LES ZODIAQUES DE MANTOUE – ITALIE

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 20-05-2016

Mantoue est l’un des plus beaux bijoux de la Renaissance italienne. La ville se situe au sud-est de la Lombardie, aux confins de la Vénétie et de l’Emilie-Romagne. En 2008, Mantoue et Sabbioneta, sa petite voisine, ont été inscrites au Patrimoine mondial de l’Unesco. Mantoue s’étend comme une petite péninsule composée de trois miroirs d’eau artificiels, obtenus à partir des méandres du fleuve Mincio, créés à l’origine pour la défense de la ville. On les nomme « le lac Supérieur », « le lac du Milieu » et « le lac Inférieur ». Cette singularité rend cette ville lombarde tout à fait unique. Elle semble comme émerger de l’eau, comme une Venise de l’arrière pays. On la surnomme d’ailleurs la « glorieuse ». C’est de la route de Vérone, qu’on découvre une vue magnifique sur la ville.

Une légende, reprise par Virgile, prétend que Mantoue aurait été fondée par Manto, fille du devin Tirésias. Cependant, son origine semble étrusque et elle se développe à l’époque romaine.

MANTOUE - ITALIE

Mantoue sur le fleuve Mincio – Lombardie

Mantoue est profondément liée à la Maison des Gonzague qui la transformèrent en une splendide ville-cour, entre 1328 et 1707. Ces grands seigneurs, pendant 400 ans, dépensèrent une grande partie de leur fortune dans des travaux d’embellissement de la ville. Ils firent appel aux grands noms de la Renaissance italienne. Les Gonzague avaient succédé à des « capitaines du peuple », ce furent des souverains éclairés, protecteurs des arts et des lettres. C’est ainsi que Gianfrancesco Gonzague (1407-1444) confia ses enfants au fameux Vittorino da Feltre (1379-1446), père de la pédagogie, qui servira de modèle à Rabelais pour son Ponocrate, précepteur de Gargantua. Ludovico (1448-1478), élève de Vittorino, condottiere de son métier, est le type du mécène de la Renaissance, distribuant des terres aux paysans pauvres, faisant creuser un nouveau port et paver les rues de Mantoue. Il protège l’humaniste Politien, l’architecte florentin Leone-Battista Alberti, le fantasque peintre de Padoue, Mantegna, qui se dispute souvent avec ses voisins et veut faire chasser les curés qui lui déplaisent. Et puis, Francesco II (1484-1519) épouse Isabelle d’Este, lettrée, artiste, belle et sage aussi selon sa devise : « nec spe, nec metu » qu’on traduit par : « ni par l’espoir, ni par la crainte ». Et puis, des branches latérales détiennent les duchés de Sabbioneta et de Guastalla ; à la fin du XVIe siècle, un Gonzague deviendra duc de Nevers et seigneur de Charleville : il introduira la faïence à Nevers et son fils Charles fera construire la célèbre place Ducale à Charleville.

Bien qu’ayant souffert des bombardements de la dernière guerre, Mantoue a fière allure. Le soir, le centre historique conserve son aspect médiéval et un calme olympien. C’est une ville trop souvent oubliée des touristes, bien qu’elle fasse souvent parler d’elle grâce à son festival de littérature.

« Si les étoiles nous regardent, le zodiaque, c’est nous qui le regardons ».

Ceux qui aiment l’astrologie ne peuvent qu’adorer le zodiaque et à Mantoue, les passionnés du genre, il y en a plusieurs à découvrir. En voici donc cinq qu’il vous faudra rechercher si vous allez un jour à Mantoue.

LE CYCLE DES SIGNES DU ZODIAQUE - PALAZZO DEL ARCO - MANTOUE

Les trois premiers signes du zodiaque du Palazzo d’Arco à Mantoue – Italie

Le premier zodiaque se trouve au Palazzo d’Arco, piazza d’Arco, à Mantoue. Ce palais fut édifié au XVIIIe siècle par Antonio Colonna pour une branche de la famille de Trento des comtes d’Arco. La visite comprend une vingtaine de pièces meublées, allant de la simple cuisine à l’impressionnante salle du Zodiaque. Cette salle est un joyau à ne pas manquer. Chaque signe zodiacal est un incroyable mélange d’images, d’histoires et de symboles à déchiffrer, un chef d’œuvre que l’on doit à Giovanni Maria Falconetto. www.museodarcomantova.it

DETAIL DU ZODIAQUE - PALAZZO DUCALE - MANTOUE

Détail du zodiaque du Palazzo Ducale – Mantoue

C’est au Palazzo Ducale que vous devez vous rendre pour admirer le second zodiaque dans la salle du zodiaque avec son plafond spécial : une voûte bleu constellée d’étoiles et de signes zodiacaux qui oblige les touristes à marcher la tête en l’air, en direction de la salle des Fleuves. Les fresques sont de Lorenzo Costa le Jeune. Le Palazzo Ducale est la propriété de l’Etat. C’était auparavant le château des Gonzague est c’est donc une véritable ville dans la ville. Il faut dire que ceux-ci mirent plus de quatre siècles pour arriver à ce résultat : 34 000 m², 500 pièces où l’on pouvait loger cinq rois accompagnés de l’ensemble de leur cour. www.mantovaducale.beniculturali.it

CASTELLO SAN GIORGIO - MANTOVA

Castello San Giorgio – Mantoue – Italie

Le  troisième zodiaque se trouve au Castello di San Giorgio, où l’on trouve des traces de peinture de Giulio Romano, où fut fait prisonnier Pietro Frattini, un des Martyrs de Belfiore et de Ciro Menotti. Cette salle se trouve au dernier étage du château. Qui sait pourquoi le destin de ces patriotes italiens passa par les geôles du château. www.mantovaducale.beniculturali.it

SALLE DU ZODIAQUE - PALAZZO TE - MANTOUE

Salle des Vents et du Zodiaque – Palazzo Te – Mantoue

Le quatrième zodiaque  se trouve dans la Salle des Vents et du Zodiaque au Palazzo Te. Ce palais d’été fut bâti entre 1525 et 1535 par Jules Romain pour Federico II dans un style plein de force, à base de bossages et de colonnes monumentales. L’intérieur est décoré de fresques par Jules Romain et ses élèves qui ont déployé une virtuosité et une fertilité d’inventions étonnantes. Dans une salle sont représentés les chevaux préférés du duc, de race mantouane, et dans une autre l’incroyable histoire de Psyché. Une autre salle encore a été ornée de stucs par Primatice. La salle des Géants est la plus célèbre où Jules Romain a représenté, avec un extraordinaire sens du colossal, les Géants cherchant à atteindre Olympe et écrasés par des rochers ou par des édifices qui s’effondrent. Et puis la salle des Vents et du Zodiaque. Federico II était passionné d’astrologie et s’interrogeait beaucoup sur le destin. Il était né sous le signe du Taureau et il était convaincu que son étoile était la meilleure qui soit, en l’occurrence Vénus. Ce qui n’était pas faux puisqu’on dit que Vénus est la planète de la « petite chance » par comparaison avec Jupiter qui est dite « de la grande chance ». Au Palazzo Te il fit décorer son appartement d’un plafond fait de stucs et de fresques racontant les influences des étoiles sur la vie et le destin des hommes. www.palazzote.it

ZODIAQUE DE LA TOUR ASTROLOGIQUE - PLACE AUX HERBES - MANTOUE

Zodiaque de la Tour astrologique – Place aux Herbes – Mantoue

Le cinquième zodiaque est celui de l’horloge astronomique de la Place aux Herbes. En 1472, à Mantoue, ceux qui savaient interpréter, seuls, leur thème, allaient le lire sur les cadrans de l’horloge astronomique réalisée par le mathématicien Bartolomeo Manfredi pour le Marquis Ludovico II Gonzaga. Vous pourrez faire de même en vous rendant Piazza Erbe en consultant la dernière horloge encastrée dans la tour du XIVe siècle qui est au bout du grand escalier qui conduit à l’étage noble du Palazzo della Ragione. http://www.turismo.mantova.it

PALAZZO TE - MANTOVA

Palazzo Te – Mantoue – Italie

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

DANS L’HERBIER DES POISSONS… L’IMMORTELLE DES SABLES

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 12-03-2016

On l’appelle aussi « Perlière des sables », immortelle d’Italie, fleur de la Saint-Jean. C’est une petite plante qui pousse dans les terrains meubles, plutôt dans le sable. On la trouve en Europe Centrale, notamment en Sibérie, et dans le pourtour méditerranéen. En Italie, elle apparaît sous le nom de « Helichrysum italicum ». Elle appartient à la famille des « Astéracées ».

IMMORTELLES DES SABLES

Immortelle des sables

Comme son nom l’indique, elle ne se fane pas, même cueillie. « Immortelle » vient du latin « Immortalis », car la plante conserve son aspect quand elle est sèche.  Son odeur est particulière et épicée ; elle ressemble assez à celle du curry. On la sent bien dans les endroits où elle pousse. Elle forme de petits buissons, d’environ 50 cm, de fleurs jaunes. Ses feuilles sont argentées. Elle fleurit entre mai et août.

NAUSICAA - LEIGHTON - 1879

Nausicaa – Leighton – 1879

C’est une des fleurs d’Apollon car on raconte qu’il aimait se coiffer de ces fleurs jaunes afin de rappeler sa propre immortalité. Il faut se souvenir qu’Apollon c’est le Soleil, il se couche mais se lève tous les matins. Cependant, c’est la princesse Nausicaa, fille d’Alkinoos, roi des Pheaniciens, dont la beauté égalait celle d’une déesse qui, la première, décela les propriétés de l’immortelle des sables. Avant elle, on ignorait ses qualités médicinales car on la jugeait trop parfumée et surtout envahissante.

Nausicaa appartient à l’Odyssée car elle prit soin d’Ulysse alors qu’il venait de faire naufrage et qu’il s’était échoué sur la plage où elle jouait avec ses compagnes. Elle veilla à sa toilette lui donnant des habits et une collation. Ensuite, elle le conduit jusqu’à son père qui proposa à Ulysse la main de sa fille. Mais le héros préféra repartir, nostalgique qu’il était d’Ithaque, son île et peut-être de Pénélope.

Nausicaa utilisait l’immortelle des sables comme soin du corps et du visage. Et puis, pendant des siècles on délaissa l’immortelle des sables. C’est seulement au XIXe siècle qu’on la retrouve, grâce à Napoléon. Il faut savoir que l’Immortelle des sables est très présente en Corse. Par la suite, pendant la Première Guerre mondiale, elle fut utilisée pour purifier l’air des hôpitaux, notamment dans les salles où mouraient les soldats.

IMMORTELLES DES SABLES - PLANCHE BOTANIQUE

L’immortelle des sables – Planche botanique

Cependant, on ne reconnut ses vertus en phytothérapie que récemment, au cours du XXe siècle, notamment dans le traitement de certaines affections. L’immortelle des sables est bien connue pour ses vertus cicatrisantes et antispasmodiques. Son efficacité fait merveille pour guérir les hématomes et les brûlures, puisqu’elle se montre décongestionnante, anti-inflammatoire et antidouleur. Elle se montre aussi très efficace en inhalations et fumigations. On la trouve sous forme de préparations comme les crèmes, les huiles essentielles, mais aussi en tisanes et infusions. Autrefois, elle était utilisée dans le traitement des rhumes. En cuisine, elle donne aux plats un parfum de curry. D’ailleurs, elle est très efficace en cas de brûlures d’estomac et autres régurgitations. En lotion, elle préserve la peau des affections acnéiques et de l’eczéma. Elle favorise aussi la disparition de la couperose et des varices. Efficace également contre les rhumatismes et l’arthrite.

Comme elle ne se fane jamais, on peut la conserver sèche très longtemps, sous forme de bouquets qu’on met au-dessus des armoires et des placards. Enfin, c’est la fleur qui accompagne les défunts car elle symbolise les regrets éternels, les souvenirs, la constance. Elle symbolise les douleurs qui ne s’éteignent jamais.

L’immortelle des sables est devenue le symbole de la protection de la nature.

Dans le calendrier républicain et révolutionnaire français, elle est associée au 12 Vendémiaire, ou 3 octobre.

IMMORTELLE DES SABLES 2

Bibliographie

Les secrets d’une herboriste – Marie-Antoinette Mulot

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

LA LUNE… LA SANTE… ET LES HERBES DE LA SAINT-JEAN

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 20-06-2014

La doctrine médicale des Anciens était essentiellement astrologique. Elle se basait sur les quatre tempéraments et sur l’analogie de la division zodiacale avec le corps humain. Ces quatre tempéraments ont été codifiés par Hippocrate. Ils sont en analogie avec les quatre saisons et les quatre quartiers du mois lunaire :

LES QUATRE ELEMENTS

* Au printemps et durant la phase croissante de la Lune correspond le tempérament sanguin (humide + chaud), en analogie avec l’élément Air.

* A l’été et au premier quartier de la Lune correspond le tempérament bilieux (sec + chaud), en analogie avec l’élément Feu.

* A l’automne et à la phase après la Pleine Lune correspond le tempérament nerveux (sec + froid), en analogie avec l’élément Terre.

* A l’hiver et au dernier quartier de la Lune correspond le tempérament lymphatique (humide + froid), en analogie avec l’élément Eau.

GALIEN ET HIPPOCRATE - PEINTURE MURALE XIIe SIECLE - ANAGNI - ITALIE

Galien et Hippocrate  – Peinture murale du XIIe siècle – AGNANI – ITALIE

Dans la répartition des quatre tempéraments d’Hippocrate, le principe du chaud appartient à la Lune Montante, celui du froid à la Lune Descendante. De même, le principe humide appartient au dernier quartier et à la phase croissante, tandis que le principe sec appartient au premier quartier et au quartier suivant après la Pleine Lune.

L'HOMME ZODIAQUE - XVe SIECLE

 Homme-zodiaque – XVe siècle

Les Anciens juxtaposaient le corps humain à la ceinture du Zodiaque comme le montre superbement l’abondante iconographie médiévale. Si le Soleil était la grande aiguille de l’horloge astrale, la Lune était la petite et elle indiquait pour le mois telle ou telle partie du corps sensibilisée, au fur et à mesure qu’elle parcourait le Zodiaque, en commençant par la tête (Bélier) jusqu’aux pieds (Poissons), de haut en bas.

Les plantes médicinales

La Lune régit de par sa nature humide les herbes guérisseuses dans toutes les civilisations. Mère des eaux, elle est l’adversaire des serpents et des monstres fabuleux qui détruisent les herbes naturelles car ils les avalent. L’offrande des herbes sous forme de fumigation les écartait de notre chemin. Tel était l’enseignement traditionnel.

armoise2

 Armoise

L’armoise était considérée comme l’herbe lunaire par excellence, de l’Inde à l’Egypte, de la Grèce à la Rome antique. Cette plante tient son nom de la contraction du grec Artémis dont les Latins firent « Diane ». A la déesse Artémis était consacrée la Lune Montante. Elle présidait la chasse. C’était donc une déesse vierge aux activités masculines. Elle symbolisait le matriarcat et ses prérogatives spécifiques, dont l’art de l’accouchement. Sa mission principale était, en dehors de la chasse, de porter secours aux femmes dans leurs maladies, notamment en régularisant leur cycle. En somme l’appellation « armoise » qui évoque à la fois la lune et la déesse protectrice du sexe dit faible, indique clairement ses utilisations essentielles, et explique pourquoi, depuis Hippocrate, Pline et Dioscoride, elle est considérée comme la « plante féminine » par excellence.

Il semble qu’il s’agisse aussi de la sélénite, herbe aux vertus fabuleuses, dont le nom dérive de celui de la déesse Séléné, autre figure lunaire, et équivalent en grec de l’Isis égyptienne. Les initiés des mystères d’Isis en portaient un rameau à la main. Très diurétique, elle facilitait toutes les fonctions d’évacuation. On la prenait soit en décoction comme boisson, soit en friction, soit en la broyant crue dans du vin, soit en cataplasme sur le ventre pendant la nuit. Les pèlerins allemands en route pour Saint-Jacques-de-Compostelle la portaient sur la plante des pieds dans leurs chaussures pour soulager et éviter les morsures.

chemins-compostelle-336533

En fait, le genre « armoise » se divise en une dizaine de plantes aux utilisations bien précises :

– L’armoise commune Artemisia vulgaris, très répandue dans nos régions : elle fleurit en août. Puissant tonique, c’était surtout l’herbe abortive par excellence, couramment employée dans les campagnes. C’était un vrai « secret de bonne femme ».

– L’armoise absinthe a vu sa carrière arrêtée par la loi du 16 mars 1915, prohibant la fabrication et la vente de l’apéritif cher aux poètes français de la fin du XIXe siècle.

– D’autres armoises exotiques, de Russie et du Moyen-Orient, sont utilisées comme vermifuge populaire en capitules desséchées sous le nom de « graines aux vers » (semen-contra officinal : semences contre les vers) parce qu’elles contiennent de la santonine. Dans nos régions, l’armoise maritime ou sanguenite fait le même effet. Elle fleurit sur nos côtes.

– On connaît aussi dans nos jardins la citronnelle (Artemisia abrotanum) à la forte odeur de camphre et de citron, dont la propriété serait d’éloigner les moustiques.

– Et enfin, l’estragon bien connu comme base de tout condiment.

– Une dernière utilisation : comme liqueur pour les quatre espèces d’armoise naine des glaciers (herbe appelée génépi en patois savoyard), qui sont les secrets de la Chartreuse et de la Bénédictine.

ESTRAGON

Et comme toujours, il y a un temps pour tout et notamment il est celui de la cueillette

Les anthropologues rapportent que la cueillette des plantes guérisseuses avait lieu à des dates précises et donnait lieu à des rituels très élaborés, dont on trouve encore les marques dans les folklores du XIXe siècle, particulièrement en Europe Centrale.

Une certaine confusion apparente, des Amériques à l’Afrique noire, et des chamanismes russes et orientaux, fait apparaître ces dates tantôt inversées dans l’année, tantôt dans le mois lunaire. La cause en est astronomique, puisque les saisons sont inversées dans les hémisphères. Par ailleurs, la connaissance de l’astrologie est un plus pour comprendre les rites de ces civilisations que l’on dit archaïques qui, comme l’a rappelé en son temps Jung, est « le premier savoir du monde », unique base de toutes les religions anciennes.

Ainsi, il semble que les plantes à dominante solaire (telle l’héliotrope, la camomille, la marguerite…) doivent être cueillies quand le soleil est au plus haut de sa course, astronomiquement parlant dans sa plus haute déclinaison nord, c’est-à-dire au solstice d’été. Certains peuples s’y préparaient dès la Nouvelle Lune précédente, comme par exemple les Indiens d’Amérique du Nord.

MARGUERITE UNE FLEUR SOLAIRE

Cependant, il y a inversion pour les plantes à dominante lunaire qui doivent être cueillies à l’équinoxe de printemps et à la Pleine Lune, à la plus forte attraction lunaire annuelle, correspondant généralement à la plus forte marée. Exemple : le lierre et le gui, lequel était employé comme effet contraire à l’armoise. C’était un secret de bonne femme pour guérir de la stérilité.

Par ailleurs, il faut savoir que chaque plante est régie par une planète et son symbole évoque comment s’en servir pratiquement. Ainsi sont régies par Vénus : la verveine, le seringa, la pivoine, le sureau et la bardane.

PIVOINES DU MOUTAN

D’autres plantes ont plusieurs gouverneurs, comme les plantes carminatives, ainsi nommées parce qu’elles ont la propriété d’expulser l’air des intestins. L’origine étymologique du mot « carminatif » est un vrai jeu de mots : du latin « carmen » qui signifie « le chant » parce que cette action s’accompagne en général de bruits, mais aussi « carminatum » de « carminare » qui signifie « nettoyer ». Ces plantes carminatives sont gouvernées par Mars, Saturne et Neptune. Ces trois planètes contiennent bien les idées de dépense ou d’évacuation (Mars), de rétractation ou d’assèchement (Saturne) et de vents (Neptune). Parmi les plantes carminatives, il y a le cumin, la plus importante, mais aussi la mélisse, la sauge, l’anis, le carvi, le fenouil et la coriandre.

coriandre

Enfin, toutes les plantes qui sont régies par d’autres planètes que les luminaires participent aux divers rituels des herbes de la Saint-Jean, au solstice d’été. Les cueillettes du solstice d’été donnaient lieu à des réjouissances païennes qui rappelaient les fêtes des cultes gnostiques et l’Eglise les a toujours condamnées sévèrement. Le Concile de Ferrara en 1612 interdit les pratiques de la nuit de la Saint-Jean : amasser de la fougère, semer, couper, arracher des herbes, en faire des ceintures et les porter sous ses habits, ou des couronnes à suspendre aux murs des maisons, des étables et des bergeries. Et par ordonnance du 20 juin 1653, le Consul de la ville de Nuremberg interdit les sauts au-dessus des feux de la Saint-Jean, composés d’herbes et de fleurs.

Le solstice d’été était donc une fête du Soleil et les feux que l’on allume le jour de la Saint-Jean, ont pour but de soutenir le soleil dans la seconde partie de sa course. Car, de juin à décembre, les jours ne feront que décroître, et le soleil brillera de moins en moins. Les herbes solaires comme le millepertuis, l’héliotrope, l’origan, atteignent la plénitude de leur vertu quand elles sont cueillies en ce jour d’apogée.

V

D’autre part, la nuit qui précède la Saint-Jean est la plus courte de l’année, et dorénavant les nuits vont croître et la Lune brillera de plus en plus. Toutes les forces participant au principe de l’humidité seront plus vivifiantes. De là ces baignades naturistes qui sont dans les pays scandinaves l’un des rites essentiels de la fête. C’est pour la Lune une sorte de renouveau, et toutes les herbes y participent. Cueillies sous les rayons de la Lune de la Saint-Jean, leurs vertus roboratives sont à l’apogée.

HERBES DE LA SAINT JEAN

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,