs largement consommé dans la Rome impériale, pas seulement pour ses propriétés thérapeutiques, puisqu’en l’an 312 il y existait près de 800 magasins vendant de l’opium et que son prix, modique, était fixé par décret par l’Empereur. La récolte y était faite par scarification des capsules comme c’est encore le cas aujourd’hui.

Les Arabes utilisaient également l’opium, tant pour ses propriétés thérapeutiques que pour le plaisir et ils contribuèrent à le faire connaître dans tout l’ancien monde, notamment en Inde après les conquêtes musulmanes. Sous le règne des Grands Moghols, empereurs musulmans des Indes du XVIe au XVIIe siècle, la culture du pavot et le commerce de l’opium devinrent monopole d’Etat. L’opiophagie se développa alors, puis l’habitude de le fumer, importée de Java ou de Formose.

champ-de-pavotsCependant, à la fin du XIIIe siècle, Marco Polo observa ces champs de pavot dans le Badakhashan, région du Nord de l’Afghanistan, où se trouvent encore aujourd’hui de nombreuses plantations. L’usage de l’opium se poursuivit au Moyen Age à travers différentes préparations médicamenteuses, dont le laudanum, qu’on appelait aussi « teinture d’opium ». C’était une solution d’opium en alcool. Au XVIIIe siècle, la Chine fait état d’un phénomène abusif de sa consommation. En 1729, l’Empereur de Chine interdit les importations d’opium pour cette raison, en vain. 

Au XVIIe siècle, en Europe, l’Anglais Thomas Sydenham étudia l’action de l’opium et mit au point une nouvelle formulation du laudanum. Cette drogue opiacée, la première à répondre à une formulation précise, avait été inventée par Paracelse un siècle plus tôt. « Sans l’opium, la médecine serait manchote et bancale » écrivit Sydenham qui en consommait lui-même de grandes quantités. D’importants personnages politiques comme Pierre le Grand, Frédéric II, Catherine de Russie, Richelieu et même Louis XIV et bien d’autres encore en consommaient tous les jours, de même que plus tard de nombres artistes intellectuels tels Goethe, Shelley, Coleridge, ou Goya… L’Eglise condamnera le pavot et ses usages qui resteront alors confinés dans les secrets des sorciers et des guérisseurs.

Si l’opium a été pendant des siècles l’un des médicaments les plus importants de la pharmacopée en raison de ses multiples propriétés physiologiques, l’abus d’opium à grande échelle en Europe est apparu au XVIIIe siècle en Angleterre, d’abord sous forme du Laudanum de Sydenham utilisé comme apéritif, puis sous forme de pilules d’opium brut vendues dans les pharmacies. Au XIXe siècle, des milliers d’ouvriers en consommaient en Grande-Bretagne tandis que l’habitude de fumer le chandou se développait en France.

En 1916 il y avait environ 1 200 fumeries d’opium clandestines à Paris.  C’est à partir de l’opium qu’au début du XIXe siècle l’Allemand Friedrich Sertürner isola la morphine, premier alcaloïde obtenu sous forme chimiquement pure. A partir de la morphine, fut ensuite fabriquée l’héroïne.

Au XIXe siècle, on connaîtra même des guerres de l’opium, sorte de trafic depuis l’Inde vers la Chine, organisé particulièrement par les Britanniques. C’est ainsi qu’ils obtinrent, après la première guerre de l’opium, la concession exclusive du port de Hong Kong, ainsi commença ce que les Chinois nommèrent « le siècle de la honte ». C’est à la suite de la seconde guerre de l’opium que son importation fut de nouveau légalisée en Chine à la grande indignation des ligues de tempérance américaines, d’où découlera la future politique de prohibition des drogues.

Composition et décomposition de l’opium capsule-de-pavot1

Il  s’écoule des capsules de pavot préalablement incisées. Ce latex est utilisé par l’industrie pharmaceutique. Il contient des alcaloïdes : morphine, codéine et thébaïne. Il est malheureusement également utilisé, illégalement, pour produire des stupéfiants et notamment l’héroïne, synthétisée chimiquement à partir de la morphine.

Dans les temps anciens, les décoctions de pavot était déjà en usage. C’était un remède traditionnel dans les zones où cette plante était cultivée. Elle était d’ailleurs particulièrement recherchée pour ses vertus sédatives.

L’Afghanistan est le premier producteur mondial d’opium depuis 1991, devant la Birmanie et le Laos, qui vient de perdre sa troisième place au profit du Mexique. La production afghane avait pratiquement entièrement été supprimée par les Talibans en 2000-2001, mais elle a repris de plus belle après leur chute : avec le record historique de production de 8 200 tonnes en 2007. C’est donc 93 % de la production illicite mondiale estimée par les Nations Unis que produit ce pays.  Il existe toutefois une production licite du pavot pour la production de morphine à usage pharmaceutique et, accessoirement, pour celle de graines de pavot destinées à la cuisine.

Le pavot dans la cuisine

Les graines de pavot sont très riches en vitamine B1. Elles contiennent également de la lécithine, des protéines et plus de 50 % d’une huile grasse, l’huile d’œillette. Elles entrent dans la composition du pain de pavot.

pains-de-pavot1Ces graines sont souvent utilisées en cuisine dans les pays d’Europe Centrale et d’Europe de l’Est. Elles servent à  aromatiser les pains et les pâtisseries. Ce pain de pavot est consommé couramment dans les régions slaves et germaniques, mais également en Alsace. Souvent, on les écrase et on les cuit dans du lait et du miel pour en fourrer des gâteaux.

Dans les régions méditerranéennes, et notamment en Languedoc, les jeunes feuilles de pavot étaient autrefois consommées comme la laitue. Notez d’ailleurs que la laitue est une salade que l’on recommande de consommer le soir pour ses qualités sédatives. Elle est elle-même sous l’influence de la Lune et du Cancer.

Le pavot et Mythologie  

Dans l’oeuvre d’Evelyn de Morgan, Nyx, la nuit, et Hypnos, le sommeil, distribuent des fleurs de pavot aux hommes.

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C’est peut-être aussi Junon emmenant Hypnos, le dieu du sommeil, tapis dans son ombre, pour qu’il prodigue le sommeil aux mortels en les touchant de la branche d’un pavot qu’il tient ou en les éventant de ses ailes. Morphée, fils d’Hypnos et dieu des songes, apportera alors le rêve aux endormis.

Etymologie

Hypnos est le dieu grec qui a donné son nom aux hypnotiques et à l’hypnose. Le pavot que tenait dans sa main Hypnos pour endormir les hommes était-il le précurseur des somnifères come le célèbre « Nonox » ?

hypnos-et-thanatosHypnos et Thanatos

La Nuit, il est aussi selon Homère dans L’Iliade,  le frère jumeau de Thanatos, la Mort, dont il est une image adoucie. Génie ailé, « il voltige tranquillement, plein de douceur pour les mortels », nous dit Hésiode. Toujours selon celui-ci, il vit dans les terres inconnues de l’Ouest ; pour Homère, il habite Lemnos, une grotte éternellement sombre et brumeuse, traversée par les eaux du Léthé, le fleuve de l’oubli. Là, le dieu repose sur une molle couche, entouré de ses innombrables fils, les Rêves. Les scholiastes d’Homère se sont interrogés à ce sujet. Selon certains, les Lemniens appréciaient beaucoup le vin, ils accueillaient donc Hypnos avec plaisir. Selon d’autres, Hypnos était amoureux de Pasithée, l’une des trois Charites (les trois Grâces pour les Romains), qui habitait cette cité. Peut-être enfin Hypnos était-il honoré à Lemnos.

Il est représenté parfois, sur les sarcophages, sous l’aspect d’un jeune garçon endormi, le bras appuyé sur une lampe renversée. Ses attributs sont la corne et le pavot. Grâce aux ailes, attachées à ses tempes, Hypnos peut voler rapidement au secours des mortels qui réclament le sommeil, dont il est l’incarnation divine.

Il peut endormir aussi bien les hommes que les dieux. Ainsi, au chant XIV de l’Iliade, Héra lui demande d’endormir Zeus en personne, afin que Poséidon puisse aider les Grecs malgré l’interdiction du maître de l’Olympe. Elle l’appelle « maître des hommes et des dieux ». Hypnos admet qu’il peut endormir tous les dieux, même Océan, l’un des Titans. Il  rappelle aussi qu’il a déjà endormi Zeus auparavant, déjà à la demande d’Héra, afin que celle-ci puisse faire périr Héraclès. Furieux, Zeus avait tenté de le jeter du haut de l’Olympe, et Hypnos n’avait dû son salut qu’à sa mère. Sur la promesse d’Héra de lui donner la main de Pasithea, Hypnos se laisse fléchir. Il se change en oiseau et, encore une fois, endort Zeus. Hypnos, sur les tombeaux, désigne l’éternel Sommeil.

junon-et-hypnos                            Junon et Hypnos                            

Hypnos est également considéré comme étant le gardien de la nuit, celui qui reste éveillé quand le monde est endormi. C’est aussi le surnom du poète et résistant français René Char qui publia Les Feuillets d’Hypnos sous l’Occupation. Il se considérait comme celui qui veillait sur son peuple dans la nuit de la Seconde Guerre Mondiale.

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Somnus est le dieu latin qui a donné son nom aux somnifères. Dans la mythologie romaine, il est la personnification du Sommeil, assimilé au grec Hypnos.

 Somnus est fils de la Nuit, et frère d’Orcus, la Mort. Son lieu de résidence est variable selon les traditions : selon Virgile, il vit aux Enfers, mais selon Ovide, il se tient dans le lointain et sombre pays des Cimmériens, où le soleil ne brille pas et où règne un silence permanent, à l’exception du murmure du Léthé, la rivière de l’oubli. Des pavots, plantes somnifères, poussent alentour. Somnus apporte le sommeil à la fois aux dieux et aux hommes. Il est souvent représenté comme un homme tenant un plant de pavot.

Quant à Morphée, dans les bras duquel on est sensé s’endormir, il a sans le vouloir donné son nom à la morphine. 

Morphée en grec ancien signifie « forme ». Dans la mythologie grecque, c’est une divinité des rêves prophétiques. Il est, selon certains théologiens antiques, le fils d’Hypnos (le Sommeil) et de Nyx (la Nuit), et selon d’autres, la principale divinité des mille Oneiroi (les rêves) engendrés par Nyx seule. Il a pour vocation d’endormir.

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Il est représenté avec des ailes battant rapidement et silencieusement, qui lui permettent de voler. Pour se présenter aux mortels, il se transforme en êtres chers, d’où son nom signifiant « forme », permettant aux mortels l’espace d’un instant de sortir des machinations des dieux.

On le retrouve notamment dans l’œuvre d’Ovide. Messager des dieux, il apparaît généralement dans le sommeil des rois comme un humain sous forme de fantasme. Il est peut-être le rêve envoyé par Zeus auprès d’Agamemnon dans l’Iliade, mais dans ce passage il n’est pas explicitement nommé. Il joue un rôle important dans l’histoire d’Alcyoné, à qui il apparaît sous les traits de son époux Céyx, noyé au cours d’un naufrage. Morphée fut foudroyé par Zeus pour avoir communiqué des secrets aux mortels.

Dans les religions des Grecs et des Romains, la mort est rarement personnifiée. Certes, on connaît Perséphone (Proserpine) et Hadès (Pluton) qui règnent sur le territoire des morts ; mais ni l’un ni l’autre, malgré leur caractère farouche et implacable, ne s’identifient réellement avec la mort.

Même le dieu Thanatos n’est pas celui qui est la mort, mais celui qui donne la mort. En fait, la mort, dans l’esprit des Anciens, une idée abstraite, le sentiment de l’inconnu. On connaît ses serviteurs, Apollon (le Soleil), Artémis (la Lune) et leurs flèches empoisonnées ; mais dans la mort même, il n’y a point d’images, point de représentations allégoriques.

Le culte si minutieux des morts chez les Grecs et chez les Romains, sous forme d’offrandes, est un hommage nécessaire rendu aux âmes qui ont franchi les limites du connu et qui sont ainsi entrées en communication directe avec les divinités ; cependant ce culte n’est pas l’expression d’une vénération craintive envers une divinité qui aurait pour nom la Mort.

En résumé, le nom de Morphée est notamment à l’origine :

  • du mot morphine, en raison du pouvoir soporifique de cette drogue ;
  • de l’expression « être dans les bras de Morphée », qui signifie « rêver » et par extension « dormir » ou encore « tomber dans les bras de Morphée » pour dire « s’endormir ».
  • du personnage Morpheus dans le film Matrix, interprété par Laurence Fishburne, chef de l’équipe qui libère Neo de son « sommeil ».

En Russie, on dit d’une jeune fille qu’elle est  « belle comme une fleur de pavot ». Et, « rester en pavot », signifie « rester vieille fille ».

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L’opium : la drogue des poètes

De nombreux écrivains occidentaux, surtout des poètes, ont été opiomanes sous une forme ou une autre, à commencer par les Britanniques : John Keats, Samuel Taylor Coleridge et Alfred Tennyson. Mais il y eut aussi Percy Bysshe Shelley, autre poète romantique, époux de la romancière Mary Shelley. C’était un grand consommateur de Laudanum, tout comme Tomas de Quincey, auteur en 1822, des Confessions d’un mangeur d’opium anglais. On peut encore citer Walter Scott, Charles Dickens et l’Américain Edgar Allan Poe, autre buveur de Laudanum, qui parle notamment de l’opium dans la nouvelle Ligeia. Cependant, voilà ce qu’écrivait Gaston Bachelard à propos d’Edgar Poe :

               « L’opium d’Edgar Poe est un opium imaginé. Imaginé avant, réimaginé après, jamais écrit pendant ».

Quant aux auteurs français, Charles Baudelaire, dans les Paradis artificiels, évoque longuement l’opium et ses effets, de même que le poète et journaliste Jules Boissière, installé en Indochine, qui voit en lui une clé pour comprendre l’Orient et qui mourra en 1897, à 34 ans, d’une occlusion intestinale sans doute liée à sa toxicomanie. Dans les années 1920, Jean Cocteau tombera lui aussi sous sa dépendance, et en rendra compte dans « Opium, journal d’une désintoxication ».

Le « Népenthès » de l’Odyssée dite « drogue de l’oubli » contenait sans doute de l’opium.

Dans son livre « Critique de la philosophie du droit » de Hegel, publié en 1844, le philosophe Karl Marx compare la religion à l’opium du peuple.

Enfin, dans le célèbre « Tintin et le Lotus Bleu », une fumerie d’opium se trouvant à Shanghaï y est évoqué.

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Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins Dictionnaire de la Mythologie grecque et romaine de Joël Schmitt – Editions Larousse Références Dictionnaire de la Mythologie par Michael Grant et John Hazel – Chez Marabout

 

 

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ASTARTEE : UNE DEESSE LUNAIRE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 06-07-2009

La mythologie évoque une déesse lunaire d’origine phénicienne, la déesse Astarté. Des œuvres de poètes grecs et romains nous parlent d’elle et le Nouveau Testament la cite sous des noms différents. Astarté présentait un caractère belliqueux, implantée dans la mythologie égyptienne sous les Ramessides. A califourchon sur son cheval, elle accompagnait et protégeait le souverain. Elle devint la fille de Rê ou de Ptah, et était une des compagnes de Seth.

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Athtart à Ougarit, Shaushka ou Shaushga chez les Hourrites, Ashtart en langue punicophénicienne, elle est l’équivalent de la déesse mésopotamienne Ishtar (pour les Babyloniens) ou Inanna (pour les Sumériens).

venere-ericina3Elle semble avoir comme descendance Aprodithe en Grèce, Turan en Etrurie et Vénus à Rome, sous le nom officiel de Venere Ericina. Elle était Tanit chez les Carthaginois. Tanit était une déesse d’origine phénicienne de la fertilité, présidant aux naissances et à la croissance. Elle était la déesse tutélaire de la ville de Sarepta et son culte prit de l’ampleur à Carthage où elle était nommée Oum.  

Il semble que dans ses temples phéniciens, la déesse Astarté était une espèce de bonne à tout faire pour les problèmes féminins et maternels. Astarté, nous dit-on, fut la reine des cieux, déesse de la Lune, mère de toute la vie sur la Terre, déesse des mers et des poissons. Les Grecs disaient que le temple d’Astarté constituait une grande attraction touristique, qui attirait des visiteurs de tous les pays d’Asie, offrant toutes sortes de divertissements et d’orgies. Mais au sujet d’Astarté, on raconte bien d’autres histoires, plus édifiantes. 

Après la période phénicienne, cette déesse fut vénérée en Egypte en tant que divinité de la Lune miséricordieuse. Dans son temple, comme nous le rapportent des manuscrits de la XXe dynastie, on guérissait les malades. Les légendes sur l’activité de la tribu Mage, à laquelle appartenait le prophète Homanes et les récits sur Ptah pourraient donc être considérés comme les marches conduisant au temple de la guérisseuse Astarté, la déesse de la Lune qui connaissait les secrets capables de provoquer les maladies et aussi de les guérir.  L’historien anglais John A. Wilson estime que l’art de guérir les malades en Egypte est né pendant la Ve dynastie, entre 2468 et 2328 avant Jésus-Christ. Il n’existe pas de documents originaux qui décrivent les méthodes des médecins de l’époque, mais l’on a retrouvé des copies sur papyrus écrites vers le XVIIe siècle avant Jésus-Christ. Ces documents extraordinaires sont le « papyrus Ebers » et le « papyrus Edwin Smith ». Le premier décrit les fonctions du cœur. Il s’agit d’un texte écrit il y a environ quatre mille ans qui explique comment cet organe « s’exprime » dans les différentes parties du corps humains. Le texte traite également des différentes relations organiques entre le cœur et le corps. Le papyrus Edwin Smith s’intéresse aux fractures des membres et donne une liste de méthodes de soins et de médicaments qu’on appellerait aujourd’hui des médicaments phytothérapeutiques. Il traite également des rapports entre les astres les organes du corps humain. John A. Wilson remarque que l’on y trouve des recettes d’herbes médicinales mêlées de notions de magie. 

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La déesse Astarté était représentée de deux façons. Au début, elle était vue comme une femme commune, probablement avec l’image qu’avaient d’elle les tribus qui passèrent de Phénicie en Egypte à la recherche de moyens de subsistances. Elle était vénérée dans le temple du dieu Baal ou Moloch. Astarté, déesse de la Lune, de la fécondité et de la maternité, ainsi que des plaisirs de la chair, était associée au dieu du ciel, au maître du Soleil, Baal, cruel et sans merci, comme les rayons de cet astre brûlaient la Terre et la vie à sa surface. Pour apaiser Baal, on sacrifiait la vie que la déesse de la Lune avait créée. Astarté, déesse mère de toute la vie sur la Terre, ne pouvait pas défendre les enfants nés de sa fécondité. 

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Dans la déesse de la Lune Astarté, nous pouvons reconnaître les origines historiques de la position sociale de la femme et les changements que le statut de la femme a subis dans la culture des différentes époques.

La statue du dieu Baal se trouvait dans le temple d’Astarté, mais aussi en plein air, de préférence sur une hauteur. La représentation du dieu, à l’extérieur du temple, était un four métallique surmonté d’une tête de taureau et muni de deux bras à la hauteur d’une grande ouverture. Le sacrifice se faisait de manière à ce que l’enfant, placé par les prêtes dans les bras du monstre brûlant, tombe en se tordant de douleur dans l’ouverture.

le-dieu-baalLe dieu Baal

Un autre type de déesse Astarté a été adoré, toujours en compagnie du dieu Baal, à Carthage, ville née en 814-813 avant Jésus-Christ, près de l’actuelle Carthage en Tunisie. La déesse Astarté de Carthage, comme l’appelaient les Romains, était splendide et portait un casque et un sceptre. Astarté était la divinité principale de la ville. Là encore, dans son temple, on sacrifiait à Baal des enfants vivants.

Cela voudrait-il démontrer qu’Astarté, éblouissante et majestueuse, approuvait le sacrifice des enfants ? Toutes les femmes en tout cas n’étaient pas prêtes à applaudir cette cruauté. L’historien allemand Peter Michkwitz a affirmé en 1875 que certains soldats romains qui assistèrent à des sacrifices d’enfants vivants à Carthage racontèrent, de retour à leurs camps en Sicile, qu’autour du temple de la déesse Astarté, on obligeait les mères désespérées à assister en souriant au sacrifice de leurs enfants. D’où, toujours selon l’historien allemand, découla la mode de s’exercer à sourire méchamment, rictus que les Romains de l’époque baptisèrent « sourire sardonique ».

Au-delà du caractère anecdotique de ces récits, nous pouvons constater que dans l’ancienne Egypte, sous la protection de la déesse de la Lune Astarté, la femme réussit à évoluer et à devenir savante libre, prêtresse en possession de secrets capables de guérir les malades et de vaincre la mort. Au contraire, dans le monde gréco-romain, la femme fut soumise à l’homme, même dans son rôle de mère, bien après le christianisme : ainsi Astarté consentait au sacrifice de ses propres enfants en honneur de Baal.

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Bibliographie : Les pouvoirs de la Lune – E. LUKAS – Editions DE VECCHI POCHE

  

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DANS LE GIRON DU CANCER

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 5.2 -Ballade à travers les signes) par sylvietribut le 28-06-2009

Avec le solstice d’été, le 21 juin, le Soleil fait son entrée dans le Cancer. Mais en connaissez-vous vraiment les caractéristiques ?

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n Son graphisme

Le graphisme du signe est formé de deux spirales enroulées qui se referment l’une sur l’autre ; deux énergies tourbillonnantes telles des nébuleuses ; tels aussi l’atome et la cellule vivante, les deux germes tournent l’un autour de l’autre.

Le graphisme du Cancer est également formé de deux parallèles, mais les verticales des Gémeaux sont devenues horizontales et se détachent l’une de l’autre car chaque barre se recourbe et se referme sur elle-même.

Ces deux spirales expriment le changement de sens du mouvement solaire qui devient descendant alors que jusqu’ici il était ascendant, représentant schématiquement les vagues de la vie.

Principes opposés dans les Gémeaux, l’esprit et matière se sont transformés en Cancer en deux forces autonomes qui cherchent à s’unir et font couple pour générer la vie. Le Cancer devient ainsi le symbole de la gestation, de la maternité. On pourrait d’ailleurs comparer son graphisme à un embryon recroquevillé dans l’utérus : un être en devenir.

signe-du-cancer1Le crabe qui figure le signe du Cancer représente le monde clos, utérin. La carapace qui protège la vie des tumultes extérieurs et permet à chaque naissance de s’accomplir dans les meilleures conditions. Le Cancer est parfois représenté par une écrevisse.

  

n Ses symboles

L’écrevisse ou le crabe qui le représente est un animal d’eau vivant sous une carapace protectrice. A l’esprit des eaux s’associent intimement une valeur d’interne, d’intime ou d’intérieur qui rappelle que les ébauches et préfigurations de la vie renaissante : germes, œufs, fœtus, bourgeons, sont entourés de coquilles, matrices, écorces et enveloppes, destinées à abriter le pouvoir de résurrection enfermé dans ces cuirasses.

En fait, le quatrième signe s’identifie à l’archétype maternel défini par Jung : tout le monde des valeurs de contenu, soit tout ce qui est grand et enveloppe, abrite, conserve et nourrit, protège et réchauffe ce qui est petit. Principe matriciel et nourricier qui va de l’utérus à la terre maternelle : profondeur, abîme, puits, grotte, caverne, poche, abri, vase, maison, ville… qui aboutit au grand refuge de l’humanité, qui était la Grande Mère.

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A ce signe se trouve associée la Lune, à sa figure blafarde et à sa lumière cendrée, symbole planétaire de ce principe matriciel, du psychisme inconscient, de la lueur végétative crépusculaire, de la pulsion vitale non encore prise en charge par la raison.

n Ses mythes

 Dans le zodiaque égyptien, le Cancer était un animal sacré : le scarabée. L’origine du mot « écrevisse » est le même que le mot « cuirasse ». Il évoque l’enveloppe protectrice ou s’élabore l’œuf, sa coquille et le repli sur soi. Dans certains zodiaques, il est souvent représenté sous les traits d’un enfant (le dieu Horus en Egypte).

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Le signe existait tel qu’il est aujourd’hui dans la mythologie hindoue. Il traduisait dans son idéogramme les quatre plans de la vie : du corps physique au spirituel en passant par le corps psychique et le plan de la pensée.

abeillesLe signe a toujours été en rapport avec la fécondité. Pour les Anciens, les âmes non encore incarnées venaient de la Voie Lactée : elles franchissaient « un portail » au Cancer. On appelait ces âmes «les abeilles» et cela se produisait dans la Constellation de la Ruche, dont le terme le plus ancien était «la progéniture».

Dans la mythologie grecque, trois divinités correspondant aux phases lunaires ont incarné la Lune et le Cancer :

- le symbole de la nouvelle lune : le croissant lunaire soit tourné vers le ciel, soit vers la terre, est incarné par Artémis-Diane, chasseresse, courant à travers monts et forêts toujours indomptée : elle était la sauvage déesse de la nature, protectrice des animaux. Déesse vierge, elle est symbole de vertu et châtie impitoyablement les femmes adultères, mais protège les femmes enceintes. Elle est la déesse des enfantements.

- la phase de la pleine lune est symbolisée par Séléné, qui relate sa séduction, ses amours et les cinquante filles que lui donna le berger Endymion. Mais c’est aussi Hélène à la beauté transparente qui jeta le trouble en Europe par la multiplicité de ses prétendants et que Pâris enleva.

- à la lune obscure fut associée Hécate, déesse des Morts, qui règne sur l’Hadès et guide dans l’initiation. Ses attributs sont les poignards, les serpents et les clés de l’Hadès (le royaume des morts).

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Avec le Cancer, on pense aussi à Narcisse, cet introverti contemplatif, rêvant sa vie ou vivant son rêve.

n Sa psychologie

La caractérologie en fait un être surémotif, lymphatique ou mélancolique.

Signe Négatif, c’est un introverti, réceptif et impressionnable. Emotif, il est influençable, perméable au milieu et réagissant à retardement. C’est un hyper-sensible qui cache ses blessures et ses anxiétés derrière une carapace presque inviolable, celle du crabe pudique et de ce fait il peut paraître susceptible ou bourru.

C’est un signe Cardinal. Dans l’eau cardinale, les émotions jaillissent d’un premier jet et coulent intensément dans l’être : c’est souvent la première impression qui est la bonne pour un être Cancer. C’est un hyper-émotif.

Le Cancer initie, dans le zodiaque, l’élément Eau,  c’est l’eau cardinale : la source, l’émotivité, après vient l’eau fixe du Scorpion (les marécages de l’inconscient), puis l’eau mutable des Poissons (l’océan de la spiritualité).

Signe lunaire, le Cancer signifie le retrait sur soi, la sensibilité, la timidité et la ténacité. Avec le Cancer surgit un univers aquatique ; il se présente comme le symbole de l’eau originelle : des eaux-mères calmes et profondes à la source murmurante, en passant par le lait maternel et la sève végétale.

C’est pourquoi ce signe symbolise la fécondité, l’attachement aux racines, aux traditions, à la famille. Il est mémoire et nostalgie. Son sens aigu de la famille va souvent de pair avec un côté bohème. Il existe en effet deux types Cancer : le sédentaire et l’aventurier.

            - La Lune dans le thème

Les signes dans lesquels se situent les planètes symbolisent l’étoffe dont nous sommes faits. Les Maisons sont les domaines de vie dans lesquels les planètes s’expriment.

En Bélier la Lune révèle la dimension instinctuelle et irrationnelle du signe, très différente des qualités conscientes d’initiative et d’autorité du Soleil en Bélier. Il y a dans cette Lune une dimension sauvage, ardente, fruste, ombrageuse et énergique, ainsi qu’un fort relent d’Amazone, ces guerrières qui cherchaient l’extase du combat. La Lune en Bélier, violente et passionnée, évoque Sekhmet, la déesse égyptienne à tête de lionne du carnage et de la guerre, ou ces lionnes qui accompagnaient Artémis.

Si elle est en Scorpion, par exemple, ou en fort aspect à Pluton, nous aurons probablement un penchant pour Hécate et pour la face sombre de la Lune, dont nous apprécierons la profondeur et le mystère. En revanche, le royaume d’Hécate peut s’avérer très inquiétant pour celui qui à la Lune en Gémeaux.

La Lune en Taureau va se sentir très proche de l’image de Déméter et du monde de la nature, mais cette même Déméter, la terre-mère, n’éveillera aucun écho chez une Lune en Verseau ou fortement aspectée par Uranus.

LE CANCER : ENTRE REVE ET REALITE

Le nom du Cancer vient du mot latin « cancri » qui signifie « écrevisse ». L’écrevisse, ou le crabe, qui figure le signe du Cancer évoque un monde clos où la vie est fragile, si vulnérable qu’elle doit être enfermée dans une carapace protectrice qui l’isole. Mais il représente aussi la fécondité du vivant, témoignant de sa permanence et de sa créativité. 

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Le Cancer est ainsi devenu dans la tradition astrologique le symbole d’un monde de la naissance et de l’enfance où le rêve se confronte sans cesse à la réalité, le dedans au dehors. Un monde dominé par des exigences de sécurité, de protection pour que l’alchimie délicate de la vie puisse s’accomplir dans les meilleures conditions. Et cela se passe dans cette frontière irréelle entre les mots et les choses : l’imaginaire. D’imagination, le Cancer ne manque pas. Son univers ne ressemblant jamais tout à fait au nôtre, il se déplace souvent dans notre vie en oblique.

LES AMOURS LUNAIRES DU CANCER

Séléné est la personnification de la Lune. On la représentait sous les traits d’une belle jeune fille parcourant le ciel sur un char d’argent tiré par deux chevaux. Elle passait souvent, dans certaines légendes, pour la fille d’Hélios, le Soleil. Réputée pour sa séduction, elle était aussi célèbre pour ses amours. Est-ce une prédilection pour les bergers, elle en connut plusieurs, dont le dieu Pan, mi-homme, mi-bouc, qui la persuada de rejoindre sa couche en lui offrant une toison blanche.

Un autre qu’elle aima fut le mortel Endymion, berger lui aussi. On dit qu’elle lui donna cinquante filles. Mais l’adolescent était si beau qu’elle supportait mal l’idée de le voir vieillir et encore moins mourir. Elle l’endormit donc d’un sommeil éternel et il reposa dans une grotte de Carie où elle allait régulièrement le contempler.

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Avec Séléné, le Cancer est ainsi un rêve de jeunesse et d’immortalité, et une étrange leçon d’amour. Quel meilleur moyen de garder celui qu’on aime que de l’endormir d’un sommeil qui ressemble à la mort, mais qui n’est pas la mort ?

Et les amours du Cancer  ressemblent aussi toujours à l’amour sans en être parfois. Pourrait-il vraiment en aller autrement ? Rêve d’amour s’accorde rarement avec l’amour de la réalité !

Et si le Cancer était…

…un animal… ce serait chatsun chat, ou… une grenouille, ou bien… un marsouin.

                                               Si c’était un arbre : ce serait un saule pleureur et argenté saule-pleureur-argente

Si le Cancer était une plante, ce serait une laitue ou…  un chou-rave chou-rave

Une fleur ?  fleur-de-pavot  le pavot bien sûr, fleur du sommeil, fleur du rêve.

                                                                                                        Mais aussi le spathiphyllum appelé aussi « Fleur de lune le-spathiphyllum-la-fleur-de-lune 

Un condiment ? Un cornichon                    cornichon1

La couleur du Cancer est le blanc-bleuté ou le gris perle.

Son métal est l’argent et sa pierre la perle, mais aussi la pierre de lune    pierre-de-lune1

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L’eau de la fleur d’oranger lui fait un parfum agréable

Si le Cancer était un instrument de musique, ce serait un clavecin… musique de chambre oblige… clavecin1

Enfin le Cancer a tellement besoin de collectionner que pour un objet on a l’embarras du choix : des photographies, aux cartes postales anciennes et même les déguisements…

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Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Connaissez-vous votre thème astral ? de Joëlle de Gravelaine – Collection Marabout Service

Photo de la Lune dans le ciel d’Arzon (56) – http://lesecritsdumacaron.hautetfort.com

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LES PLANETES DANS LES ETAPES DE LA VIE

(5.1 - Généralités) par sylvietribut le 15-05-2009

La doctrine des âges planétaires, qui remonte historiquement aux Grecs, varie beaucoup selon les auteurs. Firmicus Maternus, astrologue sicilien du IVe siècle, en donne des exemples dans son livre II, au chapitre 29. Il semble qu’il y ait dans ces données éparses et incomplètes une confusion entre la doctrine des âges planétaires, selon les chronocrates, c’est-à-dire la doctrine de la maîtrise successive de chaque planète sur un laps de temps déterminé ou sur l’une des phases de la vie humaine, et la théorie des cycles planétaires.

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Les douze mois de Jupiter, par exemple, font penser aux douze ans durant lesquels cet astre fait le tour du zodiaque ; les huit mois de Vénus reflètent, en plus petit, son cycle de 8 ans…Ainsi, chaque planète symbolise en astrologie un âge déterminé :

- La Lune gouverne les années de l’enfance, jusqu’à 5/7 ans. Ce sont les années de la nutrition, et se rapportent à la dépendance à la mère.

- Mercure, son âge, c’est la période qui va de l’âge de raison, 7 ans, jusqu’à la puberté. Mercure reste d’ailleurs très actif dans toute la période des études. Mercure c’est avant tout apprendre et échanger.

- Vénus, c’est la planète de l’adolescence, la période qui va de 14 à 23 ans : la première sollicitation des sens et la découverte de l’amour.

- Le Soleil, c’est la jeunesse et l’affirmation de la valeur personnelle. Sa période : 23 à 33 ans.

- Mars domine à 33 ans, la planète est le symbole même de la conquête et de l’autorité. Son âge planétaire s’étend jusqu’à 56 ans.

glyphe-venus-et-mars Vénus et Mars agissent plutôt ensemble : Vénus pour les femmes et Mars pour les hommes, pour lesquels Mars représente la lutte et la virilité.

- Jupiter correspond à l’âge mûr. C’est à 56 ans que commence la période jupitérienne souvent marquée par les responsabilités et cela jusqu’à environ 68 ans. Toutefois, un très ancien astrologue, Junctin de Florence, affirmait que Jupiter représentait aussi la vieillesse.

- De ce fait, l’âge de Saturne commençait à 68 ans. La planète correspondait à l’âge de la décripitude. Il faudrait sans doute, aujourd’hui, reculer d’une quinzaine d’années l’âge de Saturne. De toutes façons, Saturne est sans influence bénéfique avant la maturité. Saturne est même l’ennemi de l’enfance.

- A l’extrême fin de la vie, sans doute de nos jours après 80 ans, la Lune recommence à jouer de son influence puisqu’il existe un gros risque de retomber en enfance.

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Dans la statuaire antique, les statues d’Apollon, le dieu solaire, sont toujours imberbes, comme celles de Mercure, alors que Jupiter est représenté par un homme en pleine force de l’âge, alors que Saturne c’est le vieillard.

Les astrologues d’aujourd’hui semblent se désintéresser du symbolisme de ces âges planétaires, tout en interprétant dans leurs travaux Mercure comme un enfant ou un adolescent, Vénus comme une jeune fille, Jupiter comme un homme adulte et Saturne comme un vieillard.

apollon

Apollon

Enfin, dans le cycle des saisons qui sont à l’image de la vie humaine, le printemps correspond à la jeunesse, l’été à l’âge adulte, la maturité est l’automne, alors que la vieillesse et la mort sont assimilées à l’hiver. Il en va de même pour le cours d’une journée : l’aube est la naissance et l’enfance ; midi correspond à l’âge adulte, alors que le soir représente la maturité, la nuit évoquant la vieillesse et la mort.

lezard 

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