MARS… LE HEROS DU BELIER

(5.3.5 - MARS) par sylvietribut le 11-04-2016

Instinct de destruction, ardeur primaire, force vitale, sous l’influence de Mars, quelle que soit la cause embrassée, le Bélier se donnera tout entier, sans réfléchir, avec souvent une violence qui fait de lui le plus martien des signes.

Pour les Romains, Mars était le premier des dieux. Rome et la civilisation romaine étaient régies par le signe du Bélier : civilisation guerrière, de conquête, mais aussi très marquée par l’agriculture. Pour les Romains, Mars était aussi un dieu agricole, le dieu du printemps et de la végétation renaissante.

En anglais et en allemand, la racine « Spring » signifie « sauter », « jaillir », et le même mot signifie aussi « printemps » en anglais. Dans les civilisations traditionnelles, non chrétiennes, le véritable nouvel an correspondait à l’entrée du Soleil dans le signe du Bélier, c’est-à-dire l’équinoxe de printemps, ou l’Ingrès solaire du printemps pour l’astrologue. On y célébrait des rites agraires et sexuels. Le dieu Pan, dieu phallique et de fécondité, est en rapport avec Mars.

En Thrace, Mars était adoré sous la forme d’une épée rouillée fichée en terre. Chez les Sabins et à Rome, Mars était vénéré sous la forme d’une lance. Pour les Gaulois, c’était une épée nue, placée sur l’autel.

MARS DIEU DE LA GUERRE

Mars le guerrier, dieu de la guerre

Chez les Grecs Mars s’appelait Arès, dieu qui est à l’origine de la naissance du monde. Selon Hésiode, Mars, ou Arès, était fils de Jupiter et de Junon, c’est-à-dire de Zeus et d’Héra. Très jeune, Mars fut formé aux arts de la guerre et apprit les danses des Corybandes qui marchaient en sautant au son des tambours et des flûtes, en une sorte de délire sacré, ce qui l’apparente un peu plus au dieu Pan, le dieu ithyphallique. On peut donc penser que le dieu Mars est un « phallocrate », c’est-à-dire un homme qui détient son pouvoir d’un phallus.

Mars aime la guerre et bien que vaincu, il sait se relever rapidement pour d’autres rencontres. C’est un querelleur, mais brave et qui sait commander, former des troupes, les armer, Il se montre aussi sage au conseil que résolu au combat. Il a une intelligence pratique et lucide. Il excelle à détruire et sait bâtir, multiplier les forts, creuser les tranchées, susciter ou utiliser les moyens d’action. Dans les cœurs, il forge la notion du devoir. C’est un organisateur tyrannique.

A propos de la guerre, des maîtres spirituels, comme Krishnamurti, en avaient fait un mal absolument nécessaire pour des raisons parfois contradictoires : la guerre serait une réaction violente salutaire contre une maladie, qu’il s’agisse d’un organisme vivant ou d’une communauté tout entière ; Mars symboliserait les anticorps qui incarnent une salutaire réaction.

Ces mêmes maîtres spirituels enseignent qu’une guerre extérieure n’est jamais que le reflet d’une guerre intérieure. C’est, par exemple, la guerre sainte ou djihâd de l’Islam. Ainsi, Mars ne serait que celui qui porte dans les ténèbres la lumière tranchante de la vérité : combat, crime, guerre, opération, tranchante comme la lame d’un sabre.

Dans la bataille, Mars était environné d’un terrible fracas et Homère le montre retournant vers l’Olympe « semblable à une nuée sombre, un nuage orageux, qui obscurcit le ciel au moment où s’élève le souffle furieux du vent ». Dans l’Iliade, Jupiter lui reproche de « se plaire à la discorde, aux guerres et aux combats ».

VENUS ET MARS - FRESQUE DE POMPEI

Mars et Vénus – Fresque de Pompéi

Ce guerrier géant qui aimait fréquenter les champs de bataille, précédant Pluton, dieu de la mort, incitait les guerriers au carnage. Emporté par sa force, Mars fut souvent victime de son impulsivité. Pourtant, il faut aussi l’amant d’Aphrodite/Vénus et eut avec elle une enfant nommée « Harmonie » c’est-à-dire « celle qui unit ». On trouve dans ce mythe le symbole de l’union du Bélier/Mars avec son contraire la Balance/Vénus. Pourtant Vénus était mariée avec Héphaïstos/Vulcain, le dieu-forgeron, considéré par certains astrologues comme le second maître de la Vierge. Dans le thème d’une femme, Mars est une image masculine qui représente l’amant plus que le mari.

Mars, et aussi le dieu Thor de la tradition nordique, dieu qui symbolisait l’impulsion originelle, le cerveau, avec dans le yoga, la fontanelle, l’ouverture vers le haut : le prophète, l’inspiré.

Les mots de Mars sont : impulsion, puissance d’action, conquête, guerre, feu, danger, blessure, sang, le fer et la couleur rouge, mais aussi l’élan et l’aube.

En France, à Paris, le Champ-de-Mars est le terrain où s’élève la Tour Eiffel, qui symbolise l’âge de fer et qu’on appelle « la dame de fer ».

MARS LA PLANETE ROUGE

Mars, la planète rouge

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LA THEORIE DES ELEMENTS

(5.1 - Généralités) par sylvietribut le 28-05-2015

Les premiers philosophes grecs, en particulier ceux de l’école Ionienne, avaient tour à tour proposé comme éléments fondamentaux, à la source de toutes choses : l’Eau, l’Air, la Terre, le Feu. Empédocle (*) soutint que ces quatre éléments n’étaient pas hiérarchisés, mais qu’ils se combinaient grâce à l’amour qui les unissait, et à la discorde qui les séparait. Cette conviction fut unanimement admise par les penseurs de la Grèce antique, et Platon l’exposa dans le « Timée ».

ZODIAQUE ET LES QUATRE ELEMENTS

Le zodiaque et les quatre éléments

C’est Claude Ptolémée qui appliqua cette théorie des quatre éléments à l’astrologie dont il fut le codificateur au début de l’ère chrétienne. Il attribua chaque élément à trois signes, ce que l’on nomme la « triplicité ».

  • L’Eau, combinaison du froid et de l’humide : est l’élément du Cancer, du Scorpion et des Poissons. Elle symbolise la discipline, le conformisme, l’avidité, la sensibilité et la rêverie.
  • L’Air, combinaison de l’humide et du chaud, est l’élément des Gémeaux, de la Balance et du Verseau. Il dénote la souplesse, l’imagination, l’intelligence, mais aussi la dispersion due à un côté vif-argent.
  • La Terre, combinaison du sec et du froid, conditionne le Taureau, la Vierge et le Capricorne. Ses qualités sont le sens pratique, une grande aptitude à la concentration, la stabilité, le rationalisme, compensés par le fanatisme et le pessimisme, qui risquent de prendre le dessus.
  • Le Feu, combinaison du chaud et du sec, caractérise le Bélier, le Lion et le Sagittaire. On l’interprète comme une indication de force, de volonté, de lutte, d’audace et de confiance en soi, qui sont la source, quand elles sont excessives, de despotisme et d’agressivité.

La nature élémentaire d’une personne se détermine, à l’examen de sa carte du ciel, par la nature du signe occupé par le plus grand nombre de planètes ou de points remarquables. Plus ce nombre est élevé, plus la dominante élémentaire est forte.

La théorie des éléments est loin d’être absurde et arbitraire. Elle est née de l’observation du mouvement apparent au cours de l’année, quand la cosmologie était rudimentaire, et n’est que l’expression du bon sens :

  • L’Eau correspond au mouvement déclinant du Soleil qui s’achève au solstice d’hiver ;
  • La Terre, est en rapport avec le point vernal, ou équinoxe de printemps ;
  • Le Feu, c’est le mouvement ascendant du Soleil, trouvant son terme au solstice d’été ;
  • L’Air correspond à l’équinoxe d’automne.

Ce rythme solaire entretenait la succession des saisons, les travaux de la terre, l’aspect des cultures et modifiait le comportement des peuples tirant principalement leurs ressources de l’agriculture.

LES QUATRE TEMPERAMENTS

Les quatre tempéraments

Quant à la théorie des Humeurs c’est l’application à la médecine de la théorie des quatre éléments, ou « humeurs peccantes », connue également sous le nom « d’humorisme », formulée par Galien : les quatre humeurs, bile, pituite ou atrabile, sang et lymphe, sont à l’origine de toutes les maladies quand elles sont altérées ou en surabondance dans l’organisme humain.

A la fin du XVIIe siècle, Pinel et Broussais combattirent cette conception, jusque-là admise par la majorité des physiologistes. Au XXe siècle, sous l’influence des travaux de Richet, on y est revenu sous une forme quelque peu différente.

En astrologie, la théorie des humeurs sert, depuis Ptolémée, à esquisser le profil psychologique.

  • La bile correspond au Feu : Bélier, Lion, Sagittaire ;
  • La pituite est en rapport avec la Terre : Taureau, Vierge, Capricorne ;
  • Le sang s’apparente à l’Air : Gémeaux, Balance, Verseau ;
  • La lymphe correspond à, l’Eau : Cancer, Scorpion, Poissons. 

EMPEDOCLE - SIGNORELLI - ORVIETO 

 

 

(*) Empédocle était un philosophe, ingénieur et médecin grec, vivant en Sicile au Ve siècle avant Jésus-Christ.

LES QUATRE ELEMENTS2

Bibliographie

Dictionnaire de l’Astrologie – Jean-Louis Brau – Chez Larousse 

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ROUE ET PART DE FORTUNE

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 5.3.94 - LA PART DE FORTUNE) par sylvietribut le 09-05-2014

La Roue de la Fortune est également appelée Ascendant lunaire. Depuis Ptolémée, cette part, représentée graphiquement par un cercle coupé en deux diamètres perpendiculaires, est d’un usage courant, contrairement aux autres parts. Sa position est obtenue en ajoutant à la longitude de l’Ascendant, l’arc séparant la Lune du Soleil. La Part de Fortune est un significateur de chance légèrement inférieur en puissance à Jupiter et à Vénus.                                                                     

LA ROUE DE LA FORTUNE - SYMBOLE DE LA VILLE DE ZEUGMA - TURQUIE - SOUS LA PROTECTION DE LA DEESSE TYCHEE

La Roue de la Fortune – Symbole de la Ville de Zugma – Turquie

La Part de Fortune avait pour les Anciens une grande valeur. Elle était considérée comme l’un des cinq facteurs fondamentaux avec l’Ascendant, le Milieu du Ciel, le Soleil et la Lune.

Ptolémée en parle dans le Tétrabiblos (IIe siècle avant Jésus-Christ) affirmant que ce point indique les richesses virtuelles du sujet.

L’importance de la Part de Fortune dépend des planètes qui régissent son signe, ainsi que les aspects qu’elle reçoit des autres planètes. La pratique de l’astrologie moderne invite à ne pas prendre le mot « richesse » au sens littéral, mais d’y inclure les notions symboliques d’expression, de succès, de facilité, de chance.

Quand la Part de Fortune est conjointe à l’Ascendant, c’est la Nouvelle Lune. Quand elle est au Fond du Ciel, c’est le Premier Quartier de la Lune. Conjointe au Descendant, c’est la Pleine Lune et conjointe au Milieu du Ciel, c’est le dernier quartier de la Lune. Comme on peut le constater, la Part de Fortune appartient à l’astrologie lunaire et de ce fait échappe aux définitions objectives et concrètes de l’astrologie solaire.

La Part de Fortune représente des aspirations intérieures d’essence féminine et ne pouvait qu’être rejetée dans notre civilisation patriarcale.

La Part de Fortune est ce qui motive l’individu au plus profond de lui-même. Cette motivation est souvent inconsciente et ne sera maîtrisée qu’au moment où le sujet ne prendra pleinement conscience. C’est seulement alors qu’on pourra l’interpréter en tant que facteur de chance.

LA PART DE FORTUNE ACTIONNEE PAR DEUX ANGES 

Part de Fortune actionnée par deux anges

Part de Fortune en Maison I

Le sujet est lui-même l’artisan de sa chance. Celle-ci venant à lui par sa propre assurance et la nature de sa personnalité. C’est à lui de construire en faisant sien le vieil adage : « Aide-toi, le Ciel t’aidera ». Une naissance sous la Nouvelle Lune implique une Part de Fortune conjointe à l’Ascendant, ce qui apporte une compensation à la difficulté d’être des natifs de la Nouvelle Lune, à la condition qu’ils veillent à se prendre eux-mêmes en main.

Part de Fortune en Maison II

C’est une des meilleures positions de la Part de Fortune. Quelle que soit la provenance des gains, on sera toujours bien rémunéré. Cette position peut être l’indice de hautes charges, celles-ci allant généralement de paire avec des gains importants.

Part de Fortune en Maison III

Le type de formation ou d’éducation choisie peut constituer la chance de l’existence. Cette position de la Part de Fortune en maison III permet également d’être avantagé par les relations avec l’entourage : frères, sœurs, cousins, voisins, collègues, confrères… mais aussi dans les déplacements ou bien par les écrits. Ne pas perdre de vue que la Maison III est en analogie avec Mercure par analogie aux Gémeaux. On peut donc, sous cette influence de la Part de Fortune en Maison III, aussi bien trouver sa chance dans son environnement immédiat, qu’à travers des professions d’intermédiaires, d’agents de toutes sortes, tout ce qui est lié aux échanges et communications, ce qui passe par l’écriture, du journalisme aux autres médias.

Part de Fortune en Maison IV

Ce pourrait être la position typique de l’héritier. Cette position de la Part de Fortune avantagerait la vie de famille, faire bénéficier de biens immobiliers, notamment par héritages. Elle peut également apporter la fortune et parfois même la célébrité en fin d’existence. Elle privilégie toutes les professions liées à la Terre, aux origines, au passé, à l’habitat : agriculteurs, archéologues, archivistes, promoteurs, décorateurs, agents immobiliers, antiquaires… Parfois cette position de la Part de Fortune permet de travailler à son domicile, on y a d’ailleurs intérêt.

Part de Fortune en Maison V

Gains possibles par spéculation, jeux de hasard, loteries, etc… C’est une des meilleures positions car elle favorise l’expression heureuse, l’épanouissement par la création, de préférence artistique. Cette position de la Part de Fortune apporte souvent beaucoup de joie par les enfants.

Part de Fortune en Maison VI

Succès et épanouissement de la personnalité passent par le travail, indispensable mais jamais effectué en pure perte. Des choix heureux caractérisent le personnel et les subordonnés. La Maison VI étant en rapport avec la santé, avec la Part de Fortune la constitution devrait être robuste, facteur positif pour une existence débarrassée de cette servitude que constitue la santé. Par ailleurs, avec cette position on peut réussir dans une activité professionnelle en rapport avec la santé, le médical, les services sociaux ou même les soins aux animaux.

Part de Fortune en Maison VII

Parce qu’on exerce un mélange d’autorité et de fascination sur les autres, le monde extérieur favorise l’extériorisation, l’expression et le succès du sujet qui rencontre des partenaires positifs ou des associés performants. C’est une excellente position pour un acteur ou un homme politique. Quant au mariage c’est aussi un secteur protégé de la destinée. Le mariage peut d’ailleurs élevé au-dessus de sa condition sociale initiale.

Part de Fortune en Maison VIII

La chance favorisera la personne dont la Part de Fortune occupe la Maison VIII par l’intermédiaire d’un tiers et souvent par la mort de celui-ci. C’est donc la position-type, avec la Maison IV, de l’héritage, mais c’est aussi l’indication d’un succès possible dans toutes activités liées à la mort, au sexe, à l’occultisme, aux héritages : notaire, médecin-légiste, psychanalyste, parapsychologue ou sexologue. Cette position de la Part de Fortune en Maison VIII indique parfois une célébrité posthume.

Part de Fortune en Maison IX

Avec cette position, on peut conseiller d’entreprendre des études supérieures, ou de rechercher ce qui met en rapport avec le lointain, l’étranger. Cette position de la Part de Fortune peut conférer une aptitude particulière pour se réaliser heureusement à travers l’édition, la publicité, l’écriture, la politique, l’import-export, la diplomatie, le tourisme. Sous cette influence, on recherche généralement les causes premières des choses, on a besoin d’une philosophie de l’existence qui satisfasse.

Part de Fortune en Milieu du Ciel

C’est une des positions les plus réalisatrices sur le plan matériel et social. La réussite professionnelle assure la fortune, favorisée souvent par un bon choix initial. Même si l’on connaît des revers dans l’existence, celui qui porte cette configuration dans son thème est capable de repartir à zéro et de refaire une réussite. Ambition et expansion caractérisent cette position.

Part de Fortune en Maison XI

Voilà une excellente position dans la mesure où elle garantit une popularité certaine dans le cercle des relations et des amis, disposés à apporter le coup de pouce nécessaire en cas de besoin. Cette Part de Fortune favorisera donc les projets élaborés en commun ou en bénéficiant du concours d’un protecteur influent. La Maison XI étant le domaine des espérances, des aspirations profondes du sujet, celles-ci ont toutes les chances de se réaliser, sauf si la Part de Fortune est fortement dissonée. Dans ce cas, il faudra se garder des utopies et des déceptions qui s’en suivront.

Part de Fortune en Maison XII

C’est une position pas très exaltante, bien qu’elle puisse éventuellement agir comme une sorte de paratonnerre contre les épreuves de l’existence. Elle peut toutefois exprimer l’épanouissement de l’être dans la retraite, la rechercher ou le sacerdoce, ou encore dans un métier impliquant le secret comme : détective, espion, diplomate. C’est la marque typique de l’occultisme productif. La Part de Fortune en Maison XII incite aussi à trouver la sérénité intérieure à travers un cheminement personnel ardu, non perceptible par l’entourage, mais illuminateur pour celui qui porte cette configuration dans son thème

Exemple de calcul de la Part de Fortune

La Formule : Ascendant + Lune – Soleil

Prenons un Ascendant à 17°18 Lion soit en degré zodiaque…………………. 137°18

La position de la Lune à 0°03 Scorpion soit en degré zodiaque ………..   + 210°03

Total………………………………………………………………………………………………… 347°21  ou 346°81

Position du Soleil à 16°28 Poissons soit en degré zodiaque …………………                        – 346°28 Soit une Part de Fortune

à …………………………………………………………………………………………………..                                0°53 Bélier  

LE JARDIN DES TAROTS - LA ROUE DE FORTUNE 

Part de Fortune ou Roue de Fortune – Le Jardin des Tarots – Capalbio – Toscane

Il existe d’autres parts et les anciens astrologues accordaient une importance assez grande à des points virtuels et calculés en ajoutant à la longitude de l’Ascendant l’arc d’écliptique séparant deux planètes. De  nos jours, cette pratique est presque totalement abandonnée, et seules quelques parts, outre la Part de Fortune, sont encore prises en constellation :

–       Part d’Amour : arc du Soleil à Vénus

–       Part de Chance : arc de Vénus à Uranus

–       Part de Maladie : Arc de Saturne à Mars 

–       Part de Malchance : arc de la Lune au Soleil

–       Part de Métier : arc de Mars à Jupiter

–       Part de Puissance : arc du Soleil et de Jupiter

–       Part de Voyages : arc de la Lune à Mercure. 

TARO VISCONTI-SFORZA - LA ROUE DE LA FORTUNE

La Roue de Fortune – Tarot des Visconti-Sforza

Symbole solaire, c’est la roue des naissances et des morts successives à travers le cosmos : c’est, sur le plan humain, l’instabilité permanente et l’éternel retour. « La vie humaine roule instable comme les rayons d’une roue de chariot » disait Anacréon. Et ce mouvement qui tantôt élève, tantôt abaisse, c’est le mouvement même de la Justice, lame VIII du Tarot, qui veut maintenir l’équilibre sur tous les plans et n’hésite pas à tempérer par la destruction et la mort le triomphe des réalisations créatrices, comme le souligne encore le numéro de cette dixième lame, entre le Chariot, la sept, et la Mort, la treize.

On peut également voir dans ces êtres aux figures animales qui tournent autour de la roue des existences, la loi des renaissances qui s’impose, dans de nombreuses traditions, à ceux qui n’ont pas dominé leurs désirs charnels. On verra aussi dans la montée et la descente une loi d’alternance, voire de compensation, se dégageant de l’histoire humaine, sociale ou personnelle, où se succèdent sans cesse succès et revers, naissances et morts. D’un point de vue plus intérieur, la Roue de fortune est moins l’image du hasard que celle de la justice immanente.

LA ROUE DE FORTUNE 

Bibliographie Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter         Dictionnaire de l’Astrologie – Jean-Louis Brau – Librairie Larousse

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DANS LE BESTIAIRE VERSEAU… LES ANIMAUX DU CIRQUE… DONT L’OURS…

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 12-02-2014

D’ours en ourse… de la bête à la belle étoile

Dans plusieurs traditions sibériennes, l’ours représente un ancêtre, qui revêt de temps en temps sa fourrure et quitte la montagne à la rencontre de ses descendants. C’est alors un privilège réservé aux membres du clan, de tuer l’aïeul ours, venu au devant leurs armes afin d’assurer par son sacrifice leur nourriture par son sacrifice. Jadis, un étranger qui réussissait à tuer un ours dans la forêt d’un village se voyait, de ce fait, admis dans les ranges du clan local, pour satisfaire la volonté du parent défunt. Plus à l’ouest, du Caucase aux Pyrénées, les traditions donnent au plantigrade le rôle d’un ancêtre biologique. On raconte souvent qu’un ours est descendu des montagnes jusqu’au village pour enlever une femme. Il l’enferme dans sa tanière, d’abord comme prisonnière ; avec le temps, la femme partage pleinement la vie de l’ours et elle lui donne un enfant fort, beau et intelligent, lequel à son tour engendre une dynastie humaine, comme c‘est le cas pour les Orsini en Italie, les Medved et les Boyan dans les pays slaves.

PITIGLIANO - OURS DES ORSINI 

L’ours des Orsini – Pitigliano – Italie

Parfois, la jeune épouse de l’ours est reprise de force par ses frères qui, à son grand désespoir, tuent la bête. Parfois, en revanche, elle se considère toujours comme une prisonnière jusqu’au moment où le fils, doté d’une grande force physique, parvient à déplacer le rocher qui ferme l’entrée de la caverne. Libérée, la mère retrouve le village avec l’enfant qui devient Jean de l’Ours, homme fort et redoutable. Il travaille comme quarante, mange de même et, ne pouvant plus vivre dans la misère du village isolé, il prend le chemin qui mène à la ville et au-delà à la capitale du royaume. Son voyage est une quête initiatique et à la fin d’un parcours semé d’épreuves et riche d’expériences, il épouse la fille unique du roi pour le bonheur de tous les habitants du royaume.

Une autre série de contes des Balkans donne à une femme le rôle d’ancêtre des ours. En voici la trame générale : mise au défi de blanchir une laine de couleur noire, une jeune fille rencontre un vieillard qui lui ordonne de se déshabiller et de s’emmitoufler dans la laine après l’avoir lavée et fait sécher. Depuis, transformée en ourse, elle vit dans la forêt où les ours prolifèrent. Cette histoire transmise naïvement par les traditions orales n’est pas sans rappeler celle de Callisto, la nymphe de la mythologie grecque qui, transformée en ourse hideuse sera métamorphosée en constellation.

JUPITER SEDUIT CALLISTO TRAVESTI EN DIANE CHASSERESSE

Callisto séduite par Jupiter travesti en Diane chasseresse reconnaissable au croissante de lune posé sur sa tête

Callisto était une belle nymphe, compagne de chasse d’Artémis, la Lune, et sœur d’Apollon, le Soleil. Elle portait les mêmes vêtements que la déesse et elle avait, comme elle, fait vœu de chasteté. Zeus/Jupiter l’époux infidèle d’Héra/Junon, très amoureux de la jeune femme, la viola, ayant pris à cet effet l’apparence d’Artémis, selon les uns, d’Apollon selon les autres. Ensuite, il transforma en ourse sa maîtresse enceinte pour la protéger de la vengeance de son épouse. Cependant, l’épouse trompée révéla à Artémis la grossesse de sa compagne ; furieuse la déesse vierge tenta de la percer de flèches, parce qu’elle n’avait pas respecté son vœu de chasteté. Zeus/Jupiter métamorphosa Callisto en une constellation, la Grande Ourse, son fils devenant la Petite Ourse où brille l’étoile Polaire.

LA GRANDE OURSE 2

La Grande Ourse

Une autre tradition grecque ancienne associe également Artémis à l’ourse et aux rites de puberté des jeunes Athéniennes. Ainsi, le sanctuaire d’Artémis Braunaria, actuelle Vraona, édifié sur le littoral oriental de l’Attique, et en un lieu de culte déjà très ancien (IIIe millénaire) fut créé pour apaiser la déesse dont on avait tué l’ourse favorite. Hommes et bêtes périssaient alors en grand nombre. Il fut convenu qu’on lui consacrerait pendant un an des adolescentes : les « ourses » qui, après une période d’initiation, dont on ne connaît rien, auraient le droit de prendre mari et donner naissance à des enfants légitimes. L’ourse mythique des anciens Grecs est toujours, fait remarquable, de sexe féminin.

LE DIEU VOLOS

Le dieu Volos

C’est dans la mythologie slave que l’ours devient une divinité masculine thériomorphe, sous forme de bête sauvage, et anthropomorphe à la fois : c’est le dieu Volos, poilu, velu, dont le culte était très répandu chez les Slaves avant leur christianisation. Le dieu était représenté par l’ours, animal au système pileux développé, se tenant sur ses deux pieds, faisant l’amour comme les hommes. Il était le maître de la forêt et le détenteur de ses richesses.

Dans une grande partie de l’Europe contemporaine, l’ours mâle, ancêtre et force fécondante, est présent lors de la sortie des masques d’hiver, rite qui se déroule dans toute l’Europe centrale entre la Saint-Nicolas et la fin janvier ; la même coutume se prolonge ailleurs dans les déguisements du carnaval avec toujours les mêmes attributs : ceux de l’homme sauvage, ou d’ancêtre, qui détermine la fécondité de la terre, le retour du printemps et l’épanouissement des plantes. L’ours en peau de bête, l’ours en paille se livrent toujours à la même gestuelle, parfois obscène ; il chasse les femmes pour les caresser, pour les enlever, pour les rendre fécondes.

Il est vraisemblable que la tradition de l’homme sauvage humanisé, selon l’histoire du noble Valentin et d’Orson tire son origine des rites agraires et des apparitions de masques lors des fêtes d’hiver. La reine Bellissant, ayant dû quitter Constantinople pour rentrer en France chez son frère le roi Pépin, accoucha de deux garçons en traversant la forêt d’Orléans. Une ourse se saisit d’un des jumeaux et disparut. La jeune mère reprit son voyage vers Paris avec un seul enfant, Valentin. L’ourse éleva l’autre enfant. Tandis que Valentin devenait prince héritier de France, Orson semait la terreur dans la région d’Orléans. Valentin, chargé de capturer le monstre, le ramena à la cour. Orson, au terme d’un long processus d’humanisation, enfin rasé et habillé, retrouva son statut de chevalier et succéda à son père sur le trône d’Alexandrie, avant de quitter le monde du château pour finir sa vie ermite au fond des bois.

On est ici loin des contes populaires où l’ours est accepté avec toute sa vigueur, toute sa sauvagerie. Les hommes du peuple s’habillent de peaux de bêtes pour trouver la force de l’animal. Dans le roman chevaleresque, c’est le barbier et le tailleur qui humanisent le sauvage.

LA MONTREUSE D'OURS

La Montreuse d’ours

L’intelligence et la taille de l’animal l’ont vite condamné au rôle de bête de cirque et aux démonstrations ambulantes. Déjà à l’époque romaine, l’ours démystifié amusait le peuple en imitant grossièrement le comportement humain. Depuis quelques siècles, le plantigrade est dressé par des montreurs qui, dans leur grande majorité, sont des tziganes. Le tzigane et l’ours deviennent ainsi progressivement représentatifs de l’exclusion de l’ordre quotidien, ils forment un ensemble placé d’emblée dans la marginalité. La personnalité du tzigane, toujours nomade, mal intégré dans le cadre des sociétés rurales, fait de l’ours un animal lui aussi suspect. La raréfaction des ours n’a pas atténué cette méfiance : mal traités, traînés dans les villes dans des conditions déplorables, ils ne sont plus les fiers animaux de la forêt, mais des bêtes rusées et agressives, en quête de nourriture, dans un milieu hostile.

En fait, les montreurs d’ours n’étaient pas que des amuseurs, mais aussi des personnages redoutés, mis à l’écart de la société et de la civilisation par leur rôle même de dompteur. Dans l’imaginaire populaire, l’apprivoisement de la bête sauvage était obtenu par des sortilèges. Par ailleurs, les oursaillers étaient souvent en même temps des forgerons, traditionnellement investis de forces redoutables. Maître des animaux, répliques négative d’Orphée et de Saint Blaise, ils sont par extension, maîtres des âmes.

Une légende commune aux tziganes des Balkans propose une parenté de l’ours dressé à leur « race exceptionnelle », grâce à un miracle : « Une jeune vierge se trouva enceinte sans avoir jamais eu de relations sexuelles. Horrifiée, elle décida de se noyer. Un homme surgit alors de l’eau où elle allait se jeter et lui apprit qu’elle donnerait naissance à un animal capable de travailler comme un homme. La jeune fille accoucha d’un ourson. Les Tziganes de sa tribu acceptèrent d’élever l’étrange animal et lui apprirent à danser et à faire mille tours. Depuis, tous les Tziganes sont des montreurs d’ours ».

Dans le monde du mythe et des traditions populaires, l’ours a souvent servi de miroir. Excessif car excessivement humais, sauvage puisque sauvagement humain, lié aux forces souterraines c’est-à-dire inconscientes, divinisé ou haï, il a toujours été l’Autre de l’homme. 

Ours de Winchester

Ours de Winchester

Bibliographie

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

 

 

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