LES GALOPS DU SAGITTAIRE

(5.2 -Ballade à travers les signes) par sylvietribut le 24-11-2009

Le 22 novembre 2009, le Soleil  a fait son entrée dans le Sagittaire qu’il quittera ce signe le 21 décembre prochain dans la journée.

         - Son graphisme glyphe-du-sagittaire-23

Du graphisme du Scorpion il ne reste que le dard devenu flèche. Le M, commun au Scorpion et à la Vierge, a disparu car le Sagittaire est comme la Vierge un signe d’accomplissement et par le Scorpion, il existe possibilité de transformation. Le  Sagittaire est traditionnellement illustré par un Centaure décochant une flèche.

         - Ses symboles

Mi-cheval, mi-humain, le Centaure symbolise la double nature de l’homme, animale et spirituelle. Mais la flèche représente la possibilité de se dégager aussi bien des contraintes de l’animal que de l’humain pour accéder au plan supérieur des dieux.

La flèche est symbole de rapidité, de droiture et d’assurance : la flèche ne fait pas de détours, elle va droit au but. C’est une flèche qui relit la terre au ciel, elle traverse l’espace-temps et exprime l’ouverture de la pensée et de l’être Sagittaire.

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Solidement posé sur le sol de ses quatre pattes de cheval, son corps prend forme humaine à partir de la moitié supérieure et, de son arc tendu, il vise les étoiles. Son but : le ciel lointain. Son idéal, pour élevé qu’il soit, n’est pas désincarné. Ce vigoureux Centaure lutte sur la terre pour sauver l’espèce humaine. Le Sagittaire c’est le feu de la foi agissante. 

C’est dans le Sagittaire que Zeus-Jupiter le dieu des dieux règne en majesté. 

         - Ses mythes

~ Zeus-Jupiter, roi de l’Olympe, est le dieu de la  lumière, du ciel clair et de la foudre : dispensateur des biens et des maux, il veille sur le bon ordre des mondes terrestres et célestes. Il commande aux étoiles et à toute la terre. Il prononce les oracles, il établit les lois et, avec la foudre, fait régner la justice.

Fils de Cronos-Saturne qui dévorait ses enfants à leur naissance, il échappa au sort de ses frères, grâce à Rhéa, sa mère. Pour sauver son enfant, elle donna une pierre enveloppée d’un lange à Saturne, qui la mangea en le prenant pour son fils. Confié aux nymphes, il fut nourri de miel et du lait de la chèvre Amalthée, dont la jolie statue se trouve à Rambouillet, dans la Laiterie de la Reine.

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Arrivé à l’âge adulte, Jupiter voulut s’emparer du pouvoir de Saturne mais avant il demanda conseil à Métis (la prudence) qui lui donna une drogue grâce à laquelle Saturne dut vomir tous ses enfants (ses désirs refoulés) qu’il avait incorporés.

Après une longue lutte qu’on nomma Titanomachie, Jupiter, aidé des Cyclopes (les forces instinctives et passionnelles) qu’il avait libérés du Tartare, vainquit Saturne et les Titans (désir d’ambition et de domination) qu’il chassât du ciel. Mais les Géants protestèrent et voulant venger les Titans, ils attaquèrent Jupiter dans une lutte qu’on appela la Gigantomachie. Pour les vaincre, Jupiter fit appel à un homme : Héraclès. 

Mais la lutte la plus dure fut celle qu’il dut entreprendre contre Typhon (le fléau des mortels), monstre à forme mi- humaine, mi-bestiale qui symbolisait l’urgence des désirs se déchaînant contre la sagesse.

Nombreuses furent les amours de Jupiter ; parmi elles, il faut compter Thémis, la déesse des lois, avec laquelle il engendra les Heures : discipline, justice et paix qui assurent le maintien de la Société, et les Moires ou les Parques qui personnifiaient le destin.   

                                                                                           ingres-jupiter-et-thetis1 Ingres – Jupiter et Thémis

 

~ Les Centaures : un jour Ixion tomba amoureux d’Héra-Junon, la femme de Zeus-Jupiter et voulut s’unir à elle. Mais Jupiter ayant compris ses intentions, il façonna un nuage à l’image de sa femme. Ixion crut s’accoupler à la déesse et, neuf mois plus tard, naquirent les Centaures, chevaux à buste humain et munis de bras. Les Centaures, qui figuraient dans le cortège de Dionysos, avaient des moeurs sauvages. Buveurs émérites, ils étaient violents et violeurs et leurs forces étaient totalement dévastatrices.Cas particulier chez les Centaures, Chiron, un des leurs était né de Cronos-Saturne et de la nymphe Phylira. Chiron connaissait l’art de la médecine et ses talents d’éducateur avaient rassemblé autour de lui de nombreux héros. Mais un jour qu’il était en compagnie d’Héraclès, une de ses flèches empoisonnée le blessa au pied. Sa blessure était inguérissable. Chiron n’en pouvait plus de douleur. Il préféra échanger son immortalité contre la mortalité de Prométhée. C’est le mythe qui illustre le mieux les conflits profonds de l’instinct et de la raison. 

~ Dionysos : Dionysos est né de la cuisse de Zeus-Jupiter et sa mère était Sémélé, la fille du roi de Thèbes. Dionysos, peu après sa naissance, fut démembré, cuit et même bouilli dans un chaudron. Il lui faudra tout l’amour de sa grand-mère Gaïa pour le sortir de ce traitement de choc. Il n’en est pas moins le dieu de la nature et du vin. 

le-triomphe-de-dionysos-mosaiqueLe triomphe de Dionysos

 

~ Dionysos et Silène : Silène était le précepteur de Dionysos, un véritable sage, prophète et savant. Son seul problème : il ne pouvait enseigner du fait qu’il était toujours ivre, jovial et voluptueux.

~ Dionysos et Athéna : Dionysos est né de la cuisse de Jupiter, Athéna, elle, est née de sa tête. Ce couple frère-sœur symbolise la plus haute évolution affective humaine que peuvent vivre l’homme et la femme.

~ Héraclès et les cavales de Diomède : Héraclès dut capturer les juments de Diomède car elles avaient pour particularité de dévorer les hommes. De plus Diomède était d’origine incestueuse et, loin d’en être affecté, il s’en vantait

~ Pégase, le cheval ailé de Jupiter, né d’une goutte de sang de Méduse, et Bellérophon forment un couple presque invincible.

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~ Les Amazones sont les premières cavalières de l’Histoire.

~ Diane-Artémis c’est la chaste chasseresse, apparentée aussi à la Lune. Elle tient d’ailleurs un arc d’argent qui n’est autre qu’un croissant de Lune.

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 Artémis – Parc de Rambouillet

         - Sa psychologie

Le Sagittaire est un signe positif, c’est un extraverti. 

Le Sagittaire est un signe double : l’archer qui représente le Sagittaire mi-homme, mi-cheval symbolise la dualité de ce signe entre instinct et  raison, corps et esprit. Il lui faudra réconcilier ces opposés. Les manifestations extérieures de ce conflit de base prendront l’allure de changements soudains dans les enthousiasmes du sujet Sagittaire.

C’est aussi pour cela qu’on le dit signe mutable, ce qui le rend instable et de ce fait, il ne finit pas toujours ce qu’il a commencé. Telle la flèche, il préfère le voyage et ses aléas au but qui est perçu comme une retombée sans intérêt. Le Sagittaire est souvent un voyageur, dans son corps comme dans son esprit. Jupiter, maître de la sagesse, colore ses expériences de motivations philosophiques, spirituelles, religieuses ou artistiques. Le Sagittaire a perpétuellement le désir de s’élever et de progresser. En cas de voyage d’ordre matériel, le sujet est alors animé par un idéal de merveilleux et de plaisirs fantastiques. Il est toujours en quête de vérité et de savoir. Les atouts majeurs du Sagittaire : l’optimisme et l’enthousiasme. Sa faiblesse réside dans son manque de sens pratique et son désintéressement.

Le Feu est l’élément du Sagittaire : l’élément d’énergie intense, de dynamisme et de transformation. Avec le Feu du Sagittaire, l’être transforme avec enthousiasme ses émotions en activité. La caractérologie en fait un bilieux, sanguin, actif.

Le Feu du Sagittaire est un feu sous la cendre, une braise rouge qui ne s’éteint pas : le Sagittaire est animé par une conscience toujours en éveil, qu’un feu intérieur, qu’un esprit ravive constamment.

Un souffle d’air transforme la braise en flamme : c’est un enthousiaste qui peut se montrer parfois excessif. Le Sagittaire est toujours partagé entre une tentation anarchiste et une tentation bourgeoise. Il a un côté cyclothymique. C’est un maniaco-dépressif.  

Les parties du corps correspondant au Sagittaire sont les hanches et les cuisses qui permettent la marche et favorisent les rapprochements et les contacts. Au Sagittaire sont associées des valeurs d’activité : c’est un être plein de tonus et de vitalité. 

Au jeu du portrait chinois, si on se posait la question… 

… et si le Sagittaire un animal, ce serait… cerf-en-foret un cerf,                  dauphin un dauphin,                zebre un zèbre,   chien un chien…       ou un mustang                 mustang  

… et si c’était un arbre, il aurait la force et la noblesse du hêtre hetre aux feuilles d’or et au tronc lisse.

glaieul Si c’était une fleur, ce serait un glaïeul.

Si c’était une plante : thuya un thuya…                                           du thé    the 

Si c’était un condiment : la menthe Single peppermint plant ou  le romarin romarin 

etain Son métal est l’étain.

Ses pierres sont le grenat       grenat                        et l’hyacinthe hyacinthe1

 

Ses couleurs sont le pourpre, le bleu nuit, le violet ou le parme.

 Si c’était un parfum : ce serait bergamote la bergamote, le cédrat cedrat-digitata ou        le cuir de Russie cuir-de-russie

Si c’était un instrument de musique : le saxophone saxophoneou  les orgues orgue-saint-sulspice-paris

Et si c’était un objet de collection : des étains, des souvenirs de voyages, des objets du monde entier… 

                                                                               jupiter  Jupiter, la planète-maîtresse du Sagittaire…

 

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DANS LA SYMBOLIQUE SCORPION : LE MONSTRE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 10-11-2009

Il existe plusieurs étymologies possibles du mot « monstre ». L’une suggère que le mot viendrait d’un verbe latin « montrer », ce qui laisserait supposer que le mot désignait à l’origine un phénomène qu’on montrait dans les foires et les cirques. L’autre étymologie est la racine latine « monstrum », signifiant simplement « présage », sans connotation péjorative.

meduse-le-caravage-galerie-des-offices-florence Méduse par Le Caravage – Galerie des Offices – Florence

En général, le terme désigne aussi bien les créatures fantastiques que les êtres réels. Cependant, en biologie, un monstre est un individu dont la conformation s’écarte notablement des standards de son espèce, suite à une anomalie du développement embryonnaire. La tératologie est la discipline chargée de l’étude scientifique des monstres. Par extension, on parle aussi de monstruosité sur le plan moral quand quelqu’un commet des actions que la majorité des gens réprouvent. Le mot insiste parfois sur son côté spectaculaire. C’est le cas du « monstre sacré », comme l’étaient Marilyn Monroe ou James Dean. Quant à Diderot, il qualifiait la femme de « monstre de l’homme » et, en réponse, Julie de Lespinasse, qualifiait l’homme de « monstre de la femme ». Julie de Lespinasse était d’ailleurs Scorpion.

Le monstre est de manière plus général un individu qui par certaines de ses caractéristiques propres se démarque de façon significative de ses congénères. Ces caractéristiques peuvent être physiques, morales ou intellectuelles ; toutefois la monstruosité proprement dite n’est pas forcément négative, elle peut être un gain par rapport à une norme commune. Par exemple, Albert Einstein de par ses capacités intellectuelles hors normes peut-être considéré comme un monstre. Par ailleurs, le monstre symbolise le gardien d’un trésor, comme le trésor de l’immortalité par exemple, c’est-à-dire l’ensemble des difficultés à vaincre, des obstacles à surmonter, pour accéder enfin à ce trésor, matériel, biologique ou spirituel. Le monstre est là pour provoquer à l’effort, à la domination de la peur, à l’héroïsme. Il intervient en ce sens dans de nombreux rites initiatiques. Il appartient au sujet de « faire ses preuves », de donner la mesure de ses capacités et de ses mérites. Il faut vaincre le dragon, le serpent, les plantes épineuses, toute espèce de monstre, y compris soi-même, pour posséder les biens supérieurs que l’on convoite. Ils montent la garde à la porte des palais royaux, des temples et des tombeaux. Dans de nombreux cas, le monstre n’est en effet que l’image d’un certain moi, ce moi qu’il faut vaincre pour développer un moi supérieur. Le conflit est souvent symbolisé dans l’imagerie antique par le combat de l’aigle et du serpent.

En tant que gardien du trésor, le monstre est aussi « signal du sacré ». On pourrait dire : là où est le monstre, là est le trésor. Rares les lieux sacrés à l’entrée desquels ne soit posté un monstre : dragon, naja, boa, tigre, griffon, etc. L’arbre de vie est sous la surveillance des griffons ; les pommes d’or des Hespérides sous celle du dragon, ainsi que la toison d’or de Colchide ; le cratère de Dionysos sous celle des serpents ; tous les trésors de diamants et de perles, de la terre et des océans, sont gardés par des monstres. Toutes les voies de la richesse, de la gloire, de la connaissance, du salut, de l’immortalité sont préservées. On ne s’en empare que par un acte héroïque. Le monstre tué, qu’il soit extérieur ou qu’il soit intérieur à nous-mêmes, l’accès au trésor est ouvert.

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Le monstre relève aussi de la symbolique des rites de passage : il dévore le vieil homme, pour que naisse l’homme nouveau. Le monde qu’il garde et dans lequel il introduit n’est pas le monde extérieur de trésors fabuleux, mais le monde intérieur de l’esprit, dans lequel on n’accède que par une transformation intérieure. C’est pourquoi on voit dans toutes les civilisations des images de monstres avaleurs, androphages et psychopompes, symboles de la nécessité d’une régénération. Ce que l’on a considéré, par exemple, comme des monstruosités des révolutions prend un sens tout particulier à la lumière de cette interprétation : elle signifie que la révolution peut aller jusqu’à une transformation radicale de l’homme, pour le rendre apte à vivre dans un monde nouveau. « Meure le vieil homme, vive l’homme nouveau » : cette formule pourrait résumer la symbolique du monstre.

Dans la tradition biblique, le monstre symbolise les forces irrationnelles : il possède les caractéristiques de l’informe, du chaotique, du ténébreux, de l’abyssal. Le monstre apparaît donc comme désordonné, privé de mesure, il évoque la période d’avant la création de l’ordre. Ezéchiel parle de ses quatre aspects : il se manifeste dans la tempête avec une grosse nuée et une gerbe de feu ; il paraît signifier les quatre vents et les quatre points cardinaux. C’est l’orage, avec ses nuages sombres, le tonnerre et les éclairs. Le monstre est souvent associé non seulement au vent, mais aussi à l’eau, l’eau appartenant au monde souterrain ; le royaume sous terre est aussi le domaine du monstre. Il en est d’ailleurs de même pour l’homme. Celui-ci naît du vent (esprit) et de l’eau. Aussi chaque homme comporte-t-il son propre monstre, avec lequel il doit constamment lutter. Le monstre répand la terreur là où il apparaît et l’homme l’affronte à chaque instant.

Le monstre est encore le symbole de la résurrection : il avale l’homme, afin de provoquer une nouvelle naissance. Tout être traverse son propre chaos avant de pouvoir se structurer, le passage par les ténèbres précède l’entrée dans la lumière. Il convient de dépasser en soi-même l’incompréhensible, qui es terrifiant parce qu’il est incompréhensible et qu’il paraît privé de lois. Or, l’incontrôlable possède cependant ses propres lois. Ce thème est illustré par Jonas qui, englouti dans le ventre d’un monstre mari, en sortira profondément changé.

Selon Diel, les monstres symbolisent une fonction psychique, l’imagination exaltée et erronée, source des désordres et des malheurs ; c’est une déformation maladive, un fonctionnement malsain de la force vitale. Si les monstres représentent une menace extérieure, ils révèlent aussi un péril intérieur : ils sont comme les formes hideuses d’un désir perverti. Ils procèdent d’une certaine angoisse, dont ils sont les images. Car l’angoisse est un certain état convulsif, composé de deux attitudes diamétralement opposées : l’exaltation désireuse et l’inhibition craintive. Ils sortent généralement de la région souterraine, de cavités, des antres sombres ; tout autant d’images du subconscient.

Bien des artistes ont représenté des monstres. En effet, dès les premières représentations artistiques, on trouve des hommes à tête d’animaux ou des animaux fantastiques mélangeant les caractéristiques de plusieurs bêtes. Depuis toujours, l’homme a représenté des personnages angoissants et imaginaires. Mêmes les œuvres religieuses représentent fréquemment des monstres. Parmi les artistes ayant représentés des monstres, on trouve Jérôme Bosch, Francisco Goya et Giger.

goya-le-sabbat-des-sorcieres Le Sabbat des Sorcières – Francisco Goya

Dans toutes les mythologies, le monstre est omniprésent. Dans la mythologie gréco-latine, le plus célèbre est la Gorgone, dont le masque de méduse pétrifiait les humains, d’où le terme « méduser ». Les croyances païennes font resurgir la figure du monstre, assimilé à une terreur collective. Le monstre est souvent double et se cache sous une apparence humaine. La thématique du loup-garou en est un exemple. La résurgence de la mythologie, après l’Humanisme, traite les figures de monstre de façon ornementale, et souvent allégoriques, voire même métaphysiques. Dans sa reprise de la fable d’Apulée, La Fontaine, dans les Amours de Psyché, présente un « monstre » de galanterie : l’Amour.

Il existe également des monstres célèbres dans la littérature, comme Quasimodo dans Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, ou bien Dracula, ou encore le monstre crée par le docteur Frankenstein, dans le roman homonyme de Mary Shelley.

godzillaPlus moderne, Godzilla, monstre du cinéma japonais, qui a l’apparence d’un lézard géant préhistorique.

Enfin, il y eu dans des monstres célèbres comme l’anencéphale de Vichy dont l’histoire est relatée par P. Duvic en 1973 dans un livre intitulé « Monstres et monstruosités ». Il y a aussi Joseph Merrick, dit Elephant Man, l’homme-éléphant, rendu célèbre par le film de David Lynch. Hors norme aussi le Russe Fédor Machnov qui mesurait 2m82 et pesait 187 kg.

Il y eut également l’Américain Isaac Spragues qui, à l’âge de dix ans se met subitement à maigrir pour ne plus peser que 20 kg jusqu’à la fin de sa vie, tout en ayant une taille normale. Et tant d’autres encore dont la célèbre femme à barbe. 

Enfin, comment ne pas évoquer la chauve-souris de par son aspect monstrueux, d’autant que selon la loi mosaïque, c’est un animal impur, devenu le symbole de l’idolâtrie et de la frayeur. Pourtant, en Extrême-Orient, la chauve-souris est symbole de bonheur parce que le caractère fou qui la désigne est l’homophone du caractère qui signifie bonheur. Son image accompagne parfois le caractère longévité dans l’expression des souhaits.

Chez les Mayas, la chauve-souris est l’une des divinités incarnant les forces souterraines. La « Maison de la chauve-souris » est l’une des régions souterraines qu’il faut traverser pour atteindre le pays de la mort. La chauve-souris est le maître du feu. Elle est destructrice de la vie, dévoreuse de lumière, et apparaît donc comme un substitut des grandes divinités chthoniennes. Elle est également divinité de la mort chez les Mexicains qui l’associent au point cardinal Nord et la représentent souvent combinée avec une mâchoire ouverte, parfois remplacée par un couteau sacrificiel.

chauve-souris  

Pour les Indiens Zuni, les chauves-souris sont les annonciatrices de la pluie. Dans un mythe des Indiens Chami, apparentés au groupe Choko, sur le versant Pacifique de la cordillère des Andes colombiennes, le héros mythique Aribada tue la chauve-souris Inka (le vampire) pour s’emparer de son pouvoir d’endormir ses victimes. On dit en effet que le vampire, lorsqu’il veut mordre un homme endormi, généralement entre les orteils, pour lui sucer le sang sans l’éveiller bat constamment des ailes. Aribada, s’étant emparé de ce pouvoir, s’introduit la nuit auprès des femmes endormies et agite deux mouchoirs, l’un blanc et l’autre rouge, pour abuser d’elles à leur insu. Ceci est à rapprocher des pouvoirs érotico-libidineux déjà reconnus à la chauve-souris par Pline.

En Afrique, d’après une tradition peule d’initiation, la chauve-souris revêt une double signification. Au sens positif, elle est l’image de la perspicacité : être qui voit même dans l’obscurité, quand tout le monde est plongé dans la nuit. Au sens négatif, elle est la figure de l’ennemi de la lumière, de l’extravagant qui fait tout à rebours et qui voit tout  l’envers comme un homme pendu par les pieds. Ses grandes oreilles, en diurne sont l’emblème d’une ouïe développée pour tout capter ; en nocturne : ce sont des excroissances hideuses. Quand elle est souris volante en nocturne, elle est aveuglement aux vérités les plus lumineuses et entassement par grappes de puanteurs et laideurs morales ; en diurne : elle est image d’une certaine unité des êtres, leurs limites, s’effaçant dans l’hybride grâce à des alliances.

Dans l’iconographie de la Renaissance, illustrant de vieilles légendes, la chauve-souris, seul être volant qui possède des mamelles, symbolisait la femme féconde. On la voyait auprès d’Artémis, la déesse aux nombreuses mamelles qui, bien qu’elle fut vierge ou plutôt en raison de cette qualité, protégeait la naissance et la croissance.

Dans les traditions alchimistes, l’ambiguïté de cette nature hybride, la souris-oiseau, explique l’ambivalence de ses symboles : la chauve-souris représente l’androgyne, le dragon ailé, les démons. Ses ailes seraient celles des habitants de l’enfer. Une riche iconographie illustre ces interprétations.

La chauve-souris symbolise encore d’être définitivement arrêté à une phase de son évolution ascendante : il n’est plus le degré inférieur, pas encore le degré supérieur ; oiseau manqué, il est bien, comme disait Buffon, « un être monstre ».

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Bibliographie 

Dictionnaire des symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

 

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