LA TURQUOISE : UNE PIERRE SCORPION

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 15-11-2009

Sa Vertu : la purification

                                                Son Don : la confiance

Considérée comme porte-bonheur depuis des siècles, la turquoise est utilisée pour ses pouvoirs magiques. Cela est dû à ses vibrations et à son action sur les corps subtils. Pour les Tibétains, la turquoise symbolise le ciel et l’eau, apportant chance et protection. Cette pierre absorbe les énergies négatives et, par son effet purificateur, instaure la paix et la joie. Le chef apache Geromino possédait une turquoise, celle-ci lui favorisait des visions. Cette pierre est une aide précieuse pour qui veut acquérir la sagesse.

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La turquoise purifie et éloigne les énergies négatives. Elle permet de libérer les émotions bloquées et les peurs. C’est aussi un porte-bonheur quand elle est offerte. Sur le plan physique, du fait qu’elle comporte du cuivre dans sa composition chimique, elle active la circulation d’énergie dans le corps. C’est d’ailleurs sa composante « cuivre » qui lui donne son aspect opaque et surtout sa couleur bleu-vert.

Et c’est pour ça que la Turquoise est rattachée au Scorpion, signe Fixe, représentant la densification de l’énergie, la force et aussi l’inertie. Ce signe qui a mauvaise réputation et en fait l’incompris du zodiaque. Rattaché aux profondeurs de l’inconscient, c’est un signe d’intensité, habité par les questions sur la vie, la mort et l’autodestruction.

Pour en revenir à la turquoise son nom viendrait de l’italien et serait la « pierre turque », peut-être parce qu’elle est apparue en Europe à l’époque des croisades. Pour finir, elle a donné son nom à une nuance de bleu. Depuis longtemps, elle est appréciée et utilisée par les artisans et les orfèvres comme pierre gemme. Aujourd’hui, elle est concurrencée par des imitations et des substituts synthétiques. Aussi si vous souhaitez la porter pour ses propriétés et ses vertus, vérifiez qu’il ne s’agit pas d’une turquoise synthétique.

L’exploitation de la turquoise est très ancienne ; si beaucoup de gisements sont aujourd’hui épuisés, d’autres fournissent encore quelques pierres. Depuis au moins 2 000 ans, l’ancien territoire de la Perse, aujourd’hui l’Iran, reste l’une des plus importantes régions productrices du monde. L’un des gisements les plus vieux est celui du mont Ali-mersai, dans l’actuelle province du Khorasan.

Sous la première dynastie des pharaons, et peut-être même avant, les Égyptiens utilisaient la turquoise et l’extrayaient de la péninsule du Sinaï. Les mines de Serabit el-Khadin et Wadi Maghareh représentent sans doute les plus anciennes mines. La couleur de la pierre est plus verte que la turquoise iranienne.

Aux Etats-Unis, aux XIe ou XIIe siècles, la Turquoise, était exploitée dans le Chaco Canyon. On trouvait autrefois beaucoup de turquoise dans les états du Sud-Ouest des États-Unis : Arizona, Californie, Colorado, Nouveau-Mexique, Nevada. Aujourd’hui, seul le site d’Apache Canyon en Californie donne de bons rendements.

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Reportez-vous, par la pensée, à l’époque où le globe terrestre n’avait pas encore l’aspect que vous lui connaissez. Des masses énormes de matières diverses dérivaient, se choquaient, fusionnaient, se déplaçaient. Des températures fabuleuses, associées à des pressions gigantesques, permettaient des amalgames impossibles à concevoir de nos jours mais dont nous constatons les résultats. Certains de ces bouleversements géants ont donné naissance à des cristaux. Les uns furent colorés, d’autres non. C’est à ces cristaux colorés, précieux à cause de leur rareté, que fut attribué le nom de « pierres précieuses de couleur ».

La turquoise est ancienne et pourtant, elle est toujours au top de la mode. Son bleu ciel brillant appartient aux couleurs favorites, de tous les temps et de toutes les tendances, de la mode internationale. Dans toutes les traditions culturelles, qu’elles soient du Nouveau Monde ou de l’Ancien, la turquoise a été considérée comme une pierre sacrée, un porte-bonheur, un talisman. Elle était utilisée par les Egyptiens, 6 000 ans avant Jésus-Christ. On a retrouvé des bracelets en turquoise sur les bras de la momie de la Reine Zar, Reine de la première dynastie, soit 5 500 avant Jésus-Christ. Les mines de Nishapur en Perse étaient connues pour l’excellente qualité de leurs turquoises. Cette pierre était d’ailleurs un article de troc pour les premiers Persans.

Dans l’ancien royaume de Perse, on portait généralement la turquoise en collier, ou en bague, comme protection pour éloigner le spectre d’une mort, autre que naturelle. Si la pierre changeait de couleur, il y avait, pour qui la portait, un danger imminent. Depuis ces temps reculés, on s’est en effet aperçu que la turquoise était susceptible de changer de couleur mais cette réaction n’indique en rien un danger quelconque. La raison véritable en est plutôt l’influence de la lumière, l’effet des produits cosmétiques, de la poussière ou même de la variation du degré d’acidité de la peau, tous motifs susceptibles de provoquer une réaction chimique de la pierre.décorant des poignards, des cimeterres ou des harnais de chevaux.
On retrouve aussi la Turquoise au Turkistan au cours des Ier et IIIe siècles avant notre ère. En Inde et au Tibet, on l’employait en médecine, dans l’art et la bijouterie. La Turquoise ne devint populaire en Europe qu’après la Renaissance.

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A une certaine époque, la turquoise était censée être à l’origine de la richesse matérielle de qui en était porteur. Al Kazwini, philosophe persan, écrivait par exemple : « Qui porte à la main une turquoise et s’en sert comme sceau, ne sera jamais pauvre ». La turquoise était appréciée, en tant que pierre ornementale pour les turbans. Elle était souvent portée en colliers, censés protéger du « mauvais oeil ». On s’en servait aussi come talisman.

En Amérique du Nord, les Indiens Anasazi extrayaient ce minerai dans le sud-ouest du continent américain. Les Indiens Navajo pensaient que la turquoise était un morceau du ciel tombé sur terre. Les Apaches, eux, croyaient qu’elle combinait les esprits de la mer et du ciel afin d’aider les guerriers et les chasseurs. Les Zunis disaient qu’elle les protégeait des démons et les Aztèques réservaient la turquoise à l’usage exclusif des Dieux et la pierre ne pouvait être portée par des mortels. Ils décoraient leurs masques de cérémonie de cette pierre, qui, d’après leurs croyances, était une «pierre sacrée». Aujourd’hui, les Indiens d’Amérique du Nord fabriquent toujours des pièces de joaillerie traditionnelle, en argent, et les sertissent de turquoises. Ils croient que cette pierre-gemme, couleur de ciel, établit un lien direct entre le divin et le terrestre.

De tous temps, la turquoise a été, dans l’Histoire, une protection qui éloignait l’influence des puissances obscures ou maléfiques et protégeait contre elles. A une époque reculée, elle protégeait les cavaliers et leurs chevaux, de chutes accidentelles. De nos jours, elle est tenue pour la pierre bénéfique des aviateurs, du personnel navigant et autres professions, qui ont besoin de protection particulière, pour éloigner le spectre des accidents.

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La turquoise, considérée comme pierre de vie et de bonne fortune, avait même des propriétés curatives. Elle était employée comme un médicament par les Indiens qui pensaient qu’elle soignait les désordres gastriques, les hémorragies internes, les piqûres de serpents et de scorpions. En plaçant les pierres, directement ou en baume, sur les paupières on pouvait prévenir la cécité. En talisman, elle protégeait des blessures par accident et de la folie. Dans l’enseignement moderne des « Pouvoirs de guérison des Pierres » il est recommandé de porter des turquoises, si l’on éprouve quelque inquiétude, génératrice possible de dépression, devant les problèmes que pose la vie quotidienne. Leur couleur claire et gaie est censée apporter de la confiance en soi, aux personnes qui se sentent écrasées. La turquoise est également très populaire en tant que gage d’amitié car elle a la réputation d’être un élément de fidélité et de relations solides.

La turquoise est un aluminophosphate de cuivre, de dureté 6, c’est-à-dire considérablement moins dure que le quartz. Rappelons que le diamant est de dureté 10. Elle se trouve naturellement, dans toutes les nuances allant du bleu ciel au vert grisâtre, là où, d’ordinaire, le sol recèle du cuivre en forte proportion. Toutefois, il n’y a que les meilleures qualités qui aient la couleur typique de la turquoise. Dans les pierres ordinaires, elle est plutôt légère et va du bleu tirant sur le vert au vert pâle. La couleur bleue vient du cuivre, alors que la teinte verte vient du fer ou du chrome. Il est fréquent que la matière soit veinée ou comporte des taches qui, suivant le cas, sont brunes, grisâtres ou même noires. Ces marques, plus ou moins accentuées sont appelées «toiles d’araignée». Les microcristaux sont vraiment minuscules et, généralement, invisibles à l’œil nu. En général, les turquoises se trouvent incrustées, soit en filons, soit en nodules, soit en pépites.  

Les endroits où l’on trouvait de la turquoise étaient bien connus des Indiens, bien avant l’arrivée des mineurs, d’ailleurs un commerce s’était développé avec les tribus de la Côte Pacifique qui échangeaient des coquillages contre des turquoises. La pierre était aussi employée dans la religion, l’art, le commerce et les négociations de traités. Cette belle pierre est restée la pierre des Indiens du Sud qui continuent de la travailler. D’ailleurs, les gisements les plus connus se trouvent aux USA et au Mexique, ainsi qu’en Israël, en Iran, en Afghanistan et en Chine. Les plus belles viennent du Nord de l’Iran.  Elles ont un merveilleux bleu tendre. Il est très rare qu’on taille la turquoise à facettes. Elle est, d’habitude, taillée en cabochon ou en boule. On la taille également en formes fantaisies.  

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La turquoise est relativement tendre et, donc, très délicate. Du fait que, même les meilleures qualités sont susceptibles de pâlir à l’usage, on enduit aujourd’hui, de cire, les pierres de toutes spécifications, de façon à ce que ce traitement améliore leur résistance. Il va, en effet, donner à ces pierres si sensibles, une plus grande robustesse. On trouve également, en abondance, des turquoises qui ont été enduites de résines synthétiques. Elles sont d’un prix très abordable. Leur couleur est gaie et elles sont bien résistantes. Mais il est bon de faire attention car, beaucoup d’entre elles, sont susceptibles d’avoir été baignées dans une solution colorante, avant d’avoir été enduites de cire et, d’après les règles de l’ICA, ce processus doit obligatoirement être déclaré. Il existe, en outre, des pierres qui sont faites de poudre de turquoise et sont dites « reconstituées ».

A cause de leur sensibilité particulière, presque toutes les turquoises ont donc été traitées de façon à préserver leur beauté. Mais la nature des traitements diffère considérablement. Il tombe sous le sens que les pierres qui étaient naturellement belles et qui ont été simplement enduites de cire ou endurcies grâce à de la résine artificielle, atteignent des prix plus élevés et soient plus appréciées, que celles qui ont été traitées de façon à en renforcer la couleur. Il vaut donc mieux acheter une turquoise chez un bijoutier en qui vous avez confiance. La meilleure qualité de turquoises est d’un bleu ciel, pur. Une telle couleur a de la valeur avec ou sans les veinules en toile d’araignée. La qualité décroît, quand augmente la composante de couleur verte. De même, elle baisse quand s’accroissent la quantité de taches et les irrégularités dans les fils d’araignée.
La turquoise doit être gardée à l’abri des produits cosmétiques, de la chaleur trop intense et de la lumière trop forte. Voici une pierre qui n’apprécie guère le bain de soleil. Il est bon de la nettoyer de temps à autre avec un chiffon doux, après qu’on l‘ait portée. La couleur de la turquoise procure une sensation de bonheur et de relaxation car elle réunit le bleu du ciel et le vert tonique des flots marins. C’est un morceau de ciel qu’on porte sur soi.

Dans le folklore français, les noces de Turquoise correspondent à 18 ans de mariage.

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Bibliographie : Dictionnaire des Symboles Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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LEGUME OU FRUIT DU SOLEIL… LA POMME D’OR

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 08-08-2009

Chez les Aztèques, c’était un « fruit charnu ». On l’appelait la « tomalt ». Elle était plutôt petite et jaune, très répandue au Mexique et au Pérou. C’est de là-bas que les conquistadors espagnols l’ont rapportée en Europe sous forme de petites graines, « la tomata ». Adoptée pour sa consommation dès le XVIIe siècle dans le sud de la France, la tomate a longtemps été, au nord de la Loire, considérée comme une plante d’ornement. C’est en 1790, pendant les fêtes de la Révolution, que les Marseillais l’ont fait goûter et découvrir aux Parisiens.

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La première attestation de « tomate » en français date de 1598 dans la traduction de l’ouvrage de José de Acosta, « Historia natural y moral de las Indias », par Robert Regnault. Le mot « Tomate » n’est entré dans le dictionnaire de l’Académie française qu’en 1835, le fruit s’est longtemps appelé « pomme d’amour » ou  » pomme d’or ». Le nom de la tomate figure dans les « mots sans frontières » recensés par Sergio Corrêa da Costa. On le retrouve en effet dans de nombreuses langues avec de faibles variations phonétiques et orthographiques. On a ainsi dans les langues européennes : tomato en anglais, tomate en allemand, espagnol, français et portugais, tomat en danois, norvégien, suédois et estonien, tomaat en néerlandais, à l’exception notable de l’italien, pomodoro. Quoiqu’il en soit la tomate, dont l’appartenance à la famille des Solanacées avait été reconnue par les botanistes de la Renaissance, a été classée scientifiquement par Linné en 1753 dans le genre Solanum avec comme nom binomial Solanum lycopersicum.

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La tomate est donc bien un légume solaire, le légume du Soleil, le légume du plein été, lorsque le Soleil est le plus haut dans le ciel et où nous ressentons le mieux les bienfaits de ses rayons et de sa chaleur… Ne dit-on pas « rouge comme une tomate » quand on a pris un coup de soleil. On le dit aussi d’ailleurs quand on rougit de confusion.

Cependant, comme on vient de le voir, en Italie la tomate est appelée « pomodoro », la « pomme d’or » et cet or est une autre référence au soleil et au signe du Lion, qui correspond au milieu de l’été, signe dont on dit que le Soleil y est en domicile.  Cette pomme d’or invite à s’interroger : et si la tomate avait été connue des dieux grecs, bien avant que nous ne la découvrions chez les Aztèques. Et voilà ce mythe de la pomme de la discorde nous fait douter… Ce serait donc une tomate qui serait à l’origine de la guerre de Troie ?

Pâris était l’un des plus jeunes fils du roi Priam et de la reine Hécube, les souverains de Troie. Il avait pour frère Hector qui trouvera la mort durant la guerre de Troie et, pour sœur, Cassandre, la voyante que personne ne croyait. Un peu avant de le mettre au monde, sa mère, la reine Hécube, rêva qu’elle donnait naissance à une torche qui incendiait et détruisait toute la ville, ou bien qu’un monstre aux cent bras mettait la cité en ruine. Un devin, Aesacos, fils que Priam avait eu de la nymphe Alexirrhoé, ou bien une Sybille, avertit Priam que ce rêve était de mauvais augure et que l’enfant devait mourir ; Priam confia alors le nouveau-né à un berger, Agélaos, qui l’abandonna sur le Mont Ida. Mais cinq jours plus tard, le berger le retrouva toujours vivant, car une ourse l’avait nourri ; il eut pitié de l’enfant et l’éleva comme son propre fils. Pâris devint un jeune homme d’une beauté frappante et, le moment venu, il se réconcilia avec sa famille. En effet, Priam avait envoyé des serviteurs dans la montagne pour rapporter un taureau destiné à être le prix des jeux funèbres donnés par le roi. Le taureau choisi était l’animal favori de Pâris, et ce dernier suivit les serviteurs, bien décidé à prendre part aux jeux et à reconquérir l’animal. En effet, il remporta de si belles victoires qu’il excita la jalousie des fils de Priam et lorsque Deïphobe tira l’épée contre lui, il chercha refuge à l’autel de Zeus dans la cour du palais. Cassandre l’aperçut et reconnut en lui le fils que Priam avait perdu ; Pâris fut alors accueilli, et la vision de la reine Hécube oubliée. Auparavant, Pâris avait épousé une nymphe, Oenoné, fille du fleuve Cébren, et continua à vivre avec elle sur le Mont Ida, en gardant les troupeaux de son père avec ses camarades.

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Les Noces de Thétis et de Pelée par Cornelis Van Haarlem (1593)

C’est là qu’Hermès (Mercure), sur l’ordre de Zeus (Jupiter), conduisit Pâris auprès d’Héra (Junon), Athéna (Minerve) et Aphrodite (Vénus) qui se disputaient la pomme d’or lancée par Eris (la Discorde) lors des noces de Thétis et de Pélée : le fruit portait l’inscription « à la plus belle ». Chacune des trois déesses essaya d’acheter le beau juge : Héra lui offrit l’empire de la terre toute entière ; Athéna, la victoire dans tous les combats et Aphrodite lui offrit la plus belle femme du monde. Ce fut cette dernière proposition qui convainquit Pâris et il accorda le prix à Aphrodite. Dès lors la déesse le protégea et fit en sorte qu’il rencontre Hélène, épouse de Ménélas le roi de Sparte en Grèce.

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Le jugement de Pâris – Miniature

Priam, sans doute sous l’influence d’Aphrodite, envoya Pâris le représenter auprès du roi de Sparte. <peut-être Pâris déclara-t-il qu’il avait l’intention de ramener Hélène avec lui, car la jeune femme était célèbre pour sa beauté et avait été demandée en mariage par tous les jeunes princes de Grèce. On racontait aussi qu’Hélénos et Cassandre avaient prédit à ce moment-là que le départ de Pâris apporterait la ruine de Troie. Oenoné, la compagne de Pâris, sentant qu’il allait l’abandonner, lui demanda de revenir près d’elle sur le Mont Ida s’il était blessé, qu’elle le soignerait grâce à ses connaissances en médecine.

Lorsque Pâris arriva à Sparte, Ménélas l’accueillit avec hospitalité tandis que sa femme Hélène tombait éperdument amoureuse de lui. Neuf jours plus tard, Ménélas dut se rendre aux funérailles de son grand-père Catrée, en Crète, et Pâris s’enfuit avec Hélène, emportant avec lui les trésors magnifiques des coffres de Ménélas.

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Hélène et Pâris – Musée du Louvre – DAVID (1788)

Les traditions diffèrent sur le temps que les deux amants mirent pour atteindre Troie. Quoi qu’il en soit,  quand il se fut révélé impossible de régler le différend par la voie diplomatique, une immense armée recrutée dans la plupart des royaumes et principautés de Grèce attaqua Troie sous le commandement suprême d’Agamemnon, le frère de Ménélas. Notez au passage l’enchaînement des événements qui président à un destin et toujours à partir d’un fait qui semble bien anodin. Cette pomme d’or allait en effet être à l’origine d’une guerre longue et impitoyable et la chute de Troie.

Cette pomme d’or provenait du jardin des Hespérides, qui n’étaient pas encore ces résidences médicalisées pour personnes âgées dont on voit les publicités dans les journaux. Les Hespérides étaient les filles d’Atlas et d’Hespéris. Elles vivaient dans un jardin plein de pommes d’or mais dont l’entrée était gardée par un dragon. Héraclès (Hercule) triompha du dragon et s’empara du jardin avec toutes ces richesses. Le mythe évoque l’existence d’une sorte de Paradis, objet des désirs humains, et d’une possibilité d’immortalité, que symbolise les pommes d’or ; le dragon désigne les terribles difficultés d’accès à ce Paradis et Héraclès, le héros qui triomphe de tous les obstacles. L’ensemble est un des symboles de la lutte de l’homme pour parvenir à la spiritualisation qui lui assurera l’immortalité. Atlas, dit la légende, enseigna l’astronomie à Héraclès, le dragon donna son nom à une constellation et Héraclès fut identifié au Soleil. Maintenant, en ce qui concerne ces pommes d’or si le « pomodoro » italien évoque une tomate, il y en a qui affirme que la pomme d’or de la discorde provenant du jardin des Hespérides étaient une orange… Qui le saura jamais ?

Toutefois, on peut affirmer que le bonheur est dans la tomate… Savoureuse et pleine de qualités, très revitalisante, c’est une alliée de la minceur. Avec elle, on se sent bien. En effet, ce fruit-légume a des vertus thérapeutiques reconnues, comme nous l’ont confié nos grands-mères. Une compresse imbibée du jus d’une tomate fraîche soulage les piqûres d’insectes. Coupée en rondelles, une tomate peut aussi soigner un coup de soleil. Il semblerait que ceux qui en mangent beaucoup y soient moins sujets. Essayez-la aussi en masque sur les paupières pour calmer des yeux irrités.

De même la tomate est très bonne pour la peau, grâce à ses antioxydants : elle assainit et éclaircit le teint. Pour un bon nettoyage de peau, appliquez tous les trois ou quatre jours du jus de tomate ou de la pulpe de tomates fraîches sur le visage et les mains et rincez à l’eau. Tout comme la carotte, la tomate est très riche en lycopène, elle stimule le bronzage et l’effet bonne mine.

En Crète, la tomate est l’une des composantes de la fameuse diète méditerranéenne qui permet de vivre longtemps et en bonne santé. Dégustée crue, c’est en début de repas, ou comme coupe-faim, qu’elle est idéale. Très pauvre en calories, la tomate est très riche en eau, donc rafraîchissante et hydratante. Riche en vitamines C et en magnésium, on en mange à volonté pour chasser les toxines et la fatigue. Ses anti-oxydants contenus dans le lycopène font baisser les mauvaises graisses et l’hypertension.

Enfin, au jardin, le purin de tomate, obtenu par macération de feuilles et tiges dans l’eau, serait efficace pour prévenir ou éloigner certains insectes parasites, notamment les pucerons.

Avec son arôme, son odeur, sa fraîcheur en bouche, la tomate justifie le vieux dicton provençal : « C’est la sauce tomate qui fait la bonne viande ». Avec la tomate, le rouge est multiple. Dans la famille des tomates rouges classiques, les consommateurs préfèrent d’abord les biens rondes et les charnues très goûteuses, puis celle en grappes si proches de celles du jardin. Parmi les variétés les plus prisées, la grosse cœur de bœuf, charnue et ferme, plutôt acide et très parfumée. Elle est délicieuse, tout simplement revenue à la poêle ou crue, marinée à l’huile d’olive et au jus de citron.

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Ludiques et raffinées, les grappes de petites tomates cerise avec leur léger goût sucré sont exquises à l’heure de l’apéritif ou en pique-nique. On peut aussi les confire ou les plonger dans un caramel croquant en mini pommes d’amour. Dès le mois de juin, la Marmande ronde, fruitée et généreuse, est idéalement équilibrée entre sucré et acide, chair et jus. Résultat : c’est la reine des tartares de tomates et des tomates farcies. Quant à la Roma, à la forme allongée, très ferme mais sucrée et peu juteuse, est encore meilleure à la cuisson, favorite de toutes les sauces italiennes, des soupes et des ratatouilles.

Comme officiellement il existe 14 000 variétés de tomates, il ne faut pas hésiter à goûter des raretés souvent hautes en couleurs, découvertes au hasard de petits maraîchers passionnés. Et revoilà les pommes d’or du jardin des Hespérides avec ces tomates jaunes, moelleuses et douces, les oranges juteuses et très fruitées, idéales pour les salades inventives . Pour les sauces et les potages, les tomates foncées, presque noires, ont une saveur riche avec un goût généreux et prononcé. Pour les vrais amateurs, les roses, délicates, subtilement aromatiques, s’expriment naturellement avec quelques cristaux de fleur de sel. Les zébrées se dégustent tout simplement crues, avec un filet d’huile d’olive. En fin de saison, on trouve les tomates vertes, charnues et sucrées, cuites en confitures, relevées d’une gousse de vanille et de citron.

Histoire de la tomate à travers les siècles

Elle fut introduite en Europe, au début du XVIe siècle par les Espagnols, d’abord en Espagne, puis en Italie, par Naples, alors possession de la couronne espagnole. Initialement considérée comme plante ornementale, elle est cultivée depuis le XVIIIe siècle pour son fruit, consommé comme légume. La première mention de la tomate dans la littérature européenne apparaît dans un ouvrage publié pour la première fois en 1544, les « Comentari » de Pietro Andrea Mattioli, botaniste et médecin italien, qui en donne une description sommaire au chapitre consacré aux mandragores et l’appelle « pomi d’oro » « mala aureo » : pomme d’or. La plante étant de la même famille que la belladone, ses fruits n’étaient pas considérés comme comestibles, mais utiles en médecine.

En Grande-Bretagne, John Gerard, botaniste et chirurgien anglais, fut le premier à cultiver la tomate dans les années 1590. Il représenta la plante qu’il considérait comme vénéneuse, y compris le fruit, dans son herbier « The Her all or General Historie of Plantes ». Son avis négatif prévalut en Grand-Bretagne et dans les colonies britanniques d’Amérique du Nord pendant encore deux siècles.

L’introduction en France fut lente. Elle commença par la Provence. En 1600, Olivier de Serres, un des premiers agronomes français, qui cultivait son domaine du Pradel dans l’Ardèche, classe la tomate parmi les plantes d’ornement. Voici ce qu’il écrivait dans « Le théâtre d’agriculture et mesnage des champs » : « Les pommes d’amour, de merveille, et dorées, demandent commun terroir et traictement, comme aussi communément, servent-elles à couvrir cabinets et tonnelles, grimpans gaiement par dessus, s’agrafans fermement aux appuis. La diversité de leur feuillage, rend le lieu auquel l’on les assemble, fort plaisant : et de bonne grâce, les gentils fruicts que ces plantes produisent, pendans parmi leur rameure… Leurs fruicts ne sont bons à manger : seulement sont-ils utiles en la médecine, et plaisans à manier et flairer ».

En France, à la fin du XVIIIe siècle, les qualités culinaires du fruit de la tomate sont mises en avant dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert : « Le fruit de tomate étant mûr et d’un beau rouge, et il contient une pulpe fine, légère et très succulente, d’un goût aigrelet relevé et fort agréable, lorsque ce fruit est cuit dans le bouillon ou ans divers ragoûts. C’est ainsi qu’on le mange fort communément en Espagne et dans nos provinces méridionales, où on n’a jamais observé qu’il produisît de mauvais effets ». En 1760, le catalogue de la maison Andrieux-Vilmorin classe encore la tomate comme plante ornementale, les premières variétés potagères apparaissent dans l’édition de 1778 et dans « le Bon jardinier » en 1785. La diffusion de la tomate s’accéléra en France pendant la Révolution avec la montée des Provençaux à Paris pour la fête de la Fédération en 1790. Deux restaurants tenus par des Marseillais, les « Trois frères provençaux » et le « Bœuf à la mode » participèrent à la popularisation de la tomate dans la capitale.

Aux Etats-Unis, le président Jefferson qui avait séjourné en France de 1784 à 1789, fut au début du XIXe siècle un propagandiste de la tomate qu’il fit cultiver dans son domaine de Monticello en Virginie et entrer à la table présidentielle en 1806.

Les fêtes de la tomate

De nombreuses fêtes de la tomate sont organisées dans le monde, notamment aux États-Unis, en Europe et dans divers pays comme Israël, l’Argentine ou l’Australie. Ce sont souvent des « fêtes des plantes » axées sur la tomate et souvent d’autres légumes dans lesquelles sont présentées des fruits de nombreuses variétés, des concours des plus belles tomates, et qui sont l’occasion pour les passionnés d’échanger des semences ou de découvrir de nouvelles recettes.

En France, une « fête de la tomate et des légumes anciens » se tient depuis quelques années à la mi-septembre à Haverskerque (Nord). A Gunnedah (Nouvelles-Galles-du-Sud) en Australie, la « National Tomato Competition » organisée en janvier est un concours de la plus grosse tomate.

Celle qui est organisée chaque année en août à Buñol, commune espagnole de la province de Valence, la « Tomatina », se distingue par son caractère de bataille festive dans laquelle les seules munitions utilisées sont des tomates bien mûres. Une fête similaire, la « Gran Tomatina Colombiana », se déroule en Colombie dans la commune de Sutamarchán chaque année en juin depuis 2005.

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La Tomitina en Espagne

La Tomate dans l’art

Pablo Picasso peignit en août 1944 une série de neuf tableaux représentant un plant de tomate sur le rebord d’une fenêtre. Réalisées dans l’appartement de son ancienne compagne, Marie-Thérèse Walter et de sa fille Maya à Paris, où le peintre s’était réfugié pendant les combats pour la Libération de la capitale, ces peintures sont, selon Jean Sutherland Boggs, « une métaphore pittoresque et décorative de la nécessité pour l’être humain de survivre et prospérer même sous les contraintes de la guerre ».

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Picasso – Pied de tomate

En 1962, Andy Warhol produisit une œuvre intitulée « Campbell’s Soup Cans », constituée d’une série de 32 tableaux représentant une série de boîtes de soupes rouge et blanche de la société Campbell, au premier desquelles la soupe de tomate.

Les formes arrondies de la tomate ont inspiré en 1971 au designer finlandais Eero Aarnio le dessin du « fauteuil tomate » (tomato chair).

Dans un registre humoristique, Alphonse Allais intitula en 1882 un tableau abstrait uniformément rouge « Récolte de la tomate par des cardinaux apoplectiques au bord de la Mer Rouge ».

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Andy Warhol – Robe sauce tomate

Symbolisme et tomates

Chez les Bambaras, peuple d’Afrique de l’Ouest (Mali, Sénégal, Guinée), la tomate est un symbole de fécondité, et les couples doivent en manger avant de s’unir. La tomate est l’emblème, fruit ou légume officiel, de plusieurs États américains :

  • Arkansas (fruit et légume officiel), il s’agit d’une variété à fruits roses, la « South Arkansas Vine Ripe Pink Tomato »,
  • Louisiane (légume officiel), variété Creole tomato,
  • New-Jersey (légume officiel),
  • Ohio (fruit officiel),
  • Tenessee (fruit officiel).

        ·      En outre, le jus de tomate est la boisson officielle de l’Ohio.

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Le parti socialiste néerlandais a adopté comme symbole une tomate rouge qui figure dans son logo.

 

Fruit ou Légume

D’un point de vue botanique, la tomate est indiscutablement un fruit, puisqu’elle dérive, y compris ses graines, de la transformation de l’ovaire d’une plante à fleurs. Cependant, d’un point de vue culinaire, elle n’a pas le même goût sucré que les fruits consommés comme tels, le plus souvent à la fin du repas, et est généralement servie, comme légume, dans des préparations salées, en entrée ou en salade, ou en accompagnement du plat principal. L’origine de la controverse vient du fait que les tomates sont traitées comme des fruits dans les pratiques de conserve domestique. Les tomates ont en effet une acidité suffisante pour être préparées à l’eau plutôt que dans un stérilisateur à vapeur comme c’est le cas pour les « légumes ».

Cette controverse a eu des implications légales aux États-Unis. En 1887, des droits de douane appliqués aux légumes mais pas aux fruits ont fait du statut de la tomate un sujet d’importance au regard de la loi. La Cour suprême des États-Unis mit fin à la controverse le 10 mai 1893 en déclarant que la tomate était un légume, selon la définition populaire qui classe les légumes, généralement servis au cours du repas et non au dessert, en fonction de leur utilisation. La décision s’applique seulement à l’interprétation du tarif douanier du 3 mars 1883 et la Cour ne prétend pas reclasser la tomate pour d’autres considérations que celles relatives au paiement de taxes douanières.

La tomate a été choisie comme légume-emblème officiel par l’État du New Jersey. L’Arkansas en revanche n’a pas tranché entre fruit et légume en faisant de la variété « South Arkansas Vine Ripe Pink Tomato » à la fois le fruit-emblème et le légume-emblème de l’État, dans une décision unique citant ses usages culinaires et la classification botanique. En 2006, la chambre des représentants de l’Ohio adopta une loi qui devait déclarer la tomate comme le fruit-emblème de l’État, mais elle ne fut pas ratifiée par le Sénat et il fallu attendre avril 2009 pour qu’une nouvelle loi fasse de la tomate le fruit officiel de l’Ohio. Le jus de tomate est depuis 1965 la boisson officielle de l’Ohio. A.W. Livingston, originaire de Reynoldsburg (Ohio), a joué un grand rôle dans la popularisation de la tomate vers la fin des années 1800.

Du fait de la définition scientifique du fruit, la tomate reste considérée comme un fruit aux États-Unis dès lors qu’il ne s’agit pas de questions douanières. Ce n’est d’ailleurs pas le seul fruit botanique consommé comme légume : l’aubergine, le concombre et les courges de toutes sortes partagent la même ambiguïté.

Tomates et records

L’immense pied de tomate qui pousse dans les serres expérimentales du parc Disney d’Orlando en Floride est probablement le plus grand du monde. La plante a été reconnue par le Livre Guinness des records pour sa production de 32 000 tomates d’un poids total de 522 kg. Elle produit des milliers de tomates en même temps sur un seul pied. Yong Huang, directeur de science agricole à Epcot, a découvert ce plant unique à Pékin (Chine). Huang en rapporta des graines à Epcot et fit construire une serre spécialisée. Les tomates, qui ont la taille d’une balle de golf, sont servies dans les restaurants du parc Disney. Les visiteurs peuvent voir ce pied de tomate record en empruntant le parcours en bateau Living with the Land du parc d’Epcot.

La plus grosse tomate jamais récoltée pesait 3,51 kg. Cette tomate de la variété ‘Delicious’ fut cueillie aux États-Unis en 1986 dans sa serre à Edmond (Oklahoma) par un certain Gordon Graham.

On qualifie plutôt la tomate de légume car c’est une plante potagère qu’on utilise en quantité généreuse dans des plats plutôt salés. Pourtant, du point de vue botanique, c’est un fruit. Sur la planète, elle tient une place de choix dans notre alimentation. C’‘est d’ailleurs l’un des légumes parmi les plus consommés en France. Avec près de 15 kg par personne et par an, elle arrive en seconde position derrière la pomme de terre. Si les consommateurs la dégustent crue, en salade ou à la croque au sel, et beaucoup en jus, ils l’apprécient tout autant quand elle est farcie, confite, en sauce ou simplement sautée à la poêle. Certains en font même des confitures.

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Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant  - Collection Bouquin –  Editions Robert Laffont/Jupiter

Dictionnaire de la Mythologie - Michael Grant et John Hazel – Editions Marabout

 

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LA PERLE… UNE PETITE CONCRESSION LUNAIRE

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 08-07-2009

Symbole lunaire, la perle est liée à l’eau et à la femme. La constance de ses significations est aussi remarquable que leur universalité, ainsi que l’ont montré en divers livres nombre d’ethnologues.

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Née des eaux ou née de la lune, trouvée dans une coquille, la perle représente le principe Yin : elle est le symbole essentiel de la féminité créatrice. Le symbolisme sexuel du coquillage lui communique toutes les forces qu’il implique ; enfin la ressemblance entre la perle et le fœtus lui confère des propriétés génésiques et obstétricales ; de ce triple symbolisme : Lune-Eaux-Femme, dérivent toutes les propriétés magiques de la perle : médicinales, gynécologiques, funéraires. A titre d’exemple, elle sert, en Inde, de panacée ; elle est bonne contre les hémorragies, la jaunisse, la folie, l’empoisonnement, les maladies d’yeux, la phtisie, etc.… En Europe, elle était utilisée en médecine pour traiter la mélancolie, l’épilepsie, la démence… Chez les Grecs, elle était l’emblème de l’amour et du mariage.

En Orient, ses propriétés aphrodisiaques, fécondantes et talismaniques priment sur les autres. Déposée dans un tombeau, elle régénère le mort en l’insérant dans un rythme cosmique, par excellence cyclique, présupposant, à l’image des phases de la lune, naissance, vie, mort, renaissance.

La thérapeutique hindoue moderne utilise la poudre de perles pour ses propriétés revigorantes et aphrodisiaques. En certaines provinces de l’Inde, on emplit de perles la bouche du mort ; la coutume se retrouve à Bornéo. Quant aux Indiens d’Amérique, Streeter écrit que comme en Egypte au temps de Cléopâtre, en Floride, les tombeaux des Rois étaient ornés de perles. Les soldats de Soto découvrirent, dans un des grands temples, des cercueils de bois où gisaient, embaumés, des morts ; près d’eux étaient de petits paniers remplis de perles. Des coutumes analogues ont été signalées, notamment en Virginie et au Mexique.

Le même symbolisme recouvre l’usage des perles artificielles. Dans les sacrifices et les cérémonies funéraires du Laos, Madeleine Colani précise que : « Les morts sont pourvus de perles pour la vie céleste. On en enfonce dans les orifices naturels du cadavre. De nos jours, les morts sont enterrés avec des ceintures, des bonnets et des habits ornés de perles ».

En Chine, la médecine utilisait uniquement la perle vierge, non perforée, qui passait pour guérir toutes les maladies d’yeux. La médecine arabe reconnaît à la perle des vertus identiques. Avec les Chrétiens et les Gnostiques, le symbolisme de la perle s’enrichit et se complique, sans toutefois jamais dévier de sa première orientation.

Saint Ephrem utilise ce mythe ancien pour illustrer aussi bien l’Immaculée Conception que la naissance spirituelle du Christ dans le baptême du feu. Origène reprend l’identification du Christ à la perle. Il est suivi par de nombreux auteurs. Dans les Actes de Thomas, célèbre écrit agnostique, la quête de la perle symbolise le drame spirituel de la chute de l’homme et de son salut. Elle finit par signifier le mystère du transcendant rendu sensible, la manifestation du Dieu dans le Cosmos.

La perle joue un rôle de centre mystique. Elle symbolise la sublimation des instincts, la spiritualisation de la matière, la transfiguration des éléments, le terme brillant de l’évolution. Elle ressemble à l’homme sphérique de Platon, image de la perfection idéale des origines et des fins de l’homme. Le musulman se représente l’élu au Paradis comme enfermé dans une perle en compagnie de sa houri. La perle est l’attribut de l’angélique perfection, d’une perfection toutefois, non pas donnée, mais acquise par une transmutation. 

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La perle est rare, pure, précieuse. Pure parce qu’elle est réputée sans défaut, qu’elle est blanche, que le fait d’être tirée d’une eau fangeuse ou d’une coquille grossière ne l’altère pas. Précieuse, elle figure le Royaume des Cieux dans l’évangile de Saint Matthieu. Il faut entendre par cette perle qu’on peut acquérir en vendant tout son bien, comme l’enseigne Diadoque de Photicé, la lumière intellectuelle dans le cœur, la vision béatifique. Nous rejoignons ici la notion de perle cachée dans sa coquille : comme celle de la vérité, de la connaissance, son acquisition nécessite un effort. Pour Shabestari, la perle est la science du cœur : lorsque le gnostique a trouvé la perle, la tâche de sa vie est accomplie. Le Prince d’Orient des Actes de Thomas cherche la perle comme Perceval le Graal. Cette perle précieuse, une fois obtenue, ne doit pas être jetée devant les pourceaux, comme l’évoque encore Saint Matthieu : la connaissance ne doit pas être livrée inconsidérément à ceux qui en sont indignes. Le symbole est la perle du langage, cachée sous la coquille des mots.

La perle naît, selon la légende, par l’effet de l’éclair, ou par la chute d’une goutte de rosée dans la coquille ; Au XVIIe siècle, René François écrivait : « La nacre est enceinte des cieux et ne vit que du nectar céleste, pour enfanter la perle argentine, pâle ou jaunâtre, selon que le soleil y donne et que la rosée est plus pure ». C’est en tout état de cause la trace de l’activité céleste et l’embryon d’une naissance, corporelle ou spirituelle, comme le bindu dans la conque, la perle-Aphrodite en sa coquille.

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 La naissance de Vénus – Botticelli - Musée des Offices - Florence – Italie

Les mythes persans associent la perle à la manifestation primordiale. La perle en sa coquille est comme le génie dans la nuit. L’huître contenant la perle est plus immédiatement, en diverses régions, comparée à l’organe génital féminin. 

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Associée par nature à l’élément Eau, les dragons la détiennent au fond des abîmes, la perle est aussi liée à la lune. L’Atharva-Veda la dit fille de Sôma, qui est la lune, ainsi que le breuvage d’immortalité. Dans la Chine ancienne, on observe une mutation des perles, et des animaux aquatiques, parallèle aux phases de la lune. Les perles lumineuses, les escarboucles, empruntaient leur éclat à la lune ; elles protégeaient du feu. Mais elles sont à la fois eau et feu, image de l’esprit naissant dans la matière.

La perle védique, fille de Sôma, protège la vie. Elle est, en Chine aussi, symbole d’immortalité. Le vêtement orné de perles ou les perles introduites dans les ouvertures du cadavre empêchent sa décomposition. Il en va de même avec le jade ou l’or. Il faut remarquer que la perle naît de la même façon que le jade, possède les mêmes pouvoirs et sert aux mêmes usages.

Symbole d’un ordre analogue : celui des perles enfilées sur un fil. C’est le rosaire, le sûtrâtmâ, la chaîne des mondes, pénétrés et reliées par Atmâ, l’Esprit universel. Ainsi le collier de perles symbolise l’unité cosmique multiple, l’intégration des éléments dissociés d’un être dans l’unité de la personne, la mise en relation spirituelle des deux ou de plusieurs êtres ; mais le collier brisé, c’est l’image de la personne désintégrée, de l’univers bouleversé, de l’unité rompue.

En Orient, et surtout en Perse, la perle a en général un caractère noble dérivé de sa sacralité. C’est pourquoi elle orne la couronne des rois. On retrouve des traces de ce même caractère dans les parures de perles, spécialement les boucles d’oreilles, ornées de perles rares et précieuses : quelque chose de cette noblesse sacrée rejaillit sur celui qui les porte.

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Dans la symbolique orientale des rêves, la perle conserve ses caractéristiques particulières et s’interprète généralement comme l’enfant ou encore la femme et la concubine. En outre, il peut s’agir de la science et de la richesse.

A noter encore que les douze pierres de la Jérusalem céleste constituaient les douze fondements « Les douze portes sont douze perles ; chacune des portes est d’une seule perle ». Ainsi, la perle se révèle une fois que les assises sont intégrées.

Sur le plan physique, la perle est une concrétion globuleuse ou sphérique, produite par certains mollusques, qui ont recouvert de nacre en couches successives un corps étranger. Son apparence brillante peut prendre toutes les couleurs : blanche, argentée, beige, rosée. Ainsi, la perle évoque toujours quelque chose de précieux, de rare, de remarquable, sans défaut. 

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Les Vertus de la Perle

On accorde certaines vertus à la perle, notamment elle préserverait celui qui la porte et lui permettrait de développer une égalité d’humeur. Elle insuffle aussi la force de se guérir soi-même. Tout comme la pierre de lune, elle facilité la libération des blocages émotionnels situés dans l’abdomen. Elle apporte aux hommes les qualités féminines telles que la tendresse, la sensibilité, l’intuition. Sur un plan spirituel, elle favorise le travail sur soi dans le but de renforcer la loyauté, l’authenticité. Sur le plan physique, elle agit sur les organes de la digestion et la circulation des fluides.

Dans le folklore français, les noces de Perle correspondent à 30 ans de mariage.

Les Perles dans l’Histoire

Les premières perles connues sont liées à l’homme de Neandertal. Elles ont été retrouvées à La Quina, un site en France, dans le département de la Charente, qui date de 38 000 ans environ avant J.C. Ce sont des dents et des os d’animaux incisés et portés en pendentifs.

Par la suite, les perles fabriquées par l’Homo sapiens n’apparaissent pas en grand nombre avant la première période du Paléolithique supérieur d’Europe occidental, le Châtelperronien (vers 31 000 av. J.C.).

L’un des plus anciens dépôts de perles a été trouvé dans la Grotte du renne à Arcy-sur-Cure en France, datant de 31 000 av. J.C. : des dents de renards, de hyène, de loup, de renne, d’ours et de marmotte ont été manifestement incisées et indentées pour être suspendues ensemble en collier. Des perles faites de coquilles fossiles ont été trouvées sur une série de sols d’occupation d’un abri sous roche calcaire dit « abri pataud », dans le Sud Ouest de la France. Ils datent d’entre 30 000 et 19 500 ans avant J.C.

Un artisanat de plus en plus évolué se développa pendant le Gravettien de l’aurignacien (30 000-18 000 avant J.C.), à peu près contemporain des premières peintures et gravures rupestres d’Europe. A la fin du Paléolithique supérieur (517 000-10 000 avant J.C.), la forme des perles, tout comme leur agencement, deviennent plus complexes.

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La perle est unique par sa beauté révélée sans l’aide de l’Homme : ni taille, ni polissage ! Selon la légende hindoue, Krishna l’aurait cueillie au fond de l’océan pour en parer sa fille le jour de ses noces. Et 2300 ans avant l’ère chrétienne, les Chinois acceptaient les perles en paiement de l’impôt … Le plus ancien bijou avec perles a été retrouvé à Suza, en Iran, lors de fouilles effectuées en 1901 : un collier de 3 rangs comprenant 216 perles qui ornait le cou d’une princesse Achémide, endormie dans son sarcophage déjà quatre siècles avant J. C.

En 1515, l’explorateur Balboa découvrit dans le Golfe de Panama une perle de 200 grains (50 carats), baptisée « Pérégrina », tellement exceptionnelle qu’elle s’en alla orner la couronne royale espagnole.  Après être passée entre les mains de Joseph Bonaparte, Hortense de Beauharnais, Louis Napoléon et la Marquise d’Abercorn, elle fut mise aux enchères, en 1969, chez Sotheby’s où elle fut acquise par Liz Taylor qui la laissa malencontreusement à portée de son chien qui dans un mouvement malheureux … la happa ! Puis la restitua par les voies naturelles non sans l’avoir quelque peu endommagée !

La perle de culture

Les perles ont longtemps été considérées comme des pierres précieuses, dont l’origine fut souvent attribuée poétiquement à une goutte de rosée solidifiée. Depuis longtemps, les Chinois savaient que le manteau des mollusques sécrétait la nacre de leur coquille, et l’on trouve ainsi, dès le XIIe siècle, des bouddhas de nacre résultant de l’enrobage, pendant quelques années, d’un modèle de plomb ou d’étain glissé entre la coquille et le manteau de mulettes d’eau douce.

Dans les environs de Kobe, Mikimoto mit au point la technique de l’élevage dans des paniers suspendus à des cordes, et utilisa une méthode d’introduction de greffon de manteau destiné à sécréter des couches perlières autour du noyau de nacre. Cette technique était inspirée des travaux de son gendre décédé. Il commercialisa ses premières perles de culture aux Etats-Unis, organisant avec génie ses fermes perlières.

Les secrets de la technique de culture furent bien gardés, en dépit de la volonté américaine, et les fermes perlières ne purent s’implanter alors hors du Japon qu’avec la présence de greffeurs japonais.

A la suite des travaux d’un des frères Fujita, il s’est développé depuis 1960 une culture de perles en eau douce, le greffon est introduit sans noyau de nacre dans le manteau de la mulette opérée, et il se développe une perle de culture ovale à baroque, à large centre irrégulier ; chaque mollusque peut recevoir jusqu’à vingt greffes par valve, soit quarante greffes au total (en général, 10 à 15 greffes par valve seulement sont introduites pour ne pas épuiser le mollusque).

Après avoir grossi pendant deux ans, les perles de culture sont extraites avec soin de la mulette, afin de na pas trop la blesser ; elle pourra ainsi produire une seconde génération de perles et parfois encore une troisième. 

Les perles de culture d’eau douce ont souvent des formes baroques, froissées, en grains de riz mais, de plus en plus, on les trouve presque parfaitement sphériques faisant concurrence en beauté et, surtout, en prix aux perles de culture d’eau de mer.

Depuis la fin des années 1970, une culture de perles en eau douce s’est fortement développée sur le modèle de la culture de perles du lac Biwa ; les perles de culture sont aussi commercialisées par l’intermédiaire des Japonais. La Chine est devenue depuis 1990 le principal producteur de perles de culture à implant organique, souvent presque sphérique.

Les perles peuvent être cultivées partout mais certains pays s’en sont fait une spécialité. Devant le succès grandissant des perles de culture et grâce à un accroissement du commerce mondial, de plus en plus de pays se lancent ou retrouvent les traditions de la culture des perles : Philippines, Viêt-Nam, Indonésie, Myanmar (Birmanie) etc.…

La Perle dans la Peinture

La Jeune Fille à la Perle se trouve au Mauristhuis de La Haye (Hollande). On l’appelle aussi « La Joconde du Nord ». Ce tableau aurait été peint vers 1665 par Johannes Vermeer, en effet il n’est pas daté. On ne sait pas non plus qui est à l’origine de l’œuvre ou même pour qui ce travail a été réalisé. Il est d’ailleurs signé IVMeer et il diffère totalement des autres tableaux de Vermeer, particulièrement par rapport au fait que la jeune fille regarde par-dessus son épaule, ce qui suggère que la personne qu’elle regardait n’était autre que le peintre lui-même.  

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La Jeune fille à la perle de Vermeer

Vermeer a travaillé avec des éléments chromatiques simples et quelques glacis du même pigment expriment les ombres. Le turban, mélange d’outremer et de blanc, est surmonté d’un tissu jaune éclatant ; la veste modelée avec un ocre plus clair fait ressortir le blanc du col qui se reflète dans la perle. L’art de la carnation tient dans un glacis mince, de couleur chair, sur un sous-modelage transparent.

André Malraux soulignait la simplification magistrale qui en fait un « galet translucide ». On est toujours dans le monde aquatique et lunaire du Cancer.

Quant au Mauristhuis, c’est un petit musée, ancien et tranquille, cadre parfait pour cette Jeune fille à la Perle. Les jours d’hiver, il arrive qu’il n’y ait aucun visiteur dans la salle où elle est exposée. Au dehors, les rues sont silencieuses ; la lumière qui tombe du ciel bas est celle que Vermeer a connue. Et au milieu de toutes les œuvres recherchées du XVIIe siècle qui l’entourent, la jeune fille émerge dans une tache de couleur claire et illumine la salle, aimait à évoquer Hans Koning, écrivain et journaliste hollandais.

Il existe différents tableaux moins célèbres que le tableau de Vermeer, mais où la perle illumine le tableau. Il s’agit d’avoir d’un portrait de Marie-Antoinette avec ses enfants, par Elisabeth Vigée Le Brun (1787), ainsi que le portrait de la Duchesse de Brunswyck par le peintre anglais Thomas Fraye (1761-1762) et surtout celui de Sophie Septimanie, comtesse Pignatelli, peint en 1763 par Alexandre Roslin. En 2006, cette toile quittait le château de Dampierre-en-Yvelines pour le Minneapolis Institute of Arts. 

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Sophie Septimanie Comtesse Pignatelli par Alexandre Roslin

La Perle dans la Littérature

La Perle est associée au Coq dans la célèbre fable de La Fontaine, Le Coq et la Perle que le peintre Philibert Léon Couturier a figuré dans plusieurs tableaux, dont un se trouve au Musée Denon à Chalon-sur-Saône. On y remarque un coq qui tient dans son bec une perle au bout d’une chaînette qu’il a trouvée dans le tas de tissus par terre derrière lui.

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Le Coq et la Perle par Philibert Léon Couturier

De même on trouve « La Perle », un roman américain de John Steinbeck publié en 1947. C’est l’histoire d’un pauvre pêcheur indien qui vit avec sa femme et son jeune fils, dans la ville de La Paz, au Mexique. Vers le Golfe du Mexique. Son fils Coyotito venant d’être piqué par un Scorpiones Scorpion, Kino et sa femme, Juana, entreprennent de pêcher une perle dont la vente suffira à payer le docteur, car le docteur est raciste et ne souhaite pas soigner les  » petit indiens », comme il les nomme. Kino furieux veut malgré tout sauver son enfant. Pour cela, il décide d’aller pêcher des perles et, quand il remonte à la surface, il se rend compte que celle qu’il a pêchée est énorme, c’est « La Perle du Monde » dont toutes les légendes de pêcheur parlent. Dès cet instant, sa vie change complètement. Alors que la cupidité, la méfiance et l’envie le rongent, sa femme, elle, perd confiance et fait tout pour jeter la perle. Plusieurs malheurs surviennent, la population voulant arracher la perle des mains de Kino. Celui-ci décide alors de partir avec sa femme et son fils, au-delà de la montagne, dans l’espoir de vendre sa perle à Loreta, la ville de la Vierge. Ils se rendent rapidement compte qu’ils sont suivis par des pisteurs, qu’ils essayent en vain de semer. Après avoir caché sa famille, Kino réussit à attaquer les traqueurs par surprise et à en tuer deux. Malheureusement, le coup de feu tiré par un des pisteurs (qui a priori, croit tirer sur un animal) atteint Coyotito à la tête. Finalement, le couple rentre au village et, cruellement triste de la perte de leur enfant, rejette la perle à la mer, ou elle retrouve sa place.

Steinbeck a tiré son récit d’un conte traditionnel mexicain. Comme la plupart de ses romans, La Perle décrit les effets de la pauvreté et de la richesse, développant surtout la corruption qui peut découler de la richesse, et évoquant les pêchés capitaux. Il dépeint aussi la condition des pêcheurs de perles et les dangers de leur métier.

Plus près de nous, Juliette Benzoni est l’auteur d’un roman historique, « La Perle de l’Empereur » qui relate l’histoire de la perle « La Régente » que Napoléon 1er offrit à sa seconde épouse Marie-Louise. Depuis, elle raconte que ce beau bijou n’a cessé de faire couler le sang, causant damnations et malheurs à ses différents propriétaires.

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Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Collection Bouquins chez Robert Laffont/Jupiter 

Le Grand Livre de la Magie des Pierres – S. Da Ros – Editions Trajectoire.

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