LA PERLE… UNE PETITE CONCRESSION LUNAIRE

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 08-07-2009

Symbole lunaire, la perle est liée à l’eau et à la femme. La constance de ses significations est aussi remarquable que leur universalité, ainsi que l’ont montré en divers livres nombre d’ethnologues.

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Née des eaux ou née de la lune, trouvée dans une coquille, la perle représente le principe Yin : elle est le symbole essentiel de la féminité créatrice. Le symbolisme sexuel du coquillage lui communique toutes les forces qu’il implique ; enfin la ressemblance entre la perle et le fœtus lui confère des propriétés génésiques et obstétricales ; de ce triple symbolisme : Lune-Eaux-Femme, dérivent toutes les propriétés magiques de la perle : médicinales, gynécologiques, funéraires. A titre d’exemple, elle sert, en Inde, de panacée ; elle est bonne contre les hémorragies, la jaunisse, la folie, l’empoisonnement, les maladies d’yeux, la phtisie, etc.… En Europe, elle était utilisée en médecine pour traiter la mélancolie, l’épilepsie, la démence… Chez les Grecs, elle était l’emblème de l’amour et du mariage.

En Orient, ses propriétés aphrodisiaques, fécondantes et talismaniques priment sur les autres. Déposée dans un tombeau, elle régénère le mort en l’insérant dans un rythme cosmique, par excellence cyclique, présupposant, à l’image des phases de la lune, naissance, vie, mort, renaissance.

La thérapeutique hindoue moderne utilise la poudre de perles pour ses propriétés revigorantes et aphrodisiaques. En certaines provinces de l’Inde, on emplit de perles la bouche du mort ; la coutume se retrouve à Bornéo. Quant aux Indiens d’Amérique, Streeter écrit que comme en Egypte au temps de Cléopâtre, en Floride, les tombeaux des Rois étaient ornés de perles. Les soldats de Soto découvrirent, dans un des grands temples, des cercueils de bois où gisaient, embaumés, des morts ; près d’eux étaient de petits paniers remplis de perles. Des coutumes analogues ont été signalées, notamment en Virginie et au Mexique.

Le même symbolisme recouvre l’usage des perles artificielles. Dans les sacrifices et les cérémonies funéraires du Laos, Madeleine Colani précise que : « Les morts sont pourvus de perles pour la vie céleste. On en enfonce dans les orifices naturels du cadavre. De nos jours, les morts sont enterrés avec des ceintures, des bonnets et des habits ornés de perles ».

En Chine, la médecine utilisait uniquement la perle vierge, non perforée, qui passait pour guérir toutes les maladies d’yeux. La médecine arabe reconnaît à la perle des vertus identiques. Avec les Chrétiens et les Gnostiques, le symbolisme de la perle s’enrichit et se complique, sans toutefois jamais dévier de sa première orientation.

Saint Ephrem utilise ce mythe ancien pour illustrer aussi bien l’Immaculée Conception que la naissance spirituelle du Christ dans le baptême du feu. Origène reprend l’identification du Christ à la perle. Il est suivi par de nombreux auteurs. Dans les Actes de Thomas, célèbre écrit agnostique, la quête de la perle symbolise le drame spirituel de la chute de l’homme et de son salut. Elle finit par signifier le mystère du transcendant rendu sensible, la manifestation du Dieu dans le Cosmos.

La perle joue un rôle de centre mystique. Elle symbolise la sublimation des instincts, la spiritualisation de la matière, la transfiguration des éléments, le terme brillant de l’évolution. Elle ressemble à l’homme sphérique de Platon, image de la perfection idéale des origines et des fins de l’homme. Le musulman se représente l’élu au Paradis comme enfermé dans une perle en compagnie de sa houri. La perle est l’attribut de l’angélique perfection, d’une perfection toutefois, non pas donnée, mais acquise par une transmutation. 

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La perle est rare, pure, précieuse. Pure parce qu’elle est réputée sans défaut, qu’elle est blanche, que le fait d’être tirée d’une eau fangeuse ou d’une coquille grossière ne l’altère pas. Précieuse, elle figure le Royaume des Cieux dans l’évangile de Saint Matthieu. Il faut entendre par cette perle qu’on peut acquérir en vendant tout son bien, comme l’enseigne Diadoque de Photicé, la lumière intellectuelle dans le cœur, la vision béatifique. Nous rejoignons ici la notion de perle cachée dans sa coquille : comme celle de la vérité, de la connaissance, son acquisition nécessite un effort. Pour Shabestari, la perle est la science du cœur : lorsque le gnostique a trouvé la perle, la tâche de sa vie est accomplie. Le Prince d’Orient des Actes de Thomas cherche la perle comme Perceval le Graal. Cette perle précieuse, une fois obtenue, ne doit pas être jetée devant les pourceaux, comme l’évoque encore Saint Matthieu : la connaissance ne doit pas être livrée inconsidérément à ceux qui en sont indignes. Le symbole est la perle du langage, cachée sous la coquille des mots.

La perle naît, selon la légende, par l’effet de l’éclair, ou par la chute d’une goutte de rosée dans la coquille ; Au XVIIe siècle, René François écrivait : « La nacre est enceinte des cieux et ne vit que du nectar céleste, pour enfanter la perle argentine, pâle ou jaunâtre, selon que le soleil y donne et que la rosée est plus pure ». C’est en tout état de cause la trace de l’activité céleste et l’embryon d’une naissance, corporelle ou spirituelle, comme le bindu dans la conque, la perle-Aphrodite en sa coquille.

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 La naissance de Vénus – Botticelli - Musée des Offices - Florence – Italie

Les mythes persans associent la perle à la manifestation primordiale. La perle en sa coquille est comme le génie dans la nuit. L’huître contenant la perle est plus immédiatement, en diverses régions, comparée à l’organe génital féminin. 

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Associée par nature à l’élément Eau, les dragons la détiennent au fond des abîmes, la perle est aussi liée à la lune. L’Atharva-Veda la dit fille de Sôma, qui est la lune, ainsi que le breuvage d’immortalité. Dans la Chine ancienne, on observe une mutation des perles, et des animaux aquatiques, parallèle aux phases de la lune. Les perles lumineuses, les escarboucles, empruntaient leur éclat à la lune ; elles protégeaient du feu. Mais elles sont à la fois eau et feu, image de l’esprit naissant dans la matière.

La perle védique, fille de Sôma, protège la vie. Elle est, en Chine aussi, symbole d’immortalité. Le vêtement orné de perles ou les perles introduites dans les ouvertures du cadavre empêchent sa décomposition. Il en va de même avec le jade ou l’or. Il faut remarquer que la perle naît de la même façon que le jade, possède les mêmes pouvoirs et sert aux mêmes usages.

Symbole d’un ordre analogue : celui des perles enfilées sur un fil. C’est le rosaire, le sûtrâtmâ, la chaîne des mondes, pénétrés et reliées par Atmâ, l’Esprit universel. Ainsi le collier de perles symbolise l’unité cosmique multiple, l’intégration des éléments dissociés d’un être dans l’unité de la personne, la mise en relation spirituelle des deux ou de plusieurs êtres ; mais le collier brisé, c’est l’image de la personne désintégrée, de l’univers bouleversé, de l’unité rompue.

En Orient, et surtout en Perse, la perle a en général un caractère noble dérivé de sa sacralité. C’est pourquoi elle orne la couronne des rois. On retrouve des traces de ce même caractère dans les parures de perles, spécialement les boucles d’oreilles, ornées de perles rares et précieuses : quelque chose de cette noblesse sacrée rejaillit sur celui qui les porte.

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Dans la symbolique orientale des rêves, la perle conserve ses caractéristiques particulières et s’interprète généralement comme l’enfant ou encore la femme et la concubine. En outre, il peut s’agir de la science et de la richesse.

A noter encore que les douze pierres de la Jérusalem céleste constituaient les douze fondements « Les douze portes sont douze perles ; chacune des portes est d’une seule perle ». Ainsi, la perle se révèle une fois que les assises sont intégrées.

Sur le plan physique, la perle est une concrétion globuleuse ou sphérique, produite par certains mollusques, qui ont recouvert de nacre en couches successives un corps étranger. Son apparence brillante peut prendre toutes les couleurs : blanche, argentée, beige, rosée. Ainsi, la perle évoque toujours quelque chose de précieux, de rare, de remarquable, sans défaut. 

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Les Vertus de la Perle

On accorde certaines vertus à la perle, notamment elle préserverait celui qui la porte et lui permettrait de développer une égalité d’humeur. Elle insuffle aussi la force de se guérir soi-même. Tout comme la pierre de lune, elle facilité la libération des blocages émotionnels situés dans l’abdomen. Elle apporte aux hommes les qualités féminines telles que la tendresse, la sensibilité, l’intuition. Sur un plan spirituel, elle favorise le travail sur soi dans le but de renforcer la loyauté, l’authenticité. Sur le plan physique, elle agit sur les organes de la digestion et la circulation des fluides.

Dans le folklore français, les noces de Perle correspondent à 30 ans de mariage.

Les Perles dans l’Histoire

Les premières perles connues sont liées à l’homme de Neandertal. Elles ont été retrouvées à La Quina, un site en France, dans le département de la Charente, qui date de 38 000 ans environ avant J.C. Ce sont des dents et des os d’animaux incisés et portés en pendentifs.

Par la suite, les perles fabriquées par l’Homo sapiens n’apparaissent pas en grand nombre avant la première période du Paléolithique supérieur d’Europe occidental, le Châtelperronien (vers 31 000 av. J.C.).

L’un des plus anciens dépôts de perles a été trouvé dans la Grotte du renne à Arcy-sur-Cure en France, datant de 31 000 av. J.C. : des dents de renards, de hyène, de loup, de renne, d’ours et de marmotte ont été manifestement incisées et indentées pour être suspendues ensemble en collier. Des perles faites de coquilles fossiles ont été trouvées sur une série de sols d’occupation d’un abri sous roche calcaire dit « abri pataud », dans le Sud Ouest de la France. Ils datent d’entre 30 000 et 19 500 ans avant J.C.

Un artisanat de plus en plus évolué se développa pendant le Gravettien de l’aurignacien (30 000-18 000 avant J.C.), à peu près contemporain des premières peintures et gravures rupestres d’Europe. A la fin du Paléolithique supérieur (517 000-10 000 avant J.C.), la forme des perles, tout comme leur agencement, deviennent plus complexes.

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La perle est unique par sa beauté révélée sans l’aide de l’Homme : ni taille, ni polissage ! Selon la légende hindoue, Krishna l’aurait cueillie au fond de l’océan pour en parer sa fille le jour de ses noces. Et 2300 ans avant l’ère chrétienne, les Chinois acceptaient les perles en paiement de l’impôt … Le plus ancien bijou avec perles a été retrouvé à Suza, en Iran, lors de fouilles effectuées en 1901 : un collier de 3 rangs comprenant 216 perles qui ornait le cou d’une princesse Achémide, endormie dans son sarcophage déjà quatre siècles avant J. C.

En 1515, l’explorateur Balboa découvrit dans le Golfe de Panama une perle de 200 grains (50 carats), baptisée « Pérégrina », tellement exceptionnelle qu’elle s’en alla orner la couronne royale espagnole.  Après être passée entre les mains de Joseph Bonaparte, Hortense de Beauharnais, Louis Napoléon et la Marquise d’Abercorn, elle fut mise aux enchères, en 1969, chez Sotheby’s où elle fut acquise par Liz Taylor qui la laissa malencontreusement à portée de son chien qui dans un mouvement malheureux … la happa ! Puis la restitua par les voies naturelles non sans l’avoir quelque peu endommagée !

La perle de culture

Les perles ont longtemps été considérées comme des pierres précieuses, dont l’origine fut souvent attribuée poétiquement à une goutte de rosée solidifiée. Depuis longtemps, les Chinois savaient que le manteau des mollusques sécrétait la nacre de leur coquille, et l’on trouve ainsi, dès le XIIe siècle, des bouddhas de nacre résultant de l’enrobage, pendant quelques années, d’un modèle de plomb ou d’étain glissé entre la coquille et le manteau de mulettes d’eau douce.

Dans les environs de Kobe, Mikimoto mit au point la technique de l’élevage dans des paniers suspendus à des cordes, et utilisa une méthode d’introduction de greffon de manteau destiné à sécréter des couches perlières autour du noyau de nacre. Cette technique était inspirée des travaux de son gendre décédé. Il commercialisa ses premières perles de culture aux Etats-Unis, organisant avec génie ses fermes perlières.

Les secrets de la technique de culture furent bien gardés, en dépit de la volonté américaine, et les fermes perlières ne purent s’implanter alors hors du Japon qu’avec la présence de greffeurs japonais.

A la suite des travaux d’un des frères Fujita, il s’est développé depuis 1960 une culture de perles en eau douce, le greffon est introduit sans noyau de nacre dans le manteau de la mulette opérée, et il se développe une perle de culture ovale à baroque, à large centre irrégulier ; chaque mollusque peut recevoir jusqu’à vingt greffes par valve, soit quarante greffes au total (en général, 10 à 15 greffes par valve seulement sont introduites pour ne pas épuiser le mollusque).

Après avoir grossi pendant deux ans, les perles de culture sont extraites avec soin de la mulette, afin de na pas trop la blesser ; elle pourra ainsi produire une seconde génération de perles et parfois encore une troisième. 

Les perles de culture d’eau douce ont souvent des formes baroques, froissées, en grains de riz mais, de plus en plus, on les trouve presque parfaitement sphériques faisant concurrence en beauté et, surtout, en prix aux perles de culture d’eau de mer.

Depuis la fin des années 1970, une culture de perles en eau douce s’est fortement développée sur le modèle de la culture de perles du lac Biwa ; les perles de culture sont aussi commercialisées par l’intermédiaire des Japonais. La Chine est devenue depuis 1990 le principal producteur de perles de culture à implant organique, souvent presque sphérique.

Les perles peuvent être cultivées partout mais certains pays s’en sont fait une spécialité. Devant le succès grandissant des perles de culture et grâce à un accroissement du commerce mondial, de plus en plus de pays se lancent ou retrouvent les traditions de la culture des perles : Philippines, Viêt-Nam, Indonésie, Myanmar (Birmanie) etc.…

La Perle dans la Peinture

La Jeune Fille à la Perle se trouve au Mauristhuis de La Haye (Hollande). On l’appelle aussi « La Joconde du Nord ». Ce tableau aurait été peint vers 1665 par Johannes Vermeer, en effet il n’est pas daté. On ne sait pas non plus qui est à l’origine de l’œuvre ou même pour qui ce travail a été réalisé. Il est d’ailleurs signé IVMeer et il diffère totalement des autres tableaux de Vermeer, particulièrement par rapport au fait que la jeune fille regarde par-dessus son épaule, ce qui suggère que la personne qu’elle regardait n’était autre que le peintre lui-même.  

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La Jeune fille à la perle de Vermeer

Vermeer a travaillé avec des éléments chromatiques simples et quelques glacis du même pigment expriment les ombres. Le turban, mélange d’outremer et de blanc, est surmonté d’un tissu jaune éclatant ; la veste modelée avec un ocre plus clair fait ressortir le blanc du col qui se reflète dans la perle. L’art de la carnation tient dans un glacis mince, de couleur chair, sur un sous-modelage transparent.

André Malraux soulignait la simplification magistrale qui en fait un « galet translucide ». On est toujours dans le monde aquatique et lunaire du Cancer.

Quant au Mauristhuis, c’est un petit musée, ancien et tranquille, cadre parfait pour cette Jeune fille à la Perle. Les jours d’hiver, il arrive qu’il n’y ait aucun visiteur dans la salle où elle est exposée. Au dehors, les rues sont silencieuses ; la lumière qui tombe du ciel bas est celle que Vermeer a connue. Et au milieu de toutes les œuvres recherchées du XVIIe siècle qui l’entourent, la jeune fille émerge dans une tache de couleur claire et illumine la salle, aimait à évoquer Hans Koning, écrivain et journaliste hollandais.

Il existe différents tableaux moins célèbres que le tableau de Vermeer, mais où la perle illumine le tableau. Il s’agit d’avoir d’un portrait de Marie-Antoinette avec ses enfants, par Elisabeth Vigée Le Brun (1787), ainsi que le portrait de la Duchesse de Brunswyck par le peintre anglais Thomas Fraye (1761-1762) et surtout celui de Sophie Septimanie, comtesse Pignatelli, peint en 1763 par Alexandre Roslin. En 2006, cette toile quittait le château de Dampierre-en-Yvelines pour le Minneapolis Institute of Arts. 

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Sophie Septimanie Comtesse Pignatelli par Alexandre Roslin

La Perle dans la Littérature

La Perle est associée au Coq dans la célèbre fable de La Fontaine, Le Coq et la Perle que le peintre Philibert Léon Couturier a figuré dans plusieurs tableaux, dont un se trouve au Musée Denon à Chalon-sur-Saône. On y remarque un coq qui tient dans son bec une perle au bout d’une chaînette qu’il a trouvée dans le tas de tissus par terre derrière lui.

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Le Coq et la Perle par Philibert Léon Couturier

De même on trouve « La Perle », un roman américain de John Steinbeck publié en 1947. C’est l’histoire d’un pauvre pêcheur indien qui vit avec sa femme et son jeune fils, dans la ville de La Paz, au Mexique. Vers le Golfe du Mexique. Son fils Coyotito venant d’être piqué par un Scorpiones Scorpion, Kino et sa femme, Juana, entreprennent de pêcher une perle dont la vente suffira à payer le docteur, car le docteur est raciste et ne souhaite pas soigner les  » petit indiens », comme il les nomme. Kino furieux veut malgré tout sauver son enfant. Pour cela, il décide d’aller pêcher des perles et, quand il remonte à la surface, il se rend compte que celle qu’il a pêchée est énorme, c’est « La Perle du Monde » dont toutes les légendes de pêcheur parlent. Dès cet instant, sa vie change complètement. Alors que la cupidité, la méfiance et l’envie le rongent, sa femme, elle, perd confiance et fait tout pour jeter la perle. Plusieurs malheurs surviennent, la population voulant arracher la perle des mains de Kino. Celui-ci décide alors de partir avec sa femme et son fils, au-delà de la montagne, dans l’espoir de vendre sa perle à Loreta, la ville de la Vierge. Ils se rendent rapidement compte qu’ils sont suivis par des pisteurs, qu’ils essayent en vain de semer. Après avoir caché sa famille, Kino réussit à attaquer les traqueurs par surprise et à en tuer deux. Malheureusement, le coup de feu tiré par un des pisteurs (qui a priori, croit tirer sur un animal) atteint Coyotito à la tête. Finalement, le couple rentre au village et, cruellement triste de la perte de leur enfant, rejette la perle à la mer, ou elle retrouve sa place.

Steinbeck a tiré son récit d’un conte traditionnel mexicain. Comme la plupart de ses romans, La Perle décrit les effets de la pauvreté et de la richesse, développant surtout la corruption qui peut découler de la richesse, et évoquant les pêchés capitaux. Il dépeint aussi la condition des pêcheurs de perles et les dangers de leur métier.

Plus près de nous, Juliette Benzoni est l’auteur d’un roman historique, « La Perle de l’Empereur » qui relate l’histoire de la perle « La Régente » que Napoléon 1er offrit à sa seconde épouse Marie-Louise. Depuis, elle raconte que ce beau bijou n’a cessé de faire couler le sang, causant damnations et malheurs à ses différents propriétaires.

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Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Collection Bouquins chez Robert Laffont/Jupiter 

Le Grand Livre de la Magie des Pierres – S. Da Ros – Editions Trajectoire.

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IL ETAIT UNE FOIS L’AQUILA

(2.2 - HOMMAGE) par sylvietribut le 10-04-2009

Comme je l’ai connue avant… Une de ces villes charmantes dont l’Italie a le secret, une capitale de province pourtant, où l’on avait l’impression que la vie y était paisible et harmonieuse… Loin de la vie chaotique des métropoles ou des cités pour tour-operators… D’ailleurs certains guides ne mentionnent même pas l’Abruzzo… Peut-être parce que s’y perdre c’est risquer d’y rencontrer des ours, des loups, des aigles…

L’Aquila, la ville de l’Aigle, voulue en 1240 par Frédéric II de Hohenstaufen dont l’oiseau était son emblème… On voit encore les remparts dont, par la suite, Charles 1er d’Anjou fit entourer la ville pour la protéger.

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L’Aquila… comme posée là dans un écrin de montagnes enneigées très longtemps encore au printemps, avec en arrière-plan les presque 3 000 mètres du Gran Sasso d’Italie… Un dicton laisse entendre qu’elle est la ville la plus froide d’Italie : « L’Aquila connaît onze mois froids et un mois frais »… Pourtant quel plaisir dans la touffeur de l’été italien de venir y flâner et d’y découvrir des monuments tout aussi remarquables que ceux des villes qu’on conseille de voir à tout prix… Ne dit-on pas que L’Aquila est la « petite Florence »… Mais combien plus facile à vivre… Elle aussi possède ses églises, ses places, grandes ou petites, ses fontaines… Peut-être abrite-t-elle beaucoup moins d’œuvres majeures, mais comme il était délicieux le camaïeu de rose et de blanc de ses monuments, de ses palais et édifices…      

laquila-une-rue1On marchait beaucoup à L’Aquila… ça montait toujours… Mais quel spectacle que ce gigantesque escalier que la cathédrale San Bernardino couronnait et puis, quelle idée magnifique que cette autre collégiale, rose et blanc, de Santa Maria di Collemaggio, comme posée sur un pré tout vert… On n’avait qu’à entrer, contourner… pousser une porte, et le cloître nous accueillait, riche de sa simplicité…

L’Aquila et ses symboles… disparus peut-être ses blasons qui ornaient bon nombre de demeures anciennes et on ne manquait pas de s’interroger quant à la signification de ce monogramme IHS qui les décorait presque toutes. Après on apprenait que cela signifiait Iesus Hominum Salvator… soit en bon français … Jésus Sauveur des Hommes. Ces blasons avaient été frappés après la prédication de Saint Bernardin, dont c’était l’emblème. On peut espérer qu’au moins ces édifices ont survécu et leurs habitants protégés.

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Basilica San Bernardino

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           Basilica Santa Maria di Collemaggio              

L’Aquila et son nombre cabalistique… 99… La légende raconte que L’Aquila surgit miraculeusement avec ses 99 rioni, c’est-à-dire ses 99 quartiers, entourant 99 châteaux, avec ses 99 places, ses 99 fontaines et ses 99 églises. Subsiste-t-elle encore la « Fontana delle 99 cannelle », la « Fontaine des 99 tuyaux »… Ces tuyaux sortent de la bouche de 99 masques qui semblent cracher l’eau dans les vasques. Les parois de cette fontaine sont revêtues elles aussi d’un damier de pierres blanches et roses… A telle survécue une nouvelle fois à cet ultime chaos ?

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Et tous les soirs, la cloche de la vieille tour du Palais de Justice tinte-t-elle encore 99 fois ?

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Dans un passé lointain, L’Aquila avait déjà connu de nombreux terremoti (tremblements de terre). Le premier remonte au 3 décembre 1315. Il y en eu un autre le 2 février 1703 qui fit 3 000 morts. Celui du 31 juillet 1786 fut plus terrible encore : 6 000 morts. La ville fut de nouveau bouleversée le 13 janvier 1915, ainsique que le 24 juin 1958. Pour finir, après cette série de désastres, en 1798, les Français envahirent la ville. Ensuite, ce fut le tour des Autrichiens, en 1819.

Mais L’Aquila c’est aussi une ville universitaire très dynamique et les étudiants paient un lourd tribut dans cette catastrophe puisque l’un de leurs foyers du centre ville s’est effondré. Et puis, L’Aquila c’est aussi une ville moderne, elle abrite l’un des plus grands laboratoires de recherche de physique des particules. C’est donc une ville qui ne vit pas seulement de son passé.

ganymedeL’Aquila… l’Aigle… Pour l’astrologue c’est une référence à Jupiter que l’oiseau symbolise. Jupiter ne se métamorphose-t-il pas à en Aigle pour enlever Ganymède et en faire son giton… Jupiter comme on le sait gouverne le Sagittaire. L’Aquila se trouverait donc être une ville Sagittaire et si on peut en douter, une petite connaissance de l’Abruzzo nous rappelle qu’un peu au sud de L’Aquila on trouve le « Gole del Sagittario ». Cette rivière sur une longueur d’environ 10 km a creusé dans la roche grise des gorges d’une profondeur impressionnante. Dans la symbolique, avec Jupiter et le Sagittaire, ce sont toujours les excès qui prédominent en toute chose. Par ailleurs, le Sagittaire, comme Jupiter, représentent entre autre la bourgeoisie et le monde de l’enseignement. Or, L’Aquila est bourgeoise et universitaire.

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Actuellement, c’est la seconde partie du second décan ainsi le troisième décan des signes Mutables, dont le Sagittaire fait partie, qui sont sous les influences très conflictuelles de Saturne d’un côté, et de Mars et Uranus de l’autre, ces trois astres s’opposant entre eux pour accentuer encore les dissonances (les autres Mutables, sont les Poissons, les Gémeaux et la Vierge). On peut donc penser que le thème de cette région de l’Abruzzo est en partie sous cette triple influence destructrice. Par ailleurs, la Nouvelle Lune du 25 mars 2009 dans le signe du Bélier, très conflictuelle, très marquée par Pluton, évoque tout autant des conflits, des émeutes, de la violence que malheureusement des catastrophes naturelles (cf. une précédente chronique ayant trait à l’entrée de Pluton dans le Capricorne parue en décembre 2008). Or, la lunaison ne fait que commencer puisque la prochaine Nouvelle Lune aura lieu seulement le 24 avril 2009, heureusement dans le signe plus placide du Taureau et en bon aspect de Pluton.

Enfin, L’Aquila se singularise sur une mode plus doux, encore qu’on lui attribuerait le malheur qui frappa Arachné. En voici la légende. Mais tout d’abord connaissez-vous la dentelle « a tombolo » ? C’est la spécialité, depuis toujours de L’Aquila.

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Est appelé « tombolo » la dentelle travaillée avec des fuseaux qui tire son nom du coussin cylindrique sur lequel on la travaille. Il y a peu de témoignages sur l’origine historique de cette production artisanale. On dit que ce serait des religieuses bénédictines de l’Abbaye de Cluny en France qui l’enseignèrent à des fillettes fréquentant le couvent au XVIe siècle car c’est de cette époque que remonte la diffusion de cette façon de faire de la dentelle, en particulier à L’Aquila. Outre le travail, les femmes de L’Aquila fournissaient le délicat fil de lin ou de soie qui, à l’époque, était utilisé. Le « tombolo » de l’Aquila est unique en Italie dans ce type de travail qui s’exécute entièrement avec les fuseaux, ce qui l’apparente à la dentelle de Bruges. La préciosité de l’ouvrage est due à la fois au travail lui-même et au fil utilisé. Il y a deux types d’ouvrage : le point antique et le nouveau point ou point commercial. Le point antique se travaille comme une toile, il a l’effet de tulle. Il permet de réaliser des figures : fleurs, volutes, papillons. Le nombre de fuseaux utilisés n’est pas prévisible au début de l’ouvrage. On continue d’en ajouter au fur et à mesure de l’avancement du travail. La symétrie et la géométrie des dessins caractérisent le nouveau point. Le nombre de fuseaux varie selon la complexité du travail, mais est défini au début de l’ouvrage.

« Quand la Reine Isabella vint à L’Aquila en 1493 pour visiter les reliques de San Bernardino, Les chroniqueurs de l’époque se souviennent que les chevaliers de la suite royale furent émerveillés par les fêtes somptueuses préparées par la ville, l’exubérante beauté des femmes de L’Aquila et l’exquise richesse des dentelles qu’elles portaient ». Orazio d’Angelo, aquilano (1904).

eventail-en-dentelle-de-laquila1On peut toujours commander un article à l’Atelier « Le Mani d’Oro » (Les Mains d’Or) à L’Aquila.

Des chercheurs passionnés ont voulu trouver les origines de la dentelle dans les antiques légendes de Rome comme celle d’Arachné (*) chantée par Ovide, ou dans les vestiges pré-chrétiens de Chine et du Japon. Quant aux guipures grecques, on voit remonter leurs origines aux temps du mythique Homère qui, dans l’Odyssée, décrit une ceinture de fils entrelacés.

Ce ne fut qu’au Moyen-âge que la dentelle fut différenciée en deux catégories bien distinctes : celle à l’aiguille et celle aux fuseaux, mais il existe aussi la dentelle « a tombolo ». Les Flandres et l’Italie s’en accordent la priorité, tout comme Venise, Milan, Gênes et L’Aquila.

Il est certain, en effet, qu’à la fin de 1371, le Royaume de Naples consentit à la commune de L’Aquila de discipliner tous les arts et métiers, dont l’artisanat de la dentelle, pour une meilleure aisance à s’affirmer et à se diffuser. Et on se souvient qu’en 1793, la Reine Isabella, épouse du Roi de Naples, en visite à L’Aquila, fut très admirative « de la beauté raffinée des dentelles dont étaient parées les femmes de L’Aquila ».

La caractéristique typiquement locale du tombolo réside dans le fil très fin, mais résistant et rigide, comme introuvable. Le fil, défini impalpable, fut considéré comme si précieux pour les Aquilini, qu’en 1557, ils en firent don au Vice-roi en visite dans l’Abruzzo. De la préciosité du fil dérive aussi celle de l’antique « tombolo aquilino » qui se distingue d’ailleurs de ceux des autres centres de la province comme Pecocostanzo, Gessoplane, Scanno et même des autres villes d’Italie ou même encore des cités étrangères. Il est sûr que le « tombolo aquilano » devait rejoindre un niveau de véritable oeuvre d’art puisque Marie-Antoinette, Reine de France, commanda à L’Aquila une pièce de dentelle, haute de 8 paumes, pour en faire don au Pape Pie VI le jour où il fut intronisé.

Mais qu’est-ce que le « tombolo aquilino » ? C’est une sorte de coussin cylindrique rempli de sciure qui supporte comme une toile d’araignée, fils de lin et épingles. Assises sur les marches des maisons dans des ruelles ombragées, quelques femmes semblent faire des tours de prestidigitateurs avec des dizaines de fuseaux légers sur ce tombolo. Tout doucement, de leurs mains sortent dentelles et trames d’une stupéfiante beauté : ce sont les dentelles et guipures réalisées au tombolo, destinées aux trousseaux des mariées, authentiques chefs-d’œuvre qui souvent demandent des mois de passion et de travail de « certisino »,  c’est-à-dire de « Chartreux » pour les Italiens, mais de « Bénédictin » pour nous. Cet art très ancien a longtemps souffert d’une certaine désaffection provoquée par l’agitation inutile de notre monde moderne ; cependant il est en train de soulever de nouveaux enthousiasmes. Réunies en coopérative, les dentelières travaillent beaucoup mais trouvent quand même le temps d’enseigner, généreusement, leurs patients secrets aux jeunes filles, mais aussi à quelques rares jeunes hommes.

arachne-et-athena(*) Quant à Arachné, c’était une jeune fille de Lydie, fille d’Idmon de Calaphon, ville réputée pour ses teintures pourpre. Elle excellait dans l’art du tissage. Elle en vint même à se vanter de l’emporter sur Athéna, fileuse accréditée de l’Olympe. La déesse releva le défi. Mais Arachné tissa une pièce d’étoffe où étaient figurées les amours des dieux olympiens avec une telle adresse qu’Athéna ne put rien y trouver à reprendre. Sa colère n’en fut pas moins vive. Elle déchira l’ouvrage de sa rivale, frappa cette dernière, tant et si bien que la malheureuse, remplie de terreur et mortifiée, se pendit à l’aide d’une corde. Athena la métamorphasa alors en araignée. Certains mythographes modernes ont émis l’hypothèse que cette légende se rapporterait à quelque rivalité entre le commerce des tissus athéniens et celui des articles textiles qui provenaient de Lydie… Concurrence commerciale qui nous occupe encore et nous occupera toujours…

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Une prochaine fois j’approfondirai ce mythe d’Arachné et tout ce qu’il symbolise.  En attendant, si votre route vous mène un jour à Rome, comme vous le savez tous les chemins y mènent, prenez le temps de quitter la ville éternelle par la via Tiburtina, qu’aujourd’hui l’autoroute A.24 longe, et allez vous perdre quelques jours dans l’Abruzzo, aller découvrir L’Aquila qu’on reconstruira, je l’espère, à l’identique… Vous en reviendrez conquis par la beauté de cette nature encore sauvage qui l’entoure, le charme des villes et villages nichés dans la montagne, la gentillesse de ses habitants, ainsi que sa rustique et savoureuse gastronomie, dont le risotto au safran ; sa fleur est une des grandes cultures de l’Abruzzo.   

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Et puis, à l’aller ou au retour, arrêtez-vous à Tivoli, pour la Villa d’Este et la Villa Adriana, ainsi qu’à Subiaco pour ses merveilleux monastères bénédictins. Enchantement garanti… Une très bonne adresse, charmante et romantique : Ristorante et B and B – BELVEDERE, via dei Monasteri, 33 – SUBIACO – www.belvederesubiaco.com – mais là on est de retour dans le Latium, aux portes de Rome.

Bibliographie :

Traité de la « Dentelle a Tombolo », artisanat noble », d’Angello Tozzi

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Collection Bouquins – Editions Robert Laffont/Jupiter.

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