ALATRI ET LE TEMPLE STELLAIRE

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 22-06-2017

Alatri, dans le Latium, province de Frosinone, fut fondée au VIe siècle avant Jésus-Christ. Son nom antique était Aletrium et c’était l’une des principales villes des Ernici. La cité a conservé une partie de ses murailles cyclopéennes, ainsi qu’une acropole, de plan trapézoïdal, une de mieux conservées d’Italie. Du sommet, on a une superbe vue sur la ville et le val de Frosinone.

Escaliers en raidillons et ruelles bordée de demeures gothiques constituent la petite ville qui, outre le palais Gottifredo et l’église San Silvestre, tous deux du XIIIe siècle, possède une belle église Sainte-Marie-Majeure.

La légende veut que l’origine de la ville remonterait aux Ausoni, mais c’est seulement une hypothèse, parce qu’on peut penser qu’elle soit plus antique encore. C’est grâce au chercheur Fabio Garuti que furent traduites les inscriptions sur les murailles, lettres de l’alphabet Ogham en langue gaélique, et c’est comme ça qu’il a été possible de dater la construction des murailles d’Alatri, au moins à 3 000 avant Jésus-Christ. En fait, elles auraient plus de 5 000 ans.

ACROPOLE D'ALATRI - PORTA MAGGIORE

Acropole d’Alatri – Porta Maggiore

Cette acropole est l’exemple le plus parfait et le plus splendidement conservé de murs polygonaux. Selon les Anciens, Euripide, Strabone et Pausania, elles furent construites par des cyclopes, ou alors attribuées au mythique peuple des Pelagi qui, toujours selon les Anciens, qui auraient construit les murailles des cités mycéniennes de Tirinto, Mycène et Argo.

Cependant sur cette question des études récentes ont mis le doute sur cette théorie, parce que c’est très difficile de remonter à ses ouvriers et à une population spécifique, pour le simple motif que ce type de murailles ont été retrouvées dans toutes les parties du monde, et même dans des lieux complètement isolés les uns des autres comme l’île de Pâques et l’Australie.

Nous n’avons aucune indication historique, actuellement, que des peuples aussi lointains, ont pu avoir des contacts culturels entre eux. Aussi, la question obligatoire qui vient à l’esprit, c’est comme ont fait ces peuples qui n’avaient pas de contact entre eux, à utiliser la même technique de construction. Pour le moment, il n’y a aucune certitude sur la question. Cependant, l’acropole d’Alatri est un vrai condensé de merveilles architecturales.

Si nous considérons le graphisme de l’Acropole, il semble qu’un polygone irrégulier fut mis là par hasard. En réalité, elle fut construite suivant un plan très précis.

TEMPIO SOLARE - ALATRI

Temple solaire d’Alatri – Italie

Une légende très ancienne voudrait qu’Alatri soit née d’un rayon de Soleil le 21 décembre de l’année 1000 avant Jésus-Christ. La légende est belle mais est tout simplement improbable. Giuseppe Caponi, éminent chercheur d’Alatri, raconte qu’en toute probabilité la ville fut fondée par les Ittiti, un peuple venant de Mésopotamie, qui séjournèrent en Italie.

Ce qui l’évoque c’est qu’on a retrouvé près du site de Tell Hariri en Syrie des tablettes d’argile. L’une d’elle était une lettre envoyée au roi du royaume de Mari à son fils pour l’informer de l’excellente conservation des mus de défenses d’Alatri. Voilà qui est comme une confirmation directe de la théorie de Caponi. Un peu d’Histoire est nécessaire, mais les merveilles de l’acropole sont bien autres.

Par exemple, elle est orientée selon un plan astronomique, prenant en compte la position des étoiles et du Soleil, et si on pense à regarder dans le ciel « Castor et Pollux », ces points lumineux qu’on voit de la Terre et qui représente la Constellation des Gémeaux, l’idée sera née là.

Et puis, on sait que le rapport avec la nature et principalement avec le ciel a toujours influencé les vieilles civilisations, dont la conséquence sont les connaissances astronomiques qui influencèrent les réalisations architecturales, devenant parties intégrantes dans l’orientation des structures, en suivant les cycles du Soleil et de la Lune, en les inclinant vers les étoiles du ciel qui avaient une signification religieuse précise.

Alatri est née comme ça, elle qui fut construite sur un rayon de Soleil au solstice d’été, qui effleurait la roche et qui aurait indiqué le point le plus haut et le plus important de l’Acropole. Giuseppe Caponi dans son livre « la progenie Hetea » écrit textuellement : « Les Anciens bâtisseurs ont orienté notre ville pour voir de l’Orient le pouvoir de l’aube, comme s’ils avaient voulu se placer sous les auspices d’un temps sans crépuscule, pour cette ville qu’ils avaient consacrée au dieu Soleil, un jour de solstice.

ALATRI MURA MEGALITICA

Alatri – Murs mégalithiques

Et le soleil en indique le centre dans la rencontre du premier rayon du matin et le dernier du soir. C’était la conséquence d’une sensibilité spirituelle, qui avait maturé par des millénaires d’Histoire, qui n’a rien à voir avec la légende ou une quelconque fantastique interprétation : il y a un message gravé dans les pierres de l’acropole et avec les pierres de la ceinture de murailles : « Le lien entre Ciel et Terra fut stabilisé… pour toujours ». Er comme on dit, c’est absolument vrai… « au ciel et sur la terre ».

De ces splendides liens entre ciel et terre, Alatri en regorge et Ornello Tofani, autre éminent chercheur, grâce à ses études en montrent d’autres. En effet, Ornello Tofani a poursuivi les études de Don Giuseppe Capone sur Alatri, faisant d’intéressantes découvertes.

En 2008, sur le pignon sud-est de l’Acropole on a trouve un graffiti jamais remarqué jusque-là. En l’analysant, on a découvert la reproduction d’une triple ceinture orientée parfaitement dans les axes Est-Ouest et Nord-Sud.

Le pôle Nord céleste se trouvait à l’intérieur de la Porta Maggiore. Or, en 10 798 avant Jésus-Christ, le Pôle Nord céleste n’était autre que l’étoile Vega, distante du Pôle céleste de seulement 5° environ. Le pôle céleste ne varie pas dans le temps, c’est l’étoile qui le représente qui, au cours des millénaires, change. Ceci à cause de la précession des équinoxes : un mouvement de la Terre sur un axe incliné qui fa changer, sur un mode très lent mais continue, l’orientation de son axe de rotation par rapport à la sphère idéal des étoiles fixes. Ceci est la cause de la précession des équinoxes : un mouvement de la Terre sur un axe incliné qui fait changer sur un mode lent mais continue, l’orientation de son axe de rotation par rapport à la sphère idéale des étoiles fixes.

Sur l’architrave de la Porte de la Fertilité, un bas-relief illustre trois phénomènes : les graduations inversées sont au nombre de neuf comme les lunaisons d’une grossesse ; la terre à ce moment là est comme « pénétrée » par le Soleil aux équinoxes et, au crépuscule de ces mêmes jours, et au crépuscule de ces mêmes jours, du côté du Temple Solaire d’Alatri, le soleil couchant remonte vers Fumone et Montelungo.

Tous ces indices font référence aux cultes de la fertilité et expriment avec la pierre ce qu’on considère comme « règle universelle de la maternité ».         

Voilà qui peut être interprété quand on évoque l’Acropole : les enfants conçus durant les solstices, quand le soleil illumine le premier degré de l’échelle inversée naîtront aux équinoxes, quand le soleil traverse tout le couloir intérieur de 17 mètres de la Porte Mineure, alors que les enfants conçus aux équinoxes naîtront aux solstices.

Il y aurait encore tant d’autres choses à raconter. Espérant vous avoir transmis le mystère qui entoure cette petite ville d’Alatri. En espérant que ce petit article vous donne envie de la visiter pour revivre les moments magiques qui l’ont rendue si mystérieusement fascinante… Un patrimoine tout italien qui rend fier.

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APOLLON… LE DIEU SOLAIRE… UN DIEU TRES SUSCEPTIBLE

(6.6.5 - LES MYTHES DU LION ET DU SOLEIL) par sylvietribut le 25-07-2016

Comment ne pas aborder le noble signe du Lion sans saluer Hélios, le dieu soleil lui-même ? Hélios était le fils d’Hypérion et le frère de Séléné, la Lune, comme Apollon, dieu tout d’abord lunaire, est le frère d’Artémis, déesse solaire. Ils échangeront plus tard leurs sexes, car Artémis c’est une autre image de la Lune.

Dans la relation symbolique entre le Lion et le Soleil, Maître du signe, ces ambiguïtés où se rencontrent violence, domination et sens du sacré, nécessité de s’imposer, autorité naturelle et aptitude au sacrifice extrême.

LE SOLEIL 2

Hélios, le Soleil

Apollon usurpera peu à peu la place et le rôle d’Hélios. Les deux dieux ou demi-dieux qui semblent véritablement se partager le signe du Lion étant à l’évidence Apollon et Héraklès, héros parmi les héros. C’est André Barbault qui a d’ailleurs décrit les deux types physiques léonins qui correspondent à Apollon et à Héraklès.

Le premier fait les hommes, l’œil en amande, le nez fin et long dans le prolongement d’un front légèrement fuyant, bien bâtis mais minces et de silhouette élégante : tel est le Lion apollinien, qui tient sa place aux côtés des esthètes et des artistes. Le second fait les hommes forts, puissants, musclés, le visage plus carré, le nez épaté comme celui des chats ou des félins. Et un estomac « en creux », côtes très dessinées en avant. Avec une crinière abondante, une stature athlétique. Alexandre Dumas, qui était natif du Lion, s’est projeté dans le personnage de Porthos et on dit qu’il était capable de porter un âne sur son dos.

APOLLON ET LES DAUPHINS

Apollon et le Dauphin

Qu’il s’agisse d’Héraklès ou d’Apollon, ils ne cessent de se faire purifier çà et là, pour les meurtres qu’ils commettent en série. Apollon sera envoyé quelques temps en exil, dans la vallée du Tempée où il devra servir les mortels. Delphes était bien sûr un site convoité er Apollon ne pouvait mieux choisir. Delphes est l’Omphalos, le nombril de la terre, l’utérus maternel, l’une des traduction des « delphis », « dauphin » ou utérus ». On dit que les prêtres de Delphes auraient fait naufrage à cause de dauphins qui les auraient fait chavirer sous l’impulsion d’Apollon entendant ainsi recruter un peu vigoureusement ses servants. D’autres prétendent que ces prêtres descendaient de Crétois. Apollon aurait simplement détourné leur navire en prenant l’apparence d’un dauphin, toujours pour les contraindre à demeurer dans son sanctuaire… Mais Neptune n’est-il pas dit « en exaltation » dans le Lion et Maître de tous les sanctuaires et lieux de culte.

Artemis_et_Apollon

Artémis et Apollon bébés

Apollon et Artémis, jumeaux complices, ont fait ensemble un certain nombre de frasques et de mauvais coups. Apollon tuera Pithios qui avait voulu abuser de leur mère et ils la vengeront de Niobé qui avait eu l’imprudence de se vanter d’être plus féconde que Léto. Ni Artémis, ni Apollon ne pouvaient pardonner pareille offense.

A cause de diverses sottises, Apollon sera par deux fois exilé : une fois il devra servir Admète, roi de Thessalie, pour avoir tué un des Cyclopes, artisans de la foudre de Zeus/Jupiter. Ce dernier ne plaisante pas lorsqu’on s’en prend à ses plus zélés serviteurs. Une autre fois, Apollon aura le tort d’envoyer la peste à Troie parce que Léomédon n’a pas payé une somme qu’il lui devait. Par ailleurs, l’attitude du dieu, pendant la guerre de Troie, fut vivement critiquée.

Apollon, comme le Lion, est un dieu susceptible. On se souvient qu’il se vengera de façon très cruelle de Marcyas qui suivait la grande déesse Cybèle. En effet, il avait eu la faiblesse de le convier à une compétition musicale, sorte de tournoi au cours duquel il entend prouver au dieu qu’il a plus de talent que lui. Très dangereux quand on a affaire à un dieu susceptible et irascible et qui décide de la victoire. Apollon désignant le vainqueur s’attribue la palme car il sait jouer de la cithare à l’envers comme à l’endroit, en virtuose, alors qu’évidemment Marcyas ne peut jouer de sa flûte à l’envers. Cependant, certains auteurs assurent que les Muses furent chargées du verdict et qu’elles furent séduites par la musique du dieu. Notez au passage que parmi les arts, la musique appartient au monde de Neptune.

Marcyas sera terriblement puni de son arrogance : Apollon l’écorchera vif dans un grand accès, sans doute de « retour du refoulé », d’une remontée de son passé barbare. Après avoir tué ce malheureux et avoir cloué sa peau sur un pin, il interdira à quiconque de jouer de la flûte, jusqu’au jour où cet instrument lui sera consacré. A Delphes, on pouvait jouer de la flûte… peut-être pour charmer les serpents…

Apollon, on vient de le voir, ne se conduit pas vraiment d’une façon élégante. Il accorde à Cassandre et à son frère le don de prophétiser… Mais, comme il la courtise et qu’elle le rejette, il fait en sorte que nul ne puisse jamais croire ses prédictions. Pour lui jeter ce mauvais sort, il lui crache dans la bouche. Plus jamais, elle ne pourra crier autrement que dans le désert.

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Apollon poursuivant Daphné qui se change en laurier – Bernini

Apollon, ce beau jeune homme, n’a d’ailleurs pas tellement de succès auprès des femmes. Et pas tellement plus auprès des hommes. Il ne remporte pas les succès qu’on pourrait s’attendre à le voir cumuler. Cassandre le rejette… Il poursuit en vain Daphné qui s’enfuit devant lui et qu’il transformera en laurier, dont il couronnera champions et lauréats. La sibylle de Cumes à laquelle il fait une cour empressée n’acceptera jamais ses hommages : il la condamnera à vivre mille ans mais sans qu’elle cesse de vieillir. Marpessa lui préfère un mortel, Idas, par peur, nous dit Homère, de l’éternelle jeunesse du dieu. Il est d’ailleurs curieux de noter que bien des natifs ou natives du Lion, et surtout Ascendant Lion, car l’Ascendant est l’image qu’on projette dans le monde, conserve un visage jeune, sans ride, jusqu’à un âge avancé, comme si ces personnes ne vieillissaient pas. Il faut bien reconnaître que le Soleil ne prend jamais aucune ride, alors que la Lune se fait et se défait en permanence. Cancer et surtout Ascendant Cancer, les lunaires, vieillissent nettement plus vite que les léonins.

La nymphe Sinopé qu’il courtise aussi le supplie de lui accorder ce qu’elle demande. Après qu’il ait accepté, elle fait le vœu de rester éternellement « intacta », ce qui lui permettra plus tard de servir Artémis qui aime à s’entourer de vierges.

CYPRES

Cyprès d’Apollon

Comme la plupart des dieux grecs, il a bien quelques aventures masculines mais elles ne lui réussissent guère mieux que ses tentatives auprès des femmes et la triste affaire d’Hyacinthos qu’il tue accidentellement en est la preuve. Il aimera Staristos qui ne se consolera pas d’avoir tué un cerf apprivoisé. Il ne restera plus à Apollon qu’à le transformer en cyprès.

On sait qu’Apollon provoquera la mort d’Achille, qu’il lancera lui-même la flèche qui le tuera, qu’il ordonnera aussi à Oreste de tuer sa mère et l’amant de celle-ci, puis, pas toujours très cohérent, il se fera le défenseur d’Oreste accusé par Clytemnestre.

Tout cela ne l’empêchera pas, néanmoins, d’engendrer quelques fils et filles. Certains prétendent même qu’il serait le père Orphée. Il aura Aristée, Linnos et tant d’autres… qui n’ont pas tellement bien tourné puisque Aristée causera la mort d’Eurydice en la serrant de trop près et en la faisant fuir.

LA COURONNE DU DIPLOME

La couronne de laurier d’Apollon et des vainqueurs

Bibliographie

Dieux et Héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont

 

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