ALATRI ET LE TEMPLE STELLAIRE

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 22-06-2017

Alatri, dans le Latium, province de Frosinone, fut fondée au VIe siècle avant Jésus-Christ. Son nom antique était Aletrium et c’était l’une des principales villes des Ernici. La cité a conservé une partie de ses murailles cyclopéennes, ainsi qu’une acropole, de plan trapézoïdal, une de mieux conservées d’Italie. Du sommet, on a une superbe vue sur la ville et le val de Frosinone.

Escaliers en raidillons et ruelles bordée de demeures gothiques constituent la petite ville qui, outre le palais Gottifredo et l’église San Silvestre, tous deux du XIIIe siècle, possède une belle église Sainte-Marie-Majeure.

La légende veut que l’origine de la ville remonterait aux Ausoni, mais c’est seulement une hypothèse, parce qu’on peut penser qu’elle soit plus antique encore. C’est grâce au chercheur Fabio Garuti que furent traduites les inscriptions sur les murailles, lettres de l’alphabet Ogham en langue gaélique, et c’est comme ça qu’il a été possible de dater la construction des murailles d’Alatri, au moins à 3 000 avant Jésus-Christ. En fait, elles auraient plus de 5 000 ans.

ACROPOLE D'ALATRI - PORTA MAGGIORE

Acropole d’Alatri – Porta Maggiore

Cette acropole est l’exemple le plus parfait et le plus splendidement conservé de murs polygonaux. Selon les Anciens, Euripide, Strabone et Pausania, elles furent construites par des cyclopes, ou alors attribuées au mythique peuple des Pelagi qui, toujours selon les Anciens, qui auraient construit les murailles des cités mycéniennes de Tirinto, Mycène et Argo.

Cependant sur cette question des études récentes ont mis le doute sur cette théorie, parce que c’est très difficile de remonter à ses ouvriers et à une population spécifique, pour le simple motif que ce type de murailles ont été retrouvées dans toutes les parties du monde, et même dans des lieux complètement isolés les uns des autres comme l’île de Pâques et l’Australie.

Nous n’avons aucune indication historique, actuellement, que des peuples aussi lointains, ont pu avoir des contacts culturels entre eux. Aussi, la question obligatoire qui vient à l’esprit, c’est comme ont fait ces peuples qui n’avaient pas de contact entre eux, à utiliser la même technique de construction. Pour le moment, il n’y a aucune certitude sur la question. Cependant, l’acropole d’Alatri est un vrai condensé de merveilles architecturales.

Si nous considérons le graphisme de l’Acropole, il semble qu’un polygone irrégulier fut mis là par hasard. En réalité, elle fut construite suivant un plan très précis.

TEMPIO SOLARE - ALATRI

Temple solaire d’Alatri – Italie

Une légende très ancienne voudrait qu’Alatri soit née d’un rayon de Soleil le 21 décembre de l’année 1000 avant Jésus-Christ. La légende est belle mais est tout simplement improbable. Giuseppe Caponi, éminent chercheur d’Alatri, raconte qu’en toute probabilité la ville fut fondée par les Ittiti, un peuple venant de Mésopotamie, qui séjournèrent en Italie.

Ce qui l’évoque c’est qu’on a retrouvé près du site de Tell Hariri en Syrie des tablettes d’argile. L’une d’elle était une lettre envoyée au roi du royaume de Mari à son fils pour l’informer de l’excellente conservation des mus de défenses d’Alatri. Voilà qui est comme une confirmation directe de la théorie de Caponi. Un peu d’Histoire est nécessaire, mais les merveilles de l’acropole sont bien autres.

Par exemple, elle est orientée selon un plan astronomique, prenant en compte la position des étoiles et du Soleil, et si on pense à regarder dans le ciel « Castor et Pollux », ces points lumineux qu’on voit de la Terre et qui représente la Constellation des Gémeaux, l’idée sera née là.

Et puis, on sait que le rapport avec la nature et principalement avec le ciel a toujours influencé les vieilles civilisations, dont la conséquence sont les connaissances astronomiques qui influencèrent les réalisations architecturales, devenant parties intégrantes dans l’orientation des structures, en suivant les cycles du Soleil et de la Lune, en les inclinant vers les étoiles du ciel qui avaient une signification religieuse précise.

Alatri est née comme ça, elle qui fut construite sur un rayon de Soleil au solstice d’été, qui effleurait la roche et qui aurait indiqué le point le plus haut et le plus important de l’Acropole. Giuseppe Caponi dans son livre « la progenie Hetea » écrit textuellement : « Les Anciens bâtisseurs ont orienté notre ville pour voir de l’Orient le pouvoir de l’aube, comme s’ils avaient voulu se placer sous les auspices d’un temps sans crépuscule, pour cette ville qu’ils avaient consacrée au dieu Soleil, un jour de solstice.

ALATRI MURA MEGALITICA

Alatri – Murs mégalithiques

Et le soleil en indique le centre dans la rencontre du premier rayon du matin et le dernier du soir. C’était la conséquence d’une sensibilité spirituelle, qui avait maturé par des millénaires d’Histoire, qui n’a rien à voir avec la légende ou une quelconque fantastique interprétation : il y a un message gravé dans les pierres de l’acropole et avec les pierres de la ceinture de murailles : « Le lien entre Ciel et Terra fut stabilisé… pour toujours ». Er comme on dit, c’est absolument vrai… « au ciel et sur la terre ».

De ces splendides liens entre ciel et terre, Alatri en regorge et Ornello Tofani, autre éminent chercheur, grâce à ses études en montrent d’autres. En effet, Ornello Tofani a poursuivi les études de Don Giuseppe Capone sur Alatri, faisant d’intéressantes découvertes.

En 2008, sur le pignon sud-est de l’Acropole on a trouve un graffiti jamais remarqué jusque-là. En l’analysant, on a découvert la reproduction d’une triple ceinture orientée parfaitement dans les axes Est-Ouest et Nord-Sud.

Le pôle Nord céleste se trouvait à l’intérieur de la Porta Maggiore. Or, en 10 798 avant Jésus-Christ, le Pôle Nord céleste n’était autre que l’étoile Vega, distante du Pôle céleste de seulement 5° environ. Le pôle céleste ne varie pas dans le temps, c’est l’étoile qui le représente qui, au cours des millénaires, change. Ceci à cause de la précession des équinoxes : un mouvement de la Terre sur un axe incliné qui fa changer, sur un mode très lent mais continue, l’orientation de son axe de rotation par rapport à la sphère idéal des étoiles fixes. Ceci est la cause de la précession des équinoxes : un mouvement de la Terre sur un axe incliné qui fait changer sur un mode lent mais continue, l’orientation de son axe de rotation par rapport à la sphère idéale des étoiles fixes.

Sur l’architrave de la Porte de la Fertilité, un bas-relief illustre trois phénomènes : les graduations inversées sont au nombre de neuf comme les lunaisons d’une grossesse ; la terre à ce moment là est comme « pénétrée » par le Soleil aux équinoxes et, au crépuscule de ces mêmes jours, et au crépuscule de ces mêmes jours, du côté du Temple Solaire d’Alatri, le soleil couchant remonte vers Fumone et Montelungo.

Tous ces indices font référence aux cultes de la fertilité et expriment avec la pierre ce qu’on considère comme « règle universelle de la maternité ».         

Voilà qui peut être interprété quand on évoque l’Acropole : les enfants conçus durant les solstices, quand le soleil illumine le premier degré de l’échelle inversée naîtront aux équinoxes, quand le soleil traverse tout le couloir intérieur de 17 mètres de la Porte Mineure, alors que les enfants conçus aux équinoxes naîtront aux solstices.

Il y aurait encore tant d’autres choses à raconter. Espérant vous avoir transmis le mystère qui entoure cette petite ville d’Alatri. En espérant que ce petit article vous donne envie de la visiter pour revivre les moments magiques qui l’ont rendue si mystérieusement fascinante… Un patrimoine tout italien qui rend fier.

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PROCNE, PHILOMELE ET TEREE

(6.6.11 - LES MYTHES DU VERSEAU ET D'URANUS) par sylvietribut le 17-02-2017

Philomèle et Procné étaient les deux filles du roi d’Athènes, Pandion, et de Zeuxippe, une naïade. Ce mythe appartient à l’histoire de la fondation d’Athènes.

Cette légende nous est racontée par Ovide dans ses Métamorphoses. Procnée était mariée à Térée, roi de Thrace. Après cinq années d’union et la naissance d’un fils, Itys, elle désira revoir sa jeune sœur Philomèle. Elle en parla à son mari et celui-ci se rendit à Athènes pour demander au roi Pandion de permettre le séjour de Philomèle chez eux. En découvrant la beauté de sa belle-sœur, il la désira aussitôt.

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Philomèle et Procnée – William Bourguereau

Pandion accepta de lui confier sa fille en lui faisant promettre d’en prendre soin. Toutefois, à peine eurent-ils débarqué sur la côte de Thrace que Térée entraîna Philomèle dans une bergerie où il la viola, puis lui coupa la langue pour l’empêcher de parler. Philomèle fut laissée sous bonne garde dans la bergerie et, de retour devant sa femme, il lui fit croire que sa sœur était morte durant le voyage.

Cependant Philomèle eut l’idée d’avertir sa sœur en tissant une toile qui révélait son calvaire. Cette toile fut portée à Procné par l’intermédiaire d’une servante. Ainsi avertie, Procné n’eut plus qu’une idée, celle de venger sa sœur.

Profitant de la célébration des mystères de Dionysos, Procné va délivrer Philomèle de sa prison et l’introduire dans le palais. Ensuite, elle tue Itys, son jeune fils. Les deux sœurs le découpent et cuisent ses membres et le font servir à Térée lors d’un repas qu’il prend seul. C’est alors que Térée réclame son fils et Procnée de lui répondre : « Ton fils est avec toi ». Philomèle surgit et jette la tête d’Itys sur la table.

A la vue de ce terrible spectacle, Térée, fou de rage, cherche à poursuivre les deux sœurs. Mais elles se sauvent et se métamorphosent : Procné en rossignol et Philomèle en hirondelle. Térée sera changé en huppe, cet oiseau qui vole au ras du sol. Quant à Itys, les dieux eurent pitié de son sort et le métamorphosèrent en chardonneret. Cependant dans la version d’Ovide, Itys est tué et mangé sans autre forme de procès.

Le comportement de Térée n’est pas sans évoquer le thème d’un Uranien, sur fond de Mars-Uranus, celui qui passe à l’acte car dans l’impossibilité de ne pas faire ce qu’il veut quand il veut, sans considération ni empathie pour l’autre.

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APOLLON… LE DIEU SOLAIRE… UN DIEU TRES SUSCEPTIBLE

(6.6.5 - LES MYTHES DU LION ET DU SOLEIL) par sylvietribut le 25-07-2016

Comment ne pas aborder le noble signe du Lion sans saluer Hélios, le dieu soleil lui-même ? Hélios était le fils d’Hypérion et le frère de Séléné, la Lune, comme Apollon, dieu tout d’abord lunaire, est le frère d’Artémis, déesse solaire. Ils échangeront plus tard leurs sexes, car Artémis c’est une autre image de la Lune.

Dans la relation symbolique entre le Lion et le Soleil, Maître du signe, ces ambiguïtés où se rencontrent violence, domination et sens du sacré, nécessité de s’imposer, autorité naturelle et aptitude au sacrifice extrême.

LE SOLEIL 2

Hélios, le Soleil

Apollon usurpera peu à peu la place et le rôle d’Hélios. Les deux dieux ou demi-dieux qui semblent véritablement se partager le signe du Lion étant à l’évidence Apollon et Héraklès, héros parmi les héros. C’est André Barbault qui a d’ailleurs décrit les deux types physiques léonins qui correspondent à Apollon et à Héraklès.

Le premier fait les hommes, l’œil en amande, le nez fin et long dans le prolongement d’un front légèrement fuyant, bien bâtis mais minces et de silhouette élégante : tel est le Lion apollinien, qui tient sa place aux côtés des esthètes et des artistes. Le second fait les hommes forts, puissants, musclés, le visage plus carré, le nez épaté comme celui des chats ou des félins. Et un estomac « en creux », côtes très dessinées en avant. Avec une crinière abondante, une stature athlétique. Alexandre Dumas, qui était natif du Lion, s’est projeté dans le personnage de Porthos et on dit qu’il était capable de porter un âne sur son dos.

APOLLON ET LES DAUPHINS

Apollon et le Dauphin

Qu’il s’agisse d’Héraklès ou d’Apollon, ils ne cessent de se faire purifier çà et là, pour les meurtres qu’ils commettent en série. Apollon sera envoyé quelques temps en exil, dans la vallée du Tempée où il devra servir les mortels. Delphes était bien sûr un site convoité er Apollon ne pouvait mieux choisir. Delphes est l’Omphalos, le nombril de la terre, l’utérus maternel, l’une des traduction des « delphis », « dauphin » ou utérus ». On dit que les prêtres de Delphes auraient fait naufrage à cause de dauphins qui les auraient fait chavirer sous l’impulsion d’Apollon entendant ainsi recruter un peu vigoureusement ses servants. D’autres prétendent que ces prêtres descendaient de Crétois. Apollon aurait simplement détourné leur navire en prenant l’apparence d’un dauphin, toujours pour les contraindre à demeurer dans son sanctuaire… Mais Neptune n’est-il pas dit « en exaltation » dans le Lion et Maître de tous les sanctuaires et lieux de culte.

Artemis_et_Apollon

Artémis et Apollon bébés

Apollon et Artémis, jumeaux complices, ont fait ensemble un certain nombre de frasques et de mauvais coups. Apollon tuera Pithios qui avait voulu abuser de leur mère et ils la vengeront de Niobé qui avait eu l’imprudence de se vanter d’être plus féconde que Léto. Ni Artémis, ni Apollon ne pouvaient pardonner pareille offense.

A cause de diverses sottises, Apollon sera par deux fois exilé : une fois il devra servir Admète, roi de Thessalie, pour avoir tué un des Cyclopes, artisans de la foudre de Zeus/Jupiter. Ce dernier ne plaisante pas lorsqu’on s’en prend à ses plus zélés serviteurs. Une autre fois, Apollon aura le tort d’envoyer la peste à Troie parce que Léomédon n’a pas payé une somme qu’il lui devait. Par ailleurs, l’attitude du dieu, pendant la guerre de Troie, fut vivement critiquée.

Apollon, comme le Lion, est un dieu susceptible. On se souvient qu’il se vengera de façon très cruelle de Marcyas qui suivait la grande déesse Cybèle. En effet, il avait eu la faiblesse de le convier à une compétition musicale, sorte de tournoi au cours duquel il entend prouver au dieu qu’il a plus de talent que lui. Très dangereux quand on a affaire à un dieu susceptible et irascible et qui décide de la victoire. Apollon désignant le vainqueur s’attribue la palme car il sait jouer de la cithare à l’envers comme à l’endroit, en virtuose, alors qu’évidemment Marcyas ne peut jouer de sa flûte à l’envers. Cependant, certains auteurs assurent que les Muses furent chargées du verdict et qu’elles furent séduites par la musique du dieu. Notez au passage que parmi les arts, la musique appartient au monde de Neptune.

Marcyas sera terriblement puni de son arrogance : Apollon l’écorchera vif dans un grand accès, sans doute de « retour du refoulé », d’une remontée de son passé barbare. Après avoir tué ce malheureux et avoir cloué sa peau sur un pin, il interdira à quiconque de jouer de la flûte, jusqu’au jour où cet instrument lui sera consacré. A Delphes, on pouvait jouer de la flûte… peut-être pour charmer les serpents…

Apollon, on vient de le voir, ne se conduit pas vraiment d’une façon élégante. Il accorde à Cassandre et à son frère le don de prophétiser… Mais, comme il la courtise et qu’elle le rejette, il fait en sorte que nul ne puisse jamais croire ses prédictions. Pour lui jeter ce mauvais sort, il lui crache dans la bouche. Plus jamais, elle ne pourra crier autrement que dans le désert.

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Apollon poursuivant Daphné qui se change en laurier – Bernini

Apollon, ce beau jeune homme, n’a d’ailleurs pas tellement de succès auprès des femmes. Et pas tellement plus auprès des hommes. Il ne remporte pas les succès qu’on pourrait s’attendre à le voir cumuler. Cassandre le rejette… Il poursuit en vain Daphné qui s’enfuit devant lui et qu’il transformera en laurier, dont il couronnera champions et lauréats. La sibylle de Cumes à laquelle il fait une cour empressée n’acceptera jamais ses hommages : il la condamnera à vivre mille ans mais sans qu’elle cesse de vieillir. Marpessa lui préfère un mortel, Idas, par peur, nous dit Homère, de l’éternelle jeunesse du dieu. Il est d’ailleurs curieux de noter que bien des natifs ou natives du Lion, et surtout Ascendant Lion, car l’Ascendant est l’image qu’on projette dans le monde, conserve un visage jeune, sans ride, jusqu’à un âge avancé, comme si ces personnes ne vieillissaient pas. Il faut bien reconnaître que le Soleil ne prend jamais aucune ride, alors que la Lune se fait et se défait en permanence. Cancer et surtout Ascendant Cancer, les lunaires, vieillissent nettement plus vite que les léonins.

La nymphe Sinopé qu’il courtise aussi le supplie de lui accorder ce qu’elle demande. Après qu’il ait accepté, elle fait le vœu de rester éternellement « intacta », ce qui lui permettra plus tard de servir Artémis qui aime à s’entourer de vierges.

CYPRES

Cyprès d’Apollon

Comme la plupart des dieux grecs, il a bien quelques aventures masculines mais elles ne lui réussissent guère mieux que ses tentatives auprès des femmes et la triste affaire d’Hyacinthos qu’il tue accidentellement en est la preuve. Il aimera Staristos qui ne se consolera pas d’avoir tué un cerf apprivoisé. Il ne restera plus à Apollon qu’à le transformer en cyprès.

On sait qu’Apollon provoquera la mort d’Achille, qu’il lancera lui-même la flèche qui le tuera, qu’il ordonnera aussi à Oreste de tuer sa mère et l’amant de celle-ci, puis, pas toujours très cohérent, il se fera le défenseur d’Oreste accusé par Clytemnestre.

Tout cela ne l’empêchera pas, néanmoins, d’engendrer quelques fils et filles. Certains prétendent même qu’il serait le père Orphée. Il aura Aristée, Linnos et tant d’autres… qui n’ont pas tellement bien tourné puisque Aristée causera la mort d’Eurydice en la serrant de trop près et en la faisant fuir.

LA COURONNE DU DIPLOME

La couronne de laurier d’Apollon et des vainqueurs

Bibliographie

Dieux et Héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont

 

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UN PERSONNAGE GEMEAUX ET MERCURIEN… ALI BABA

(6.6.3 - LES MYTHES DES GEMEAUX ET DE MERCURE) par sylvietribut le 20-06-2016

Ali Baba et les quarante voleurs est un récit que l’on présente souvent comme faisant partie des contes des Mille et Une Nuits bien qu’il n’ait jamais été présent dans les manuscrits initiaux, mais à leurs côtés.

Ali Baba, dont le nom a pour sens « Dieu de la porte ». Le conte nous apprend qu’il était un pauvre bûcheron. Un jour alors qu’il arrivait dans la forêt pour couper du bois, il entendit des voix. Il se cache dans un arbre et découvre de son observatoire un chef de bande de quarante voleurs qui prononce une sorte de formule magique « Sésame, ouvre-toi ! » et une porte dans la roche s’ouvre. Tous entre dans la grotte et Ali Baba le voit bientôt ressortir et le chef de bande de prononcer une autre formule magique « Sésame, ferme-toi ! ». Une fois les voleurs partis, Ali Baba descend de son arbre et devant la porte de la grotte prononce à son tour la formule, la porte s’ouvre et Ali Baba entre dans la grotte pour y découvrir des trésors accumulés et emporte une partie de l’or. Il rentre chez lui. Ali Baba a un frère, Cassim, qui lui est un riche marchand et dans les mois qui suivent il en vient à s’étonner de la fortune soudaine d’Ali Baba qui lui raconte son aventure. Cassim va alors se rendre à la caverne, mais troublé par la vue de tant de richesses, il ne retrouve plus la formule qui lui permettrait de sortir de la grotte. Il sera surpris par les bandits qui le tuent et le découpent en morceaux… Je vous laisse relire ce conte merveilleux qui n’est pas seulement destiné aux enfants.

ALI BABA ET LES 40 VOLEURS

Ali Baba et les Quarante voleurs

Pourquoi faire de ce récit, un conte Gémeaux. Tout d’abord parce qu’on associe ce signe aux commerçants et aux voleurs et en lisant la suite du conte, et après la mort de son frère, Ali Baba qui a quand même volé les voleurs, reprendra le commerce de son frère. Cependant, les Gémeaux représentent aussi la communication le langage, la parole.

L’homme est un être de langage et de mots. Il ne peut évoluer harmonieusement dans le monde que s’il est capable de nommer, de reconnaître, d’identifier. Le mot éclaire, ouvre et donc chasse l’angoisse. Nommer, c’est posséder et maîtriser sans l’avidité du pouvoir, car le mot donne accès au contenu qu’il désigne et qu’il a identifié. Appris au bon moment, le mot est toujours plein d’émotions et parce qu’on a su toucher son essence vivante, on est allé plus loin que le concept qu’il représente. C’est tout cela qui est illustré dans l’histoire d’Ali Baba et les quarante voleurs.

« Le Dieu de la porte » que représente Ali Baba désigne la partie active de la porte, c’est-à-dire la serrure, le mécanisme qui permet de l’ouvrir et de la fermer à volonté. Ce récit montre que seule la possession du bon mot au bon moment peut nous livrer toutes sortes de richesses. Ainsi, le bon mot employé au moment juste pourra désamorcer un conflit et tout faire basculer dans un bon sens. C’est par exemple la parole du diplomate, ou même être une parole de guérison. Quiconque a le bon langage a une force intérieure qui l’ouvre à d’autres réalités affectives et sexuelles : c’est ainsi que l’on chasse la peur. Le langage d’abord tuteur, devient libérateur et salvateur, car tout est langage.

Ali-Baba

Ali Baba et le trésor des voleurs dans la caverne

On ne saurait dire l’origine de cette injonction magique « Sésame, ouvre-toi » que prononçait Ali Baba pour faire ouvrir la porte de la caverne mystérieuse dans laquelle les quarante voleurs enfermaient leurs richesses, mais elle demeure un symbole lié sans doute à la fécondité, puisque c’est la graine, qui en s’ouvrant, donne toutes les richesses de la terre.

Du point de vue psychologique, le « Sésame, ouvre-toi » n’est pas non plus sans signification en face de toutes les portes fermées que sont les êtres les uns pour les autres ; il suffit d’un petit mot magique pour que s’ouvrent non seulement les cœurs, mais les chemins secrets de l’inconscient. Le « Sésame, ouvre-toi » est le cri d’appel, lancé à la richesse enfermée dans la caverne, que cette caverne soit celle de la graine nourrissante et fécondante, qu’elle soit le coffre des richesses matérielles, qu’elle soit le refuge de la révélation spirituelle ou le labyrinthe de l’inconscient.

LES GRAINS DE SESAME

Les graines de sésame

Il faut savoir aussi que le sésame est un fortifiant traditionnel chinois, bien que la plante ne soit pas originaire de Chine. Ses graines sont considérées comme devant permettre de s’abstenir de céréales et d’atteindre la longévité. Lao-tseu et Yin-hi, partis vers les terres de l’Ouest, se nourrissaient de graines de sésame.

Cette histoire d’Ali Baba est tombé dans le langage courant, encore une fois le langage si propre aux Gémeaux. Ne qualifie-t-on pas de « caverne d’Ali Baba » un lieu rassemblant diverses choses. De même, un moyen permettant d’avoir accès très vite à quelque chose est souvent qualifié de « sésame ».

23 - ALI BABA ET LES QUARANTE VOLEURS

Bibliographie

Dictionnaire les symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

 

 

 

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DANS LE MONDE ETRANGE DES POISSONS ET DE LA MAISON XII… SAINTE COLETTE DE CORBIE LA RECLUSE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.9 - LES SAINTS DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 06-03-2014

Il fallait bien être né Capricorne pour s’infliger un tel traitement. En effet, Colette de Corbie est née le 13 janvier 1381 à Corbie, petite ville de Picardie. Elle fut béatifiée en 1625, canonisée en 1807 et commémorée liturgiquement le 6 mars.

Colette était issue d’une famille modeste. Son père était maître menuisier de l’abbaye de Corbie, avec sa mère, Colette va évoluer dans une famille très pieuse et charitable. La légende rapporte que les années passaient et ils n’avaient toujours d’enfant. Ils décidèrent d’avoir recours à Saint Nicolas pour leur donner une descendance. Et c’est à 60 ans que Marguerite mit au monde une fille qu’ils baptisèrent Nicolette par reconnaissance envers Saint Nicolas, mais elle fut appeler Colette, diminutif de son prénom et c’est sous ce nom qu’elle passera à la postérité.

SAINTE COLETTE DE CORBIE 2 

Sainte Colette de Corbie

Colette recevra une éducation religieuse accordant une place importante à la Passion du Christ dont lui parlait sa mère, femme très pieuse qui se confessait et communiait chaque semaine. C’est dès son plus jeune âge que Colette aurait eu une vie édifiante, empreinte de prière et de mortification, tout en aidant les pauvres. Elle se privait de nourriture pour redistribuer son repas aux pauvres. Elle reçut durant ses jeunes années des grâces divines telles que des guérisons miraculeuses, mais aussi une croissance subite alors qu’elle était très petite. A l’âge de sept ans elle assistait clandestinement aux matines chantées par les Bénédictins.

En 399 alors qu’elle a 18 ans ses parents moururent. Son père l’avait confiée avant sa mort à Raoul de Roye, abbé de Corbie. Elle refusa le mariage que celui-ci lui présentait, se dépouilla de tous ses biens en faveur des pauvres. Peu après, elle fit la connaissance de Jean Bassand, prieur du couvent des Célestin d’Amiens à qui elle fit part de son désir d’embrasser la vie religieuse. Elle intègre alors les Béguines de Corbie et y restera un an car jugeant cet ordre pas assez rigoureux, elle décida d’entrer au couvent des Bénédictines de Corbie. Cependant, cela ne lui convint pas davantage. C’est pourquoi elle se dirigea vers les Clarisses urbanistes de l’Abbaye du Moncel près de Pont-Sainte-Maxence où elle se présenta comme servante se jugeant indigne d’être religieuse. Là encore, elle trouva que les conditions de vie étaient trop douces. Elle retourna à Corbie, y rencontra le Père Jean Pinet, gardien du couvent d’Hesdin en Artois, franciscain désireux de faire revivre l’ordre d’après la Règle primitive. Il proposa à Colette de vivre en recluse, sous la règle du tiers ordre franciscain. C’est l’abbé de Corbie qui accorda son autorisation en 1402. Colette fut alors emmurée pendant trois ans dans un réclusoir attenant à l’église paroissiale, y menant une vie de prière et de charité, recevant la visite d’habitants venant lui demander conseils et prières. On dit qu’elle eût alors des visions de Saint François d’Assise qui la présentait à Dieu comme la réformatrice de son ordre.

SAINTE COLETTE ET L'ARBRE

Sainte Colette de Corbie et l’arbre

Une autre fois, elle rêve qu’un arbre mystérieux croissait et poussait ses racines jusque dans sa cellule. Refusant de croire à ces visions, elle fut frappée de cécité et même de mutisme. C’est en acceptant sa mission, qu’elle guérit et se mit à écrire ce qu’elle venait de vivre et qui lui avait été révélé. En 1406, par bulle pontificale Colette fut déliée de son vœu de réclusion et elle fut autoriser à fonder un couvent réformé dans les diocèses d’Amiens, de Noyon et de Paris.

Colette va alors s’appuyer pour continuer son œuvre sur le Père Henri de Baume, franciscain et fervent partisan d’une réforme de l’ordre. Il gagna à la cause de Colette la comtesse Blanche de Genève, puis Isabeau de Rochechouart, et la baronne de Brissay. Et c’est ainsi que Colette, accompagnée du Père de Baume et de la baronne de Brissay, va rencontrer, à Cimiez près de Nice, le Pape Benoît XIII qu’il nommera Abbesse, dame et mère de toutes les personnes qui se rangeraient sous sa réforme. Il l’autorisa à accueillir dans le couvent qu’elle allait fonder des religieuses venues de couvents étrangers ou du tiers ordre franciscain.

SAINTE COLETTE ET SAINTE CLAIRE

De nouveau, Colette retourne à Corbie voulant faire de sa vielle natale le berceau de la renaissance franciscaine, mais elle n’y rencontra qu’hostilité et elle dut quitter la Picardie après un nouvel échec à Noyon. Elle trouva alors refuge en Franche-Comté, dans le manoir d’Alard de Beaume, frère du Père Henri, à Beaume-le-Frontenay. Trois femmes de Corbie vont l’accompagner. Ce furent les premières moniales de l’ordre réformé. En 1410, ayant reçu confirmation du Pape Alexandre V, elles s’établirent à Besançon où Colette fonda son premier monastère. Au total ce sont dix-sept couvents qui seront fondés entre 1410 et 1447. En 1445, elle essaiera de nouveau de créer un couvent à Corbie, mais une fois encore elle échoua. Comme quoi le proverbe « nul n’est prophète en son pays » n’est pas sans fondement. Cependant, la réforme « colettine » s’infiltra aussi dans l’ordre masculin et ce furent la naissance de sept autres couvents qui l’adoptèrent.

Il est difficile de recenser les nombreux miracles et guérisons accomplis par ou grâce à Colette de Corbie. Par ailleurs, elle connut des extases, la lévitation, des effluves odoriférantes émanant de sa personne et de ce qu’elle touchait. On dit aussi qu’elle eut connaissance de l’état des âmes du purgatoire, qu’elle avait des dons de clairvoyance et de prophétie. Elle avait le goût de la pénitence, des mortifications, des jeûnes et de la pauvreté totale. On est bien là entre univers Poissons d’un côté et Capricorne de l’autre.

Colette de Corbie fut aussi une femme politique. En effet, elle œuvra pour l’extinction du schisme qui déchirait la Chrétienté occidentale. Elle obtint des Papes et antipapes la confirmation de ses pouvoirs. Elle agit notamment auprès de l’antipape Félix V pour qu’il abdique mais sans succès de son vivant. Toutefois, Colette va réussir à passer outre les divisions politiques de la France, s’attirant la bienveillance de la Maison de Bourgogne et de la Maison de Bourbon, pourtant ennemies. Elle réussit également à se concilier les Maisons rivales de Savoie et de Genève.

Colette de Corbie mourra à Gand dans le couvent de Bethléem où elle fut inhumée. Plus tard, en 1783, ses ossements furent transportés à Poligny, dans le Jura, son couvent de prédilection. Selon son désir, elle fut inhumée dans un tombeau, sans linceul, ni bière, à même la terre, dans le cimetière de Gand. C’est en 1471, l’évêque de Tournai entreprit une enquête suite à des miracles survenus sur sa tombe. On découvrit d’autres miracles en d’autres lieux où elle avait séjourné : Hesdin, Gand, Arras, Poligny et Auxonne.

EGLISE SAINTE COLETTE - CORBIE

L’Eglise Sainte Colette – à Corbie – sur l’emplacement de sa maison natale

Pour comprendre la vie de Colette de Corbie, il faut resituer ce qu’il se passait à l’époque où elle vécut. Il faut se souvenir qu’au XVe siècle, le Grand Schisme d’Occident divisa profondément l’Eglise : ceux qui reconnaissaient le Pape de Rome s’opposaient à ceux qui reconnaissaient celui d’Avignon. Par ailleurs, toujours à cette même époque, l’ordre franciscain connut, en son sein, des dissensions entre partisans de l’observance stricte de la règle de Saint François d’Assise et partisans d’une règle moins rigoureuse. Par exemple, en 1263, le Pape Urbain IV avait accordé aux couvents de la branche féminine, les clarisses, l’autorisation de posséder des biens en commun, ce qui était une sérieuse entorse à la règle primitive de pauvreté.

En France, aux XIVe et XVe siècles, la situation politique était extrêmement troublée par la Guerre de Cent Ans, la folie du roi Charles VI et la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. De plus, en 1348, apparut la peste noire qui sévit dans une grande partie de l’Europe.

Colette de Corbie est emblématique des femmes de la fin du Moyen Age qui ont réussi à vivre une vie spirituelle de contemplation et d’action.

L’iconographie chrétienne lui a conféré divers attributs : le puits de la Samaritaine, par allusion à la découverte d’eau à Poligny, au Puy et à Hesdin, en des endroits où, avant la prière de la sainte, on ne repérait aucune nappe aquifère ; la poule en allusion à l’invitation du Seigneur à gober un œuf pour reprendre des forces.

Les religieuses qui vivent selon la règle primitive de Sainte Claire remaniée par Colette de Corbie sont appelées « colettines ». A Corbie, on a fini par la reconnaître et une chapelle fut construite à l’emplacement de sa maison natale et une statue massive trône à la sortie nord-est de la ville.

En souvenir de sa naissance miraculeuse d’une mère de 60 ans, Sainte Colette de Corbie est spécialement invoquée par les mamans qui désirent ou attendent un enfant.

MINIATURE - PSAUTIER DE L'ABBAYE DE CORBIE - BIBLIOTHEQUE MUNICIPALE D'AMIENS

Miniature – Psautier de l’Abbaye de Corbie – Bibliothèque Municipale d’Amiens

 

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